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#AudreyDana #RegarderLinvisible #Podcast
🎬 Bienvenue sur ma chaîne ! Je suis Audrey Dana, actrice, auteure et réalisatrice. Avec « Regarder l'invisible », j'ai eu envie de créer un espace de dialogue sincère et vivant, où l'on explore ensemble les mystères de la conscience, de la vie… et de tout ce qui échappe à nos yeux.

✨ Pour cet épisode, j'ai la joie de recevoir Vahina Giocante , actrice lumineuse et profondément intuitive, qui partage avec nous un vécu rare et bouleversant : son expérience de mort imminente , qu'elle a traversée dans sa jeunesse. Ensemble, nous revenons sur ce moment suspendu, sur ce qu'elle y a perçu, ressenti, compris… et sur la manière dont cette expérience a transformé son rapport à la vie, à l'invisible et à la perception de soi.
Nous évoquons les EMI, les passages entre les mondes, les états élargis de conscience, la douceur comme les chamboulements intérieurs, et cette frontière délicate entre le corps, l'esprit… et ce qui nous dépasse.

🕊️ « Regarder l'invisible », c'est une invitation à ouvrir les yeux autrement, à questionner nos certitudes et à écouter ce qui, souvent, ne se dit qu'à voix basse.

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Crédits :
Directrice de production : Sara Foucaut
Chargée de Production : Julia Sanchez
Chargée de Post-production : Esther Nascimento
Image et Son : Buns Studio
Musique : Low Eazy
Maquillage : Cassandre by Noob Agency
CM : Geoffrey Fosso
Production et distribution : Propulse par Rewrold media et Ardent (Sixtine groupe)
Tous nos remerciements à Vahina Giocante

#AudreyDana #RegarderLinvisible #Podcast #VahinaGiocante #EMI #ExperienceDeMortImminente #Spiritualité #Conscience #Témoignage #ÉveilSpirituel

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00:00Tu as vécu une expérience de mort imminente, tu t'es interdit d'en parler. Pourquoi aujourd'hui ?
00:00:04Je pense que c'est ce rapport-là à cette fin programmée qui doit changer.
00:00:10Pourquoi tu penses qu'il faut que ça change ?
00:00:13Parce que moi je pense qu'à l'inverse, la mort est le commencement.
00:00:16Quelle est la motivation derrière pour ceux qui vont entendre ces témoignages ?
00:00:20En fait, il y a beaucoup d'incertitudes autour de ce passage-là.
00:00:24Les NDE, ceux qui reviennent, il y a toujours aussi le doute de dire est-ce qu'on revient bien de l'au-delà ?
00:00:30Je suis accueillie par mes guides, ma famille d'âmes on va dire.
00:00:36Et à quoi ils ressemblent ? Qu'est-ce que c'est ?
00:00:38Ils sont plusieurs, c'est des grands êtres avec une texture d'éther.
00:00:45Donc ils sont éthérés.
00:00:46Pourquoi je suis là ? Pourquoi je ne suis pas restée ? Pourquoi je suis revenue ?
00:00:48Pourquoi je suis revenue ?
00:00:51Et ça m'interroge énormément et donc je me dis peut-être que les chamanes ont la réponse en fait.
00:00:58Parce qu'on est quand même dans une société qui a vraiment peur de la mort.
00:01:02Ce qui m'a beaucoup aidé moi, c'est qu'en fait, là où il y a des peurs, il y a de la croissance.
00:01:08Souvent quand quelque chose nous terrifie, c'est que peut-être là il y a un petit cadeau à prendre derrière.
00:01:13Et ça se prépare d'être un bon ancêtre, d'être à son tour digne de pouvoir transmettre aux jeunes générations.
00:01:19Aujourd'hui dans Regardez l'Invisible, je suis très heureuse de recevoir Vahina Jocanté.
00:01:24Actrice magnétique révélée très jeune au cinéma, Vahina Jocanté a toujours exploré les frontières visibles et invisibles.
00:01:32Derrière ses rôles, elle a vécu des bouleversements intimes forts, dont une expérience de mort imminente dans sa jeunesse.
00:01:38Mais aussi des pratiques holistiques et des plongées dans des états de conscience modifiés.
00:01:43Elle est venue nous faire l'honneur ici de partager avec vous ce chemin singulier où le corps, l'esprit et l'invisible s'entrelacent.
00:01:50Bonjour Vahina, bienvenue.
00:01:52Bonjour Audrey.
00:01:53Merci d'être là, dans ce podcast Regardez l'Invisible.
00:01:57Tu es la première femme actrice que j'invite à ce podcast.
00:02:01J'ai la chance de te connaître déjà depuis quelques années, donc de savoir que c'est des sujets qui te touchent et qui t'intéressent.
00:02:09J'avais très envie de t'interviewer, notamment sur le fait que tu as vécu une expérience de mort imminente,
00:02:19que tu as gardé secret cette expérience pendant des années.
00:02:24Tu t'es interdit d'en parler, puisque à peine tu l'avais mentionné, qu'on t'a un peu traité de folle, de voilà, tu racontes n'importe quoi, qu'est-ce que c'est.
00:02:33Donc tu as très vite compris que c'était quelque chose qu'on ne pouvait pas partager.
00:02:36Donc ma première question, c'est pourquoi aujourd'hui ?
00:02:41Aujourd'hui, parce que je pense que les mentalités ont changé, parce qu'il y a beaucoup de livres qui ont été écrits,
00:02:46qu'il y a beaucoup de témoignages qui ont été récoltés.
00:02:49Et que je pense que la société dans son ensemble est un petit peu plus ouverte à entendre et à accepter.
00:03:00Justement, on voit la mort comme un élément tabou, alors que c'est quand même une donnée de la vie qui est inévitable.
00:03:09Et qui vraiment va nous arriver à tous.
00:03:11Et qui va nous arriver à tous.
00:03:12Et donc je pense que c'est ce rapport-là à cette fin programmée qui doit changer.
00:03:17Pourquoi tu penses qu'il faut que ça change ?
00:03:20Parce que moi je pense qu'à l'inverse, la mort est le commencement.
00:03:24Je pense qu'ici, c'est un passage, c'est une expérience d'âme.
00:03:30Que c'est une expérience de dualité.
00:03:33Et qu'on a tendance à s'identifier à la matière.
00:03:37Et je pense que quand on meurt, c'est là où on renaît véritablement à sa vraie nature.
00:03:43Il y a plusieurs... Enfin c'est mon expérience qui me fait dire ça.
00:03:47Pendant longtemps, j'ai dit... Enfin pendant longtemps, juste après mon expérience, j'ai dit le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie.
00:03:53Et j'ai très très bien compris que ça crée un peu des incompréhensions, voire un peu des chocs.
00:04:02Puisque, en général, les gens ont peur de la mort.
00:04:06Donc d'entendre cette phrase, ça va à l'inverse, à l'opposé de ce qu'ils redoutent le plus.
00:04:13Et aussi, s'il te plaît, je voudrais juste une toute petite mise en garde.
00:04:16Puisque nous avons parlé d'expérience de mort imminente.
00:04:20Et que la tienne, elle a été assez extraordinaire.
00:04:22Elles ne sont pas toutes...
00:04:23Elles ne sont pas toutes...
00:04:25Ni faciles, ni agréables, ni...
00:04:27D'abord, et puis que ce soit pas...
00:04:29Qu'on ne puisse pas croire que c'est une invitation, en fait, pour les gens un peu dépressifs.
00:04:34Voilà.
00:04:34À se suicider.
00:04:35Parce que il y a...
00:04:37Enfin, tu vois, Raymond Moody, le premier à avoir étudié les expériences de mort imminente,
00:04:40il a écrit un premier livre qui s'appelle Life After Life.
00:04:43Et il s'est dit, mon Dieu, on dirait une pub pour la mort.
00:04:45Donc, il faut absolument que j'écrive un autre livre derrière pour bien dire que tous ceux qui sont passés de l'autre côté,
00:04:50quand ils reviennent, disent qu'on revient parce qu'on a une mission à accomplir.
00:04:55Donc, le suicide n'est pas une option, en fait.
00:05:00Mon témoignage, il n'est pas un appel morbide.
00:05:04Mon témoignage, il est une expérience de NDE qui m'a justement aidée à mieux vivre, en fait.
00:05:12à accepter vraiment la vie pour ce qu'elle est, à accepter l'expérience de vie, à...
00:05:20Je pense, au contraire, que ça m'a donné la...
00:05:23Enfin, ça m'a apporté beaucoup de paix, beaucoup de sérénité avec, justement, ma mission de vie.
00:05:27Et pourquoi je suis là, en fait ?
00:05:29Qu'est-ce que je fais sur cette terre ?
00:05:31Mais justement, j'ai envie...
00:05:32C'est ça que ça a apporté.
00:05:33Donc, ce n'est pas du tout...
00:05:34Une invitation à...
00:05:36Jamais de la vie, jamais de la vie.
00:05:38Ni une invitation, ni une glorification.
00:05:43Il n'y a pas de glorification.
00:05:46C'est juste une...
00:05:48Une donnée qu'on n'évite pas et que personne n'évite.
00:05:51Donc, comment est-ce qu'on gère le deuil ?
00:05:52Comment est-ce que...
00:05:54Comment est-ce qu'on deal avec ça ?
00:05:55Comment...
00:05:56Comment est-ce qu'on fait la paix ?
00:05:58Aussi bien avec cette donnée inévitable qu'avec toute son existence.
00:06:05Parce qu'en fait, le suicide, c'est un problème de santé mentale.
00:06:08C'est un problème de ne pas accepter la vie.
00:06:10De refuser la raison pour laquelle on est ici, sur Terre.
00:06:15Ou de ne pas réussir à accepter.
00:06:17Oui, de ne pas réussir.
00:06:19Parce que c'est pas très conscient.
00:06:20Parfois, c'est inconscient, je veux dire.
00:06:21Oui, quelles que soient les raisons.
00:06:24Je pense que c'est...
00:06:27Enfin, il y a mille et une raisons, sûrement, de vouloir en finir.
00:06:30Mais c'est vraiment, je pense, un vrai, vrai sujet de problème de santé mentale global.
00:06:36Je voudrais donc juste revenir à la première question que je t'ai posée.
00:06:41À savoir, qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, tu es OK pour prendre la parole ?
00:06:46Donc, tu as dit qu'on s'ouvrait, que c'est un sujet qu'on osait aborder davantage.
00:06:51Quelle est la motivation derrière, pour ceux qui vont entendre, en fait, ces témoignages ?
00:06:56En fait, il y a beaucoup, beaucoup d'incertitudes autour de ce passage-là.
00:07:00Les NDE, ceux qui reviennent, il y a toujours aussi le doute de dire,
00:07:04est-ce qu'on revient bien de l'au-delà ?
00:07:06Ou est-ce que ce n'est pas une décharge d'hormones dans le cerveau ?
00:07:10Ça, c'est aussi une hypothèse.
00:07:11C'est-à-dire qu'il y a une décharge qui se passe dans le cerveau qui aide à faciliter le passage.
00:07:15Ou à faire moins peur.
00:07:17Alors, je dirais que la raison pour laquelle je témoigne de ça,
00:07:23et ce n'est pas facile de témoigner de ça parce que c'est très intime,
00:07:27et parce qu'encore une fois, je m'expose à un jugement,
00:07:32c'est que peut-être que ça peut, comme justement l'écriture de mon livre,
00:07:36peut-être que ça peut apaiser certaines personnes,
00:07:38peut-être que ça peut...
00:07:41Ouais, ceux qui font face à des...
00:07:45Parce que c'est une épreuve terrible de faire face à la fois au deuil
00:07:50ou à l'expérience de mort imminente.
00:07:52C'est-à-dire pour ceux qui sont malades, qui sont en phase terminale,
00:07:55ça déclenche quand même beaucoup d'émotions très fortes,
00:07:58beaucoup de peur, beaucoup d'angoisse.
00:07:59De leur dire que, voilà, que...
00:08:03En tout cas, mon expérience m'a aidée à faire la paix avec ça.
00:08:08Ça ne veut pas dire que je fais la paix avec le départ d'autres personnes.
00:08:13C'est-à-dire que je ne suis pas...
00:08:15Je ne suis pas au point de faire la paix avec un éventuel départ prématuré,
00:08:20par exemple, de quelqu'un qui m'est cher.
00:08:21Ça, non.
00:08:23Ou des départs qui semblent, voilà, insupportables et injustes
00:08:30et de jeunes, d'enfants, de...
00:08:33Voilà, c'est autre chose.
00:08:36Mais en tout cas, si mon témoignage peut apporter
00:08:39un petit peu de réconfort ou un peu d'apaisement
00:08:44par rapport à ce sujet-là, ce serait pas mal.
00:08:47Parce qu'on est quand même dans une société qui a vraiment peur de la mort.
00:08:52Tout est mis en place pour lutter contre la mort, en fait.
00:08:57Pour nous garder en vie le plus longtemps possible,
00:09:00pour nous ramener des morts.
