- il y a 2 jours
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AmusantTranscription
00:00Le ministère de la Culture et le Théâtre de la Main d'Or
00:10vous demandent de bien vouloir éteindre votre portable avant le début du spectacle.
00:16Ceci à respect de la mémoire des victimes de la dernière guerre mondiale.
00:30Le baptême avec Jean-Marie
00:39Ah t'es encore là-dessus toi ?
00:42Il est encore sur le baptême sur cet été là !
00:51Ah génial !
00:53Vous avez vu comment ils ont marché les médias et jusque là, je leur ai mis jusque là.
00:57Bon j'étais pas tout seul, mais j'étais obligé.
01:00Et tu sais combien ça coûte une campagne promo sur TF1 ?
01:04J'avais pas les moyens, je suis fini moi.
01:06Donc faut être inventif, faut trouver des astuces.
01:10Donc attends, il fallait que je trouve une combine.
01:13Donc je me suis dit, il faut que je fasse très fort, faut que je leur en donne.
01:17Tu sais, les médias c'est comme des chiens, tu jettes de la viande rouge.
01:21Bouffe ça, bouffe ça !
01:23Je me suis dit, qu'est-ce que je peux leur filer comme truc sanguinolent, un truc qui les intéresse.
01:29Et je me suis dit, bon, allez j'appelle Jean-Marie.
01:32Hé !
01:33Ah ben, hé, Jean-Marie c'est de la nitroglycérine.
01:37Deux gouttes suffisent.
01:40Ça leur a pété à la gueule, seul, mochette et plafond, t'en fous partout.
01:44Ah non, il est très fort Jean-Marie.
01:46Extrêmement fort.
01:47Alors je l'ai appelé un jour, tu sais, j'ai eu son numéro par un copain, bon, enfin bref, on s'est rencontrés, c'est encore autre chose.
01:54Et euh, pourquoi tu me poses cette question ?
01:58Quelque part, ferme ta gueule, quelque part.
02:00Mais non, mais attends, c'est pas son spectacle le mec.
02:03Donc j'appelle Jean-Marie, c'était un dimanche, j'ai dit Jean-Marie, je vous dérange pas.
02:09Je l'appelle Jean-Marie.
02:10Et euh, il m'a dit, non, non, pas du tout, il me dit, j'étais dans le jardin, euh, train de torturer un chat.
02:17Et euh, j'ai dit, c'est bizarre, mais j'ai dit, torturer tranquillement, je vous rappelle dans 5 minutes.
02:25Il m'a dit, non, non, c'est bon, il est en train de sécher les tripes à l'air, euh, on a 5 secondes, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
02:31Alors j'ai dit, Jean-Marie, voilà, c'est le boycott, c'est la censure, je m'en sors pas, les mecs me crachent à la gueule, antisémite, nanana, il m'a dit, oui, je connais.
02:43Déjà, on avait un point commun, c'est clair.
02:46Il m'a dit, mais je suis pas sûr qu'un rapprochement, ça relance votre carrière.
02:50Hein, c'était pas faux comme analyse.
02:52Alors, euh, j'ai dit, non, mais on pourrait faire un truc, voilà, est-ce que vous voudriez être le parrain de mon enfant ?
02:59Alors, il m'a dit, euh, mais vous êtes chrétien, je croyais que vous étiez musulman.
03:05Alors, j'ai dit, je sais pas, je sais pas.
03:08Il faut être chrétien pour baptiser un enfant, obligatoire.
03:12Ça, c'est un truc que je savais pas, ça.
03:14Alors, j'ai dit, je dois être chrétien, je m'appelle Dieu donné.
03:17Ouais, qu'est-ce que je peux faire de plus, moi ?
03:20Il m'a dit, non, non, il me faut un coup de tampon, sinon on arrivera pas, il faut un coup de tampon comme quoi vous avez été baptisé.
03:26Alors, j'ai dit, ben, un coup de tampon avec les déménagements et tout, ça va pas être évident.
03:30J'ai dit, si c'est un coup de tampon du Cameroun, est-ce que ça marche ?
03:34Et là-bas, au Cameroun, un coup de tampon, c'est 10 euros, à peu près.
03:38Pour 100 euros, j'étais un permis de la NASA, moi.
03:42Ah, ouais, ouais, le mec qui a le tampon, il a faim, le mec.
03:44Il attend, il a avec son tampon qu'il veut, un coup de tampon.
03:56Ah, non, mais attends, t'es malade, là-bas, c'est comme ça.
03:59Donc, il m'a dit, bon, ben, je vais arranger le coup.
04:01Par contre, il faut un nouveau-né.
04:02Pour un baptême, t'es obligé.
04:04Alors, j'ai dit, bon, ben, oui, j'ai ce qu'il faut, j'en avais un tout frais démoulé du matin.
