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La maladie de Parkinson ne se résume pas aux tremblements du grand âge. Caroline, psychologue de 43 ans et mère de deux enfants, a vu sa vie basculer à 39 ans lors d'un diagnostic inattendu. En France, cette pathologie neurodégénérative touche 270 000 personnes, dont 10 % ont moins de 50 ans. À travers son témoignage, elle livre un récit sur son quotidien rythmé par les prises de médicaments toutes les trois heures et demie, la gestion de la fatigue et l'évolution des symptômes comme la raideur ou l'amimie. Elle raconte comment elle apprivoise ce corps qui se fige pour continuer à vivre et travailler.

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Transcription
00:00Mon fils, il est à 10 ans, il m'a dit quand même que je veux ma maman comme avant.
00:02Donc il y a eu quand même quelque chose d'un petit peu difficile par rapport à ça.
00:07La maladie de Parkinson touche 270 000 personnes en France.
00:11C'est la maladie neurodégénérative la plus répandue après Alzheimer.
00:15Contrairement aux idées reçues, cette maladie ne touche pas uniquement les personnes âgées.
00:18Près de 10% des patients ont moins de 50 ans au moment du diagnostic.
00:22C'est le cas de Caroline, 43 ans, mère de deux enfants, psychologue en milieu scolaire, que je vais rencontrer.
00:27Je suis Caroline, donc j'ai été diagnostiquée de la maladie de Parkinson à 39 ans en juin 2022.
00:33Pour moi, ça a été une grosse surprise, pas une bonne, mais une surprise que j'ai dû intégrer à ma vie.
00:39Les premiers symptômes qui ont abouti au diagnostic, c'est plutôt que j'avais un petit peu mal aux coudes.
00:47Et puis j'avais du mal à taper, en fait, quand je voulais taper sur l'ordinateur, du coup j'avais l'impression que je n'arrivais pas bien à taper.
00:53Quand je me brossais les dents de la main gauche, en fait, je bougeais la tête.
00:56Au lieu de faire bouger le bras.
00:58Donc en fait, ma tête compensait le bras, en fait.
01:02Donc ça, c'est une des petites choses que j'avais remarquées.
01:04Puis j'ai remarqué un petit peu que j'avais le bras à la Napoléon, quoi.
01:06C'est vrai que parfois, le bras, il restait comme ça.
01:08La neurologue, elle m'a prescrit un datscan.
01:10Donc c'est un scanner où on va regarder justement la perte des neurones dopaminergie.
01:15J'ai fait un IRM cérébral, mais qui était normal.
01:17Je ne m'attendais pas à ce diagnostic parce que l'IRM était normal.
01:20À la fin, du coup, j'ai vu le monsieur qui n'est pas censé nous donner une diagnostic, mais qui fait l'examen.
01:24Et je lui ai dit, alors, est-ce que c'est Parkinson ?
01:26Et je crois qu'il m'a dit oui.
01:27Et alors là, je me suis un peu effondrée.
01:29En plus, j'étais allée toute seule à cet examen-là parce que, comme pour moi, ça allait.
01:33Du coup, j'ai appelé mes parents qui étaient là à ce moment-là et mon mari pour leur dire, effectivement, c'est Parkinson.
01:39Et ma mère, elle m'a dit, de toute façon, il faut faire face.
01:46Après, mon mari, par contre, il l'a dit à mes enfants, donc ce n'est pas moi qui l'aurai dit.
01:52Et après, du coup, je sais que je l'ai eu besoin beaucoup de le dire, en fait.
01:57Je l'ai dit beaucoup autour de moi parce que je pense qu'il fallait que je le digère, en fait, du coup.
02:03Donc, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ne le cachent, qui ne le disent pas.
02:05Les gens me voyaient boité dans la rue aussi, donc du coup, je leur disais, c'est Parkinson, en fait.
02:09Alors que j'aurais pu ne rien dire, mais en général, je ne le dis pas, sauf si ça commence à se voir.
