00:00La France bouge, que sont-ils devenus ?
00:04Avec vous Nicolas Volikov, fondateur de Cure 51, on le précise, et c'était pas prévu,
00:10c'est vous l'un des fondateurs de Caire ?
00:12Oui, c'est très bizarre d'être là, et ça fait très plaisir, c'était complètement imprévu.
00:16Quand j'entends Sylvie parler de 2016-2017, ça me rappelle de souvenir.
00:20Oui, complètement dedans.
00:22Depuis, vous avez fondé Cure 51. C'était en quelle année, Cure 51 ?
00:26Fin 2022.
00:27Fin 2022, vous étiez venu dans l'émission en février dernier,
00:31vous avez été nommé au Trophée européen de l'avenir dans la catégorie santé.
00:35Moi, vous restez mon coup de cœur, parce que vous êtes en train de peut-être trouver
00:39des traitements pour des cancers très agressifs, des cancers d'incurables.
00:44Oui, j'allais dire, on a pris le problème par la face nord,
00:46puisqu'on s'est attaqué aux trois cancers les plus agressifs,
00:49que sont le pancréas, le poumon, petite cellule,
00:51qui est la forme la plus agressive du cancer du poumon,
00:53et le glioblastome, le cancer du cerveau.
00:54Et on s'intéresse, nous, aux patients qui sont diagnostiqués en phase terminale.
00:58Donc, quand malheureusement, la chirurgie n'est plus possible,
01:00et l'espérance de vie est entre 3 et 9 mois.
01:02Et certains de ces patients survivent 5 ans, 10 ans, 15 ans.
01:05On les appelle les miraculés.
01:06Et on ne sait pas aujourd'hui l'expliquer de façon rationnelle,
01:09puisqu'ils subissent les mêmes traitements que les autres,
01:11ils sont soignés dans les mêmes hôpitaux, par les mêmes équipes médicales,
01:13et ils survivent.
01:14Donc, ils ont forcément une biologie exceptionnelle,
01:16et c'est ça qu'on essaye de comprendre, de décoder,
01:18pour pouvoir développer des nouveaux traitements sur cette base.
01:20Ça veut dire que vous, vous intéressez aux survivants,
01:23aussi vous séquencez le génome, c'est ça ?
01:25Oui, absolument.
01:26On récupère toutes leurs données cliniques,
01:27donc on va avoir tous leurs dossiers médicaux,
01:29leurs antécédents, leurs chirurgies, etc.
01:30Toute l'imagerie, et surtout, on rapatrie des tissus,
01:33donc des tumeurs du monde entier, de 63 pays aujourd'hui,
01:36et on va faire le séquençage multi-homique,
01:38donc toutes les couches du génome,
01:40pour essayer d'identifier des patterns, des signaux,
01:42qui vont distinguer ces populations des autres.
01:44Et là, j'imagine que ça s'accélère de plus en plus,
01:48il y a des pays qui vous sollicitent,
01:50pour pouvoir vous travailler avec des pays,
01:51parce que ça ne se passe pas qu'en France,
01:53les miraculés se trouvent partout dans le monde.
01:54Oui, mais surtout, comme c'est à peu près 1% des patients,
01:57la France ne suffit pas à constituer la base de données,
01:59donc je pense que quand j'étais venu l'année dernière,
02:01on était dans une vingtaine de pays,
02:02aujourd'hui, on est dans 63 pays,
02:04donc sur tous les continents.
02:05C'est un projet vraiment mondial,
02:07qu'on opère depuis la France, on est très fiers de ça.
02:09Vous êtes combien aujourd'hui chez Cure 51 ?
02:10On est 59.
02:11Je me suis dit, à 51, je m'arrête de recruter,
02:13puis on a quand même un peu continué.
02:14On est 59 aujourd'hui.
02:15Et comment ça avance alors ?
02:16Est-ce qu'on arrive petit à petit à peut-être trouver
02:20les médicaments de demain,
02:21grâce à ce séquençage,
02:23grâce à toute cette analyse, ce décodage,
02:25au sein des tissus que vous récupérez ?