04:09Mon petit garçon, toi, il était bien.
04:11Il me dit, ça s'appelle comment ? J'ai dit, Judas.
04:13Ah, ouais !
04:14Non, là, il m'a dit, non, on va se faire choper, on va être emmerdé.
04:18Je voudrais pas avoir l'église catholique sur le dos non plus.
04:22Il me dit, vous en avez pas une autre, vous êtes africain, vous devez en avoir un paquet.
04:27Ah, c'est pas faux, j'en ai cinq, quoi.
04:30Alors, j'ai dit, oui, oui, j'en ai une petite, là, qui est juste derrière, là.
04:35Tu sais, elle marche pas peine, quoi.
04:37Plume, on l'a appelée Plume.
04:38Tu sais, cinquième, t'as plus tellement d'idées.
04:41Et il m'a dit, allons-y pour Plume, bon, lançons la rumeur.
04:50Est-ce que t'as vu l'impact médiatique du truc ?
04:53Eh, moi, ils parlaient plus de moi depuis trois ans.
04:56En une seconde, TF1, toute la paix, enculé, ordure, salope !
05:01C'était moi !
05:03Majesté !
05:05J'existais !
05:10C'était impressionnant.
05:14En termes d'impact, j'ai fait mieux que Fourniray cette année.
05:17Pourquoi tu te fais chier à violer des gosses ?
05:20T'as qu'à le faire baptiser, mon enfant.
05:22Si tu veux qu'on parle de toi.
05:24Non, mais c'est aussi énormément grâce à Jean-Marie, c'est clair.
05:27Et il a fait sa grattoche, hein.
05:28Il m'a dit, si on peut leur glisser une quenelle, je suis avec vous.
05:33Ah ben, on leur a rangé la barriette tout au fond, franchement.
05:37Ah, Jean-Marie, il est excellent.
05:39Merci, Jean-Marie.
05:40Mais attention, il y a l'effet dieudonné, hein.
05:43Je suis obligé de vous prévenir tous, ici, hein.
05:46Ne te marre pas, déjà, tu vois, tu te plantes, là.
05:48C'est Julien Drey qui l'a détecté.
05:51Porte-parole du Parti Socialiste.
05:59Dernier étage.
06:03Il porte la parole, c'est-à-dire, du Parti Socialiste.
06:06Bon, il en prend un peu, parce qu'il a des frau frais.
06:08Julien Drey, c'est lui, au moment de la mort du jeune Ilan Halimi.
06:13C'est un jeune juif qui s'est fait tuer par des barbares.
06:16Et le lendemain, bon, ben, il cherchait des barbares un peu partout, hein.
06:20Bon, moi, j'avais un alibi, j'étais sur scène.
06:23Mais l'autre, il m'a chargé, Julien.
06:27Premier micro qui lui tombe sous la main.
06:29Il le teste, tic-tic.
06:32J'y arrive, la mort du jeune Ilan Halimi.
06:35C'est l'effet dieudonné.
06:36Dieudonné m'bala m'bala.
06:39Alors, moi, j'ai été voir directement un juge.
06:44Je dis, à cause de Julien, ils veulent nous cramer.
06:45Le juge a dit, dégage, fous le camp.
06:47Sois déjà content de bosser, toi.
06:49Ah non.
06:51Ah, Julien, il a le bras très, très long.
06:53Il se gratte les pieds sur le sens messier.
06:55Toi, c'est...
06:56Ah non, non, non, c'est pour ça, moi, maintenant, je fais l'inf.
06:58Enfin, parce que dans mon spectacle, si tu veux, ça s'appelle l'effet dieudonné.
07:02Vous allez, vous savez, tu te marres dans mon spectacle.
07:04Non, non, ferme-la, ferme-la.
07:08Ferme-la tout jamais, physiquement.
07:11Le problème, c'est qu'il y a un effet dieudonné.
07:14C'est-à-dire qu'à un moment donné, tu ris.
07:16Mais non, il y a un effet qui arrive par derrière.
07:18C'est ce qui est arrivé à Fofana, le chef du gang des barbares.
07:33Au départ, il est gentil, le mec.
07:35Il collectionne les pins.
07:40Mais, en fait, il a acheté un DVD d'un de mes spectacles.
07:43Il a tourné fou, le mec.
07:44Déjà, il le regarde chez lui tout seul.
07:48Faute grave, au moins deux personnes.
07:52L'autre, il est heureux, il est chez lui.
07:53Chips coquin, il est bien.
08:06Il est parti, il est sorti de chez lui, il tombe sur Ilan.
08:10Il en fait un panini bolognais, c'est terminé.
08:14Pas d'incitation à la haine.
08:18Pas de stigmatisation.
08:21Pas d'amalgame.
