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  • il y a 9 minutes
Le scandale de l'affaire Epstein éclabousse la France, et ce jusqu'au Quai d'Orsay. Des révélations mettent en cause un diplomate français, Fabrice Aidan, dont le nom apparaît à plusieurs reprises dans les Epstein Files.

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Transcription
00:00Et on va parler avec vous Yves Tréard de ce nom qui fait donc trembler aussi la classe politique française.
00:07Oui effectivement Fabrice Eddand dont le cas a été révélé ces dernières heures
00:12et bien qui a été cité plusieurs fois, plus de 200 fois dans les dossiers Epstein
00:18a fait réagir aujourd'hui le président de la République à deux titres.
00:23D'abord pourquoi il n'y a pas la clarté qui a été faite plus tôt
00:27et puis pourquoi l'administration française, puisque c'est un haut diplomate
00:30et il a encore ce statut aujourd'hui, même s'il est détaché dans une entreprise du secteur privé
00:38qui a une fonction publique certes, Angie, et bien pourquoi on n'a pas agi plus tôt et on l
00:44'écoute ?
00:45C'est inacceptable et il faut comprendre pourquoi ça n'a pas été fait plus tôt.
00:48Le ministre a eu raison de prendre les dispositions qu'il a prises
00:51et je lui ai demandé qu'il fasse toute la clarification pour savoir comment
00:54compte tenu de ce qui apparemment a été su, des dispositions n'ont pas été prises plus tôt.
00:59Mais moi je réagis comme vous, j'ai découvert comme vous cette affaire,
01:02je pense que la réaction qui a été prise a été la bonne là,
01:06mais s'il est vrai que l'administration avait des informations il y a plusieurs années,
01:10des choses auraient dû être faites.
01:11Et donc là-dessus, j'ai demandé au ministre qu'il puisse lancer une inspection
01:13et qu'on puisse faire la clarté sur tout cela.
01:16Parce que c'est de la nitro-glycérine, c'est nucléaire cette histoire,
01:20et ça a évidemment des ramifications dans le monde entier, dans tous les secteurs d'activité,
01:25et ça prête le flanc aussi à des fake news qui peuvent être exploitées,
01:30on va le voir avec Elsa, par Moscou, par les ennemis de la France notamment,
01:35mais aussi de tout le clan occidental.
01:37Alors qu'est-ce que font les autorités aujourd'hui ?
01:39Ils veulent couper complètement les autorités ou ceux qui peuvent être indirectement touchés par ça.
01:45On vient d'apprendre ce soir que la maison Gallimard vient de rompre le contrat
01:49qu'il alliait à Jack Lang pour un livre à venir.
01:53Eh bien, ils coupent les liens directement avec ceux qui sont cités dans l'affaire Epstein.
01:59Il faut dire une chose, c'est que vous avez deux types de citations.
02:02Vous avez les gens qui ont entretenu une relation directe avec Jeffrey Epstein,
02:07soit pour des raisons criminelles, soit pour des raisons financières,
02:11et puis d'autres qui se retrouvent cités, comme d'ailleurs Emmanuel Macron,
02:15dans les dossiers Epstein, tout simplement parce que Epstein cherchait à les voir par tous les moyens,
02:21c'est le cas aussi de Bruno Le Maire,
02:23et qui eux, en revanche, n'ont jamais été en contact direct
02:27avec ce millionnaire américain aux mœurs étonnants.
02:33En fait, là, ce qui se passe, c'est que peu à peu,
02:37eh bien, les backrooms, si vous me permettez l'expression de la mondialisation heureuse,
02:41sont en train d'être vidés.
02:43Et ce qui est très dangereux, c'est qu'évidemment,
02:47ça alimente le ressentiment face aux élites.
02:50Et il y a des sondages qui montrent d'ailleurs que ça dégrade déjà fortement leur image.
02:54– Considérablement, un sondage qui tombe ces heures-ci,
02:59Odoxa, Backbone pour le Figaro,
03:01et regardez, 78% des Français interrogés ressentent du dégoût et de la colère
03:07à l'apprenti en apprenant cette affaire Epstein.
03:1161% d'entre eux trouvent que les élites sont souvent corrompues.
03:18C'est énorme.
03:18Et là, vous trouvez la défiance vis-à-vis des politiques,
03:22vous trouvez les raisons qui font que l'abstention dans les élections sont importantes.
03:29Et 55% estiment que l'affaire a détérioré leur rapport.
03:34Et c'est très grave à la démocratie.
03:37Ça fait référence d'ailleurs aussi,
03:38et ça renvoie à un sondage qui a été une étude du Cevipof,
03:42qui a été récemment présentée par la presse française,
03:46qui montre qu'il y a de plus en plus de prévention vis-à-vis de la démocratie.
