Skip to playerSkip to main content
  • 4 days ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00RFI et France 24 présentent Mardi Politique.
00:20Bonsoir et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de Mardi Politique sur France 24 et RFI.
00:26Et ce soir, notre invitée est la sénatrice écologiste des Français de l'étranger, Mélanie Vaugelle.
00:33Bonsoir.
00:33Bonsoir.
00:34Le Premier ministre devrait signer le décret de programmation pluriannuelle, la fameuse PPE,
00:42Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, à la fin de la semaine.
00:44Elle est attendue depuis environ deux ans et demi.
00:47Oui, presque trois ans.
00:48Est-ce qu'un engagement de cette ampleur qui porte, rappelons-le, sur la politique énergétique de la France
00:55pour les dix prochaines années ne devrait pas, selon vous, être débattu au Parlement ?
01:00Alors, ça aurait dû, évidemment.
01:02Moi, je regrette qu'on en soit arrivé là.
01:05Au fond, contraint de, effectivement, passer par décret,
01:09parce que les décrets sont devenus absolument indispensables.
01:13Aujourd'hui, on a des filières qui n'ont pas d'objectif et pas de perspective
01:17et qui, sans objectif, seraient obligées de licencier, de faire...
01:21Mais on a deux ans et demi de retard.
01:23On ne pouvait pas prendre, je ne sais pas, un mois ou deux mois de plus pour en débattre au
01:26Parlement ?
01:26Malheureusement, non, puisque nous sommes dans une situation où, sans décret,
01:33qui sont essentiels pour que les filières puissent répondre aux appels d'offres,
01:41nous avons des filières qui ne tiendront plus d'ici quelques mois.
01:44Donc, ils sont absolument nécessaires, ces décrets.
01:47Évidemment, nous aurions préféré, j'aurais préféré, un projet de loi
01:50avec un débat normal au Parlement, pas celui qu'on a eu,
01:55avec des études d'impact.
01:57C'est aussi l'intérêt d'un projet de loi.
01:59Nous avons pris près de trois ans de retard sur quelque chose
02:02et c'est ça qu'il faut avoir en tête,
02:04qui est d'un intérêt stratégique majeur.
02:08Ce qui est en jeu avec la PPE, ce n'est pas simplement des détails de chiffres techniques.
02:13C'est l'avenir énergétique de notre pays, notre souveraineté, la paix en dépend.
02:17C'est le climat, puisque selon le mix énergétique que nous choisissons,
02:22nous accélérons ou non notre sortie des énergies fossiles.
02:25C'est le prix de l'énergie.
02:26À travers le prix de l'énergie, c'est le pouvoir d'achat.
02:29Et enfin, ce sont des emplois, puisque aujourd'hui,
02:31nous avons près de 150 000 emplois en France
02:34qui dépendent directement ou indirectement des renouvelables.
02:36Et donc, aujourd'hui, je suis contrainte de vous dire
02:40que nous attendons les décrets.
02:41J'aurais bien aimé, effectivement, qu'il y ait un vote au Parlement.
02:44Ça n'a pas été possible, mais les décrets sont urgents.
02:47Alors, d'après ce que l'on en sait,
02:48cette PPE devrait réduire la progression du solaire
02:56et de l'éolien terrestre.
02:57À l'inverse, la part du nucléaire devrait monter en puissance.
03:01J'imagine que ce sont des arbitrages qui ne vous conviennent pas tout à fait.
03:04Voilà, disons, si vous voulez, j'ai deux messages.
03:09Nous sommes un peu soulagés sur la question des renouvelables
03:15parce qu'à un moment donné, il était question...
03:17Je dis ça avec beaucoup de précaution parce que les décrets
03:19n'ont pas été signés et je ne les ai pas vus.
03:22Mais les informations que nous avons eues indiquent
03:25qu'on évite la catastrophe sur les renouvelables.
03:29La catastrophe, ça aurait été le moratoire de fait
03:31qui était demandé par une partie de la classe politique d'ailleurs.
03:34Nous éviterions cette catastrophe.
03:37Ce n'est pas assez,
03:39mais ça permet de donner une perspective
03:42pour la filière malgré tout.