08:22Moi, la dernière fois, j'ai fait un amalgame, j'ai fait le con.
08:24J'ai fait un amalgame.
08:26Je suis comme un con.
08:27J'étais en Afrique avec les pygmés, tu sais, les mecs, ils sont grands comme ça.
08:30Et voilà, t'as une tendance à te foutre de l'orgueule, au moins.
08:34Et encore, ça, c'est les basketeurs de l'équipe.
08:36La classe moyenne, on est ici, les copains.
08:42Les enfants, tu les vois pas.
08:44Et je suis arrivé là-bas, j'ai dit, tiens, regarde les pygmés, en marrant, comme une baleine.
08:49Et l'autre, j'aurais dû dire, regarde, un pygmé, suivi d'un autre pygmé, d'un troisième pygmé.
08:55Bon, ça prend une semaine, mais là, au moins, tu fais pas d'amalgame.
08:59C'est les premiers habitants de la forêt équatoriale, les pygmés.
09:02Ben, je te renseigne, si ça t'intéresse pas, tu rentres chez toi.
09:06Ils sont dans la forêt depuis 100 000 ans, les mecs.
09:08Déjà, tu te dis, il y a un problème.
09:11100 000 ans dans la forêt, il y a bien un week-end, normalement, tu te tires.
09:17Non.
09:18Franchement, j'ai discuté avec eux, euh...
09:21Non.
09:22Aucune conversation, les mecs.
09:25La forêt, tout le temps, les herbes.
09:27Non, non.
09:28Ils n'ont aucun pouvoir d'achat.
09:33Ça les intéresse pas.
09:35Ils sont attachés aux arbres millénaires, tu sais, des arbres de 4 000 ans.
09:38Pour eux, c'est comme des églises, des cathédrales.
09:40Ils sont là, ils mettent les mains, ils se brôlent, on sait pas ce qu'ils font.
09:46Pour eux, un arbre de 4 000 ans, c'est sacré.
09:48C'est...
09:49Alors, moi, je discutais avec un mec, il me dit, pourquoi vous coupez les arbres ?
09:55J'ai dit, parce qu'on en a besoin, douille.
09:57Ils sont là, ils servent à rien.
10:00Il me dit, mais c'est vivant, c'est de la dame nature.
10:03Mais j'ai dit, mais déjà, je t'emmerde, parce que...
10:05Non, mais c'est vrai, je le connais pas, le mec.
10:06Nous, on veut faire du papier avec ça.
10:10Il me dit, mais pourquoi faire ?
10:11Pour se torcher le cul.
10:14Des cure-dents, des bâtons pour les glaces.
10:17Tu fais comment si t'as pas de bâton à ta glace ?
10:20Ah, mais ah, partout, là, la glace !
10:22Ben oui, donc si tu ne sais pas, réfléchis, mais nous, ferme ta gueule.
10:26Avant de m'agresser comme ça.
10:28J'étais à deux doigts de lui en mettre une.
10:31Moi, je lui ai dit, il y aurait que moi, on raserait toute ta forêt.
10:34Entièrement.
10:34Et on coulerait une dalle en béton.
10:37Déjà, ça ferait plus propre.
10:39Puis après, tu fais des parkings, une zone commerciale,
10:42pour les Chinois, quand ils vont arriver, les mecs.
10:44Voilà, voilà, voilà.
10:50Faut être visionnaire, faut essayer de se bouger le cul, toi.
10:53Mais le pygmée, il s'en fout, il s'en branle.
10:57Puis t'essayes de discuter, plus t'essayes, plus tu vois qu'il se fout de ta gueule.
11:03Moi, j'y vais au Cameroun, j'y vais souvent.
11:06Bon, pas par plaisir, parce que je suis originaire du Cameroun, bien sûr.
11:11Je ne le dis jamais, parce que c'est une origine qui n'est pas très valorisante dans le monde du spectacle.
11:18Je suis d'origine...
11:19Non, dans le monde du spectacle, il y a d'autres origines plus valorisantes.
11:22Oh, ferme-la, ferme-la.
11:25Mais c'est vrai.
11:25Non, mais...
11:28T'arrives, tu te présentes, je suis d'origine camerounaise.
11:31Non.
11:32Ouais, ouais, mais non.
11:34Oui, mais là, en famille, ça passe.
11:36Ici, t'es sûr de pas te faire casser la gueule.
11:40Mais dans le monde du cinéma, du spectacle...
11:42Non, autant dire, j'ai le sida qui en veut.
11:45Non.
11:45Alors...
11:45Il n'est pas content.
11:53Alors, mais non, mais je rigole.
11:55Et donc, euh...
11:57Donc, euh...
11:58Non.
11:59Moi, heureusement, de toute façon, j'ai la double nationalité.
12:02J'ai le...
