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  • il y a 1 jour
Loin des yeux, une nouvelle course à l'espace est en cours, qui bouleverse l'équilibre géopolitique mondial. Le géant de la tech Elon Musk a déjà envoyé dans l'espace 3 000 satellites, pour fournir l'internet par satellite dans les endroits les plus reculés de la planète. En s'appropriant l'orbite basse, il acquiert un rôle géopolitique et entraîne la Chine et l'Europe dans une course à l'orbite. Les projets de constellations de satellites se multiplient. Quel monde émergera de cette colonisation de l'orbite basse ? Les agences spatiales craignent une congestion de notre proche banlieue et un risque accru de crises diplomatiques. Faut-il décréter un moratoire sur les constellations de satellites ? Peut-on faire machine arrière ? Tandis qu'Elon Musk voit sa puissance consolidée par son alliance avec Donald Trump, c'est un nouveau chapitre de la conquête spatiale qui est en train de s'écrire, dont les répercussions terrestres sont inédites.

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00:0010, 9, 10, 6, 5, 4, 3
00:12Par-delà les nuages, à 550 kilomètres d'altitude,
00:17une armada de satellites se déploie,
00:20à un rythme inédit depuis le début de l'ère spatiale.
00:32Grâce à eux, Elon Musk ambitionne de fournir Internet
00:36sur n'importe quel point de la planète.
00:39Le monde semble avoir un besoin insatiable d'Internet.
00:43Jeff Bezos, l'autre milliardaire américain de l'espace,
00:48lui emboîte le pas.
00:49L'accès à Internet va devenir un besoin humain fondamental.
01:00La révolution de l'Internet par satellite
01:02nécessite des investissements colossaux.
01:17Une course mondiale est en cours entre certains pays
01:20et certaines personnes pour conquérir et prendre possession de l'espace.
01:26Enjeu, la souveraineté numérique
01:28et l'indépendance technologique des États.
01:33Pour les Chinois, c'est un levier géopolitique qu'ils peuvent utiliser.
01:40C'est extrêmement important d'avoir des communications absolument sécurisées.
01:44On le voit aujourd'hui avec la guerre qui est sur notre continent.
01:47La banlieue de la Terre devient un nouveau territoire de confrontation.
01:54Avec autant de satellites, le risque de conflits devient inévitable.
01:59On ne sait pas comment on va gérer collectivement
02:03ces objets qui se multiplient dans l'espace
02:05et qui posent beaucoup de problèmes.
02:08Il est temps de lever les yeux.
02:11Des empires se construisent dans l'espace.
02:15Ils veulent dominer le monde.
02:18Une nouvelle menace pour les États et les citoyens.
02:33Satellite images show a Russian military convoy
02:36getting closer to Kiev from the north.
02:41Dès le début de l'invasion par les troupes russes,
02:44des cyberattaques font craindre aux Ukrainiens
02:47de se retrouver coupés du monde.
02:52Alors qu'Internet est devenu une arme stratégique pour les États,
02:57les réseaux de communication terrestres sont vulnérables
02:59aux attaques militaires.
03:05Les satellites se présentent comme l'ultime recours.
03:14Jusqu'à maintenant, la cyberarmée russe a réussi à faire tomber
03:17des sites gouvernementaux, mais pas le réseau Internet lui-même.
03:21Ça n'empêche pas l'Ukraine de vouloir un plan B,
03:24et c'est là qu'entre en scène Elon Musk.
03:26Donc, M. Musk a été interpellé sur Twitter samedi
03:29par le vice-premier ministre ukrainien,
03:32Mihailo Fedorov.
03:36Pendant que vous essayez de coloniser Mars,
03:38la Russie essaie d'occuper l'Ukraine.
03:41Nous vous demandons de fournir à l'Ukraine
03:43des stations Starlink.
03:48Le grand public découvre Starlink,
03:51le gigantesque maillage de satellites
03:53imaginé par Elon Musk
03:55et destiné à apporter Internet
03:57sur toute la planète via l'espace.
04:03Quelques jours après l'appel à l'aide de l'Ukraine,
04:0610 000 stations-relais,
04:07nécessaires pour recevoir le signal
04:09des satellites Starlink,
04:11sont livrées.
04:14Le président Zelensky
04:16remercie Elon Musk
04:17pour avoir aidé son pays
04:19à sécuriser ses communications.
04:36Avec la guerre en Ukraine,
04:38Elon Musk,
04:39l'entrepreneur à succès
04:41des voitures électriques Tesla
04:42et des fusées SpaceX,
04:44acquiert un rôle politique
04:46de premier plan
04:47sur la scène internationale.
04:53Évidemment, ça installe Elon Musk
04:55comme interlocuteur politique,
04:58plus que comme suppléant des États,
04:59comme quelqu'un qui a voix au chapitre
05:01pour aider dans une situation de guerre.
05:04C'est clairement un très beaucoup de com'
05:06pour cette entreprise,
05:08qui finalement met en scène
05:10son caractère vertueux,
05:12philanthropique,
05:13où on sauve une part de l'humanité
05:15qui est en danger.
05:15C'est extrêmement efficace.
05:21Face à l'urgence de la situation,
05:24les autorités ukrainiennes
05:26ont paré au plus pressé.
05:28Mais Kiev s'est mis dans une position
05:30de dépendance technologique,
05:33y compris pour son dispositif militaire,
05:35en s'en remettant à SpaceX,
05:37une société privée,
05:39fournissant un service commercial.
05:43Voilà donc un pays
05:45qui n'avait pas, bien entendu,
05:47cette capacité souveraine
05:48et qui a dû appeler
05:50une entreprise privée pour le faire.
05:52On ne souhaite pas,
05:53je ne souhaite pas que l'Europe
05:53soit dans cette situation.
05:55L'Europe doit par elle-même,
05:56précisément,
05:57protéger ses intérêts
05:58et ne pas dépendre du bon vouloir
06:00de M. X, de M. Y.
06:02Si vous accédez à Internet
06:05depuis SpaceX,
06:07plutôt qu'avec un opérateur
06:09de votre pays,
06:11cela augmente la possibilité
06:13que SpaceX ait une influence
06:14sur ce que vous voyez
06:15et sur ce que vous pensez.
06:21Au-delà de l'opération de sauvetage,
06:24la solution Elon Musk
06:25représente un risque
06:26pour la souveraineté d'un État.
06:31qui possède les tuyaux
06:33maîtrise le contenu des tuyaux.
06:38Les données numériques
06:39sont une arme stratégique
06:40que les États se doivent de sécuriser.
06:46La souveraineté numérique,
06:48c'est la capacité
06:49à pouvoir stocker des données
06:51qui vous appartiennent
06:53sur des infrastructures
06:55sur lesquelles vous avez un contrôle.
06:56Si vous les stockez
06:57sur une infrastructure
06:58qui ne vous appartient pas
06:59et sur laquelle
07:00un État étranger
07:02a la capacité à venir puiser
07:04pour regarder
07:05ce qui constitue
07:06votre richesse économique,
07:09vous n'avez plus de souveraineté.