03:50Et puis, et puis, eh bien, qu'est-ce qu'on fait contre ça ?
03:54Et une majorité de Français demandent à ce que, d'une part, la justice agisse,
03:59et on va voir que ce pourcentage s'affichait,
04:0390% des Français demandent que la justice,
04:06systématiquement, quand il y a un cas comme ça, ouvre une enquête,
04:08et 80% qu'elle soit doublée de l'ouverture d'une commotion d'enquête.
04:14Alors précisément, ça c'est la question qui va monter, monter dans les heures, jours qui viennent.
04:18Est-ce qu'il est possible de mener de front une enquête judiciaire et une enquête politique ?
04:24Eh bien alors, la réponse, mais elle n'est pas...
04:27Parlementaire, la politique.
04:28Oui, mais c'est pratiquement la même chose.
04:31Alors, vous avez deux versions.
04:33Vous avez la version de Mme Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale,
04:38qui, elle, estime que quand une action judiciaire est en cours,
04:41on n'a pas le droit d'ouvrir une enquête parlementaire,
04:46et vous avez la réponse de Jean-Luc Mélenchon, qui ne pense pas la même chose.
04:52Personne ne fait rien.
04:53Donc, je trouve que les parlementaires sont dans leur rôle,
04:55parce que dans l'affaire Epstein, il y a deux volets.
04:58Il y a le volet criminel, pédocriminel.
05:01Donc là, il y a eu...
05:02Enfin, normalement, il devrait y avoir une enquête de justice,
05:04puisqu'il y a un volet en France.
05:07Bon, donc, premier élément.
05:10Alors, si on veut nous dire, là où il y a la justice,
05:12il n'y a pas de commission parlementaire, ok, entendu.
05:14Mais alors que la justice s'y mette sur ce volet-là.
05:16Mais après, il y a l'autre volet, quand même.
05:18Ces gens-là, elles ne se contentaient pas d'être des pédocriminels.
05:21Ils se mêlaient d'affaires politiques.
05:23Ils aidaient avec des sous.
05:25Bon, bref.
05:26Il y a un autre volet qui est politique.
05:28Donc, je trouve qu'il y a place pour les deux.
05:30Alors, il y a une ordonnance de 1958 qui dit, effectivement,
05:33qu'il y a incompatibilité, que quand il y a une enquête judiciaire,
05:36vous ne pouvez pas, dans le même temps,
05:38avoir une enquête parlementaire.
05:41Mais, mais, il y a eu une tentative de réforme de la Constitution en 2008,
05:47présidée, d'ailleurs, par M. Balladur.
05:49Et puis, vous avez eu l'affaire Benalla.
05:51Et l'affaire Benalla a changé beaucoup de choses.
05:53Dominique ne sait mieux que personne.
05:55Quand il y a eu l'affaire Benalla, vous savez,
05:57ce collaborateur du président de la République
05:58qui a été pris dans des histoires qui étaient assez improbables,
06:03eh bien, il y a eu à la fois une enquête judiciaire
06:06et puis deux enquêtes parlementaires.
06:10Et au Sénat, ceux qui ont mené cette enquête
06:14ont exhumé, justement, les travaux de la réforme de 2008
06:19pour dire, mais non, on peut faire les deux
06:21à partir du moment où elles ne se marchent pas sur les pieds.
06:25Et donc, eh bien, on peut considérer que là,
06:28on pourrait avoir les deux,
06:30mais en sachant que les deux ne fonctionnent pas de la même façon.
06:33Le temps judiciaire n'est pas le temps politique.
06:36Le temps judiciaire est un temps long.
06:38Le temps politique est un temps plutôt court.
06:41Deuxième chose, parce qu'une enquête parlementaire
06:43n'a pas le droit de durer plus de six mois.
06:45Deuxième chose, on ne contrôle pas la même chose.
06:48Quand vous faites une enquête parlementaire,
06:49vous contrôlez le fonctionnement de la justice.
06:52Pourquoi, par exemple, l'administration n'a pas signalé
06:55le cas de M. Hédan, par exemple,
06:57alors que la justice, elle cherche à savoir
06:59si M. Hédan est coupable.
07:01C'est tout à fait différent.
07:03Une enquête parlementaire débouche éventuellement
07:06sur une proposition de loi,
07:08éventuellement sur des recommandations,
07:10alors qu'une enquête judiciaire débouche sur un procès,
07:14une sentence, une peine, voire une peine de prison.
07:17Donc, c'est très différent.
07:18Merci Yves Tréard.
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