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  • il y a 7 semaines
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00On reparlera évidemment de Quentin, 23 ans, lynché et dans un état désespéré, état de mort cérébrale.
00:07On y reviendra dans la dernière partie de l'émission.
00:10Mais Reda Belladj est avec nous, porte-parole du syndicat Police Unité Île-de-France.
00:16Et hier, Paris a été le théâtre d'une attaque terroriste, islamiste,
00:22avec une attaque au couteau en début de soirée, sous l'arc de triomphe.
00:26Un individu s'est précipité sur des gendarmes, obligé l'un d'entre eux à ouvrir le feu.
00:31L'assaillant a été mis hors d'état de nuire.
00:34Fort heureusement, aucun militaire n'a été blessé.
00:37Et je le disais, le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête.
00:40Je voudrais qu'on revoie les faits avec Christopher Philok.
00:45Les faits se sont déroulés aux alentours de 18h30, sous l'arc de triomphe,
00:49pendant le ravivage de la flamme du soldat inconnu.
00:52Selon les informations d'Europe 1, l'assaillant menace un premier gendarme avec un couteau.
00:57Il ne fallait pas tuer nos femmes et nos enfants.
01:00On va voir qui va triompher sous l'arc de triomphe, aurait-il dit,
01:03avant qu'un autre militaire ouvre le feu à quatre reprises.
01:06Aucun fonctionnaire n'a été blessé.
01:08L'assaillant, lui, touché au torse et à la jambe, n'a pas survécu.
01:13Selon les informations d'Europe 1, le suspect est défavorablement connu des services de police.
01:17Originaire de Seine-Saint-Denis, il était suivi par les services de renseignement au titre de la radicalisation.
01:25Il avait également une fiche MICAS, fiche administrative, pour surveiller les personnes radicalisées.
01:31Il devait notamment pointer quotidiennement dans un commissariat.
01:35L'assaillant était aussi connu de la police belge,
01:37après avoir attaqué deux policiers à Molenbeek en 2012.
01:41Il s'agit donc ce soir vraisemblablement d'une tentative d'attentat.
01:46Le parquet national antiterroriste annonce se saisir de l'affaire.
01:50Et quand on écoute attentivement Christopher Filoc, on est désespéré, Reda Belac.
01:56On a un individu qui a commis un attentat en 2012 en Belgique, de nationalité française.
02:04Il devait faire 17 ans de prison.
02:06Déjà, on se demande comment ça se fait qu'une personne qui commet un attentat,
02:09qui s'attaque à des policiers, ce n'est pas la perpétuité.
02:11Et comment il peut un jour remettre le pied dehors.
02:172017, ça nous emmène en 2029.
02:19Et finalement, il est libéré fin 2025,
02:22et on le retrouve deux mois plus tard,
02:24sous l'arc de triomphe, couteau à la main,
02:26pour s'en prendre à des forces de l'ordre.
02:28Je ne sais pas comment vous pouvez tenir au quotidien
02:32dans une situation comme celle-ci, Reda Belac.
02:36Écoutez, c'est toujours un peu, malheureusement, les mêmes refrains.
02:40C'est-à-dire que nous, on nous donne des instructions, on les suit,
02:44on essaye au maximum de mettre des dispositifs en place
02:49par rapport aux outils qui nous sont mis à notre disposition.
02:51Et c'est là que le bas blesse, si je puis dire,
02:54et qu'il y a...
02:55Moi, je note au moins trois dysfonctionnements.
03:00Déjà, au niveau de mi-casse,
03:02l'individu devait pointer à 10 heures,
03:03ce qu'il n'a pas fait.
03:05Moi, ce qui je trouve pas normal,
03:07et je l'ai appris parce qu'avant d'aller sur un plateau,
03:09je prends...
03:10Prenez les infos, bien sûr, comme à chaque fois.
03:12Voilà, des services de renseignement ou autre.
03:13Mais en tout cas, ce que je sais, c'est que...
