00:00On attribue aux magistrats du siège, bien évidemment, les vertus d'impartialité.
00:07Et ils l'ont, cette vertu.
00:10Maintenant, ça reste des femmes et des hommes qui rendent une décision.
00:14Et ils ne peuvent pas être impactés également par le contexte, d'une part,
00:20et également leur propre vie, leur propre vie au sens large,
00:24c'est-à-dire culturelle, religieuse, leurs propres opinions politiques.
00:28Ça ne devrait pas rentrer en compte, mais forcément, c'est également un facteur qui a été pris.
00:35Moi, je sais, parce que je connais très bien Rodolphe Bosselut,
00:43qui est un ami et qui est vraiment un avocat de talent.
00:49Il a très bien défendu Mme Le Pen.
00:53J'ai pu converser avec lui.
00:54L'audience s'est beaucoup mieux passée qu'en premier instant.
00:58C'est-à-dire que les débats...
00:58Mais c'est souvent le cas devant la Cour.
01:00Devant la Cour, il y a une écoute, on va dire, plus apaisée, toujours.
01:04Le tribunal, c'est vraiment toujours agressif au sens judiciaire du terme.
01:08C'est-à-dire que c'est vraiment, on est sur le ring.
01:10La Cour, il y a une écoute.
01:12Il y a davantage de recul qui est pris par les magistrats.
01:15Ils ont pu développer leur défense, qui est très juridique,
01:20pour justement démontrer que la poursuite qui a été faite par le parquet national financier
01:27est une poursuite qui, juridiquement, n'est pas fondée en droit.
01:32D'ailleurs, ils l'ont changée en cours de route,
01:34puisqu'au début, ils étaient poursuivis pour escroquerie et abus de confiance.
01:38Et en fin de course, la poursuite est différente,
01:42puisqu'on est sur des détournements de fonds publics européens.
01:46Donc, on est dans une situation qui est très juridique.
01:49Bien évidemment, on ne peut pas gommer ce qui s'est passé en première instance.
01:53C'est-à-dire que même s'il y a la présomption d'innocence du fait de l'appel,
01:57la motivation du jugement, elle a quand même son intérêt,
02:01puisque d'ailleurs, les avocats la plaident en disant
02:03« le tribunal a dit que ça ».
02:05Donc, vous voyez, on ne le balaye pas complètement.
02:07« Le tribunal a dit que ça.
02:08Vous ne pourrez pas confirmer ce qu'a dit le tribunal pour telle et telle raison. »
02:12Donc, il y a un appui.
02:13Donc, il m'a dit, et je le crois qu'il est assez confiant.
02:18Ensuite, j'ai lu le papier du Figaro ce matin,
02:23du chroniqueur judiciaire Stéphane Durand-Soufflant,
02:26qui a suivi le procès,
02:27où il dit vraiment que la défense de Marine Le Pen,
02:32elle a pas mal torpillé les réquisitions du parquet.
02:37À la fin, on a toujours cette difficulté.
02:39Et ça, je ne sais pas comment la Cour l'appréciera.
02:41C'est ce fameux mail, ou courriel, pour parler mieux français,
02:46du parlementaire européen Schaffhauser,
02:50pardonnez-moi si j'écorche son nom,
02:52à Valorant de Saint-Just,
02:54et avec Valorant de Saint-Just,
02:55qui répond en disant
02:57« Oui, mais Marine le sait tout ça, alors que dans le mail. »
03:02Donc ça, c'est la difficulté de ce dossier.
03:05Est-ce que la Cour passera outre ?
03:07Parce que les éléments précédents juridiques l'ont démonté.
03:12Et pour faire un peu, j'allais dire, plus l'avocat,
03:15on sait que quand on a une défense forte,
03:18même si elle ne permet pas la relaxe,
03:20mais que vos arguments sont entendus,
03:24ça joue sur la peine.
03:25C'est-à-dire que la culpabilité n'est pas la même.
03:27C'est-à-dire qu'on pourrait très bien avoir,
03:29en effet, une peine prononcée,
03:32mais avec une éligibilité beaucoup moindre.
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