00:00Le message, c'est le message d'une maman et comme toutes les mamans, on aime nos enfants et on voudrait éviter ce genre de drame.
00:08Mais je pense que chaque parent ce soir doit regarder son enfant ou les personnes autour de sa table et se poser la question, est-ce qu'on fait les choses correctement ?
00:15Je pense qu'aujourd'hui on est dans une société où on oublie nos enfants, on oublie de se parler, on oublie de communiquer.
00:22Et c'est important aujourd'hui de se mettre autour d'une table et de se poser les bonnes questions.
00:25Qu'est-ce que notre pays fait pour notre jeunesse ? Et je pense réellement qu'il va falloir que tout le monde réagisse.
00:32Est-ce que vous demandez des solutions à l'État ? Quelles solutions ? Et puis est-ce que finalement ce n'est pas au sein de chaque famille que ça se joue, cette éducation des enfants ?
00:44Oui, bien sûr. Évidemment, chaque famille est concernée. Après aujourd'hui on a eu des exemples.
00:50Plein de gens ont connu le harcèlement, ont connu des drames comme nous, des drames encore pires.
00:56Et ces gens-là en fait se rendent compte qu'ils n'ont pas parlé et qu'ils n'ont pas réussi à se faire entendre aussi.
01:02Moi ça fait dix jours, dix jours que j'essaye toute seule, enfin toute seule, c'est un terme, de me faire entendre.
01:12On me demande de me taire, mais je n'ai pas envie de me taire parce que je me dis qu'il y a d'autres enfants, d'autres adultes, d'autres personnes âgées qui vivent des choses aussi graves.
01:22Il va falloir vraiment qu'on réagisse.
01:23Pourquoi dites-vous qu'on vous demande de vous taire ? Parce que votre parole dérange, parce que quand les victimes prennent la parole, évidemment on préférerait qu'elle soit plus silencieuse, c'est ça ?
01:35Parce que c'est un des simples faits divers. M. Macron me l'a bien dit. Pas directement, mais ça a été sa réponse.
01:43Sauf que les faits divers aujourd'hui, c'est des faits de société. Donc il va falloir que chacun se pose les bonnes questions.
01:47Voilà, il lui reste un petit moment de mandat. On nous parle de jeux vidéo, de tous ces réseaux sociaux, bien sûr, bien sûr.
01:55Mais on se met autour d'une table à la fin de deux mandats presque.
01:59C'est neuf ans. Neuf ans qu'il nous dit qu'il allait le faire, il ne l'a pas fait.
02:01Donc aujourd'hui, ce fait de société, il attend combien de temps ? Il ne sera plus là.
02:05Donc on recommence à zéro encore.
02:07C'est bien les municipales, c'est bien les présidentielles, mais c'est maintenant le problème.
02:11À quand on va réagir, se mettre autour d'une table et parler de notre justice avec des lois qui sont obsolètes ?
02:18Point. C'est tout. C'est la question de plein de Français.
02:22Pourquoi il n'y a pas de référendum ?
02:26Posez la question aux Français. Qu'est-ce que vous en pensez ?
02:29Est-ce qu'il faut changer la justice ou pas ? Oui ?
02:32Il faut changer la justice, donc il faut voter de nouvelles lois pour protéger d'autres enfants.
02:36Le jeune État n'a subi à peu près le même sort que votre fils quelques jours auparavant.
02:41C'est ça que vous ne supportez plus ?
02:42C'est que, en fait, ce soit nos enfants, je dis « non » parce que je suis mère de famille aussi,
02:47soit de la chair à canon pour ces délinquants.
02:52Mais c'est ça, on nous montre des images horribles de guerre, de choses comme ça, en permanence à la télévision.
02:58Et de l'autre côté, après, on nous dit « Madame, Madame, taisez-vous, vous comprenez ».
03:03Le ministère de l'Intérieur, hier, a été interrogé.
03:06Il a osé dire, quand même, je trouve ça assez choquant, il a osé dire que c'était normal que la justice soit plus méchante avec des personnes qui ont trouvé une magistrate.
03:16Je ne vais pas juger ce qui lui est arrivé, c'est horrible.