00:09:01D'ailleurs, c'est grâce à la réanimation
00:09:04qu'on a autant de témoignages d'expériences de mort imminente,
00:09:07de gens qui ont été ramenés de l'autre côté.
00:09:09Et c'est devenu tabou, extrêmement tabou, le sujet de la mort.
00:09:13À une époque, c'était plus sacré et c'était plus OK.
00:09:17d'en parler, à une époque avant, en fait,
00:09:20l'invention, justement, de tout ce qui peut nous ramener de la mort.
00:09:27Et puis...
00:09:28Mais dans certaines sociétés encore, en Inde...
00:09:31C'est OK.
00:09:31En Inde, en Afrique, oui, oui, il y a encore des sociétés
00:09:35où on est encore très connectés à ça et où...
00:09:38Voilà, on veille, on célèbre le départ de quelqu'un.
00:09:44Il y a beaucoup de rituels, quelque chose de sacralisé, on va dire.
00:09:49Là, oui, dans notre société, on cache.
00:09:51On cache nos personnes âgées, on les...
00:09:57Dès que tu meurs, tu es mis dans un congélateur.
00:10:00Oui, oui, il y a quelque chose comme ça.
00:10:03Et puis il y a une grande...
00:10:05Ça, c'est quelque chose que je remarque.
00:10:08Il y a des gens qui partent tard.
00:10:10Enfin, vraiment, ils sont très vieux.
00:10:12Ils ont une vie extraordinaire.
00:10:13Et puis, quand ils partent,
00:10:17beaucoup de gens sont très peinés
00:10:18comme si...
00:10:20Qui ne sont pas de la famille directe, j'entends.
00:10:23Comme si c'était une injustice.
00:10:25Et c'est moi, quelque chose qui m'a toujours interrogée.
00:10:28De me dire, mais enfin, il a vécu une vie géniale.
00:10:30Il meurt à 90 ans.
00:10:32Il a fait 50 films.
00:10:34Pourquoi on ne célèbre pas son départ ?
00:10:36Plutôt que de...
00:10:37Alors, évidemment, la famille,
00:10:38tous ceux qui sont autour, c'est une autre histoire.
00:10:40Je ne parle pas de ça.
00:10:41Donc, c'est comme s'il était temps.
00:10:46Et c'est sans doute pour ça
00:10:47que les récits sont en train de se multiplier,
00:10:49que les livres sont en train de s'écrire sur ce sujet,
00:10:51d'ouvrir un petit peu ce sujet.
00:10:53Et du coup, j'aimerais qu'on mette les deux pieds dedans.
00:10:57Que tu nous racontes, en fait, si tu es d'accord.
00:10:59Oui, bien sûr.
00:10:59Ton expérience de mort imminente.
00:11:01Et dans quel contexte ça se produit.
00:11:03Qu'est-ce qui se passe de l'autre côté ?
00:11:04Ce n'est pas que j'ai peu de souvenirs d'avant et après.
00:11:06En fait, c'est pendant mon adolescence.
00:11:10On rentre d'une fête.
00:11:11C'est dans le sud de la France.
00:11:13On est tous alcoolisés.
00:11:16Et je rentre dans une voiture.
00:11:18Et on a un accident de voiture.
00:11:20On a un accident de voiture.
00:11:22On percute un arbre.
00:11:23Et au moment où on percute un arbre,
00:11:27là, ça se passe très, très rapidement.
00:11:29C'est-à-dire que je me sens éjectée de mon corps.
00:11:31Mais vraiment éjectée,
00:11:33comme si je pars
00:11:37sans même me rendre compte
00:11:39de quoi que ce soit.
00:11:41Et là, je suis éjectée.
00:11:43C'est pas facile de parler de ça.
00:11:44Parce que j'en ai pas vraiment parlé
00:11:47à part à mes proches.
00:11:48Et puis, il y a quand même cette crainte
00:11:49de toujours pas être pris au sérieux.
00:11:51Oui.
00:11:52Bon, après, c'est pas très grave.
00:11:54En tout cas, le truc qui me rassure,
00:11:55c'est qu'il y a beaucoup de récits d'expérienceurs.
00:11:58On les appelle les expérienceurs
00:11:59qui se rapprochent, en fait.
00:12:03C'est-à-dire qu'on raconte plus ou moins tous
00:12:05un peu les mêmes choses.
00:12:05Donc, je suis éjectée de mon corps.
00:12:07Et là, je pars dans ce que j'appelle...
00:12:09Alors, moi, je l'appelle un vortex.
00:12:10Il y en a qui l'appellent un tunnel.
00:12:12C'est un tunnel, un vortex.
00:12:14En tout cas, c'est un passage.
00:12:17T'es pas passée par la sortie de corps ?
00:12:19T'es pas passée par...
00:12:19Non, je suis pas restée.
00:12:20Alors, moi, je suis pas du tout restée autour.
00:12:22Je suis pas restée sur le lieu.
00:12:23J'ai pas du tout été.
00:12:26Il y en a qui restent
00:12:27ou qui vont visiter...
00:12:30Ça n'a pas été mon cas.
00:12:31Moi, c'était vraiment...
00:12:32Mais comme si j'étais aspirée, en fait,
00:12:34dans un...
00:12:35Ouais, aspirée dans un vortex.
00:12:37Dans le vortex,
00:12:38j'ai vécu ce qu'on appelle une revue de vie.
00:12:40Donc, la revue de vie,
00:12:42c'est hyper intéressant.
00:12:43Alors, ma vie, elle était assez courte.
00:12:46J'avais pas non plus 50 ans de vie derrière.
00:12:49Mais, en gros, la revue de vie,
00:12:51c'est qu'on revit tout ce qu'on a vécu
00:12:53du début jusqu'au moment de l'accident.
00:12:57Avec un truc incroyable,
00:13:00c'est-à-dire avec une conscience multiple.
00:13:05C'est-à-dire que, par exemple,
00:13:06je revivais une très grosse engueulade
00:13:08que j'ai eue avec ma mère.
00:13:09Et j'étais à la fois ma mère,
00:13:12moi.
00:13:13C'est comme si j'étais à la fois
00:13:15le réalisateur, le scénariste,
00:13:17les deux acteurs, le spectateur.
00:13:20Et donc, je ressens tout.
00:13:23C'est comme une espèce de conscience multipliée
00:13:25où, en fait,
00:13:27je suis la somme des parties
00:13:29plus celui qui observe.
00:13:33Et je comprends la dynamique
00:13:36et je comprends le pourquoi de ce moment-là.
00:13:38Donc, tout ça se passe en accéléré.
00:13:40C'est une succession.
00:13:41Ça se passe vraiment en accéléré,
00:13:42mais quand même
00:13:43avec une résolution.
00:13:47C'est-à-dire une sorte de
00:13:48« D'accord, je comprends mieux maintenant.
00:13:50Pourquoi il s'est passé ça, ça, ça ? »
00:13:52Et plus j'avance dans le temps
00:13:55et plus j'avance au moment de l'accident
00:13:57et plus, dans la revue de vie,
00:14:00la densité se fait moins forte.
00:14:03C'est-à-dire que je sens
00:14:05que je suis moins collée par la densité.
00:14:10Et que...
00:14:11C'est-à-dire comme si tu devenais plus légère ?
00:14:13Plus légère.
00:14:14Et puis, c'est comme si c'était
00:14:16« Peu importe, peu importe, peu importe. »
00:14:19Enfin, il n'y a pas de bien,
00:14:21il n'y a pas de mal.
00:14:21Il n'y a pas de mauvais,
00:14:22il n'y a pas de négatif,
00:14:24il n'y a pas de...
00:14:25Tout est juste.
00:14:25Et plus j'avance dans ce tunnel
00:14:27et plus j'avance vers de la lumière,
00:14:31j'expliquerai après ce que c'est
00:14:32que cette lumière-là.
00:14:34Et j'avance...
00:14:37Et là, c'est comme...
00:14:39Voilà, comme si j'ai...
00:14:41Comme si...
00:14:41Alors, j'essaie de donner des images un peu,
00:14:43comme s'il y avait un...
00:14:45Tu trouves ça difficile de mettre des mots
00:14:46sur ton expérience ?
00:14:47Oui, c'est difficile de mettre des mots,
00:14:48mais c'est intéressant d'en mettre, justement.
00:14:52Comme si quelque chose qui colle,
00:14:54un peu comme du pétrole,
00:14:55et là, tout d'un coup,
00:14:55on est libéré de cette...
00:14:57Cette chose un peu...
00:15:00dense, lourde.
00:15:01Voilà.
00:15:02Et plus j'avance,
00:15:03et moins il y a de dualité.
00:15:05Et j'avance, j'avance,
00:15:06et à un moment donné,
00:15:06ça fait...
00:15:06Et là,
00:15:09je me retrouve dans ce que j'appelle la source.
00:15:14La maison.
00:15:15Le paradis.
00:15:16Il y en a qui appellent ça le paradis,
00:15:17d'autres qui appelleraient ça le...
00:15:18Oui, la maison, la source.
00:15:22Et donc là,
00:15:22alors là,
00:15:23il n'y a plus du tout de dualité.
00:15:24Là, il n'y a plus de chaud,
00:15:25de froid.
00:15:27Il n'y a plus de mal.
00:15:29Il n'y a pas de...
00:15:29C'est l'unité totale.
00:15:34C'est l'amour,
00:15:35c'est en fait la matière.
00:15:37Quand on parle de...
00:15:38Quand les religions parlent de lumière,
00:15:40ou d'amour universel,
00:15:41c'est vraiment ça.
00:15:42C'est source de toutes choses.
00:15:43C'est le Dieu,
00:15:44c'est le divin,
00:15:45c'est...
00:15:45C'est...
00:15:47C'est presque une matière.
00:15:48Alors c'est une lumière
00:15:50qui est plus blanche que blanche,
00:15:51et qui nous brûlerait sur place
00:15:53si on regardait avec nos yeux.
00:15:56En fait, on n'est pas équipé,
00:15:57notre corps serait complètement carbonisé,
00:16:00nos yeux seraient brûlés,
00:16:01on pourrait pas...
00:16:03La matière ne peut pas intégrer
00:16:05cette énergie.
00:16:07Et c'est une énergie
00:16:07qui est absolument vibrante,
00:16:09très très paisible.
00:16:11Il n'y a aucune...
00:16:13Personne ne vous a aimé comme ça sur Terre.
00:16:16Ça n'existe pas sur cette Terre.
00:16:17Ce degré d'amour-là n'existe pas.
00:16:19Il n'existe pas.
00:16:20Et donc il y a...
00:16:22Et toi,
00:16:23pendant que tu es en train de vivre ça,
00:16:24tu te rends compte
00:16:24que tu es en train de le vivre ou pas ?
00:16:26Est-ce qu'il y a une part de toi
00:16:27qui est hallucinée ?
00:16:29Tu vois ?
00:16:30Ou quelque part,
00:16:31tu es juste en train de le vivre ?
00:16:31Non, c'est naturel.
00:16:32C'est chez moi, quoi.
00:16:33Je rentre à la maison, en fait.
00:16:34Je rentre chez moi,
00:16:35je suis heureuse de rentrer chez moi.
00:16:37Je suis accueillie par mes guides,
00:16:41ma famille d'âmes, on va dire.
00:16:43Et à quoi ils ressemblent ?
00:16:44Qu'est-ce que c'est ?
00:16:44Alors ils sont plusieurs,
00:16:46c'est des grands êtres,
00:16:48avec, je dirais,
00:16:49une texture d'éther.
00:16:51Donc ils sont éthérés,
00:16:52mais avec une forme humanoïde
00:16:55assez grande,
00:16:56avec des...
00:16:57un peu luminescent,
00:16:58c'est-à-dire avec
00:16:59des reflets un peu nacrés
00:17:01ou des...
00:17:03Ils ne sont pas tous
00:17:04de la même couleur,
00:17:05mais quand même
00:17:06grands, humanoïdes.
00:17:08Il y a...
00:17:09Je crois qu'il y a
00:17:10mon arrière-grand-mère
00:17:11aussi qui est là.
00:17:12Sous cette forme ?
00:17:14Sous cette forme.
00:17:15Sous cette forme.
00:17:16Moi, je ne l'ai pas connue,
00:17:17mais en tout cas,
00:17:18c'est comme ça que je l'identifie.
00:17:21Et ils sont là pour m'accueillir,
00:17:23mais en même temps,
00:17:24très rapidement,
00:17:25ils me font comprendre
00:17:25que ce n'est pas le moment pour moi,
00:17:27en fait,
00:17:28que je ne peux pas rester,
00:17:29que je n'ai pas fini mon contrat,
00:17:30que je n'ai pas fini mon temps sur terre,
00:17:33que je crois qu'il y a des expérienceurs
00:17:35qui ont le choix.
00:17:36Ils ont le droit de rester
00:17:37ou ils ont le droit de repartir.
00:17:39Moi, clairement,
00:17:40je ne peux pas rester.
00:17:41Et ça me désespère un peu.
00:17:43C'est-à-dire que...
00:17:44Ah oui,
00:17:44les échanges sont faits par télépathie.