07:13La question s'était déjà posée
07:15dans les années 2000
07:16avec le GPS,
07:18le système de positionnement
07:20par satellite
07:20lancé par les États-Unis.
07:24La Chine,
07:25l'Europe
07:26et la Russie
07:27avaient alors lancé
07:28leurs propres dispositifs
07:29pour garder la maîtrise
07:31de leur souveraineté numérique.
07:3820 ans plus tard,
07:39avec l'avènement
07:40des satellites de communication,
07:42le danger ne vient plus
07:43d'un État,
07:45mais d'un homme,
07:45à la tête
07:46d'une société privée.
07:49Il est devenu
07:49numéro un dans l'espace,
07:51un territoire
07:52historiquement réservé
07:53aux États.
07:55Comment l'ascension
07:57d'Elon Musk
07:57au sommet
07:58de la scène internationale
08:00et jusque dans l'espace
08:01a-t-elle été rendue possible ?
08:08L'histoire commence
08:09dans les années 2000,
08:10aux États-Unis.
08:13La NASA,
08:15l'agence spatiale américaine,
08:17traverse une crise
08:18sans précédent.
08:19Elle n'a plus de fusée
08:21et la sacro-sainte
08:22domination américaine
08:23dans l'espace
08:24est menacée.
08:26Washington donne alors
08:28le coup d'envoi
08:28de la privatisation
08:29du secteur.
08:32C'est la naissance
08:33du New Space,
08:34le secteur privé
08:36spatial américain.
08:56Depuis le discours d'Obama,
08:57qui ouvre grand la porte
08:59à Elon Musk,
09:00l'entrepreneur profite
09:01de subventions publiques
09:02considérables.
09:05Washington assure à Elon Musk
09:07les moyens de ses ambitions.
09:09En échange,
09:10Elon Musk fabrique
09:12la fusée
09:12qui permet de renvoyer
09:14les astronautes américains
09:15dans l'espace
09:16sans devoir passer
09:17par des fusées russes.
09:21Il restaure ainsi
09:23l'autonomie spatiale
09:24des Etats-Unis.
09:26Il y a une sorte de jeu
09:30mutuellement bénéfique
09:31pour les deux
09:32et c'est ce qui a lancé
09:33véritablement Musk.
09:34Les investissements
09:35sont conséquents.
09:36On parle de milliards
09:37de dollars
09:37qui sont investis.
09:38Néanmoins,
09:39une étude récente
09:40a montré
09:41qu'on était encore
09:42dans une proportion
09:43d'investissements
09:44qui est à 95%
09:46d'investissements publics
09:47pour 5%
09:48d'investissements privés.
09:52En décembre 2020,
09:54Elon Musk reçoit
09:55885 millions de dollars
09:57de subventions
09:58de l'État fédéral
09:59pour couvrir
10:01les zones blanches
10:02privées d'Internet.
10:04Car si les Etats-Unis
10:05ont inventé
10:06le réseau mondial,
10:07plusieurs millions
10:08d'Américains
10:09n'ont toujours pas
10:10de connexion.
10:14Les satellites
10:15apparaissent là encore
10:16comme une solution.
10:19Et c'est la naissance
10:20de Starlink.
10:38Dans l'euphorie générale,
10:40la société SpaceX
10:41lance des satellites
10:43au rythme effréné
10:44de 60 par semaine.
11:00Elon Musk met en place
11:02Starlink
11:03avec la bénédiction
11:04des autorités américaines.
11:22à mesure qu'Elon Musk
11:24met en place
11:25son maillage,
11:25la pression monte
11:27pour les Etats.
11:29Laisseront-ils
11:30cet acteur privé
11:31rafler la mise
11:32sur le marché
11:33de l'Internet de demain ?
11:36La Chine a repéré
11:37la menace
11:38et perçut l'ombre
11:39de l'Etat américain.
11:42Elle annonce
11:42qu'elle va elle aussi
11:43créer son propre
11:44réseau de communication
11:45satellitaire.
11:49Quand la Chine
11:51enregistre le lancement
11:52à venir
11:53de près de 13 000 satellites,
11:56c'est un geste
11:57de défense
11:58de sa souveraineté.
12:00Donc,
12:00c'est un geste
12:01géopolitique.
12:02C'est une question
12:03de principe.
12:04Il faut qu'elle ait accès
12:05à ces ressources-là.
12:09La Chine fait
12:10elle aussi
12:11le pari
12:11de l'Internet
12:12par satellite
12:13pour remplacer
12:14les câbles sous-marins
12:15qui véhiculent
12:16actuellement
12:1799%
12:18de notre connectivité.
12:22Aujourd'hui,
12:24vous utilisez
12:25des câbles sous-marins,
12:25vous ne le savez pas.
12:28Demain,
12:29vous utiliserez
12:29des satellites,
12:30vous ne le saurez pas.
12:31pour toutes vos applications
12:34quotidiennes
12:34ou presque.
12:36Vous avez toute une machinerie
12:37qui est en train
12:38de se mettre en place
12:38dans l'espace.
12:39Donc,
12:40vous avez besoin
12:40de capacités de transport,
12:42de calcul,
12:42de traitement,
12:43de stockage des données
12:44partout dans le monde.
12:45Les objets connectés,
12:47les nouveaux usages
12:48de l'Internet,
12:49le besoin de latence
12:51de plus en plus faible,
12:51c'est-à-dire de rapidité
12:52de plus en plus grande,
12:53font que les satellites
12:54sont de plus en plus adaptés.
12:55Donc,
12:56on est aussi dans une vision
12:57pas du tout romantique
12:58de l'espace
12:58où les satellites
13:00deviennent une infrastructure,
13:01je dirais,
13:02comme une autre.
13:05À ce jour,
13:07rien ne garantit
13:08que l'Internet spatial
13:09sera le modèle
13:09des années futures.
13:12Mais une chose est certaine.
13:15Depuis l'avènement du GPS,
13:17l'économie mondiale
13:18s'appuie chaque jour
13:19davantage sur l'espace.
13:23Nos sociétés humaines
13:25sont devenues dépendantes
13:26des données
13:27qui transitent
13:27par les satellites.
13:29Pour les transports,
13:30les transactions bancaires
13:32ou encore pour la météo.
13:38Notre mode de vie
13:40et notre confort
13:41reposent sur des sociétés
13:43comme E-MEDSAT,
13:44une organisation
13:46intergouvernementale européenne
13:47qui opère jour et nuit
13:49quatre satellites
13:50d'observation météorologique.
13:58Les gens ne réalisent pas
14:00tout à fait le rôle
14:01joué par les flottes
14:02de satellites
14:03lorsqu'ils consultent
14:04la météo
14:05et d'une manière générale
14:07sur notre économie.
14:10Si les gens devaient perdre
14:11ce service,
14:12ils commenceraient à voir
14:13la différence
14:14dans leur quotidien.
14:15Des choses
14:16qui fonctionnent moins bien,
14:18des commandes
14:19qui ne sont pas livrées
14:21ou encore l'électricité
14:22qui n'arrive plus
14:23chez eux
14:23avec la même fiabilité.