02:28Alors, on essaie d'aller plus vite
02:29que les cycles visuels de l'industrie,
02:31mais juste pour donner quelques chiffres,
02:32la durée de développement d'un médicament en moyenne,
02:34c'est entre 12 et 20 ans, on va dire 15 ans.
02:36Voilà.
02:36Et 93% des essais cliniques échouent.
02:39Donc nous, la chance qu'on a,
02:39c'est qu'on a une base de données incroyable,
02:41on est les seuls au monde à avoir cette base de données
02:42de survivants exceptionnels.
02:44On emploie des technologies de pointe,
02:45notamment avec beaucoup d'IA, pour le coup.
02:47Un patient va nous générer un tera de données.
02:49Bon, je ne sais pas si ça parle à certains des auditeurs,
02:51mais c'est énorme.
02:52Et donc, on a commencé à identifier des signaux,
02:54pour répondre à votre question,
02:55sur le pancréas,
02:55qui est le premier cancer sur lequel on s'est attaqué
02:57de façon majeure.
02:58Et c'est des signaux qu'on est en train de tester
03:00de façon expérimentale,
03:02donc sur des organismes vivants,
03:03ce qu'on appelle des organoïdes.
03:04On cultive des tissus humains,
03:06et on est en train de tester
03:07si ce qu'on a trouvé in silico,
03:09donc avec l'analyse digitale de nos échantillons,
03:12a une réalité tangible de façon expérimentale.
03:14Et si c'est le cas,
03:15on va partir en développement clinique.
03:16Compte-t-il de commun ?
03:18C'est miraculé, Nicolas Volikoff ?
03:21Si je le savais, j'allais dire...
03:23Il y a quelque chose.
03:24Est-ce que c'est...
03:24Parce que j'imagine que vous analysez tout.
03:27Au-delà du tissu, il y a des modes de vie,
03:29il y a peut-être des groupes sanguins,
03:30j'en sais rien.
03:31Oui, c'est encore...
03:32En tout cas, c'est un peu tôt pour le dire.
03:35Ce qu'on constate, c'est qu'il y a deux types,
03:37j'allais dire, de réponses.
03:38Soit il y a des patients qui vont répondre
03:39de façon exceptionnelle au traitement,
03:41donc qui sont en cure de chimio.
03:42Le pancréas, c'est les mêmes lignes de traitement
03:43depuis 30 ans, du Folférinox.
03:45Vous avez des patients qui, au bout de trois chimios,
03:47sont en rémission totale.
03:48Voilà.
03:49Vous avez des patients qui sont en rémission
03:50après 135 chimios.
03:52Donc, ça dépend de la façon dont on réagit au traitement.
03:54Et après, l'autre facteur explicatif
03:55qu'on commence à distinguer,
03:56c'est évidemment le système immunitaire.
03:58Le système immunitaire de certains patients
04:00va détruire des cellules cancéreuses,
04:02de façon parfois inexpliquée.
04:04Parce que parfois, ils ont eu des antécédents
04:05où ils ont absorbé d'autres médicaments
04:07qui n'étaient pas prévus pour ça.
04:09Donc, c'est ce qu'on appelle
04:10des combinaisons un peu nouvelles.
04:11Et leur organisme a réagi
04:13de façon extrêmement positive
04:14à cette sollicitation médicamenteuse.
04:16Voilà.
04:17Donc, c'est soit de la réponse exceptionnelle
04:18au traitement,
04:18soit des facteurs immunologiques.
04:20Mais on est en train, pour le coup,
04:21de tout agréger.
04:22Ce qui est important,
04:22c'est de prendre les données cliniques.
04:24Donc, en effet, des données comportementales,
04:26de mode de vie,
04:27et puis les données génémiques.
04:28Et de croiser les deux.
04:30Voilà.
04:30C'est exceptionnel ce que vous faites.
04:31C'est gentil.
04:32Non, mais c'est vrai.
04:33Non, mais ça sera exceptionnel
04:34quand on aura trouvé des traitements.