00:17:46C'est-à-dire qu'on ne se parle pas,
00:17:48mais on échange des informations
00:17:49dans ce qu'on prend sans...
00:17:53C'est un champ,
00:17:54c'est un champ,
00:17:55voilà,
00:17:55c'est un champ d'informations
00:17:56qui se transmet,
00:18:00je dirais,
00:18:01télépathiquement, peut-être.
00:18:02Enfin, je ne sais pas comment
00:18:03expliquer ça.
00:18:04Mais tu as l'impression,
00:18:04en tout cas,
00:18:05d'être en dialogue avec eux.
00:18:06Ah oui, oui.
00:18:06Sauf qu'il n'y a pas de voix,
00:18:07il n'y a pas de mots.
00:18:08Non, il n'y a pas de voix,
00:18:09il n'y a pas de mots,
00:18:09mais il y a des informations
00:18:10qui sont échangées.
00:18:12Moi qui veux rester,
00:18:15et eux qui me font
00:18:16avec beaucoup de délicatesse
00:18:17comprendre que ce n'est pas le moment
00:18:18et que je n'ai pas fini
00:18:19ce que j'avais à faire ici
00:18:20et que c'est un retour prématuré.
00:18:24Voilà.
00:18:27Et en même temps,
00:18:29c'est un état...
00:18:31Voilà,
00:18:31c'est comme si on rentre chez soi
00:18:33après un long voyage,
00:18:35un peu éprouvant,
00:18:35qu'on dit,
00:18:37bah non,
00:18:37il faut que tu repartes en voyage,
00:18:38quoi.
00:18:41Et donc,
00:18:43on s'approche comme ça
00:18:45et on me pousse comme ça,
00:18:47mais vraiment
00:18:47avec beaucoup de délicatesse.
00:18:50Et je repars en arrière,
00:18:51alors cette fois,
00:18:52beaucoup plus rapidement.
00:18:55Et en fait,
00:18:55ce que j'oublie de dire aussi,
00:18:56c'est que
00:18:57dans cet espace-là,
00:18:59le temps n'existe pas.
00:19:00donc il n'y a pas
00:19:01ce compte-un-homme
00:19:04espace-temps,
00:19:05c'est-à-dire qu'une fraction
00:19:05de seconde dure une éternité,
00:19:07quoi.
00:19:07Il n'y a pas...
00:19:08Je suis là depuis une éternité
00:19:10et en fait,
00:19:11la raison pour laquelle
00:19:12on s'en souvient,
00:19:13c'est qu'on est dans
00:19:13une hyper-conscience.
00:19:15Donc c'est comme...
00:19:16Là, par exemple,
00:19:17quand je vous le raconte,
00:19:17enfin,
00:19:18quand je te le raconte,
00:19:19c'est comme si
00:19:20ça s'était passé
00:19:21il y a une seconde.
00:19:22Donc il n'y a pas...
00:19:24C'est tellement imprégné
00:19:25dans l'être
00:19:25que c'est pas comme si
00:19:27ça s'était passé
00:19:27il y a plus de 20 ans.
00:19:29Alors que ça s'est
00:19:30objectivement passé
00:19:31il y a plus de 20 ans.
00:19:31Oui, ça s'est objectivement...
00:19:32Mais toi,
00:19:32tu t'en souviens
00:19:33comme si ça aurait pu se passer
00:19:34il y a une heure, en fait.
00:19:36Ah oui.
00:19:37Parce qu'en fait,
00:19:37on est en hyper-conscience.
00:19:41C'est la conscience pure.
00:19:45Donc c'est un espace-temps
00:19:46qui existe au-delà de tout
00:19:48et qui existera
00:19:49au-delà de tout, en fait.
00:19:50C'est comme si on mettait la tête...
00:19:52On sortait la tête
00:19:53du compte-un homme espace-temps
00:19:54et on arrive dans un endroit
00:19:55qui est éternel, en fait.
00:19:58Qui existe
00:19:59et qui existera
00:20:00à travers les âges.
00:20:02On te repousse ?
00:20:03On me repousse.
00:20:07Et donc je fais
00:20:08le chemin inverse
00:20:09mais alors là,
00:20:09beaucoup plus rapidement
00:20:10parce qu'il n'y a pas
00:20:11la revue de vie.
00:20:12Donc c'est beaucoup plus rapide
00:20:13et je suis réintégrée
00:20:15par le sommet de mon crâne
00:20:17et là je suis
00:20:18dans le camion des secours.
00:20:21je suis réanimée.
00:20:25Et alors là,
00:20:26là commence un peu l'enfer
00:20:27parce que les bruits
00:20:29sont très très forts.
00:20:30J'ai des douleurs.
00:20:32Les odeurs sont très fortes
00:20:34et j'ai l'impression
00:20:34à ce moment-là,
00:20:35l'image que j'ai
00:20:36qui est le plus précis
00:20:38c'est d'être dans un corps
00:20:40trop...
00:20:41Enfin dans un vêtement
00:20:41trop étroit
00:20:42et trop étriqué.
00:20:43J'ai l'impression
00:20:43d'être rentrée
00:20:44vraiment dans un vêtement...
00:20:48Comme une combinaison
00:20:49de plongée trop petite
00:20:50qui était mouillée.
00:20:51Oui, c'est ça.
00:20:51Qui compriait
00:20:52mais qui en plus
00:20:53qui est douloureuse.
00:20:53Je reprends une expression
00:20:54que j'ai entendue
00:20:56par ailleurs
00:20:57par un autre invité
00:20:58en fait
00:20:58qui disait ça exactement.
00:21:00C'est vraiment ça.
00:21:01C'est vraiment une sensation
00:21:02d'être comprimée
00:21:05et puis il y a la douleur,
00:21:07il y a l'agitation,
00:21:08il y a le bruit,
00:21:09il y a beaucoup de confusion
00:21:11et c'est un peu comme
00:21:13si on partait...
00:21:16J'imagine,
00:21:17dans le ventre de sa mère,
00:21:18dans un cocon
00:21:19un peu doux,
00:21:20un peu...
00:21:21Et puis qu'on sort
00:21:21et qu'on se fait taper
00:21:22sur les fesses
00:21:23et qu'il pleure pas.
00:21:25Il pleure pas.
00:21:26Donc c'est très brutal.
00:21:31Et après,
00:21:32j'ai une petite question.
00:21:33Vaïnat,
00:21:34je comptais
00:21:35avant de mourir
00:21:36en fait,
00:21:37c'est qui ?
00:21:38C'est quoi ton rapport
00:21:39à tout ça ?
00:21:40Est-ce que...
00:21:41Vraiment,
00:21:41déjà je suis athée,
00:21:42donc je crois pas du tout
00:21:43en Dieu.
00:21:44Je viens d'une famille
00:21:46complètement athée,
00:21:47anti-religieux.
00:21:49En fait,
00:21:50ça fait pas du tout
00:21:50partie de mon...
00:21:52Pas de mes propres
00:21:53préoccupations,
00:21:53c'est-à-dire que
00:21:54la mort n'existe pas.
00:21:56Quand on est adolescent,
00:21:57la mort n'existe pas,
00:21:58ça n'existe pas.
00:21:59C'est la vie,
00:22:00c'est la fête,
00:22:01c'est...
00:22:02C'est l'insouciance.
00:22:04Oui, mais tu sais...
00:22:05Enfin, l'insouciance.
00:22:06Enfant,
00:22:07on peut perdre un animal,
00:22:09on peut perdre une grand-mère,
00:22:10on peut...
00:22:11J'ai pas été confrontée
00:22:12à la mort, moi.
00:22:13Jamais,
00:22:13avant cet épisode.
00:22:14Donc tu t'es jamais
00:22:15posé la question,
00:22:17est-ce que t'as au moins
00:22:17un regard sur la mort ?
00:22:19Non.
00:22:19Est-ce que tu te dis,
00:22:20on se fait bouffer
00:22:21par les verres ?
00:22:22Ça ne fait pas partie
00:22:24du tout de...
00:22:26Ça fait pas partie
00:22:27de mon monde, en fait.
00:22:28C'est comme si j'étais
00:22:29immortelle.
00:22:32Enfin, il n'y a pas...
00:22:33Cette question n'existe pas,
00:22:35je n'ai pas été frappée
00:22:36par le deuil
00:22:37de gens proches.
00:22:39Donc non,
00:22:39c'est vraiment,
00:22:40pour le coup,
00:22:42une espèce de...
00:22:43C'est...
00:22:44Je suis frappée
00:22:45en plein fouet
00:22:45par quelque chose
00:22:46qui ne fait pas du tout
00:22:47partie de...
00:22:48Je ne suis même pas...
00:22:49Enfin, je ne suis pas,
00:22:49justement, pour le coup,
00:22:50pas du tout suicidaire,
00:22:52pas du tout...
00:22:53Non.
00:22:55Du coup, tu reviens,
00:22:56t'es dans le SAMU, là ?
00:22:57Je reviens,
00:22:58je suis prise en charge
00:22:59assez rapidement
00:23:00et en fait,
00:23:01j'ai beaucoup de chance,
00:23:02j'ai un léger trauma crânien,
00:23:04mais j'ai vraiment
00:23:05quasi rien,
00:23:06enfin, de très grave.
00:23:09Mais je parle
00:23:10de mon expérience
00:23:11et là,
00:23:11c'est comme si on pensait
00:23:12que j'étais un peu,
00:23:13justement,
00:23:13suicidaire.
00:23:14j'ai un peu des antidépresseurs,
00:23:19mais ce qu'on a l'impression...
00:23:20Et après,
00:23:21il y a aussi une chose,
00:23:21c'est que pendant 15 jours après,
00:23:24la nuit,
00:23:25je fais des sorties de corps
00:23:27et donc,
00:23:27alors là,
00:23:27pour le coup,
00:23:28je me retrouve
00:23:29toutes les nuits
00:23:29collée au plafond.
00:23:31Toutes les nuits,
00:23:32c'est comme si mon âme
00:23:33voulait se rebarrer, quoi.
00:23:34Et donc,
00:23:35je suis accrochée...
00:23:36Mais par contre,
00:23:37tu ne peux pas traverser
00:23:37le plafond ?
00:23:38Non, non,
00:23:38je ne peux pas traverser
00:23:39le plafond,
00:23:40je ne peux pas partir,
00:23:41je ne peux pas...
00:23:41Tu es dans...
00:23:42Donc, ça me crée
00:23:43des angoisses.
00:23:43Bah oui.
00:23:44Bah oui,
00:23:45enfin, je me vois...
00:23:46Oui, oui,
00:23:46je me vois dormir...
00:23:49Enfin, je suis vraiment
00:23:50comme si un espèce
00:23:51de ballon d'hélium
00:23:54accroché...
00:23:57Et je ne maîtrise pas,
00:23:58c'est-à-dire que je ne...
00:23:59Je ne maîtrise pas
00:24:00et je ne le comprends pas.
00:24:02Je ne sais pas pourquoi.
00:24:03Et l'expérience
00:24:03de mort imminente
00:24:04en tant que telle,
00:24:05dont tu te souviens
00:24:06parfaitement, du coup,
00:24:07quand...
00:24:09Enfin, je veux dire,
00:24:09on t'en parle,
00:24:10on te dit,
00:24:10ok, donc elle a un gros
00:24:11trauma crânien,
00:24:13on va la mettre
00:24:13aux antidépresseurs.
00:24:14Oui.
00:24:14Donc, toi-même,
00:24:15tu te dis...
00:24:16Tu te dis quoi ?
00:24:17Tu te dis...
00:24:17En fait, le truc
00:24:18qui est très étrange,
00:24:19c'est que j'en parle
00:24:19à la science
00:24:21et à l'époque,
00:24:21enfin, voilà,
00:24:22on regarde ça vraiment
00:24:23genre...
00:24:24C'est un peu...
00:24:25C'est un peu too much.
00:24:27Donc, je comprends
00:24:27que je ne peux pas
00:24:28en parler à la science
00:24:30et après,
00:24:32après, je décide
00:24:34de partir
00:24:35dans un monastère
00:24:36de bénédictins
00:24:37parce que je me dis,
00:24:38bah, les scientifiques,
00:24:39ils ne comprennent rien,
00:24:40les religieux comprennent
00:24:41puisque j'ai rencontré Dieu,
00:24:42en gros.
00:24:43Alors, juste pour comprendre,
00:24:45quand tu reviens,
00:24:45tu es transformée.
00:24:46Oui.
00:24:47Qu'est-ce qui se passe ?
00:24:48Parce que tu as mal
00:24:50dans ton corps.
00:24:51Tu as quand même mal
00:24:52dans ton corps.
00:24:53Tu es un peu blessée.
00:24:54Tu dis que tu as l'impression
00:24:55d'être dans un costume
00:24:55qui est trop petit.
00:24:57Mais du coup,
00:24:57dans ton cœur
00:24:58et dans ton esprit,
00:25:00tu es comment ?
00:25:01Plus rien n'est comme avant.
00:25:02Je ne peux en parler
00:25:02à personne, déjà.
00:25:04Je ne peux en parler
00:25:05à personne.
