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Commission des affaires culturelles : Présentation des conclusions de la mission flash sur Parcoursup
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00:14:21Bonjour mes chers collègues.
00:14:22Notre heure du jour appelle la présentation des conclusions de la mission Flash sur Parcoursup,
00:14:28conduite conjointement par messieurs Pierrick Courbon et Franz Gums.
00:14:32Alors que nous sommes en pleine période de formulation des voeux par les candidats à une place dans l'enseignement
00:14:38supérieur,
00:14:39je ne veux pas que leurs conclusions attireront l'attention de nombreux parents et lycéens.
00:14:44Alors je vous donne la parole au rapporteur pour dix minutes chacun.
00:14:49Monsieur Courbon.
00:14:50Merci Madame la Présidente, chers collègues.
00:14:52On va faire une présentation naturellement à deux voix et avec différentes alternatives au fil de l'eau.
00:15:00Donc Parcoursup effectivement est un sujet qui chaque année fait couler beaucoup d'antres.
00:15:04La plateforme a déjà fait d'ailleurs l'objet de nombreux travaux de parlementaires, de journalistes, d'organisations syndicales, de
00:15:10parents d'élèves ou encore de chercheurs.
00:15:12Parcoursup est donc par essence un objet politique majeur et c'est aussi un sujet populaire qui entre très directement
00:15:18dans la vie des jeunes et des familles
00:15:20qui se retrouvent tous plus ou moins à un moment ou un autre confrontés à l'expérience Parcoursup.
00:15:25Beaucoup de monde parle de Parcoursup souvent de manière négative, parfois sans savoir de quoi il retourne exactement.
00:15:31La plateforme dispose d'une large publicité et souffre d'un véritable déficit d'images nourris autant par des fantasmes
00:15:38que par des éléments factuellement critiquables.
00:15:40On a tellement parlé en mal de Parcoursup que la plateforme fait l'objet d'une véritable psychose sociale.
00:15:45On s'en fait une montagne avant même d'y être confronté et cette toile de fond vient nécessairement accentuer
00:15:50le stress et l'angoisse que la fin des études secondaires et l'accès au supérieur suscitent légitimement.
00:15:56Nous avons voulu pour notre part ouvrir la boîte noire Parcoursup et regarder ce qu'il y avait dedans, aller
00:16:02dans le détail de son fonctionnement et proposer quelques pistes d'amélioration concrètes
00:16:05sans se départir naturellement d'une hauteur de vue politique sur le sujet. Nous n'avons pas voulu en effet
00:16:11produire un simple rapport technique, mais inscrire notre réflexion dans un cadre plus large
00:16:16en abordant la façon dont les jeunes sont accompagnés dans le processus d'orientation et dans l'utilisation de la
00:16:21plateforme en tant que telle
00:16:21et élargir notre travail sur une analyse de l'effectivité des principales missions assignées à Parcoursup par le législateur
00:16:28dans une ébauche d'évaluation modeste de la loi ORE de 2018 dont Parcoursup était l'étendard.
00:16:35Je passe la parole à mon collègue.
00:16:38Merci chers collègues. Madame la Présidente, chers collègues, au pluriel, chaque année la procédure Parcoursup suscite des interrogations, des tensions
00:16:47et parfois ce que moi j'appelle une véritable inquiétude collective.
00:16:52Pour la session 2025, près de 980 000 candidats dont environ 650 000 lycéens de terminales ont utilisé la plateforme
00:17:01pour formuler leurs vœux.
00:17:02Derrière ces chiffres massifs, il y a des parcours individuels, des espoirs, mais aussi des inégalités sociales et territoriales
00:17:10qui se manifestent avec une acuité particulière au moment de l'orientation post-bac.
00:17:14Il est donc indispensable de commencer par une petite clarification. Contrairement à une idée répandue, la plateforme ne sélectionne pas.
00:17:24Ce sont les formations qui examinent les dossiers et établissent des classements au regard de leurs attendus.
00:17:30L'algorithme national intervient ensuite pour classer les propositions et appliquer certains paramètres réglementaires, notamment en matière d'équilibre territorial
00:17:38ou social.
00:17:39C'est donc un outil technique de mise en relation et de régulation conçu pour organiser l'affectation des candidats
00:17:46dans un système d'enseignement supérieur massifié.
00:17:49En France, le taux de poursuite d'études après le baccalauréat n'a jamais été aussi élevé. Dans le même
00:17:55temps, les capacités d'accueil de nombreuses filières, notamment universitaires, demeurent insuffisantes.
00:18:00Ainsi donc, Parcoursup ne véhicule pas une idéologie. Il est le révélateur d'un système sous tension, tension budgétaire, tension
00:18:09démographique, tension territoriale.
00:18:11Si la plateforme offre un accès inédit et centralisé à une masse importante d'informations, y compris pour les élèves
00:18:19de la grande ruralité et des Outre-mer, qui peuvent aujourd'hui visualiser l'ensemble de l'offre nationale,
00:18:26elle ne peut à elle seule corriger les inégalités construites bien en amont, dès le collège et le lycée, et
00:18:31aussi bien en amont dans le temps, c'est-à-dire depuis des décennies.
00:18:37Nous allons commenter successivement moi la partie 1, mon collègue la partie 2, ensuite je reprendrai la partie 3, ensuite
00:18:44il reprendra la partie 4.
00:18:46Et donc, pour ce qui concerne la partie 1, présentée comme un outil d'aide à l'orientation, Parcoursup est
00:18:52aussi un instrument de régulation de la demande de formation du fait de capacités d'accueil insuffisantes.
00:18:59La massification universitaire a profondément transformé la logique d'accès aux supérieurs.
00:19:04L'université française, historiquement marquée par une large ouverture en première année de licence, se trouve aujourd'hui confrontée à
00:19:11une pression démographique et académique forte.
00:19:14Dans certaines filières, comme en droit, en psychologie ou en STAPS, la demande excède très largement les capacités d'accueil.
00:19:25Dans ce cadre, la plateforme Parcoursup ne crée pas la sélection.
00:19:29Elle organise la transmission des vœux dans un sens et la transmission des propositions dans l'autre.
00:19:35Elle formalise donc une hiérarchisation qui, en réalité, découle d'un déséquilibre entre le nombre de candidats et le nombre
00:19:41de places.
00:19:42La suppression du tirage au sort, pratiqué sous APB dans certaines licences en tension, a constitué un progrès en termes
00:19:51de rationalité et d'équité procédurale.
00:19:54Le hasard a été remplacé par un examen individualisé des dossiers.
00:19:58Mais cette rationalisation a rendu plus visibles les écarts de préparation scolaire, les différences d'environnement éducatif et les stratégies
00:20:07familiales.
00:20:09La plateforme remplit, par ailleurs, une importante fonction d'information, information inédite.
00:20:16Elle centralise l'offre nationale, rend public les attendus des formations, les capacités d'accueil, les taux d'accès.
00:20:24Cette transparence est un progrès démocratique.
00:20:27Toutefois, elle produit aussi un effet de concentration des candidatures vers les formations les plus attractives.
00:20:34Des établissements comme Sciences Po Bordeaux, par exemple, reçoivent un nombre croissant de dossiers,
00:20:40précisément parce que la plateforme a élargi la visibilité nationale de leur offre.
00:20:45Cette dynamique accentue mécaniquement la compétition.
00:20:49Ainsi, Parcoursup agit comme un régulateur systémique,
00:20:53puisqu'elle organise la confrontation entre aspiration individuelle et ressources disponibles.
00:21:00Elle rend tangible un phénomène plus large,
00:21:03l'insuffisance relative de certaines capacités d'accueil au regard de la demande sociale.
00:21:09Elle est, en ce sens, juste un miroir des choix structurels effectués en matière d'investissement dans l'enseignement supérieur.
00:21:17Cette dimension régulatrice prend une acuité particulière dans les territoires ultramarins, vous le comprendrez.
00:21:23Dans plusieurs collectivités, l'offre locale de formation demeure limitée en nombre de filières et en diversité disciplinaire.
00:21:30La plateforme ouvre l'accès à l'ensemble des formations nationales,
00:21:33mais cet accès est conditionné par la mobilité.
00:21:36La régulation opérée par Parcoursup confronte donc directement les candidats ultramarins
00:21:42à une double contrainte, la compétition académique et la distance géographique.
00:21:50Sur le plan technique, Parcoursup est un outil 100% dématérialisé,
00:21:54ce qui n'est pas sans poser un certain nombre de contraintes pour les publics les plus éloignés du numérique.
00:21:58L'environnement familial et socio-culturel joue beaucoup
00:22:01et conditionne en partie la manière dont on entre dans Parcoursup plus la découverte est tardive
00:22:06et plus les inégalités préexistantes deviennent handicapantes.
00:22:09C'est pour cela d'ailleurs que nous recommandons une découverte anticipée de l'outil
00:22:12et une meilleure ergonomie pour l'usager depuis un smartphone,
00:22:15ce qui représente aujourd'hui une majorité de connexions.
00:22:18La question du calendrier est au cœur des critiques de Parcoursup,
00:22:21un calendrier trop étalé dans le temps avec trop de phases au timing parfois très serrés
00:22:24qui sont autant de sources de stress, de ratés potentiels
00:22:27et surtout une prépondérance de l'année de première par rapport à celle de Terminal
00:22:31puisque tout ou presque est joué au moment des écrits du bac.
00:22:35Pour les candidats, la pression anxiogène se diffuse à toutes les étapes de la procédure Parcoursup.
00:22:40Ces éléments sont autant d'arguments déployés par certaines formations du privé lucratif
00:22:46pour décrier la plateforme et attirer des jeunes vers leurs établissements.
00:22:49Au sortir de nos auditions, il n'y a toutefois pas de consensus sur une évolution de ce calendrier,
00:22:54ce qui ne nous empêche pas de faire le constat que celui-ci aujourd'hui est davantage construit
00:22:58en réponse aux contraintes des professionnels de l'enseignement supérieur
00:23:01et plus globalement de la société telle qu'elle est organisée autour des congés d'été
00:23:05que de l'intérêt des lycéens.
00:23:06En revanche, et comme l'a dit notre collègue,
00:23:09l'une des grandes forces de Parcoursup réside dans le fait qu'elle permet à tous d'accéder aux mêmes
00:23:13informations.
00:23:14Le fait de pouvoir avoir connaissance de l'existence de telle ou telle formation
00:23:17est en soi un facteur de nature à lever une forme d'autocensure,
00:23:20même si le contenu des fiches formation gagnerait à être harmonisé.
00:23:24Si l'information abonde sur Parcoursup, force est de constater la trop faible prise en compte
00:23:29par les acteurs institutionnels de la grande différence qui existe
00:23:32entre la disponibilité de l'information et sa compréhensibilité par des jeunes,
00:23:36notamment en ce qui concerne les attendus et les contraintes des différentes formations.
00:23:41Les candidats formulent des vœux et des sous-vœux.
00:23:44Nous recommandons d'ailleurs de formuler un nombre planché de cinq vœux
00:23:47pour éviter les effets de « je veux ça » ou « rien ».
00:23:50Si certaines formations permettent de regrouper plusieurs choix dans un seul vœu
00:23:53et ne comptabilisent pas les sous-vœux,
00:23:55l'absence de regroupement et de concours communs
00:23:57entre des établissements d'une même filière de formation
00:23:59peut être préjudiciable pour les candidats qui souhaitent accroître leur chance de réussir
00:24:04en multipliant les candidatures par une consommation massive et donc risquée de vœux.