02:13Comme là, vous voyez, je commence à bouger un peu.
02:14Mon fils, il est à 10 ans, il m'a dit quand même, je veux ma maman comme avant.
02:17Donc, il y a eu quand même quelque chose d'un petit peu difficile par rapport à ça.
02:21La grosse chose pour les rassurer, c'était que je n'allais pas en mourir.
02:24Donc, c'était juste que ça allait pouvoir impacter le quotidien.
02:26Il y a aussi, parfois, ça fige un peu le visage.
02:28Donc, parfois, je peux avoir l'air un peu plus figé.
02:31Il y a ce qu'on appelle une amimi.
02:32Ils ont pu me dire, tu fais la tête, maman ?
02:35Alors que non, je ne faisais pas la tête, j'étais juste un peu, je leur dis des fois, je fais ma parkinsonienne, quoi.
02:39En fait, je suis en mode Parkinson.
02:40Ils se sont fermes au quotidien et au fait que leur maman est toujours là,
02:44qu'après, il y a des choses qu'elle fait en moins, que parfois, elle est un peu fatiguée le week-end, qu'elle fait des siestes.
02:48Alors, mon quotidien, il ressemble quand même à un quotidien d'une personne à peu près normale.
02:53Mais c'est vrai que ce qui va changer, ça va être la prise de médicaments régulière.
02:57Pour l'instant, c'est toutes les 3h30.
02:58Je vais me préparer plus lentement, parce que le temps que les médicaments fassent effet, avec la raideur,
03:04j'ai pu mettre au courant mes collègues et mon chef, et donc le travail est plutôt bienveillant.
03:09J'ai l'impression que le quotidien n'a pas tant changé, mais il faut quand même que je m'adapte à mon corps, en fait.
03:14Les traitements sont relativement efficaces, mais il y a des périodes où ça peut être un petit peu off.
03:18Ça veut dire qu'on va être bien, puis tout d'un coup, le symptôme va réapparaître.
03:21Donc, moi, ça peut m'arriver au cours de la journée.
03:22Je sens que le médicament fait moins effet, donc je sens le corps se rédire, mais je ressens aussi ma concentration qui baisse.
03:28C'est une partie de moi, mais ce n'est pas moi complètement non plus.
03:30Donc là, je suis un peu comme ça, des traits qui vont plutôt se figer vers le côté un peu triste.
03:35Les symptômes apparaissent progressivement, donc ce n'est pas stable, en fait.
03:38On se dégrade petit à petit, comme j'appartiens à l'association France Parkinson.
03:42On se voit entre jeunes parkinsoniens, on s'appelle les parquipotes.
03:46Il y a un parquipote que j'aime beaucoup, qui dit que c'est vrai que parfois,
03:49il y a des choses qu'on ne pouvait plus faire qu'on refait parce qu'on prend un médicament qui est mieux.
03:53Par exemple, moi, je boitais beaucoup, maintenant je boite beaucoup moins avec un nouveau médicament.
03:56On reprend aussi des capacités physiques en faisant du sport, par exemple.
03:59Ça développe aussi la sensibilité.
04:02On est souvent plus sensible au côté artistique.
04:06On aime bien, on est plus touché par les émotions.
04:09Il y a des capacités qu'on a en plus avec Parkinson aussi.
04:14Le fait d'être jeune, c'est vrai, on se demande jusqu'à quand on va pouvoir travailler,
04:18jusqu'à quand on va pouvoir être autonome.
04:20Si j'ai une espérance de vie normale, j'ai 43 ans, j'espère encore vivre 40 ans.
04:24Dans quel état je vais vivre ces 40 prochaines années ?
04:27Est-ce que j'aurai une chance de doc, qu'il y ait de la recherche qui arrive ?
04:30On pense que oui, mais tant qu'on n'y est pas.
04:33Le Parkinson précoce et plus largement les questions autour de cette maladie
04:37seront abordées lors du Paris-Saclay Summit, les 18 et 19 février.
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