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  • il y a 13 minutes
Loic Philippoteaux
UPSTI : Union des Professeurs de Sciences et Techniques Industrielles
membre du CA de l’UPSTI, enseignant en CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles) JOURNEE FEMMES & INGENIEURES, REUSSIR EN SCIENCES ET TECHNOLOGIES au Lycée de la Borde Basse à Castres le 5 février ou à Lycée Déodat de Séverac à Toulouse le 23 mars

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😹
Amusant
Transcription
00:007h20, c'est l'éco d'ici, rendez-vous économique de votre région.
00:05Comment faire pour que les filles choisissent des filières scientifiques ?
00:08C'est une des missions que se sont fixées des enseignants, Mathieu Ferry.
00:11Oui, d'ailleurs, ils organisent tout le mois de février et mars des événements dans les lycées de la région.
00:14Et on en parle ce matin avec un prof de sciences au lycée Déoda de Sévrac à Toulouse.
00:18Bonjour Loïc Philippotot.
00:20Bonjour.
00:20On va faire un constat déjà avec vous, vos classes ont un problème, il y a trop de garçons, c'est ça ?
00:25Alors oui, moi je suis enseignant en classe réparatoire scientifique aux grandes écoles
00:28et on fait le constat que, bien évidemment, on n'a pas assez de filles.
00:31Par exemple, dans les principales classes préparatoires scientifiques, on a moins d'un tiers dans toutes les classes de filles.
00:36Et dans certaines spécialités, c'est même pire, puisqu'on arrive des fois dans certaines classes où on a moins de 10% de filles.
00:41Donc c'est un vrai problème et on essaie de lutter contre ça.
00:43Alors pas qu'à l'échelle des classes préparatoires, mais à l'échelle de tout l'enseignement scientifique
00:46pour les déboucher dans les métiers du technique et de l'ingénierie.
00:50Comment on explique tout ça ?
00:52Alors, on l'explique par plusieurs facteurs, c'est-à-dire que le phénomène se produit dès le plus jeune âge.
00:57On s'aperçoit que dès l'école primaire, on a ce phénomène de non-mixité dans les sciences de l'ingénieur.
01:06Nous, à l'UPST, qui sommes une association d'enseignants essentiellement en classe préparatoire de sciences de l'ingénieur,
01:10on met en place tout un tas d'événements pour essayer dès le plus jeune âge, dès l'école primaire,
01:14notamment avec notre événement Step in Stand dans lequel on intervient dans les écoles primaires,
01:17pour montrer un peu les différents débouchés, ce que sont les sciences de l'ingénieur,
01:20les sciences et les technologies dès le plus jeune âge pour lutter contre ces biais qui sont souvent familiaux.
01:24Mais justement, ça veut dire que les filles n'osent pas ou qu'on n'ose pas pour elles ?
01:29Je pense que c'est des phénomènes couplés, c'est-à-dire qu'elles n'osent pas parce qu'elles ne le connaissent pas,
01:33pour la plupart, parce que dans les familles, souvent, dès le plus jeune âge, on a forcément des biais sociaux,
01:38des biais de genre sur lesquels, des fois, on n'a pas conscience, mais on le constate à l'école.
01:41Très souvent, je ne sais pas, vous allez dans une classe, même dès la crèche,
01:43vous voyez que les petites filles jouent à la poupée et les petits garçons jouent aux voitures.
01:47Donc ça, ce n'est pas forcément dès cet âge-là qu'ils ont la maturité pour se poser ces questions-là.
01:52Mais en tout cas, nous, on essaie de batailler pour que dès le plus jeune âge,
01:55ces débouchés-là soient visibles par tous et par toutes, surtout.
01:58L'enjeu, c'est quoi ? C'est que si on ne redresse pas la barre, on peut se priver de très bons élèves, de tronches, en fait.
02:03Exactement. Le constat, il est clair.
02:05C'est-à-dire qu'en France, on forme à peu près 40 000 ingénieurs par an et 50 000 techniciens par an.
02:10Des ingénieurs, il en faudrait deux fois plus.
02:11Des techniciens, il en faudrait trois fois plus pour répondre aux besoins de notre industrie.
02:14Donc le constat, il est là.
02:15C'est-à-dire que si on n'arrive pas à réamorcer de la mixité aussi bien des genres,
02:20entre les garçons et les filles, mais aussi de la mixité sociale dans les grandes écoles scientifiques.
02:24Un chiffre comme ça, dans les grandes écoles, il y a moins de 3% de classes sociales défavorisées.
02:28Dans les classes préparatoires dans lesquelles j'enseigne en sciences,
02:30on a moins de 10% globalement de catégories sociales défavorisées.
02:34Donc voilà, le constat, il est là.
02:35C'est-à-dire qu'on ne forme pas assez d'ingénieurs.
02:36On a des problèmes industriels, alors ça, c'est connu par tous.
02:39Et pour lutter contre ça, il faut qu'on arrive à former plus de filles
02:41et plus de jeunes au métier de l'ingénieur et aux sciences de l'ingénieur.
02:45C'est votre combat ce matin en micro d'ici Occitanie.
02:47Merci Loïc Philippotot, prochain événement le 23 mars, je crois,
02:50le lycée Déodale-Sévrac à Toulouse.
02:52Merci à vous, bonne journée.
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