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00:00Il est 10h ici à Paris, bonjour à toutes et tous et bienvenue dans Parlons-en, votre rendez-vous avec l'info qui prend son temps.
00:10Voici les titres de ce jeudi. Le Bangladesh a commencé à voter pour élire ses députés et tourner la page de 15 ans du règne de fer de l'ex-première ministre Cheikh Assina,
00:19elle qui a été emportée à l'été 2024 par une insurrection très durement réprimée menée par les jeunes de la Gen Z.
00:26« Un scrutin né dans le sang et dans les larmes » titrent ce matin les quotidiens locaux.
00:31Combien sont les Kenyans, les Égyptiens, les Camerounais à se retrouver malgré eux à combattre en Ukraine ?
00:37Pour le compte de l'armée russe, les enquêtes se multiplient ces derniers jours sur la façon dont Moscou trompe ses hommes qui pensaient trouver un avenir meilleur en Russie.
00:46On y reviendra dans le journal de 11h.
00:48Et puis au moins 31 morts, 250 000 sinistrés à Madagascar après le passage du cyclone Genazi.
00:54Les premiers humanitaires sur place décrivent des scènes de chaos dans l'est du pays.
01:04Voilà pour les titres.
01:05Le choix de Parlons-en aujourd'hui, c'est de vous emmener au Sénégal avec deux images.
01:10Mi-janvier, c'est tout un pays, à commencer par sa jeunesse, qui célébrait la victoire de ses lions en Coupe d'Afrique des Nations.
01:17Et à peine trois semaines plus tard, il semblerait que la fête soit finie.
01:19Le pays est sous le choc après la mort d'un étudiant tué en début de semaine sur le campus de la grande université de Dakar.
01:26Dans des heures, avec des forces de l'ordre, dans des conditions sur lesquelles on va revenir dans un instant.
01:30Près de deux ans après la victoire du duo, Basirou Diomaïfaï et Ousmane Sonko portés précisément par cette jeunesse sénégalaise.
01:37Est-ce que l'heure du désenchantement est venue ?
01:39Question posée ce matin à mes invités Stéphane Ballong, Pierre-Eli de Rohan Chabot et Liman Endao qui est à Dakar.
01:45Bonjour messieurs, merci d'être là. On a beaucoup de choses à se dire, c'est pas 11 ans et c'est parti.
02:01Bonjour Stéphane Ballong.
02:03Bonjour Pauline.
02:04Vous êtes ici chez vous, chef du service Afrique, ici à la rédaction de France 24.
02:07Et bonjour à vous, Pierre-Eli de Rohan Chabot.
02:09Bonjour.
02:10Je suis journaliste à Africa Intelligence. On vous retrouve à Dakar pour commencer cette émission.
02:15Liman Endao, vous êtes le correspondant de la rédaction de France 24 au Sénégal.
02:18Bonjour et Liman. D'abord, est-ce qu'on a fait toute la lumière à l'heure où l'on se parle sur les circonstances de la mort de cet étudiant ?
02:26Écoutez, il semble encore très tôt pour connaître toute la lumière, tout ce qui s'est passé ce lundi, cette journée de violence à l'université Cherante Diop de Dakar
02:41où le jeune étudiant Abdoulayeba a été tué. Plusieurs versions ont été données.
02:47Ses camarades de la faculté de médecine, de pharmacie et de dermatologie à Dakar ont donné leur version dans un récit décrit dans un communiqué.
02:56Selon eux, Abdoulayeba a été torturé.
02:58Puis, il a perdu la vie en succombant à ses blessures lorsqu'il a été évacué à l'hôpital.
03:05Le gouvernement, de son côté, qui dit regretter cette mort, le ministre de l'Intérieur, lorsqu'il a pris la parole ce mardi,
03:14a expliqué l'intervention musclée de la police par une volonté d'empêcher les étudiants de s'en prendre aux infrastructures de l'université Cherante Diop de Dakar.
03:25Le ministre qui annonce qu'une enquête sera faite.
03:28Mais l'émotion est assez palpable depuis la mort d'Abdoulayeba qui a été inhumée ce mercredi dans un cimetière à Dakar.
03:37Beaucoup d'émotions, une forme de choc aussi pour les étudiants.
03:40On va écouter deux d'entre eux avant de vous retrouver à nouveau au Liman.
03:46Ce gouvernement est porté par une jeunesse.
03:48La jeunesse l'a porté au pouvoir.
03:50Donc, au lieu de nous aider, ils se sont retournés contre nous pour nous massacrer, je veux dire.
03:56Parce qu'autoriser des policiers à entrer dans le camp du social et déloger des étudiants dans leur sambre,
04:01qui n'ont rien fait, des étudiants qui n'ont rien fait dans leur sambre, jusqu'à causer la mort.
04:06Ça, c'est inadmissible, je pense.
04:08Voir tes camarades en train d'être malmenés et tu les vois, mais tu ne peux rien faire, c'est tellement, c'est tellement choquant.
04:16C'était terrible même, puisqu'on ne s'attendait pas à ce gouvernement.
04:22Ce gouvernement-là, ce qu'il devait faire aux étudiants, ce n'est pas ce qu'ils vivent actuellement.
04:27Puisqu'avant qu'ils arrivent au pouvoir, les étudiants étaient de leur côté.
04:32On entend, Eliman Endao, ce sentiment de colère, d'une forme de sentiment de trahison aussi de la part de certains de ses étudiants ?
04:43Absolument. Lorsqu'on a fait un tour le mardi, le lendemain des violences à l'Université Charente-Diop de Dakar,
04:51les étudiants étaient désemparés. Certains nous disaient, bien évidemment, comme ceux qu'on vient d'entendre au micro,
04:58qu'ils se sont battus pour que ce duo au pouvoir, le président Basiroudia Maïfaye, le Premier ministre,
05:04qui se mentionnait au pouvoir, il ne s'attendait pas du tout à ce que de telles violences puissent subvenir,
05:10des violences qui nous rappellent fraîchement celles que le Sénégal a vécues ces quatre dernières années,
05:16où l'Université Charente-Diop de Dakar faisait également partie des centres névralgiques de la manifestation de la colère de l'opposition
05:23lorsque les leaders actuellement au pouvoir étaient dans l'opposition.
05:28Les étudiants qui n'expliquent pas, qui n'arrivent pas à comprendre surtout la violence des forces de l'ordre,
05:33on l'a vu dans plusieurs vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux,
05:36des étudiants à être pris à partie de façon violente, des étudiants désarmés,
05:41pris à partie de façon violente.
05:43Pas mal d'images choquantes qu'on ne peut même pas publier à la télévision,
05:48qu'on a pu constater.
05:51C'est absolument une sorte d'incompréhension de cette répression policière,
05:55même si le gouvernement a tenté de s'expliquer.
05:59Beaucoup de Sénégalais, d'étudiants ne sont toujours pas convaincus.
06:02Et puis, Eliman, il faut rappeler le contexte de ce mouvement de colère dans cette université.
06:10Ces étudiants réclament le paiement de bourses qui ne sont pas tout à fait payées à ce stade.
06:16Pourquoi est-ce que ces bourses sont si importantes pour ces jeunes Sénégalais ?
06:20Écoutez, il faudrait bien faire une précision.
06:26Le mouvement de colère qui a abouti à la mort de Jean Aboulaye Balandi
06:30était consécutif à une fronte des étudiants sur un nouveau système,
06:37une réforme sur le système de paiement des bourses d'études.
06:43Ce n'était pas forcément lié à un non-paiement parce qu'il y a quand même pas mal d'informations
06:50qui circulent à ce propos.