00:25:05Je ne peux partager
00:25:06avec personne.
00:25:07Mais comment c'est, alors ?
00:25:08Plus rien n'est comme avant
00:25:09dans le sens où,
00:25:10en fait,
00:25:11qu'est-ce que je fous sur Terre,
00:25:12quoi, du coup ?
00:25:13Si ce n'était pas le moment
00:25:14pour moi,
00:25:16pourquoi je suis revenue,
00:25:17en fait ?
00:25:17Qu'est-ce que je fais là ?
00:25:19Et donc,
00:25:20en fait,
00:25:20je me pose des questions existentielles
00:25:23à l'âge
00:25:24où on ne s'en pose pas.
00:25:25Donc,
00:25:25je me pose des questions existentielles
00:25:26de pourquoi je suis en vie,
00:25:28qu'est-ce que je suis venue faire là
00:25:29et surtout,
00:25:30quoi faire de cet amour inconditionnel ?
00:25:32C'est-à-dire que...
00:25:33Je suis en demande
00:25:37de cet amour-là.
00:25:38C'est-à-dire que,
00:25:40pour moi,
00:25:40c'est comme si tout d'un coup,
00:25:41j'avais vu la Vierge.
00:25:42Enfin,
00:25:43j'ai rencontré Dieu, quoi.
00:25:45Voilà,
00:25:46c'est l'amour inconditionnel.
00:25:47Mais c'est ça, en fait,
00:25:48ce dont parlent
00:25:49toutes les religions.
00:25:51C'est ça.
00:25:52Ça n'est ni plus ni moins
00:25:53que la source.
00:25:54Ça n'est ni plus ni moins
00:25:54que cette lumière.
00:25:55Ça n'est ni plus ni moins
00:25:56que cet amour inconditionnel
00:25:57qui n'existe pas sur cette Terre.
00:25:58Aujourd'hui,
00:25:59tu dirais que...
00:26:00Enfin,
00:26:00aujourd'hui,
00:26:01tu t'affilies à une religion ?
00:26:03Non.
00:26:04Non, non,
00:26:05en fait,
00:26:05parce que pour moi,
00:26:06les religions,
00:26:07c'est un peu...
00:26:09C'est un peu
00:26:11la ligne téléphonique
00:26:12entre le divin et soi,
00:26:13alors que là,
00:26:15on a tous
00:26:16une ligne directe,
00:26:17en fait.
00:26:17Alors que là,
00:26:17ce n'est pas une ligne téléphonique,
00:26:18c'est un intermédiaire.
00:26:19Les religions sont des intermédiaires
00:26:21entre le divin et soi.
00:26:22Alors qu'en fait,
00:26:23la ligne,
00:26:23elle est directe,
00:26:24elle est accessible,
00:26:25elle est permanente,
00:26:26elle est là en soi,
00:26:27en effet,
00:26:28de ça.
00:26:28On est fait de ça
00:26:29et tout est fait de ça.
00:26:32Avec des fréquences
00:26:34vibratoires différentes,
00:26:35en fait.
00:26:35Alors c'est facile à dire
00:26:36quand on a vécu
00:26:37ce type d'expérience,
00:26:38mais quand on ne l'a pas vécu
00:26:40et quand on n'a pas
00:26:41de compréhension organique
00:26:42de ça,
00:26:43ça peut sembler
00:26:44complètement abstrait.
00:26:46Tu vois ce que je veux dire ?
00:26:46Ça parlait...
00:26:47Deuxième,
00:26:47mais moi,
00:26:47je ne suis pas en lien divin,
00:26:48en fait,
00:26:49avec quoi que ce soit
00:26:50et en lien direct,
00:26:51pardon,
00:26:51avec le divin,
00:26:52je ne ressens pas,
00:26:53je ne sais pas
00:26:53de quoi elle parle,
00:26:54tu vois.
00:26:55Ça peut sembler
00:26:56vraiment totalement abstrait.
00:26:58Ouais,
00:26:58mais ça fait aussi partie
00:26:59de l'expérience humaine.
00:27:00En fait,
00:27:00ce que j'ai compris,
00:27:01c'est que l'expérience humaine,
00:27:02c'est de la dualité.
00:27:03Donc c'est ça aussi,
00:27:04c'est d'être séparé de ça.
00:27:05C'est d'être séparé
00:27:07de son unité,
00:27:09en fait,
00:27:10de sa reliance.
00:27:11Ça fait partie
00:27:12de l'expérience humaine.
00:27:13Elle est insupportable,
00:27:15elle est révoltante,
00:27:16elle est difficile
00:27:18à accepter,
00:27:19à vivre
00:27:19et à traverser.
00:27:22Mais c'est le jeu,
00:27:22quoi.
00:27:23Voilà,
00:27:23c'est les règles du jeu.
00:27:24Et en fait,
00:27:26tout mon cheminement de vie
00:27:27après a été
00:27:28de vouloir retrouver ça.
00:27:29Alors,
00:27:30je veux juste que tu reviens
00:27:31au monastère,
00:27:32du coup.
00:27:33Ouais,
00:27:33donc je pars trois semaines,
00:27:35enfin je veux partir
00:27:35trois semaines
00:27:36dans un monastère bénédictin
00:27:38pendant les vacances scolaires.
00:27:39donc je pars
00:27:41dans ce monastère.
00:27:42Tes parents te laissent ?
00:27:43Ouais,
00:27:43je ne suis plus en contact
00:27:44avec mon père,
00:27:45mais ouais,
00:27:45ouais.
00:27:46Donc je pars là-bas
00:27:47et j'ai été émancipée
00:27:49très jeune moi aussi.
00:27:50Bon bref,
00:27:51je pars
00:27:51et
00:27:53alors là,
00:27:56je suis frappée
00:27:57par l'austérité.
00:27:58C'est-à-dire,
00:27:59je me dis,
00:27:59mais ce n'est pas possible.
00:28:00Alors moi,
00:28:01je suis en état de grâce,
00:28:02j'ai des moments mystiques,
00:28:04c'est-à-dire,
00:28:04j'ai vraiment des moments
00:28:05de communion
00:28:06où je prie
00:28:06et je suis
00:28:07comme ça,
00:28:08alors que je suis à la base athée,
00:28:09vraiment totalement athée,
00:28:11je ne crois ni en Jésus,
00:28:12ni en Vierge Marie,
00:28:13il n'y a rien du tout quoi.
00:28:14Et là,
00:28:14j'ai des états un peu extatiques
00:28:16et puis
00:28:18je les vois
00:28:20très austères.
00:28:23Et un jour,
00:28:24je dis au père supérieur,
00:28:26je lui dis,
00:28:26mais en fait,
00:28:27vous n'avez pas la foi.
00:28:29Vous voulez la voir,
00:28:30mais vous ne l'avez pas,
00:28:31vous ne croyez pas,
00:28:33vous ne comprenez pas
00:28:34ce qu'est Dieu quoi.
00:28:36Dieu,
00:28:37c'est la joie,
00:28:38c'est l'amour,
00:28:38c'est la célébration
00:28:40de la vie.
00:28:42Et en fait,
00:28:43de voir une merdeuse,
00:28:45une ado,
00:28:46une merdeuse
00:28:47qui commence
00:28:48à remettre en question
00:28:49toute cette institution,
00:28:52en fait,
00:28:53et de remettre en question
00:28:55leur foi
00:28:55et de remettre en question
00:28:56toute leur vie,
00:28:58en fait,
00:28:59j'ai été virée.
00:29:01Donc,
00:29:02ils m'ont remercié,
00:29:02ils m'ont demandé de partir.
00:29:03Donc,
00:29:04je suis partie
00:29:05et là,
00:29:05je me suis dit,
00:29:06mais c'est terrible
00:29:06parce qu'en fait,
00:29:08la science ne veut pas m'écouter.
00:29:09La science ne veut pas m'écouter.
00:29:10La religion,
00:29:11ils sont complètement à l'ouest,
00:29:12ils n'ont rien compris
00:29:12et moi,
00:29:14je suis trop arrogante certainement.
00:29:16Ils ne comprennent rien
00:29:17et c'est que quelques années après,
00:29:19en faisant la rencontre
00:29:20de Yann Kounen
00:29:20avec qui j'ai tourné
00:29:21un film.
00:29:2399 ans.
00:29:24Non,
00:29:24à l'époque,
00:29:25c'était Blueberry.
00:29:25Ah,
00:29:25tu étais déjà dans Blueberry,
00:29:26bien sûr.
00:29:27J'étais déjà dans Blueberry
00:29:27et c'était quelques années après
00:29:29et là,
00:29:31tout d'un coup,
00:29:33le chamanisme.
00:29:33T'es un copain
00:29:34avec qui tu peux parler.
00:29:35Non,
00:29:36mais voilà,
00:29:36c'est pas ça.
00:29:37C'est-à-dire qu'en fait,
00:29:38je me suis dit,
00:29:38peut-être que les chamanes,
00:29:39peut-être,
00:29:40j'en sais rien,
00:29:41c'est censé être des ponts.
00:29:42C'est censé être des ponts
00:29:43entre le monde des esprits
00:29:44et le monde du vivant.
00:29:45C'est ça la définition a priori
00:29:47d'un chaman.
00:29:48Le chaman,
00:29:48c'est quelqu'un
00:29:49qui est un pont
00:29:51entre le monde des esprits
00:29:52et le monde terrestre.
00:29:54Ce n'est pas un homme
00:29:55avec des moustaches de chat.
00:29:57Excuse-moi,
00:29:58excuse-moi.
00:29:59Petit moment connerie.
00:30:00Ça pourrait.
00:30:01Ça pourrait.
00:30:02Ça pourrait.
00:30:04Donc là,
00:30:05je pars dans cette espèce
00:30:06de quête comme ça
00:30:07et je vais rencontrer
00:30:09plein...
00:30:10Donc grâce à Yann Kounen,
00:30:11le fait que tu te retrouves
00:30:12sur le tournage
00:30:12de Yann Kounen,
00:30:13tu n'as jamais travaillé
00:30:15avec La Plante
00:30:16a priori
00:30:16à ce moment-là.
00:30:18Non.
00:30:18Tu vas découvrir...
00:30:19C'est Yann Kounen
00:30:20qui te parle
00:30:21d'Ayahuasca et de...
00:30:23Non,
00:30:23il ne m'en parle pas vraiment.
00:30:24C'est juste
00:30:25que c'est dans le film
00:30:26et que je rencontre
00:30:28le chaman qu'il a...
00:30:30Non,
00:30:30parce qu'en fait,
00:30:30Yann,
00:30:30il ne fait pas du tout
00:30:31de prosélytisme là-dessus
00:30:33et donc au contraire,
00:30:34quand moi,
00:30:34je lui dis
00:30:34absolument que je parte au Pérou,
00:30:36je suis assez jeune,
00:30:38il dit
00:30:38oula oula oula oula oula oula
00:30:39pop, pop, pop,
00:30:41voilà.
00:30:41Donc il est très très précautionneux
00:30:42et c'est moi
00:30:43qui en fait me dis
00:30:44non mais...
00:30:45C'est comme si quelque part
00:30:47j'étais revenue
00:30:47avec une clé
00:30:48mais je ne sais pas
00:30:50à quel port elle ouvre
00:30:50cette clé
00:30:51et je ne sais pas,
00:30:52enfin je n'ai pas
00:30:52les raisons encore
00:30:53de pourquoi.
00:30:55Pourquoi je suis là ?
00:30:55Pourquoi je ne suis pas restée ?
00:30:56Pourquoi je suis revenue ?
00:30:57Pourquoi je suis revenue ?
00:31:00Et ça m'interroge énormément
00:31:03et donc je me dis
00:31:04mais peut-être
00:31:04que les chamanes
00:31:05ont la réponse en fait.
00:31:08Et alors là,
00:31:09je vais partir
00:31:09rencontrer
00:31:10tous les chamanes de la Terre.
00:31:12C'est-à-dire que
00:31:12j'ai fait l'Amazonie,
00:31:14j'ai fait la Mongolie,
00:31:15j'ai fait l'Afrique,
00:31:16j'ai rencontré
00:31:17toutes les techniques possibles
00:31:19et imaginables,
00:31:20je suis allée me mettre
00:31:21dans des situations
00:31:21improbables.
00:31:23C'est-à-dire ?
00:31:24Oui, c'est-à-dire
00:31:25oui, seule dans la jungle
00:31:26en Amazonie,
00:31:27dans une cabane,
00:31:30à boire des breuvages
00:31:31très puissants
00:31:32ou partir,
00:31:34voilà,
00:31:35faire la traversée
00:31:35de la Mongolie à cheval,
00:31:37enfin des choses
00:31:37assez...
00:31:39Courageuses ?
00:31:42Oui,
00:31:42et en même temps,
00:31:43je ne sais pas
00:31:46si c'est courageux
00:31:46parce qu'en fait
00:31:47à partir du moment
00:31:48où on revient d'un voyage
00:31:49aussi incroyable
00:31:50que celui de partir
00:31:51de cette planète
00:31:52et de revenir,
00:31:54qu'est-ce qu'on risque
00:31:56en fait ?