03:19Mais à un moment donné, mon enfant est un étudiant, un futur citoyen, enfin, c'est-à-dire un citoyen, mais c'est quelqu'un qui va travailler, qui est là pour la France.
03:29On est censé l'accompagner et l'aider.
03:32Il est au même niveau qu'une magistrate.
03:34C'est le futur de notre pays.
03:35Je comprends parfaitement.
03:39Comment va votre fils, aujourd'hui, Madame ?
03:41Est-ce qu'il récupère, d'abord, de ses blessures ?
03:44Est-ce que, psychologiquement, il va mieux ?
03:46Non, psychologiquement, je pense qu'on est dans une phase où c'est le plus difficile.
03:52Parce qu'on en a parlé, on en a parlé, mais en fait, là, il est face à la réalité.
03:57Dans une semaine, il est censé reprendre les cours.
04:00Il ne va pas reprendre le chemin des cours.
04:01On va devoir adapter les choses s'il peut.
04:03Il ne va pas retourner dans son appartement.
04:06On va devoir faire déménager ses affaires de son appartement.
04:09Et il ne sait pas son avenir où ça en est, en fait.
04:13Donc, là, aujourd'hui, il est face à la réalité.
04:16Il y a eu tous les médias.
04:17Il y a eu cette marche.
04:18Mais aujourd'hui, il est face à la réalité.
04:21Et le fait que les délinquants qui sont pris à votre fils soient, aujourd'hui, en liberté,
04:27même sous contrôle judiciaire, évidemment, ça rajoute à cette angoisse et à ce sentiment d'injustice.
04:32Bien sûr.
04:34Après, c'est une injustice.
04:37C'est une injustice oui et non.
04:39C'est des mineurs.
04:40On peut le comprendre.
04:41On peut comprendre.
04:43Je peux comprendre aujourd'hui qu'on dise qu'on peut prendre du temps.
04:45Sauf qu'à un moment donné, quand il y a 25 faits d'accusation, c'est plus on prend du temps.
04:51Voilà.
04:52Je pense qu'on a la réponse quand même là-dedans.
04:54Aujourd'hui, j'ai appris que deux de ces individus ont été remis en garde à vue pour un fait qui date du 20 novembre.
05:05Donc, peut-être que j'ai bien fait de parler.
05:08Et si une victime a pu parler et se libérer, je m'en félicite.
05:12Et cette marche était un petit peu ça.
05:14Aujourd'hui, je veux parler à toutes ces victimes qui n'ont pas parlé.
05:16à tous ces parents qui n'ont peut-être pas entendu, soutenu.
05:21Voilà.
05:22Et bah, parlez-vous, écoutez-vous et soyez ensemble.
05:25C'est le principal.
05:26Et comme dit mon fils, la haine ne gagnera pas, l'amour est plus fort.
05:30C'est une très belle phrase.
05:31Et vous dites aussi à ces victimes d'aller porter plainte, d'aller voir les policiers, de dénoncer les faits.
05:38Et aux politiques, qu'est-ce que vous leur dites ce soir, madame ?
05:43Je leur demande d'écouter les victimes.
05:45De peut-être, je ne sais pas, faire quelque chose.
05:47On avance par rapport à ce côté-là.
05:49Moi, je l'ai vu en tant que parent de victime.
05:52On sort de l'hôpital, on lui donne un papier en disant appeler le psychologue.
05:54Et puis, on nous appelle parce qu'on a besoin de nous.
05:56Il faut qu'ils viennent reconnaître des personnes.
05:58Et puis, quand tout ça s'arrête, on n'a plus de réponse.
06:00On ne sait pas ce qu'il en est.
06:01On apprend les dates parce que j'ai contacté les journalistes, la télévision.
06:05Et j'apprends toute la suite, en fait, qu'on va bientôt avoir, au 17 mars, peut-être une réponse par les journalistes.
06:13Et moi, je n'ai rien eu.
06:13Voilà, on ne m'a pas tenu au courant, n'a pas tenu au courant de mon fils.
06:17La victime est abandonnée.
06:19Donc, je trouve ça inadmissible.
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