06:52Le ministre de l'Enseignement supérieur, lorsqu'il a pris la parole le mardi,
06:55disait que les bourses étaient payées à temps,
06:58même si les étudiants de master ont manifesté en novembre
07:00pour réclamer des arriérés de bourses.
07:03Mais cette bourse en question pose problème globalement à l'Université de Sénégalais de Dakar.
07:08Il y a eu pas mal d'épisodes ces dernières années de manifestations
07:11où les étudiants réclamaient le paiement de leur bourse
07:14ou n'étaient pas d'accord avec les réformes que voulaient entreprendre les autorités
07:17car ils tiennent à leur bourse d'études dans une ville aussi chère comme Dakar
07:22où les conditions de vie ou la facilité de trouver un emploi n'est pas garantie.
07:28Cette bourse d'études est vitale pour les étudiants.
07:31Ça leur permet de subvenir à leurs besoins et parfois même aux besoins de leurs familles
07:35qui misent beaucoup d'espoir sur eux.
07:38C'est pourquoi les étudiants tiennent à leur bourse, tiennent à cet acquis
07:42et ne veulent absolument pas transiger avec le gouvernement
07:45qui devra jouer de tact pour pouvoir faire passer des réformes
07:50ou faire passer des amendements sur ce système de paiement de bourse.
07:54Merci beaucoup Eliman Dao. Merci pour ces précisions depuis Dakar au Sénégal.
07:59Eliman vous évoquiez à l'instant la réaction du directeur général de l'enseignement supérieur.
08:04Il a répondu précisément aux étudiants au micro France 24 de nos confrères du JTA.
08:08Hier soir, on va l'écouter.
08:09Si les étudiants sont dans leur légitimité pour revendiquer selon des habitudes ou des traditions
08:20le paiement de ces bourses ou allocations,
08:24concrètement, d'un point de vue strictement légal, il n'en est rien.
08:28L'état du Sénégal à ce jour est en conformité, mais parfaite avec le paiement des bourses.
08:40Le ministère de l'enseignement supérieur a fait du dialogue et de la concertation
08:46son mode opératoire avec la communauté étudiantine.
08:52Nous sommes constamment en concertation avec les étudiants
08:56et on ose espérer que les jours à venir,
09:01que l'espace académique va retrouver son apaisement classique.
09:07Voilà pour la réponse des autorités sénégalaises.
09:11Stéphane Ballong, il y a eu ces images, ces témoignages de violences policières.
09:16D'ailleurs, le gouvernement sénégalais a évoqué des bavures policières.
09:21C'est vrai que la suite du mouvement dépendra peut-être de la réponse des autorités sénégalaises
09:27sur la question des violences ?
09:29Absolument.
09:31Ce qui se passe traduit, si vous voulez, un peu la forte attente des étudiants en particulier,
09:37mais de manière plus générale, des Sénégalais vis-à-vis des nouvelles autorités
09:41qui ont été élus sur la base d'une promesse de rupture.
09:45Et on le rappelait bien, Elie Mann et vous-même, que ce sont ces étudiants-là
09:50qui ont, dans leur grande majorité, porté aujourd'hui les autorités qui sont en place au pouvoir.
09:58Et c'est d'ailleurs par ce prisme que doit être gérée, si j'ose dire,
10:05cette crise par les autorités, c'est-à-dire le prisme de l'attente qu'a suscité leur élection.
10:11Par cela, j'entends qu'il faut, dans le discours, avoir une démarche d'explication
10:19parce que ce qu'on entend tient, me semble-t-il, beaucoup de l'incompréhension
10:24et d'une incompréhension qui peut être dissipée si seulement on prenait le temps d'expliquer
10:32aux étudiants et au-delà des étudiants à tout le peuple sénégalais.
10:37On parle d'arriéré de bourse d'un côté, on parle de rappel de l'autre côté.
10:43On nous dit, en fait, tout est en règle.
10:45Donc, il y a quelque chose qui n'est pas clair quelque part.
10:49Non, ce n'est pas clair.
10:49Donc, il faut gérer cette affaire par, je veux dire, dans la plus grande sérénité.
10:55On sait l'université, par définition, c'est un haut lieu de contestation.
10:59C'est aussi ce qui traduit un peu l'ambiance générale dans un pays.
11:07Il est vrai, au Sénégal, le contexte économique est difficile.
11:10On parle d'une dette qui est astronomique, qui dépasse les 100% du PIB.
11:15On doit faire des économies.
11:18On est en discussion, en négociation, en négociation même très serrée
11:22avec le FMI et les bailleurs de fonds.
11:25Donc, le contexte est très difficile et dans ce genre de situation,
11:30en tant que dirigeant, en tant que responsable,
11:35il faut de la sérénité, il faut de l'explication et il faut de l'éducation, si j'ose dire.
11:40Dans ces événements, il y a quelque chose de structurel et sur lequel on reviendra.
11:44Il y a quelque chose de conjoncturel, si l'on peut dire,
11:47qui est la réaction très musclée des forces de sécurité.
11:50Et Liman le rappelait, cette faculté de Dakar, ce n'est pas n'importe laquelle.
11:56C'est l'une des meilleures, je crois, d'Afrique francophone.
11:59C'est celle, d'ailleurs, je crois, sauf erreur de ma part,
12:01où l'actuel président, Bassirou Diomaïfaï, a étudié le droit.
12:05Ça a été le centre névralgique et l'un des centres névralgiques de la contestation
12:09sur lequel on reviendra quand Macky Sall s'est accroché au pouvoir.
12:15L'histoire, il y a effectivement quelque chose qui se joue dans cette université
12:18qui est très important, très symbolique.
12:21Oui, oui, non, absolument.
12:22Je crois que c'est Tocqueville qui disait
12:25« L'histoire est une galerie de portraits dans laquelle il y a finalement peu d'originaux ».
12:30Et on le voit très bien dans ce cas précis.
12:33Si on prend l'histoire moderne du Sénégal,
12:38comme vous l'avez souligné,
12:40les universités en général, et plus particulièrement
12:42celle de Chérenta Diop, qui est cette grande université au cœur de Dakar,
12:46avec près de 80 000 étudiants, je crois,
12:48a souvent été un moteur des contestations.
12:52On peut remonter jusqu'à 1968,
12:54où il y avait eu un mouvement qui avait fragilisé
12:57le régime de l'époque du président Léopold Sédar Senghor.
13:01Il y avait eu aussi, en 2014, des manifestations
13:04qui avaient là encore, donc ça c'était sous Macky Sall,
13:07l'ancien président qui avait là encore conduit
13:09au décès tragique d'un étudiant.
13:12Donc ce n'est pas un phénomène nouveau.
13:14Mais là, comme ça a été très bien souligné précédemment,
13:19il y a ce sentiment de trahison,
13:20parce que ces leaders du PASTEF,
13:23donc du parti qui est actuellement au pouvoir,
13:25qui étaient précédemment dans l'opposition,
13:28avaient été élus, et vous l'aviez souligné, Stéphane,
13:30sur cette promesse de rupture,
13:33qui avait énormément séduit la jeunesse,
13:35qui le soutenait.
13:36Et c'est des leaders qu'on avait vus aux côtés des étudiants
13:41lorsque eux-mêmes manifestaient sous Macky Sall.
13:45Et donc, on voit bien, on comprend bien la posture de cette jeunesse
13:51aujourd'hui, qui se sent trahie, qui se sent abandonnée par le pouvoir actuel.
13:57Oui, parce qu'il ne faut pas sous-estimer la force du trauma
14:01de cette jeunesse sénégalaise,
14:03celle qui a porté au pouvoir
14:05Diomaïfaï et Ousmane Sonko.
