- il y a 13 heures
DB - 30-01-2026
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00:00:01Au cimetière de Saint-Ouen, tout près du marché Opus à Paris, une tombe abandonnée qui porte un nom étrange,
00:00:09Oedon von Horwath, disons plus simplement en français Edmond de Horwath.
00:00:14Elle se trouve tout au fond du cimetière, à gauche, là où le cimetière cesse d'être un parc fleuri bien ratissé
00:00:20pour devenir semblable à quelques décors tristes pour une pièce arabelle.
00:00:24Comment Horwath, qui était né en 1901 près de Trieste, c'est-à-dire dans l'ancien empire d'Autriche-Hongrie,
00:00:31est-il venu mourir à Paris à l'âge de 37 ans ? Ce serait une longue, une trop longue histoire.
00:00:37Je vais seulement tenter de vous dire en quelques mots qui était Horwath.
00:00:40Il a écrit plusieurs romans et 17 pièces et bien qu'il fût hongrois, il s'exprimait en allemand.
00:00:46Il se trouvait précisément en Allemagne au moment de la montée du fascisme et il était déjà très célèbre.
00:00:53Ces pièces étaient jouées sur les plus grandes scènes d'Allemagne, d'Autriche, de Pologne, de Tchécoslovaquie.
00:00:59La plupart d'entre elles portent la mention « pièce populaire ».
00:01:02C'est que Horwath, en effet, écrivant dans une période politique très troublée, se soucie peu de faire de l'avant-garde.
00:01:10Il écrit dans une langue simple, claire, à la portée de tous.
00:01:15Et tout son théâtre est un théâtre social et politique, mais non pas didactique.
00:01:20Il n'enseigne jamais, il ne prêche pas, il ne confond pas théâtre et cours du soir.
00:01:26Il montre, il donne à réfléchir.
00:01:30Catholique et arien, pour employer l'absurde terminologie nazi, Horwath lutte contre l'oppression, contre le racisme.
00:01:40Et à ce titre, il se trouve très vite, bien sûr, en but aux menaces, aux interdits, aux persécutions.
00:01:47Alors, sachant qu'il va être arrêté, comme beaucoup d'autres écrivains allemands,
00:01:52il quitte ce pays, se réfugie d'abord en Autriche, puis en Suisse.
00:01:56En 1938, il vient à Paris pour y rencontrer un cinéaste américain.
00:02:02Et le 1er juin, tout près du théâtre Marigny, un marronnier centenaire, fondu en deux par l'orage,
00:02:09s'abat, blessant un groupe de passants.
00:02:13Un homme est tué, c'est Horwath.
00:02:15Coïncidence prodigieuse, troublante.
00:02:20Cette mort est exactement celle que Horwath avait imaginée pour le héros de son roman
00:02:25« Jeunesse sans Dieu », paru dans une traduction française.
00:02:31Après, ce fut la guerre, et pour Horwath, une seconde mort, celle de l'oubli.
00:02:35Mais aujourd'hui, son théâtre rené.
00:02:37On joue « Histoire de la forêt viennoise » qui valut à Horwath le prix Kleist.
00:02:42On joue Casimir et Caroline, et bien sûr, la nuit italienne.
00:02:47Le « Don juin revient de guerre » que vous allez voir a été écrit en 1935.
00:02:52L'action se déroule tout de suite après l'armistice de 1918.
00:02:55Les armes se sont eues, mais le pays est en proie à la guerre civile.
00:02:59Partout, les ruines, la misère, le chômage, la prostitution, l'inflation.
00:03:05La monnaie allemande a perdu toute valeur.
00:03:07Il faut, vous le verrez, des millions de marques pour payer un cognac.
00:03:14« Don juin, donc, revient de la guerre. Il n'a pas de métier.
00:03:17Grand bourgeois ou peut-être petit aristocrate terrien.
00:03:21Avant la guerre, il n'avait pas besoin de travailler pour vivre.
00:03:23Maintenant qu'il a tout perdu, il ne peut plus être qu'un intermédiaire, presque un parasite.
00:03:29Parmi les nombreuses femmes qui gravitent autour de Don juin,
00:03:33les unes s'accrochent au passé, les autres essaient de construire un monde plus juste.
00:03:38Pour Don juin, séducteurs séduits, bourreaux et victimes des femmes,
00:03:43une longue quête commence.
00:03:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:04:14Sous-titrage Société Radio-Canada
00:04:44La guerre est finie et nous avons perdu la guerre.
00:05:09Je ne trouve pas ma perruque rousse.
00:05:12Le directeur est au bureau du commandant.
00:05:15Les renforts sont mutinés et le gros colonel est aux arrêts.
00:05:19Il n'y a plus d'officier.
00:05:20Un sergent-major est général.
00:05:23Je voudrais n'avoir jamais signé ce contrat de chien.
00:05:26Sous-brette dans un théâtre du front.
00:05:28Et là où j'étais, la marguerite encore.
00:05:30Crois-tu que nous allons jouer ce soir ?
00:05:34Dieu seul le sait.
00:05:36L'essentiel, c'est que la paire vienne bientôt.
00:05:38Moi, ce qui m'intéresse, c'est de voir ce que va devenir le théâtre.
00:05:41Ah ! La voilà, ma perruque rousse.
00:05:54Aujourd'hui, c'est une date historique.
00:05:57L'armistice commence à midi.
00:06:00Dans 20 minutes, alors.
00:06:01Combien il va encore en tomber ?
00:06:07Je plains seulement les femmes qui restent sans hommes.
00:06:10Comment peux-tu parler ainsi ?
00:06:12Un homme n'est donc pas un être humain ?
00:06:14Non.
00:06:24Vous désirez ?
00:06:31C'est vous que je cherche.
00:06:35Nous nous connaissons.
00:06:37Nous ?
00:06:38Je ne vois pas d'où.
00:06:40Je vous ai vus dans deux opérettes.
00:06:43Lesquelles ?
00:06:45Ça, j'ai oublié.
