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00:00One day he asked me if it interested me to put the voile.
00:02It was a shocker.
00:04Because when my husband met me, I was doing dance african.
00:07I was even a teacher of dance african.
00:09I was doing a lot of work on stage.
00:12So I told him in which world he saw me, he knew me,
00:15and he wanted to marry me like that.
00:18And today he asked me if I could possibly imagine putting the voile a day.
00:27Bonjour et bienvenue dans Mutine,
00:30le rendezvous des femmes qui ne se laissent pas faire.
00:33Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Amélia Lacrafi,
00:36députée de la 10e circonscription des Français de l'étranger,
00:40qui regroupe 49 pays en Afrique et au Moyen-Orient.
00:44Bonjour Amélia Lacrafi.
00:46Bonjour Latifa.
00:47Bienvenue à RFI.
00:48Vous êtes également la fondatrice du mouvement France Plus.
00:53Exactement.
00:54Alors, vous êtes chef d'entreprise,
00:56ancienne commandante de réserve en cyber-défense,
01:00fondatrice d'associations,
01:01mais surtout une femme au parcours de combattante
01:05qui est aujourd'hui la porte-voix des plus fragiles.
01:09Ensemble, nous allons découvrir votre parcours et vos engagements.
01:14Vous êtes née à Casablanca, au Maroc.
01:16Vous arrivez en France à l'âge de deux ans,
01:19avec vos parents et vos deux sœurs.
01:23Vous êtes la troisième d'une fratrie de six enfants
01:27et vous dites que vous ne deviez pas exister.
01:32Votre père ne vous désirait pas
01:34et a même tout fait pour que votre mère vous perde.
01:38Est-ce que c'est quelque chose que vous avez ressenti
01:41ou est-ce votre mère qui vous l'a raconté ?
01:44J'ai la chance d'en avoir strictement aucun souvenir.
01:47Donc, on me l'a raconté.
01:48Ma mère, mes tantes et des amis de ma mère.
01:53Et alors, le jour de votre naissance,
01:55votre père ne veut pas entendre parler de vous.
01:59C'est votre tante qui choisit votre prénom,
02:02Amel, qui veut dire espoir en arabe.
02:06Avez-vous l'impression d'avoir porté ce prénom
02:09comme une promesse à tenir ?
02:12Je ne sais pas si c'était une promesse à tenir,
02:16mais en tout cas,
02:17c'était une promesse de renoncement
02:21et de non et de rejet.
02:24Donc, c'est un peu dérangeant.
02:26Mais la chance que j'ai,
02:27je pense que c'est vraiment une chance inouïe
02:29de ne pas me souvenir.
02:30Et quand on m'en parlait,
02:32parce qu'on ne m'en parle plus,
02:33j'ai l'impression qu'on parlait quelqu'un d'autre.
02:35Et je sais que j'avais demandé
02:36à mon médecin de famille à l'époque,
02:38avec qui j'étais assez proche.
02:39Et je pense que ça a été, lui,
02:40peut-être la figure du père,
02:42parce que la figure du père
02:43n'est pas forcément votre père biologique.
02:45Et je lui ai dit que je voulais faire de l'hypnose
02:46pour savoir que j'en avais un peu marre
02:48qu'on me dise, oh, ma pauvre,
02:50sans avoir ressenti dans ma chair.
02:53Et il m'a toujours dit, je t'en supplie,
02:54le fais pas.
02:54Si ton cerveau a éludé tout ça,
02:57le cerveau humain est très bien fait,
02:59l'être humain est parfaitement bien fait,
03:01donc le fais pas.
03:03Votre mère a été victime
03:04de la part de votre père
03:07de violences conjugales,
03:09dont vous avez été témoin,
03:11puis victime vous-même.
03:14Pendant longtemps,
03:15vous vous êtes demandé pourquoi moi ?
03:17Avez-vous trouvé une réponse à cette question ?
03:21Non.
03:23Mais je me dis,
03:25je me suis dit très très tôt, en fait,
03:27très très tôt, je me suis dit,
03:28comme les gens me disent souvent à l'extérieur,
03:30que je suis forte,
03:31que j'ai beaucoup de chance,
03:32que je souris tout le temps,
03:34alors qu'à la maison,
03:35ma mère m'appelait la muette,
03:37Zayzona en arabe,
03:39à la maison, j'étais interdite,
03:41et je m'interdisais moi-même,
03:42et je ne parlais pas.
03:45Et à l'extérieur,
03:46j'étais vraiment tout l'inverse.
03:47Je me dis que c'est,
03:48en tout cas, moi je le prends comme ça,
03:49c'est une chance,
03:50parce que si je n'avais pas eu ça,
03:52peut-être que je n'aurais pas eu le courage,
03:54la force, la détermination,
03:56et en fait,
03:57tout ce que je suis aujourd'hui,
03:59parce que je me suis longtemps un peu,
04:01comment dire,
04:02demandé pourquoi certaines personnes
04:04pouvaient faire des dépressions
04:05ou ne pas être bien
04:06pour quelque chose que je considérais minime,
04:09et au final,
04:10je me suis dit non,
04:10il faut être,
04:12comment dire,
04:12plus ouvert que ça.