14:10Précisément, trauma aussi
14:12qui perdure du fait que la lumière
14:14n'a pas tout à fait été faite
14:16à l'heure où l'on se parle sur les violences
14:18entre 2021 et 2024.
14:21Selon les chiffres du collectif
14:22Cartographie Sénégal,
14:2365 morts, dont 51 tués par balle.
14:26Si on n'a pas vraiment cicatrisé cette blessure-là, Stéphane ?
14:30Pas encore.
14:32Et justement, ça fait partie du processus.
14:34Je pense que les autorités,
14:36les nouvelles autorités
14:37ont pris des mesures
14:39pour justement apaiser les cœurs
14:41après cette période qui a été
14:43sanglante et très,
14:45très, très, j'allais dire
14:47mouvementée pour le Sénégal.
14:51Et j'insiste là-dessus.
14:52En fait, tout cela fait aujourd'hui
14:55que les autorités
14:56qui sont eux-mêmes,
14:57qui sont elles-mêmes
14:58les produits purs
15:00de l'enseignement
15:00et de l'éducation sénégalaise,
15:02doivent gérer...
15:02Et qui sont eux-mêmes très jeunes.
15:04Sur Oudio Maïfaï,
15:04il est le président le plus jeune
15:05de l'histoire du Sénégal.
15:06Absolument.
15:06Doivent gérer cette situation
15:07avec la plus grande délicatesse.
15:09Vous parliez du prestige
15:11que représente l'université
15:13Cher Antadiop,
15:14mais c'est une université
15:15qui, au-delà du Sénégal,
15:17attire des étudiants
15:18qui viennent d'un peu partout,
15:19d'Afrique de l'Ouest,
15:20de toute l'Afrique subsaharienne.
15:21Le Sénégal se positionne,
15:23si vous voulez,
15:24d'une certaine manière
15:24comme un hub
15:26de l'enseignement,
15:27de l'enseignement supérieur.
15:28C'est l'attractivité.
15:29L'attractivité.
15:30Donc, on est là
15:31dans un contexte
15:32où, quand on promet
15:34de la rupture,
15:35on doit gérer les choses
15:36de manière tout à fait différente.
15:39Oui, c'est sûr
15:39que ces images d'étudiants
15:40qui font leur bagage
15:41et qui quittent cette université
15:42qui est encore fermée,
15:43alors on ne se passe.
15:44Mais absolument.
15:46En fait,
15:46ce qu'il faut avoir à l'esprit,
15:48c'est que quand on est
15:49dans ce cadre universitaire
15:51et encore plus
15:52d'une université
15:53qui attire des étudiants
15:55étrangers,
15:56on est en tant que nationaux
15:58d'une certaine manière
15:59en concurrence
16:00avec les étrangers
16:01qui viennent étudier
16:03dans le pays,
16:04des étrangers
16:05qui eux-mêmes
16:05sont boursiers
16:06et qui eux-mêmes,
16:08grâce à leur brousse,
16:10étudient dans des conditions
16:11plus ou moins acceptables,
16:14dans de bonnes conditions,
16:15j'allais dire.
16:16Donc, la question
16:17de la bourse
16:18des étudiants
16:18nationaux
16:20et encore plus au Sénégal
16:21est d'autant plus importante
16:23que cette bourse
16:24comme le disait le lycée,
16:25cette bourse comme le disait Liman
16:26permettent vraiment
16:27aux étudiants
16:28à la fois
16:28de vivre correctement
16:30mais aussi d'étudier
16:31parce qu'il y a
16:32une réalité
16:33qui est vraie au Sénégal
16:34et qui est vraie
16:35partout en Afrique subsaharienne,
16:38c'est que les bourses
16:38permettent aux étudiants
16:39aussi d'étudier
16:41et d'acheter
16:41des documents d'études,
16:43de faire
16:43des photocopies,
16:46c'est des choses
16:46qui sont dites comme ça,
16:47qui n'ont l'air de rien
16:48mais qui sont très importantes
16:50pour l'étude,
16:51pour les études des étudiants
16:52et pour leur réussite
16:53pour ainsi dire.
16:54Et ça fait deux,
16:56ça leur donne un statut
16:57qui est assez exceptionnel
16:59dans cette société sénégalaise
17:01où Liman Dao le rappelait,
17:02la vie est dure
17:03ou en tout cas
17:04la vie est chère
17:04et spécifiquement à Dakar
17:06au-delà des étudiants,
17:09c'est cette jeunesse,
17:10sénégalaise,
17:12c'est le Sénégal,
17:13la moitié de la population
17:14sénégalaise
17:14à moins de 19 ans,
17:1675% de la population
17:17sénégalaise
17:18à moins de 35 ans,
17:20donc cette jeunesse
17:21sénégalaise,
17:22elle est ce pays-là,
17:24d'où l'importance
17:25que son ressenti,
17:27que son sentiment
17:29peut-être là
17:31de désenchantement
17:32soit pris très au sérieux
17:33par les autorités
17:34sénégalaises.
17:35– Oui, oui,
17:36non, absolument,
17:38vous l'avez souligné,
17:39c'est aujourd'hui,
17:42je crois que c'est 75%
17:43de la population
17:45qui a moins de 35 ans
17:46et ça a été un...
17:47le soutien apporté
17:50par le gouvernement actuel
17:53lorsqu'il était dans l'opposition,
17:55lorsque ses leaders
17:55étaient dans l'opposition
17:56à la jeunesse,
17:57ça s'est révélé
17:58extrêmement payant
17:59sur le plan électoral
18:00et politique
18:01parce que le président
18:02actuel,
18:02Bassirudio Maïfaï,
18:04il faut le rappeler,
18:05a été élu en 2024
18:06dès le premier tour
18:07avec près de 60%
18:08des voix.
18:09Donc ça a été...
18:12On estime que la jeunesse
18:14était très majoritairement
18:15acquise
18:16à la cause du PASTEF
18:17et donc là,
18:18aujourd'hui,
18:18on assiste
18:19à un véritable retournement
18:20de situation
18:22qui pourrait
18:24vraisemblablement
18:25dynamiser une opposition
18:26qui avait été
18:26extrêmement affaiblie
18:27par la victoire
18:28de Bassirudio Maïfaï
18:29qui a ensuite été suivie
18:31par un raz-de-marée
18:32aussi électoral
18:33en faveur du nouveau pouvoir
18:34lors des législatives,
18:36tout à fait.
18:36Là, on voit bien
18:37que c'est le premier signe
18:39de contestation majeure
18:41auquel doit faire face
18:42ce gouvernement
18:44et on estime
18:45que sa cote
18:47de popularité
18:47qui avait été
18:48historiquement
18:49depuis son élection
18:50assez haute
18:50doit déjà
18:51être bien effritée.
18:53Bassirudio Maïfaï
18:54et Ousmane Sonko
18:55ont été élus
18:56sur la promesse
18:57de donner
18:58à cette jeunesse
18:59sénégalaise
19:00qui est le Sénégal
19:01une vie meilleure.
19:03On est quasiment
19:03deux ans après
19:04leur accession
19:05au pouvoir,
19:06un an après
19:07les élections
19:07législatives.
19:09Pour l'instant,
19:10alors on a fait
19:10cette émission
19:11il y a un an,
19:11vous et moi,
19:12Stéphane Ballon,
19:13sur la question
19:13précisément
19:14de cette promesse
19:14tenue.
19:15Le taux de chômage
19:16aujourd'hui
19:16chez les jeunes
19:17sénégalais
19:18reste très élevé.
