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  • il y a 3 jours
Energie, climat, compétitivité industrielle… L'Europe peut-elle prendre l'avantage sur les Etats-Unis et la Chine ?

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00:03Générique
00:07Et ravi, comme chaque samedi matin, de vous retrouver pour les informés de l'éco,
00:11votre débat autour de l'actualité économique de la semaine avec vous, Emmanuel Cuny.
00:15Bonjour mon cher Emmanuel.
00:16Bonjour Adrien, bonjour à tous.
00:18Je salue également deux habitués des informés de l'éco.
00:21Bonjour Anne-Sophie Alsif.
00:22Bonjour.
00:22Et merci d'être avec nous, enseignante en économie à la Sorbonne,
00:25chef économiste de la Société d'études BDO France.
00:27Et bonjour Pierre Jaquet.
00:28Bonjour.
00:28Vous êtes membre du Cercle des économistes, professeur d'économie internationale à l'École nationale des ponts et chaussées.
00:35On va se poser une question, Emmanuel Cuny, ce matin.
00:38L'Europe peut-elle prendre l'avantage sur les États-Unis, sur la Chine,
00:43que ce soit dans le domaine de l'énergie, que ce soit dans le domaine de la compétitivité ?
00:47Oui, il en a été question cette semaine, précisément au milieu de semaine en Allemagne.
00:52Les 27 pays états membres, les 27 dirigeants des pays européens se sont réunis pour
00:57mettre en œuvre, ont-ils dit, des réformes pour redresser la compétitivité de leur économie.
01:03Alors on sait que les difficultés structurelles peinent à encourager, je dirais,
01:09le développement industriel aujourd'hui en France, avec toutes les conséquences sur la croissance et l'emploi.
01:15Donc comment faire pour sortir enfin des incantations et pour passer aux actes ?
01:20Alors on peut se dire, oui, la Commission européenne des 27 se penche au chevet de notre compétitivité.
01:26Il est bien temps de le faire.
01:27Donc voilà, on aurait pu peut-être s'y attaquer avant.
01:30Mais tout ça, on le fait finalement dans des économies qui ne se portent pas si mal
01:35quand on regarde les derniers chiffres publiés cette semaine.
01:37On voit que, par exemple, les exportations européennes ont progressé de 2% l'année dernière.
01:44Et puis pour ce qui est de la France, le déficit de notre balance commerciale s'est replié de 10
01:50milliards d'euros.
01:50On est passé en dessous de 70 milliards de déficit.
01:53Donc ce n'est pas si mauvais que ça.
01:54Maintenant, il faut voir comment on peut transformer l'essai avec, en fond de décor, l'énergie, le climat, etc.
01:59On va aborder tous ces sujets. Vaste programme, Anne-Sophie Alcif.
02:02Déjà, effectivement, Emmanuel Cunni le disait, posons les bases.
02:05Quand on parle de compétitivité européenne, et j'allais même dire de compétitivité française,
02:09l'Europe est-elle, oui ou non, compétitive ?
02:11Oui, on reste compétitive aujourd'hui. Pourquoi ?
02:14Parce que déjà, on a de grands pays industriels.
02:16En premier, l'Allemagne, l'Italie. En troisième, la France.
02:19On est beaucoup plus désindustrialisés que l'Allemagne et l'Italie.
02:22Et dans certains secteurs, on reste très fort.
02:25On en a parlé pendant les droits de douane.
02:27On a quand même l'agroalimentaire, on a encore l'automobile, on a la pharmacie, on a l'aéronautique.
02:33On a l'énergie décarbonée, le nucléaire, qui est un atout formidable.
02:37Donc, on a beaucoup de secteurs où on a encore un grand savoir et une grande valeur ajoutée.
02:41Le problème, c'est qu'une fois qu'on a dit ça, ce n'est pas la question.
02:43La question, c'est par rapport à.
02:46Et le problème, c'est que par rapport à, et bien sûr, Chine, États-Unis,
02:50aujourd'hui, on a une compétitivité, quand on regarde sur le moyen long terme,
02:54parce que le but, c'est quand même de se projeter.
02:55Oui, ce n'est pas dire maintenant, c'est plutôt après.
02:57Dans un contexte où on a des problèmes de souveraineté qui sont importants,
03:01parce qu'on voit que la position américaine en termes de défense est différente
03:04et qu'on a également la menace russe.