04:14Si certains n'ont jamais eu de souffrance,
04:16une première souffrance peut être,
04:18peut paraître un Himalaya à gravir,
04:21alors que quand on en a eu plein,
04:24une fois,
04:24j'ai cassé ma voiture,
04:25j'ai dit c'est pas grave,
04:25on m'a volé en portable,
04:26je me suis dit c'est pas grave,
04:27et je me souviens que le pharmacien,
04:28quand il m'a vu,
04:30j'ai dit,
04:30on va me voler mon téléphone,
04:31et que j'ai ri,
04:31il m'a dit,
04:32ah mais vous le prenez vachement bien,
04:33j'ai dit, bah ça va,
04:34c'est un téléphone.
04:35Enfin,
04:37après il y en a qui me disent,
04:38oui mais tu t'en fous de tout,
04:39non, je m'en fous pas de tout,
04:41mais,
04:43je relativise beaucoup.
04:45Alors vous aviez 13 ans quand votre mère a divorcé,
04:48parce qu'à chaque fois que votre père vous frappait,
04:51vous finissiez à l'hôpital,
04:53vous pensez qu'elle a pris cette décision pour vous sauver ?
04:57Je ne sais pas,
04:59pour nous sauver,
05:00pour se sauver aussi elle-même,
05:01parce qu'elle finissait aussi dans des états assez difficiles,
05:04et que peut-être qu'on en a eu marre de traverser toute la France,
05:07parce qu'on a la chance d'être dans un pays,
05:11vraiment,
05:12qui accompagne,
05:12qui aide,
05:14avec des assistantes sociales exceptionnelles,
05:16et on a été accompagnés par une assistante sociale,
05:18que je n'oublierai jamais,
05:20qui nous a fait traverser le pays,
05:23on a traversé toute la France,
05:24à chaque fois pour fuir,
05:27elle nous installait,
05:28soit dans des foyers,
05:29soit dans des appartements,
05:31et au bout de quelques mois,
05:32ma mère avait peur,
05:34parce que les gens lui disaient,
05:37tu ne sais pas lire,
05:38tu ne sais pas écrire,
05:40et qu'on va demander plein de choses,
05:42on demandera à ton mari,
05:43ou il faudra demander à ton mari, etc.
05:44Donc au bout d'un moment,
05:45elle l'appelait toujours,
05:46il revenait,
05:47ça se passait bien au début,
05:48et ça repartait en violence,
05:51et du coup,
05:51on a habité dans énormément d'endroits,
05:53et à chaque fois,
05:54elle finissait à l'hôpital,
05:55ou on finissait à l'hôpital,
05:57et l'assence sociale,
05:58toujours la même,
05:59nous reprenait,
06:00nous remettait dans un TGV,
06:01nous refaisait déménager,
06:02et on recommençait.
06:04Et je pense qu'au bout d'un moment,
06:05on en a eu marre.
06:07A voulu se poser pour...
06:10Mais ça reste un sujet assez tabou,
06:12on n'en parle pas à la maison.
06:12Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre encore aujourd'hui.
06:20Alors le jour de vos 18 ans,
06:22vous aviez prévu, vous le dites vous-même,
06:25la fête du siècle,
06:27mais vous apprenez la mort de votre père ce jour-là,
06:30le jour où vous deveniez officiellement majeure,
06:34donc une jeune femme libre.
06:37Symboliquement, c'est vraiment très étonnant.
06:41C'est sûr.
06:44Une semaine après,
06:45parce que le 20 mars, c'était un mercredi,
06:47et le mercredi suivant, j'avais une salle,
06:50j'avais réservé plein de trucs,
06:51j'avais séché les cours pour préparer.
06:54Donc j'étais à la maison,
06:56et oui, effectivement, le téléphone a sonné.
06:59Et comme mon petit frère
07:00avait 10-11 ans,
07:01et qu'il commençait des fois à faire des petites bêtises,
07:05exemple, prendre le bus sans ticket,
07:07on nous a déjà appelés pour nous dire,
07:08Monsieur Lacrafie, il faut venir le chercher.
07:10Donc là, on m'a dit, c'est pour Monsieur Lacrafie,
07:12est-ce que...
07:13Et je lui ai dit, bon,
07:14qu'est-ce qu'il a encore fait celui-là ?
07:15En me disant, c'est mon petit frère.
07:18Et on m'a dit, c'est votre père.
07:19J'ai dit, ah, très bien.
07:21Et on peut avoir Madame Lacrafie.
07:23Je lui ai dit, écoutez,
07:24vu qu'elle parle pas très bien français,
07:25dites-moi.
07:26Donc ils m'ont dit, votre père est mort.
07:28J'ai dit, ah, d'accord.
07:29Après, je l'ai appelé,
07:29maman, tiens, c'est pour toi.
07:31Et je suis partie.
07:34Et symboliquement, c'est...
07:36Enfin, depuis, vous ne fêtez plus votre anniversaire,
07:39vous aviez dit ?
07:40Mais parce que je ne le fêtais déjà pas tellement.
07:42Oui.