12:02Enfin, j'ai le passeport camerounais.
12:03Enfin, en même temps, ça ne sert à rien.
12:05Franchement.
12:05C'est un document, ce qui...
12:07Tu prends une boîte en chocolat, tu l'appris en quatre.
12:10T'as un passeport camerounais.
12:12Franchement.
12:12Quand tu présentes un truc comme ça, le mec, il te dit...
12:16C'est-à-dire que tu restes là, en fait.
12:17D'accord.
12:19Servi, je suis là.
12:20Je ne bouge plus, moi.
12:21Alors qu'avec le passeport français, tu peux bouger, quand même.
12:24T'es mal vu, hein.
12:25Attention, depuis l'élection de Sarkozy, on est très mal vu dans le monde.
12:28Ça fait l'échecule les Américains, hein.
12:29Ah non, non, non.
12:31Moi, je l'ai vu, hein.
12:32Moi, je vais souvent en vacances, tu sais, au soleil.
12:34Hein, en Iran, un peu partout.
12:38Et donc, j'arrive au Cameroun, là-bas.
12:40Et c'est là-bas, au fond du jardin, j'ai découvert les pygmées, en fait.
12:45Moi, je croyais que c'était des contes et légendes pour les enfants, tu vois.
12:49Tu sais, dans les dessins animés, t'as toujours un troll, une merde dans la forêt, avec une flûte.
12:57Et bien là-bas, c'est des vrais, ils sont vivants.
13:00C'est des pygmées, ils appellent ça.
13:01Mais ils sont dégueulasses, les mecs.
13:02Ils te trimballent des bactéries du Moyen-Âge, attention.
13:06À 10 mètres, tu te grattes.
13:08J'en peux plus, je te promets.
13:11Non, puis les mecs...
13:12Hein, on ne peut pas les laisser mourir ?
13:15Bien sûr que si.
13:17C'est ce qu'on fait.
13:18Ils sont en train de mourir dans l'indifférence générale, des gars.
13:21Personne n'en a rien à foutre.
13:22Ils n'ont aucun pouvoir d'achat.
13:24C'est sûr que Madoff, il ne les a pas baisés, eux, hein.
13:26Mais le pygmée, c'est là-bas, au fond du jardin.
13:32Ils sont là, ils sont...
13:33Non, franchement, non.
13:36Tu sais, la dignité humaine voudrait même qu'on les aide un petit peu à disparaître un peu plus vite.
13:42Tu sais, en leur balançant des maladies de chez nous, comme on a fait avec les Indiens d'Amérique.
13:46Moi, j'ai un pote au Canada, il m'a expliqué, il y en avait trop.
13:49Mais non, mais ne rie pas.
13:50Il y en avait partout.
13:51Et à un moment donné, l'hiver, il leur donnait des couvertures avec le typhus à l'intérieur.
13:55Ah, l'idée est géniale, hein.
13:57C'est pas chevaleresque, mais bon, ça t'évite le corps à corps.
14:03Tu sais, quand il faisait moins 40...
14:05Tiens, viens là, petit nuage d'été, viens là.
14:09C'est la Croix-Rouge.
14:12Prends ça.
14:13Ah, tu vas avoir chaud, tu vas voir.
14:15Ta température va monter à 60.
14:19On va t'appeler petit radiateur.
14:21Ah, ferme-la, quoi ?
14:25Ah non, ben, prends-en une autre pour le bébé, il y en a pour tout le monde.
14:29Ah ouais, c'est normal, l'autoctone, attends.
14:33Sous prétexte qu'il est là depuis toujours, il se croit chez lui, non, mais quoi.
14:37Moi, je vois, j'étais au Ciamro, putain.
14:39Je tombe sur un pygmé.
14:40Ben, je suis comme toi, j'étais énervé.
14:42Le mec, il était au milieu de la route, il était là, trois feuilles de salade, il était heureux, quoi.
14:46Ah, mais il était en train de me casser ma moyenne, je roulais comme un assassin, j'allais prendre l'apéro, moi.
14:51Je me suis arrêté, il était au milieu de la route, enfin de la route.
14:54Tu sais, t'es au Cameroun, il était devant.
14:58Ah, c'est vrai, la route, tu te la fabriques, à un moment donné, tu vas faire ça.
15:01Ah, pourtant, il y a des budgets, bon, c'est pas où, voilà, j'envoie.
15:06Et euh...
15:09J'ai dit, ben oui, gna, gna, gna, je peux rien faire, moi.
15:14Gna, gna, gna, t'es marrant.
15:16Le mec n'a aucune identité, il est inscrit dans aucun registre.
15:19Quelque part, il n'existe pas, le mec.
15:22J'aurais dû rouler, non, mais c'est vrai, quelque part.
15:26Juridiquement, ferme-la !
15:27Juridiquement !