03:05Donc, c'est ça, en fait, le sujet.
03:07C'est vrai que quand on regarde l'Europe, on ne se porte pas si mal.
03:10On n'est pas dans la fin de l'Europe, etc.
03:12Pas du tout.
03:13On est sur nos acquis, en fait.
03:14On est sur nos acquis.
03:15Et donc, on a un défi.
03:16C'est-à-dire qu'où on reste comme ça et on va continuer de chuter,
03:19de se paupériser par rapport à la Chine et aux États-Unis,
03:22on réagit pour rester, en effet, une grande puissance.
03:25Pierre Jacquet, vous diriez qu'on est à un moment de bascule,
03:28en quelque sorte, sur le plan industriel, sur le plan de la compétitivité ?
03:31Je n'aime pas trop l'expression « moment de bascule »
03:33parce que ça suggère qu'il y a une date fatidique.
03:37Mais je crois que c'est un moment, en effet,
03:40de définition un petit peu historique du projet européen
03:44parce que le projet européen de la création de l'Europe,
03:46il est devenu obsolète et il faut le renouveler.
03:49Et je dirais, ce qui me gêne un petit peu dans les débats,
03:52c'est qu'on a l'air de vouloir l'emporter sur la Chine
03:55ou les États-Unis ou l'autre.
03:56Je crois que ce n'est pas le sujet.
03:57Le sujet, c'est comment assurer le niveau de vie des pays européens
04:02autour d'un projet européen de valeur.
04:03Et ça, on peut le faire sans l'emporter sur la Chine,
04:06sans l'emporter sur les États-Unis ?
04:08Ce n'est pas une guerre, le commerce.
04:11Je suis en déficit permanent avec mon boulanger.
04:13Ce n'est pas ça qui m'empêche de vivre.
04:15Donc ce qu'il faut regarder, c'est l'ensemble de l'économie.
04:20Et il manque ce projet européen
04:23qui doit déposer un sur des valeurs.
04:25Et dans ces valeurs, il y a l'environnement.
04:27Et ça, ça nous distingue beaucoup des autres pays.
04:29Donc on peut, entre guillemets, l'emporter sur ces questions-là.
04:32Donc une zone qui s'entend autour de valeurs communes,
04:36de systèmes d'innovation.
04:38Parce qu'en fait, ce qu'on appelle compétitivité derrière,
04:42c'est plutôt la productivité des entreprises qui compte.
04:44Et le facteur de productivité clé, ça va être l'innovation.
04:48Et puis ensuite, il ne faut pas oublier que l'innovation,
04:50elle ne marche que si elle est diffusée
04:52et que si elle est acceptée par le corps social.
04:54Donc il y a un problème aussi de cohésion sociale
04:56et de contrat social.
04:57Ce sont les trois dimensions qui me paraissent aujourd'hui
05:00essentielles pour l'Europe.
05:00Alors, quand on fasse référence à la Chine
05:03ou aux États-Unis comme menace potentielle,
05:05très bien, ça peut nous aider à agir.
05:07Mais l'action, elle doit venir de nous d'abord.
05:09Alors, sur la compétitivité, vous allez rajouter quelque chose,
05:11Anne-Sophie Altif ?
05:12C'est sûr qu'elle doit venir de nous.
05:13Mais c'est vrai que quand on regarde notamment par rapport à la Chine,
05:15on voit l'excellent rapport du haut commissariat au plan
05:18sur justement l'impact de la concurrence chinoise
05:20sur l'industrie européenne.
05:22Le problème, c'est qu'en face de nous,
05:23on a des masses d'investissements qui sont absolument gigantesques,
05:27qu'on n'a jamais vus.
05:28Et puis surtout, quand on voit la Chine...
05:30Y compris des investissements étatiques, souvent ?
05:33Pour la Chine, c'est vraiment le cas.
05:35Et donc, on est dans des pertes de compétitivité.
05:38On parle de 30-40%.
05:39Donc, on n'a jamais vu ça.
05:40Et donc là, même si on fait, si vous voulez,
05:43les entreprises jouent toutes les règles, etc.
05:46C'est déjà ce qu'elles font.
05:47On est dans, on va dire, un modèle qui est tellement nouveau
05:50et de déséquilibre.
05:51On voit, la Chine, dans plein de secteurs,
05:53peut avoir jusqu'à 80% de parts de marché.