00:24:09L'absence de classement initial des vœux est un élément clé du fonctionnement de Parcoursup.
00:24:13Cela évite que des candidats renoncent à des formations ambitieuses par peur de gâcher un rang.
00:24:19Chaque vœu est examiné indépendamment des autres.
00:24:22La commission d'examen des vœux ne dispose d'aucune information sur les préférences du candidat,
00:24:27ce qui garantit un traitement égalitaire.
00:24:29Une fois les vœux formulés et la période de dépôt clôturée,
00:24:32Parcoursup transmet aux formations sans aucun traitement exempté l'ensemble des candidatures.
00:24:37Il n'y a donc à ce stade ni aucune sélection ni hiérarchisation.
00:24:40En revanche, sur la base des dossiers à leur disposition,
00:24:43les formations ensuite classent les candidats à partir des critères qu'elles ont elles-mêmes définis,
00:24:48en priorisant généralement les résultats scolaires.
00:24:51Et à cet égard, l'enjeu central en matière d'équité des procédures d'examen des candidatures
00:24:55réside selon nous prioritairement dans l'harmonisation des pratiques d'évaluation entre les établissements.
00:25:01Nous proposons donc d'instaurer un référentiel unique de notation des devoirs et d'évaluation des compétences,
00:25:06mais aussi de supprimer la mention du lycée d'origine qui peut constituer une source de discrimination territoriale
00:25:11dont l'existence dans de multiples domaines est bien documentée.
00:25:14Pour les aider à procéder au classement de ces candidatures,
00:25:17parfois plusieurs milliers, les commissions d'examen des vœux constituées d'hommes et de femmes,
00:25:21ce ne sont pas des machines,
00:25:22peuvent parfois en revanche recourir à des outils d'aide à la décision,
00:25:25ce qu'on appelle les algorithmes locaux.
00:25:27A cet effet, le ministère met à disposition des établissements un algorithme type,
00:25:33mais certaines formations développent leurs propres outils,
00:25:35et c'est l'existence de ces algorithmes locaux qui est la plus décriée,
00:25:38car la transparence sur les critères d'analyse et les modalités de traitement algorithmiques
00:25:43reste largement insuffisante.
00:25:45Plus généralement, et au-delà des seuls algorithmes,
00:25:49on peut dire que Parcoursup est plus transparent que tous les systèmes précédents,
00:25:52mais l'existence éventuelle d'algorithmes locaux propres aux formations,
00:25:56combinées avec les mécanismes de discrimination positive des algorithmes nationaux de Parcoursup
00:26:01pour réinjecter les quotas de boursiers et les quotas territoriaux,
00:26:04suscite à la fois beaucoup de questionnements légitimes
00:26:07et autant de fantasmes dans la compréhension fine du mécanisme du processus.
00:26:13Passer de l'égalité d'accès à l'égalité réelle des chances,
00:26:18impérieuse nécessité de mieux accompagner les candidats dans leur choix d'orientation.
00:26:24Je vais maintenant donc aborder cette question centrale dans la troisième partie
00:26:29qui consiste à se demander comment passer de l'égalité d'accès à l'égalité réelle des chances.
00:26:35Si Parcoursup a indéniablement amélioré l'égalité formelle d'accès à l'information,
00:26:40elle demeure insuffisante pour corriger les inégalités sociales, territoriales et culturelles
00:26:45qui structurent les Parcours d'orientation.
00:26:47L'accès universel à une plateforme nationale ne garantit pas en soi l'égalité des trajectoires.
00:26:52La première exigence consiste à permettre aux candidats d'exercer des choix véritablement éclairés.
00:26:58Le Code de l'éducation prévoit que Parcoursup met à disposition
00:27:01un ensemble de données administratives, financières, pédagogiques et statistiques sur les formations.
00:27:07En théorie, les candidats disposent d'informations sur les frais de scolarité,
00:27:10sur les capacités d'accueil, sur les débouchés, sur les taux de réussite,
00:27:14sur les critères d'examen des candidatures ou encore les aménagements pour public spécifique.
00:27:18Mais en pratique, plusieurs limites apparaissent.
00:27:21Les attendus publiés sont souvent généraux et peu opérationnels
00:27:25pour guider les choix de spécialité dès la classe de seconde.
00:27:28Les profils réellement recherchés par les formations restent insuffisamment explicités.
00:27:34C'est pourquoi la proposition numéro 30 vise à obtenir des filières
00:27:38qu'elles indiquent plus clairement les profils attendus,
00:27:41notamment en matière d'enseignement de spécialité,
00:27:43et à améliorer la lisibilité de cette information dans la fiche formation.
00:27:48Cet enjeu est crucial, notamment pour les jeunes d'outre-mer,
00:27:51là où l'offre locale est moins diversifiée.
00:27:54L'erreur d'orientation a un coût plus élevé.
00:27:57Soit l'élève renonce à son projet, soit il doit envisager une mobilité longue à distance.
00:28:03Or, l'offre de formation est fortement concentrée dans les grandes agglomérations métropolitaines.
00:28:07Pour les jeunes ultramarins, l'accès à l'information doit être renforcé, précisé et contextualisé.
00:28:14Au-delà de l'information, la question de l'accompagnement humain est centrale.
00:28:19Nous soulignons que les moyens consacrés à l'orientation sont insuffisants
00:28:23et que l'organisation actuelle ne permet pas un accompagnement individualisé effectif.
00:28:28Les 54 heures dont on parle prévues pour l'orientation sont inégalement utilisées.
00:28:35Les psychologues de l'éducation nationale sont trop peu nombreux
00:28:37et insuffisamment positionnés sur la plateforme.
00:28:41Plusieurs préconisations structurantes figurent à ce titre dans la liste des propositions.
00:28:45Les propositions recommandations 36, 37 et 38 visent à professionnaliser les professeurs principaux
00:28:51et les référents-orientations.
00:28:53Insertion de modules obligatoires, par exemple, en formation initiale.
00:28:57Formation continue obligatoire sur l'offre de l'enseignement supérieur
00:29:00et l'appropriation de parcours sup et création d'une certification spécifique
00:29:06orientation, parcours, insertion.
00:29:08Cette montée en compétences est décisive et doit concerner toutes les parties du territoire national.
00:29:13La proposition numéro 39 prévoit la mise en place d'un outil de suivi statistique des cohortes
00:29:20au niveau de chaque établissement.
00:29:21Un tel outil permettrait aux lycées de disposer d'indicateurs sur la réussite
00:29:25et les poursuites d'études de leurs anciens élèves.
00:29:28Cette connaissance du continuum Bac-3, Bac-3 est essentielle pour ajuster les stratégies
00:29:33d'orientation et réduire l'auto-censure.
00:29:36Le rôle des pairs constitue également un levier puissant contre les inégalités sociales.
00:29:41La proposition numéro 42 encourage le déploiement d'ambassadeurs de formation dans chaque lycée.
00:29:46L'intervention d'étudiants, notamment issus des mêmes territoires,
00:29:49peut lever des barrières symboliques et susciter des vocations.
00:29:53Pour un jeune ultramarin, voir réussir des étudiants originaires de son territoire
00:29:57dans des formations prestigieuses constitue un puissant facteur de projection.
00:30:02Nous mettons aussi en lumière la tentation croissante du recours au coaching privé,
00:30:07symptôme d'un service public d'orientation perçu comme insuffisamment armé.
00:30:11Cette privatisation remporte de l'accompagnement accentue les inégalités.
00:30:15Seules les familles disposant de ressources financières peuvent s'offrir un suivi individualisé.
00:30:19Dans les milieux défavorisés ici ou de l'autre côté de l'Atlantique,
00:30:25ou de l'océan, n'importe quel, où les écarts de revenus sont souvent plus marqués,
00:30:29ce phénomène peut creuser davantage encore les fractures.
00:30:33La dimension territoriale est à cet égard déterminante.
00:30:36L'INSEE souligne la concentration des places de formation dans les grandes agglomérations métropolitaines.
00:30:41Pour les jeunes des zones rurales et plus encore pour ceux des Outre-mer,
00:30:45l'éloignement géographique constitue un obstacle majeur.
00:30:48Plusieurs propositions répondent directement à cet enjeu territorial.
00:30:52La proposition numéro 48 vise à augmenter le plafond fiscal du passeport pour la mobilité des études
00:30:57portées par l'ADOM afin de réduire le frein financier lié à l'éloignement géographique.
00:31:02La proposition numéro 49 invite quant à elle les établissements à privilégier les épreuves de recrutement à distance
00:31:09lorsque la distance constitue un obstacle objectif.
00:31:12Cette mesure est particulièrement structurante pour les candidats ultramarins,
00:31:15pour lesquels un déplacement vers l'Hexagone représente un coût élevé en transport,
00:31:19en hébergement et parfois en accompagnement familial juste pour passer une épreuve d'admission.
00:31:25Mais elle concerne également les jeunes issus des milieux modestes vivant loin des grands centres urbains
00:31:30où sont concentrés les formations les plus attractives.
00:31:33Dans ces situations, les frais de déplacement peuvent constituer un véritable frein à l'ambition
00:31:37et conduire à des renoncements silencieux.
00:31:40Enfin, Port-Coursup permet une ouverture du champ des possibles,
00:31:43favorisant une diversification territoriale du recrutement.
00:31:47L'exemple de Sciences Po à Bordeaux, qui est passé de 2 000 à 6 000 candidatures avec Port-Coursup,
00:31:53illustre cette dynamique.
00:31:54La plateforme permet à des jeunes issus de territoires éloignés, y compris ultramarins,
00:31:59de candidater à des formations autrefois perçues comme inaccessibles.
00:32:03Mais cette ouverture n'est pleinement efficace que si elle s'accompagne de dispositifs correcteurs
00:32:08des biens sociaux et territoriaux et d'un soutien concret à la mobilité.
00:32:13Ainsi, passer de l'égalité d'accès à l'égalité réelle des chances
00:32:17suppose une approche systémique, amélioration de la qualité et de la lisibilité des informations,
00:32:23professionnalisation de l'accompagnement, suivi des cohortes, mobilisation des pertes,
00:32:27réduction des obstacles financiers et géographiques.
00:32:32J'en viens maintenant à la question de savoir si Port-Coursup répond aux objectifs
00:32:36qui lui ont été assignés, ou du moins s'il est fidèle aux arguments qui ont justifié
00:32:40sa mise en place, ce que nous développons dans la quatrième partie, en indiquant à mon collègue
00:32:44que j'ai d'ores et déjà négocié du temps supplémentaire.
00:32:47La réforme de l'accès au premier cycle du supérieur introduite par la loi ORE de 2018
00:32:52poursuit un triple objectif, à la fois répondre aux défauts majeurs de la plateforme antérieure,
00:32:56APB, garantir un droit d'accès et ainsi démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur
00:33:00et favoriser la régie des étudiants dans le premier cycle et donc incidemment limiter les erreurs d'orientation.
00:33:06Alors certes, Port-Coursup est un outil nettement meilleur sur le plan technique que les solutions qui existaient antérieurement,
00:33:11toutefois les principales critiques, le ressenti d'un manque de transparence, le stress, la gestion du calendrier,
00:33:16elles demeurent et elles n'ont guère été atténuées.
00:33:18Pour le législateur de 2018, le mode de recrutement antérieur basé parfois au final sur le tirage au sort,
00:33:24insatisfaisant, générateur de désillusions, était en grande partie responsable des demandes de réorientation
00:33:29et des taux d'échec significatifs en licence.
