00:00Thomas Langman, fils de Claude Berry, producteur, co-scénariste et co-réalisateur,
00:05est celui qui fut à l'origine de ce désastre artistique.
00:08Ses ambitions pour Astérix aux Jeux Olympiques étaient de combler un égo mal placé
00:12en voulant sans doute faire mieux que son père,
00:14et pour ça l'idée était d'aller séduire le marché européen.
00:17Mais à trop vouloir faire un film international, il a oublié le plus important, la France.
00:21Trop confiant car porté par un matériau de base ultra solide et très populaire,
00:26il a oublié de développer une histoire intéressante et de s'y tenir.
00:29Le film a été pensé comme un rouleau compresseur financier,
00:32une entreprise bien huilée qui devait faire la fortune de ses producteurs.
00:35Mais développer un projet artistique avec un objectif financier aussi précis, c'est s'exposer à échouer.
00:40En interview, Langman ne parle que de chiffres, d'entrées et d'argent.
00:44A aucun moment il n'évoque les forces du film, ce qu'il peut apporter au spectateur.
00:47Il le vend comme on vend un inspirateur à la foire.
00:49S'il y avait eu un réalisateur qui faisait le film seul, il ne peut pas ne pas penser aux enjeux de production.
00:55C'est un film tellement cher et tellement destiné au public, qui est tellement en lien avec l'économie.
01:02Ce qui agace aussi certains critiques, c'est certainement le côté chronique d'un succès annoncé.
01:08Je peux comprendre que ça énerve.
01:1178 millions d'euros de budget, la plus grosse somme allouée à un film français.
01:1510 millions alloués au cachet des acteurs.
01:1720 millions pour la campagne de com' et le reste est gaspillé purement et simplement.
01:21Poulvord qui baigne dans l'abondance sans comprendre pourquoi.
01:24En Espagne, pour le tournage interminable d'Astérix, j'avais une villa avec piscine pour moi tout seul.
01:286 chambres, une villa de dealer.
01:29Et j'étais tout seul dans un truc immense.
01:31J'ai dit dealer de...
01:32Oui, c'est dealer de drogue.
01:33Oui, c'est juste, c'est juste.
01:33C'est exactement ça, c'était monsieur dealer rock.
01:37C'est ça.
01:38Puis il faut payer Zidane, Moresmo, Tony Parker,
01:41pour simplement les faire apparaître dans une scène tellement longue et tellement inutile,
01:45qui nous fait simplement comprendre que le film a les moyens de se payer toutes ses stars.
01:49Mais alors avec tout ça, que reste-t-il du film ?
01:52Une histoire qui aurait pu être intéressante si elle avait été respectée,
01:55et des décors qui sont certes impressionnants,
01:57mais qui auraient pu être sublimés s'ils n'avaient pas été gavés par de trop nombreux effets numériques.
02:02Surtout que certains des effets numériques ne sont là que par un manque d'organisation.
02:05Par exemple, si on se retrouve avec un public en CGI par moment,
02:08c'est parce que les quelques milliers de figurants prévus pour remplir les gradins n'ont pas pu,
02:12car les acteurs n'étaient tout simplement pas prêts à tourner.
02:14C'est pas possible d'être aussi peu organisé sur un film de cette ampleur.
02:17Mais quand il n'y a pas une vraie personne d'influence pour porter un projet de cette envergure,
02:22c'est ce qui se passe.
02:22De deux choses l'une, où tu te laisses mener et personne ne regarde ce que tu fais,
02:27où tu te débrouilles tout seul.
02:29Et un peu, on était tous liés un peu à nous-mêmes,
02:31on dit que j'allais vérifier moi tous les plans que je faisais.
02:35Astérix aux Jeux Olympiques est une vache allée.
02:37Les producteurs ont posé leurs yeux directement sur la ligne d'arrivée
02:40sans prendre en compte le plus important,
02:42l'aspect artistique du film et le plaisir du spectateur.
02:45Ironie du sort, Thomas Langman qui voulait se différencier de l'humour français
02:49du film d'Alain Chabat pour faire plus d'entrées à l'international,
02:52en fera finalement moins que le film d'Alain Chabat.
02:54Alors, tu as vu le film ?
02:56Non.
02:57Non, j'ai autre chose à faire, tu sais.
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