05:55Ça ne s'est jamais vu depuis le début du capitalisme.
05:57Quel secteur, par exemple ?
05:58Donc, les fameux semi-conducteurs,
06:00les voitures auto, on n'est pas encore, mais presque.
06:03Donc, on sait ça, en fait, le sujet.
06:05Donc, le sujet, à mon sens,
06:06c'est beaucoup plus de parler d'un rééquilibrage.
06:08Et encore une fois, l'Europe ne veut pas gagner
06:09par rapport à la Chine des États-Unis.
06:11Elle veut juste rester dans le commerce
06:12et pouvoir commercer dans le jeu tranquillement.
06:15Emmanuel Cuny, comment, justement,
06:16on peut agir sur cette question de la compétitivité ?
06:19Alors, il y a les politiques qui ont leur avis
06:21sur la question, pas forcément,
06:22même parfois pas du tout en adéquation
06:24avec les vrais acteurs de terrain
06:26qui ont, je dirais, les mains dans le cambouis
06:27que sont les patrons et les chefs d'entreprise.
06:29Un exemple, Idam Kadri,
06:32qui est l'ancienne patronne de l'industriel Solvay,
06:35du Conseil européen de l'industrie chimique.
06:37Madame Kadri appelle à une préférence européenne
06:40ciblée, tout en mettant en garde
06:42contre le piège du protectionnisme, justement.
06:45Alors, le Haut-Commissariat,
06:47et Anne-Sophie Alsif en parlait,
06:49vient de publier, il y a quelques jours,
06:51un rapport très intéressant
06:52sur la différence de compétitivité
06:54entre la Chine et l'Europe.
06:56Et on voit, effectivement,
06:57que les produits chinois à qualité égale
07:00sont 30 à 40% moins chers que la France.
07:02Donc, le Haut-Commissariat au plan
07:05et à la stratégie,
07:06ancien France Stratégie,
07:08aujourd'hui le Haut-Commissaire,
07:09c'est Clément Beaune,
07:10eh bien, que propose Clément Beaune,
07:11tout simplement,
07:13d'imposer des droits de douane
07:14de 30% sur les produits importés de Chine.
07:17Voilà, rêve ou réalité.
07:18Alors, est-ce que, Pierre Jacquet,
07:21la solution, quand même,
07:22même si on s'en défend, semble-t-il,
07:24dans ce que vient de nous dire Emmanuel Cuny,
07:25la solution n'est pas aussi
07:26une forme de protectionnisme européen ?
07:28Oui, mais bien entendu,
07:29à condition que ce protectionnisme
07:30soit géré de façon pragmatique
07:32et justifié.
07:32Donc, dans ces écarts de coups
07:33avec la Chine,
07:34il faut regarder d'où ils viennent.
07:35S'ils viennent du non-respect
07:36par la Chine de normes
07:38auxquelles les Européens tiennent,
07:39qui sont des normes sociales
07:40ou environnementales, par exemple...
07:41Mais oui, je pense que c'est largement le cas.
07:43Donc, c'est important.
07:45Mais surtout, le point important
07:47sur le protectionnisme,
07:48c'est qu'il faut qu'il soit biodégradable.
07:52Il faut qu'il soit temporaire.
07:53Parce que sinon,
07:54il enlève les incitations à innover.
07:57Et donc, je crois qu'il faut...
07:58C'est une forme de protectionnisme
08:00éducatif, comme on dit...
08:00C'est du protectionnisme d'avenir.
08:02C'est du protectionnisme
08:02qui doit nous permettre
08:04de mettre en place
08:05des stratégies d'innovation.
08:06Et surtout,
08:07ce n'est pas du protectionnisme
08:08qui est fondé sur le passé.
08:11Il ne s'agit pas de protéger
08:12des secteurs
08:13où la bataille a déjà eu lieu.
08:15Il faut préparer
08:16les stratégies industrielles de demain.
08:17Pardon, si on dit les choses
08:19et ce n'est pas forcément facile
08:20à entendre,
08:21mais si on parle, par exemple,
08:22d'industries peut-être
08:23comme Brandt,
08:24comme des industries comme ça,
08:25c'est très compliqué.
08:26Ce n'est pas forcément indispensable
08:27de les protéger,
08:28parce que, de toute façon,
08:29l'avenir n'est plus là.