14:28Avec l'Internet spatial,
14:31ce sont des milliers
14:32d'appareils
14:32volant de manière
14:33coordonnée
14:34qui relaient les données.
14:38On les appelle
14:39des constellations.
14:45C'est un terme
14:46quand même
14:46qui est introduit
14:47sur une image
14:48assez favorable
14:48de ces systèmes.
14:50La constellation,
14:51c'est l'astronomie,
14:52c'est les étoiles,
14:53c'est beau,
14:53c'est élégant, etc.
14:55Bon, ça reste surtout
14:55de l'infrastructure.
14:56Disons,
14:57c'est pas la grande ours,
14:57c'est plutôt le gros ours
14:59qui se met en place
15:01et on est dans
15:02l'industrie, quoi.
15:16Comme la gold rush,
15:18la ruée vers l'or,
15:19à une autre époque,
15:21l'espace où les datas,
15:23les données,
15:24circulent,
15:26devient une ressource
15:27à exploiter.
15:28C'est vraiment
15:31comme une ruée vers l'or.
15:33Il y a potentiellement
15:34beaucoup d'argent
15:35à gagner dans l'espace.
15:38Si vous êtes le premier
15:39à ouvrir le marché,
15:40vous aurez des clients.
15:42Vous les garderez
15:43si vous fournissez
15:44un bon service.
15:47Et c'est cette compétition
15:48qui provoque
15:49une véritable course
15:50à l'orbite
15:51qui est en train
15:52d'avoir lieu.
15:56A ce jour,
15:57aucune règle internationale
15:59ne contraint
15:59l'usage commercial
16:00de l'espace.
16:03Pour une entreprise
16:04qui veut s'installer
16:05en orbite basse,
16:06rien de plus simple.
16:08Il suffit
16:09de faire une déclaration
16:10auprès de l'agence
16:12de régulation
16:12des télécommunications
16:13de son pays.
16:15Par exemple,
16:16la Federal Communications
16:17Commission
16:18aux États-Unis.
16:23Basiquement,
16:23c'est premier arrivé,
16:24premier servi.
16:25Donc si vous déployez
16:26un satellite
16:27avec une fréquence
16:27et un emplacement précis,
16:29les satellites
16:30qui viennent après vous
16:30doivent s'adapter.
16:32Il faut juste s'assurer
16:33que les fréquences
16:33de vos satellites
16:34n'interfèrent pas
16:35avec les transmissions
16:36d'un autre satellite.
16:38C'est donc moins
16:39un problème d'emplacement
16:40physique parce que
16:41l'espace est vaste
16:42que de compatibilité
16:43des fréquences radio.
16:49Ainsi,
16:50Elon Musk,
16:50avec 3000 satellites
16:52déjà opérationnels,
16:54est-il en train
16:55de s'approprier
16:56l'orbite basse
16:57sans transgresser
16:58aucune règle ?
17:01À charge
17:02pour les prochains candidats
17:03à l'Internet
17:04à haut débit,
17:05de ne pas le déranger.
17:20Ces derniers mois,
17:21j'ai gardé un œil
17:22sur la constellation Starlink
17:24parce que c'est
17:25tellement énorme.
17:27C'est une augmentation
17:29phénoménale
17:29du nombre de satellites
17:30en orbite basse.
17:32On voit un changement
17:33radical au cours
17:34des deux dernières années
17:35avec cette couleur
17:37qui représente
17:37la constellation Starlink.
17:40Starlink est déjà,
17:41avec seulement
17:42une fraction
17:43de la constellation
17:43déjà déployée,
17:44en position de domination
17:46sur les objets
17:47présents en orbite.
17:51À l'été 2021,
17:54Elon Musk dépasse
17:55un cap symbolique.
17:57Il possède déjà
17:58la moitié du total
17:59de tous les satellites
18:00opérationnels en orbite.
18:05À part la Chine,
18:07le seul capable
18:08de contester
18:08à Elon Musk
18:09son hégémonie
18:10est un autre
18:11milliardaire américain,
18:13Jeff Bezos.
18:16Il réclame
18:18sa part
18:18du gâteau spatial.
18:20Vous verrez
18:21qu'à l'avenir,
18:22l'accès à Internet
18:23va devenir
18:24un besoin humain
18:25fondamental.
18:25fondamental.
18:29La constellation
18:31de Jeff Bezos
18:32est annoncée
18:33avec plus de
18:333000 satellites,
18:35placés à quelques kilomètres
18:37seulement au-dessus
18:38d'Elon Musk.
18:41Elle pourrait décupler
18:42la force de frappe
18:43d'Amazon,
18:44le géant de la commande
18:46sur Internet
18:46créé par le milliardaire,
18:48qui est aussi
18:49le numéro un du cloud,
18:50le marché de l'hébergement
18:52des données
18:52des entreprises.
18:56Il y a une vraie logique
18:57pour Amazon
18:57de développer,
18:58de déployer
18:59une constellation
19:01de satellites
19:02liée
19:03à sa stratégie
19:04d'Internet,
19:06de favoriser
19:07la consommation
19:08des produits Amazon
19:08et s'il y a également
19:09à ses services professionnels
19:11Amazon Web Services, etc.
19:13Avec la plus grande
19:15communauté de clients
19:16dans toute l'industrie,
19:18AWS a une expérience
19:20et une expérience
19:21internationale expertise
19:21que vous pouvez dépendre
19:22sur pour vos applications
19:23les plus importantes
19:24et pour chaque
19:27utilisation imaginable.
19:33Ainsi,
19:34les deux mastodontes
19:35américains
19:36qui s'affrontent
19:36sur le terrain spatial
19:38sont engagés
19:39dans une course
19:40à la suprématie
19:40en orbite basse
19:41de la Terre.
19:47En s'alliant
19:48avec les géants
19:49du numérique,
19:50ils sont en train
19:51de construire
19:51des empires
19:52jusque dans l'espace.
19:54En pole position,
19:56Elon Musk
19:57avec Starlink
19:58qui s'est associé
20:00au géant Microsoft.
20:02Jeff Bezos
20:03avec sa constellation
20:04et la force
20:05de frappe Amazon
20:06pourrait rattraper
20:07rapidement son retard.
20:10Ces empires
20:10témoignent
20:11d'un engouement
20:11des acteurs
20:12de l'économie mondiale.
20:15L'économie spatiale,
20:17c'est-à-dire
20:18l'ensemble
20:18des revenus
20:18et des investissements
20:20liés au spatial,
20:22actuellement,
20:24c'est
20:24370 milliards
20:25de dollars.
20:26D'ici à 2030,
20:28ce sera
20:28650 milliards
20:29de dollars.
20:31L'économie
20:32de l'espace,
20:33ça devient
20:33un enjeu majeur.
20:37Cette frénésie spatiale
20:39se concentre
20:40sur l'orbite basse,
20:41à quelques centaines
20:42de kilomètres
20:43au-dessus de l'atmosphère.
20:45Elle est devenue
20:46un territoire de conquête
20:47car c'est l'orbite idéale.
