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[#Reportage] Poulet chair : le pari de 2027 tiendra-t-il face aux limites de la production nationale ?


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00:00Fixée à l'horizon 2027, l'interdiction à l'importation du poulet de chair est présentée par le gouvernement comme un levier de souveraineté alimentaire et de relance agricole.
00:10Mais à moins d'un an de l'échéance, la question centrale demeure.
00:13Les capacités nationales permettront-elles d'éviter une pénurie, une flambée des prix et une dépendance déguisée aux importations d'un tronc.
00:20Actée au plus haut niveau de l'État, l'interdiction d'importation du poulet de chair, à compter de 2027,
00:25s'impose comme l'une des réformes économiques les plus sensibles de la transition, portée politiquement par le président Brice Clotter-Olégui Ngema
00:32et pilotée opérationnellement par le gouvernement sous la coordination du vice-président Hermann Imongo.
00:38La mesure engage bien plus qu'un simple arbitrage commercial.
00:41Elle interroge la capacité réelle du Gabon à produire, transformer et distribuer un aliment de base consommé quotidiennement par des milliers de ménages.
00:50Sur le papier, l'échéance de 2027 laisse peu de marge à l'improvisation.
00:54Or, à ce stade, la production nationale reste structurellement insuffisante pour couvrir la demande intérieure.
01:01Les producteurs locaux, majoritairement positionnés sur des marchés de niche, peinent encore à changer d'échelle,
01:06faute d'infrastructures, de financement et de sécurisation des intrants.
01:10La question n'est donc plus de savoir si l'interdiction est souhaitable, mais si elle est techniquement soutenable.
01:15Dans les délais annoncés, sans accélération drastique des investissements productifs, le risque d'un choc sur l'offre demeure réelle.
01:22Au cœur de l'équation figure le coût de l'aliment pour volaille.
01:25Les besoins annuels sont estimés à environ 70 000 tonnes de maïs et de soja.
01:29Or, la production locale de ces cultures reste largement inférieure à ce seuil,
01:34obligeant l'État à envisager une solution hybride mêlant production nationale et importation ciblée.
01:39Cette dépendance pose une contradiction de fond.
01:42Peut-on parler de souveraineté alimentaire lorsque la chaîne de production repose encore sur des intrants importés,
01:48soumis aux fluctuations des marchés internationaux et aux contraintes logistiques ?
01:51Autre point critique, la transformation.
01:53Les capacités d'abattage actuelles sont insuffisantes pour absorber les volumes projetés à l'échelle nationale.
01:59À cela s'ajoute la faiblesse de la chaîne de froid,
02:01essentielle pour garantir la qualité sanitaire des produits et éviter les pertes post-abattage.
02:06Sur le plan sanitaire, si le gouvernement annonce la réhabilitation progressive des laboratoires de contrôle
02:10et le renforcement de la surveillance des maladies aviaires, ces chantiers restent encore à consulter.
02:16Sans un dispositif robuste de contrôle et de certification, l'interdiction d'importation pourrait paradoxalement fragiliser la sécurité alimentaire des consommateurs.
02:25La réussite de la réforme repose enfin sur la mobilisation de financements conséquents.
02:30L'État, confronté à des tensions de trésorerie reconnues, ne pourra porter seul l'effort.
02:34Le recours à des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque africaine de développement,
02:39apparaît incontournable pour structurer durablement la filière, financer les infrastructures et accompagner les producteurs.
02:46Mais là encore, le temps presse.
02:48Sans engagement financier clair et rapidement mobilisable, le calendrier de 2027 risque de se heurter à une réalité budgétaire contraignante.
02:55L'interdiction d'importation du poulet de cher peut constituer un tournant stratégique pour l'agriculture gabonaise,
03:01à condition toutefois que la souveraineté alimentaire ne reste pas un slogan politique,
03:06mais se traduise par une accélération concrète des investissements,
03:09une coordination interministérielle rigoureuse et un pilotage fondé sur des indicateurs mesurables.
03:14À défaut, le pays s'exposerait à un scénario à haut risque, pénurie, hausse des prix et contournement informel de l'interdiction.
03:20À un an de l'échéance, le compte à rebours est lancé et le temps de l'exécution a définitivement remplacé celui des annonces.
03:31Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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