08:30Il faudra que ces entreprises
08:31trouvent le moyen
08:32de changer et d'innover.
08:33Et c'est possible.
08:35Donc, voilà.
08:35Je crois qu'il ne faut pas chercher
08:36à protéger des activités.
08:39Il faut protéger la capacité
08:41d'innover pour le futur.
08:42Et ce sont deux approches
08:43du protectionnisme
08:43très différentes.
08:44Moi, je suis assez en faveur,
08:45aujourd'hui,
08:46d'un protectionnisme
08:47autour d'une préférence communautaire,
08:49à condition qu'elle soit conçue comme ça.
08:51Et pour que ça passe
08:52et que ce soit crédible,
08:53il faut un projet européen.
08:54Alors, pardon, Anne-Sophie Alsif,
08:55mais quand on entend
08:56l'idée de droit de douane
08:57sur la Chine,
08:59le problème,
08:59c'est que tous les Européens
09:00n'ont pas les mêmes intérêts.
09:01On dit toujours,
09:02c'est un peu la caricature,
09:04mais on dit toujours
09:04les Allemands veulent vendre
09:05des voitures,
09:06les Français veulent vendre
09:06de l'agriculture.
09:08Et les Allemands,
09:09parce qu'ils n'ont pas
09:10les mêmes intérêts,
09:11on se rappelle de l'accord
09:12avec le Mercosur,
09:13vont défendre quelque chose
09:14et nous, autre chose.
09:15Elle est peut-être là,
09:16la difficulté aussi.
09:16La difficulté, en effet,
09:18alors là,
09:18ce qui est intéressant
09:18dans le rapport,
09:19c'est qu'on voit
09:19que la première victime
09:20de cette concurrence,
09:21c'est l'Allemagne,
09:22ce n'est pas nous.
09:23Donc là aussi,
09:24il faut aussi le rappeler,
09:25en termes d'emploi,
09:26ça a des conséquences.
09:27Dans l'automobile,
09:28c'est 14 millions de personnes
09:30qui travaillent.
09:31Donc là,
09:31on ne parle pas
09:32du micro-secteur,
09:33on ne parle pas
09:33d'impact micro
09:35qui sont secondaires,
09:36c'est un impact
09:38qui est majeur
09:38et qui va avoir
09:39des conséquences.
09:40Donc après,
09:40voilà,
09:40quand, comment.
09:41Mais là,
09:41ce qui est assez intéressant,
09:42c'est qu'en effet,
09:43l'Allemagne est en première ligne.
09:45Donc là,
09:45ça va être intéressant
09:46de voir comment ils réagissent.
09:47Bien sûr,
09:48traditionnellement,
09:48ils étaient contre
09:48tout ce qui était protectionniste
09:50pour justement continuer
09:51à vendre,
09:52à échanger.
09:53Mais là,
09:53c'est vrai qu'on voit
09:54que la concurrence
09:54est vraiment très,
09:55très importante.
09:56Juste pour nuancer
09:57sur les aspects d'innovation,
09:58bien évidemment que c'est important
10:00de soutenir
10:01les secteurs innovants.
10:02Mais je pense qu'il ne faut pas
10:04rester que là-dessus.
10:05Qu'est-ce qui fait la forme
10:05de la Chine ou de l'Allemagne ?
10:07L'Allemagne,
10:07c'est parce qu'elle a plein
10:08d'entreprises à taille intermédiaire
10:10qui sont autant spécialisées
10:11dans les brosses à dents
10:12que dans les machines outils.
10:14Et donc,
10:14vous avez vraiment
10:15un tissu productif
10:16qui est très important,
10:17qui est très développé,
10:18quels que soient les secteurs,
10:20qui permet,
10:20un,
10:21quand il y a de la commande européenne,
10:22de pouvoir avoir
10:23l'offre qui est en face.
10:24Souvent,
10:24en France,
10:25on dit,
10:25on voudrait faire la préférence.
10:26Mais souvent,
10:27on nous dit,
10:27il n'y a pas d'offre.
10:28Donc, je veux bien,
10:29mais je ne peux pas.
10:30Et en plus,
10:31de structurer l'emploi
10:32sur tout le territoire.
10:33Parce que ces fameuses entreprises
10:35de taille intermédiaire,
10:36quand elles sont
10:37sur les territoires,
10:38que ce soit en Allemagne
10:38ou en France,
10:40un emploi
10:40dans ces entreprises
10:42industrielles
10:42de taille intermédiaire,
10:43c'est trois emplois
10:44dans les services.