04:35Mais on est très confiants.
04:36On est très confiants
04:36parce qu'encore une fois,
04:37nous, on s'en était parlé,
04:38on part de la fin.
04:39On sait que ces patients ont survécu.
04:40Donc, il y a forcément
04:41quelque chose chez eux.
04:42Le défi, c'est de le trouver,
04:43de le décoder.
04:43Et ça, je pense qu'on va y arriver.
04:45Et le défi ultime,
04:46c'est de faire en sorte
04:46que tous les patients
04:47puissent devenir des survivants.
04:49Voilà.
04:49Ça, c'est très compliqué.
04:50Mais on est très confiants.
04:52On est très confiants.
04:52Christelle Gimaret,
04:53vous voulez ajouter ?
04:53Alors, là, moi,
04:54l'émission,
04:55elle s'appelle
04:55La France Bouge.
04:56Là, moi, je dis
04:56La France, je suis trop fière.
04:57C'est la France qui gagne ce soir.
04:59Voilà, c'est la France qui gagne.
05:01Et franchement, bravo
05:02parce que c'est un,
05:03c'est impressionnant.
05:04Et de deux,
05:05voilà, apparemment,
05:06c'est ce que vous dites.
05:07Vous êtes les seuls au monde.
05:08Ça veut dire que les autres pays
05:09s'en fichent de savoir...
05:11Il y a eu des...
05:12Non, mais déjà,
05:13il a eu l'idée.
05:13Oui, oui,
05:14mais il y a eu
05:14quelques projets académiques,
05:17donc des hôpitaux,
05:18des universités
05:18qui ont fait des études
05:19qui ont validé notre méthodologie,
05:20mais c'était des projets publics,
05:21donc avec peu de moyens
05:22sur très peu de patients.
05:23On est les premiers
05:24à l'avoir fait
05:24à l'échelle mondiale.
05:27Dans 60 pays,
05:28on a 150 hôpitaux
05:29dans le réseau.
05:30On en aura 500
05:31d'ici trois ans,
05:31donc oui,
05:32on est allé vite.
05:34On est allé vite
05:34et en effet,
05:35c'est une bonne idée,
05:36simple,
05:36comme souvent les bonnes idées,
05:37il fallait la mettre en place.
05:39Sylvie Nansana,
05:40vous êtes la CEO de CARE.
05:41Ça vous fait quoi
05:41d'écouter Nicolas Volikoff
05:43qui a fondé CARE
05:44et qui maintenant
05:44est sur un projet
05:45aussi extraordinaire ?
05:47Je suis admirative.
05:48Alors, je connais Nicolas,
05:49donc je sais que c'était
05:50forcément un projet
05:51ambitieux
05:52et qui peut changer
05:55vraiment la donne.
05:56C'est ce qu'on veut.
05:57Et s'attaquer au cancer
05:58qui est quand même
05:59la première cause
06:00de mortalité
06:01en termes de maladies.
06:03Et en France,
06:03ça ne cesse d'augmenter.
06:04Vous avez les derniers chiffres.
06:05Oui, 400 000 cas
06:05en 2023,
06:06168 000 décès.
06:07On est les champions là,
06:08malheureusement.
06:09Oui,
06:10on est un peu champions
06:11en Europe,
06:11malheureusement.
06:12Donc, admirative
06:13et pleine d'espoir
06:14de ce que tu peux nous apporter.
06:16Merci Sylvie
06:16et puis moi,
06:17je suis très content
06:17de t'avoir passé le relais
06:19et puis je suis très content
06:19que CARE continue
06:20à se développer,
06:20et c'est génial.
06:21C'est super,
06:22moi je suis très content.
06:22C'est pour ça qu'on fait ça,
06:23c'est pour ça qu'on entreprend.
06:24Donc c'est super.
06:25C'est ça la France Bouge.
06:26Merci à vous,
06:27merci de nous avoir suivis,
06:28merci Nicolas Wolikoff
06:29d'être venu ce soir sur Europe.
Commentaires