19:19Je crois qu'il est encore
19:20la différence
19:21entre les jeunes garçons
19:22et les jeunes filles
19:23est très nette.
19:25Deux ans après,
19:26les effets
19:26de cette rupture
19:27promise peinent
19:28encore à se faire
19:29constater,
19:31enfin on peine
19:31encore à les voir
19:32sur le terrain ?
19:33Oui,
19:33alors et c'est là
19:36que tout dépend
19:38de la manière
19:38dont les autorités
19:40vont gérer
19:41la suite.
19:42On est au début,
19:44je ne parle pas
19:45de rupture
19:45entre les nouvelles
19:46autorités
19:47et les étudiants,
19:49on est à deux ans
19:49de mandat,
19:51il reste encore
19:51trois ans,
19:52tout va se jouer
19:54dans la façon
19:54dont on gère
19:56cette situation
19:57à la fois
19:58sur le plan
19:59du discours
20:00mais aussi
20:01sur le plan
20:02du discours politique
20:04dont j'entends
20:05mais aussi
20:05sur le plan
20:06concrètement
20:06sur le plan pratique.
20:09Je le disais tout à l'heure,
20:10le Sénégal est dans
20:10une situation
20:11économique difficile.
20:13La question
20:14de l'éducation
20:16de manière générale
20:17est une question
20:18qui est,
20:18je vais dire,
20:19au cœur
20:20de toutes les priorités
20:21que ce soit au Sénégal
20:22ou ailleurs,
20:24on le dit,
20:25la jeunesse
20:25représente
20:26l'essentiel
20:27de la population,
20:28on est face,
20:29on est dans un pays
20:30où la croissance
20:31démographique
20:32est forte,
20:33c'est vrai au Sénégal,
20:34c'est vrai ailleurs,
20:35l'éducation
20:36dans tous les pays
20:37est confrontée
20:38à un problème
20:40de ressources,
20:41de moyens
20:41et dans le cas
20:43du Sénégal,
20:43cela demande
20:44beaucoup d'explications.
20:46On doit faire
20:46des économies,
20:47on doit trouver
20:48des ressources
20:50financières
20:51dans un contexte
20:53où le dialogue
20:55n'est pas rompu
20:56mais est difficile
20:57avec les bailleurs
20:58de fonds,
20:59comment on subvient
21:01aux questions sociales,
21:03aux questions
21:03de l'éducation
21:05dans ces circonstances-là ?
21:08Il faut l'expliquer.
21:09Quand vous vous rappeliez,
21:12vous disiez tout à l'heure
21:13en début d'émission,
21:14tout l'engouement
21:16qui a suscité
21:17la victoire
21:17du Sénégal
21:18à la Cannes,
21:22si vous avez
21:22à prêter attention
21:23au discours
21:24qui était très politique
21:26finalement
21:26de Bastille
21:27ou du Homae Faye,
21:28les mots qui ont été utilisés
21:29n'étaient pas anodins.
21:30Quand on parle
21:31de persévérance,
21:32quand on parle
21:32de rigueur,
21:34quand on parle
21:34d'effort,
21:35en fait c'est un message
21:36qu'on envoie
21:37et ce message-là
21:38doit être poussé
21:39encore plus loin
21:40et doit être mieux expliqué.
21:43Comment on fait
21:44quand on a des ressources
21:45qui sont limitées
21:46pour souvenir
21:47aux besoins
21:48d'une jeunesse
21:49qui n'a pas envie
21:51d'attendre,
21:52qui a voté justement ?
21:53Mais précisément,
21:53le temps
21:54de cette jeunesse
21:55sénégalaise
21:56n'est pas celui
21:57des autorités
21:58sénégalaises.
21:59Pendant la campagne
22:01avant l'élection
22:02il y a presque deux ans
22:03de Bastille
22:04ou du Maïfaï,
22:05ces jeunes le disaient
22:06et on en a largement
22:08relayé leurs paroles
22:09sur cette antenne
22:10qu'il n'y avait pas
22:11de perspective,
22:11qu'il n'y avait pas
22:12d'aide à l'emploi
22:14ou à la création
22:15de petites entreprises.
22:16Est-ce qu'en deux ans
22:18des choses concrètes
22:19ont été faites ?
22:21Alors,
22:22en réalité,
22:24ce qu'il faut bien comprendre
22:25c'est que
22:25ce gouvernement
22:27a hérité
22:28d'une situation
22:29économique
22:30et financière
22:31beaucoup plus difficile
22:32que ce qu'il pensait
22:33réellement.
22:34D'où le débat
22:35sur les comptes cachés.
22:37Tout à fait.
22:37Et en fait,
22:38dès qu'ils sont arrivés
22:39au pouvoir,
22:40ils ont eu cette démarche
22:41qui a été bien perçue
22:43par une partie
22:45des bailleurs,
22:46justement,
22:46une démarche de transparence.
22:47Ils ont fait un audit
22:48des finances publiques
22:49et là,
22:50ils se sont rendus compte
22:51qu'il y avait
22:51un décalage majeur
22:53entre les chiffres
22:55qui avaient été communiqués
22:56jusqu'ici
22:57par l'État sénégalais
22:58concernant l'endettement
22:59et la réalité
23:01de l'endettement
23:02du Sénégal.
23:03Et le décalage
23:03est tellement majeur
23:04qu'on parle...
23:05Enfin,
23:05fin 2023,
23:06je crois qu'il y avait
23:06à peu près
23:07une dette publique.
23:08la dette publique
23:09du Sénégal
23:10était estimée
23:10à 99%
23:11du PIB environ.
23:13Maintenant,
23:13selon les dernières
23:14estimations du FMI,
23:15c'est 132%.
23:16Donc,
23:16l'écart est colossal.
23:18Et en fait,
23:19le gouvernement
23:20s'est un peu tiré
23:20une balle dans le pied
23:21finalement en faisant
23:22cette audite
23:22parce qu'au fur et à mesure
23:25qu'on s'est rendu compte
23:26de l'étendue
23:27de l'endettement
23:28du pays,
23:29eh bien,
23:30ces marges de mal-off
23:31sur le plan financier
23:32se sont extrêmement réduites.
23:34Aujourd'hui,
23:34le Sénégal
23:35continue à emprunter
23:36sur les marchés financiers
23:37mais il emprunte
23:38à des taux
23:38qui sont très élevés.
23:40Il fait face
23:41à des véritables problèmes
23:43pour honorer
23:44ses engagements financiers.
23:45Donc là,
23:45on parle des bourses
23:47concernant les étudiants
23:48mais il faut bien savoir
23:50que cela fait déjà
23:51des mois et des mois
23:52qu'il y a toute une partie
23:53des entreprises
23:54qui opèrent au Sénégal
23:55aujourd'hui,
23:56sénégalaises comme étrangères,
23:58qui ne sont pas payées
23:58et qui,
23:59elles aussi,
24:00réclament des arriérés
24:01auprès de l'État.
24:02Donc,
24:03en fait,
24:03c'est un gouvernement
24:03qui a hérité
24:05d'une situation
24:06finalement très difficile
24:07qui a des marges
24:08de manœuvre
24:09très réduites
24:09pour en sortir.
24:10Une des marges
24:11de manœuvre,
24:11c'est la négociation
24:12avec le FMI
24:12mais comme Stéphane
24:15l'a rappelé tout à l'heure,
24:16c'est des négociations
24:16qui sont très ardues
24:17qui, en ce moment,
24:18patinent
24:19et tout se cristallise
24:21autour de la question
24:21de la restructuration
24:22de la dette sénégalaise
24:24qui a été vraisemblablement
24:26recommandée
24:26par le FMI
24:27mais pour l'instant,
24:30on sent qu'il y a
24:31des dissensions
24:31au sein du gouvernement
24:32quant à cette restructuration,
24:34quant à cette option.