10:45Donc,
10:45si vous voulez
10:46remayer vos territoires,
10:47avoir du savoir-faire
10:48et avoir de la valeur ajoutée,
10:49c'est indispensable.
10:50Donc,
10:50il faut faire aussi attention
10:51en disant,
10:51on sacrifie des secteurs
10:53par rapport à d'autres.
10:54Je pense que ce n'est pas ça.
10:55Il faut rester important.
10:56ce n'est pas du court terme.
10:57Ça,
10:57c'est du très long terme.
10:59C'est le très long terme.
11:01Mais là,
11:02l'enjeu
11:03n'est pas beaucoup plus important.
11:05Il a toujours été
11:05parce qu'en plus,
11:06on a cette question
11:07de souveraineté
11:08et qu'on a cette question
11:08de valeur ajoutée
11:09et de savoir-faire
11:10sur les territoires.
11:11Et donc,
11:11si on les perd,
11:12ça peut vraiment avoir
11:13un impact énorme
11:14sur l'emploi
11:15et des impacts
11:16beaucoup plus massifs.
11:17Alors,
11:18parmi nos forces,
11:19peut-être en tout cas,
11:20il y a l'énergie
11:21et c'est notre deuxième sujet
11:23juste après l'info
11:24en une minute.
11:24Il est 10h moins 10
11:25et voici Sarah Ders.
11:27Nous voulons
11:28que l'Europe soit forte.
11:30Nous croyons
11:30que l'Europe peut survivre.
11:32Les mots ce matin
11:32de Marco Rubio
11:33depuis Munich
11:34et la conférence
11:35sur la sécurité.
11:36Le chef de la diplomatie américaine
11:38ne croit plus
11:39en l'ordre mondial d'avant.
11:41Le parquet antiterroriste
11:43en quête
11:43après l'attaque au couteau
11:45hier à Paris.
11:46L'assaillant présumé
11:47est mort.
11:47Les gendarmes
11:48lui ont tiré dessus
11:49alors que cet homme
11:50de 47 ans
11:51tentait de les agresser
11:52place de l'étoile
11:53avec un couteau.
11:54Lourd passé judiciaire
11:56pour ce Français
11:57condamné en Belgique
11:58à 17 ans de prison
11:59pour avoir agressé
12:00deux policiers
12:01à Bruxelles.
12:02Après la tempête
12:03Nils,
12:03182 000 foyers
12:05toujours privés
12:06d'électricité ce matin.
12:07Le Lotte-Garonne
12:08agiront-de
12:08en vigilance rouge au cru.
12:1013 départements
12:11de l'Ouest
12:12restent en orange.
12:13C'est un épisode
12:14de cru généralisé.
12:16La chanteuse québécoise
12:17Charlotte Cardin
12:18est le rappeur
12:19This Is Sacré.
12:20Meilleure artiste
12:21de l'année
12:22aux victoires
12:22de la musique.
12:23La Boss Lady
12:24Théodora remporte
12:25quatre trophées
12:26dont le meilleur album.
12:30France Info
12:31Les informés
12:34de l'écho
12:34Emmanuel Cuny
12:36Adrien Beck
12:38Et toujours avec
12:39Anne-Sophie Alsif
12:40enseignante en économie
12:41à la Sorbonne
12:41et Pierre Jaquet
12:42professeur d'économie
12:43internationale
12:44à l'école nationale
12:45des ponts et chaussées.
12:46Tiens, on l'entendait.
12:47Nous voulons que l'Europe
12:48soit forte
12:49disait il y a quelques minutes
12:51Marco Rubio
12:52le secrétaire d'État américain.
12:53Bon, c'est vrai qu'on n'a pas
12:54toujours semblé flagrant
12:55de la part de Donald Trump
12:56ces derniers mois.
12:57Eh bien, on s'intéresse
12:58justement à la manière
12:59donc sur le plan économique
13:01le plan de la compétitivité.
13:02Emmanuel Cuny
13:03l'Europe peut être forte.
13:04Oui, alors peut-être
13:05en levant les barrières
13:06qui sont autant de freins
13:07à l'activité économique
13:08réduire l'empilement
13:09des réglementations
13:11tout cela vaut
13:13effectivement à court
13:14moyen et long terme.