00:31:57Donc je pense
00:31:58que cette donnée-là
00:31:59m'a aussi enlevé
00:32:01beaucoup de peur,
00:32:03justement,
00:32:04la peur,
00:32:05la peur que ça se termine mal
00:32:06parce que si je suis revenue,
00:32:07c'est forcément
00:32:08que je suis guidée,
00:32:09accompagnée,
00:32:10protégée,
00:32:11enfin ça va bien
00:32:11se passer pour moi.
00:32:12et donc ça m'a enlevé
00:32:14quand même
00:32:15beaucoup d'anxiété
00:32:17de...
00:32:19Ouais,
00:32:19beaucoup d'anxiété
00:32:19existentielle en fait.
00:32:21Donc...
00:32:22Et qu'est-ce que tu vas
00:32:23trouver comme réponse
00:32:24alors du coup ?
00:32:25En fait,
00:32:25ce n'est pas eux vraiment
00:32:26qui ont les réponses
00:32:27au final.
00:32:28Les réponses,
00:32:28elles sont en soi.
00:32:30Donc j'aurais pu très bien
00:32:31me mettre dans une grotte
00:32:32et méditer 24 heures par jour
00:32:35et peut-être accéder
00:32:36aux mêmes réponses.
00:32:37mais en fait,
00:32:38la réponse la plus simple
00:32:40que je pourrais apporter
00:32:41aujourd'hui
00:32:42avec...
00:32:44à la lumière de la conscience
00:32:45de toutes les expériences
00:32:46que j'ai eues,
00:32:46c'est que finalement,
00:32:48on est là pour essayer
00:32:49d'incarner et de vibrer
00:32:51au mieux
00:32:51cette énergie d'amour
00:32:53inconditionnel.
00:32:54Et c'est ça qui est difficile.
00:32:56Comment tu le comprends ?
00:32:59Je dirais,
00:33:03c'est par strata en fait.
00:33:05C'est par...
00:33:07Il y a plein d'illusions
00:33:08qui vont avec
00:33:09les découvertes spirituelles aussi.
00:33:11Il y a plein d'illusions.
00:33:13En fait,
00:33:13je le comprends...
00:33:15Je le comprends aujourd'hui
00:33:18parce que, voilà,
00:33:19je suis passée par tout un tas
00:33:20de pérégrinations
00:33:22où je me suis un peu perdue
00:33:24dans des illusions,
00:33:25dans des fausses croyances.
00:33:28Est-ce que tu pourrais nous donner
00:33:30des petits exemples justement
00:33:31pour les gens qui sont en quête
00:33:33de spiritualité
00:33:34et qui se posent des questions
00:33:35que ça pourrait peut-être aider
00:33:37et guider
00:33:37et éviter certaines impasses ?
00:33:41Mais je ne suis pas sûre
00:33:41d'avoir toutes les...
00:33:42Enfin, je ne suis pas sûre
00:33:43d'avoir les réponses
00:33:43dans le sens où c'est...
00:33:45Je me dépatouille moi aussi
00:33:48au jour le jour
00:33:50et au quotidien.
00:33:51Donc, je crois qu'il n'y a pas
00:33:52un seul chemin en fait.
00:33:53C'est juste de temps en temps
00:33:58d'arriver à défocuser en fait,
00:34:00d'arriver à prendre un petit peu
00:34:01juste de hauteur
00:34:03ou d'arriver à dézoomer en fait
00:34:07sur ces problématiques
00:34:11et de regarder les choses
00:34:13un peu comme la revue de vie.
00:34:15C'est-à-dire d'arriver à tout d'un coup
00:34:16se dire bon, voilà,
00:34:17je suis un être humain.
00:34:18Vous voyez, un peu comme un acteur
00:34:20ou une actrice qui serait sur scène
00:34:22et qui va jouer à fond son rôle
00:34:23et qui y croit tellement que...
00:34:25Et puis tout d'un coup,
00:34:27clap, rideau,
00:34:28les spectateurs sont là,
00:34:29ça applaudit.
00:34:30Finalement, c'était une pièce de théâtre
00:34:33et on salue et on remercie
00:34:35et on sort et on va boire un coup
00:34:38avec ses potes.
00:34:39Non mais je dis ça,
00:34:40mais de dézoomer de temps en temps,
00:34:41ça permet aussi d'apporter
00:34:43un petit peu de...
00:34:44plus que du recul,
00:34:45un peu aussi d'auto-dérision
00:34:46sur sa condition humaine.
00:34:48Ça fait deux fois que tu parles
00:34:50de la notion de jeu.
00:34:51Oui.
00:34:52Deux fois que tu dis,
00:34:54donc comme une pièce de théâtre
00:34:55où j'ai compris qu'en fait,
00:34:56c'était le jeu,
00:34:57justement le jeu d'oublier,
00:35:00le jeu de te dire premier degré
00:35:03que, par exemple,
00:35:06voilà, la vie dure un temps
00:35:08et puis s'arrête, etc.
00:35:10C'est le jeu de la dualité,
00:35:13de la binarité.
00:35:14Est-ce que tu peux creuser un peu ça ?
00:35:16Oui, j'aurais pu prendre aussi
00:35:17la métaphore du jeu vidéo.
00:35:20Est-ce qu'on n'est pas aussi,
00:35:21voilà, dans un jeu vidéo
00:35:24avec des tableaux ?
00:35:26Est-ce qu'on va combattre le démon ?
00:35:27Est-ce qu'on va sauver la princesse ?
00:35:28Est-ce que...
00:35:29On a toujours des choix,
00:35:30quelque part.
00:35:31On a le choix de...
00:35:34Moi, je ne crois pas
00:35:34en une réalité préétablie.
00:35:37Je pense qu'on a des choix,
00:35:39mais que ces choix ont des conséquences
00:35:40et vont nous amener
00:35:41un peu plus loin.
00:35:45Pour moi, la notion de jeu,
00:35:47elle est importante
00:35:47parce que les enfants jouent.
00:35:50Quand on est enfant,
00:35:51on est au plus près
00:35:52de son être,
00:35:54de son essence.
00:35:56Et donc,
00:35:57un enfant, il joue, quoi.
00:35:59Et après, on s'est pris au sérieux.
00:36:00On a oublié qu'on était des enfants
00:36:02ou alors on a été des enfants
00:36:03très abîmés
00:36:04et très traumatisés.
00:36:06Et donc, on s'est mis des remparts
00:36:08et on est devenus des adultes.
00:36:10Et voilà.
00:36:10Et on a perdu cette notion de jeu.
00:36:12Mais les grands sages, par exemple,
00:36:15ils sont comme des enfants
00:36:16avec beaucoup d'humour,
00:36:20avec des yeux qui pétillent,
00:36:21avec quelque chose de très léger
00:36:24en eux, en fait.
00:36:26Mais c'est hyper dur, quoi.
00:36:28C'est-à-dire parce que, justement,
00:36:30la condition humaine,
00:36:32elle impose de vivre ses émotions,
00:36:34de les traverser,
00:36:35de vivre la peine,
00:36:38la perte,
00:36:38la rage,
00:36:39le désespoir,
00:36:40l'humilité.
00:36:42Et donc, c'est tout ça
00:36:43qui fait qu'on apprend
00:36:45et qu'on évolue
00:36:46en tant qu'âme.
00:36:47Et quand tu dis
00:36:48qu'après tous ces voyages,
00:36:49tu arrives à la conclusion
00:36:50que le rôle de ton existence
00:36:53et de l'existence en général,
00:36:55c'est de vibrer
00:36:55au plus proche
00:36:57cet amour inconditionnel,
00:37:00comment ça se met en pratique ?
00:37:03C'est-à-dire que,
00:37:05moi, je dirais,
00:37:07sans partir dans des grands,
00:37:09je dirais,
00:37:10au plus proche de son cercle,
00:37:12déjà.
00:37:14Si on arrive à vraiment aimer ses enfants,
00:37:16si on arrive à vraiment aimer son conjoint,
00:37:18son partenaire,
00:37:19ses amis,
00:37:21c'est pas aimer la planète entière,
00:37:23comme ça.
00:37:24Bien sûr qu'on est en désaccord,
00:37:27bien sûr qu'on est des humains
00:37:28avec des émotions variées,
00:37:30donc on peut être en colère,
00:37:30on peut...
00:37:32Mais si on arrive à apporter
00:37:33un amour inconditionnel
00:37:34à son cercle proche,
00:37:36déjà,
00:37:37à vraiment nourrir ça,
00:37:41c'est déjà énorme.
00:37:43Et je pense que,
00:37:43voilà,
00:37:44on part de sa cellule
00:37:45de soi-même,
00:37:47déjà,
00:37:47ça c'est très dur,
00:37:48de soi-même,
00:37:49de s'apporter un amour inconditionnel.
00:37:51Justement,
00:37:52tu pourrais dire que tu t'aimes ?
00:37:54Mais je m'aime des jours,
00:37:56oui,
00:37:56des jours non,
00:37:57des fois,
00:37:57je m'aime inconditionnellement
00:37:59et d'autres fois,
00:37:59je ne me supporte pas,
00:38:01quoi.
00:38:01Voilà,
00:38:02parce que je suis humaine.
00:38:04Donc il y a...
00:38:05C'est-à-dire que malgré la sagesse,
00:38:07malgré ce que tu as compris,
00:38:08ressenti,
00:38:09expérimenté,
00:38:11ça ne t'empêche absolument pas
00:38:12d'être dans le béabat,
00:38:14d'une dispute,
00:38:15d'une colère,
00:38:16et d'être enragée,
00:38:17bien sûr.
00:38:18En fait,
00:38:18je ne le veux pas
00:38:19parce que c'est pour ça
00:38:21que je suis ici,
00:38:22en fait.
00:38:23je suis ici
00:38:24pour vivre mes émotions
00:38:25à fond,
00:38:27pour oublier
00:38:28que je suis un être parfait,
00:38:31que je suis un être divin,
00:38:33que j'ai l'amour inconditionnel
00:38:35à disposition.
00:38:36Je suis là précisément
00:38:37pour oublier
00:38:38mon essence
00:38:40extraordinaire
00:38:42et pour vraiment
00:38:43faire l'expérience
00:38:44parfois du pire.
00:38:46Mais justement,
00:38:47tu n'as pas oublié
00:38:47parce qu'en général,
00:38:49assez souvent quand même,
00:38:52surtout quand dans les récits
00:38:54d'expériences de mort imminente,
00:38:55on parle de ceux
00:38:56qui rentrent à la maison,
00:38:58très souvent,
00:38:58ils oublient.
00:39:00Ils vont revenir
00:39:01avec que des bribes,
00:39:03très peu de toit.
00:39:04Tu te souviens en fait
00:39:05de toute ton expérience.
00:39:06Donc comment tu fais
00:39:07pour te rappeler
00:39:08qu'il faut oublier ?
00:39:10Je ne sais pas comment dire.
00:39:11Tu vois,
00:39:11alors que toi-même,
00:39:13tu l'as dit tout à l'heure,
00:39:14c'est comme si l'expérience
00:39:15était arrivée il y a une minute.
00:39:16Du coup,
00:39:17j'ai parlé avec pas mal
00:39:19d'expérienceurs
00:39:20qui n'ont pas oublié
00:39:22les sensations.
00:39:23C'est-à-dire que la sensation,
00:39:24elle est là en soi.
00:39:25Et après,
00:39:26moi j'ai fait
00:39:26tout un cheminement
00:39:28pour l'intégrer
00:39:30en fait cette expérience.
00:39:31Donc toutes mes expériences
00:39:32diverses et variées
00:39:34spirituelles,
00:39:36c'était vraiment
00:39:37pour intégrer
00:39:38et pour faire sens
00:39:40de ça.
00:39:41Parce que l'esprit humain,
00:39:42il a besoin de faire sens
00:39:43des choses.
00:39:45Donc je dirais
00:39:46que c'est toute cette quête
00:39:47de 25 années
00:39:50de cheminement,
00:39:52même plus que 25,
00:39:53mais de cheminement
00:39:54pour finalement
00:39:56me dire
00:39:56bon,
00:39:57finalement,
00:39:58c'est peut-être
00:39:58très simple.
00:39:59Enfin,
00:40:01pas besoin
00:40:01ni de se prendre
00:40:03pour je ne sais pas qui.
00:40:04quoi, c'est au jour le jour,
00:40:06à la minute la minute,
00:40:09avec mon fils,
00:40:10avec mon mec,
00:40:11avec mes amis,
00:40:12dans le travail,
00:40:13avec...
00:40:14Et puis les moments
00:40:15où je déraille,
00:40:17où je suis vraiment
00:40:18la pire version de moi-même,
00:40:19de dire bon,
00:40:20allez,
00:40:21allez,
00:40:22voilà.
00:40:22Et de l'embrasser,
00:40:23ça aussi,
00:40:24et d'être hyper honnête
00:40:25et sincère avec ça,
00:40:26quoi.
00:40:27Tu peux développer
00:40:28un tout petit peu ça ?