00:33:31Port-Coursup a pour objectif de parvenir à la fois à la satisfaction des candidats
00:33:35et à un recrutement adapté aux attendus de la formation,
00:33:38deux éléments qui, conjugués, devraient en toute logique se concrétiser par une poursuite d'études dans la formation choisie.
00:33:43Hélas, le nombre de réorientations depuis la mise en place de Port-Coursup reste élevé et stable,
00:33:49même si nous ne considérons pas la réorientation en elle-même comme un signe d'échec.
00:33:54En outre, si la réussite des étudiants dans les licences universitaires avant Port-Coursup était nettement insuffisante,
00:33:59plusieurs bilans montrent aujourd'hui que les taux de réussite ne se sont pas significativement améliorés
00:34:04et dans tous les cas, pas au niveau de ce que l'on pouvait attendre au regard des discours volontaristes
00:34:09des responsables ministériels en 2018 qui ont présenté la loi ORE comme une des solutions à l'échec en licence.
00:34:15Enfin, Port-Coursup permet-il une démocratisation de l'accès aux supérieurs ?
00:34:19La persistance des inégalités socio-culturelles et le poids des déterminismes sociaux
00:34:24n'apparaissent pas atténués depuis le déploiement de la plateforme.
00:34:27Au final, les dispositifs d'ouverture sociale mis en place ces dernières années,
00:34:31que ce soit avec Port-Coursup ou dans le cadre d'ailleurs d'autres politiques publiques,
00:34:34ont un effet très mineur sur la répartition des catégories sociales dans l'enseignement supérieur.
00:34:39Si Port-Coursup n'est pas responsable en lui-même du poids des déterminismes sociaux
00:34:43dans l'accès à l'enseignement supérieur, il ne contribue pas pour autant à les réduire
00:34:47en dépit de l'égal accès à l'information qu'il permet.
00:34:50Parce qu'il arrive à la fin du processus d'orientation à l'issue de l'enseignement secondaire,
00:34:55Port-Coursup qui applique à tous les candidats le même mode de sélection sans distinguer
00:34:59ceux dont le capital socio-culturel ne favorise pas la réussite scolaire,
00:35:03a tendance au contraire à cristalliser ces inégalités.
00:35:06Je termine en disant que nos travaux pour la conduite desquels je tiens à saluer la bonne entente
00:35:11à la fois avec mon collègue co-rapporteur et à remercier l'administrateur qui nous a accompagnés
00:35:15ainsi que sa stagiaire, ont confirmé l'immense décalage qui existe entre les avis globalement très positifs
00:35:21des acteurs institutionnels d'une part et les positions nettement plus mitigées
00:35:25des premiers usagers de la plateforme d'autre part.
00:35:28A titre personnel, je continue de penser que Port-Coursup constitue aujourd'hui davantage
00:35:32un outil de régulation qu'une plateforme d'aide à l'orientation,
00:35:36agissant en tant que cache-misère d'un accès à l'enseignement supérieur qui s'est massifié
00:35:40sans que soient mobilisés les moyens adéquats en regard.
00:35:44En dépit d'une indiscutable performance technique, il ne saurait masquer les échecs politiques
00:35:50qu'au contraire il révèle quelque part malgré lui, que ce soit en matière d'orientation
00:35:54ou de réussite académique dans un univers du supérieur morcelé
00:35:57et dont certaines dérives doivent être régulées de toute urgence
00:36:00car Port-Coursup aura eu aussi pour terribles conséquences
00:36:04outre la dévitalisation du bac, comme évoqué dans mon propos tout à l'heure
00:36:08dont une réforme aura ensuite été possible, aura eu pour conséquence
00:36:12le développement sans précédent d'un marché de l'enseignement privé lucratif
00:36:16et je persiste à croire à l'idée pourtant que le savoir ne peut pas être un business comme un
00:36:21autre
00:36:21et qu'il est nécessaire d'oeuvrer à sa démarchandisation.
00:36:30Je pense donc, à titre personnel, que notre analyse appelle à la nuance et la responsabilité collective.
00:36:37Sur le plan technique, Port-Coursup constitue, on l'a déjà dit, un progrès indéniable,
00:36:42procédure unifiée, suppression du tirage au sort, traçabilité accrue.
00:36:48Mais elle ne peut pas porter seule une ambition politique qui dépasse sa nature d'outil.
00:36:52Elle n'augmente pas les capacités d'accueil, elle ne résout pas le sous-financement structurel de certaines universités,
00:36:58elle ne compense pas les inégalités d'accompagnement au lycée ni les contraintes spécifiques
00:37:02et notamment dans les territoires ultramarins.
00:37:05Port-Coursup est un instrument de régulation.
00:37:08Pour qu'il devienne un véritable levier d'émancipation, il doit s'inscrire dans une stratégie plus large,
00:37:14transparence renforcée, investissement dans l'accompagnement humain,
00:37:18correction des biais territoriaux, soutien effectif à la mobilité ultramarine.
00:37:23Autrement dit, améliorer l'outil est nécessaire, mais ne suffit pas.
00:37:27Il faut aussi consolider l'écosystème qui l'entoure.
00:37:30C'est à cette condition que nous pourrons transformer une procédure souvent vécue comme anxiogène
00:37:35en un mécanisme au service de la réussite étudiante
00:37:38et de l'égalité réelle des chances pour tous les jeunes de la République.
00:37:45Merci messieurs pour ce retour sur une disposition de la loi Orientation et Réussite des étudiants.
00:37:52De 2018, vous avez fait mention de beaucoup d'inquiétudes collectives.
00:37:57Vous avez aussi pointé des améliorations, la fin du tirage au sort, la diversification territoriale,
00:38:04une réflexion sur l'orientation.
00:38:07Et puis vous avez pointé aussi ce qui pourrait être amélioré, notamment par rapport aux algorithmes,
00:38:12par rapport à l'information.
00:38:14Et moi, je voulais faire part, parce que c'est aussi notre rôle en tant que député,
00:38:18d'initiatives qui vont dans le bon sens, au sein d'un lycée de ma circonscription à Clichy,
00:38:23devant la montagne d'informations que contient la plateforme Parcoursup.
00:38:28Et comme vous l'avez dit, c'est disponible, mais pas forcément saisissable par tous.
00:38:31On a une initiative, et elle est gratuitement disponible, c'est Capspe.fr,
00:38:36qui permet à chacun de bien choisir ses spécialités en réfléchissant à son orientation.
00:38:41J'en terminerai avant de donner la parole au groupe, à pointer aussi ce que vous avez dit,
00:38:45d'écrier la plateforme, ça fait le jeu des établissements d'enseignement privé à but lucratif,
00:38:50et du coaching privé, donc mesureront aussi nos critiques et amélioreront encore le système.
00:38:56Je donne la parole pour deux minutes à Roger Choudeau pour le Rassemblement National.
00:39:00Merci Madame la Présidente, Messieurs les co-rapporteurs, mes chers collègues,
00:39:03la plateforme Parcoursup poursuivait, ça a été rappelé, deux objectifs,
00:39:07mettre un terme à l'échec massif des étudiants en première année,
00:39:10et au très faible taux d'accès au diplôme de la licence dans le cadre de la loi ORE.
00:39:14Puis deuxièmement, rendre moins aléatoire la procédure d'infectation APB,
00:39:17qui reposait en partie sur le recours au tirage au sort.
00:39:20Sur le premier point, le premier cycle du supérieur, aujourd'hui strictement universitaire,
00:39:24est depuis des décennies marqué par un fort taux d'échecs.
00:39:27Plus de 50% en moyenne des étudiants échouent en première année.
00:39:31Le taux d'accès à la licence en 4 ans est inférieur à 40%.
00:39:35La Cour des comptes évalue, dans un rapport récent,
00:39:37un demi-milliard d'euros par an, le coût de cet échec pour la communauté nationale.
00:39:42Dans ce domaine essentiel, l'échec de Parcoursup est pas tant.
00:39:45En matière de transparence et de justice, vous l'avez dit,
00:39:47tous les observateurs professionnels se plaisent à relever la complexité,
00:39:51l'opacité des algorithmes locaux, car c'est là le problème.
00:39:56Le sentiment d'injustice se répand, car les critères d'affectation
00:39:59sont de toute façon affectés de défauts de conception.
00:40:02Par exemple, le contrôle continu introduit un élément d'inégalité
00:40:05contraire à tous les principes de l'école.
00:40:07Autre exemple, les 54 heures d'orientation sont pratiquement jamais
00:40:11ou rarement totalement utilisées.
00:40:13Parfois, elles ne sont pas utilisées du tout.
00:40:15Autre exemple, l'admission en internat repose sur des critères fiscaux
00:40:18est une source d'abus identifiés.
00:40:21Mais le défaut rédhibitoire pour nous, c'est surtout le fait
00:40:23que les enseignements de spécialité ne sont pas pris en compte dans Parcoursup.
00:40:27Le baccalauréat est totalement démonétisé, ne sert plus à rien.
00:40:30C'est une formalité administrative.
00:40:32Mais bon, Parcoursup n'est au fond, vous l'avez dit d'ailleurs,
00:40:34M. Courbon, que le symptôme d'un problème politique,
00:40:39c'est une réponse technique à un problème politique,
00:40:41et le problème politique de fond, c'est de quel enseignement supérieur
00:40:45la France a-t-elle besoin à l'horizon 2050-2060,
00:40:47et dans quel cadre stratégique et géopolitique.
00:40:50Sur cette question de fond, nous n'avons de la part du gouvernement
00:40:53aucune réponse. Je vous remercie.
00:40:56Je vous remercie.
00:40:57Pour deux minutes, la parole est maintenant pour Ensemble pour la République
00:40:59à Julie Delpech.
00:41:01Merci Mme la Présidente.
00:41:02Messieurs les rapporteurs, chers collègues,
00:41:04permettez-moi d'abord au nom du groupe Ensemble pour la République
00:41:07de saluer la qualité et la rigueur du travail
00:41:09conduit par nos collègues rapporteurs
00:41:11dans le cadre de cette mission flash sur Parcoursup.
00:41:14Votre rapport a le mérite de poser un diagnostic lucide.
00:41:17Parcoursup n'est ni la cause de tous les mots,
00:41:19ni l'outil miracle que certains décrivent.
00:41:21Il est, comme vous le dites, un instrument de régulation
00:41:23dans un système d'enseignement supérieur,
00:41:25parfois sous tension.
00:41:27Il cristallise des critiques qui dépassent largement
00:41:29son périmètre, et il est trop simple
00:41:31d'en faire le bouc émissaire de difficultés structurelles
00:41:33plus profondes.
00:41:34Pour autant, reconnaître cette réalité ne doit pas nous empêcher
00:41:37d'interroger son organisation concrète
00:41:39et les marges d'amélioration qu'elle recèle.
00:41:41A la lecture de vos propositions, une cohérence se dessine
00:41:44autour de la nécessité de remettre de la clarté
00:41:46dans ce parcours du combattant.
00:41:48D'abord, sur la boîte noire de la sélection.
00:41:51Vous rappelez à Justitut que Parcoursup ne sélectionne pas,
00:41:53ce sont donc les commissions d'examen des vœux
00:41:55qui opèrent les choix,
00:41:56et parfois l'aide d'algorithmes locaux.
00:41:58Or, pour les candidats, c'est une distinction
00:42:00qui reste théorique,
00:42:02et ils l'aperçoivent, c'est une décision
00:42:04dont ils ne ménitrisent, pardon,
00:42:06ni les critères exacts, ni la pondération réelle.
00:42:09Aussi, la proposition d'une banque d'algorithmes
00:42:11mutualisés va dans le bon sens,
00:42:13mais peut-on aller plus loin en matière de transparence ?