13:16Alors les 27 pays membres
13:17de l'Union
13:18veulent avancer
13:19avec chacun évidemment
13:20des spécificités
13:21vous le disiez
13:22dont la France
13:22avec ce fameux
13:23cette fameuse PPE
13:25ce plan pluriannuel
13:27de l'énergie
13:28présenté cette semaine
13:29par Sébastien Lecornu
13:30et qui est passé
13:31dès hier matin
13:32par décret
13:32au journal officiel
13:33c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu
13:34de débat à l'Assemblée nationale
13:35ce qui peut poser
13:36un petit problème démocratique.
13:38Alors cette programmation
13:39entend répondre
13:40d'ici à 2035
13:41aux enjeux
13:43de souveraineté
13:43de décarbonation
13:44de la France
13:45en deux mots
13:46parmi les pistes
13:47il y a la relance
13:47de la consommation
13:48de l'électricité décarbonée
13:50avec bien sûr
13:51le nucléaire
13:52en remplacement
13:52des énergies fossiles
13:53qui sont coûteuses
13:54à importer
13:55et il acte aussi
13:57un moindre déploiement
13:58de l'éolien terrestre
14:00et du solaire.
14:01Voilà un débat
14:02qui est ouvert
14:03et qui va faire
14:04vraiment polémique.
14:04Un mot peut-être
14:05Pierre Jaquet
14:06pour commencer
14:06sur cette PPE
14:08programmation pluriannuelle
14:09de l'énergie
14:10ça peut paraître
14:10un peu du chinois
14:11pour qui n'est pas dedans
14:14qu'est-ce que vous en pensez
14:16est-ce que c'est
14:17une clé
14:17pour peut-être
14:18gagner en compétitivité
14:20orienter
14:21les investissements
14:22dans les énergies
14:23de la manière
14:23dont c'est prévu
14:24moins d'éolien
14:25plus de nucléaire ?
14:26Bien entendu
14:27c'est une clé importante
14:28parce que l'énergie
14:29on en a besoin
14:30pour toutes les dimensions
14:32de la production industrielle
14:34et de la croissance économique
14:35et donc l'accès à l'énergie
14:37est un facteur très important.
14:38Alors cette PPE
14:39il était temps qu'elle sorte
14:42on voit
14:43c'est vrai
14:43des critiques
14:44sur le fait
14:45qu'il n'y a pas eu de débat
14:45mais enfin
14:46il y a eu un débat
14:46depuis plusieurs mois
14:48un débat y compris
14:49entre les différents partis
14:51mais pas de débat
14:51au Parlement
14:52il est vrai
14:53que le Parlement
14:53nous a montré récemment
14:54qu'il était capable
14:55d'avoir un débat serein
14:56sur des questions de fond
14:57et d'arriver à des compromis
15:00donc moi je pense
15:01qu'à un moment donné
15:02il fallait que cette PPE
15:02Quand de beaux termes
15:03ces choses là sont dites
15:06Non mais je crois
15:07qu'il était très important
15:08que cette PPE sorte
15:10nous l'avons
15:11elle est sûrement imparfaite
15:12mais c'est un instrument
15:14de travail
15:14tout à fait fondamental
15:15alors ensuite
15:16on dit que
15:17le nucléaire va se déployer
15:19au détriment
15:19d'un ralentissement
15:21de l'éolien
15:22et du solaire
15:23moi c'est pas ce que je vois
15:24dans la PPE
15:24je ne lis pas ça
15:26il y a un ralentissement
15:28par rapport à ce qui était
15:29prévu avant
15:30mais c'est un ralentissement
15:31qui est aussi fondé
15:32sur une observation
15:32d'évolution de la consommation
15:34et donc c'est un réajustement
15:35on verra
15:36de toute façon
15:37on veut électrifier
15:38si on veut électrifier
15:38il faudra plus d'électricité
15:39donc ça bénéficiera aussi
15:42au solaire
15:42et à l'éolien
15:44et justement
15:46électrifier
15:46au moment où
15:47les Etats-Unis
15:48Anne-Sophie Alsif
15:49eux
15:50se repenchent
15:51encore un peu plus
15:52vers les énergies fossiles
15:55est-ce que
15:56on a raison
15:57est-ce que l'Europe
15:57a raison de miser
15:58sur cette électrification
15:59oui complètement
16:00là justement
16:01on vous dit
16:02Trump c'est ce qu'il met
16:03dans ses tweets etc