24:35C'est intéressant
24:36ce que vous dites
24:37sur cette question
24:38d'où viendra le salut
24:39et d'où vient la ressource
24:40parce qu'il me semble
24:41que pendant la campagne,
24:44Ousmane Sonko
24:44et Sir Oudieu Maïfaï
24:46avaient précisément
24:47martelé
24:49cette idée
24:50que le Sénégal
24:51avait tout
24:52pour avancer,
24:53avait tout
24:53pour émerger
24:55encore plus
24:56et qu'il était pillé,
24:57qu'il avait été pillé
24:58par le régime précédent
25:00et qu'il était pillé
25:01par les Occidentaux.
25:03Est-ce que là,
25:04ce discours-là,
25:05voilà,
25:06il y a un choc
25:07un peu de réalité
25:08et que ce n'est pas
25:09tout à fait
25:09la réalité ?
25:12Oui,
25:12si vous voulez,
25:13ce qu'ont promis
25:15Sir Oudieu Maïfaï
25:16et Ousmane Sonko
25:18dans leur projet
25:19de développement,
25:21c'est quelque chose
25:22qui s'inscrit
25:22dans le temps long.
25:242050,
25:25Sénégal 2005.
25:252050,
25:27quand on parle
25:27de transformation
25:29dans l'agriculture,
25:30quand on parle
25:31de développement
25:31des services,
25:32quand on parle
25:32de renégociation
25:34des contrats
25:35dans le secteur minier,
25:36dans le secteur pétrolier,
25:38tout cela,
25:38c'est des choses
25:39qui prennent du temps
25:41et qui s'inscrivent
25:42à long terme.
25:44Là,
25:44on est dans le temps court,
25:46dans l'immédiatité
25:46où on doit répondre
25:49aux attentes,
25:50aux attentes
25:50combien fortes
25:52des populations.
25:53on doit faire des choix
25:55quand on parle
25:56et quand on parle
25:57de ces négociations
25:58difficiles avec le FMI.
26:01Ça explique tout cela,
26:02en fait.
26:02C'est-à-dire,
26:03est-ce qu'on accepte
26:04en tant que Sénégalais
26:05de se plier
26:08en quelque sorte
26:09au dictat du FMI
26:10qui va vous dire
26:11on restructure
26:12votre dette
26:13mais vous devez couper
26:14vos dépenses
26:15là,
26:16là,
26:16là et là ?
26:17Ou est-ce qu'on se dit
26:18en tant que Sénégalais
26:19on gère la question
26:21nous-mêmes
26:21et c'est là
26:22où je dis
26:23qu'il y a besoin
26:24d'explications,
26:25de délicatesse
26:26de la part des autorités
26:27et en fait,
26:29on est dans un contexte
26:30où il est inutile
26:30de dire que les étudiants
26:31qui sont en train
26:32de contester aujourd'hui
26:33sont manipulés
26:34par les politiques.
26:35Oui,
26:36l'université,
26:37c'est un haut lieu
26:37de contestation,
26:39c'est le début
26:39de l'engagement politique.
26:41Évidemment,
26:41les politiques
26:42viennent chercher
26:42leur future.
26:43Vous dites ça
26:43parce que c'est une petite musique
26:44qui a été déstilée
26:46ces dernières heures ?
26:46Exactement.
26:48Donc,
26:48dans ce contexte-là,
26:49il faut être tout à fait transparent.
26:51Vous dites,
26:51nous ne négocions pas
26:52avec le FMI,
26:53nous refusons
26:54la restructuration
26:55proposée par le FMI,
26:57nous allons gérer
26:59la question de la dette
27:00avec nos propres ressources,
27:01nous allons faire
27:02des efforts
27:03en interne,
27:04mais il faut expliquer
27:05sur quoi on fait
27:06des efforts.
27:07Est-ce qu'on fait
27:07des efforts
27:08sur le plan
27:09de l'éducation ?
27:10Si tout le monde
27:11doit contribuer
27:11à l'effort,
27:12il faut expliquer
27:13aux citoyens
27:14sénégalais
27:15à quel niveau
27:16ils font des efforts.
27:17Évidemment,
27:17il y a sans doute
27:18des choses
27:19qui pourraient être,
27:20j'allais dire,
27:21mieux gérées
27:22au niveau
27:23de l'attribution
27:24des bourses.
27:27Moi,
27:27j'ai étudié
27:27en Afrique subsaharienne
27:28et je sais très bien
27:29qu'il y a une partie
27:31des étudiants
27:31qui,
27:32même après avoir
27:33fini leurs études,
27:34pendant de longues années,
27:35continuent
27:36à percevoir
27:37des bourses.
27:38Mais est-ce que
27:39cela représente
27:40la majorité ?
27:40Oui, on comprend bien
27:40que c'est comme un petit
27:41nouveau dos
27:42dans l'océan
27:43des problèmes.
27:43En fait, on est dans une situation
27:44où il faut gratter partout
27:45et toute économie
27:47est bonne à prendre.
27:48Mais tout ça,
27:48il faut l'expliquer,
27:49il faut l'expliquer
27:50très clairement.
27:51Sauf qu'on sait,
27:52Pierre-Élie de Rohan-Chabot,
27:54ce que les politiques
27:54d'austérité
27:55et notamment demandées
27:56par le FMI
27:57font alors
27:58autre contexte,
27:59autre continent.
28:00On se souvient bien sûr
28:01du cas grec.
28:02Est-ce qu'aujourd'hui,
28:03les Sénégalais,
28:05et je reviens
28:06à cette jeunesse
28:07parce que c'est elle
28:07qui nous intéresse
28:08aujourd'hui
28:08dans cette émission,
28:09peut entendre
28:10qu'il faut faire
28:12des efforts
28:13alors que la vie
28:14est déjà,
28:14et spécifiquement
28:15à Dakar,
28:16compliquée ?
28:18Que les produits
28:18de première nécessité
28:19sont chers ?
28:20Que se loger,
28:21ça coûte cher ?
28:22Est-ce que c'est audible,
28:24ça ?
28:24Non, justement,
28:26on sent bien
28:27que c'est pas...
28:30Disons qu'on sent
28:31que la communauté
28:32estudiantine,
28:33en tout cas,
28:34refuse d'être sacrifiée
28:35sur l'autel
28:36de cette austérité
28:38qu'on sent venir.
28:39Dont elle ne se sent pas responsable.
28:40Dont elle ne se sent
28:40absolument pas responsable.
28:42Et encore une fois,
28:44ce n'était pas du tout
28:45la promesse
28:45de ce gouvernement
28:47qu'ils avaient
28:48ardemment...
28:50Enfin,
28:50que cette communauté
28:50avait ardemment soutenu.
28:52Donc,
28:52bien évidemment,
28:53c'est un véritable défi
28:55et c'est une véritable équation
28:57que va devoir résoudre
28:59ce pouvoir
28:59s'il souhaite
29:00pouvoir continuer
29:02à maintenir
29:02une sorte de légitimité,
29:04de popularité.
29:05C'est comment,
29:06finalement,
29:06on va réussir
29:07à se sortir
29:09de l'ornière
29:10d'un point de vue économique
29:11sans avoir recours
29:12à cette politique
29:13d'austérité
29:14très dure
29:15qui risque,
29:16justement,
29:17de se traduire
29:18par énormément
29:19de heurts
29:20sur le plan social
29:21et sur le plan
29:23politique.