07:42Parce qu'à la maison,
07:43on ne fêtait pas trop les anniversaires.
07:48Et je me suis dit, mais pourquoi on fêterait notre venue au monde ?
07:53Je trouvais que c'était hyper bizarre de fêter sa venue au monde.
07:57Et je lui ai dit, en fait, chaque année, ça te rapproche de la mort.
07:59Donc je ne vois pas ce que tu fais.
08:01Donc, non.
08:03Vous en avez parlé.
08:05Donc, la personne importante dans votre vie,
08:08c'est votre médecin de famille,
08:09le docteur Robert Lestra.
08:11Alors, il vous a beaucoup aidé.
08:14Donc, vous avez commencé à le dire.
08:15Qu'est-ce qu'il représentait pour vous ?
08:18Avec le recul, je me suis rendue compte
08:20qu'il représentait cette figure paternelle qu'on n'a pas.
08:24Et c'est vrai qu'on peut soit ne pas retrouver la figure maternelle
08:29dans sa mère ou ne pas retrouver la figure paternelle par le père.
08:31Mais c'est vrai qu'il est important de se construire
08:33avec une figure maternelle et une figure paternelle.
08:36Et, bon, ma mère n'ayant pas eu la chance d'aller à l'école,
08:41parce qu'elle a eu un mariage forcé à 15 ans
08:44et qu'à la campagne au Maroc, à ce moment-là,
08:46on n'emmenait pas les filles à l'école,
08:49elle ne comprenait pas tellement l'intérêt de l'école.
08:51Aujourd'hui, oui, mais bon.
08:52En fait, dès que j'avais une petite toux,
08:54ce n'était pas la peine d'aller à l'école.
08:55Quoi qu'on avait, repose-toi, ma fille.
08:57Et c'est nous qui devions dire,
08:59mais maman, c'est important.
08:59Donc, on est allé à l'école, même malade.
09:01Parce qu'en fait, on a toutes,
09:03et je ne sais pas pourquoi,
09:04par quelle magie,
09:06on a toutes compris que l'école, c'était important.
09:10Et moi, j'étais toute fière d'être bonne élève
09:13et d'avoir des bonnes notes
09:13et j'amenais mes carnets de notes à mon médecin.
09:17Et j'étais toute contente
09:18quand il me disait que j'étais une super élève.
09:21Sachant que ma mère ne me regardait pas,
09:23vu qu'elle a encore une fois la magie.
09:24Donc, c'est à chaque bulletin,
09:25j'essaie d'avoir les meilleures notes
09:26pour lui ramener,
09:27pour lui montrer,
09:27pour qu'il soit fier de moi.
09:29Vous êtes toujours en contact avec lui ?
09:32Je l'ai recontacté,
09:34je l'ai perdu de vue.
09:35Et je l'ai recontacté il y a trois ans, je crois.
09:40Et il faudrait que je le recontacte.
09:42Amélia, très jeune, vous êtes persuadée
09:44que si vous êtes en vie,
09:46c'est que vous avez un destin.
09:48Vous vous lancez avec beaucoup d'énergie
09:50dans les études et la vie professionnelle.
09:53Votre devise est,
09:54si quelqu'un l'a fait, je peux le faire.
09:57Et vous disiez oui à tout,
09:59même quand vous ne saviez pas faire.
10:01Vous faites des études d'experts comptables.
10:05Et à 27 ans, vous devenez la plus jeune directrice financière
10:09du groupe BNP Paribas.
10:12Puis vous créez des sociétés spécialisées
10:14dans la cybersécurité.
10:16Et ce n'est pas tout.
10:17Vous vous engagez aussi dans des associations
10:20comme l'Institut Doctorium
10:21qui lutte contre la fuite des cerveaux.
10:25Dans une plateforme d'aide aux entreprises d'Afrique de l'Ouest.
10:30Et vous entrez dans la réserve citoyenne
10:32de l'armée de terre
10:33où vous devenez commandante
10:35dans la réserve citoyenne cyber-défense.
10:38Est-ce que cette boulimie d'activité,
10:40c'était une façon pour vous
10:42d'accomplir ce destin dont vous étiez convaincue ?
10:47C'est possible.
10:48En fait, je pense qu'on ne se pose pas la question.
10:50On ne se pose pas la question.
10:51On a envie de faire.
10:53Et de temps en temps,
10:54les gens vous rappellent
10:55ce qui vous est arrivé.
10:57Et on se dit, ok,
10:58donc si je suis vivante,
10:59parce qu'avortement,
11:02coût, enfin...
11:04Je me dis, si je suis là,
11:05c'est qu'il y a une bonne raison.
11:06En fait, il ne faut pas le gâcher.
11:07Et donc je me dis,
11:09je n'ai pas le droit de le gâcher.
11:12Et...
11:15Ce même médecin m'a dit
11:16d'aller voir un psychologue absolument...
11:19Donc j'ai fini par y aller
11:20en me disant, ça ne sert à rien.
11:21J'ai fini par y aller
11:21et j'ai fait un rendez-vous
11:22et je n'ai pas été plus loin.
11:25Mais il y a une phrase
11:26qui a été assez intéressante
11:28qui me dit...