00:06:47Je sais seulement que vous vous teniez près du trou du souffleur
00:06:50et que vous attendiez.
00:06:53Vous saviez qu'il viendrait.
00:06:55Les rideaux étaient blancs.
00:06:58C'était le premier rôle.
00:06:59Vous vous souvenez ?
00:07:01Puis vous écriviez une lettre.
00:07:05Il faisait nuit.
00:07:06Vous saviez qu'il répondrait.
00:07:09C'était l'autre rôle.
00:07:13Votre sourire me rappelait une femme que j'ai connue
00:07:15avant la guerre encore.
00:07:20Et parfois, il me semble que cent ans ont déjà passé.
00:07:25Puis-je vous offrir un petit cadeau
00:07:28pour vous remercier d'éveiller en moi ce souvenir.
00:07:34Des cigarettes.
00:07:36Mon unique butin.
00:07:40De vraies égyptiennes.
00:07:41Pas de pain, pas de sel, pas de matière grasse.
00:08:00C'est ça la paix.
00:08:01Calmez-vous, Mme Muller.
00:08:04Le principal, c'est que les hommes soient revenus des hécatombes du front.
00:08:07Oh, ça !
00:08:08Monsieur, mon époux aurait essuyé quelques feux roulants
00:08:10que ça ne m'aurait fait ni chaud ni froid.
00:08:12Mais il a les pieds plats.
00:08:14Et toute cette grande époque, il l'a passé accroupi derrière le poil.
00:08:16Et quand je fais mine de me rebuffer, il me cogne dessus.
00:08:20Alors, moi, la guerre ou la paix, je m'en fiche comme de l'an 40.
00:08:22Ne vous faites pas pire que vous êtes.
00:08:25Mon pauvre Joseph croupit en Sibérie.
00:08:28Et qui sait quand il reviendra ?
00:08:30Vous verrez comme ils vous manqueront les coups de bâton
00:08:32quand vous n'aurez plus personne pour vous les donner.
00:08:34Mais vos seigneurs et maîtres, je leur crache dessus.
00:08:35Je cherche Mme Muller.
00:08:48C'est moi ?
00:08:49Je viens de passer chez vous.
00:08:51Votre mari m'a dit que vous étiez ici.
00:08:53Que désirait ?
00:08:55Rien d'autre qu'un renseignement.
00:08:58Juste avant cette guerre, une jeune dame habitait votre maison
00:09:00au troisième étage à gauche.
00:09:03C'est elle que je cherche.
00:09:05Votre mari m'a dit qu'elle était partie,
00:09:08mais qu'il ne savait pas où.
00:09:10Une dame ?
00:09:12Jésus-Marie Joseph.
00:09:17À présent, je reconnais monsieur.
00:09:19Dieu me pardonne, je vous croyais mort.
00:09:22Je n'étais que disparu.
00:09:24Eh bien, il y a encore des miracles.
00:09:27Eh bien, elle est partie, la chère demoiselle.
00:09:29Elle habite maintenant chez ta grand-mère.
00:09:32Où ?
00:09:33Comment s'appelle ce trou, déjà ?
00:09:38Ah, attendez.
00:09:42Ah oui, c'est ça, tiens.
00:09:44Si loin ?
00:09:46Oui.
00:09:48Quand donc est-elle partie ?
00:09:49En 1915.
00:09:52Je me souviens très bien du jour,
00:09:53c'était justement la grande victoire de Gorlis.
00:09:55Et la tempête avait mis en pièce notre drapeau.
00:09:59Gorlis, j'y étais.
00:10:01Marie ?
00:10:04Eh bien, ce qui est fait, fait.
00:10:07Voilà pourquoi elle ne m'a pas répondu.
00:10:10Je lui ai écrit il y a déjà six semaines.
00:10:12Bon, nous avons tout fait suivre,
00:10:13mais dans une guerre,
00:10:14il y a toujours beaucoup de courriers qui se perdent.
00:10:16Oui.
00:10:16Qui habite maintenant au troisième à gauche ?
00:10:21Une dame chirurgien dentiste.
00:10:23Oui.
00:10:24Cette guerre a tout chamboulé.
00:10:26Les messieurs dentistes sont tombés
00:10:27et les femmes ont fait leurs études.
00:10:30Mais moi, personnellement, comme patiente,
00:10:31je ne ferais pas confiance à une femme.
00:10:34Pourquoi pas ?
00:10:35Alors, il faut que je parle.
00:10:42C'est la grand-mère.
00:10:45Bon voyage, cher monsieur.
00:10:48Bon voyage.
00:10:50Vous savez qui c'était ?
00:10:52Une personnalité très connue dans la ville.
00:10:55Il a eu des histoires d'amour
00:10:56qui ont fait un bruit à un vrai scandale.
00:10:58Il a abandonné sa fiancée juste avant la noce.
00:11:01Et juste avant la guerre,
00:11:02il est allé faire la vie
00:11:03avec un tas de misérables putasses.
00:11:05Alors que sa fiancée était une âme pure,
00:11:07un ange personnifié.
00:11:11Et maintenant, on dirait que le remords l'a saisie.
00:11:15Eh bien, moi, si ce donjon avait été mon fiancé,
00:11:17je l'aurais étranglé.
00:11:19Mais vous n'auriez pas craché dessus.
00:11:24Ça, c'est une autre paire de manches.
00:11:31Un mort !
00:11:35On dit dans le journal que les armes se taisent depuis hier.
00:11:39Chez nous aussi, la mise à sac commence.
00:11:41Ils ont battu le boucher
00:11:42et blessé le marchand de bois.
00:11:44Ferment les portes.
00:11:46Mais à double tour, pauvre idiote !
00:11:47Je ne suis pas une pauvre idiote, compris.
00:11:52Chez nous aussi, une autre époque commence.
00:11:55Et même une servante veut être traitée d'une autre façon.
00:11:57Mettez-vous ça dans la tête.
00:11:58Ta nouvelle époque ne fera pas que je m'habitue
00:12:00à un autre temps.