03:44Et sur le nucléaire, je suis consterné
03:47qu'on choisisse encore une fois,
03:50non pas de continuer d'investir dans notre parc vieillissant
03:54qui a malgré tout besoin d'investissement
03:55pour pouvoir, disons, produire de l'électricité de manière sûre,
04:01mais qu'on réentre dans le nucléaire une nouvelle fois
04:04alors que nous savons aujourd'hui
04:06que nous avons une alternative sûre, pas chère,
04:10qui garantit notre souveraineté énergétique,
04:13qui crée des emplois non délocalisables
04:15qui sont les énergies renouvelables.
04:16Il n'y a pas de rationalité économique, climatique
04:21à choisir le nucléaire.
04:23Maintenant, on est...
04:24Mais ce que représente le nucléaire aujourd'hui
04:26dans la production d'électricité en France
04:28est tout à fait considérable.
04:29Bien sûr.
04:30Et si on abandonnait complètement à terme le nucléaire,
04:34j'ai vu qu'il faudrait 55 000 mètres carrés
04:38de panneaux solaires
04:39pour remplacer une centrale nucléaire.
04:42C'est vertigineux tout de même, non ?
04:44Non, alors d'abord, il ne s'agit pas d'avoir un mix énergétique...
04:46C'est-à-dire 55 km².
04:48Oui, mais il ne s'agit pas d'avoir un mix énergétique
04:50avec que du solaire.
04:51Les énergies renouvelables, c'est le solaire,
04:53c'est l'éolien terrestre, c'est l'éolien offshore,
04:56c'est l'hydraulique, etc., la géothermie.
04:58Il nous faut un mix équilibré.
05:01Équilibré au niveau européen, par ailleurs,
05:02puisque nous avons des zones de production
05:04à certains moments en Europe,
05:06d'autres qui consomment à d'autres moments,
05:07et donc il faut que ce soit un projet européen.
05:09Bon, donc nous, ce que nous voulons,
05:12ce n'est pas sortir du nucléaire demain matin.
05:14Tout le monde est bien conscient que ce n'est pas le sujet.
05:16C'est impossible pour un pays
05:17qui a une telle part de production de l'électricité
05:19par le nucléaire.
05:20La question, ce n'est pas
05:22est-ce qu'on en sort demain matin ou pas ?
05:24La question, c'est la perspective,
05:28le chemin qu'on prend.
05:29Est-ce que c'est vers un mix énergétique
05:31avec de plus en plus de renouvelables
05:33jusqu'à atteindre 100%
05:35ou est-ce qu'on continue d'augmenter ?
05:38Et là, c'est ce qu'on va faire.
05:38On va réinvestir dans des EPR
05:40qui, enfin, personne ne peut contester
05:44le fait que l'EPR de Flamanville,
05:45ça n'a pas été une très bonne expérience
05:47pour la France.
05:47C'est-à-dire qu'il a pris un retard complètement fou.
05:4912 ans de retard, 20 milliards en plus.
05:5220 milliards en plus.
05:53Il n'y a pas de rationalité, en fait, à faire ça.
05:55Et donc nous, on a toujours dit
05:57on ne va pas sortir du nucléaire demain matin.
06:00Par contre, notre argent,
06:02on l'investit dans ce qui est le plus intelligent,
06:04les renouvelables.
06:05On monte en capacité sur les renouvelables.
06:08Et petit à petit, quand on peut,
06:10on ferme petit à petit
06:12nos centrales vieillissantes
06:13en commençant par les plus greilles
06:14et par les plus dangereuses.
06:16Ça prendra du temps.
06:17Mais c'est le chemin.
06:18Je le disais, donc,
06:19la part de l'éolien terrestre
06:20devrait diminuer dans cette PPE.
06:23Il faut quand même reconnaître que
06:26personne ou presque ne veut
06:28d'éoliennes dans son environnement immédiat.
06:32Comment on répond à ce problème ?
06:34Est-ce que vous seriez favorable,
06:35vous, par exemple,
06:36à un peu plus de fermeté
06:37dans le déploiement des parcs éoliens ?
06:41Oui, en fait,
06:42on a eu, pour le nucléaire,
06:45quand la France a décidé
06:46de lancer le programme nucléaire,
06:48on ne s'est pas embêté
06:49de consultations locales.
06:51Est-ce que vous êtes d'accord
06:51pour mettre une centrale
06:52à côté de chez vous ?
06:53Ça a été un pilotage
06:56très centralisé.
06:58Parce qu'on considérait à l'époque
07:00que c'était un intérêt stratégique essentiel.