29:24On se souvient,
29:26je crois que c'était
29:26en juillet 2024,
29:29ces mots
29:29très forts
29:30d'Ousmane Sonko
29:31qui disait
29:32que l'avenir
29:32de la jeunesse
29:33ne se trouvait pas
29:34dans les pirogues.
29:35Il faisait
29:36allusion
29:37à ces milliers
29:38de Sénégalais
29:39qui ont quitté
29:40chaque année
29:40les côtes du Sénégal
29:42pour tenter
29:42d'atteindre
29:43de manière clandestine
29:45les îles Canaries
29:46vers l'Europe
29:47avec des dizaines
29:49de cas
29:49de noyades,
29:50sans parler du fait
29:51que ce rêve
29:52d'eldorado européen
29:53se heurte
29:54là encore
29:54bien souvent
29:55à la réalité
29:55pour ces jeunes
29:56Sénégalais.
29:57Vous parliez
29:58de l'enjeu
29:58de l'éducation
29:58tout à l'heure,
30:00Stéphane.
30:01La fuite,
30:02le départ,
30:04malgré eux,
30:04bien sûr,
30:05parce qu'on ne quitte
30:05jamais son pays natal
30:06avec une grande joie
30:09de ces Sénégalais,
30:10il fait mal
30:10à cette société.
30:12Mais bien sûr,
30:13il fait absolument mal
30:15et d'autant plus
30:16qu'il fait d'autant
30:17plus mal
30:17que quand on est
30:19dans une logique
30:20de transformation
30:22intégrale
30:25de l'économie
30:25qui signifie
30:26qu'on a besoin
30:27de ressources,
30:29de ressources humaines
30:30qualifiées,
30:31compétentes
30:32dans des domaines
30:33comme le pétrole,
30:34l'agriculture,
30:36la transformation,
30:37on a besoin
30:38de ces jeunes-là
30:39sur le plan national.
30:41Mais la question
30:42qui s'oppose aussi,
30:43c'est est-ce qu'on a
30:44les moyens
30:45de les absorber ?
30:47On parlait tout à l'heure
30:48du contexte économique
30:49qui est difficile.
30:51Vous savez,
30:51sur la question
30:52des jeunes qui partent,
30:54je pense que tout le monde
30:54a sa part de responsabilité,
30:56tout le monde
30:56a un rôle à jouer,
30:58y compris les pays d'accueil.
30:59C'est-à-dire qu'on est
31:00dans des pays...
31:01D'abord, le Sénégal,
31:02c'est un pays de départ.
31:05Évidemment,
31:05il y a des Sénégalais
31:06qui partent,
31:07mais il y a aussi
31:07des migrants
31:08qui viennent
31:08des pays voisins
31:10de la sous-région
31:12et qui partent
31:13du Sénégal.
31:15Donc, il y a
31:16un travail,
31:17j'allais dire,
31:18collectif à faire
31:19à la fois
31:19du côté des pays d'accueil,
31:22faciliter justement
31:24le mouvement
31:24des jeunes qualifiés.
31:26Que ce soit en France,
31:27en Espagne
31:28ou partout ailleurs,
31:30en Europe,
31:31on est content
31:31quand on a
31:33des étudiants
31:34qui viennent de l'étranger,
31:35qui sont qualifiés,
31:36qui sont bien formés
31:37et qui peuvent répondre
31:38à des besoins
31:39de main d'œuvre ici.
31:42Donc, il y a
31:42ce travail à faire.
31:43Ça, c'est sur le plan,
31:45j'allais dire,
31:46global et sur le plan national,
31:48sur le plan local,
31:49évidemment,
31:50il y a vraiment besoin,
31:51et j'insiste là-dessus,
31:53d'avoir ce discours
31:54de transparence.
31:56On a présenté,
31:56quand ils ont fait
31:57cette grande cérémonie,
31:59quand ils ont présenté
32:00le plan Sénégal
32:012000-2025,
32:03il y a de bonnes intentions
32:05dans tout ce qui est annoncé,
32:06la lutte contre la corruption,
32:08ce qui a énormément
32:09séduit les étudiants,
32:10une meilleure gouvernance.
32:12Mais tout cela,
32:13il faut l'accompagner
32:15d'une...
32:16Enfin, il faut aller plus loin
32:18dans la transparence,
32:19dans le discours
32:20et expliquer vraiment
32:22ce qu'on a envie de faire
32:23et dire aux gens,
32:24voilà ce que vous devez
32:25faire comme effort.
32:27Et surtout,
32:28quand on dit
32:29qu'on ne veut pas
32:32subir
32:33les conditions
32:35imposées par l'extérieur
32:37et qu'on a ce discours
32:38de souveraineté,
32:39de souveraineté,
32:39de dignité,
32:41la dignité commence
32:42par là aussi,
32:43par dire la vérité
32:44sur ce qu'est vraiment
32:45la situation.
32:46Ils l'ont fait,
32:47ça il faut le reconnaître,
32:48mais il faut aller
32:49encore plus loin
32:49pour dire ce qui va être
32:50fait.
32:51Oui, et que ce discours
32:53soit performatif.
32:54Il y a quelques semaines
32:55sur ce plateau,
32:56je recevais le philosophe
32:58sénégalais
32:59Fél Winsar
33:00qui parle beaucoup
33:03de cette idée
33:04de réenchanter
33:05l'Afrique
33:07et le Sénégal
33:08en particulier,
33:09mais quel degré
33:10de réalité ça a
33:11pour ces jeunes
33:11qui sont prêts
33:12à risquer leur vie
33:13sur des pirogues
33:14pour tenter la traversée
33:15vers des Canaries,
33:17de dire
33:18réenchantons,
33:19il y a un avenir
33:20pour vous ici,
33:21il y a des choses
33:22à construire.
33:24Je ne sais pas
33:25si le nombre
33:25de départs en pirogue
33:26a effectivement baissé
33:27depuis l'arrivée
33:29au pouvoir du PASTEF,
33:30mais il y a quand même
33:33encore beaucoup
33:33de candidats au départ.
33:35Ah oui,
33:35oui,
33:35non,
33:35tout à fait,
33:36c'est encore
33:36une véritable problématique
33:38au Sénégal,
33:41c'est encore
33:42très prégnant.
33:45Là,
33:46je pense que
33:47ce qui va être
33:48assez crucial,
33:49c'est d'arriver
33:50à comprendre
33:51si le pays
33:54est en mesure
33:54de finalement
33:55de restructurer
33:56sa dette,
33:57il y a pas mal
33:58de bailleurs
33:58qui sont en train
34:00d'essayer de convaincre
34:01les autorités sénégalaises
34:03d'opter pour
34:03une restructuration
34:04en expliquant
34:05que finalement,
34:06ce n'est pas
34:06un scénario
34:07qui serait celui
34:08du diktat,
34:10mais qui serait
34:11un scénario
34:11qui permettrait
34:11de donner un peu
34:12d'air à ce gouvernement.
34:14Parce qu'aujourd'hui,
34:15en fait,
34:15le problème que vous avez,
34:16c'est qu'une grande part
34:19du budget sénégalais
34:19risque d'être consacrée
34:20au remboursement
34:21de la dette.
34:21Donc finalement,
34:22tout l'argent
34:22qui devrait aller
34:23pour créer de l'emploi,
34:25pour justement,
34:26par exemple,
34:26payer ses bourses,
34:27et pour aider
34:29cette jeunesse,
34:30il ne pourra pas
34:31être mobilisé.