00:12:02J'ai vécu 76 ans et tout est déjà derrière moi.
00:12:05Les guerres, les paix, les révolutions,
00:12:07je ne changerai pas.
00:12:08Tout est verrouillé ?
00:12:09À double tour.
00:12:11À double tour.
00:12:12Brut.
00:12:17Anna !
00:12:18Anna !
00:12:20Qui a sonné ?
00:12:21Qui a sonné ?
00:12:23Il vient d'arriver une lettre.
00:12:29Une lettre.
00:12:31Tu peux bien m'écrire encore.
00:12:33Ce n'est pas pour vous.
00:12:34C'est pour mademoiselle.
00:12:36Pour qui ?
00:12:38Pour la pauvre chair demoiselle.
00:12:41Montre un peu.
00:12:43Elle vient du front.
00:12:47Pauvre mademoiselle.
00:12:49Voilà deux ans qu'elle est morte.
00:12:52Elle reçoit une lettre.
00:12:53Oh voilà.
00:12:54À la guerre.
00:13:04Mon adoré,
00:13:13c'est de lui.
00:13:20Je viendrai
00:13:22et j'appartiens
00:13:25à toi seul.
00:13:30À toi seul.
00:13:31À toi seul.
00:13:34à une morte.
00:13:38Dieu soit avec lui.
00:14:04Tu sais donc pas lire ?
00:14:08Prenons d'une pipe.
00:14:09Un pas de puce,
00:14:09il tire sur nous.
00:14:11Là-bas,
00:14:12sont les rouges.
00:14:13Hier,
00:14:14j'avais un blanc.
00:14:15Rouge ou blanc ?
00:14:17C'est du pareil au même.
00:14:20Femme,
00:14:22mère,
00:14:23fille,
00:14:24où sont vos hommes ?
00:14:26Dans la fosse commune.
00:14:28Finissons-en
00:14:29avec la suprématie
00:14:32de l'homme.
00:14:36La suprématie
00:14:37de l'homme.
00:14:44Mais arrêtez.
00:14:45Défense de passer
00:14:46sous fait de ne pas être abattu.
00:14:48Pourquoi ?
00:14:49Il me plaît,
00:14:50celui-là.
00:14:51Une manne pour quantire sur lui.
00:14:52Tu es étranger ?
00:14:55Non,
00:14:56je viens de la lune.
00:14:57On raconte un peu.
00:14:59Sur la lune,
00:15:00tout est mort.
00:15:02Comment vais-je faire
00:15:03pour aller à la gare ?
00:15:04La gare n'est plus
00:15:05qu'un tas de cendres fumants.
00:15:07Elle a été bombardée,
00:15:08monsieur.
00:15:10Tu lis donc pas
00:15:10les journaux ?
00:15:11Non.
00:15:12Où veux-tu aller ?
00:15:14À la maison.
00:15:16Chez ta mère ?
00:15:17Ce serait trop beau.
00:15:20Toutes les roues
00:15:20sont bloquées.
00:15:21Il ne part plus
00:15:21au quatrain.
00:15:23Tu le veuilles ou non.
00:15:24Tu sois rouge ou blanc.
00:15:27Je ne suis rien du tout.
00:15:30Je n'avais plus
00:15:30qu'un changement,
00:15:31un seul.
00:15:32J'y serais déjà peut-être.
00:15:36On recommence à tirer.
00:15:39Où peut-on passer
00:15:39la nuit dans ce patelin ?
00:15:40Seulement chez nous.
00:15:42Les hôtels sont occupés
00:15:43par les militaires.
00:15:46Je voudrais dormir.
00:15:47Pas plus.
00:15:48C'est tout ?
00:15:50Nous travaillons au tarif.
00:15:52Je ne suis pas preneur.
00:15:56Alors,
00:15:56je préfère rester
00:15:57où je suis.
00:15:59Mais tu te feras descendre.
00:16:01Il y a toujours
00:16:01des ivragnes.
00:16:06Ben, viens.
00:16:17entre.
00:16:34Dieu te bénisse
00:16:35et la poisse finisse.
00:16:37Voilà mon château.
00:16:38Je passerai la nuit
00:16:39sur le sofa.
00:16:40Tu peux aussi dormir
00:16:42dans le lit.
00:16:45Ça sent le lilas.
00:16:47Ah, ne me fais pas rire.
00:16:49Mais ça sent vraiment
00:16:50le lilas.
00:16:52De combien sommes-nous déjà ?
00:16:54De toute façon,
00:16:55il est encore
00:16:55beaucoup trop tôt.
00:16:59Ouvre la fenêtre,
00:17:00s'il te plaît.
00:17:01La fenêtre ?
00:17:02Pour qu'il fasse
00:17:02encore plus froid.
00:17:03J'ai chaud.
00:17:08Que la fièvre ?
00:17:11Reprends garde.
00:17:12Une drôle de maladie
00:17:13court les rues
00:17:13et les gens meurent
00:17:15comme les mouches.
00:17:17Tout est contaminé.
00:17:18Les bacilles sont dans l'air.
00:17:19On appelle ça la grippe,
00:17:20mais c'est la peste.
00:17:27Tu te sens épuisé ?
00:17:28Oui.
00:17:29Ça cogne là-dedans ?
00:17:31Oui.
00:17:33Viens.
00:17:36Couche-toi,
00:17:37je vais te couvrir.
00:17:39Tu es une bonne fille.
00:17:41Parce que tu me plais.
00:17:50Mais attends-toi donc.
00:17:51Non.
00:17:52Non, je n'ai pas
00:17:53le droit d'être malade.
00:17:54Ah, tu as mieux à faire.
00:17:58Oui.
00:18:00Tu es mariée ?
00:18:03Presque.
00:18:06Fiancé, alors.
00:18:09Oui.
00:18:12Tu es fidèle ?
00:18:15Oui.
00:18:16Depuis quand ?
00:18:18Depuis la guerre.
00:18:22Dommage.
00:18:24Silence !
00:18:25Quelqu'un vient de crier mon nom.