00:42:16Ne faudrait-il pas que chaque formation
00:42:17publie en amont l'ouverture des vœux,
00:42:19les critères et leur pondération précise,
00:42:21afin que les candidats puissent formuler
00:42:23leur choix en pleine connaissance de cause ?
00:42:25Il ne s'agit pas de rigidifier les pratiques,
00:42:28ni de nier la souveraineté pédagogique
00:42:29des établissements,
00:42:30juste de rendre le processus
00:42:32un peu plus intelligible.
00:42:33Ensuite, et c'est intimement lié,
00:42:35la question du temps.
00:42:36Vous décrivez un calendrier vécu
00:42:38comme une épreuve d'endurance,
00:42:40ça nous est aussi remonté sur nos six conscriptions,
00:42:42un tétris qui est contraint
00:42:43par des impératifs administratifs
00:42:45plus que par le rythme des élèves.
00:42:47Les réponses tombent parfois
00:42:48en pleine préparation du bac,
00:42:50l'incertitude prolongée,
00:42:51et une attente qui favorise
00:42:52ceux qui peuvent parfois se permettre
00:42:53de patienter, ça peut nourrir
00:42:55un sentiment d'opacité, de stress,
00:42:57et surtout pour des jeunes
00:42:58qui se retrouvent parfois sans formation
00:43:00à 15 jours de la rentrée.
00:43:01Donc encore une fois,
00:43:02une question d'organisation globale,
00:43:04et vous évoquez la possibilité
00:43:06de redéfinir le calendrier,
00:43:07est-ce que vous pouvez préciser
00:43:08la direction que vous privilégiez,
00:43:10et est-ce qu'il faut sanctuariser
00:43:11le temps du baccalauréat
00:43:12en décalant certaines échéances,
00:43:14quitte à revoir en profondeur
00:43:15le travail des commissions,
00:43:16ou au contraire, avancer les décisions
00:43:18pour réduire les périodes d'incertitude ?
00:43:21Je vous remercie.
00:43:23Merci, la parole est maintenant
00:43:25pour LFI, à Marie Miesmeur.
00:43:27Merci Madame la Présidente,
00:43:28Messieurs les rapporteurs.
00:43:29Cette mission flash est utile
00:43:30et intéressante, pourtant,
00:43:31dans le débat public
00:43:32comme dans le débat politique,
00:43:33nous passons trop souvent
00:43:33à un côté de l'essentiel.
00:43:34Le problème de Parcoursup,
00:43:36c'est Parcoursup.
00:43:36Je pose donc une question simple.
00:43:38Est-il sain d'organiser
00:43:39la mise en concurrence d'élèves,
00:43:40d'enfants, de jeunes adultes
00:43:41de 17 ou 18 ans,
00:43:42pour déterminer leurs études,
00:43:43et donc bien souvent le métier
00:43:44qu'ils exerceront toute leur vie ?
00:43:46Est-il sain qu'une société
00:43:47trie ses enfants en fonction
00:43:48de ce qu'ils ont été capables
00:43:49d'accomplir pendant leur adolescence ?
00:43:51Et désormais,
00:43:52tout se joue à cet âge-là.
00:43:53La contrainte du contrôle continu
00:43:54est intenable.
00:43:55Les élèves sont sous pression
00:43:565 jours sur 7,
00:43:56de 8h à 18h,
00:43:57de leur 14 à leur 18 ans.
00:43:59Dans cette détresse
00:44:00que nous avons collectivement créée,
00:44:02certains acteurs privés prospèrent.
00:44:04Diplomance Coaching
00:44:05propose un pack orientation
00:44:06à 399 euros
00:44:07pour clarifier l'orientation,
00:44:08structurer un dossier solide
00:44:09et préparer les étapes clés
00:44:11de Parcoursup.
00:44:11Et merci à Orientassens,
00:44:13qui propose en seulement deux heures
00:44:15en coaching de préparation
00:44:16et rédaction Parcoursup
00:44:18pour une offre exceptionnelle
00:44:19à 99 euros seulement.
00:44:21Puis, grâce à Coaching Sup,
00:44:22les familles pourront bénéficier
00:44:23d'un pack initial
00:44:24de 6 séances
00:44:25à 997 euros
00:44:27pour un accompagnement personnalisé
00:44:28de la découverte des formations
00:44:29à la finalisation des voeux.
00:44:31Là où le service public
00:44:32est démantelé,
00:44:33les vautours du libéralisme
00:44:34se régalent.
00:44:35Dans ce contexte,
00:44:36faut-il s'étonner
00:44:36de la dégradation
00:44:37de la santé mentale des jeunes
00:44:38quand près de 30%
00:44:39des 18-24 ans
00:44:40déclarent des symptômes dépressifs ?
00:44:42Faut-il s'étonner
00:44:43de la colère
00:44:43qui traverse la jeunesse
00:44:44lorsque près de 30%
00:44:45des moins de 35 ans
00:44:46disent comprendre
00:44:47l'usage de la violence
00:44:48pour défendre leurs intérêts ?
00:44:49Un autre angle mort
00:44:50de ces dernières années
00:44:51est la précarité étudiante.
00:44:52Parcoursup envoie souvent
00:44:53des étudiants loin de leur famille
00:44:54sans se préoccuper réellement
00:44:55de leurs conditions matérielles
00:44:56d'existence.
00:44:57Les bourses ne concernent
00:44:58qu'un étudiant sur trois
00:44:59et leur montant
00:45:00ne permet bien souvent
00:45:01même pas de couvrir le loyer.
00:45:02Alors, nous pourrons multiplier
00:45:03les rapports parlementaires,
00:45:04les débats et les colloques
00:45:05tant que la sélection
00:45:06à l'entrée de l'université
00:45:07demeurera.
00:45:08Le problème Parcoursup
00:45:08ne sera pas résolu.
00:45:09Je remercie les rapporteurs
00:45:15de l'anticipation sociale
00:45:16et intellectuelle.
00:45:17Car sélectionner à l'université
00:45:18revient à conditionner
00:45:19l'avenir des lycéens
00:45:20en fonction de leur origine sociale
00:45:21et parfois de discrimination
00:45:22plus large encore.
00:45:23C'est considérer la connaissance
00:45:25comme une ressource rare
00:45:25qu'il faudrait rationner.
00:45:26C'est oublier que la démocratie
00:45:28a besoin d'un peuple éduqué
00:45:29et émancipé.
00:45:29C'est enfin renoncer
00:45:30à former massivement
00:45:31les citoyens et les professionnels
00:45:32dont nous avons besoin
00:45:33pour réussir la bifurcation écologique
00:45:35et affronter les défis climatiques.
00:45:38Parcoursup est un archaïsme
00:45:39des années Macron.
00:45:40Il est né avec lui
00:45:41et doit s'éteindre avec lui.
00:45:42Je vous remercie.
00:45:45Et maintenant pour le groupe
00:45:48écologiste et socialiste.
00:45:51Je suis allée beaucoup trop vite.
00:45:53Donc ce n'est pas à vous.
00:45:54Madame Fatia qui est au âge.
00:45:56Merci Madame la Présidente.
00:45:58Messieurs les rapporteurs,
00:46:00chers collègues.
00:46:01Parcoursup structure
00:46:02l'accès à l'enseignement supérieur
00:46:04pour des centaines de milliers de jeunes
00:46:06depuis de nombreuses années maintenant.
00:46:09Votre rapport montre que
00:46:10malgré des améliorations
00:46:12en matière d'information,
00:46:13le système demeure profondément marqué
00:46:15par une logique de sélection,
00:46:18notamment abordée dans la quatrième partie
00:46:19de votre rapport
00:46:20relative aux déterminismes sociaux.
00:46:23Dans votre rapport,
00:46:25vous affirmez que
00:46:26les dispositifs d'ouverture sociale
00:46:28mis en place ces dernières années,
00:46:30que ce soit via Parcoursup
00:46:32ou à travers d'autres politiques publiques,
00:46:34n'ont qu'un effet très limité,
00:46:36très limité,
00:46:37sur la répartition des catégories sociales
00:46:39dans l'enseignement supérieur.
00:46:40Dès lors, ma question est la suivante.
00:46:43Quelles recommandations formulez-vous
00:46:47pour faire de Parcoursup
00:46:49un véritable levier de démocratisation
00:46:51de l'accès à l'enseignement supérieur
00:46:53et non un simple, en réalité,
00:46:56un simple outil de gestion de candidature ?
00:46:58Les lycéens issus de milieux populaires,
00:47:02des territoires ruraux
00:47:03ou encore des quartiers populaires
00:47:05continuent de s'auto-censurer.
00:47:07Trop souvent, la hiérarchie implicite
00:47:11des établissements
00:47:11et l'opacité relative
00:47:13de certains critères d'examen
00:47:14entretiennent un sentiment d'injustice.
00:47:17Pour aboutir à une réelle égalité des chances,
00:47:21votre rapport semble montrer
00:47:23que seule l'orientation en est la clé.
00:47:29Alors qu'un des objectifs de la loi ORE
00:47:33était de développer
00:47:34de vraies politiques d'orientation
00:47:36pour lutter contre l'échec scolaire,
00:47:38votre rapport indique
00:47:40qu'il existerait en réalité
00:47:42une orientation à deux vitesses.
00:47:44Vous dites notamment
00:47:46que les politiques d'orientation
00:47:47les plus développées
00:47:49sont mises en place
00:47:50dans les établissements
00:47:51issus des quartiers,
00:47:53des lieux les plus favorisés.
00:47:55Ce qui nous semble être
00:47:57un constat malheureusement partagé.
00:47:59Ces constats sont plutôt inquiétants
00:48:01et clairement,
00:48:03je crois que votre rapport le montre
00:48:05et je vous remercie
00:48:06pour ce travail colossal.
00:48:08Le groupe socialiste, bien sûr,
00:48:09est apparenté,
00:48:10votera votre présentation de rapport.
00:48:12Merci.
00:48:14Merci.
00:48:14Nous passons à la droite républicaine
00:48:15avec Frédérique Meunier.
00:48:17Merci beaucoup Madame la Présidente.
00:48:20Messieurs les rapporteurs,
00:48:21c'est vrai que ce rapport,
00:48:22on l'attendait
00:48:23parce qu'on s'est beaucoup posé
00:48:25de questions sur l'effet ou non
00:48:28du nouveau Parcoursup.
00:48:30Alors aujourd'hui,
00:48:31le logiciel de Parcoursup
00:48:33est synonyme de stress,
00:48:34d'angoisse pour les élèves
00:48:36ainsi que pour leurs parents.
00:48:37En effet, selon le baromètre
00:48:38Parcoursup 2025,
00:48:41réalisé par l'Institut CSA
00:48:42pour le ministère de l'Enseignement supérieur,
00:48:44la plateforme est source de stress
00:48:46pour 84% des lycéens,
00:48:48soit 7 points de plus qu'en 2020.
00:48:51Pourtant, moi j'étais au moment
00:48:53de la mise en place
00:48:54de ce nouveau Parcoursup
00:48:55et l'objectif,
00:48:56l'un des objectifs essentiels
00:48:59était d'arrêter ce tirage au sort
00:49:00qui était insupportable,
00:49:03d'avoir une traçabilité
00:49:06de ce Parcoursup
00:49:08et d'avoir des procédures unifiées.
00:49:10Vous l'avez dit,
00:49:10il semble que ces critères
00:49:12soient mis en place
00:49:14et soit ont eu cet objectif.