34:32Si vous avez
34:33une restructuration,
34:33certains bailleurs
34:35sont en train
34:35d'expliquer que justement,
34:36parce que vous différez
34:37le remboursement
34:38de la dette dans le temps,
34:39vous laissez au gouvernement
34:40davantage de manœuvre
34:42pour pouvoir consentir
34:45à ces dépenses-là.
34:47Mais néanmoins,
34:48ce n'est pas encore
34:49une option
34:49qui est unanimement
34:53accueillie
34:54au sein des rangs
34:55de ce gouvernement,
34:58parce qu'il y a évidemment
34:59un véritable enjeu
35:00de souveraineté
35:01si vous restructurez,
35:02vous laissez effectivement
35:03tous ces bailleurs
35:04et le FMI
35:05avoir beaucoup plus
35:06de droits de regard,
35:09etc.,
35:09dans vos comptes,
35:10etc.,
35:11et vous êtes beaucoup moins
35:12indépendant,
35:13autonome
35:13dans vos choix financiers.
35:15Et la souveraineté,
35:16elle était précisément
35:17au cœur du projet,
35:19Stéphane, oui ?
35:19Non, non,
35:20pour rebondir
35:20sur ce que disait
35:21Pierre-Élie,
35:22mon camarade,
35:23c'est ce point
35:25de l'idée
35:26d'avoir
35:26un bol d'air
35:28qui donne
35:28un petit peu
35:30plus de marché,
35:31d'autant plus important
35:32que selon les calculs
35:33des économistes
35:35et du FMI,
35:36le Sénégal va faire face
35:37là au mois de mars
35:39à une échéance
35:40importante
35:41en termes
35:42de remboursement
35:42de la dette,
35:43on parle de services
35:44de la dette
35:44qui vont atteindre
35:46le milliard d'euros
35:47qui est la somme
35:51la plus importante
35:52que le Sénégal
35:53doit rembourser
35:55cette année.
35:56Donc le contexte
35:57est tellement compliqué,
35:59tellement difficile
36:00que là,
36:01dans l'immédiat,
36:01il faut rapidement
36:02trouver une solution.
36:04Il faut rapidement
36:04trouver une solution
36:05soit par le FMI,
36:06soit par d'autres canaux.
36:08Il semble que
36:08les Sénégalais
36:09s'orientent
36:10vers le marché
36:11régional,
36:12aller chercher
36:13de la dette
36:14en monnaie locale
36:15en France
36:16et FA,
36:17mais la situation
36:18est difficile
36:18au Sénégal,
36:19mais elle est aussi
36:20en Côte d'Ivoire,
36:21elle est aussi
36:21un peu partout
36:23et tout le monde
36:23sollicite ce marché-là.
36:25Encore un mot
36:26sur la question
36:27de ces jeunes
36:27Sénégalais,
36:28pardon j'y reviens,
36:29je suis tenace,
36:30qui quittent le pays.
36:32Diomaïfaï avait promis
36:33de lutter bien sûr
36:33contre les passeurs,
36:34mais de s'attaquer aussi
36:35aux racines du problème
36:36et pour le coup,
36:37parmi les mesures concrètes
36:38qui ont été prises
36:39à la première année
36:40de mandat,
36:41le non-renouvellement
36:41des accords,
36:43enfin en tout cas
36:44des permis
36:46donnés
36:47aux pêcheurs européens
36:48de venir pêcher
36:49dans les eaux sénégalaises,
36:51la pêche étant,
36:52je crois,
36:52l'une des premières activités
36:53au Sénégal.
36:54Est-ce que ça,
36:55ça a donné de l'air ?
36:56Est-ce que ça a permis
36:56aux pêcheurs sénégalais
36:58de retrouver un peu de souffle ?
37:00Est-ce que ça a changé
37:00quelque chose ?
37:02Eh bien, en réalité,
37:03c'est encore assez tôt
37:05pour le dire.
37:06Effectivement,
37:08cet accord n'a pas été renouvelé
37:10et chacun s'est un peu
37:14renvoyé la balle.
37:15Donc, le Sénégal a pointé
37:17du doigt l'Union européenne
37:18qui elle-même avait,
37:19je crois,
37:20dégainé un carton jaune
37:22avant même
37:23que les autorités sénégalaises
37:24aient annoncé
37:25que l'accord
37:25ne serait pas renouvelé.
37:27En réalité,
37:29effectivement,
37:30l'Union européenne
37:30est une partie
37:32qui représente
37:34une partie du problème
37:35mais il y a un autre problème,
37:36il faut aussi le nommer,
37:37c'est celui de la surpêche
37:38qui est pratiquée
37:39par les chalutiers chinois
37:41et qui concerne
37:42pas uniquement
37:43le Sénégal
37:43mais tous les pays
37:44du Golfe de Guinée
37:45aujourd'hui.
37:46Tant que vous n'aurez pas
37:47résolu ce problème-là
37:49que fait peser
37:51cette flotte chinoise
37:53souvent fantôme
37:54parce que les bateaux
37:55ne sont pas déclarés
37:56toujours comme étant
37:58justement des bateaux chinois,
38:00vous ne serez pas
38:01en mesure de résoudre
38:02véritablement
38:02le problème
38:03de la surpêche
38:04et de la pêche
38:05illégale,
38:05illicite au Sénégal.
38:07Et puis ce type
38:09de mesures
38:10quand on
38:11rend ce type
38:12d'accords,
38:14on s'inscrit,
38:14là encore je me répète
38:16mais c'est important,
38:17dans le temps long
38:18parce que l'idée
38:19c'est quoi ?