07:03Pour les renouvelables,
07:04c'est pareil.
07:05On a un intérêt national
07:07et européen, en réalité,
07:09à déployer les renouvelables
07:10de manière équilibrée
07:11sur le territoire
07:12et de manière intelligente.
07:13On sait très bien
07:14qu'il y a des endroits
07:15où c'est plus intelligent
07:17de mettre des éoliennes sur terre.
07:18Il y a d'autres endroits
07:19où c'est plus utile
07:20qu'elles soient en mer.
07:21Et donc, il faut piloter ça
07:23au niveau national
07:23de manière équilibrée.
07:24Comme on ne l'a pas fait,
07:25il y a effectivement
07:26des départements
07:27où il y en a beaucoup
07:28et d'autres départements
07:29où il n'y en a pas du tout.
07:31Et donc,
07:31ce n'est pas en ayant
07:33simplement des décisions locales
07:35qu'on va s'en sortir.
07:36Il faut qu'il y ait
07:36un pilotage national
07:38pour équilibrer
07:39sur le territoire
07:39et aussi pour équilibrer
07:41entre les énergies.
07:43Avant d'en venir
07:43à la loi Dupland,
07:45je voudrais qu'on évoque
07:46cette découverte
07:47dont on parle assez peu.
07:48Ce n'est pas tout récent,
07:49mais qui pourrait,
07:51dit-on, profondément,
07:52enfin, dit-on,
07:53ce sont des spécialistes
07:53qui le disent,
07:54ce n'est pas moi,
07:55profondément bouleverser
07:56la politique énergétique
07:57de la France.
07:58Il s'agit de ce gigantesque
08:00gisement d'hydrogène blanc
08:02en Lorraine,
08:0346 millions de tonnes,
08:05peut-être l'un des plus
08:06importants au monde.
08:07L'hydrogène blanc,
08:09je ne vais pas m'aventurer
08:10dans des explications techniques
08:11très avancées.
08:11C'est qu'il est naturel,
08:12on n'a pas besoin de...
08:13Il a l'avantage
08:14d'être disponible
08:15à l'état naturel
08:16et exploitable quasiment
08:17à l'état naturel
08:19sans avoir besoin
08:20d'opérations de transformation
08:21qui seraient polluantes.
08:23Est-ce que vous fondez
08:24des espoirs sur cette filière ?
08:27Écoutez, moi, je pense
08:30que c'est une découverte
08:32intéressante,
08:33que c'est utile
08:34de faire des recherches,
08:36mais je crois qu'il faut se garder
08:38d'avoir des espoirs
08:40un peu démesurés
08:41et de penser que ça va être
08:42une solution miracle.
08:43On n'a pas aujourd'hui
08:44de certitude sur les quantités,
08:46sur le coût de l'exploitation,
08:47et puis on a des débouchés
08:49assez limités
08:50pour l'utilisation
08:51de l'hydrogène aujourd'hui.
08:53Ça peut avoir une utilité
08:54pour certains usages,
08:56notamment le transport lourd,
08:58mais on ne va pas avoir
08:59la consommation d'énergie
09:01en France qui est massivement
09:03issue de l'hydrogène.
09:04Donc, je ne suis pas contre,
09:07mais je pense qu'il ne faut pas
09:10mettre tous nos œufs
09:11dans ce panier-là
09:12parce qu'on a fait
09:13cette découverte
09:13et cesser d'investir
09:16là où on est sûr
09:16à 100% que c'est utile,
09:18c'est-à-dire les énergies renouvelables
09:19dont on sait qu'elles fonctionnent.
09:20On ne peut pas dépenser
09:21son argent public deux fois,
09:23donc on a des choses
09:24qui sont sûres.
09:25C'est sûr que le solaire,
09:26ça marche.
09:26C'est sûr que l'éolien,
09:27ça marche.
09:28C'est sûr que la géothermie,
09:30ça marche.
09:30Donc, investissons là-dessus.
09:32Ne nous privons pas
09:33de faire des recherches
09:34si c'est utile, tant mieux,
09:36mais ne misons pas
09:37tout notre argent,
09:38notre intérêt,
09:38notre avenir
09:39sur quelque chose
09:40qui, pour l'instant,
09:40n'est pas certain
09:41ni dans sa réalité
09:43ni dans les usages à venir.
09:47Un débat va avoir lieu demain
09:48à l'Assemblée nationale
09:49sur la loi Duplon.