11:29Enfin, ce que ce psychologue me dit,
11:33vous culpabilisez tellement d'être en vie
11:34que vous vous sentez presque obligés
11:37d'être utiles et d'aider les autres.
11:38Et c'est vrai qu'on m'a beaucoup reproché,
11:42notamment un de mes ex,
11:44d'être trop, trop, trop présente
11:45à répondre aux sollicitations
11:46et aider toute la planète.
11:47Il m'a appelé Mère Thérésa.
11:49Et c'est vraiment
11:49parce que mon équipe aujourd'hui
11:50ou mon suppléant à Beyrouth
11:52m'appelle encore Mère Thérésa.
11:54Et...
11:55En fait, je ne le fais pas exprès.
11:57Et je me dis...
11:58En fait, si on peut aider les gens
12:00et qu'on ne le fait pas,
12:02c'est pas naturel, c'est bizarre.
12:05Donc j'aide tout le temps.
12:06Tout le temps.
12:07Le week-end, le soir,
12:08dès que je pouvais aider qui que ce soit,
12:09j'aidais tout le temps.
12:10Et donc j'avais besoin de me rendre utile.
12:13Ensuite, j'avais aussi besoin de prouver quelque chose.
12:16C'est pas parce qu'on est issus d'un milieu difficile
12:21ou qu'on a une mère qui n'a pas fait d'études
12:23qu'on doit reproduire.
12:25Et j'ai lu beaucoup de livres
12:26ou vu beaucoup de choses
12:28ou entendu beaucoup de témoignages
12:29qui me disent
12:29« Enfant de divorce est divorce »
12:31ou « Enfant violent devient violent ».
12:33Donc on m'a dit que je deviendrais
12:34une mère violente.
12:35Ma fille a eu en 25 ans une gifle.
12:38Bon, c'est pas terrible, ok,
12:39mais en 25 ans...
12:41Donc je peux pas dire que je suis mère violente.
12:43Donc...
12:43Et en plus, vous êtes une mère célibataire.
12:46Exactement.
12:47Donc...
12:48Non, en fait.
12:49On n'est pas obligé
12:51de faire n'importe quoi
12:53et d'aller chercher des excuses pour dire
12:55« Si j'ai pas réussi
12:56ou si je suis malheureuse
12:57ou si je suis ceci ou cela,
12:59c'est parce que j'ai pas eu de chance. »
13:00Et le misérabilisme,
13:01ça va.
13:02C'est pas mon truc.
13:03Donc, ouais,
13:04je me suis battue
13:05en voulant faire des choses intéressantes.
13:06Et à chaque fois qu'on m'a dit
13:07« C'est impossible,
13:08regarde-moi bien. »
13:09Le faire.
13:10Après, il parle.
13:11Mais en général, je parle pas.
13:13Donc parce que...
13:14J'ai l'impression que quand on parle,
13:15les gens, en fait,
13:17projettent en vous leur vie,
13:19leur vécu.
13:19Et c'est normal.
13:20C'est très humain.
13:21Leurs peurs de l'avenir, etc.
13:23Quand j'ai divorcé,
13:24ma fille avait deux ans.
13:27Euh...
13:27Bon, bah voilà.
13:30Il voulait...
13:30Un jour, il m'a demandé
13:31si ça m'intéressait
13:32de mettre le voile.
13:33Ça m'a choquée.
13:35Parce que quand mon mari m'a connue,
13:37je faisais de la danse africaine.
13:38Enfin, j'étais même prof de danse africaine.
13:40Et je faisais des spectacles
13:41à moitié nu sur scène.
13:42Donc je me dis dans quel monde
13:44il m'a vue,
13:46il m'a connue
13:46et il a voulu se marier avec moi
13:48comme ça.
13:49Et qu'aujourd'hui,
13:50il me demande si éventuellement
13:52j'ai imaginé mettre le voile un jour.
13:54Enfin...
13:54Bref.
13:56C'était...
13:56Compliqué.
13:57Une des raisons pour...
13:58Une des raisons.
13:59Pour laquelle vous avez divorcé.
14:00Exactement.
14:01Il y en avait plusieurs,
14:02mais c'était une des raisons.
14:03C'était...
14:03Il était aussi d'origine maghrébine.
14:05Algérienne.
14:06Algérienne.
14:07Ouais.
14:08Et...
14:09C'était une des raisons, effectivement.
14:10Et...
14:12Et du coup, ben en fait, non.
14:13Moi, je pense que la liberté,
14:14c'est très précieux.
14:15Alors, vous êtes tellement active
14:17que les équipes d'Emmanuel Macron
14:19vous remarquent
14:20et vous proposent d'être candidate
14:23aux élections législatives de 2017.
14:26Votre profil les intéresse.
14:28Vous êtes une femme,
14:29une chef d'entreprise
14:30et issue de l'immigration.
14:33Alors, dans un premier temps,
14:33vous refusez,
14:35puis vous acceptez.
14:36Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
14:38J'ai pas refusé en tant que telle,
14:41mais je pensais que c'était une plaisanterie.
14:43Je ne comprenais pas.