15:29Je sais bien que c'est un mammifère.
15:30Je te jure, le mec, tu sais...
15:37Mais non, mais je lui ai demandé, je lui ai dit, mais c'est quoi ta nationalité ?
15:40Il sait pas, il me regarde la forêt.
15:43Oh, je te jure, j'ai commencé à l'attaquer comme ça.
15:47Mais attends, je l'ai travaillé deux fois au foie, je lui ai dit, qu'est-ce que tu fais ?
15:53C'est pas un pays, la forêt, enfin...
15:55T'as pas de drapeau, t'as pas d'armée, t'as pas la bombe atomique, enfin...
15:59De quoi tu me parles, un pays ?
16:01Je lui ai laissé une deuxième chance.
16:03Je lui ai dit, t'as quel âge ? Il savait pas.
16:0610 ans.
16:07Oh !
16:08Je suis remonté dans la bagnole, j'ai essayé de le taper, il était plus rapide.
16:12Je suis arrivé chez mon père, il était vert, il m'a dit, je ne m'arrête même plus.
16:15Mon père ne s'arrête pas.
16:17T'as remis.
16:17Il m'a dit, je n'ai plus jamais...
16:19Mais lui, il est nerveux, il y en a partout dans la maison.
16:22Et puis, il ramène des puces à la baraque, tu sais.
16:25Et puis les puces de la forêt équatoriale, c'est un genre de kangourou, le truc.
16:31Les autochtones, c'est ça.
16:32Partout, j'ai un pote, il revient d'Australie, il m'a dit, cherche pas, on a les mêmes.
16:35Les aborigènes, ils appellent ça.
16:37Plus gros, plus massif, le mec.
16:41Côté coléoptère, comme ça, tu sais, tu les vois et tu les reconnais, ils sont sur les bords des routes.
16:47Ils se livrent de l'essence, ils se chauffent entre eux et tout.
16:49Ils ont aussi, ils piquent des tuyaux d'échappement et ils soufflent dedans, c'est pas pour ça.
16:56C'est quoi ton projet ?
17:00Parle-moi de CAC 40, parle-moi de Wall Street, parle-moi Obama, fais-moi rêver.
17:15Ouais, ouais, ouais, j'en s'en fous de, c'est fini.
17:19Mais non, mais c'est vrai que c'est terrible.
17:21Puis si t'as malheur aujourd'hui, les autochtones, d'en dégager quelques-uns,
17:25histoire de te faire de la place, c'est fini ce temps-là.
17:27Le temps des cow-boys et tout ça, du Far West.
17:30Aujourd'hui, t'as les droits de l'homme, toute la merde, là, qui te tombe sur le dos.
17:32Bon, au Cameroun, on te laisse travailler tranquillement.
17:35Franchement, t'es pas encore à emmerder avec les droits de l'homme.
17:38Ils sont pas arrivés jusque chez nous.
17:39Mais ça va pas tarder.
17:40C'est ce que je disais à mon père l'autre jour.
17:42Attention avec tes pieds jaloux, hein.
17:45Les clôtures électriques au fond du jardin pour les nickels, attention, hein.
17:48Bon, pour l'instant, il est tiré à l'arbalète, les pygmées.
17:51Il y a encore ce côté de Nicolas Hulot.
17:53Mais je veux dire...
17:55Putain, j'ai dit à mon père, regarde le pygmée.
17:57Mon père, j'aurais pas dû, tu sais, il est nerveux.
17:59Tout ce qui est question de pygmées, ah ben, il en est infesté.
18:02Immédiatement, il m'a dit, bouge pas, je le dégage à la grenade.
18:05Un vieux stock de grenades qu'on a du temps de la colonisation allemande.
18:09Le Cameroun est une ancienne colonie allemande.
18:11J'en parle jamais parce que je voudrais pas lourdir mon dossier, mais...
18:13Et je lui ai dit, arrête, papa, t'es malade.
18:25Ça va te péter à la gueule, ces trucs-là.
18:27C'est de la guerre de 14-18.
18:29Laisse, je vais me le faire au club de golf.
18:31Tu sais, on a un club de golf pour jouer avec les fruits pourris.
18:33Alors, tu sais, j'arrive au fond du jardin, je mets des grands gestes.
18:36Mais l'autre, c'est trop agile, le pygmée.
18:39Tu sais, c'est entre le furet et la mouche, le truc.
18:40Il se colle derrière une feuille, il peut rester un mois.
18:45Alors, puis j'entends gratter sous le barbecue.
18:49Je me suis dit, merde, il s'est planqué sous le barbecue.
18:51Alors, tu sais, avec la canne, je lui taquillais la truffe, comme ça.
18:55Puis j'ai dû lui toucher l'œil quelque chose, il couillait.