00:49:17Pourtant, vous le précisez bien,
00:49:19il reste des zones d'ombre
00:49:20et il faut améliorer cet outil
00:49:21en consolidant par une meilleure égalité
00:49:24face à des algorithmes locaux.
00:49:26Et vous n'avez pas parlé
00:49:27de l'intelligence artificielle
00:49:28qui va arriver.
00:49:29Pourtant, je vais rebondir
00:49:31face à ces appréhensions
00:49:32des parents qui font
00:49:34de plus en plus l'appel
00:49:35à des entreprises de coaching.
00:49:37Et ça, ça m'a véritablement
00:49:40interpellée
00:49:40parce que ces entreprises
00:49:41ont pour objectif
00:49:42d'aider leurs enfants
00:49:43à faire un choix
00:49:44et à trouver une formation
00:49:46pour éviter ce que vous avez appelé
00:49:48l'erreur d'orientation.
00:49:50Ces dispositifs de coaching
00:49:52dont le marché
00:49:52est en pleine expansion
00:49:54soulèvent plusieurs problématiques.
00:49:56Au vu de leurs coûts,
00:49:57et ma collègue
00:49:58l'a bien mis en avant tout à l'heure,
00:50:01ces entreprises
00:50:02ne sont malheureusement
00:50:04pas accessibles
00:50:05à toutes les familles,
00:50:06ce qui risque
00:50:07de creuser encore plus
00:50:08des inégalités.
00:50:09Et pourtant,
00:50:09j'ai la mauvaise impression
00:50:11qu'elles vont se développer.
00:50:13Alors,
00:50:14comment s'interroger ?
00:50:15Est-ce qu'il ne faut pas
00:50:16créer un label ?
00:50:17Je ne sais pas,
00:50:18de formation,
00:50:19parce qu'aujourd'hui,
00:50:20on a des formations payantes
00:50:21qui sont aussi privées
00:50:22et qui ne valent pas grand-chose.
00:50:24Donc,
00:50:24faudrait-il pas développer
00:50:25un label ?
00:50:26Vous avez parlé
00:50:26d'accompagnement humain
00:50:29individualisé
00:50:29et effectif.
00:50:30Faut-il aller
00:50:31dans ce sens-là
00:50:32et augmenter le personnel
00:50:33peut-être
00:50:34de l'éducation nationale ?
00:50:35Quel est votre regard
00:50:36vis-à-vis peut-être
00:50:37plus incisif
00:50:39de ces entreprises
00:50:39de coaching ?
00:50:40Merci beaucoup.
00:50:41Merci beaucoup.
00:50:42Nous passons maintenant
00:50:43au groupe écologiste
00:50:44et social
00:50:44avec Jean-Claude Rau.
00:50:46Merci Madame la Présidente.
00:50:47Messieurs les rapporteurs,
00:50:48merci pour ce rapport.
00:50:49Huit ans après le lancement
00:50:50de Parcoursup,
00:50:51dont on parle rarement bien,
00:50:53dont cet outil
00:50:53a été à l'origine
00:50:54de situations
00:50:55trop souvent décrites
00:50:56de stress,
00:50:56d'incompréhension,
00:50:57d'angoisse.
00:50:59Revenons en arrière.
00:51:00Après la grande vague
00:51:01de démocratisation
00:51:02de l'enseignement supérieur
00:51:03des années 60 et 70
00:51:05qui a ouvert les portes
00:51:06de l'université
00:51:06à des générations
00:51:07d'enfants d'ouvriers
00:51:09et d'employés,
00:51:09une vague réactionnaire
00:51:10a peu à peu imposé
00:51:11une vision élitiste
00:51:12de l'accès aux supérieurs.
00:51:14Sous cette pression,
00:51:15le nombre de places
00:51:16à l'université
00:51:16a été délibérément maintenu
00:51:18en dessous de la demande.
00:51:19La pénurie n'est pas
00:51:20un accident,
00:51:21c'est un choix politique.
00:51:22Et quand le baby-boom
00:51:24des années 2000
00:51:24et l'augmentation prévisible
00:51:26du nombre de bacheliers
00:51:27sont arrivés,
00:51:28au lieu d'investir massivement,
00:51:30le gouvernement Macron
00:51:31a choisi en 2018
00:51:32d'opter pour Parcoursup.
00:51:34Cette plateforme
00:51:35d'orientation reproduit
00:51:36et amplifie
00:51:38les inégalités
00:51:38socio-économiques
00:51:39déjà existantes.
00:51:41Johan Farber,
00:51:42dans son livre
00:51:43publié en 2022,
00:51:44dénonce
00:51:45les dérives
00:51:45d'un système
00:51:46qui sélectionne
00:51:46les candidats
00:51:47en discriminant
00:51:48les territoires
00:51:49selon les lycées d'origine
00:51:50et les activités
00:51:52extrascolaires.
00:51:53En effet,
00:51:54l'algorithme
00:51:55est fondé
00:51:55sur des critères
00:51:56parfois opaques
00:51:57qui favorisent
00:51:57les lycées réputés,
00:51:58les familles informées
00:51:59et les élèves
00:52:00aux codes sociaux
00:52:00maîtrisées.
00:52:02Le manque
00:52:02d'harmonisation
00:52:03nationale
00:52:04des critères
00:52:05de classement
00:52:05et l'opacité
00:52:06des algorithmes
00:52:07locaux,
00:52:07vous l'avez évoqué,
00:52:08font de cette plateforme
00:52:09une vaste loterie nationale
00:52:10doublée d'un tri social
00:52:12laissant nombre
00:52:13de familles
00:52:13démunies.
00:52:15Parcoursup
00:52:16est un système
00:52:16de classement
00:52:17injuste
00:52:18parce qu'au lieu
00:52:18d'anticiper
00:52:19et d'accompagner
00:52:20l'augmentation
00:52:21du nombre
00:52:21de bacheliers,
00:52:22le gouvernement
00:52:22a préféré
00:52:23laisser le hasard
00:52:24les départager.
00:52:26Vous avez
00:52:27tous les deux
00:52:27dressé le constat
00:52:28d'un outil
00:52:29qui régule
00:52:29mais ne corrige
00:52:30pas
00:52:31et plaidé
00:52:31pour l'égalité
00:52:32des chances.
00:52:33En effet,
00:52:34les grands tentent
00:52:34de soutenir
00:52:35enfin l'université
00:52:36si mal en point
00:52:37pour lui permettre
00:52:38d'ouvrir massivement
00:52:39des places
00:52:39car en plus
00:52:40du besoin
00:52:41de redonner
00:52:42transparence
00:52:42et cohérence
00:52:43à l'orientation
00:52:44post-bac,
00:52:45il faut développer
00:52:46des capacités
00:52:47d'accueil
00:52:47dans l'enseignement
00:52:48supérieur public
00:52:49à la hauteur
00:52:49de la demande.
00:52:51Merci beaucoup.
00:52:52La parole est maintenant
00:52:53pour les démocrates
00:52:54à Laurent Croisier.
00:52:57Merci Madame
00:52:57la Présidente,
00:52:59Messieurs les rapporteurs,
00:53:02pardon,
00:53:02Mesdames, Messieurs,
00:53:03chers collègues.
00:53:04Au nom des députés
00:53:05du groupe démocrate,
00:53:06je tiens tout d'abord
00:53:07à vous remercier
00:53:08pour votre travail,
00:53:09en particulier
00:53:10notre collègue
00:53:10Franz Gums.
00:53:12Messieurs,
00:53:13vous avez choisi
00:53:13d'aborder un sujet
00:53:14qui suscite
00:53:15de réelles inquiétudes
00:53:16pour les familles
00:53:17et les élèves.
00:53:18Le moment des choix
00:53:19sur Parcoursup
00:53:20est une période
00:53:21extrêmement stressante
00:53:22pour les lycéens
00:53:24qui ont le sentiment
00:53:25que leur vie entière
00:53:26se joue en quelques clics.
00:53:28Votre rapport
00:53:30reprécise
00:53:31des vérités importantes.
00:53:33La plateforme Parcoursup
00:53:35ne sélectionne pas
00:53:37les candidats.
00:53:38Ce sont bien
00:53:39les enseignants
00:53:40des établissements
00:53:41d'enseignement supérieur
00:53:42au sein
00:53:43des commissions ad hoc
00:53:44qui analysent
00:53:45les candidatures
00:53:46et classent
00:53:46les candidats.
00:53:47Il était fondamental
00:53:49de le rappeler.
00:53:50Aussi,
00:53:52je voudrais m'adresser
00:53:52aux députés
00:53:53qui entretiennent
00:53:54le mythe
00:53:55du grand méchant
00:53:56algorithme
00:53:57qui choisit
00:53:58à la place
00:53:58des étudiants.
00:54:00Cessez
00:54:00d'alimenter
00:54:01les peurs.
00:54:02Cessez
00:54:03de faire
00:54:03de l'inquiétude
00:54:04des jeunes
00:54:05votre instrument
00:54:05politique.
00:54:07L'avenir
00:54:07de nos jeunes
00:54:08qui est aussi
00:54:09l'avenir
00:54:10de la France
00:54:10mérite
00:54:11plutôt
00:54:11notre engagement.
00:54:14Vos recommandations
00:54:15vont dans
00:54:16le même sens
00:54:17que la mission
00:54:18que nous avons menée
00:54:19en 2025
00:54:20avec mon collègue
00:54:21écologiste
00:54:22sur l'accompagnement
00:54:23des élèves
00:54:24à la découverte
00:54:24des métiers
00:54:25à l'orientation
00:54:26scolaire.
00:54:27L'essentiel
00:54:27de l'enjeu
00:54:28réside
00:54:28dans l'accompagnement
00:54:29des élèves
00:54:30à l'orientation.
00:54:31Le temps
00:54:32réellement
00:54:32consacré
00:54:33à la sensibilisation
00:54:34et à l'information
00:54:35sur l'orientation
00:54:36est insuffisant
00:54:37et arrive bien
00:54:38trop tard
00:54:39dans le parcours
00:54:40des élèves.
00:54:41Les députés
00:54:41démocrates
00:54:42partagent
00:54:42un grand nombre
00:54:43de vos recommandations,
00:54:45rendre effectives
00:54:46les 54 heures
00:54:47annuelles
00:54:48d'accompagnement
00:54:48à l'orientation
00:54:49dans chaque lycée
00:54:50général et technologique
00:54:51de la seconde
00:54:52à la terminale,
00:54:53augmenter le nombre
00:54:54de psychologues
00:54:54de l'éducation nationale,
00:54:56davantage former
00:54:56les professeurs principaux
00:54:58ou encore améliorer
00:54:59la lisibilité
00:55:00et la transparence
00:55:01de l'information.
00:55:02Je terminerai
00:55:03sur un sujet
00:55:04qui m'apparaît
00:55:05aussi fondamental,
00:55:06c'est les inégalités
00:55:07devant la maîtrise
00:55:08de l'outil numérique.
00:55:09De nombreux élèves
00:55:11peinent à s'approprier
00:55:11pleinement la plateforme
00:55:12et n'en exploitent pas
00:55:13toutes les fonctionnalités.
00:55:14Alors,
00:55:15quels leviers concrets
00:55:16préconisez-vous
00:55:17pour améliorer
00:55:17la prise en main
00:55:18technique,
00:55:19s'il vous plaît ?
00:55:20Merci beaucoup.
00:55:21On est arrivés
00:55:22à la fin
00:55:22des prises de parole
00:55:24des groupes.
00:55:25J'ai trois demandes
00:55:26de questions.