38:19L'idée c'est de créer
38:20de l'activité
38:21sur le plan local
38:22c'est-à-dire là
38:23où autrefois
38:24les bateaux,
38:25les navires européens
38:27venaient pêcher
38:28et repartaient
38:29avec le produit
38:29de leur pêche
38:30et ce qui est voulu,
38:32ce qui est recherché
38:33par les nouvelles autorités
38:34en prenant cette décision
38:35c'est créer
38:36de l'activité localement
38:37à la fois pour les Sénégalais
38:38mais aussi inciter
38:40les pêcheurs internationaux
38:41à venir s'installer
38:42au Sénégal,
38:44pêcher en mer sénégalaise,
38:46transformer localement,
38:48puis exporter
38:49et cela permet
38:51de créer de l'emploi
38:52localement
38:54mais je vais dire
38:55c'est une décision
38:55qui a été prise
38:56l'année dernière
38:57ça fait à peine un an
38:59ça fait deux ans
39:00qu'ils sont au pouvoir
39:02pour donner le temps au temps
39:03Exactement
39:04Pour revenir sur l'image
39:06que j'utilisais
39:07au début de cette émission
39:09et ce contraste
39:10entre la victoire des Lyons
39:11et cette jeunesse
39:12un peu désenchantée
39:14autre élément
39:15qui vient un peu
39:16en contraste
39:18avec ces difficultés
39:19de la jeunesse sénégalaise
39:20ce sont ces Jeux Olympiques
39:21de la jeunesse
39:22qui vont être organisés
39:23au mois de cette année
39:24au mois de novembre
39:252026
39:26le Sénégal compte
39:27beaucoup
39:28sur ces Jeux
39:30je crois que c'est Omar Sy
39:30qui va être ambassadeur
39:31de l'événement
39:32en matière économique
39:34en matière touristique
39:34on va regarder quelques images
39:36je crois
39:36d'une des épreuves
39:37de lutte
39:38qui sera au cœur des Jeux
39:39et on en parle juste après
39:40face à l'océan
39:45un art ancien
39:46se rejoue
39:47inlassablement
39:48la lutte
39:49symbole de puissance
39:51mais aussi sport d'adresse
39:52un genou à terre
39:54ton adversaire
39:55marque un point
39:56si tu sors du cercle
39:57c'est un point aussi
39:58si tu tombes sur le dos
39:59trois points
39:59vous avez compris
40:00saluez-vous
40:02trois minutes de combat
40:05et trois points
40:06pour l'emporter
40:07dans la lutte de plage
40:08chaque geste compte
40:09coach Safietou
40:11entraîne ses jeunes
40:12âgés de 10 à 17 ans
40:13plusieurs fois par semaine
40:14on prépare les jeunes
40:20à l'endurance
40:21on améliore leurs techniques
40:22parce qu'il y en a beaucoup
40:23on se focalise aussi
40:25sur le règlement
40:25pour qu'ils l'apprennent
40:26on travaille toutes les techniques
40:28le filage
40:29le bras à la volée
40:30l'enfouissement
40:31le croche-pied
40:31le terrassement
40:32toutes ces techniques
40:33se travaillent
40:34je jouais à la lutte
40:38devant chez moi
40:39avec des amis
40:40le coach m'a repéré
40:41et m'a proposé
40:42de passer à l'entraînement
40:43ça m'a tout de suite plu
40:44en travaillant dur
40:46je sais que je pourrais
40:47progresser et percer
40:48dans le métier
40:49c'est pour ça
40:50que j'aime ce sport
40:51au Sénégal
40:56la lutte est tout un art
40:58de vivre
40:58en particulier
40:59sa version traditionnelle
41:00avec frappe
41:01avec plus de 4000 licenciés
41:03c'est le sport roi
41:05loin devant le football
41:06ses champions sont des idoles
41:08comme Modulo
41:09le roi incontesté
41:10des arènes
41:11il se félicite
41:12de l'entrée
41:13de la lutte de plage
41:14aux Jeux Olympiques
41:15de la jeunesse
41:16ici au Sénégal
41:18on a vraiment confiance
41:19en nous
41:19surtout pour ce qui est
41:20de la lutte
41:21surtout celle de plage
41:22personne ne peut nous battre
41:24si les jeunes travaillent dur
41:25ils peuvent faire
41:26de bonnes performances
41:27à la compétition
41:27seules la lutte de plage
41:31possède aujourd'hui
41:31un règlement international
41:33mais certains rêvent aussi
41:35de voir la lutte avec frappe
41:36rejoindre les disciplines
41:37olympiques
41:38l'objectif numéro un
41:40avec les générations
41:42qui viendront
41:42faire de sorte que
41:44cette lutte avec frappe
41:46soit pratiquée
41:47au niveau des Jeux Olympiques
41:48pourquoi pas
41:48c'est un rêve
41:50un peu
41:50en prenant
41:53l'aspect positif
41:54de la lutte olympique
41:55que vous voyez
41:56ce qui se passe
41:57sur un tapis
41:57essayer de
41:59s'adapter
42:00un peu
42:00à cette réglementation
42:01et en mettant
42:03notre patrimoine
42:05Au total
42:0735 sports
42:08sont au programme
42:09de Dakar 2026
42:11Dakar 2026
42:14les Jeux Olympiques
42:15de la jeunesse
42:15qui seront organisés
42:16au mois de novembre
42:17sujet d'Aminatou Diallo
42:18à Simon Martin
42:19et Sarah Sacco
42:21on l'a choisi
42:21avec une petite malice
42:23ce sujet
42:23Stéphane
42:25parce que
42:25pour conclure
42:26sur ce dont on parle
42:27depuis trois quarts d'heure
42:28c'est une lutte
42:29contre le temps
42:31qu'a engagé
42:32le gouvernement
42:33sénégalais
42:34avec cette ligne
42:35de crête
42:36de ce projet
42:38long terme
42:38avec une jeunesse
42:39elle qui n'a pas
42:39le temps d'attendre
42:40Absolument
42:41et peut-être que
42:42les jeux
42:42les JO de la jeunesse
42:43dont on parle
42:44dans ce sujet
42:46apporteraient
42:47j'allais dire
42:47un moment
42:49de répit
42:50aux autorités
42:51sénégalaises
42:52un moment
42:52de répit
42:53on sait
42:54tout l'engouement
42:55que suscite
42:55le sport
42:56de manière générale
42:58au sein de la population
42:59on l'a vu
42:59avec la canne
43:01qui a créé
43:01ce moment
43:02d'unité nationale
43:03de cohésion
43:04où tout le monde
43:05s'est retrouvé
43:06où on a oublié
43:08pendant un moment
43:09la question
43:09de la dette
43:10la question
43:11des disputes politiques
43:12que ce soit
43:13entre
43:13Ousmane Sonko
43:14et Bashir
43:14la question
43:16tout simplement
43:17des difficultés
43:18de la vie quotidienne
43:20mais c'est un temps
43:21de répit
43:21qu'il faudra mettre
43:22au profit
43:24j'entends
43:25pour les autorités
43:26pour justement
43:27décider
43:29choisir
43:30en toute sérénité
43:32ce qu'ils
43:33doivent faire
43:34pour les échéances
43:37qui vont arriver
43:38très vite
43:38la démocratie
43:39sénégalaise
43:40a été l'honneur
43:41de cette région
43:43du monde
43:43en 2024
43:44elle s'est sortie
43:45par le haut
43:45d'années très dures
43:47elle est là
43:47à un moment
43:48il est presque plus important
43:49encore ce moment-là
43:50qu'il y a deux ans
43:51au moment de l'élection
43:52de Bashir
43:53ou du Maïfaï
43:53parce que là
43:54on est vraiment
43:54dans le dur
43:55on est dans le réel
43:55oui oui
43:57non
43:58tout à fait
43:59c'est un moment
43:59qui va être très attendu
44:01et sur lequel
44:02le gouvernement
44:03va chercher
44:05va sans doute
44:06chercher à capitaliser
44:07comme il l'a fait
44:08dans la foulée
44:09de la canne
44:10maintenant encore une fois
44:11un des défis majeurs
44:12c'est d'arriver
44:13à faire en sorte
44:14que ces jeux
44:15se préparent
44:15sous les meilleurs auspices
44:17parce qu'il y a plein
44:18de problématiques
44:19d'infrastructure
44:20de logistique
44:21qui se posent
44:22aujourd'hui
44:22vous avez une compagnie
44:23nationale sénégalaise
44:25qui est en crise
44:26vous avez également
44:27le TER
44:28qui va être clé
44:30pendant ces jeux
44:30parce qu'il est censé
44:31acheminer les gens
44:32depuis la ville de Dakar
44:33jusqu'à l'aéroport
44:34international de Blaise-Diagne
44:37en passant
44:38par la nouvelle ville
44:39de Diamiadio
44:39où il y a
44:40tout un certain nombre
44:42d'infrastructures sportives
44:43et bien ce TER
44:43aujourd'hui
44:44il y a des incertitudes
44:45quant à son financement
44:47parce que là encore
44:48il y a une problématique
44:49des arriérés de paiement
44:49donc ça va être
44:51un rendez-vous clé
44:52pour ces nouvelles autorités
44:53et puis une allocation
44:54des ressources
44:55qu'il faudra là encore
44:56accompagner d'un discours
44:58vous le disiez
44:58de vérité
44:59de transparence
45:00on en reparlera
45:01merci beaucoup
45:01à tous les deux
45:02d'avoir participé
45:03à cette émission
45:04je salue encore
45:04Liman Daoua Dakar
45:05et les équipes
45:06de France 24 au Sénégal
45:07émission à revoir
45:08en replay
45:09réécoutée en podcast
45:10on se retrouve
45:10dans un quart d'heure
45:11pour la suite
45:12de ce rendez-vous d'info
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