00:18:33Comment t'appelles-tu ?
00:18:35Qui habite au-dessus de nous ?
00:18:37Au-dessus de nous,
00:18:38il y a le toit.
00:18:39Un point, c'est tout.
00:18:42Vraiment ?
00:18:44Oui.
00:18:44Oui.
00:18:44T'es resté longtemps, la guerre ?
00:18:57Aussi longtemps qu'elle a duré.
00:19:00À l'Est aussi ?
00:19:02Partout.
00:19:03Mon père est tombé à Gorlis.
00:19:08Ah, Gorlis.
00:19:10J'y étais aussi.
00:19:13Alors, t'as peut-être connu mon père ?
00:19:16Il était au 124e de réserve territoriale.
00:19:21Un grand, très grand,
00:19:23avec une barbe noire.
00:19:24Non, je ne l'ai pas connu.
00:19:33Dommage.
00:19:35Qu'est-ce qu'un soulit ?
00:19:37Quoi ?
00:19:38Mais, il n'y a rien du tout.
00:19:47Je pensais que c'était un gros chien.
00:19:50Mais moi, je pense que tu as la fièvre
00:19:52et que tu délires.
00:19:54Non, je ne suis pas malade.
00:19:59Je le sens seulement.
00:20:05Mais tu ferais mieux de te coucher ?
00:20:07Non.
00:20:10As-tu du papier à lettres ?
00:20:12Pourquoi ?
00:20:14Parce que je voudrais écrire une lettre.
00:20:17Ah, à ta fiancée.
00:20:19Oui.
00:20:23Après tout, tu as raison.
00:20:24Je suis malade.
00:20:26Et cela peut durer un certain temps.
00:20:29À vrai dire, je voulais lui faire la surprise.
00:20:38Ça fait longtemps que vous ne vous êtes pas vus ?
00:20:40Pas de...
00:20:42Pas de toute la guerre.
00:20:44Et...
00:20:45Elle t'est restée fidèle ?
00:20:48Oui.
00:20:48Et elle t'a écrit ?
00:20:51Chaque jour ?
00:20:52Non, jamais.
00:20:54Car c'est de ma faute si nous nous sommes séparés.
00:20:58Et elle m'attend.
00:21:01Avec quelle certitude tu dis ça ?
00:21:04Je le sais.
00:21:09Un numéro comme toi ?
00:21:10Je n'ai pas encore rencontré.
00:21:13Mais c'est peut-être parce que je n'ai jamais connu de vrais hommes.
00:21:16Parce que les vrais, ils étaient tous à la guerre quand j'ai commencé.
00:21:19Quand ?
00:21:21Bon.
00:21:23Ça, j'ai oublié.
00:21:27Moi pas.
00:21:30Je sais seulement...
00:21:32qui pleuvaient.
00:21:41Tiens.
00:21:44Voilà ton papier à lettres.
00:21:48Merci.
00:21:52Elle habite où, ta fiancée ?
00:21:54Chez sa grand-mère.
00:21:56Vous autres hommes, vous ne méritez aucune femme.
00:22:07Mais que de vous donc, à côté de mon pauvre père ?
00:22:11Rien.
00:22:12Absolument rien.
00:22:14On devrait vous foutre par la fenêtre.
00:22:17Ma parole, je vous hais.
00:22:18Tous !
00:22:19Tu m'entends ?
00:22:20Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
00:22:32Tu es mort ?
00:22:50Rien à signaler ?
00:22:55Ma mère.
00:22:56L'homme que nous avons cru perdu est revenu à lui.
00:22:58Ah.
00:22:59Pour quelques instants seulement.
00:23:02Mais le médecin traitant estime qu'il est hors de danger.
00:23:04Sait-on déjà qui il est ?
00:23:06Tout ce que l'on sait, c'est qu'il revient de la guerre.
00:23:10Et le médecin traitant est d'avis,
00:23:12si l'on en juge d'après les cicatrices,
00:23:14qu'il a dû être très grièvement blessé.
00:23:16Ma mère, cet homme est possédé du mal.
00:23:24Que racontes-tu là ?
00:23:26Il parlait tout à l'heure à sa fiancée.
00:23:29Il disait qu'il se repentait de tout.
00:23:32C'était des péchés éclatants.
00:23:34Des péchés mortels si épouvantables
00:23:36que jamais encore je n'ai rien entendu de pareil.
00:23:40Mais pendant qu'il les racontait,
00:23:42il en redevenait tout fier.
00:23:44Cela le corroborait.
00:23:45Mais il a 40 ou presque.
00:23:47Non, ce n'est pas la fièvre.
00:23:49Tout ce qu'il a dit est vrai, je le sens.
00:23:53Ma mère, c'est le diable.
00:23:54Tais-toi.
00:23:57Je lui ai donné les soins.
00:24:00Je voudrais ne plus avoir à le faire.
00:24:03Tu dois aussi soigner le diable
00:24:04s'il vient à tomber malade.
00:24:08Tu sais qu'il n'y a que celui qui t'attend, là-haut,
00:24:12si tu tentes d'échapper à toi-même.
00:24:13La paix soit avec toi.
00:24:28Il est encore malade.
00:24:31Sinon, il serait déjà là.
00:24:33Il écrit qu'il a été une fois très grièvement blessé
00:24:36et qu'alors il a senti que l'on n'appartenait qu'à une seule femme.
00:24:42Monsieur a eu peur de l'enfer
00:24:44et il se propose de rentrer dans le droit chemin.
00:24:48Ne devriez-vous pas lui écrire
00:24:49que la pauvre mademoiselle n'est plus là depuis longtemps ?
00:24:51Occupe-toi de ton parquet.
00:24:52C'est déjà la cinquième lettre.
00:24:53Qu'il écrive.
00:24:54Qu'il écrive encore.
00:24:56Jusqu'à ce que le diable l'emporte.
00:24:58C'est son âme qu'il cherche.
00:25:00Laissez les morts en paix !
00:25:03Tu sais ce qu'il lui a fait.
00:25:05Tu sais comment il est mort ?