03:15Ou dans le nez sous bois,
03:16ce qui est le cas, là, pour le coup,
03:17il devait pointer à mon nez sous bois.
03:19Et je me rends compte que moi,
03:20quand j'étais sur VP, il y a quelques années...
03:22Ça veut dire quoi VP ?
03:23Voix publique.
03:24C'est-à-dire que quand j'étais chef de poste
03:26et qu'un individu poitait, il signait, et puis voilà.
03:29Et je regarde, je vois ça aujourd'hui.
03:31On est en 2026.
03:32Un individu, quand il pointe, il signe encore.
03:34Alors qu'aujourd'hui,
03:35si vous mettiez un dispositif en place
03:38qui permet une signature électronique via un réseau,
03:41on saurait que cet individu, à 10 heures,
03:43il n'a pas pointé.
03:44Et du coup, deuxième dysfonctionnement,
03:47je viens dessus,
03:48cet individu, donc, il est assujetti à rester sur Aulnay.
03:53Il n'a pas le droit de quitter Aulnay.
03:54Il a réussi à quitter Aulnay.
03:56Et vous savez pourquoi il a quitté Aulnay ?
03:59Pour aller voir son psy.
04:01Dans le cadre de sa réinsertion,
04:03son dispositif de réinsertion,
04:04il a été à Paris.
04:05Il avait rendez-vous aux alentours de 15 heures.
04:08Donc déjà, ça, c'est le deuxième dysfonctionnement.
04:10Donc entre 10 heures et 15 heures,
04:11on n'a pas pu le gérer.
04:12Si c'était, à mon sens,
04:13je ne suis qu'un simple syndicaliste,
04:15mais si on avait eu...
04:17Si mes collègues des renseignements avaient l'info
04:19comme quoi, à 10 heures,
04:20ils n'avaient pas pointé,
04:21tout de suite, immédiatement,
04:23plus rapidement,
04:23on aurait peut-être pu le géolocaliser avant.
04:27La troisième chose,
04:28c'est qu'il faut savoir que ces individus,
04:30quand ils sortent de prison,
04:32et qu'on sait qu'ils sont encore radicalisés,
04:34ils sont pris en charge
04:35dans le cadre du dispositif Perse,
04:38qui est un programme d'accueil individualisé
04:40et de réaffiliation sociale.
04:42Donc qui est...
04:43Avec le nom, il est compliqué,
04:44et on sent que ça ne sert à rien,
04:45si vous voulez.
04:46Et c'est vous qui...
04:47Enfin, c'est nous qui payons nos...
04:48des impôts,
04:49et qui payons ce dispositif-là.
04:51Dans le cadre de ce dispositif-là,
04:52vous prenez...
04:53Je crois que c'est la majorité des individus
04:55qui peuvent prévaloir à ce dispositif-là,
04:59et à qui on impose quand ils sortent de prison,
05:01sont radicalisés.
05:02C'est-à-dire que vous mettez,
05:04je ne sais pas moi,
05:05une cinquantaine d'individus
05:06qui sont radicalisés,
05:08en lien,
05:09tout le temps, en fait.
05:10Et donc, comment voulez-vous
05:12les déradicaliser ?
05:14Alors, ils font des sorties en musée,
05:15ils font des sorties récréatives,
05:18pour se réinsérer.
05:20Ça, c'est pas dans mes prérogatives
05:22de juger ça.
05:23C'est pour ça que j'ai commencé
05:24en vous disant que c'est désespérant.
05:26Je ne dénonce pas le dispositif,
05:27mais j'ai dit à un moment,
05:29quand vous avez des choses,
05:30des dispositifs,
05:31des outils que vous mettez
05:33à la disposition de ces individus,
05:34et que vous voyez qu'ils ne fonctionnent pas,
05:36ce qui est le cas aujourd'hui,
05:37parce que ce n'est pas la première fois,
05:38il faut revoir ce dispositif.
05:40C'est pour renverser la table.
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