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  • il y a 12 minutes
Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, alors que plusieurs figures de droite se sont déjà lancées dans la course. Y a-t-il trop de candidatures à droite ? Y a-t-il une « obsession présidentielle » ? Franz-Olivier Giesbert, journaliste, éditorialiste et observateur de la vie politique, auteur de « Voyage dans la France d'avant » (éd Gallimard) est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 13 février 2026.

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Transcription
00:02Un de plus, un de plus, la France a un nouveau candidat à la présidentielle, le patron des Républicains Bruno
00:09Retailleau s'est déclaré hier soir, si on fait les comptes, on est à 22 hommes ou femmes de la
00:16France Insouvise au Rassemblement National déclarés, intéressés ou en tout cas dans les starting blocks alors qu'on est à
00:2314 mois de l'échéance.
00:25Bonjour François-Olivier Gisbert, éditorialiste politique, auteur de votre dernier ouvrage qui s'appelle Voyage dans la France d'avant
00:32chez Gallimard, quand vous entendez cette petite présentation, est-ce que vous vous dites, vous aussi, que cette obsession pour
00:39l'Elysée les rend tous et toutes fous ?
00:42Ça c'est une bonne question parce qu'en fait ça rappelle une phrase de Pompidou, ça a un lien
00:49avec évidemment ce qui s'est passé hier avec l'annonce de Bruno Retailleau, qu'ils disent toujours pour être
00:53président il faut être fou.
00:54Alors il y a ceux qui sont trop fous, ceux qui sont un peu fous, mais ils sont tous fous.
00:59Et Retailleau est un peu différent parce que lui il n'est pas fou.
01:02Et c'est ça qui est assez étonnant d'ailleurs, on l'a vu dans sa présentation, très sobre.
01:05Parce qu'il dit qu'il ne pense pas matin, midi et soir, mais ce n'est pas vraiment pour
01:08des difficultés.
01:08Voilà, très sobre, c'est pas du tout le...
01:10Il y avait hier un côté petite chose, vous voyez ce que je veux dire ?
01:14Il n'y a pas d'envolée lyrique, il n'y a pas de...
01:17Voilà, on ne part pas dans les tours, et c'est...
01:19Et puis il répond comme ça à chaque question consciencieusement.
01:23Donc il ne fait pas l'intelligence, c'est l'anti-Macron, si vous voulez.
01:26On va parler de cette présentation hier, mais sur ce chiffre quand même, est-ce qu'on a déjà vu
01:29ça ?
01:30Vous qui avez tout vu de la Ve République, autant de candidats, candidates, potentiellement intéressés,
01:35qui commencent déjà à en parler matin, midi et soir, vous avez déjà vu ça ?
01:37Il y a toujours eu ça, c'est ça, c'est la démocratie, simplement après, il y a le filtre,
01:42parce qu'il faut avoir des soutiens pour finir à l'arrivée.
01:47Donc le début, c'est tout à fait normal.
01:51Et puis dans ces candidats, vous savez très bien que c'est une grande proportion qui ne sera pas à
01:55l'arrivée,
01:55parce qu'ils ne vont pas avoir l'argent, parce qu'il y aura toutes sortes de raisons.
01:58On a eu ce débat sur RTL, cette semaine, sur est-ce qu'il faut supprimer cette élection au suffrage
02:04universel direct,
02:05qui est la pierre angulaire de notre Constitution, et qui effectivement est quand même l'obsession de tous les hommes
02:10et femmes politiques
02:11qui veulent atteindre forcément, par définition, un niveau tel que celui-là.
02:15Supprimer ce suffrage universel direct.
02:17C'est une idée d'Étienne Jardel, j'ai entendu ça, c'est une bonne idée, comme ça, sur le
02:24papier,
02:24mais je pense que de toute façon, on ne peut pas revenir en arrière, et puis aujourd'hui c'est
02:28là,
02:28et c'est vrai que c'est la force du gaullisme aussi, c'est-à-dire que ça donne un
02:32pouvoir quand même au Président de la République,
02:34face aux difficultés dans un pays assez ingouvernable, le Président, il a une force que n'ont pas les chansonniers
02:40ou les premiers ministres ailleurs.
02:41Regardez le pauvre britannique, ou même le pauvre allemand aujourd'hui, où ils en sont.
02:45Alors, sur la candidature de Bruno Retailleux, il y a quand même quelque chose qui m'a étonné.
02:47Il est patron d'un parti des Républicains, dans un mois c'est les municipales,
02:51il est en train de demander à des gens sur le terrain d'aller se battre,
02:55tracte à la main sur les marchés pour essayer de gagner des villes, ce qui ne va pas être facile.
02:58Et lui torpille le timing en se déclarant candidat à la Présidentielle,
03:02un mois donc, à un mois de ce scrutin municipal.