09:50C'est la conséquence
09:51du succès de la pétition
09:53contre cette proposition
09:54de loi du sénateur
09:55LR Laurent Duplon
09:57qui avait recueilli
09:58un peu plus de 2 millions
09:58de signatures.
09:59Un débat qui interviendra
10:01au moment où
10:02Laurent Duplon
10:03dépose une nouvelle
10:04proposition de loi
10:05pour réintroduire
10:06temporairement
10:07certains produits
10:08de la famille
10:08des fameux néonicotinoïdes.
10:11Lorsqu'il affirme,
10:13Laurent Duplon,
10:14que les agriculteurs français
10:15sont victimes
10:16de concurrence déloyale
10:18parce que nous importons
10:19des produits
10:20venus de pays
10:21où ces pesticides
10:22sont utilisés,
10:23est-ce qu'il dit vrai ?
10:25Alors,
10:26oui, c'est vrai.
10:27Il y a des importations
10:29de produits
10:29où il y a l'utilisation
10:31de pesticides
10:31qui sont interdits en France
10:32et donc c'est quoi la solution ?
10:34C'est dégrader
10:35la santé publique en France.
10:35C'est d'interdire
10:36l'importation de ces produits ?
10:37C'est évidemment,
10:39un,
10:40de garantir
10:41qu'on ait
10:42l'impossibilité
10:43de consommer en France
10:45des produits
10:45qui ont utilisé
10:46des substances
10:47que nous considérons
10:48trop dangereuses
10:49pour être autorisées.
10:50Ça, c'est la première chose.
10:51Et la deuxième chose,
10:52c'est que la France
10:53devrait s'enorgueillir
10:55d'avoir interdit
10:56une substance
10:57dont aujourd'hui
10:58toutes les études confirment
10:59qu'elle est profondément
11:00dangereuse
11:01pour la santé humaine
11:02et pour l'environnement.
11:04Et notamment les abeilles.
11:06Mais derrière les abeilles,
11:07il y a toute la biodiversité.
11:08Oui, parce qu'elles sont
11:09essentielles dans la chaîne.
11:10Et donc,
11:10au lieu de solutionner
11:13par le bas
11:14en disant
11:14bah non,
11:14mais alors,
11:15comme dans d'autres pays
11:17du monde
11:17et en Europe,
11:18on utilise quelque chose
11:20de très dangereux.
11:21Et bien,
11:22utilisons-le aussi en France.
11:23Non,
11:23nous,
11:24ce que nous proposons,
11:25c'est l'inverse,
11:25c'est d'avancer par le haut.
11:26La France devrait,
11:28au contraire,
11:29au niveau européen,
11:30porter l'interdiction
11:31au niveau européen,
11:33porter les clauses miroirs
11:34au niveau européen
11:35plutôt que de prendre
11:36des dispositions
11:37qui sont,
11:38et Laurent Duplon,
11:40qui est issu
11:41de la FNSEA,
11:42c'est-à-dire
11:42d'une partie...
11:45Le principal syndicat agricole
11:46en France.
11:47Oui,
11:47mais qui représente
11:48les intérêts
11:49d'une petite partie
11:50des agriculteurs.
11:52Eh bien,
11:52il est...
11:52Enfin,
11:53d'une petite partie,
11:53d'une partie,
11:54pas d'une petite.
11:55des agriculteurs.
11:56Non,
11:56parce que dans
11:57les exploitations,
11:59les grands exploitants,
12:00certes,
12:01se font beaucoup d'argent,
12:02mais les employés,
12:03beaucoup moins.
12:04Et donc,
12:04ils mènent aujourd'hui
12:05un combat d'arrière-garde
12:07qui veut nous faire reculer
12:10dans l'interdiction
12:11des pesticides.
12:12C'est quand même hallucinant,
12:14alors que toutes les études scientifiques
12:15démontrent qu'il faut en sortir,
12:17qu'ils voudraient nous faire reculer
12:19contre la santé publique,
12:21les citoyens,
12:22plus de 2 millions
12:23qui ont signé cette pétition,
12:24et puis contre,
12:26au fond,
12:26l'avenir de tout le reste
12:29de notre filière agricole
12:30qui dépend de la transition
12:32agricole vers un modèle durable.