20:53L'avantage
20:54d'être en orbite basse,
20:55c'est que vous n'avez pas besoin
20:57de dépenser
20:57autant d'énergie
20:58pour que votre signal
21:00fasse l'aller-retour
21:01avec le sol
21:01qu'en orbite géostationnaire
21:03à très haute altitude.
21:04Mais l'inconvénient,
21:05c'est qu'il faut
21:06plus de satellites.
21:10Elon Musk
21:11et Jeff Bezos
21:11envoient donc
21:12des milliers de satellites
21:13en orbite basse
21:14pour couvrir
21:15entièrement la Terre.
21:17Leurs méga-constellations
21:18sont les nouveaux vecteurs
21:20de la suprématie américaine.
21:22Et les grandes puissances
21:24qui leur contestent
21:25cette position
21:26n'ont pas d'autre choix
21:27que de se rallier
21:28à cette compétition géante.
21:36« Une course mondiale
21:38est en cours
21:38entre certains pays
21:39et certaines personnes
21:41pour conquérir
21:42et prendre possession
21:42de l'espace.
21:45Donc,
21:46s'ils se lancent
21:47en déclarant
21:47« je veux posséder l'espace »,
21:50alors ils vont empêcher
21:51les autres pays
21:52d'accéder à l'espace.
21:54ceux qui vont être capables
21:55de déployer
21:56des constellations
21:57rapidement
21:58et de les maintenir
22:00pendant des années
22:01vont être
22:02sans doute
22:03les grands gagnants
22:04et derrière eux
22:05les États
22:06ou les puissances
22:07qui opèrent
22:08ou qui parrainent
22:09ces constellations.
22:14La Chine,
22:16en entrant dans la course
22:17à l'orbite basse
22:18avec son projet
22:19de constellation
22:19de 13 000 satellites,
22:21se met en position
22:22de faire barrière
22:23à l'Internet spatial américain,
22:25version Elon Musk
22:27et bientôt
22:28Jeff Bezos.
22:35La Chine en a conscience.
22:37C'est sans doute
22:38pour ça qu'elle développe
22:39sa propre constellation.
22:41Elle veut que son réseau
22:43Internet passe
22:43par ses propres satellites
22:44et non par les satellites
22:45américains.
22:49La Chine manifeste
22:51de nouveau
22:51sa maîtrise
22:52de la dimension
22:53géopolitique
22:53de l'espace.
22:56Elle est devenue
22:57le premier pays
22:57lanceur de satellites
22:58en 2021.
23:03Les États-Unis
23:04ont été à l'avant-garde,
23:05c'est certain.
23:06Mais la Chine
23:07n'est plus très loin
23:08et pourrait même
23:09se vanter
23:09d'être un peu en avance
23:10dans certains domaines.
23:12On a donc deux acteurs
23:13très importants
23:14et très bien financés.
23:19Engagés dans une guerre économique
23:20avec les États-Unis,
23:22la Chine ne saurait manquer
23:23le tournant technologique
23:25de l'Internet satellitaire.
23:26Alors qu'elle possède,
23:28elle aussi,
23:29de puissants acteurs
23:30du numérique
23:30comme Alibaba,
23:32l'Amazon chinois.
23:36Toute une panoplie spatiale
23:38sert son ambition
23:38de devenir
23:39la première puissance mondiale
23:41en 2049.
23:43En fait,
23:44c'est la continuation
23:45du développement
23:46du pays.
23:47C'est se lancer
23:49dans un projet
23:50high-tech,
23:51un projet
23:51de haute technologie
23:52qui va améliorer
23:54les capacités
23:56industrielles
23:56dans un domaine
23:57de pointe.
23:57La Chine n'est pas
23:58au niveau des États-Unis
23:59en termes de
24:00peut-être développement
24:01technologique
24:02très pointu,
24:02mais elle a aujourd'hui
24:03un niveau
24:04tout à fait élevé
24:06dans le domaine spatial.
24:07Et puis,
24:07elle a un gouvernement
24:08qui est capable
24:09de mettre
24:09beaucoup d'argent
24:10parce qu'il peut y trouver
24:12des intérêts
24:13infrastructurels
24:14ou internationaux,
24:14etc.
24:16Les constellations
24:18de satellites
24:18sont de puissants
24:19outils d'influence.
24:21Pour la Chine,
24:23c'est un des moyens
24:24de reconquête
24:24des anciennes routes
24:25de la soie.
24:26Ce réseau commercial
24:28qui la reliait
24:29à l'Europe
24:29en passant par
24:30l'Asie centrale
24:31et l'Afrique.
24:33Lorsque vous déployez
24:34cette constellation,
24:35vous offrez
24:36aux États
24:37avec lesquels
24:38vous voulez
24:40créer des liens
24:41très forts,
24:42un levier
24:42de développement
24:43économique
24:44tout en les plaçant
24:45sous votre influence.
24:49Comme la Chine,
24:50l'Europe reconnaît
24:51elle aussi
24:52le spectre
24:53d'un nouvel
24:54impérialisme américain
24:55sur les données
24:55et sur l'infrastructure
24:57numérique
24:58du monde entier.
25:01Dans le cadre
25:02de leur stratégie
25:02spatiale commune,
25:04les 27 États
25:05membres de l'Union
25:06décident la création
25:08d'une nouvelle
25:08constellation européenne.
25:11Elle part d'abord
25:12d'un besoin
25:13et d'un consens.
25:13Ce besoin,
25:14c'est un besoin
25:15je dirais
25:16de souveraineté
25:17gouvernementale
25:18et de communication
25:19intergouvernementale
25:19et militaire.
25:21Imaginez par exemple
25:22qu'un pays
25:24qui soit en guerre
25:25avec l'Europe
25:26dispose de l'architecture
25:28de ses satellites
25:29qui pourraient
25:29évidemment les attaquer.
25:31Donc c'est très important
25:32d'avoir,
25:33et on le voit aujourd'hui,
25:34où malheureusement
25:35les tensions sont
25:36de plus en plus dures
25:37entre les continents,
25:39il y a un certain
25:40nombre de domaines
25:41sur lesquels
25:41on ne peut absolument
25:43pas transiger,
25:44y compris avec
25:45vos meilleurs partenaires
25:47qui peut-être
25:48demain
25:49auront d'autres priorités.
25:52États-Unis,
25:53Chine,
25:54Europe.
25:55En quelques mois,
25:56les constellations
25:58de satellites
25:58sont devenues
25:59un attribut indispensable
26:00pour les grandes puissances.
26:03Elles participent
26:04désormais
26:05à la construction
26:06d'un nouvel équilibre
26:07géopolitique spatial.
26:13Avant,
26:14l'espace,
26:15c'était les États-Unis,
26:16l'URSS
26:17et l'Europe derrière.
26:21En gros,
26:22maintenant,
26:23l'avenir de l'espace,
26:24c'est les États-Unis
26:25et la Chine
26:26derrière l'Europe
26:28et puis la Russie
26:29et l'Inde
26:30comme second rôle.
26:35Mais avec un ticket
26:37d'entrée
26:37de plusieurs milliards
26:38d'euros,
26:39les pays émergents
26:40sont les laissés
26:41pour compte
26:41de cette course
26:42en orbite.