00:55:26Je propose
00:55:27de les prendre
00:55:28dans la foulée.
00:55:29Donc,
00:55:29une minute.
00:55:30C'est Gradiela Melchior
00:55:31qui commence.
00:55:33Il y aura une quatrième.
00:55:39Merci Madame la Présidente,
00:55:41Messieurs les rapporteurs.
00:55:42Je souhaite avant tout
00:55:43vous remercier
00:55:43pour votre travail
00:55:44car enfin,
00:55:45voici un rapport parlementaire
00:55:47sur Parcoursup,
00:55:48un rapport sérieux,
00:55:49précis et rappelons-le,
00:55:51transpartisan.
00:55:52Et loin de n'être
00:55:53que le reflet
00:55:54d'une psychose collective,
00:55:55selon vos mots,
00:55:56alimentée par certains
00:55:57sur ces bancs ici,
00:55:58Parcoursup constitue
00:55:59une réussite
00:56:00à de nombreux égards
00:56:01pour les établissements
00:56:02d'enseignement supérieur,
00:56:03mais pour les jeunes également.
00:56:05Que nous dit ce rapport ?
00:56:07D'abord,
00:56:07que Parcoursup
00:56:08est du point de vue
00:56:09quantitatif
00:56:10un réel succès.
00:56:11Pour la session 2025,
00:56:13en effet,
00:56:13seuls 38 candidats
00:56:14sur 980 000
00:56:15n'ont pas trouvé
00:56:16d'affectation
00:56:17dans l'enseignement supérieur,
00:56:18selon vos chiffres.
00:56:21Néanmoins,
00:56:22derrière ces satisfaits sites,
00:56:23vous pointez
00:56:24des limites
00:56:24et des échecs.
00:56:25En Bretagne,
00:56:26nous notons
00:56:27un écart notable
00:56:28entre les taux
00:56:28de réussite
00:56:29au baccalauréat
00:56:30et le taux de réussite
00:56:31en première année
00:56:31de licence.
00:56:33Selon vous,
00:56:33est-ce le fait
00:56:34de l'inefficacité
00:56:35de l'orientation
00:56:36au lycée,
00:56:37l'inadaptation
00:56:38des critères
00:56:38de sélection
00:56:39des formations
00:56:40ou est-ce dû
00:56:42au manque
00:56:42d'accompagnement
00:56:43proposé en licence ?
00:56:44Comment y remédier ?
00:56:45Je vous remercie.
00:56:47Merci beaucoup.
00:56:47La parole est
00:56:48à Delphine Ligman,
00:56:49s'il vous plaît.
00:56:51Merci,
00:56:51Madame la Présidente.
00:56:52Alors,
00:56:52l'efficacité
00:56:53de Parcoursup
00:56:54propose en grande partie,
00:56:55comme vous l'avez rappelé,
00:56:56sur la transparence
00:56:58de son fonctionnement.
00:56:59Et à ce titre,
00:57:00pouvez-vous nous préciser
00:57:01comment sont encadrés
00:57:02et contrôlés
00:57:02les algorithmes locaux
00:57:05utilisés par les formations
00:57:06pour classer les candidats ?
00:57:09Autre question,
00:57:10la mise en place
00:57:11d'un outil,
00:57:12vous recommandez,
00:57:13la mise en place
00:57:13d'un outil
00:57:14de suivi statistique
00:57:15des cohortes
00:57:16au niveau de chaque lycée.
00:57:19C'est une bonne nouvelle,
00:57:21mais qui en assurera
00:57:22la responsabilité ?
00:57:23Quelle modalité
00:57:23de collecte
00:57:24d'exploitation des données ?
00:57:25Et sur quelle durée
00:57:26ce suivi sera organisé ?
00:57:29Enfin,
00:57:29je voudrais apporter
00:57:30une remarque.
00:57:31Moi,
00:57:31je ne pense pas
00:57:32que nous répondrons
00:57:33durablement
00:57:34aux enjeux
00:57:35de l'enseignement supérieur
00:57:36en augmentant indéfiniment
00:57:37les capacités d'accueil,
00:57:38mais plutôt
00:57:39par une réorientation
00:57:42efficace
00:57:43dès le collège
00:57:44et le lycée
00:57:44et puis dans une université
00:57:46capable d'accueillir
00:57:47des profils
00:57:49en cohérence
00:57:51avec les formations
00:57:53proposées.
00:57:53Merci.
00:57:54Merci beaucoup.
00:57:55La parole est maintenant
00:57:56à Xavier Breton.
00:57:59Merci,
00:58:00Madame la Présidente.
00:58:02Je voudrais tout d'abord
00:58:02remercier
00:58:03les deux rapporteurs
00:58:05pour le travail.
00:58:05Je crois que c'était
00:58:06effectivement
00:58:06une bonne initiative
00:58:07de faire cette mission
00:58:08flash sur Parcoursup.
00:58:10On sait que c'est
00:58:10un vrai sujet de société,
00:58:12source de stress
00:58:13on l'a dit pour les élèves
00:58:14mais également pour les familles.
00:58:15J'allais dire presque surtout
00:58:16pour les familles
00:58:16quand ils sont confrontés
00:58:18à cette épreuve
00:58:20pour la première fois.
00:58:21Il suffit de voir
00:58:21nous dans nos permanences
00:58:23les rendez-vous
00:58:23que nous avons
00:58:24depuis quelques années
00:58:25à partir du mois du juin
00:58:26enfin durant l'été.
00:58:28C'est des étudiants
00:58:30qui sont en recherche
00:58:30de logement
00:58:31pour au dernier moment
00:58:32etc.
00:58:33Et là c'est un très bon
00:58:35indicateur de voir
00:58:35que le système
00:58:36notamment au niveau
00:58:37du calendrier
00:58:37ne fonctionne pas.
00:58:39Puis c'est une boîte noire
00:58:40et je crois que c'est intéressant
00:58:41le travail que vous avez pu faire
00:58:42pour essayer d'éclairer
00:58:43un peu cette boîte noire.
00:58:44Donc un grand merci
00:58:46au total.
00:58:47C'est un bilan
00:58:47très mitigé.
00:58:48Mais dans les propositions
00:58:49que vous faites
00:58:50on voit que vous restez
00:58:50dans la logique
00:58:51d'un système quand même
00:58:52centralisé,
00:58:52système unique,
00:58:53centralisé
00:58:54et en pensant
00:58:55que c'est restant
00:58:57dans cette logique
00:58:58qu'on pourra y répondre.
00:58:59Et effectivement
00:59:01est-ce qu'il n'y a pas
00:59:01une interrogation à faire
00:59:02pour re-territorialiser
00:59:03un petit peu
00:59:07cette régulation
00:59:07qui peut se faire ?
00:59:08On le fait
00:59:09de manière
00:59:10à la marge
00:59:11avec les algorithmes locaux
00:59:12avec des initiatives
00:59:13qui peuvent être prises
00:59:14au niveau des établissements
00:59:15mais est-ce que ce n'est pas
00:59:16tout l'esprit du système
00:59:17qui faudrait revoir
00:59:18pour repartir
00:59:19dans une logique
00:59:19de bas en haut ?
00:59:20Je vous remercie.
00:59:22Pardon, deux questions
00:59:23se sont ajoutées
00:59:23après que j'en avais
00:59:24donc deux questions
00:59:26ce sera monsieur
00:59:27Eric Léjean
00:59:27et ensuite Fabien Desfilippeau
00:59:28Eric Léjean
00:59:29c'est à vous.
00:59:30Merci madame la présidente.
00:59:32Chers collègues
00:59:33merci pour votre travail
00:59:34et vos propositions
00:59:35pour améliorer
00:59:36le parcours sup
00:59:37comme ça a été souvent dit
00:59:38sujet d'angoisse
00:59:39pour les lycéens
00:59:41et aussi pour les parents.
00:59:42Je voudrais vous interroger
00:59:43sur le sujet
00:59:44de la réorientation.
00:59:45Votre rapport souligne
00:59:46que la réorientation
00:59:47est devenue
00:59:48un phénomène très fréquent
00:59:49concernant près
00:59:50d'un candidat sur cinq
00:59:52sur parcours sup
00:59:53en 2025
00:59:54dont une large majorité
00:59:56d'étudiants
00:59:56issus de l'université
00:59:57souvent après
00:59:59une première année
01:00:00vécue comme un échec
01:00:01ou une désillusion.
01:00:02Vous montrez également
01:00:03que malgré les objectifs
01:00:04affichés de la réforme
01:00:05meilleure information
01:00:06recrutement sur profil
01:00:08dispositif de type
01:00:09WICI
01:00:10le volume des réorientations
01:00:12reste élevé
01:00:12sans baisse significative
01:00:14par rapport
01:00:14à la période antérieure.
01:00:16Sur la manière
01:00:16dont la plateforme
01:00:17traite les étudiants
01:00:18en réorientation
01:00:19avez-vous constaté
01:00:20dans vos travaux
01:00:21des différences
01:00:22de traitement
01:00:22des dossiers
01:00:23entre les néo-bacheliers
01:00:24et les étudiants
01:00:25déjà engagés
01:00:26dans l'enseignement supérieur ?
01:00:27Autrement dit
01:00:28la prise en compte
01:00:29d'un premier parcours
01:00:29universitaire
01:00:30qu'il soit incomplet
01:00:31raté
01:00:32ou simplement inadéquat
01:00:33constitue-t-il
01:00:35aujourd'hui
01:00:36un atout
01:00:36un handicap
01:00:37ou un angle mort
01:00:38de parcours sûr ?
01:00:39Merci.
01:00:40Merci beaucoup.
01:00:41Dernière question
01:00:42pour M. Fabien
01:00:43de Philippot.
01:00:44Merci beaucoup
01:00:46Madame la Présidente.