12:34Donc,
12:34moi,
12:34je trouve que c'est insultant
12:36pour les Français,
12:37pour le débat démocratique,
12:38et qu'au fond,
12:40et je souhaite que le débat
12:41qui va avoir lieu demain
12:43à l'Assemblée
12:44démontre cela,
12:45qu'en fait,
12:46à un moment donné,
12:47le Parlement se mette du côté
12:48de l'intérêt général,
12:50de l'environnement,
12:51de la santé publique.
12:52L'accord de libre-échange
12:53avec le Mercosur
12:54qui vient d'être conclu,
12:56est-ce qu'il va aggraver
12:58ce genre de déséquilibre
12:59entre pays
13:00qui s'astreignent
13:03au non-usage de produits
13:04et à ceux
13:05qui continuent
13:05de les utiliser ?
13:07C'était effectivement
13:08un des débats.
13:10Le grand débat
13:11des accords commerciaux
13:12au niveau européen,
13:14c'est la question
13:15de ce qu'on appelle
13:16les clauses miroirs.
13:17C'est-à-dire,
13:17est-ce que nous sommes
13:18en capacité
13:18de garantir
13:20que lorsque nous établissons
13:22au niveau européen
13:24des normes
13:25et nous avons la chance
13:26d'avoir en Europe,
13:27malgré tout,
13:29les normes sanitaires,
13:30la protection
13:31des produits alimentaires,
13:32la meilleure du monde,
13:34quand nous établissons
13:35des règles,
13:36les clauses miroirs,
13:37ça veut dire
13:38qu'on ne peut pas
13:39importer des pays
13:40qui violent ces règles.
13:42Eh bien,
13:42aujourd'hui,
13:43nous ne sommes pas encore
13:44en capacité au niveau européen
13:45de faire cela
13:45et c'est évidemment
13:46un problème très important.
13:47C'est la raison pour laquelle
13:48les écologistes
13:48ont toujours mené
13:49le combat
13:50contre les accords commerciaux
13:51qui ne prévoyaient pas
13:53de clauses miroirs.
13:53Il nous reste quelques minutes,
13:55Mélanie Vogel.
13:56Je voudrais vous entendre
13:57sur la nomination
13:59annoncée pour demain
14:00en Conseil des ministres
14:01par le Président de la République
14:03de la ministre
14:04des Comptes publics
14:05Amélie de Montchalin
14:06au poste de première présidente
14:09de la Cour des Comptes.
14:10On dit la plupart du temps
14:10on dit présidente
14:11de la Cour des Comptes.
14:13Rappelons que la Cour des Comptes
14:14surveille les comptes publics.
14:16Est-ce que vous y voyez
14:17quelque chose
14:18qui ressemblerait
14:19à une forme
14:19de conflit d'intérêts ?
14:21Ah mais,
14:22en fait,
14:23j'aimerais tellement
14:24qu'une fois,
14:25Emmanuel Macron
14:26prenne une décision
14:27qui n'abîme pas
14:28les institutions.
14:29Si vous voulez,
14:30moi,
14:30je n'ai rien
14:30d'un point de vue
14:31des compétences
14:32contre Amélie de Montchalin.
14:33Je pense que c'est
14:33quelqu'un qui est compétent,
14:35qui connaît le sujet.
14:35On n'est pas d'accord
14:36politiquement,
14:37mais je ne conteste pas
14:38qu'elle connaît le sujet.
14:39Mais elle va se retrouver,
14:40si elle est nommée,
14:41dans une situation
14:42de conflit d'intérêts
14:42permanent.
14:44Son travail,
14:45ce sera de contrôler
14:47les budgets,
14:48les choix budgétaires
14:49qu'elle a elle-même fait
14:51en étant ministre
14:52des Comptes publics.
14:52C'est une situation
14:53de conflit d'intérêts
14:55qui est ingérable
14:56pour un individu.
14:57Et donc,
14:57je trouve que
14:58après la nomination
14:59de Richard Ferrand
15:00au Conseil constitutionnel,
15:02cette nomination-là,
15:03c'est un espèce
15:05de mépris
15:07du sérieux
15:08des institutions
15:09qui aggrave
15:10progressivement
15:10la crise démocratique.
15:11Il n'est pas le premier,
15:12Emmanuel Macron,
15:13à nommer des proches
15:14à l'approche
15:16de la fin de son mandat.
15:17Ce n'est pas bien,
15:18ce n'est pas bien.
15:18Il ne faut pas faire ça.