26:46Vous avez en Afrique
26:47des pays
26:48qui ont
26:48des ambitions
26:49spatiales
26:49très élevées.
26:50Les pays
26:51qui investissent
26:52le plus aujourd'hui
26:53sont le Nigeria,
26:54l'Afrique du Sud
26:54et l'Égypte.
26:56Ces pays
26:57n'ont
26:57pour autant
26:58pas les moyens
26:59de déployer
26:59des constellations
27:00de connectivité.
27:01Donc,
27:01ils vont faire appel
27:02sans doute
27:03à des services
27:04offerts
27:04par des opérateurs
27:05privés.
27:07L'autre solution
27:09pour un État
27:09consiste à s'associer
27:11avec une constellation
27:12déjà existante
27:14tel le gouvernement
27:16britannique
27:16qui acquiert
27:17en juillet 2020
27:18des parts
27:19de OneWeb.
27:22Le lancement
27:23des satellites
27:24OneWeb
27:24a commencé
27:25la même année
27:26que ceux
27:26d'Elon Musk.
27:28Avec Starlink,
27:30OneWeb
27:30est la constellation
27:31de communication
27:32la plus avancée
27:33en orbite.
27:39Son fondateur,
27:41Greg Weiler,
27:42est une figure
27:43du milieu spatial,
27:44un pionnier.
27:46Lorsqu'il lance
27:47OneWeb,
27:49il a déjà
27:49beaucoup œuvré
27:50pour la réduction
27:51du fossé numérique
27:52en installant
27:53la fibre optique
27:54dans des écoles
27:55en Afrique.
27:59« Moi,
28:00ma mission,
28:01c'est de connecter
28:01l'humanité,
28:02d'apporter la connectivité
28:03au marché émergent
28:04et au monde entier.
28:05Je suis très heureux
28:06de voir tout cela
28:07se produire. »
28:11En 2015,
28:13lorsque Greg Weiler
28:14lance le projet
28:15OneWeb,
28:16l'idée de centaines
28:17de satellites
28:17fabriqués à la chaîne
28:18est révolutionnaire.
28:24« L'espace,
28:25c'était des cycles
28:25très longs.
28:27On décidait d'un satellite,
28:28il était en l'air
28:28dix ans plus tard,
28:29voire quinze ans plus tard,
28:30et puis il vivait quinze ans.
28:32Aujourd'hui,
28:32l'espace,
28:33c'est des satellites
28:33qui sont à 500 kilomètres,
28:35qui vont durer quelques mois.
28:36On est vraiment
28:36dans quelque chose
28:37d'un peu nouveau.
28:43L'américain Greg Weiler
28:45choisit de développer
28:46ses satellites en Europe,
28:48dans cette usine d'Airbus.
28:51Il y conçoit
28:52les dix premiers exemplaires
28:53de OneWeb.
28:57À cette époque,
28:58les satellites
28:59de télécommunications
29:00sont des engins
29:01de la taille d'autobus,
29:03lancés à 36 000 kilomètres
29:05de la Terre.
29:08Grâce à OneWeb,
29:09l'Europe,
29:10via Airbus,
29:11acquiert son indépendance
29:12technologique
29:13sur le marché naissant
29:15des petits satellites.
29:19L'idée,
29:19c'est aussi
29:20d'avoir son mot à dire,
29:21de ne pas se laisser imposer
29:23des normes
29:23qui ne seraient pas
29:24les nôtres,
29:25de se voir imposer
29:26des informations payantes
29:28qui limiteraient
29:29l'accès à l'espace.
29:31Bref,
29:32de se voir
29:33raboter
29:33sa capacité souveraine
29:35à accéder
29:37et à avoir
29:38des actions,
29:39un usage
29:40de l'espace.
29:45Mais après
29:46sa genèse européenne,
29:48OneWeb retourne
29:49dans le giron américain.
29:53Installée en Floride,
29:55sur la terre-mer
29:56de l'industrie spatiale,
29:58cette usine
29:59symbolise
30:00la révolution industrielle
30:01des petits satellites
30:02fabriqués à la chaîne.
30:08L'objectif
30:10est de produire
30:10en quelques années seulement
30:11plus de 600 satellites.
30:14C'est un peu
30:15comme l'industrie automobile.
30:17C'est vraiment ça.
30:18Chacun doit faire son travail
30:19et le terminer
30:20en 8 heures,
30:21puis passer à un autre.
30:23Nous avons embauché
30:24des gens
30:25qui ne viennent pas
30:25du spatial
30:26pour construire
30:26des satellites.
30:28C'est vraiment devenu possible
30:30grâce à la ligne
30:31de production.
30:35C'est vraiment
30:37Au début
30:38de l'année 2022,
30:39la constellation OneWeb
30:41est quasi complète.
30:45Roscosmos,
30:46l'agence spatiale russe,
30:48s'apprête
30:48à mettre en orbite
30:49une des dernières
30:50grappes de satellites.
30:53Mais alors
30:54que Vladimir Poutine
30:55lance son offensive
30:56sur l'Ukraine,
30:58OneWeb
30:58va subir
30:59un chantage politique
31:00de la part
31:00de la Russie
31:01à cause
31:02de son actionnaire
31:03britannique.
31:06Le directeur
31:07de Roscosmos,
31:09Dimitri Rogozin,
31:10fait disparaître
31:11tous les drapeaux
31:12des pays
31:12qui ont mis en place
31:14des sanctions
31:14internationales
31:15contre la Russie.
31:17Il lance
31:18un ultimatum
31:19au responsable
31:20de OneWeb
31:20en exigeant
31:22le retrait
31:22de la Grande-Bretagne
31:23du capital
31:24de la société.
31:50La décision
31:52de Rogozin
31:53d'effacer
31:53les drapeaux
31:54sur la Soyouz
31:54manifeste aussi
31:56l'importance
31:57des constellations
31:58dans ce paysage spatial.
31:59Il y a eu
32:00une espèce
32:00de dramatisation
32:01qui a contribué
32:03à faire
32:04des constellations
32:04aujourd'hui
32:05des objets
32:06très symboliques,
32:07très politiques.
32:11Finalement,
32:12OneWeb
32:12suspend ses lancements
32:13depuis la Russie.
32:16En 2022,
32:18nouvel épisode.
32:20OneWeb
32:20est racheté
32:21par l'opérateur
32:22E-Telsat
32:23et passe
32:24sous pavillon français.
32:26Les soubresauts
32:28traversés
32:28par OneWeb
32:29montrent
32:30que l'orbite basse
32:31est un territoire
32:32à part entière
32:32sur l'échiquier
32:33géopolitique mondial.
32:36Dans cet espace
32:37sans frontières
32:38où plus de 3000
32:39satellites nouveaux
32:40ont débarqué
32:41ces deux dernières années,
32:43le risque
32:44de conflits
32:44augmente
32:45dangereusement.
32:48Lorsque nous sommes allés
32:49dans l'espace
32:50pour la première fois,
32:51nous avons pensé
32:52que nous pouvions
32:52faire tout ce que nous voulions,
32:53qu'il y avait
32:54beaucoup de place.