00:25:07Eh bien qu'il vienne la chercher.
00:25:10Je vais lui dire moi-même qu'il l'a tué.
00:25:13Je ne demande qu'une chose.
00:25:15Vivre.
00:25:16Jusqu'à ce qu'il vienne.
00:25:17Il ne viendra pas s'il ne reçoit pas de réponse.
00:25:20Viendra !
00:25:20Jamais.
00:25:21Comment le sais-tu ?
00:25:23Tu le connais donc ?
00:25:24Non.
00:25:26Mais je peux me l'imaginer.
00:25:29Et comment est-il ?
00:25:31Là n'est pas la question.
00:25:33Il pourrait aussi bien avoir une bosse.
00:25:38Avec ou sans bosse,
00:25:41il se tiendra là,
00:25:43devant moi.
00:25:44Et lui sais-je attendre cent ans.
00:25:49Je l'attendrai.
00:25:52Car je veux l'attendre.
00:26:01Anna !
00:26:03Anna !
00:26:05Qui a sonné ?
00:26:05Qui a sonné ?
00:26:07Ce n'était qu'un mandium.
00:26:10J'espère que tu ne me l'as rien donné.
00:26:12Non.
00:26:14Les temps nouveaux passeront vite.
00:26:16Un mendiant reste un mendiant.
00:26:18On dit dans le journal que l'ancien temps va revenir.
00:26:21Pas pour vous.
00:26:23Tu as dit quelque chose ?
00:26:25Non.
00:26:26Rien.
00:26:27Je n'arrive pas à y croire.
00:26:40Dieu l'a donné.
00:26:41Dieu l'a repris.
00:26:42Il a passé quatre ans dans les tranchées.
00:26:45Et ne a été que légèrement blessé deux fois.
00:26:48Maintenant que la paix est enfin revenue,
00:26:51il meurt d'un refroidissement dans son lit.
00:26:52La grippe aussi fait partie de la guerre.
00:26:57Mon mari.
00:27:01Mon mari.
00:27:05Puis-je au moins le voir ?
00:27:07Dans dix minutes, madame.
00:27:09Le temps de l'habiller.
00:27:10Oh, ma mère.
00:27:18Le courrier est-il déjà arrivé ?
00:27:20Oui.
00:27:21Toujours rien pour moi ?
00:27:24Dites-moi,
00:27:25qu'attendez-vous donc depuis huit semaines ?
00:27:28Une réponse.
00:27:30Et si je ne la reçois pas ?
00:27:31Qu'arrivera-t-il ?
00:27:33Rien.
00:27:35Tout sera comme avant.
00:27:37Vous devriez vous distraire un peu.
00:27:44Me distraire ?
00:27:46Comme voulez-vous.
00:27:56C'est bien toi, n'est-ce pas ?
00:28:00Qui, moi ?
00:28:01Qu'il faut-il que je sois ?
00:28:02Nous nous connaissons pourtant.
00:28:05Je ne vois pas à travers ce voile.
00:28:12A franchement parler.
00:28:14Comment va ta fiancée ?
00:28:17Est-elle heureuse avec toi ?
00:28:20Ou t'a-t-elle trompée autant que tu m'as trompée ?
00:28:22Moi, elle t'est restée fidèle.
00:28:24C'est un ange pourtant, non ?
00:28:28Maintenant, je sais qui tu es.
00:28:31Tu me reconnais.
00:28:33A ton rire.
00:28:34Ça cogne là-dedans ?
00:28:36Il me reste un petit quelque chose au cœur depuis la guerre.
00:28:39Il bat trop fort.
00:28:41C'est la grippe.
00:28:42Tu l'as eue toi aussi, cette grippe.
00:28:44On dirait, oui.
00:28:45Et tu vis encore.
00:28:47Je suppose.
00:28:50Mon mari est mort.
00:28:53J'en suis bien peiné.
00:28:55Ta gueule.
00:28:58Il nous savait tout pardonner, mon mari.
00:29:00À moi et à toi.
00:29:01Maintenant, il est mort.
00:29:03Et tu vis, toi.
00:29:06Pourquoi t'en es-tu pas cravé ?
00:29:08Que cherchais-tu ici parmi les humains ?
00:29:10Avec toi, c'est le malheur qui apparaît.
00:29:12Le malheur.
00:29:13Et encore le malheur.
00:29:14Je crois que cette guerre a fait de moi un autre homme.
00:29:21Tu fais allusion à tes talents.
00:29:24Je crois que je les ai perdus.
00:29:26Non, tu restes celui que tu es.
00:29:28J'en suis fatigué.
00:29:32On devrait te supprimer.
00:29:35C'est vrai.
00:29:37Je n'apporte rien de bon aux dames.
00:29:40Tu ne leur échapperas pas.
00:29:42J'en suis fatigué.
00:29:43J'en suis fatigué.
00:29:44C'est vrai.
00:29:44J'en suis fatigué.
00:29:45...
00:30:14Il y a là-bas un homme qui pourrait me plaire.
00:30:21Où ça ?
00:30:23Il a un certain charme.
00:30:25D'ici, je ne peux pas le voir.
00:30:28Vas-y, regarde-le en passant.
00:30:30Je me lève pour un homme.
00:30:33Claude.
00:30:36Qu'est-ce que l'avenir me réserve encore ?
00:30:39Nous allons nous perdre.
00:30:42Il entre.
00:30:44Il n'existe non plus un seul endroit sans musique.
00:30:48Aucun.
00:30:49On danse partout.
00:30:51Nous n'avons pas dansé depuis quatre ans.
00:30:53Maintenant, nous courons après.
00:30:54Dès midi ?
00:30:55Aux aurores.
00:30:56Oh, un cognac.
00:30:58Si nous dansions.
00:31:10Je vais danser avec lui.
00:31:12Si tu perds l'esprit de l'inviter.
00:31:16Si tu fais ça...
00:31:17Pas de menace.
00:31:31Peut-on vous prier ?
00:31:34Pardon ?