14:45Parce que j'avais beaucoup d'amis en politique,
14:48beaucoup d'amis, maires adjoints, maires,
14:51quelques parlementaires.
14:52J'avais intégré une association
14:54qui faisait du lobbying,
14:57enfin, Amitié France-Maroc.
15:00Et je l'avais intégrée en tant qu'entrepreneur.
15:02C'était une association que d'élus.
15:04Et je me souviens que le président,
15:05quand il est venu me voir pour me dire,
15:07Amélia, on a besoin d'un profil comme le tien,
15:08on a besoin d'une caution économique,
15:10parce que j'avais gagné quelques prix,
15:12prix de l'entrepreneuriat,
15:13femme du numérique, des choses comme ça.
15:15Et tous les autres, c'est que des élus.
15:16Et moi, je passais mon temps à leur dire,
15:17mais vraiment, c'est horrible ce que vous faites.
15:19C'est dur.
15:20C'est ingrat.
15:22Mais jamais, jamais, je ferais de politique.
15:25Et beaucoup, en fait,
15:26de tous ceux que je connaissais
15:27avaient écrit, envoyé des lettres de motivation.
15:29Quand le candidat avait dit,
15:32on veut la société civile.
15:35Très bien.
15:36Ils ont beaucoup, beaucoup candidaté.
15:38Et quand on m'appelait,
15:38moi, je pensais que c'était une grande blague.
15:40Et finalement, ce n'est pas une blague.
15:42Et comme j'ai...
15:42Enfin, donc, six mois avant l'élection.
15:46Et comme entre six mois avant l'élection
15:48et un mois avant, en fait,
15:50on n'a plus échangé du tout
15:51avec la personne qui m'avait appelée,
15:53je me suis dit, bon, ben voilà.
15:55On a échangé.
15:56C'était bien sympa.
15:56Et c'est fini.
15:57Et la veille de l'annonce
15:58de la liste définitive à la presse,
16:01la même personne me rappelle.
16:02Je vois son numéro.
16:03Je l'avais enregistré.
16:03Je ne comprenais pas.
16:04Et j'étais en plus dans un projet.
16:06Je me souviens de créer une entreprise au Maroc
16:09avec un associé.
16:1122h, on est à la Défense.
16:13Et je vois le nom de cette personne s'afficher.
16:15Je ne comprends pas.
16:16Et je décroche.
16:17Non, on t'a investi.
16:18Je ne comprends pas.
16:19On t'a investi.
16:19Non, mais ça veut dire quoi ?
16:21Tu vas faire campagne.
16:21Non, mais je ne comprends pas.
16:22Je pense qu'il a dû me prendre pour une grande débile.
16:25Et j'ai dit, je ne comprends pas.
16:26Qu'est-ce que ça veut dire ?
16:28Sachant que je n'ai jamais été encartée.
16:30Je n'ai jamais fait une réunion dans un parti.
16:33Rien.
16:33Mais rien.
16:35Et je ne comprenais pas.
16:36Et du coup, je me souviens que j'envoie à ce moment-là un SMS
16:40à mon ex de l'époque pour lui dire.
16:43Et il me répond, tu es sérieuse ?
16:44Tu m'annonces ça par SMS ?
16:46Mais le plus drôle et le plus peut-être énervant,
16:49c'est qu'ensuite, beaucoup de monde
16:51ont dit à ce monsieur, bravo d'avoir fait investir à Amélia.
16:56Et lui passait son temps à dire, mais j'y suis pour rien.
16:59Et c'est quand même, il me disait, d'accord.
17:02En fait, quand tu es une femme, ça ne peut pas être toi.
17:06Oui, c'est ça.
17:07D'ailleurs, vous apprendrez par la suite qu'en vérité,
17:10on ne mise pas gros sur votre succès.
17:12Totalement.
17:13Mais que vous avez l'avantage d'être une candidate de la diversité.
17:17Il fallait une arabe, il fallait une femme.
17:19Je cochais quelques cases intéressantes.
17:21Alors, comment vous l'avez pris ?
17:22Pas mal.
17:23Parce que, ma foi, je peux comprendre.
17:27Et effectivement, d'avoir dans cette belle assemblée,
17:30quand même de représenter aussi la diversité, c'est quand même normal.
17:34Donc, pas mal, mais c'est bien, c'est mieux de le dire.
17:37Mais heureusement qu'on ne m'a pas dit que j'étais vouée à l'échec.
17:39Clairement.
17:40Parce que tous ceux qui m'ont reçu deux jours après l'élection,
17:43tous les proches du président voulaient savoir comment j'avais fait,
17:48ce qui s'était passé.
17:48Parce qu'ils avaient leur listing.
17:50Et de ce que j'ai compris bien après,
17:52c'est qu'on sait quelle est la circonscription gagnante, perdante.
17:56Là, on a des chances, etc.
17:57Avec la mienne, c'était perdante, clairement.
18:00Et on voulait que je prépare 2022.
18:03Et je leur ai dit, heureusement que vous ne m'avez pas dit,
18:04parce que je serais partie perdante.
18:07Et quand je faisais campagne dans toutes les réunions,
18:10je passais d'un pays à l'autre tous les jours, tous les jours, tous les jours.