32:55Pas de risque
32:55de déranger les autres
32:56ni de saturer l'espace.
32:57Mais le trafic
32:58est si intense maintenant
32:59que ça n'est plus vrai.
33:24Le débarquement massif
33:25des satellites en orbite basse
33:27a déjà créé
33:28des tensions
33:28entre les États.
33:31Contraint de modifier
33:32la trajectoire
33:33de sa station spatiale
33:34pour éviter
33:35les satellites
33:35d'Elon Musk,
33:37l'État chinois
33:38dénonce les États-Unis
33:39devant le Bureau
33:40des affaires spatiales
33:41de l'ONU
33:41à Vienne.
33:50Le Traité international
33:52de l'espace,
33:53signé en pleine guerre froide,
33:56établit la responsabilité
33:57d'un État
33:57dans les agissements
33:59de ses sociétés nationales
34:00en orbite.
34:01La Chine a fait usage
34:03d'un mécanisme existant
34:05au sein des Nations Unies
34:09pour critiquer
34:10la position américaine.
34:12Elle rappelle aux États-Unis,
34:14en tant que pays,
34:15sa responsabilité
34:17vis-à-vis des actions
34:18de SpaceX.
34:19parce que dans le droit international,
34:22que ces actions émanent
34:25d'institutions privées
34:27ou d'institutions étatiques,
34:29c'est toujours l'État
34:31qui est responsable
34:32d'éventuels dommages.
34:34Les Américains ont récemment répondu
34:36aux Nations Unies
34:37« Non, nous n'étions pas si proches,
34:40il n'y avait pas de quoi s'inquiéter,
34:41rien à signaler ».
34:43Mais en fait,
34:44je ne suis pas trop d'accord.
34:46Après avoir examiné les données,
34:48si je suis astronaute
34:50à bord de la station spatiale chinoise
34:51et que SpaceX me dit
34:53« Faites-nous confiance,
34:54nous allons vous éviter »,
34:56pour moi,
34:56ce n'est pas suffisant.
34:58« Je pense que la plainte chinoise
35:00est légitime
35:01parce que les rapprochements
35:02sont plus nombreux
35:03depuis quelques années
35:04à cause de Starlink ».
35:10Depuis le traité de 1967,
35:12l'accès à l'espace
35:13s'est démocratisé.
35:17Avec le risque de multiplication
35:19des conflits entre les États,
35:21l'orbite basse devient un enjeu
35:22de coopération internationale.
35:30« Quand vous voyez ces engins,
35:32ils se ressemblent tous, n'est-ce pas ?
35:34En réalité, 95 pays
35:36exploitent ces satellites
35:37en ce moment même.
35:39Depuis le Royaume-Uni,
35:40les États-Unis,
35:41la Chine,
35:42la Russie.
35:43Et ils sont tous mélangés.
35:49Les radars de la société américaine
35:51Leo Labs
35:52scrutent le ciel
35:53et proposent à ses clients
35:55propriétaires de satellites
35:57une représentation
35:58en temps réel
35:59du trafic spatial.
36:02C'est le Space Traffic Management,
36:05un marché prometteur
36:07devenu indispensable
36:08pour pallier
36:09à l'absence de codes
36:10de la route
36:10dans l'espace.
36:15« Ils ne voient rien
36:15et n'entendent rien là-haut.
36:17Ils font leur travail
36:17en regardant la Terre.
36:18Ils communiquent
36:19sans voir ce qui vient en face.
36:21C'est un peu comme conduire
36:22avec un pare-brise tout noir.
36:29alors il faut les aider
36:31en leur disant
36:31« Voici ce à quoi
36:33vous devez faire attention.
36:34Voilà ce que vous devez éviter.
36:36S'il y a un risque
36:37de rapprochement,
36:38ce que nous appelons
36:39une conjonction,
36:40on peut leur éviter
36:41de prendre ce risque. »
36:50En apparence,
36:51il y a beaucoup de place
36:52dans l'espace.
36:54Mais avec la circulation
36:56de milliers d'engins
36:57lancés à plus de 7 km par seconde,
37:00y a-t-il un nombre limite
37:02de satellites
37:03à ne pas dépasser ?
37:07Est-ce que c'est 20 000 ?
37:09100 000 ?
37:101 million ?
37:11Ça n'est pas encore très clair.
37:13Mais je pense
37:14que nous devons rester prudents
37:15car cette limite
37:16existe bel et bien.
37:21Les projections
37:22annoncent entre 100 000
37:23et 200 000 satellites
37:24en orbite basse
37:25dans une dizaine d'années
37:26contre 6 800
37:28à la fin 2022.
37:35Actuellement,
37:37chaque opérateur de satellites
37:38prend en charge
37:39la gestion de ses appareils.
37:43En septembre 2019,
37:45l'Agence spatiale européenne
37:47a dû, à son tour,
37:49manœuvrer un de ses satellites
37:50d'observation
37:51pour éviter une collision
37:52avec un engin Starlink.
37:56La multiplication
37:57de ces situations
37:58plaide pour la création
37:59d'une tour de contrôle spatiale.
38:05Une tour de contrôle spatiale,
38:07ça voudrait dire
38:08que quelqu'un dispose
38:09de l'autorité de régulation
38:11nécessaire
38:11pour donner des directives.
38:14Mettez-vous là
38:15et restez où vous êtes,
38:17comme les contrôleurs aériens.
38:18Cela n'existe pas
38:19pour l'espace.
38:24Depuis le sol,
38:25l'opérateur peut rallumer
38:27le moteur de son satellite
38:28pour changer sa trajectoire
38:30et éviter l'accident.
38:33Encore faut-il se coordonner
38:34avec le satellite
38:35qui arrive en face,
38:37en haut ou en bas.
38:39Mais il existe une configuration
38:41encore plus difficile à éviter.
38:47seulement 3% des manœuvres
38:50des manœuvres d'évitement
38:51sont causées par des satellites
38:53actifs en orbite basse.
38:5697% sont liés
38:58à l'évitement de débris,
39:00de matériel hors d'usage
39:01ou de morceaux de fusée.
39:03L'avenir des constellations
39:06dépend d'abord
39:07de leur capacité
39:08à fonctionner
39:09en toute sécurité.
39:11Mais surtout,
39:12de leur aptitude
39:13à gérer ce risque
39:14de collision en chaîne
39:15avec des objets inertes
39:17qui n'ont pas la faculté
39:18de les éviter.
39:26à ce jour,
39:27une seule collision
39:28a eu lieu,
39:29le 10 février 2009,
39:31entre un satellite actif
39:32de la constellation Iridium
39:34et un satellite russe
39:36hors service.
39:41Deux nuages de débris
39:44se sont formés.
39:45D'abord,
39:45il s'est formé un anneau.
39:47Et au fil du temps,
39:48au bout d'un mois,
39:49les débris se sont étalés
39:51tout autour en altitude.
39:54Vous n'avez donc pas
39:55une pollution locale,
39:56mais globale,
39:57à partir d'un seul incident
39:58survenu il y a plusieurs mois.