00:31:36Je voudrais danser avec vous.
00:31:38Danser ?
00:31:39Cela vous étonne qu'une femme vous invite à danser.
00:31:43Mais le monde a changé, monsieur.
00:31:46Pourquoi seuls les hommes auraient-ils le droit d'être des dons jouants ?
00:31:49Qu'est-ce que vous écrivez ?
00:31:53Une lettre.
00:31:54D'affaires ?
00:31:56Oui.
00:31:58Montrez-moi votre écriture.
00:32:01Pourquoi ?
00:32:02Je m'y connais.
00:32:05L'enveloppe suffit ?
00:32:07Largement.
00:32:08Que le ciel s'en trouve.
00:32:20Ah, si vous voulez danser avec moi ?
00:32:23Oui.
00:32:25Je crains d'avoir oublié.
00:32:27Ça ne s'oublie pas.
00:32:29Et je ne connais pas les nouvelles danses.
00:32:33Vous n'avez qu'à vous laisser guider.
00:32:36Venez.
00:32:37Je vous conduis.
00:32:38Je t'ai appelé, mais tu ne réponds pas.
00:32:57Fais bon.
00:32:59Alors je resterai celui que je suis.
00:33:04Qui êtes-vous ?
00:33:06Cette lettre est à vous.
00:33:08Non.
00:33:09À votre place, au tronc.
00:33:10Sur quel temps me parlez-vous ?
00:33:11Filez !
00:33:12Sinon je raconte à votre amie la proposition que vous m'avez faite un jour.
00:33:16Espèce de calamité.
00:33:17Assez, vous êtes artisan, vous êtes artisane.
00:33:34Oui.
00:33:35Oui.
00:33:36Ce genre de pochette.
00:33:39Voilà mon métier.
00:33:41C'est du batik.
00:33:44Modèle exclusif.
00:33:45Merci.
00:33:47Je travaille aussi le dessin.
00:33:48Oui.
00:33:49J'aimerais faire un croquis de vous.
00:33:51Qu'en attendez-vous ?
00:33:54Je n'ai encore jamais dessiné un homme.
00:33:57Seulement du paysage ?
00:33:58Non.
00:34:02Rien que des femmes.
00:34:06Nous dansons.
00:34:08Oui.
00:34:09Mais seulement jusqu'à la tombée de la nuit.
00:34:12Que voulez-vous dire par là ?
00:34:15C'est que je viens d'être très malade pendant huit semaines.
00:34:18Et comme c'était aujourd'hui la première belle journée, j'ai pu enfin sortir de l'hôpital.
00:34:22Mais il faut que je rentre tout à l'heure sous peine de rechute.
00:34:26Les rechutes sont dangereuses.
00:34:29Mon cœur.
00:34:30Qu'est-ce que vous avez ?
00:34:32J'ai eu une grippe carabinée.
00:34:35Vous êtes encore contagieux ?
00:34:37Aujourd'hui, je ne suis pas dangereux.
00:34:40C'est que je n'ai pas envie de mourir.
00:34:43Pas encore.
00:34:45Moi non plus.
00:34:52Qu'avez-vous ?
00:34:55Tu me rappelles quelqu'un qui ne m'a pas répondu.
00:34:58Depuis quand nous tutoyons-nous ?
00:35:02Et pourtant, tu ne lui ressembles pas du tout.
00:35:06Viens.
00:35:12Payez ! Payez !
00:35:15Je ne suis pas sourde.
00:35:21Trois millions.
00:35:24J'ai l'impression que votre amie s'est laissé séduire.
00:35:28Vous connaissez cet homme ?
00:35:30Qui est-il ?
00:35:33Il me semble connaître.
00:35:36Mais d'où ?
00:35:37Tu as déjà mis les canelabres au clos ?
00:35:43Oui.
00:35:45Alors il ne nous reste plus rien.
00:35:48Nous avons encore 17 milliards.
00:35:49Je me pendrai.
00:35:54J'ai mis donc pas toujours, maman.
00:35:56Et moi alors, qu'est-ce que je devrais dire ?
00:35:58Tout au moins, tu as eu du bon temps.
00:36:00Tu es allé partout.
00:36:01Sur la rivière, à Paris, en Norvège.
00:36:05Mais moi, aussi loin que je me souvienne,
00:36:07je n'entends que tes lamentations.
00:36:09C'est à mourir.
00:36:11Tu me fais des reproches ?
00:36:12Bien sûr que je te fais des reproches.
00:36:14C'est toi la coupable et personne d'autre.
00:36:18Mais pourquoi ne m'as-tu pas laissé étudier l'année dernière,
00:36:21lorsque notre argent vend encore un peu de valeur ?
00:36:23Maintenant, je pourrais faire mes débuts.
00:36:25Et nous ne serions pas obligés de se louer ta chambre.
00:36:30Mais avoir une fille danseuse,
00:36:32ça n'était pas assez distingué pour toi, n'est-ce pas ?
00:36:34Tout mettre au clou.
00:36:36Parlons-en.
00:36:37Ça, c'est plus distingué.
00:36:41Qu'en dites-vous, madame la professeure ?
00:36:45Écoute bien ce que je vais te dire.
00:36:48Je ne pourrirai pas ici avec toi, madame la professeure.
00:36:51Margot, Margot, comme tu deviens haineuse.
00:36:52Papa m'aurait laissé danser.
00:36:54Papa était un homme réaliste.
00:36:55Que peux-tu bien savoir de ton père ?
00:36:56Tu n'avais même pas dix ans lorsqu'il est parti à la guerre.
00:36:58Tu mens.
00:36:59Je lis toutes les lettres qu'il t'adressait du front.
00:37:01Toi ?
00:37:02Oui, hier.
00:37:02Je n'avais rien à faire et j'ai fracturé ton secrétaire, madame la professeure.
00:37:06Tu devrais avoir honte.
00:37:06C'est à toi d'avoir honte.
00:37:08Tu sais ce que papa t'a écrit.
00:37:10Et tu sais aussi pourquoi tu ne me l'as pas laissé lire.