01:00:47effectivement depuis des années
01:00:48la question de parcours sub
01:00:49je crois agite régulièrement
01:00:51nos travaux
01:00:52et force est de constater
01:00:53que l'algorithme
01:00:54année après année
01:00:54soulève toujours
01:00:55les mêmes questions
01:00:56et on les rencontre tous
01:00:58dans nos permanences
01:00:59des cas d'étudiants
01:01:00désavantagés
01:01:01malgré des très bonnes notes
01:01:02et qui même
01:01:03ne comprennent pas
01:01:04ne comprennent pas
01:01:05les motifs
01:01:06des refus
01:01:07parfois
01:01:08c'est énormément
01:01:09d'années perdues
01:01:10mis bout à bout
01:01:10énormément de temps
01:01:11d'études
01:01:13gâchées
01:01:13on constate
01:01:14et c'est un sondage
01:01:16de l'année dernière
01:01:17à peine
01:01:17qu'un jeune sur deux
01:01:18affirme regretter
01:01:19son choix d'orientation
01:01:20alors bien sûr
01:01:21il y a la manière
01:01:22dont on construit
01:01:22son projet de vie
01:01:23à 20 ans
01:01:23il n'est pas forcément
01:01:25fixé
01:01:25ça c'est une vraie question
01:01:27surtout quand on envoie
01:01:28maintenant
01:01:29près de 95%
01:01:30d'une classe d'âge
01:01:31au bac
01:01:31c'est peut-être
01:01:32l'un des problèmes
01:01:32là aussi
01:01:33de notre système
01:01:35mais en tout cas
01:01:35en 2024
01:01:36on avait 170 000
01:01:38personnes en réorientation
01:01:40dans le système
01:01:40de parcours sup
01:01:41alors la question
01:01:41au-delà de l'augmentation
01:01:43des moyens
01:01:43que vous préconisez
01:01:44pour accompagner
01:01:45les lycéens
01:01:46de mesures de discrimination
01:01:47positive
01:01:48qui à mon sens
01:01:48ne ferait que renforcer
01:01:49parfois le caractère
01:01:51discriminatoire en lui-même
01:01:52d'attribution des places
01:01:53et bien comment gérer
01:01:54les réorientations précoces
01:01:56parce que parfois
01:01:56certains peuvent
01:01:57dès le mois d'octobre
01:01:58savoir qu'il faut changer
01:01:59de filière
01:01:59et pourtant ils perdent un an
01:02:00qu'ils vont passer
01:02:01à ne rien faire
01:02:02ou dans un petit boulot
01:02:03ou dans la précarité
01:02:05et en tout cas
01:02:05c'est énormément
01:02:06de temps perdu
01:02:07dans le parcours
01:02:08des étudiants
01:02:11Monsieur le rapporteur
01:02:14Merci Madame
01:02:15la nouvelle présidente
01:02:17je vais essayer
01:02:19et puis
01:02:19on se répartira
01:02:21avec mon collègue
01:02:22au rapporteur
01:02:22d'apporter un certain
01:02:23nombre
01:02:24d'éléments
01:02:25de réponses
01:02:25ou d'observations
01:02:26par rapport
01:02:27à ce que disait
01:02:29notre présidente
01:02:30antérieure
01:02:31sur la question
01:02:33des outils
01:02:34d'aide au choix
01:02:34de spécialité
01:02:36et l'initiative
01:02:37qu'elle citait
01:02:37dans un lycée
01:02:38c'est effectivement
01:02:38fondamental
01:02:39puisque nous l'avons dit
01:02:40aujourd'hui
01:02:40l'année de première
01:02:41elle compte davantage
01:02:43que l'année de terminale
01:02:44dans la prise en compte
01:02:45de parcours sup
01:02:46et la question
01:02:47des choix de spécialité
01:02:48sont des éléments
01:02:49fondamentaux
01:02:50dans les critères
01:02:51de sélection
01:02:52d'un certain nombre
01:02:53de formation
01:02:53or au moment
01:02:54où les élèves
01:02:55sont amenés
01:02:55à faire ces choix
01:02:56de spécialité
01:02:57ils n'ont pas forcément
01:02:58de projet d'orientation
01:02:59parfaitement abouti
01:03:00or ceci conditionne
01:03:02en partie
01:03:03une partie
01:03:04de leur avenir
01:03:05monsieur Chudot
01:03:06et madame Delpech
01:03:07sur la question
01:03:08des algorithmes locaux
01:03:09et de leur transparence
01:03:10c'est effectivement
01:03:11l'un des sujets
01:03:12majeurs
01:03:13puisque s'il faut
01:03:15rappeler que
01:03:16voilà ceci relève
01:03:17vraiment de la
01:03:18intégralement
01:03:19de la souveraineté
01:03:20des jurys de recrutement
01:03:21la phase
01:03:22d'admissibilité
01:03:23dans un certain
01:03:24nombre de filières
01:03:25qui s'appuient
01:03:26parfois sur un seul
01:03:27traitement algorithmique
01:03:28soulève pour nous
01:03:28un certain nombre
01:03:29de questions
01:03:30et se pose notamment
01:03:31le problème de fond
01:03:33de la certitude
01:03:34que ce traitement
01:03:35algorithmique
01:03:35prenne effectivement
01:03:36en compte
01:03:37tous les critères
01:03:38de la grille
01:03:39d'analyse des candidatures
01:03:40avec leur pondération
01:03:41respective
01:03:42grille définie
01:03:43par la formation
01:03:44elle-même
01:03:44cas d'école
01:03:45on a eu
01:03:46des exemples
01:03:47de jeunes
01:03:48qui
01:03:48voilà
01:03:49se sont dit
01:03:50que par exemple
01:03:51la motivation
01:03:51comptait pour
01:03:5215%
01:03:52c'était une
01:03:54donnée fondamentale
01:03:55or il s'est avéré
01:03:56que en fait
01:03:56dans le pré-traitement
01:03:58algorithmique
01:03:59seules les notes
01:04:00étaient prises en compte
01:04:00et donc au final
01:04:01la lettre de motivation
01:04:03ne servait
01:04:04strictement
01:04:04à rien
01:04:05sur la question
01:04:06du calendrier
01:04:07qui a été évoqué
01:04:08comme je vous le disais
01:04:09on n'a pas de consensus
01:04:10aujourd'hui
01:04:11autour de la nécessité
01:04:12soit d'avancer
01:04:14ce calendrier
01:04:14dans le temps
01:04:15qui est plutôt
01:04:15une demande des acteurs
01:04:16de l'enseignement supérieur
01:04:18ou au contraire
01:04:19de le décaler
01:04:20plus tard
01:04:21dans l'année
01:04:21qui pourrait être
01:04:22une demande
01:04:22de certains jeunes
01:04:24comme je le disais
01:04:26voilà on a un certain
01:04:26nombre de contraintes
01:04:27organisationnelles
01:04:28et de contraintes
01:04:29sociétales
01:04:30avec le fait
01:04:30que notre pays
01:04:31est en pause
01:04:32du 14 juillet
01:04:33au 15 août
01:04:34qui malheureusement
01:04:35rend difficilement imaginable
01:04:37le fait de décaler
01:04:37je formule le vœu
01:04:39que peut-être
01:04:39dans le cas
01:04:40d'une réflexion plus large
01:04:41sur la question
01:04:41des temps de l'enfant
01:04:42et la question aussi
01:04:43du calendrier scolaire
01:04:45et des vacances scolaires
01:04:45peut-être que ce sujet
01:04:46pourrait être remis
01:04:48sur la table
01:04:48par rapport à ce que disait
01:04:50madame Messmer
01:04:51notamment sur
01:04:51le développement
01:04:52de tous des acteurs
01:04:54de coaching
01:04:56de formation privée
01:04:57effectivement
01:04:57pour moi
01:04:58c'est un pur scandale
01:04:59c'est un pur scandale
01:05:01parce que ça témoigne
01:05:02finalement d'une faillite
01:05:03des politiques publiques
01:05:04d'orientation
01:05:04et de ce que
01:05:05nous sommes censés garantir
01:05:07dans notre système scolaire
01:05:08avec soit l'ineffectivité
01:05:12ou en tout cas
01:05:12l'égalité
01:05:13l'inégalité
01:05:15d'application
01:05:15des 54 heures
01:05:16d'orientation
01:05:17malheureusement
01:05:18dès qu'il y a
01:05:19on va dire
01:05:19de la détresse
01:05:20socio-culturelle
01:05:21il y a des gens
01:05:21qui viennent
01:05:22pour faire de l'argent
01:05:23sur le dos
01:05:24des plus perdus
01:05:25et c'est pour ça
01:05:26que nous appelons aussi
01:05:27à une forme de régulation
01:05:28de ce métier
01:05:29de coach d'orientation
01:05:31qui bien évidemment
01:05:32peut exister
01:05:34mais qui mérite
01:05:35en tout cas
01:05:35d'être strictement encadré
01:05:36et notamment
01:05:37d'interdire
01:05:38le fait que
01:05:39des coachs d'orientation
01:05:40puissent avoir
01:05:41des intérêts financiers
01:05:42avec des acteurs
01:05:43du privé lucratif
01:05:44ça nous semble
01:05:44la moindre des choses
01:05:45Mme Kelouachi
01:05:47par rapport
01:05:48aux questions
01:05:49et notamment
01:05:49sur les leviers
01:05:50de démocratisation
01:05:51puisque pour l'instant
01:05:52le compte n'y est pas
01:05:54effectivement
01:05:55la question
01:05:56de l'accompagnement
01:05:58individualisé
01:05:58des publics
01:05:59les plus en difficulté
01:06:00au capital socio-culturel
01:06:01le plus faible
01:06:02semble aujourd'hui
01:06:03fondamentale
01:06:04on a aujourd'hui
01:06:05de grandes inégalités
01:06:06on a été confronté
01:06:07dans nos auditions
01:06:08à des gamins
01:06:08qui nous disaient
01:06:09moi au moment
01:06:10où je me suis connecté
01:06:11sur Parcoursup
01:06:11on m'en avait parlé
01:06:12en tout et pour tout
01:06:13une demi-heure
01:06:14de Parcoursup
01:06:15et de l'orientation
01:06:16et donc effectivement
01:06:16quand on a affaire
01:06:17à des publics
01:06:18qui n'ont pas
01:06:18le soutien familial
01:06:19parental
01:06:20ou d'amis
01:06:21et bien ce sont
01:06:22ces personnes-là
01:06:22qui se retrouvent
01:06:23le plus en difficulté
01:06:25Madame Meunier
01:06:26par rapport à la question
01:06:27du label
01:06:28effectivement
01:06:28nous plaidons
01:06:30pour que Parcoursup
01:06:31soit véritablement
01:06:31un espace de confiance
01:06:33un espace de sécurité
01:06:34et qu'on ne retrouve pas
01:06:36sur la plateforme
01:06:37et évidemment en dehors
01:06:40mais là pour le coup
01:06:40ça n'appartient pas
01:06:41à Parcoursup
01:06:42des formations
01:06:43vous me passerez l'expression
01:06:44bidons
01:06:45qui délivrent des diplômes
01:06:46bidons
01:06:46et qui n'ont aucune valeur
01:06:48si ce n'est
01:06:48la valeur pécuniaire
01:06:50du coût d'inscription
01:06:51pour les familles
01:06:52évidemment
01:06:53Monsieur Rau
01:06:54par rapport à la question
01:06:56de la discrimination
01:06:57territoriale
01:06:57vous avez raison
01:06:58c'est un point
01:06:59que nous partageons
01:07:00avec mon collègue
01:07:01co-rapporteur
01:07:01d'où la proposition
01:07:02de supprimer
01:07:03la mention
01:07:04du lycée d'origine
01:07:06et bien évidemment
01:07:06mille fois oui
01:07:07à la nécessité
01:07:08d'ouvrir massivement
01:07:10des places
01:07:11dans l'enseignement
01:07:11supérieur public
01:07:12ce qui me permet
01:07:13de répondre en creux
01:07:14à Monsieur Croisier
01:07:15effectivement
01:07:15vous avez raison
01:07:16sur le fait
01:07:17qu'il n'est pas normal
01:07:18d'instrumentaliser
01:07:19les peurs
01:07:19d'un certain nombre
01:07:20de jeunes
01:07:21vous appelez
01:07:21des parlementaires