40:04Dans l'espace,
40:06les États sont plus
40:07que jamais interdépendants.
40:09Le moindre incident
40:11peut créer une situation
40:12dramatique pour tous les acteurs,
40:14les sociétés privées
40:15comme les États.
40:17Le débarquement annoncé
40:19de milliers de satellites
40:20de communication nouveaux
40:21rend urgente
40:23l'édition de règles de conduite.
40:29C'est quoi mon espace
40:32dans l'espace ?
40:33À partir de quand
40:34est-ce que je suis trop près ?
40:37Si je m'approche
40:38et que j'observe
40:38votre satellite
40:39à une distance
40:40de 100 km,
40:41c'est bon.
40:41Je suis juste
40:42un paparazzi.
40:43Mais si je m'approche
40:45à moins de 100 mètres
40:45en vous reniflant
40:46dans le cou,
40:47ça ne va pas.
40:47C'est vrai.
40:50Donc,
40:51comme dans les relations humaines,
40:53dans l'espace,
40:54il y a un espace
40:55interpersonnel
40:55à respecter.
40:56Il nous faut un traité
40:57international
40:58pour le définir.
40:59On en discute
41:00depuis 2008 en réalité,
41:01en particulier pour la sécurité
41:02collectée dans les soirs.
41:03Aujourd'hui,
41:04c'est bloqué.
41:04On n'arrive pas à se parler
41:05entre la Russie,
41:06la Chine,
41:07d'un côté,
41:08les États-Unis,
41:08voire l'Europe de l'autre.
41:09Mais on est bien obligés
41:10de se parler quand même.
41:11Donc,
41:11on voit de manière
41:12extrêmement lente
41:15et,
41:16j'allais dire,
41:17pragmatique,
41:17des choses quand même évoluées.
41:19Sur le plan géopolitique,
41:21nous avons besoin
41:22de nouvelles règles
41:23pour l'espace.
41:24La sécurité
41:25et la durabilité
41:27sont en tête
41:27des problèmes
41:28que nous devons régler
41:29rapidement,
41:30car sinon,
41:31ils affecteront
41:32la croissance
41:32de l'économie spatiale.
41:36À peine née,
41:37la jeune économie spatiale
41:39est déjà menacée.
41:42Faudra-t-il un accident grave
41:44pour qu'une réglementation
41:45soit mise en place ?
41:47Une autre solution
41:48consisterait à imposer
41:50un moratoire
41:50aux entrepreneurs
41:51de l'espace.
41:54C'est un trop gros changement
41:56en très peu de temps.
41:59Pourquoi ne pas les laisser
42:00gagner un peu d'argent
42:02et puis après,
42:03on attend un peu
42:04et on regarde
42:05ce qui se passe ?
42:08Et si ça fonctionne
42:09avec ce nombre
42:10de satellites,
42:11alors seulement,
42:12on pourrait envisager
42:13des dizaines de milliers
42:14de satellites.
42:19Combien pèse
42:20la parole
42:20de l'astrophysicien
42:21face aux acteurs bruyants
42:23de la nouvelle
42:24industrie spatiale ?
42:31Je ne suis pas d'accord
42:32avec l'idée
42:33de tout arrêter.
42:34Je ne sais pas
42:34comment faire d'ailleurs.
42:35Je pense que c'est impossible.
42:38C'est trop tard ?
42:38Oui, je crois.
42:41On doit donc régler
42:42les problèmes
42:42avec les meilleurs outils
42:43possibles à notre disposition.
42:47On a une espèce
42:48de rouleau compresseur
42:50politique
42:50qui est installé
42:52en Europe,
42:54en France,
42:54aux Etats-Unis,
42:55évidemment.
42:56Et donc là,
42:56stopper net ce processus-là,
42:58vous couvrez le risque
42:59d'être taxé
43:00d'amiche,
43:02de résistant au progrès.
43:04Et c'est politiquement coûteux.
43:06Les habitants de ce village
43:08d'irréductibles normands
43:09ont pourtant fait entendre
43:10leur voix en 2021.
43:13Ils se sont opposés
43:14à l'installation
43:15d'une des antennes
43:16que déploie Elon Musk
43:17partout dans le monde
43:18pour relayer le signal
43:19de ces satellites.
43:22« C'est un projet
43:23qui, éthiquement,
43:24est inacceptable
43:25et un projet
43:25qui, démocratiquement,
43:27tel qu'il nous le plante là,
43:28est dangereux.
43:29Il est inutile.
43:30Aujourd'hui, ici,
43:31à Saint-Saënière-de-Bevron,
43:32nous avons Internet.
43:33Nous avons tous
43:34les moyens de communication.
43:36Nous sommes sur les réseaux sociaux.
43:38Monsieur Musk
43:38doit savoir
43:39que ça existe déjà. »
43:43Elon Musk a finalement
43:44installé ses antennes
43:45ailleurs
43:46et continué à lancer
43:4860 satellites
43:49chaque semaine.
43:55Les habitants
43:56de Saint-Saënière-de-Bevron
43:57peuvent les regarder
43:58briller dans le ciel
43:59lorsqu'ils gravitent
44:01pendant quelques jours
44:02à faible altitude
44:03avant de rejoindre
44:05leur orbite opérationnelle.
44:09Ils se disposent alors
44:11en file indienne
44:11et forment des trains
44:13de satellites
44:14visibles à l'œil nu
44:15depuis la Terre.
44:31À mesure que les trains
44:32de satellites se multiplient
44:33dans le ciel nocturne,
44:35la communauté des astronomes
44:36prend conscience
44:37de l'ampleur du phénomène.
44:44J'ai été tout simplement
44:45stupéfait
44:46lorsque nous avons vu ça
44:47au-dessus de nos têtes.
44:5060 satellites Starlink,
44:53chacun étant au moins
44:54de magnitude 2,
44:55voire plus.
44:56Ça veut dire
44:56qu'ils sont aussi brillants
44:57que certaines des étoiles
44:58les plus brillantes du ciel.
45:01Lorsque vous en voyez 60,
45:03c'est effrayant,
45:03c'est comme une invasion
45:04extraterrestre,
45:05c'est vrai.
45:07Mais quand vous pensez
45:08aux conséquences
45:09d'en avoir 30 000,
45:11ça devient vraiment
45:11très inquiétant
45:12pour les astronomes.
45:18Nuit après nuit,
45:19ils découvrent que
45:20les trains de satellites
45:21dessinent des rayures
45:23sur les images
45:23des télescopes,
45:25rendant obsolète
45:26le travail scientifique
45:27et la surveillance du ciel.
45:34À tel point
45:35que la NASA lance
45:36une alerte
45:37auprès de la FCC,
45:39l'Agence de réglementation
45:40américaine
45:41des télécommunications.
45:45En bouchant la vue
45:46de l'espace,
45:47les satellites Starlink
45:48font peser une menace
45:49sur la planète elle-même,
45:54retardant la détection
45:55d'un astéroïde
45:56qui foncerait vers la Terre.
45:59Elle a mis en place
46:00des mesures d'urgence
46:01pour empêcher
46:02une collision fatale.