18:13J'atterrissais, réunion publique, rendez-vous avec les chefs d'entreprises français,
18:18réunions avec les associations, reprenaient l'avion.
18:20Je repartais dans chaque pays.
18:23Je ne sais même pas comment j'ai fait, comment j'y repense.
18:25Et tous les gens dans ces réunions, beaucoup venaient par curiosité,
18:28en se disant, c'est qui celle-là ?
18:31Et souvent, les plus âgés m'appelaient ma petite.
18:37Et en me disant, mais vous savez, nous, on va voter pour le candidat de la droite,
18:41le sortant, le républicain.
18:43Nous, on est majorité républicaine, donc vous avez l'air sympathique.
18:45Mais je leur ai dit, vous savez, moi, je ne suis pas une femme politique, en fait.
18:48Je vous raconte ma vie, je réponds à vos questions.
18:50C'est super.
18:51Je passe un super moment.
18:53Je suis curieuse.
18:54Donc, je leur demandais plein de choses sur leur vie dans les différents pays.
18:58Et c'était cool.
18:59Et quand, à la fin, les mêmes revenaient pour me dire...
19:02Parce que je leur ai dit, je m'en fous, en fait.
19:03Votez pas pour moi, c'est pas grave.
19:06Et je suis tombée là-dedans.
19:08Enfin, c'était un monde que je ne connaissais pas du tout.
19:10Et quand, à la fin, les mêmes revenaient pour me dire, en fait, vous avez l'air sincère.
19:14On a envie d'essayer.
19:15Je fais ça, super.
19:16Merci.
19:18Et quand j'ai gagné, c'est vrai que...
19:22En même temps, je me suis dit, si j'y vais, c'est pour gagner.
19:25Et j'ai passé ma vie à dire, ma fille, écoute-moi bien.
19:28On ne retient que les numéros 1.
19:30Qui se souvient des numéros 2 ?
19:32Tu te souviens du deuxième qui a mis les pieds sur la lune ?
19:34Enfin, personne ne se souvient du deuxième.
19:36Donc, tu n'as pas le choix.
19:37C'est A, c'est plan A, c'est que plan A.
19:39Et donc, en y allant, je me suis dit, c'est que plan A, il n'y a pas de
19:43plan B.
19:44Et on peut préciser que vous avez fait taire les mauvaises langues puisque vous avez été réélu en 2022 et
19:49en 2024.
19:50Alors, je voudrais qu'on s'intéresse maintenant à un sujet important pour vous dont vous vous êtes emparé en
19:572019 lors du Grenelle des violences conjugales.
20:01Un sujet qui passait sous les radars, les violences conjugales chez les Français de l'étranger.
20:08Vous recevez des témoignages qui, selon votre expression, vous glacent.
20:13En quoi leur situation est-elle spécifique ?
20:16Le Grenelle a fait en sorte qu'on a mis le sujet vraiment en avant parce que, en fait, ce
20:22n'est pas comme le fameux nuage de Tchernobyl.
20:24Il ne s'arrête pas. Donc, je suis violent en France. Si je quitte la frontière, je ne deviens pas
20:28violent.
20:30Et d'être loin, loin de sa famille, loin de ses amis, toutes les stats et tout ce qu'on
20:34a fait nous a montré que la plupart des temps, dans la plupart des cas,
20:38le couple qui part, l'homme et la femme ont plus ou moins le même niveau d'études et le
20:43même niveau de rémunération.
20:44Neuf fois sur dix, c'est l'homme à qui on propose l'expatriation.
20:47On va souvent voir son salaire doubler, tripler, voire quadrupler, selon la dangerosité du pays.
20:53Et sur place, vous avez chauffeur, nanny, machin.
20:56Dans certains pays, je dis gentiment aux hommes, mais je ne veux pas qu'ils se vexent,
21:00mais en fait, vous n'êtes pas devenu Brad Pitt du jour au lendemain, vous avez juste un participant rouge.
21:03Oui, d'ailleurs, vous parlez du syndrome Brad Pitt.
21:06Et ce n'est pas méchant et je ne veux pas qu'ils se vexent.
21:09C'est quoi ce syndrome Brad Pitt ?
21:11C'est que vous avez un passeport rouge et que la misère est telle dans certains pays
21:16que des jeunes filles sublimissimes, des déesses magnifiques, vous tournent autour, vous draguent
21:25et elles sont tellement fortes que les hommes y croient et je pense que tout le monde y croirait.
21:30Quand vous avez votre femme qui est à la maison, qui s'ennuie, dans certains pays, elle n'a pas
21:33le droit de travailler,
21:34donc elle peut ruminer toute la journée.
21:35Quand vous arrivez le soir, elle a envie de parler, vous n'avez pas envie, vous avez bossé comme un
21:38taré
21:39parce que vous devez faire aussi vos preuves, etc.
21:41Et que vous rentrez, on vous parle, on vous fatigue et que vous vous dites ça va,
21:46t'as une nanny, je te donne des sous, profite.
21:49Ouais, mais en fait, elle veut se sentir utile, elle veut travailler, elle veut faire quelque chose de ses journées.