16:03quand vous regardez
16:04vraiment les investissements
16:05dans ces secteurs
16:06que soit la Chine
16:07alors la Chine en premier
16:08qui continuait massivement
16:09décarboner son économie
16:11donc là c'est vraiment
16:11les leaders
16:12et ils continuent énormément
16:14et les Etats-Unis
16:15vous allez en Californie
16:16d'autres Etats
16:17vous avez des programmes
16:18de financement
16:19de l'énergie décarbonée
16:20qui continuent
16:21surtout qu'il y a quand même
16:21l'impact
16:23l'impact de l'intelligence artificielle
16:25avec des besoins d'énergie
16:26qui sont absolument énormes
16:28donc il y a en effet
16:29la communication
16:30et puis il y a l'effet
16:31et ces programmes
16:32ça fait des années
16:33des années qui durent
16:34quels que soient
16:34les échanges démocratiques
16:35donc c'est pour ça
16:36il faut faire toujours
16:37attention à ça
16:38il y a vraiment
16:38cette politique industrielle
16:40de moyen et long terme
16:40et les Etats-Unis
16:41sur l'énergie
16:42parce qu'ils savent
16:43à quel point
16:43il y a une compétence essentielle
16:45sont et ont des variables
16:47qui restent très importantes
16:48dans le temps
16:48et puis il nous reste
16:49très peu de temps
16:50Emmanuel Cunni
16:50mais il y a toujours
16:50le sujet
16:51le serpent de mer
16:52pardonnez-moi
16:53pour le cliché
16:55mais c'est la dette
16:56oui alors très rapidement
16:57le président Emmanuel Macron
16:59a proposé cette semaine
17:00de créer des eurobonds
17:01c'est-à-dire de créer
17:02un peu comme
17:02alors je grossit le trait
17:04mais comme les actions
17:05à la bourse
17:05on donne
17:07et on vend sur le marché
17:08des titres de dette
17:09mais là
17:10on mutualiserait
17:11la dette européenne
17:12c'est-à-dire que les pays
17:13n'auraient pas à rembourser
17:14indépendamment
17:14c'est un peu technique
17:15on pense que ça intéresse
17:16la France
17:16alors ça intéresse la France
17:17mais l'Allemagne a déjà dit
17:18le chancelier Merz
17:20on n'en veut pas
17:20c'est infaisable
17:22en quelques mots
17:23rien n'est infaisable
17:24tout peut évoluer
17:25et je crois que le point clé
17:27c'est le besoin d'investissement
17:28en Europe aujourd'hui
17:29aussi bien besoin d'investissement privé
17:31que besoin d'investissement public
17:32or on a des contraintes budgétaires énormes
17:34donc essayer de trouver un moyen
17:37d'avoir un programme d'investissement
17:39qui doit être massif
17:40en Europe aujourd'hui
17:42ça suppose une réflexion
17:43qui peut en effet passer
17:44par des eurobonds
17:45alors on verra ce que ça donne
17:46on peut imaginer que les Allemands
17:48Anne-Sophie Alcif
17:48Oui mais les Allemands
17:49sont en train de changer aussi
17:50parce qu'ils ont des enjeux différents
17:52on l'a vu
17:55ils sont victimes
17:56d'une grande concurrence internationale
17:58donc ils vont avoir intérêt
17:59le problème aujourd'hui de la France
18:00c'est en effet
18:01entre son déficit
18:02et le fait qu'elle soit désindustrialisée
18:04c'est vrai qu'on a plutôt
18:05un axe Italie-Allemagne
18:07qui sont aujourd'hui
18:07les deux premières puissances industrielles
18:09en Europe
18:09ce qui n'est pas le cas de la France
18:10Merci beaucoup Anne-Sophie Alcif
18:12enseignante en économie
18:13à la Sorbonne
18:13chef économiste
18:14la Société d'études BDO France
18:16Merci Pierre Jaquet
18:17membre du cercle des économistes
18:18et professeur d'économie internationale
18:20à l'école nationale des ponts et chaussées
18:22et merci bien sûr
18:23Emmanuel Cuny
18:24restez sur France Info
18:25Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Radio-Canada
18:28Merci à mes Tipeurs et sous-titrage Société Radio-Canada
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