03:04Vous savez comme moi que de toute façon c'était écrit,
03:07tout le monde sait que Bruno Retailleux serait candidat,
03:11tout le monde sait que également David Glissnard, il va se lancer également,
03:16parce que le maire de Cannes, il a quand même aussi des soutiens, et puis ça marche pas mal.
03:20C'est pour ça qu'il le fait, Bruno Retailleux ?
03:22Ah non, mais vous savez, il faut faire attention à tout.
03:24Et puis, si vous voulez, le problème de la course présidentielle,
03:28c'est une course d'obstacles.
03:29C'est comme ça aux Etats-Unis.
03:32Il y aura peut-être des primaires d'ailleurs,
03:33parce que je ne suis pas sûr qu'ils veuillent des primaires,
03:35mais de toute façon peut-être ça viendra quand même à un moment donné.
03:37En tout cas, on se demande comment ils vont se mettre d'accord,
03:39parce qu'effectivement David Glissnard l'a dit sur RTL qu'il serait candidat.
03:42Laurent Wauquiez, lui, il veut carrément une primaire de Sarah Knaffo à Gérald Darmanin,
03:46si je ne fais pas d'erreur.
03:47Il va falloir départager tous ces candidats à droite.
03:51On ne sait pas, parce que vous savez, ça peut,
03:53si c'est ce que, à mon avis, c'est l'arrière-pensée de Bruno Retailleux,
03:57c'est que ça se règle à travers les sondages.
03:59Oui.
03:59Bon, parce que...
04:00Il y a 8% dans les sondages, Bruno Retailleux, dans le dernier de novembre.
04:03Oui, tout ça ne veut rien dire, parce que vous avez la bulle,
04:06le candidat des journalistes, Edouard Philippe, vous avez vu,
04:08bon, il prend un peu l'eau en ce moment.
04:11Et puis, bon, là, on va vous relancer Gabriel Attal.
04:15Ce n'est pas sûr que ça marche.
04:18Gérald Darmanin, moi, je ne suis pas bien sûr non plus.
04:19J'ai l'impression que vous y croyez, vous, à Bruno Retailleux,
04:22dans tout ce que vous dites.
04:23Oui, j'y crois un peu, oui, oui.
04:24Mais enfin, je crois aussi, il y en a d'autres.
04:26Ça peut être David Disnard, ça peut être...
04:28Et peut-être Laurent Wauquiez, mais je n'y crois pas trop,
04:30parce que Laurent Wauquiez, il a vraiment pris trop de recul.
04:33Bon, de toute façon, il est en plus, lui, très jeune.
04:36Il a 50 ans, il peut attendre le coup d'après.
04:38Il n'est pas pressé.
04:40Donc, moi, je veux...
04:41Simplement, vous savez très bien que la réalité,
04:43quand on regarde les sondages, c'est le Rassemblement National.
04:46Alors, si les juges décident que...
04:49Les juges, je dis bien les juges, pas la justice.
04:51Parce que la justice, c'est autre chose.
04:53Mais que Marine Le Pen peut se présenter,
04:55elle a évidemment toutes ses chances quand on regarde les sondages.
04:58Et Jordan Bardella, c'est un petit peu différent,
05:00parce que ce qui me frappe, vous savez,
05:02c'est des petites choses comme ça qu'on sent,
05:03c'est les photos.
05:05Les photos avec les gens.
05:06Quand vous regardez les regards des Français sur Bardella,
05:09dans les photos, vous dites,
05:10qu'il a quand même de sacrés...
05:12Oui, il a un sacré atout, celui-là.
05:14C'est-à-dire ?
05:14Parce qu'il a les jeunes,
05:15et puis il y a une sorte de...
05:17Oui, les gens ont envie, quoi.
05:18Il y a une forme d'envie, on le voit.
05:20Ça a transparé dans les sondages,
05:22et c'est comme ça.
05:23Et sur le positionnement de Bruno Retailleau,
05:25il a donné ces quelques mots de début de campagne,
05:28ou de candidature en tout cas hier soir,
05:30un référendum sur l'immigration,
05:32la France des travailleurs plutôt que la France des profiteurs.
05:35Ce n'est pas une surprise,
05:36il lance un programme très à droite.
05:38Est-ce qu'il peut refaire le coup de Nicolas Sarkozy de 2002,
05:41qui va siphonner les voies à l'extrême droite ?
05:43Vous y croyez, ça ?
05:44Vous savez, c'est une grosse obstacle, comme je disais.
05:47Donc, on ne sait pas...
05:48Aujourd'hui, c'est inutile...
05:50Mais est-ce que c'est sa stratégie ?
05:51On ne sait pas s'il va marcher, mais est-ce que c'est sa stratégie ?