21:53Et les premières disputes commencent, la première claque peut arriver assez vite.
21:58Et quand toute la journée, vous avez des déesses qui vous disent à quel point vous êtes beau, magnifique, merveilleux,
22:05certains cèdent, heureusement pas tous, certains cèdent.
22:09Mais c'est ça que je parle de syndrome en en disant, s'il vous plaît, essayez de faire attention
22:14parce qu'après, il y a des catastrophes aussi.
22:17Certains mariages, elles vous plombent, elles vous piquent tout.
22:20La famille de la jeune fille ou du jeune homme, parce que ça marche dans les deux sens, peut être
22:25violente.
22:26Moi, on a un retraité à Madagascar, grâce à un de nos élus conseillers des Français étrangers à Madagascar,
22:32ils l'ont sauvé, il était attaché dans une cabane dans le jardin,
22:36nourri juste ce qu'il fallait pour qu'il reste en vie,
22:38pour qu'elle puisse toucher la retraite parce qu'il avait une retraite confortable
22:41et elle vivait dans la maison avec toutes 15 personnes de sa famille.
22:43Enfin, c'est aussi tout ça, Français de l'étranger.
22:46C'est pas que je suis expat et ça va.
22:50Donc, le syndrome.
22:51Le syndrome Brad Pitt, l'acteur américain.
22:55Il sera content de la référence.
22:59Alors, quand on vit à l'étranger, on n'est pas forcément au courant de ses droits.
23:04Alors, quels conseils auriez-vous à donner à des expatriés
23:07qui se retrouveraient dans des situations de violence intrafamiliale ?
23:11Déjà, le consulat.
23:13On a, depuis 2019, des agents qui sont formés.
23:16Ce n'était pas le cas avant. Formés à la première écoute.
23:19Donc, vraiment important.
23:20Il y a quoi que ce soit, il faut aller au consulat.
23:22Il faut aller voir le site de l'ambassade et du consulat.
23:25Ce que moi, je n'ai jamais fait.
23:26Moi, depuis 2001, j'allais en Afrique, entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire.
23:29Je n'ai jamais de ma vie été sur le site internet de l'ambassade ou du consulat.
23:33Erreur. J'ai eu la chance de ne pas avoir du problème.
23:36Mais il faut aller consulter ses sites internet.
23:38Allez voir les élus.
23:39On a la chance d'avoir des élus locaux.
23:41Ce qu'on appelle les conseillers des Français étrangers.
23:43En fait, c'est l'équivalent des conseillers municipaux.
23:45Ils sont là pour vous.
23:46Et vous en avez dans tous les pays.
23:49Dans certains pays, ils peuvent être basés dans un pays
23:51puisqu'il n'y a pas assez de Français sur place.
23:52Mais en tout cas, vous avez accès à ces élus-là.
23:55Et après, vous avez vos députés et vos sénateurs.
23:57On répond.
23:57On répond à 99,9.
24:00100-200 mails par jour.
24:02On répond vraiment à 89% des mails.
24:05On répond.
24:06Et depuis, moi, j'ai fait des fiches.
24:09J'ai créé aussi plusieurs assos parce que je suis un peu une boulimique.
24:13Et une de mes associations qui s'appelle
24:15la Fédération internationale des bienfaisances et entraide des Français de l'étranger.
24:18La FIBRE.
24:20FDE pour francais-étranger.org
24:22Et là, il y a des guides pour les femmes battues.
24:26Il y a des guides pour les aides sociales.
24:29Parce qu'on est un des très rares pays au monde
24:32qui donne des aides sociales à l'étranger.
24:34Pour les enfants porteurs de handicap.
24:36Pour les personnes âgées.
24:37On peut avoir des aides d'urgence.
24:39Et des aides plus long terme.
24:43Et des guides sur la fiscalité.
24:45Enfin, voilà.
24:45J'ai mis du temps.
24:46Et puis, on peut avoir un passeport en 24 heures.
24:48Ah oui.
24:49Ça, c'est important.
24:50J'ai eu, en 2018 et en 2019, des femmes qui me disaient
24:53« Je suis bloquée.
24:55Mon mari a caché le passeport. »
24:56Donc, je dois prendre mon mal en patience.
24:59Non.
25:00Un passeport d'urgence.
25:01Alors, il faut se dire que dans un pays où il n'y a pas d'escale.
25:05Enfin, quand vous êtes dans un pays et vous pouvez venir en France sans escale.
25:07Donc, en vol direct.
25:08Le consulat peut faire un laissé-passer consulaire.
25:11Et s'il y a une escale, s'il faut passer par notre pays, on vous fait un passeport d
25:15'urgence.
25:15Donc, le laissé-passer consulaire, on peut le faire dans la journée.
25:17J'ai déjà eu des consulats exceptionnels qui m'ont fait ça dans la journée.
25:21Et le passeport d'urgence, on peut le faire en 24 heures.
25:23Donc, ça peut sauver des vies.
25:24Et il faut que les femmes ou les hommes, parce qu'il y en a, peu mais il y en
25:27a,
25:28pour fuir quand on n'a pas accès à son passeport.
25:30Il y a ces deux possibilités-là.