18:58Puis il a sorti le bout de son blaire, il était là.
19:00C'était une petite femelle.
19:02Ouais, une femelle.
19:05C'est rare, loin du terrier, comme ça.
19:06Alors, puis elle me regarde, elle me dit, pas taper, pas taper.
19:11Elle bredouille quelques mots en français qu'elles ont appris sur les chantiers.
19:15Bien sûr.
19:16Quand ils ont creusé le pipeline pour des sols, tout le pétrole du Tchad, du Nigeria.
19:21Ils ont rasé la forêt sur un kilomètre.
19:23Pour les Américains, pour les Français, bien sûr.
19:25Et la nuit, pour les ouvriers, ils filaient quelques petites pygmées pour que les mecs se détendent un peu aussi.
19:38Mais c'est bien, pour elles, c'est un premier contact avec la civilisation aussi.
19:42Avec un peu de chance, elles peuvent même décrocher le petit job d'été avec un laboratoire pharmaceutique.
19:47Pour 100 euros, ils leur inoculent n'importe quoi.
19:49La chiasse, le sida, tout ce que...
19:52Bien sûr, c'est vrai.
19:53Ah, bah, faut rigoler, c'est tout ce qu'il nous reste, les copains.
19:56Quand t'es en Afrique, faut le sens de l'humour où faut partir à la nage.
19:59Alors, l'autre, elle est là, elle me dit, pas taper, pas taper, toi.
20:04Et bon, quelque part, c'était trop tard, son truc.
20:06Moi, j'étais en position, j'ai dit, bon, bah, tu vas être la première pygmée astronaute, terminée.
20:14T'es prêt, Houston ?
20:15Houston ?
20:17Puis, tu sais, je vois, en fait, elle tira un petit paquet sous les feuillages.
20:22Alors, j'ai dit, merde, elle se barre avec le casse-coultre qui est suivant.
20:25Alors, je mets un petit coup de latte.
20:26Putain, c'était un nourrisson qu'elle traînait par la patte, qui venait de naître.
20:30Dégueulasse, tout gras.
20:32Tu sais, avec le tuyau qui sort du bide, relié au fion de la mer.
20:34Oh, dégueulasse.
20:37Ah non, mais autant, moi, je me suis dit, elle a pondu sous le barbecue.
20:39J'en ai un nid, ça se trouve.
20:42Et puis, attends, elle essaie de l'allaiter, l'autre.
20:44Mais elle avait les nichons complètement rincés, tu sais, à cause de la sous-alimentation.
20:48Pas plus de lait dans son nid-bar que dans une cacahuète, alors...
20:52Ça, c'est méchant, mais j'arrête, j'arrête.
20:54Et alors...
20:57C'est immonde, c'est immonde, mais bon.
20:59Et attends, et c'est pas le pire.
21:01Le gosse, il était raide, je te promets.
21:04Ce qui m'a le plus choqué dans cette histoire, c'est pas cette misère extrême.
21:09Non.
21:10Ça, tu t'habitues, au bout de deux jours, t'en as plus rien à foutre.
21:14C'est le fait qu'elle allait un enfant mort.
21:16Non.
21:17Faute grave.
21:19On n'allaite pas un enfant mort.
21:20Et tu sais, dans le fond de son regard, à un moment donné, tu sais, je me suis dit, qu'est-ce qui...
21:26On est des êtres humains, quelque part.
21:28Qu'est-ce qui fait que toi, t'allais être un enfant mort, moi, je bois du champagne.
21:31Comment ça...
21:32Comment ça se fait, le truc ?
21:35À quel croisement on s'est paumé ? Comment ça marche ?
21:37Mensonge, mensonge, l'existence n'est-elle qu'un mensonge ?
21:50Au-dessus, c'est le soleil.
21:55Être, ne pas être, où sera-ce ?
22:02Comment faire ?
22:03Qui ?
22:03Qui ?
22:04C'est pas.
22:04C'est pas.
22:05On ne sait pas.
22:08Moi, j'ai longtemps erré dans le mensonge.
22:10J'avais une mère, elle avait vu tout le temps, les bisous, les enfants, l'amour du prochain, la répartition des richesses.
22:19N'importe quoi, attends.
22:21Heureusement, il y a un homme qui m'a sorti de l'obscurité, c'est George W. Bush.
22:33George W. Christ.
22:37Je te salue, George, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne sur la terre comme dans ses sous-sols.
22:46Si riche en pétrole, ton sang livré pour nous, humble consommateur.
22:54Soumets-nous à la tentation, au vice, et envoie-nous faire la guerre contre les musulmans.
23:00Amen.
23:05Quoi ?
23:06Agenouille-toi devant notre Seigneur.
23:09Quoi ?
23:10Ah oui, il a menti un peu, George, c'est vrai.