00:40:29Ouais,
00:40:29bah de me pardonner,
00:40:30mais au même titre
00:40:31qu'un enfant,
00:40:32par exemple,
00:40:32quand un enfant,
00:40:32il a un tantrum,
00:40:34il pique une crise,
00:40:35il a une colère,
00:40:38il est super en colère,
00:40:39mais deux secondes après,
00:40:39il va jouer
00:40:40et tout va bien
00:40:41et c'est fun,
00:40:42ah bah viens,
00:40:42on joue.
00:40:43Et puis il peut
00:40:44trépigner du pied
00:40:45et puis deux secondes après,
00:40:46alors ça ne veut pas dire
00:40:46qu'on doit se comporter
00:40:47comme des gamins
00:40:48à balancer
00:40:50nos tantrumes
00:40:51comme ça,
00:40:52mais je pense que quand même,
00:40:54avec le temps
00:40:55et avec le fait
00:40:56de dézoomer
00:40:57et de donner un peu
00:40:58moins d'importance
00:40:59à certaines choses,
00:41:01ça devient plus paisible
00:41:04et on se pardonne
00:41:05plus facilement.
00:41:06À soi-même.
00:41:07À soi-même.
00:41:09Ouais,
00:41:09on est plus
00:41:11bah plus compassionnel,
00:41:13plus doux,
00:41:14plus gentil,
00:41:14plus...
00:41:15Est-ce que tu as quand même
00:41:16l'impression que ces expériences
00:41:18que tu as vécues
00:41:19te permettent
00:41:20d'avoir une distance
00:41:21avec tes émotions
00:41:22et un peu mieux
00:41:23les maîtriser,
00:41:24on va dire ?
00:41:25Maîtriser,
00:41:26je ne sais pas,
00:41:26disons que canaliser
00:41:28dans le sens où
00:41:28j'essaie d'en faire
00:41:29quelque chose,
00:41:30que ce soit par l'écriture,
00:41:32par l'art,
00:41:33par le sport
00:41:34ou...
00:41:35Donc j'essaie
00:41:35parce qu'en fait,
00:41:37une émotion,
00:41:38elle nous traverse,
00:41:39quoi.
00:41:39Est-ce qu'on la maîtrise
00:41:40pour autant ?
00:41:41Est-ce qu'on l'empêche
00:41:41de...
00:41:42Justement,
00:41:43tout le travail,
00:41:43c'est de pas...
00:41:45de pas les...
00:41:47de pas les empêcher,
00:41:49de pas les réprimer
00:41:50ou de pas les juger.
00:41:51En plus,
00:41:52c'est notre métier en fait.
00:41:53Je faisais une référence
00:41:54à ça particulière
00:41:56parce que je ne parlais pas
00:41:58de maîtrise
00:41:59et de contrôle
00:42:00dans le sens
00:42:00je contiens
00:42:02et j'empêche
00:42:02mais plutôt dans le sens
00:42:04se dissocier
00:42:05de l'émotion
00:42:06et être capable
00:42:07de la regarder
00:42:09pour ce qu'elle est,
00:42:10c'est-à-dire
00:42:11pas nous,
00:42:12mais une émotion
00:42:14qui nous traverse.
00:42:16Et si je prends
00:42:17l'exemple de la douleur,
00:42:18moi avant,
00:42:19quand je me blessais,
00:42:20je criais,
00:42:21j'avais mal
00:42:21et puis j'allais chercher
00:42:23de la crème
00:42:24pour m'apaiser la douleur.
00:42:27Aujourd'hui,
00:42:28j'ai compris
00:42:29que si je respire
00:42:31ma douleur,
00:42:32je la vis donc,
00:42:33je l'accepte,
00:42:34je l'embrasse,
00:42:35mais je ne m'associe pas
00:42:37à elle,
00:42:38elle passe.
00:42:39Mais elle passe
00:42:39quatre fois plus fort
00:42:41et quatre fois plus vite
00:42:42que si je crie
00:42:44et que d'un coup
00:42:45je rentre dans une panique
00:42:46et je me dis
00:42:46oh là là,
00:42:47qu'est-ce qui m'est arrivé ?
00:42:47Et que c'est assez magique
00:42:51en fait,
00:42:51à vrai dire.
00:42:52Donc c'était plutôt
00:42:52dans ce sens-là
00:42:53que je parlais
00:42:54de reprendre les rênes.
00:42:56Oui.
00:42:56C'est plutôt dans ce sens-là.
00:42:58Est-ce que tu sens
00:42:58que ça t'a apporté ça ?
00:43:01Oui,
00:43:01et puis aussi parce que
00:43:03c'est les instruments
00:43:04de mon métier.
00:43:05Oui.
00:43:05Et ouais.
00:43:06Donc ça,
00:43:06c'est génial quoi.
00:43:07C'est-à-dire que vraiment,
00:43:10oui,
00:43:10oui,
00:43:11complètement.
00:43:12Tu as tout à fait
00:43:13bien résumé,
00:43:15c'est-à-dire qu'on se laisse
00:43:18traverser par elle
00:43:19et on en fait quelque chose
00:43:20de beau.
00:43:24Même la colère,
00:43:25elle peut être hyper utile
00:43:26si elle est bien mise
00:43:29au bon endroit,
00:43:30si elle est bien utilisée.
00:43:34Je me souviens d'ailleurs
00:43:35de ce que j'ai pratiqué,
00:43:38une pratique qui s'appelle
00:43:38le sundo
00:43:39avec une prof coréenne
00:43:40et c'était très intense
00:43:42et ça a révélé
00:43:44des vieilles colères.
00:43:44Tu peux nous expliquer
00:43:45en deux mots
00:43:45ce que c'est que le sundo
00:43:46qu'on sache ?
00:43:47Ouais,
00:43:47le sundo,
00:43:48ça veut dire,
00:43:49c'est la voie du tao en fait
00:43:50et c'est une pratique
00:43:52millénaire coréenne
00:43:53qui était pratiquée
00:43:53par les moines
00:43:55et c'est une pratique
00:43:58entre le qigong
00:44:01et l'art martial,
00:44:03le yoga.
00:44:04C'est une pratique taoïste
00:44:05et j'étais très très
00:44:07très en colère.
00:44:08On reste très longtemps
00:44:09dans des postures
00:44:09et donc ça ouvre
00:44:10les méridiens
00:44:11et donc tout ce qui est bloqué
00:44:12depuis là,
00:44:13ça sort.
00:44:15J'étais très très
00:44:15très en colère,
00:44:16très en rage
00:44:17et ma prof me dit
00:44:19mais tu n'es pas ta colère.
00:44:23Tu n'es pas ta colère.
00:44:25elle te traverse.
00:44:29Le moins tu t'y accroches,
00:44:30le plus elle passe
00:44:31comme tu disais
00:44:31avec ta douleur.
00:44:32C'est le fait
00:44:33de s'y accrocher
00:44:34ou de dire
00:44:36c'est pas possible,
00:44:36je ne peux pas être en colère.
00:44:38Ou de la juger,
00:44:39c'est ça,
00:44:39ou de la juger
00:44:40ou de la réprimer,
00:44:43ça rajoute encore plus.
00:44:46Et puis on a la chance
00:44:47de faire un métier incroyable
00:44:48où c'est un peu
00:44:49notre palette de peintres.
00:44:51On va mettre
00:44:51un petit peu de ça,
00:44:52un petit peu de ça.
00:44:54On va les utiliser
00:44:55pour en faire
00:44:57quelque chose
00:44:59de plus créatif.
00:45:00Est-ce que tu peux nous dire
00:45:05par rapport à toutes
00:45:08les expériences confondues
00:45:09que tu as vécues,
00:45:11quelle est la chose
00:45:12la plus extraordinaire
00:45:13en dehors
00:45:14de ton expérience
00:45:15de mort imminente
00:45:15qui te soit arrivée ?
00:45:17C'est-à-dire la chose
00:45:18presque pas racontable
00:45:20où tu te dis
00:45:21si je le mettais dans un livre
00:45:22on ne pourrait pas
00:45:23me prendre au sérieux ?
00:45:25Je n'ai a priori
00:45:26pas vraiment le droit
00:45:26d'en parler.
00:45:27En tout cas,
00:45:27je n'ai pas le droit
00:45:28de parler de vraiment
00:45:28ce qui se passe
00:45:29à l'intérieur.
00:45:30Mais je ne sais pas
00:45:30si tu es familiale
00:45:31avec la Sundance.
00:45:33Si, ce grand festival,
00:45:36c'est ça.
00:45:36C'est des Amérindiens.
00:45:37Oui, des Amérindiens.
00:45:38Donc Sundance,
00:45:39c'est une réunion
00:45:40de quatre jours,
00:45:40quatre nuits,
00:45:41d'hommes
00:45:41qui célèbrent
00:45:43le soleil.
00:45:46C'est des guerriers,
00:45:46c'est plutôt guerriers.
00:45:49Et donc,
00:45:50ça existe pour les femmes.
00:45:51Ça s'appelle
00:45:51la Moon Dance.
00:45:52Ça a été créé
00:45:55par des grands-mères
00:45:56de plusieurs traditions.
00:45:59Et donc,
00:45:59c'est 300 femmes
00:46:00qui se réunissent
00:46:02pendant quatre nuits
00:46:03et quatre jours
00:46:04et qui font à la fois
00:46:06des prières à la lune
00:46:07et qui dansent
00:46:08toute la nuit.
00:46:10Et donc,
00:46:11je suis moon danceuse
00:46:13depuis deux ans.
00:46:15Et ça...
00:46:17C'est marrant déjà
00:46:18le terme.
00:46:18Je suis moon danceuse.
00:46:19Moon danceuse, oui.
00:46:20C'est très mignon.
00:46:21Ouais.
00:46:23En fait,
00:46:23là,
00:46:24il y a un truc
00:46:24qui est incroyable,
00:46:25c'est la communauté
00:46:26en fait
00:46:26et la sororité
00:46:27et le fait
00:46:28qu'ensemble,
00:46:30ensemble,
00:46:30on crée
00:46:31des égrégores,
00:46:33on crée
00:46:34une réalité
00:46:36et que ça
00:46:37amplifie en fait.
00:46:39C'est-à-dire que
00:46:39oui,
00:46:40je pourrais partir seule
00:46:41dans la jungle
00:46:42pendant six mois
00:46:43à prendre
00:46:45toutes les plantes
00:46:45psychédéliques possibles
00:46:47et comprendre
00:46:47le sens de la vie.
00:46:48Voilà.
00:46:49Mais en fait,
00:46:49ce qui m'a apporté
00:46:50le plus de puissance,
00:46:52de joie
00:46:52et de sens,
00:46:54c'est de faire partie
00:46:55de la communauté
00:46:55et vraiment
00:46:57d'intégrer
00:46:59un groupe
00:47:00de femmes conscientes
00:47:02et puis de transmission.
00:47:03C'est des grands-mères
00:47:04de tradition
00:47:05ancestrale
00:47:06qui transmettent
00:47:07un savoir.
00:47:08C'est un sillon
00:47:09qui se creuse.
00:47:10C'est on passe...
00:47:12Voilà,
00:47:12c'est les elders,
00:47:13on les appelle
00:47:13les elders,
00:47:14les grands-mères
00:47:14qui passent
00:47:15aux plus jeunes
00:47:15et les plus jeunes
00:47:16vont devenir des grands-mères
00:47:17et vont passer
00:47:18aux plus jeunes
00:47:18et donc il y a
00:47:19une espèce
00:47:19de transmission
00:47:20millénaire,
00:47:21ancestrale
00:47:22qui est quand même
00:47:22exceptionnelle.
00:47:24Qu'est-ce qu'on t'a passé
00:47:25justement ?
00:47:26Est-ce qu'il y a
00:47:28un message
00:47:28ou une leçon
00:47:30comme ça
00:47:31qu'on t'ait passé
00:47:31dont tu pourrais parler
00:47:32aujourd'hui ?
00:47:34Justement,
00:47:35qu'on n'est pas éternel,
00:47:37qu'on n'est pas sage
00:47:37et que ça se prépare
00:47:39d'être un bon ancêtre
00:47:40en fait.
00:47:43C'est-à-dire que...
00:47:43Ça se prépare
00:47:43d'être un bon ancêtre.
00:47:45C'est une responsabilité
00:47:47d'être un bon ancêtre,
00:47:49d'être à son tour
00:47:51digne de pouvoir
00:47:52transmettre
00:47:53aux jeunes générations.
00:47:56Donc moi,
00:47:56j'ai l'impression
00:47:57que cette aventure
00:47:58et cette expérience
00:47:59de Moondance
00:47:59me prépare
00:48:00à un jour
00:48:02pouvoir aussi
00:48:02transmettre
00:48:03aux plus jeunes
00:48:04et donc ça,
00:48:06c'est à la fois
00:48:06une sensation
00:48:07de responsabilité,
00:48:08c'est-à-dire que ça
00:48:09nous responsabilise
00:48:10et en même temps,
00:48:11c'est un honneur
00:48:12et c'est hyper...