05:53De toute façon, il y a une sorte de stratégie possible,
05:55c'est d'être le candidat contre le Rassemblement National au deuxième tour.
05:58C'est ça.
05:59C'est ça qu'ils visent, tous.
06:00C'est très compliqué, parce qu'il y a plein de candidats.
06:02Dans ce soi-disant bloc central, on ne sait pas trop ce que c'est, ce machin,
06:06il y a plein de candidats.
06:08Donc, il faut, à un moment donné, s'il y en a un seul qui se détache,
06:12il aimerait bien de celui-là, mais ça pourrait peut-être être un autre,
06:15celui qui sera contre le Rassemblement National,
06:17s'il réussit à passer devant Jean-Luc Mélenchon,
06:20ce qui n'est pas sûr.
06:20Parce qu'au fond, on imagine plutôt, aujourd'hui, un deuxième tour,
06:25entre Mélenchon et le candidat Rassemblement National.
06:28Oui, c'est plutôt ça.
06:28Parce que Mélenchon, là encore, les médias vous expliquent que c'est fini,
06:32mais enfin, à chaque fois, on voit que ça revient,
06:34parce que, bon, il a son petit stock, là, de voix.
06:39Et puis, personne ne lui...
06:40Et puis, vous allez voir, il va devenir très ouvert,
06:44et puis ça va marcher, comme ça marche à chaque fois.
06:47Et puis, en l'occurrence, personne ne lui mord les mollets à Jean-Luc Mélenchon.
06:49La différence, c'est qu'ils sont en place avec un chef
06:51qui est contesté par personne, au sein du parti, en tout cas.
06:53Oui, il n'y a pas que ça, parce que, bon, c'est vrai que ce n'est pas un
06:55parti très démocratique,
06:56vous avez raison de le rappeler,
06:57mais, en même temps, il a du coffre,
06:59et puis c'est un, comment dire, c'est un grand politique.
07:03À côté, il y a quand même beaucoup de nonneux, quoi.
07:05Je pense notamment du côté, hélas, de la gauche sociale-démocrate ou socialiste,
07:11où là, il n'y a pas vraiment de candidat qui s'impose.
07:13Et pour poser la question différemment sur Bruno Retailleau,
07:15est-ce que vous, votre conviction d'observateur de la vie politique depuis X années,
07:19c'est que Bruno Retailleau, il a l'étoffe, la dimension qu'avaient un Nicolas Sarkozy,
07:24un Jacques Chirac, pour diriger et pour unir son camp.
07:28Écoutez, la situation de la France est telle que, je pense qu'il faut commencer à chercher,
07:35après l'expérience de 2017, ça va faire bientôt dix ans,
07:40des gens, comment dire, un peu structurés,
07:42avec des convictions,
07:44et il faut, enfin, je veux dire, chercher,
07:47arrêter de chercher des présidents intelligents.
07:49Parce que, qu'est-ce qui sort hier ?
07:51Qu'est-ce que vous voulez dire ?
07:51Moi, ça m'a frappé.
07:52Ah bah parce que, vous savez, le résultat est l'intelligence.
07:55Moi, j'ai ma femme qui dit toujours, il n'y a pas plus de cons qu'un type intelligent.
07:57Bah, on en a la preuve aujourd'hui à l'Élysée.
07:59C'est-à-dire que, c'est des gens qui vivent dans un monde parallèle,
08:03ce président de la République.
08:05En fait, aujourd'hui, je ne sais pas quand j'entends les chroniques de Fonson L'Anglais,
08:08on sait que c'est la réalité.
08:09C'est-à-dire, la France, ce n'est pas le déclin,
08:12c'est la déconfiture.
08:13C'est ça, aujourd'hui, en France.
08:15Vous savez très bien, on est déclassé sans arrêt.
08:18Maintenant, le produit, par exemple, la richesse nationale par habitant en France,
08:25on est en dessous de la moyenne européenne,
08:26on est en train de se faire doubler par l'Italie.
08:29Regardez la balance commerciale en produits agricoles.
08:31C'était quand même, la France, c'est le verger, le potager de l'Europe.
08:34Et aujourd'hui, on est à peine bénéficiaires.
08:37C'est-à-dire, vous voyez, c'est ça, aujourd'hui, la France.
08:39En tout cas, c'est l'objectif.
08:40Donc, il faut traiter les problèmes.
08:42Mais on a besoin de gens qui traitent les problèmes
08:44et pas de types qui font des émissions interminables
08:48pour raconter qu'ils sont meilleurs, qu'ils sont formidables, etc.
08:51Il faut arrêter la com.
08:53Ce sera l'élection.
08:54Il faut travailler.
08:54Ce sera la campagne de l'humilité.
08:56Merci, François-Olivier Jusbert, selon vous, en tout cas.
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