23:12Non, elle a raison, il a menti, mais t'es obligé pour installer la démocratie dans le monde.
23:17Les gens n'en voulaient pas de la démocratie, certains.
23:19T'es obligé de leur balancer des bombes sur la gueule, de les tuer, de les anéantir avec leur famille.
23:24Attends, il faut des hommes comme Colin Powell.
23:26Ah oui, moi je me suis identifié à Colin Powell.
23:34Déjà parce qu'il est noir.
23:36C'est un plus pour moi.
23:38Et donc, c'est lui, tu sais, le chef, le héros des deux guerres en Irak, la première, parce qu'il a buté les gens sur place.
23:46Et la deuxième, c'est lui qui a brandi cette petite fiole de pisse, tu sais, au Conseil de sécurité des Nations Unies.
23:52Il paraît qu'il est devenu fou, je vous rassure, il n'est plus étanche, il s'est mis aux claquettes, le mec.
24:19Bonjour la France.
24:22Ah, je m'appelle George W. Bush, you know, je suis le 43e président de les États-Unis de l'Amérique.
24:32Ah, mon pays, les États-Unis de l'Amérique, se bâtit sur le plus gros génocide de l'histoire de l'Amérique.
25:01Le massacre de l'Amérique, se bâtit sur le plus gros génocide de l'Amérique.
25:04C'est bon.
25:06Après, nous faisons la deuxième, la génocide de l'Amérique.
25:13C'est bon.
25:16Mais non, pour
25:40qui a jeté la bombe atomique sur des civils, Sushiman, nous sommes le pays de la mensonge,
26:02toujours nous mentir, mentir. J'ai été élu en trafiquant le vote électronique. Avant, je n'ai pas élu.
26:32Ah, j'ai élu. Nous avons organisé l'attentat de l'11 septembre.
26:47Jean-Marie Bigard a raison. Pour justifier le monde, le pétrole, c'est pour nous, on prend la salle.
27:05Nous faisons la milion, la civile mort de la mort, au nom de Jésus-Christ.
27:12D'Ambario, tu es président, D'Ambario.
27:39Tu les niques. Le monde, D'Ambario, c'est un cul. La famille, elle a besoin de toi, D'Ambario.
27:54Si on t'a mis président, ce n'est pas pour pleurnicher, D'Ambario.
27:57D'Ambario, hein ? Mais tu es là pour faire rêver les gens, D'Ambario.
28:02Tu dois aller, mais tu, si, tu leur parles de liberté, de la démocratie.
28:06Mais plus c'est gros, plus ça marche.
28:08Regarde, il y en a encore qui croient qu'on est allé sur la lune.
28:11Hein ? On a tourné ça, Orange, chez Bénichoux.
28:23Tu la veux, ta piscine à vagues dans ton ranch ?
28:27Va falloir se sortir les doigts du cul, D'Ambario.
28:29Je ne peux pas t'aider.
28:31Tiens, Candolisa, allez me chercher des cacahuètes, s'il vous plaît.
28:35Et vous ne les mangez pas, hein ?
28:36D'Ambario, c'est quoi le business ?
28:43On est des fabricants d'armes, D'Ambario.
28:45Le reste, c'est la mandoline.
28:47S'il n'y a pas de guerre, on fait comment ?
28:49On va pointer au chômage ?
28:51On en fabrique, D'Ambario.
28:53C'est ça, la business.
28:54Mettez-les ici, les pistaches, Candolisa.
28:57Merci.
28:58Tiens, asseyez-vous, vous allez écouter ce qu'on dit.
29:01Par terre, par terre.
29:04Tu es gentille, Candolisa.
29:06Toi, tu es bien brave.
29:09Tu es une gentille africaine, hein ?
29:12Ils sont bien lisses, ces cheveux, pour le noir, là.
29:17Tu veux faire plus blanche ?
29:19Tu triches ?
29:21C'est bien.
29:25Tu es une bonne américaine.
29:28Ou alors, on va envoyer un noir au conseil de sécurité.
29:31Ça fait plus gentil, un noir.
29:33Ça, c'est une idée.
29:34Il faudra mettre un noir président, un jour.
29:36On pourra continuer à enculer le monde, tout en souplesse.
29:40Hein ?
29:40On n'a qu'à envoyer l'autre Powell.
29:47Monica, vous me faites monter Powell, s'il vous plaît.
29:51C'est un militaire, il va obéir.
29:52Mais je sais qu'on n'a pas trouvé.
29:53On va lui dire qu'on a trouvé des armes.
29:56Entrez !
29:56Ah, voilà, Claudine, ça va ?
30:00Colline, j'ai dit comment ?
30:02Ça va, capitaine ?
30:06Général ?
30:08Général, pour elle, je suis bien du dos.