25:31Et puis, on peut citer la plateforme Sorority.
25:35Absolument.
25:35The Sorority Foundation, qui a mis en place Sevio.
25:38Voilà.
25:39De Priscilla Routier.
25:40Exactement.
25:41Qui a fait un travail exceptionnel depuis plus de six ans.
25:45Elle a une plateforme avec plus de 300 000 femmes qui s'entraident.
25:49Et des personnes qui répondent au téléphone, des instants sociales aussi,
25:53et des personnes formées à première écoute.
25:55Et surtout, dans un pays, il y a des femmes qui peuvent mettre à disposition
25:59un canapé, une chambre, une nuit, une semaine, un mois.
26:03Donc, il y a les femmes qui veulent aider et les femmes qui ont besoin d'aide.
26:06Donc, les deux existent sur cette plateforme et c'est une super plateforme.
26:09On mettra toutes ces données.
26:11Après, plusieurs autres existent.
26:12Je vous les enverrai aussi.
26:12C'est important.
26:13Il y a de la place pour tout le monde.
26:14Et tellement de malheurs, malheureusement.
26:17Et beaucoup se complètent.
26:18Et c'est intéressant d'avoir accès à ces plateformes.
26:20Ok.
26:20On mettra ces informations dans le podcast.
26:23Alors, Amélia, vous représentez 49 pays aux législations très différentes
26:28sur les droits des femmes.
26:29Comment abordez-vous ces questions dans des pays où le droit des femmes
26:33est parfois très éloigné de ce qu'on connaît en France ?
26:36Et comment êtes-vous considérée par ces gouvernements
26:39en tant que députée française ?
26:42Globalement, et je pense qu'il faut bien l'avoir en tête,
26:46la France est plutôt bien vue.
26:48Et c'est vrai que souvent, même avec mes collègues,
26:50la Commission des affaires étrangères,
26:51ils passent leur temps à se dénigrer.
26:53Et je pense qu'il n'y a pas plus que nous au monde
26:57à se dénigrer tout seul.
26:58Le French bashing, en bon français, qu'est-ce qu'on peut dire ?
27:02L'autoflagellation française, l'autocritique française.
27:06Elle est vraiment, je pense qu'on est les champions du monde là-dessus.
27:09Parce que j'ai la chance aussi, depuis le mois de mars,
27:12d'être élue à la tête de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
27:15C'est une organisation internationale de parlementaires
27:17qui regroupe 99 parlements du Canada au Cambodge
27:21et de la Suisse à la Côte d'Ivoire.
27:24Et donc je voyage encore plus à la rencontre de ces différents parlements.
27:29Et en fait, tous les pays dans le monde,
27:33tous ceux que j'ai rencontrés, tous ceux que j'ai vus
27:34ont une très bonne image de la France, attendent la voix de la France.
27:37Il y a eu des sujets, oui, à un moment donné,
27:41avec du boycott dans les pays arabes.
27:44Donc moi, j'y vais en général et j'essaie de faire
27:47ce qu'on appelle le service après-vote, le SAV.
27:49Et je vais dans les pays et je vois les dirigeants pour leur expliquer
27:53qu'en France, même, on a eu un cas au Bahreïn,
27:56quand la maire de Paris a décoré et a remis la...
28:00Anne Hidalgo.
28:01Anne Hidalgo a remis la surinité d'honneur à un opposant.
28:06Eh bien, ils ont annulé une visite d'État
28:09où beaucoup de contrats allaient être signés.
28:11L'ambassadrice avait travaillé pendant plus d'un an,
28:13a fait un travail extraordinaire.
28:14Ils ont annulé la visite d'État en pensant que forcément,
28:18le président de la République était d'accord ou au courant.
28:20Alors que j'ai dû leur expliquer, non, vous savez,
28:22en France, les maires font ce qu'ils veulent.
28:24À aucun moment, le président soit ne savait,
28:27ou peut-être qu'il savait, mais il ne peut pas du tout s'y opposer.
28:29Et la maire de Paris fait ce qu'elle veut.
28:31Elle donne la nationalité d'honneur ou ce qu'elle veut,
28:33la citoyenneté parisienne, ce qu'elle veut,
28:35ou un prix à qui elle veut quand elle veut.
28:38Maintenant, c'est sûr que quand on est ici
28:40et qu'on n'est pas tellement au courant de ce qui se passe ailleurs
28:42ou qu'on n'est pas très sensible à la géopolitique,
28:44on fait des choses et on ne sait pas qu'il y a des répercussions
28:47à l'autre bout du monde.
28:47Et là, peut-être qu'on a une carte à jouer sur la communication de crise.
28:54On arrive au terme de cet entretien.
28:56Alors, qu'est-ce que l'Amélia d'aujourd'hui dirait à Zezouna,
29:01la petite fille que vous étiez ?
29:06Ça va aller.
29:07Ça va aller super bien.
29:11Merci, Amélia Lacrafie, d'être passée dans Mutine.
29:14Vous pouvez retrouver cette entrevue sur la chaîne YouTube de RFI,
29:19sur nos réseaux sociaux et sur notre site rfi.fr.
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