46:07Après l'avoir placée
46:08en première ligne,
46:09l'État fédéral américain
46:11a-t-il encore la main
46:12sur Elon Musk ?
46:14Il est déjà
46:15le grand gagnant
46:16de la méga-course
46:17à l'orbite.
46:18Les lancements
46:19de satellites Starlink
46:20lui permettent
46:21de faire la preuve
46:22de l'efficacité
46:23de ces fusées réutilisables.
46:26Nous avons
46:26des réacteurs
46:28qui ont déjà volé
46:29dix fois
46:31dont certains
46:32devraient pouvoir
46:33voler
46:34vingt
46:35ou cinquante fois.
46:37C'est vraiment
46:37un bon taux
46:38de réutilisation.
46:42Grâce à Starlink,
46:44il continue
46:44à faire rêver
46:45les investisseurs
46:46et conforte
46:47la crédibilité
46:48de sa société SpaceX.
46:53Avec sa fusée
46:55la plus grosse
46:55jamais construite,
46:57Starship,
46:58capable d'embarquer
46:59400 satellites
47:00à la fois,
47:01il pourrait compléter
47:02rapidement
47:02sa méga-constellation
47:04pour atteindre
47:05le chiffre final
47:06vertigineux
47:07de 42 000 satellites.
47:11Sans perdre de vue
47:12pour autant
47:13son objectif ultime,
47:15l'installation
47:16d'une colonie
47:17d'un million
47:17de personnes
47:18sur Mars
47:20d'ici
47:202060.
47:25Avec le temps,
47:26Elon Musk
47:27s'est imposé
47:27comme quelqu'un
47:28qui tient
47:29la ligne
47:30et qui est en mesure
47:32maintenant
47:32d'imposer
47:32son agenda,
47:34l'accélération
47:35de son agenda
47:35aussi,
47:36parce que les agences
47:37spatiales,
47:37au départ,
47:38le regardaient
47:38avec une espèce
47:39d'effroi,
47:40de mépris,
47:41de condescendance.
47:42Ils sont bien forcés
47:43de se caler
47:44sur ses propositions,
47:46son agenda
47:46martien,
47:47etc.
47:50En quelques mois,
47:52l'homme le plus riche
47:53du monde
47:54a imposé
47:55son poids diplomatique
47:56sur Terre
47:56et modifié
47:58durablement
47:58le territoire orbital.
48:02Sur Internet,
48:03l'image
48:04des trains
48:04de satellites
48:05Starlink
48:05est devenue
48:06le symbole
48:07de la mainmise
48:07d'un seul homme
48:08sur l'espace,
48:10patrimoine mondial
48:11de l'humanité.
48:16L'humanité
48:18dispose désormais
48:19d'une technologie
48:20qui transforme
48:21complètement
48:21le ciel nocturne.
48:24À l'avenir,
48:25lorsque vous
48:26regarderez le ciel,
48:27vous pourriez voir
48:28plus de satellites
48:29en mouvement
48:30que de vraies étoiles.
48:35À mon avis,
48:36la solution
48:37à long terme
48:37est de trouver
48:38comment faire
48:38de l'astronomie
48:39par-dessus
48:40les constellations.
48:42en tant que fan
48:43de l'espace,
48:43je m'intéresse
48:44depuis longtemps
48:44à l'utilisation
48:45de la face cachée
48:46de la Lune,
48:47comme le télescope
48:48spatial James Webb
48:49qui est allé
48:49au-delà de la Lune.
48:51Donc c'est normal
48:52de se déplacer
48:52vers d'autres endroits
48:53pour faire de la science
48:54à mesure que la technologie évolue.
48:58Ça fait partie
48:59quand même des questions
48:59qu'il faut se poser.
49:01En termes d'acceptabilité,
49:03est-ce que les gens
49:06peuvent imaginer
49:07qu'un jour,
49:08on arrive à ce degré
49:09d'occupation de l'espace
49:11qui devienne
49:11véritablement gênant ?
49:13Jusqu'à quel point
49:14c'est acceptable ?
49:14Jusqu'à quel moment
49:15à partir de quel moment
49:16ça devient inacceptable ?
49:21En attendant le débat citoyen
49:23et malgré les mises
49:25en garde de la NASA,
49:27rien ne saurait interrompre
49:28la course à l'orbite.
49:33La révolution industrielle
49:35des petits satellites,
49:37portée par une économie
49:38sans cesse plus gourmande,
49:40en données et en vitesse,
49:43alimente une fuite en avant.
49:46Une occupation massive
49:48de l'espace,
49:49alors même que la solidité
49:51économique des méga-constellations
49:53est en question.
49:58Devinez combien de constellations
49:59en orbite basse
50:01n'ont pas fait faillite ?
50:05Zéro.
50:08Zéro.
50:11Donc vous voulez être le premier
50:12pour qui ça marche ?
50:13Juste éviter la banqueroute.
50:20Elon Musk lui-même
50:22doute de la rentabilité
50:24des méga-constellations.
50:28Des investissements colossaux
50:30pour un marché encore flou.
50:38Il y a une version positive
50:39qui est de dire
50:39les investisseurs considèrent
50:41qu'il y a énormément
50:42d'opportunités à venir.
50:44Soit la version un peu plus
50:46conservatrice,
50:46c'est de considérer
50:47qu'aujourd'hui,
50:47il y a une forme de bulle,
50:49en tout cas de surestimation,
50:51de surcotation
50:52de ces entreprises
50:54par rapport à leur revenu potentiel.
50:56« Ces projets seront peut-être
50:58rentables un jour,
51:01mais j'ai du mal
51:02à croire qu'ils le seront tous.
51:04On peut donc s'attendre
51:05à ce qu'un certain nombre
51:06d'entre eux fassent faillite.
51:08Et là, on devra faire face
51:09à un problème très intéressant,
51:11un grand nombre
51:12de satellites actifs
51:13appartenant à des sociétés
51:14qui ont fait faillite. »
51:18Des milliers de satellites fantômes
51:20errantes en orbite
51:21sans propriétaire.
51:23Des collisions en chaîne
51:25créant petit à petit
51:26une coquille autour de la Terre.
51:29Quelle serait l'issue
51:30d'une telle débandade orbitale ?
51:33« Nous sommes en train
51:36de détruire notre planète.
51:38Et de la même manière,
51:39nous sommes en train
51:40de détruire l'espace
51:41autour d'elle.
51:43Beaucoup de gens le voient,
51:44mais nous fermons les yeux
51:45dès que des intérêts économiques
51:47entrent en jeu.
51:48S'il fallait détruire
51:50notre planète
51:50pour gagner de l'argent,
51:51alors nous, les humains,
51:52nous le ferions sûrement.
51:54Et c'est la même chose
51:55qui se produit dans l'espace.
52:00Quel avenir
52:01dans ces conditions ?
52:04Les conquistadors
52:05de l'orbite basse
52:06seraient bien inspirés
52:07de s'entendre rapidement,
52:10au risque de nous faire
52:12prisonniers sur Terre.
52:43Pour enlever
53:12Sous-titrage MFP.
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