30:12Tu dois en avoir des médailles, toi, hein ?
30:15Tu en veux d'autres ?
30:16Je peux t'en donner, hein ?
30:18Tu l'as, celle, avec la tête de Mickey ?
30:20C'est maman qui doit être fière de toi, hein, Colline ?
30:27Voilà.
30:29Elle est où, maman ?
30:30Elle est en Afrique, elle est où ?
30:32En Louisiane ?
30:33Oui, c'est l'Afrique.
30:34Bon, Colline, tu vas aller au Conseil de sécurité des Nations Unies.
30:41Calme-toi !
30:42Dis donc, je sais, on n'a pas trouvé d'armes.
30:45Tu la veux, celle-là ?
30:47T'as vu, elle est partie, tu ne l'as pas vue.
30:54Tu veux des médailles, Colline, ou tu n'en veux pas ?
30:57Garde à où, garde à où ?
31:01Il est con, il est merveilleux.
31:02Alors, tu vas acheter une petite fiole en pharmacie.
31:07Et tu vas mettre du jus de pomme dedans.
31:10Et tu vas aller au Conseil de sécurité des Nations Unies.
31:13Et devant le monde entier, tu vas dire, c'est l'arme de destruction massive.
31:17On l'a trouvée dans la poche de sa dame.
31:22Tu ne fais pas tomber par terre.
31:24Parce que si tu fais tomber, ils vont te dire, dis donc, il n'est pas massif, ou sa destruction ?
31:29Hein ?
31:29Allez, vas-y, et quand tu reviens, je te donne la médaille.
31:32Hein ?
31:32Il a compris ce que j'ai dit ou pas ?
31:37Mesdames et messieurs, les États-Unis d'Amérique, par la voix de leur représentant, le général Colin Powell,
31:55vont prendre la parole afin de convaincre les plus sceptiques d'entre nous que l'Irak possède bien des armes de destruction massive.
32:03M. Powell, c'est à vous.
32:14Non mais ça va, oui ? Qu'est-ce que tu es en train de faire, là ?
32:18On n'a pas la honte, hein ?
32:20Tu fais... Oh ! Oh, ça suffit !
32:24C'est un personnage que je joue.
32:25Oui, bien sûr !
32:26Je suis un peu trop rentré dans le personnage.
32:28Oui, c'est ça.
32:29Laisse-moi le temps d'en ressortir.
32:31En attendant, ton personnage, il a oublié son texte, parce que tu devais dire, j'ai la preuve irréfutable, patati, patata.
32:38Oui, mais je préférais le faire comme ça. Je veux dire, c'est moins humiliant, le faire parler, c'était terrible.
32:45Puis c'est une marionnette, c'est un singe, et puis ça fait rire les gens.
32:49Oui, tu parles. La vérité, c'est pas de savoir si c'est un singe ou une marionnette, hein.
32:52La vérité, c'est que c'est un Américain et que ça, c'est ton nouveau cheval de bataille.
32:55Non, pas d'amalgame !
32:57Évidemment.
32:58Attention !
32:59Bien sûr, mais bien sûr que si, tu le fais, l'amalgame.
33:01Je sais, tu n'aimes pas les Américains.
33:03Non, pas les Américains. Non.
33:05C'est quoi ? Qu'est-ce qu'il y a, seulement quoi ?
33:07Ben oui, seulement on leur doit tous deux, trois petites choses ici, que tu le veuilles ou non.
33:11Ah bon, j'ai de la monnaie, dis-moi combien je dois.
33:14Mais je ne dois rien du tout aux Américains, enfin.
33:17Mais si, mais si, je vais t'expliquer.
33:19On leur doit par exemple le fait de ne pas parler allemand en France de nos jours.
33:23Oh, mais on s'excuse.
33:24Mais moi, mon grand-père parlait quoi allemand ? Allemand, excuse-moi.
33:27Et il s'en est très bien sorti comme ça.
33:31Et de deux, que tu le veuilles aussi.
33:32Et puis, je vais te dire que c'est l'occupation française qui a été difficile en Cameroun.
33:36Si tu veux que je te dise ce que je pense.
33:38Oui, ben oui.
33:44Et je vais t'en dire une autre aussi, qui est exacte.
33:47Que tu le veuilles ou non, eh ben c'est grâce.
33:49C'est les Américains qui nous protègent du terrorisme.
33:51Oh, il y en a beaucoup qui pensent que c'est eux qui l'organisent.
33:54Regarde, écoute ça.
33:57T'entends ?
33:58Et il n'y a pas que des frisés dans le lot, crois-moi ?
34:01Ouh, tu parles.
34:03Les gens commencent à se réveiller, enfin.
34:05Mais non, c'est n'importe quoi.
34:07C'est Al Capone, George Bush.
34:08C'est Al Capone, George Bush.
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