00:37:12Ce que ces lettres contenaient.
00:37:14Tu le sais, n'est-ce pas, madame la professeure ?
00:37:15Elle va peut-être toujours, madame la professeure.
00:37:17Laisse Margot apprendre ce qu'elle veut.
00:37:19Les temps ont changé.
00:37:20Voilà ce qu'écrivait papa.
00:37:27Cesse donc de te regarder les jambes.
00:37:29Pourquoi pas ?
00:37:30Quand on a des belles jambes, on peut les exhiber tranquillement.
00:37:32Oh, mon époux, mon époux, quand je pense que tu vois ça du haut du ciel.
00:37:37Ça doit être le marchand de charbon.
00:37:38Il faudra qu'il revienne demain.
00:37:40Parce que demain, tu pourras payer.
00:37:41Prends garde que le bon Dieu ne te punisse.
00:37:43Monsieur vient pour la chambre.
00:38:01Il a su par la supérieure que j'avais l'intention de soulouer.
00:38:03Ma fille.
00:38:05Et voici la chambre.
00:38:07Elle donne sur le jardin et elle est très tranquille.
00:38:09C'est tout ce que j'ai à vous offrir.
00:38:12Oui.
00:38:14Voulez-vous vous asseoir ?
00:38:16Merci.
00:38:18Cette chambre me plaît.
00:38:20Je la veux.
00:38:21Le prix serait d'environ...
00:38:22Sans importance.
00:38:23Si.
00:38:24Voyons, Margot.
00:38:26Puis-je vous demander quelle profession vous exercez ?
00:38:29À vrai dire, je me le demande aussi de temps en temps.
00:38:32Quand nous étions encore en pêche, je n'avais pas besoin de travailler, mais...
00:38:36Cette guerre m'a dépouillé de tout.
00:38:38Et maintenant, je vends des objets d'art.
00:38:40Ah.
00:38:40Oui.
00:38:41Un hasard stupide a voulu que j'entre en relation avec le milieu du commerce d'art.
00:38:46Bâtique, céramique, dessin, gravure sur bois aussi.
00:38:50Une de ces artisanes m'a donné l'idée d'organiser la vente de ces objets.
00:38:55À vrai dire, cela ne permet pas de s'offrir un château, mais on arrive à en vivre.
00:38:59Les gens veulent se défaire de leur argent avant qu'il ait perdu toute sa valeur.
00:39:04Et il n'est pas nécessaire d'avoir la bosse du commerce.
00:39:08Hier, par exemple, j'ai vendu une collection de timbres.
00:39:13C'est ridicule, non ?
00:39:15Appelez-moi comme vous voudrez.
00:39:17Un mercantil, une hyène de l'inflation.
00:39:20Oh non, vous n'êtes pas une hyène, pas vous.
00:39:23Espérons-le.
00:39:24Bonsoir.
00:39:25Ma fille est née.
00:39:26Notre locataire.
00:39:29Restez donc tranquillement assis.
00:39:32Je dois partir tout de suite.
00:39:34Où vas-tu ?
00:39:35Tu le sais très bien, maman.
00:39:37Encore ce parti.
00:39:38Encore et toujours.
00:39:39Ma fille veut améliorer le monde.
00:39:41Tu y es.
00:39:42Je m'incline.
00:39:43Merci.
00:39:45Je voudrais manger quelque chose en vitesse.
00:39:47Il n'y a rien.
00:39:48Je suis pourtant laissé exprès quelque chose à midi.
00:39:51C'est moi qui l'ai fini.
00:39:52Encore ?
00:39:53Oh non, je vous en prie, ça ne saurait intéresser, monsieur.
00:39:58Il est possible, en effet, que cela n'intéresse pas monsieur.
00:40:02Que l'on ait faim ou que l'on soit rassasié.
00:40:03Voyons, Madeleine.
00:40:04Tu as pris l'habitude de parler sur un temps.
00:40:06C'est le temps qui convient, tu peux me croire.
00:40:07Contente-toi de faire ce que tu dois au bureau.
00:40:09Honnêtement, avec application, avec fidélité, un point, c'est tout.
00:40:12Mais dis-donc pas de saloper, maman.
00:40:15Le bureau, tu ne sais même pas à quoi ça ressemble.
00:40:18Tu n'as jamais eu de métier.
00:40:20Papa a toujours travaillé pour toi.
00:40:22Il n'était jamais venu à l'idée de te demander qui était responsable de cette guerre.
00:40:26C'est ton monde !
00:40:27Des guerres ?
00:40:29Il y en aura toujours, mademoiselle.
00:40:31Vous croyez ?
00:40:32Oui.
00:40:33Cela va sans dire.
00:40:33La guerre, vous l'avez faite ?
00:40:40Oui.
00:40:41Dans la tendance ?
00:40:43Non.
00:40:45Je m'aimais été très grièvement blessé.
00:40:48Mais cette chère guerre a aussi ses bons côtés.
00:40:52Ainsi, moi qui vous parle, cette guerre a fait de moi un homme meilleur.
00:40:54Et ce n'est que dans la paix, maintenant, que je me retrouve peu à peu.
00:41:02Je me demande à quoi ça peut bien servir, la vie d'un homme tel que vous.
00:41:05Voyons, mademoiselle.
00:41:06Et donc un peu d'égard, je te prie.
00:41:08Pardon.
00:41:10À quoi sert ma vie ?
00:41:13C'est à Dieu que vous devez le demander.
00:41:15Dieu n'est qu'une illusion.
00:41:16On fait miroter aux masses exploitées la consolation d'un au-delà.
00:41:22Quelle misère.
00:41:27Pourquoi me regardez-vous ainsi ?
00:41:30Vous avez du tempérament.
00:41:34Elle est folle.
00:41:36Au sommet de l'idéalisme.
00:41:38Cela passera.
00:41:42Pourquoi ne faites-vous pas du cinéma ?
00:41:45Du cinéma, moi ?
00:41:47Vous avez un profil.
00:41:49L'autre, maintenant, c'est insensé.