00:48:14Ça apporte
00:48:14de l'humilité
00:48:15parce qu'on n'est que...
00:48:17Finalement,
00:48:18on n'est que de passage.
00:48:20On est là,
00:48:20voilà.
00:48:21Un jour,
00:48:22on va retourner
00:48:22à la poussière
00:48:23et donc qu'est-ce
00:48:23qu'on aura fait
00:48:24au milieu, quoi ?
00:48:26C'est peut-être
00:48:27pour ça que je suis revenue.
00:48:28Pour devenir
00:48:29un bon ancêtre.
00:48:30C'est tellement joli.
00:48:32Et qu'est-ce que tu...
00:48:34Si tu devais
00:48:35guider,
00:48:38en fait,
00:48:38aujourd'hui,
00:48:40quelqu'un
00:48:41qui est,
00:48:42par exemple,
00:48:43dans les peurs,
00:48:46qui est face
00:48:46à un traumatisme
00:48:47qu'il ou elle
00:48:48a du mal
00:48:49à dépasser
00:48:51ou tout simplement
00:48:52dans les peurs
00:48:54face aux actualités,
00:48:56à l'état
00:48:57de la planète,
00:48:58comment est-ce que
00:48:59ta spiritualité,
00:49:00en fait,
00:49:01elle peut aider
00:49:02les gens
00:49:03à tenir debout
00:49:07au milieu
00:49:08de cette tempête
00:49:08qu'est la vie.
00:49:09moi,
00:49:15j'ai remarqué
00:49:15une chose,
00:49:15je ne peux parler
00:49:16que de...
00:49:18Je ne vais pas donner
00:49:18des leçons,
00:49:20je n'ai pas l'impression,
00:49:21mais en tout cas,
00:49:22ce qui m'a
00:49:22beaucoup aidé,
00:49:23moi,
00:49:24c'est qu'en fait,
00:49:26là où il y a
00:49:26des peurs,
00:49:27il y a de la croissance.
00:49:28Fuir ses peurs,
00:49:34non seulement
00:49:34ses vins,
00:49:36mais en plus,
00:49:39c'est fuir
00:49:40la croissance
00:49:41de l'être.
00:49:43Donc,
00:49:44souvent,
00:49:45quand quelque chose
00:49:46nous terrifie,
00:49:48c'est que peut-être,
00:49:48là,
00:49:49il y a un petit cadeau
00:49:49à prendre derrière.
00:49:52Donc,
00:49:53peut-être,
00:49:53voilà,
00:49:54se tenir...
00:49:55C'est très dur
00:49:56d'être courageux
00:49:56et je dirais
00:49:59que seul,
00:50:00c'est compliqué,
00:50:01en fait.
00:50:02Donc,
00:50:02c'est demander de l'aide,
00:50:04justement,
00:50:05se raccrocher
00:50:06à la communauté
00:50:07ou créer
00:50:08ou trouver
00:50:09sa communauté
00:50:09et partager,
00:50:12en fait,
00:50:12sa vulnérabilité,
00:50:13partager l'endroit,
00:50:16en fait,
00:50:16où on est le plus fragile
00:50:18et trouver du soutien,
00:50:20du support
00:50:20parce qu'on n'est pas
00:50:21des super héros
00:50:22tout le temps.
00:50:22Donc,
00:50:23un jour,
00:50:23moi,
00:50:23je vais être à terre
00:50:24et puis quelqu'un
00:50:25va me tendre la main
00:50:26et le lendemain,
00:50:27c'est moi qui vais
00:50:27tendre la main
00:50:28à quelqu'un
00:50:28qui est à terre
00:50:29et inversement.
00:50:30Et donc,
00:50:32je dirais,
00:50:32c'est vraiment
00:50:33de pouvoir compter
00:50:34sur les autres
00:50:36et d'autoriser aussi
00:50:37les autres
00:50:37à nous voir vulnérables.
00:50:41De s'autoriser,
00:50:42soit,
00:50:42à être vulnérables
00:50:43devant les autres.
00:50:46Seul,
00:50:47on va nulle part,
00:50:48quoi.
00:50:49Alors ça,
00:50:49j'entends absolument
00:50:50le fait de pouvoir
00:50:51être avec une communauté
00:50:53et participer,
00:50:54être dans l'échange
00:50:55et pouvoir être le fort
00:50:56quand l'autre tombe
00:50:58et inversement.
00:50:59Mais par exemple,
00:51:01cette histoire,
00:51:01je te confronte exprès,
00:51:03cette histoire de là où il y a
00:51:05de la peur,
00:51:06il y a de la croissance.
00:51:08C'est vrai que c'est quelque chose
00:51:09en tout cas qui revient beaucoup
00:51:10chez les invités
00:51:11que je questionne là-dessus,
00:51:14que la transformation,
00:51:16que la métamorphose,
00:51:17elle passe par quelque chose
00:51:19qui est douloureux.
00:51:21Mais quand on est,
00:51:22par exemple,
00:51:22face au dérèglement climatique,
00:51:24qu'on est parent,
00:51:25comme toi et moi,
00:51:26qu'on se dit que tout s'écroule,
00:51:29que la biodiversité s'écroule,
00:51:30ben écoute,
00:51:31ça me fait très très peur,
00:51:31mais je ne vois pas
00:51:32où est la croissance
00:51:34pour moi, en fait.
00:51:35C'est juste que je vois
00:51:36de la destruction
00:51:37et que je ne peux rien y faire.
00:51:40Donc j'ai peur
00:51:41et je ne vois pas,
00:51:42moi, la croissance,
00:51:43que ça m'apporte,
00:51:44en fait,
00:51:44cette peur,
00:51:45personnellement.
00:51:46Tu vois,
00:51:46sinon,
00:51:47qu'elle me donne envie
00:51:48de rester au lit,
00:51:49elle me donne envie.
00:51:50Tu vois,
00:51:50donc qu'est-ce qu'on pourrait dire
00:51:51aux gens,
00:51:53de ton point de vue,
00:51:54bien sûr,
00:51:54pour leur donner envie,
00:51:57justement,
00:51:58de sortir de dessous la couette
00:51:59et de quand même agir ?
00:52:02C'est une question intéressante.
00:52:07Après,
00:52:07elle appelle à la notion
00:52:08de la foi.
00:52:09Et en fait,
00:52:09ça,
00:52:10c'est compliqué
00:52:11parce que des fois,
00:52:12on peut perdre la foi.
00:52:14Est-ce que ça t'arrive,
00:52:15toi,
00:52:16malgré l'expérience
00:52:16de mort imminente
00:52:17que tu as eue,
00:52:18parfois,
00:52:18d'avoir des jours
00:52:19où tu n'as plus la foi ?
00:52:20Je peux avoir
00:52:25du découragement,
00:52:26je peux avoir
00:52:27de la lassitude,
00:52:28je peux avoir
00:52:28de la fatigue.
00:52:30Vraiment,
00:52:31genre,
00:52:31ça va trop lentement,
00:52:33là.
00:52:33C'est-à-dire que,
00:52:34pourquoi,
00:52:35en termes de conscience,
00:52:36pourquoi on se fout
00:52:36toujours sur la gueule ?
00:52:37Pourquoi il y a encore
00:52:38des guerres ?
00:52:38Pourquoi ?
00:52:39Donc,
00:52:40ça me fatigue.
00:52:41et ça me...
00:52:44Mais,
00:52:46je me dis,
00:52:47il y a quelque chose
00:52:48de plus grand.
00:52:49Il y a quelque chose...
00:52:50Ça ne me quitte jamais, ça.
00:52:51Non, ça,
00:52:51ça ne me quitte jamais
00:52:52parce que,
00:52:52voilà,
00:52:53parce que je l'ai expérimenté,
00:52:54ce quelque chose
00:52:55de plus grand.
00:52:56Après,
00:52:57le plan de ce plus grand,
00:52:59je n'en sais rien.
00:52:59Peut-être que c'est la fin
00:53:00de la civilisation,
00:53:01auquel cas,
00:53:02ben voilà,
00:53:03on aura essayé.
00:53:04Mais je dirais,
00:53:04c'est aussi de faire
00:53:05de son mieux chaque jour.
00:53:06Et si ton mieux,
00:53:07c'est de rester au lit,
00:53:08bon,
00:53:09ben,
00:53:09ton mieux aujourd'hui,
00:53:10c'est de rester au lit.
00:53:11Et peut-être que demain,
00:53:12ton mieux,
00:53:13ben,
00:53:13ce sera...
00:53:15Ce sera de faire une conférence,
00:53:18et j'en sais rien.
00:53:19Mais,
00:53:21essayez de faire de son mieux.
00:53:24Et après,
00:53:24il y a une phrase
00:53:25qui résonne beaucoup,
00:53:26que j'aime,
00:53:26enfin,
00:53:27que j'aime beaucoup.
00:53:29C'est...
00:53:31Plutôt que de combattre
00:53:32l'ancien monde,
00:53:34mettez votre énergie
00:53:35à créer le nouveau.
00:53:37Donc, en fait,
00:53:38moi,
00:53:39la sensation que j'ai,
00:53:40c'est que c'est un vieux monde
00:53:41qui est en train
00:53:41de péricliter.
00:53:43C'est un peu
00:53:43le dernier soubresaut
00:53:44du monstre
00:53:45qui se meurt,
00:53:46en fait,
00:53:47et qui fait beaucoup
00:53:48de dégâts.
00:53:49Et donc,
00:53:49il y a un vieux monde.
00:53:50Et je crois que tout part
00:53:52de la conscience.
00:53:53De la conscience.
00:53:57On a la conscience éveillée
00:53:58ou on ne l'a pas.
00:54:00Après,
00:54:00on peut l'avoir,
00:54:01c'est...
00:54:01On peut vivre
00:54:02quelque chose
00:54:03qui va nous éveiller
00:54:03à notre conscience.
00:54:04et tout d'un coup,
00:54:04on va dire,
00:54:05mon Dieu,
00:54:08le règne animal,
00:54:09le règne végétal,
00:54:10pourquoi tout d'un coup
00:54:10on se réveille
00:54:11à cette conscience-là ?
00:54:13Donc,
00:54:13je pense que c'est
00:54:13une conscience globale
00:54:14et que plus il y a d'êtres
00:54:17qui ont conscience
00:54:18et qui s'éveillent.
00:54:20Et après,
00:54:21justement,
00:54:21c'est quand même
00:54:22une réalité duelle.
00:54:24Donc,
00:54:25il y a les deux monnaies
00:54:25de la pièce
00:54:26et plus la conscience
00:54:27s'élève
00:54:27et plus il y a aussi
00:54:30l'obscurité
00:54:31qui fait son oeuvre
00:54:32en fait.
00:54:32C'est-à-dire que c'est
00:54:33un peu les deux versants
00:54:34d'une pièce
00:54:36où ça va ensemble
00:54:37quelque part.
00:54:38Comme le jour et la nuit,
00:54:39comme la vie et la mort,
00:54:40comme...
00:54:41Jusqu'au jour peut-être
00:54:42ou un jour,
00:54:43j'en sais rien.
00:54:45Il va y avoir
00:54:45une réunification des contraires
00:54:47ou il va y avoir
00:54:47une unification,
00:54:49il va y avoir
00:54:49une conscience réunifiée
00:54:51ou il va y avoir
00:54:51tout d'un coup
00:54:52une conscience supérieure
00:54:54qui va sortir
00:54:57de la dualité.
00:54:59Est-ce que tu as peur
00:55:00toi, Veïna ?
00:55:02Pour moi,
00:55:03non.
00:55:07Je peux avoir peur...
00:55:09Je peux avoir peur
00:55:11pour mon fils,
00:55:12pour les gens
00:55:13que j'aime.
00:55:19J'ai peur
00:55:20de la souffrance physique,
00:55:21ça,
00:55:22je n'aime pas beaucoup.
00:55:24Ça,
00:55:24je...
00:55:25La souffrance physique,
00:55:27morale,
00:55:29aucun problème.
00:55:30La souffrance psychologique,
00:55:31morale, émotionnelle,
00:55:32je n'ai pas du tout peur.
00:55:34Plus physique.
00:55:39Après...
00:55:39Non, mais il faut rester...
00:55:42Enfin, voilà,
00:55:43il faut rester quand même
00:55:44humble.
00:55:45C'est-à-dire que je peux dire
00:55:46là, maintenant,
00:55:47non, je n'ai pas peur,
00:55:47mais je n'en sais rien.
00:55:48Peut-être que je vais être
00:55:49confrontée à une de mes
00:55:51pires terreurs demain.
00:55:52C'est vrai.
00:55:55C'est important de rester
00:55:56humble
00:55:56par rapport à ces questions
00:55:59parce qu'on est comme ça
00:56:00un jour,
00:56:01on n'est pas forcément
00:56:02comme ça le jour d'après.
00:56:04Puis un jour,
00:56:05on croit avoir compris
00:56:06quelque chose
00:56:06et puis le lendemain,
00:56:07on a la leçon
00:56:08et je vais me retrouver
00:56:11face à ma plus grande peur
00:56:12et tout d'un coup,
00:56:13je vais me dire
00:56:13oulalala...