01:07:22à cesser de le faire
01:07:24j'entends votre propos
01:07:25moi j'appelle aussi
01:07:26un certain nombre
01:07:26de parlementaires
01:07:27à cesser
01:07:28d'assécher
01:07:29l'enseignement supérieur
01:07:30public
01:07:30et de mettre
01:07:31vraiment à la diète
01:07:32nos universités
01:07:33qui sont aujourd'hui
01:07:34véritablement
01:07:35en difficulté
01:07:37je termine
01:07:37pour les questions
01:07:38individuelles
01:07:39avant de passer
01:07:39la parole
01:07:40à mon collègue
01:07:41par rapport
01:07:42à la question
01:07:43sur le contrôle
01:07:45des algorithmes locaux
01:07:46question de Madame
01:07:46Lingmann
01:07:48comment sont-ils contrôlés
01:07:49effectivement
01:07:50la difficulté
01:07:50c'est qu'aujourd'hui
01:07:51c'est la véritable
01:07:52boîte noire
01:07:53et il n'y a quasiment
01:07:54aucun contrôle
01:07:55ou presque
01:07:56puisque ça relève
01:07:57du choix
01:07:58des formations
01:07:59d'ailleurs
01:07:59il faut préciser
01:08:00que toutes
01:08:00n'utilisent pas
01:08:01d'algorithmes locaux
01:08:02seules
01:08:03celles qui ont
01:08:03plusieurs centaines
01:08:04ou milliers
01:08:05de candidatures
01:08:06y ont recours
01:08:07et donc nous proposons
01:08:08effectivement
01:08:09de garantir
01:08:09la transparence
01:08:10de ces algorithmes locaux
01:08:11qui ne sont pas
01:08:12toujours rendus publics
01:08:13à la différence
01:08:14des algorithmes nationaux
01:08:15de Parcoursup
01:08:16qui sont eux
01:08:16pour le coup
01:08:17peut-être difficiles
01:08:18à comprendre
01:08:19mais parfaitement
01:08:19transparent
01:08:20Monsieur Breton
01:08:21sur la question
01:08:24de la re-territorialisation
01:08:26de l'enseignement
01:08:28supérieur
01:08:29bon moi
01:08:30je suis assez
01:08:31on va dire
01:08:32jacobin
01:08:32de construction
01:08:33philosophique
01:08:34mais là où
01:08:35je vois un obstacle
01:08:36majeur à votre proposition
01:08:37c'est que malheureusement
01:08:38on a une offre
01:08:39de formation
01:08:39dans le supérieur
01:08:40qui est très inégalement
01:08:42répartie sur le territoire
01:08:43et qui est aujourd'hui
01:08:43principalement concentrée
01:08:45dans les grandes métropoles
01:08:46et donc aujourd'hui
01:08:47imaginez par exemple
01:08:48une re-territorialisation
01:08:50de ce système
01:08:52d'accès à l'enseignement
01:08:53supérieur
01:08:54risquerait de mettre
01:08:55en difficulté
01:08:56en grande difficulté
01:08:57les publics
01:08:57les plus éloignés
01:08:58des grands centres urbains
01:08:59et a fortiori
01:09:00ceux du pays
01:09:01des océans
01:09:02par rapport à la question
01:09:04de la réorientation
01:09:05question de monsieur
01:09:06Liégiun
01:09:07effectivement
01:09:08on s'aperçoit
01:09:10et je vais faire
01:09:10un petit clin d'oeil
01:09:11à notre
01:09:13administrateur
01:09:13que beaucoup de jeunes
01:09:14ont un parcours
01:09:15caoteux
01:09:15dans l'enseignement
01:09:17supérieur
01:09:18et effectivement
01:09:19la question
01:09:20de la maturation
01:09:21des projets
01:09:22aujourd'hui
01:09:23est une vraie
01:09:24difficulté
01:09:24on a un certain nombre
01:09:26on a investigué
01:09:27un certain nombre
01:09:27de pistes
01:09:28notamment sur la possibilité
01:09:29de réserver
01:09:30dans un certain nombre
01:09:31de formations
01:09:32peut-être
01:09:32un quota de place
01:09:34pour les jeunes
01:09:34en réorientation
01:09:35ça pourrait
01:09:37correspondre
01:09:38à certains besoins
01:09:38ça ferme aussi
01:09:40malheureusement
01:09:41d'autres places
01:09:42pour d'autres
01:09:43donc il faudra bien
01:09:44peser le pour
01:09:45et le contre
01:09:47et simplement
01:09:48pour finir
01:09:48avec monsieur Di Filippo
01:09:49sur les logiques
01:09:50de discrimination positive
01:09:51moi je le rappelle
01:09:52voilà sur
01:09:54et on le rappelle
01:09:55d'ailleurs
01:09:55dans des termes différents
01:09:56mais de façon
01:09:57assez consensuelle
01:09:58elle existe
01:09:59aujourd'hui
01:10:00c'est-à-dire
01:10:00il ne s'agit pas
01:10:01de l'instaurer
01:10:02elle existe
01:10:02dans les algorithmes
01:10:03nationaux
01:10:04de parcours sup
01:10:04pour corriger
01:10:05éventuellement
01:10:06a posteriori
01:10:08la hiérarchisation
01:10:09faite par les commissions
01:10:10d'examen des voeux
01:10:11en injectant
01:10:11des quotas
01:10:12qui sont des quotas
01:10:13on va dire
01:10:14obligatoires
01:10:15d'étudiants boursiers
01:10:16ou des quotas
01:10:17pour le coup
01:10:18territoriaux
01:10:19est-ce qu'il faut
01:10:20aller plus loin
01:10:21ou est-ce qu'il faut
01:10:21aller moins loin
01:10:22moi je suis pareil
01:10:23d'une construction
01:10:24philosophique
01:10:24qui croit
01:10:25dans le principe
01:10:26de la méritocratie
01:10:27républicaine
01:10:27et que dans un monde
01:10:28idéal
01:10:29on devrait se passer
01:10:30du terme
01:10:31de discrimination
01:10:32positive
01:10:33dans les faits
01:10:34aujourd'hui
01:10:35c'est un outil
01:10:36pour assurer
01:10:37l'accès à l'enseignement
01:10:38supérieur
01:10:39d'un certain nombre
01:10:39de jeunes
01:10:40qui soit par phénomène
01:10:42d'autocensure
01:10:43soit par d'autres
01:10:44phénomènes
01:10:45finalement
01:10:45y compris
01:10:47et notamment financiers
01:10:48n'envisageraient pas
01:10:49de pouvoir poursuivre
01:10:50leurs études
01:10:51et donc voilà
01:10:52il faut aussi
01:10:53pouvoir prendre
01:10:54cette dimension
01:10:55en compte
01:10:57Monsieur le rapporteur
01:10:58Gams
01:10:59Merci
01:11:00mon collègue
01:11:01a couvert
01:11:02toutes les questions
01:11:03je voulais juste
01:11:03peut-être
01:11:05compléter
01:11:05sur quelques thèmes
01:11:06particuliers
01:11:07on a
01:11:07plusieurs personnes
01:11:08ont parlé
01:11:09de l'échec
01:11:10massif
01:11:11plutôt en première
01:11:12année
01:11:13et donc
01:11:13en lien
01:11:14avec les
01:11:15réorientations
01:11:16qui n'ont pas
01:11:17diminué
01:11:18entre
01:11:18depuis
01:11:20l'ancien système
01:11:21et le nouveau système
01:11:22je veux juste
01:11:23préciser
01:11:24que
01:11:27le concept
01:11:29de réorientation
01:11:30a changé
01:11:31de nature
01:11:32puisque
01:11:35il y a
01:11:35quelques années
01:11:36une dizaine
01:11:36d'années
01:11:37la réorientation
01:11:38était vraiment
01:11:39synonyme
01:11:40d'échec
01:11:40aujourd'hui
01:11:42la réorientation
01:11:43prend
01:11:43plutôt une image
01:11:45de nouvelle opportunité
01:11:46de réussite
01:11:47après avoir
01:11:48essayé
01:11:51quelque chose
01:11:52qui n'a pas
01:11:52bien fonctionné
01:11:53mais c'est
01:11:54vu comme une opportunité
01:11:55et par conséquent
01:11:56cette réorientation
01:11:58ne doit pas
01:11:59la réorientation
01:12:00d'aujourd'hui
01:12:01ne doit pas être comparée
01:12:02à la réorientation
01:12:03d'hier
01:12:04là ce que je voulais
01:12:06préciser
01:12:09plusieurs personnes
01:12:10ont parlé
01:12:11de la non prise en compte
01:12:13des notes du bac
01:12:14c'est la vérité
01:12:15les notes du bac
01:12:16ne sont pas prises en compte
01:12:17dans le classement
01:12:19les classements
01:12:20qui sont effectués
01:12:21en tout cas
01:12:21ce qui est transmis
01:12:23aux établissements
01:12:23d'accueil
01:12:25je veux simplement
01:12:26préciser
01:12:27qu'on prend en compte
01:12:29les notes
01:12:30de première
01:12:30et les notes
01:12:32des deux premiers
01:12:32des deux trimestres
01:12:34de terminale
01:12:36et certains étudiants
01:12:37nous ont fait
01:12:38savoir
01:12:39que s'ils savaient
01:12:41eux
01:12:41que c'était plus
01:12:43que les notes de première
01:12:44étaient plus importantes
01:12:45que les notes du bac
01:12:45peut-être
01:12:46auraient-ils
01:12:47ils travaillaient différemment
01:12:48en première
01:12:49d'où la nécessité
01:12:52de travailler
01:12:53sur l'accompagnement
01:12:55encore faut-il
01:12:56qu'ils soient
01:12:58connus
01:12:59de tous
01:12:59que dès la première
01:13:01ça va compter
01:13:02peut-être davantage
01:13:03que la note du bac
01:13:04et comme ça
01:13:05les gens
01:13:05se mettront
01:13:06dans un autre état
01:13:07d'esprit
01:13:08et plus favorable
01:13:10pour eux
01:13:10il y a un étudiant
01:13:11en particulier
01:13:12qui n'a pas été admis
01:13:13alors qu'il avait
01:13:14peut-être
01:13:1512 ou 13 en première
01:13:16et qu'il avait 17 en terminale
01:13:17parce que pour lui
01:13:18c'est en terminale
01:13:19qu'il faut s'y mettre
01:13:19et donc voilà
01:13:21c'est un paramètre
01:13:23en matière
01:13:24de connaissance
01:13:25du fonctionnement
01:13:26du système
01:13:27qui permettrait
01:13:28d'améliorer
01:13:29cet aspect
01:13:31des choses
01:13:33sur le calendrier
01:13:34et moi j'ai retenu
01:13:35j'ai retenu
01:13:37qu'il y a
01:13:37en réalité
01:13:41un aspect
01:13:43irréconciliable
01:13:44entre les besoins
01:13:46des lycées
01:13:47le fonctionnement
01:13:48des lycées
01:13:49et les besoins
01:13:50ou les contraintes
01:13:51du supérieur
01:13:51ce que
01:13:53la manière
01:13:54de fonctionner
01:13:55des uns
01:13:55est à peu près
01:13:57incompatible
01:13:58avec la manière
01:13:58de fonctionner
01:13:59des autres
01:13:59et donc nous
01:14:01avons conclu
01:14:02que
01:14:04ce n'est qu'à la marge
01:14:06vraiment à la marge
01:14:07que le calendrier
01:14:08peut être
01:14:10modifié
01:14:12ça va dépendre
01:14:13des dates
01:14:14de vacances
01:14:15qui changent
01:14:15de quelques jours
01:14:16d'une année
01:14:16sur l'autre
01:14:17mais le calendrier
01:14:18fondamentalement
01:14:19est extrêmement difficile
01:14:21à bouger
01:14:27Merci messieurs
01:14:28les rapporteurs
01:14:29nous vous remercions
01:14:31pour ce rapport
01:14:33qui fait suite
01:14:34à la mission flash
01:14:35que vous avez mené
01:14:36sur Parcoursup
01:14:37alors cette communication
01:14:38sera mise en ligne
01:14:39sur la page
01:14:40de la commission
01:14:41et je vous informe
01:14:43que la prochaine réunion
01:14:44de la commission
01:14:44se tiendra demain
01:14:45à 9h
01:14:46avec l'audition
01:14:47de madame Sibylle Veil
01:14:49puis de madame
01:14:49Delphine Ernot
01:14:53dans la foulée
01:14:54merci beaucoup
01:14:55et à demain
01:15:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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