15:19En fait,
15:20ce sont des institutions
15:21qui sont importantes
15:22dans notre équilibre
15:24institutionnel.
15:24La Cour des comptes,
15:25elle est là pour contrôler
15:27le budget de l'État
15:29et donc les choix budgétaires
15:30et pour éclairer
15:32le débat public
15:32sur les choix budgétaires
15:34à venir.
15:35Et en fait,
15:35d'avoir quelqu'un
15:36qui a été très proche
15:37du président de la République
15:38pendant dix ans
15:39et qui est comptable
15:40des choix budgétaires
15:40qui ont été faits
15:41par la France
15:41pendant toutes ces années,
15:43ça ne donne pas confiance
15:45dans l'institution,
15:46ça dégrade la légitimité
15:48de la démocratie en France
15:49et je crois que c'est
15:50une très mauvaise chose
15:51pour notre pays,
15:52y compris pour elle.
15:53Donc moi,
15:54je le regrette profondément.
15:56Autre décision controversée
15:57qui n'a rien à voir d'ailleurs,
15:58mais ces derniers jours,
16:00le ministre de l'Intérieur
16:01a classé la France insoumise
16:03à l'extrême gauche.
16:05Jean-Luc Mélenchon
16:06et plusieurs cadres
16:07du mouvement
16:08s'en sont vivement émus
16:10et ont dénoncé
16:11cette décision.
16:13Est-ce que pour vous,
16:14extrême gauche,
16:15c'est une étiquette
16:16qui correspond ou pas
16:18à ce qu'est aujourd'hui
16:19la France insoumise ?
16:21Non, en fait,
16:22on peut avoir des désaccords
16:23avec la France insoumise,
16:24mais la France insoumise
16:25n'est pas un mouvement
16:26d'extrême gauche.
16:27L'extrême gauche,
16:28alors il n'y a évidemment
16:29pas de définition
16:31parfaitement consensuelle
16:32dans le monde académique
16:33sur ce qu'est l'extrême gauche,
16:34mais habituellement,
16:35on considère
16:36que l'extrême gauche,
16:36ça regroupe des mouvements
16:38de type révolutionnaire
16:40qui généralement
16:41ne souhaitent pas
16:42accéder au pouvoir
16:43par les urnes,
16:44ce qui n'est pas le cas
16:45de la France insoumise,
16:46qui est un parti
16:46qui a été créé
16:47pour accéder au pouvoir
16:49par les urnes.
16:50Et puis,
16:51sur le fond des propositions,
16:52j'invite Laurent Nunez
16:53à se renseigner
16:54sur ce que sont
16:55les propositions
16:55de l'extrême gauche.
16:57Des propositions classiques
16:58de l'extrême gauche,
16:59c'est l'abolition
17:00de la propriété privée,
17:02c'est la collectivisation
17:04totale des moyens
17:05de production,
17:05c'est la fin de la police.
17:08C'est ça,
17:08des propositions
17:09d'extrême gauche.
17:09La France insoumise
17:10n'est pas un parti
17:11d'extrême gauche.
17:12Et le fait,
17:14en fait,
17:15ce qu'ils cherchent à faire,
17:16et moi,
17:16c'est ça qui m'inquiète
17:17en plus du manque
17:18de culture politique
17:21sur ce qu'est
17:22l'extrême gauche,
17:22ce qu'ils cherchent à faire,
17:23c'est à réduire
17:25l'espace républicain
17:28au plus petit dénominateur
17:29et de dire,
17:30en fait,
17:30tout ce qui est
17:31trop à gauche,
17:32c'est extrême,
17:32et puis à l'extrême droite
17:33d'un côté,
17:34tous les autres...
17:35Et en fait,
17:36l'espace républicain
17:38dans leur récit
17:40se réduit petit à petit.
17:41Et je pense
17:42que c'est grave
17:43et on peut combattre.
17:45C'est normal
17:46dans un espace démocratique
17:48les partis
17:48sur leurs idées,
17:49mais pas en les classant
17:50n'importe comment.
17:51Merci,
17:51Mélanie Vogel,
17:52d'être venue
17:54à Mardi Politique.
17:55Merci.
17:55C'est la fin
17:56de cette émission.
17:57Très bonne soirée.
17:58Merci à Camille Nérand
17:59et Flore Simon
18:00pour leur contribution.
18:01Bonne soirée.
Comments

Recommended