00:56:14Ouais.
00:56:15Ne rien affirmer,
00:56:16ne rien affirmer.
00:56:18Rester humble
00:56:19et ne rien affirmer.
00:56:21Je suis obligée
00:56:21de parler
00:56:23de ton livre
00:56:24à corps ouvert
00:56:25dont on a parlé
00:56:27en introduction,
00:56:28évidemment,
00:56:29qui est un livre
00:56:30qui m'a bouleversée,
00:56:32qui a bouleversé
00:56:32beaucoup de monde.
00:56:35C'est un livre
00:56:36où tu t'autorises
00:56:37à raconter
00:56:38ton histoire
00:56:40avec ton papa
00:56:41qui a abusé de toi,
00:56:43que tu en es devant
00:56:44les tribunaux
00:56:45à l'âge de 17 ans.
00:56:46Quel courage
00:56:46de faire ça
00:56:47que tu as fait mettre
00:56:47en prison.
00:56:50Tu as écrit
00:56:51un ouvrage
00:56:51et qui a
00:56:53libéré la parole
00:56:55de beaucoup de gens
00:56:56de mon entourage,
00:56:57en tout cas,
00:56:57j'ai constaté ça.
00:56:59Des gens que je connaissais
00:56:59depuis 5 ans,
00:57:0010 ans,
00:57:0115 ans,
00:57:0120 ans,
00:57:02qui d'un coup
00:57:03me disent
00:57:03j'ai été violée
00:57:05par mon père.
00:57:06J'ai été violée
00:57:07par mon oncle.
00:57:08J'ai été violée
00:57:09par mon frère.
00:57:09Je n'en revenais pas.
00:57:10D'un coup,
00:57:11je me suis dit
00:57:11en fait,
00:57:12tous mes amis
00:57:12ont vécu
00:57:13un truc comme ça
00:57:14et puis surtout,
00:57:15pourquoi est-ce qu'ils
00:57:16n'en ont jamais parlé
00:57:17avant ?
00:57:17J'ai des frissons
00:57:18partout.
00:57:19Et je sais
00:57:20ce qui s'est passé.
00:57:21Ce qui s'est passé,
00:57:21c'est qu'en fait,
00:57:22on t'a vu
00:57:23prendre la parole
00:57:24dans les médias
00:57:25et on t'a vu
00:57:27parler de ces choses-là
00:57:29sans avoir l'air
00:57:31brisé.
00:57:33C'est-à-dire que
00:57:34tu me l'as dit une fois,
00:57:36tu m'as dit
00:57:37ce qui est fou,
00:57:37c'est que tous les journalistes
00:57:38m'interrogent sur l'événement,
00:57:40ce qui s'est passé
00:57:41avec mon père.
00:57:42Personne ne raconte
00:57:43que le livre est un livre
00:57:44de guérison
00:57:44et que c'est de cette guérison-là
00:57:46dont je parle.
00:57:47Mais,
00:57:48comme on t'a vu en plateau,
00:57:51parler de cet endroit
00:57:52justement d'amour
00:57:54et dans ce rayonnement,
00:57:57on s'est dit
00:57:57putain,
00:57:58je peux en fait
00:57:59avoir vécu
00:57:59quelque chose
00:58:00de monstrueux
00:58:00et ne pas être sale.
00:58:02Et ne pas être monstrueux.
00:58:04Déjà,
00:58:04je te remercie
00:58:05pour tous ceux
00:58:06qui ont vécu ça
00:58:07et qui se sont autorisés
00:58:08à parler grâce à toi.
00:58:09Je pense que tu n'as pas
00:58:10idée de l'impact
00:58:11que tu as eu.
00:58:12C'est vraiment formidable.
00:58:14Et est-ce que tu pourrais
00:58:14nous dire un mot
00:58:15sur justement
00:58:18le chemin
00:58:19que ça t'a permis
00:58:21de faire
00:58:21et comment
00:58:23est-ce qu'on
00:58:24reste intact ?
00:58:25C'est-à-dire que bien sûr
00:58:26que tu as été brisé
00:58:27à plein d'étapes,
00:58:28etc.
00:58:28Mais comment,
00:58:29en fait,
00:58:30on arrive
00:58:31à ne parler
00:58:32que d'amour
00:58:32quand on a vécu
00:58:34un traumatisme
00:58:35comme celui-ci
00:58:36qui est quasiment
00:58:37un des pires
00:58:38je pense qu'on puisse vivre ?
00:58:40Merci déjà.
00:58:45Pour ce...
00:58:47Enfin,
00:58:48merci.
00:58:48en fait,
00:58:51je pense que la raison
00:58:53pour laquelle
00:58:54j'ai voulu partir
00:58:55de ce monde,
00:58:57en tout cas que j'ai vécu
00:58:58cette NDE
00:58:58parce que je ne crois pas
00:58:59au hasard
00:59:00et je crois que rien n'arrive
00:59:00par hasard,
00:59:01c'est certainement
00:59:02parce que la douleur
00:59:03était un peu trop forte
00:59:05et que j'avais certainement
00:59:06envie
00:59:06d'entrer à la maison.
00:59:09Le fait de revenir ici
00:59:10et d'être confrontée
00:59:12et de devoir
00:59:13regarder les choses en face
00:59:15et de ne pas avoir
00:59:18le choix
00:59:18c'est-à-dire
00:59:19de vraiment
00:59:19devoir traverser
00:59:23cette obscurité
00:59:24en fait.
00:59:28Petit à petit,
00:59:30en fait,
00:59:32c'est marrant
00:59:32que tu parles de...
00:59:33Je ne suis pas intacte
00:59:35et je ne veux pas
00:59:37l'être en fait.
00:59:38C'est-à-dire que
00:59:39là, je viens de monter
00:59:40un fonds de dotation
00:59:40pour la protection
00:59:41de l'enfance
00:59:41qui s'appelle
00:59:41les enfants Kintsugi
00:59:42et l'art Kintsugi
00:59:44c'est l'art de réparer
00:59:44des pots avec de l'or.
00:59:46Donc en fait,
00:59:46même si on a été brisé
00:59:47en mille morceaux,
00:59:49on peut se réparer
00:59:50et on peut se réparer
00:59:50avec de l'or
00:59:51et être encore plus fort
00:59:52et encore plus unique
00:59:53et encore plus beau
00:59:53et encore plus incroyable.
00:59:55Ce qui était important
00:59:56pour moi dans ma prise de parole,
00:59:57c'était surtout...
00:59:58Moi j'appelle ça
00:59:59le cachot de la honte
01:00:00quand on a été abusé
01:00:01et quels que soient les abus.
01:00:03Souvent,
01:00:04enfin dans les maltraitances
01:00:05envers les enfants,
01:00:06les enfants ne cessent pas
01:00:07d'aimer leurs parents,
01:00:08ils cessent de s'aimer eux-mêmes.
01:00:09Et donc on croit
01:00:12qu'on est responsable,
01:00:13on croit qu'on est coupable,
01:00:14il y a une blessure de honte
01:00:15à cet endroit
01:00:16et on va se mettre
01:00:16dans le cachot de la honte.
01:00:18Et dans le cachot de la honte,
01:00:19c'est froid,
01:00:20c'est obscur,
01:00:21c'est noir,
01:00:22c'est très isolant,
01:00:24on se sent vraiment seul.
01:00:25Et donc là,
01:00:26je me suis dit,
01:00:27je vais parler à la lumière du jour
01:00:29justement pour montrer
01:00:31que nous ne sommes pas
01:00:32l'histoire que nous avons vécue
01:00:33et qu'il faut abattre
01:00:36les tabous quoi.
01:00:38Il faut abattre les tabous,
01:00:39en fait c'est les tabous
01:00:40qui nous font du mal.
01:00:41C'est le fait de ne pas être,
01:00:42de ne pas s'autoriser
01:00:43ou de ne pas...
01:00:44Et après l'endroit,
01:00:47l'endroit,
01:00:48je me suis autorisée
01:00:49à parler de cette histoire aussi
01:00:50parce que je suis
01:00:50dans un endroit apaisé.
01:00:53Et donc quand on parle
01:00:54avec douceur
01:00:54de certaines choses inacceptables,
01:00:57elles sont plus facilement entendables.
01:00:58Est-ce qu'on peut dire un mot
01:01:01sur ce documentaire
01:01:02que tu vas réaliser
01:01:03parce que ça m'a bouleversée
01:01:05que tu fasses ça ?
01:01:07Est-ce que tu peux en parler
01:01:08une petite minute
01:01:10parce qu'on arrive
01:01:10à la fin d'une demi-heure ?
01:01:12Tu me demandais pourquoi...
01:01:13Moi je pense que je suis revenue ici
01:01:15parce que j'ai besoin
01:01:16de mettre de la lumière
01:01:17dans les endroits obscurs.
01:01:18J'ai besoin de mettre
01:01:19de la lumière
01:01:20là où c'est vraiment noir,
01:01:21vraiment obscur.
01:01:22Et donc j'ai envie
01:01:23de faire le contre-champ
01:01:24de mon livre.
01:01:25C'est-à-dire que ma parole
01:01:26elle a été libérée,
01:01:27la parole des victimes
01:01:28elle est...
01:01:29Il y a encore énormément
01:01:30de chemin à faire
01:01:30mais c'est en voie.
01:01:32Et en fait je voudrais aller
01:01:32à la racine
01:01:33et je voudrais comprendre
01:01:34pourquoi les pédocriminels
01:01:36qu'est-ce qu'ils traversent
01:01:37en fait ?
01:01:37Qu'est-ce qu'ils vivent ?
01:01:39Et comment les aider
01:01:40à ne pas passer à l'acte ?
01:01:42C'est-à-dire comment
01:01:43sans les déshumaniser
01:01:45mais en même temps
01:01:46en allant à la source du mal,
01:01:49à la racine
01:01:50de ce trouble
01:01:52et leur poser des questions
01:01:54que moi je me pose
01:01:56et que beaucoup de victimes
01:01:57se posent et donc
01:01:58voir est-ce qu'on peut
01:01:59les aider à ne pas passer
01:02:00à l'acte ?
01:02:01Alors il y a différents...
01:02:03Enfin tu vas voyager
01:02:05dans différents pays.
01:02:06Pourquoi justement ?
01:02:07Tu peux nous expliquer ça.
01:02:08Je ne pars pas dans différents pays.
01:02:09Je pars...
01:02:10Je vais retourner sur les traces.
01:02:12Enfin je vais aller
01:02:12dans la prison
01:02:14où a été incarcéré mon père.
01:02:15Je n'y ai jamais...
01:02:16J'y retourne
01:02:17mais je n'y retourne pas
01:02:18parce que je n'y ai jamais
01:02:18mis les pieds.
01:02:20Donc je vais aller
01:02:21dans la prison
01:02:21où a été incarcéré mon père
01:02:22et je vais rencontrer
01:02:23plusieurs pédocriminels,
01:02:27plusieurs profils
01:02:27parce qu'ils ne sont pas
01:02:29tous identiques.
01:02:30Et donc je vais rencontrer
01:02:31plusieurs pédocriminels
01:02:33pour partir dans un voyage
01:02:35de tenter
01:02:37de comprendre
01:02:39et de tenter de...
01:02:40Mais tu m'avais parlé aussi
01:02:42du fait qu'il y a certains pays
01:02:44qui mettent en place.
01:02:45Ah oui.
01:02:46Tu vois c'est ça que je voulais
01:02:46que tu dises un petit mot.
01:02:47Oui en fait
01:02:48mais ça
01:02:49ce ne sera pas vraiment
01:02:50le cœur du documentaire
01:02:51mais il y a des pays
01:02:53où ils sont un petit peu
01:02:54plus avancés
01:02:55sur ces questions-là
01:02:56parce que justement
01:02:57comme c'est moins tabou
01:02:57il y a plus de structures
01:03:00il y a plus de recherches
01:03:01et donc c'est aussi
01:03:02faire un parallèle
01:03:03sur ce qui se fait dans le monde
01:03:04au Canada notamment
01:03:05en Allemagne.
01:03:05Où il y a du préventif en fait.
01:03:07Où il y a du préventif
01:03:08il y a du préventif aussi
01:03:09auprès des mineurs
01:03:10il y a des groupes de parole
01:03:12il y a une prise en charge
01:03:13qui est beaucoup plus
01:03:14beaucoup plus importante
01:03:16de traitement aussi
01:03:19une prise en charge
01:03:20beaucoup plus importante
01:03:21de la pédocriminalité
01:03:22que ça n'est en France.
01:03:24Et pour terminer
01:03:26je vais te poser une question
01:03:28pas facile
01:03:30pour toi
01:03:31qu'est-ce que ça veut dire
01:03:32regarder l'invisible ?
01:03:38Ça veut dire regarder
01:03:39au fond de soi-même
01:03:40au fond de son cœur.
01:03:44Merci beaucoup Veïna
01:03:46merci infiniment
01:03:47d'être venue.
01:03:47Merci.
01:03:48Merci.
01:03:49Merci.
01:03:50Merci.
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