00:41:51Pourquoi ?
00:41:52Le cinéma est sûrement de l'avenir.
00:41:54Tu entends ce que dit, monsieur ?
00:41:56C'est à mourir de rire.
00:42:02Curieux.
00:42:04Au moment où mademoiselle votre fille a dit
00:42:06c'est à mourir de rire,
00:42:09elle m'a brusquement rappelé quelqu'un.
00:42:12Paula Negri, peut-être ?
00:42:13Non.
00:42:15Seulement une autre.
00:42:16Plus modeste.
00:42:18Mais que vous connaissez bien.
00:42:20Ne sois pas si indiscrète.
00:42:21Elle est fille, maintenant.
00:42:22Il est grand, là.
00:42:27Au revoir.
00:42:28Au revoir.
00:42:29On voit bien que le père a manqué à leur éducation.
00:42:36Tant de sacrifices, tant de souffrances pour voir tout aller de mal en pied.
00:42:40Mon mari était professeur à l'université.
00:42:46C'est entendu, je viens demain matin de bonheur.
00:42:49J'habite en ce moment une pension, mais elle est trop bruyante pour moi.
00:42:52Je souhaite que vous vous sentiez bien chez moi.
00:42:56Dites-moi,
00:42:58il me semble que nous nous connaissons.
00:42:59C'est possible.
00:43:12Citron ou lait ?
00:43:13Ni citron, ni lait, ni sucre.
00:43:17Moi, je ne pourrais pas vivre sans sucre.
00:43:19Quel sublime foulard vous portez là, ma très chère.
00:43:22C'est lui qui m'en a fait cadeau.
00:43:25Du baptique.
00:43:27D'ailleurs, la gravure sur bois, là-bas, vient aussi de lui.
00:43:30Ah !
00:43:32C'est un Saint-Sébastien.
00:43:34La perspective est des plus intéressantes.
00:43:37Moi, quand j'ai eu ma dernière angine,
00:43:39il m'a offert une céramique.
00:43:42Un pan jouant de la flûte.
00:43:44Mais qu'est-il donc, au juste ?
00:43:47Vous ne le savez pas ?
00:43:48Aucune idée.
00:43:49Je le connais comme ça.
00:43:50Eh bien, il est marchand d'objets d'art.
00:43:53Ah !
00:43:54De plus, il y a quelque temps,
00:43:56il a voulu aussi faire du cinéma.
00:43:59Je ne sais pas qui lui avait mis cette idée en tête.
00:44:01Et à vrai dire, je l'ai pistonné.
00:44:04Mais les bandes d'essai ont été un échec total.
00:44:07Ah, ça.
00:44:08Rien ne vaut le contact direct.
00:44:13Certaines femmes n'ont vraiment plus aucun idéal.
00:44:15L'idéal, c'est bon pour les hommes.
00:44:17Il m'a toujours raconté que je lui rappelais une certaine...
00:44:19Il me l'a dit aussi.
00:44:23Ainsi, nous lui rappelons toutes quelqu'un d'autre.
00:44:25Chez l'une, ce sont les yeux.
00:44:26Chez l'autre, la bouche.
00:44:27Chez moi, ce sont les jambes.
00:44:29Et chez vous, ma très chère ?
00:44:32Chez elle, c'est vraisemblablement l'âme.
00:44:36Oui, oui, oui.
00:44:38Il cherche à rassembler les morceaux de son grand amour.
00:44:41Sous-titrage Société Radio-Canada
00:45:11Enfin, je commençais à m'inquiéter.
00:45:15Je me demandais où s'il pouvait bien être.
00:45:17Mon mari aussi me fait toujours attendre.
00:45:20Rassure-toi.
00:45:20Où donc étais-tu ?
00:45:40À la patinoire.
00:45:43Où ?
00:45:44C'est aujourd'hui l'anniversaire de l'une des filles de ma logeuse
00:45:47et j'ai offert à cet enfant des chaussures de patinage.
00:45:51Elle a voulu me montrer ce dont elle était déjà capable.
00:45:54Et alors ?
00:45:56Elle est douée pour la danse.
00:45:59Elle deviendra peut-être une étoile mondiale.
00:46:02Et quel âge a cet enfant ?
00:46:04Ta future étoile mondiale.
00:46:0815 ans.
00:46:09Chut !
00:46:10C'est moi, le domier que tu m'as vendu hier.
00:46:18C'est bien le domier authentique.
00:46:21Oui, alors ?
00:46:23Ton tableau est un faux.
00:46:26Comment ?
00:46:27Je me suis renseignée.
00:46:31Je l'ai acquis comme authentique.
00:46:32J'ai entièrement confiance en toi.
00:46:35C'est comme garantie.
00:46:37Il me suffit de ta parole d'honneur.
00:46:42Je te rembourse jusqu'au dernier centime.
00:46:45Tu ne me rendras rien du tout.
00:46:46Tu m'entends ?
00:46:47Chut !
00:46:52Voilà ton chèque.
00:46:53Prends-le.
00:46:54Non.
00:46:56Prends-le.
00:47:01Tu n'as pas d'âme.
00:47:02Tu ne parviendras pas à m'humilier.
00:47:13Le voilà arriver en bas.
00:47:15Adieu.
00:47:17Et qu'il n'en soit plus question.
00:47:21Satisfait ?
00:47:22Oui.
00:47:23Silence !
00:47:24Pardon.
00:47:29La dernière campagne ?
00:47:32Il ne faut pas tenter le diable.
00:47:50Je t'envite tes nouveaux patins.
00:47:53J'ai toujours souhaité en avoir des semblables.
00:47:55C'est mon anniversaire.
00:47:56Moi, mon anniversaire ne tombe qu'en été.
00:47:59C'est dommage.
00:47:59Sinon, je me serais fait offrir les mêmes.
00:48:02C'est de s'être divin.
00:48:04Qui était donc le monsieur élégant qui te regardait patiner ?
00:48:06Il habite chez nous.
00:48:08Ce serait mon type.
00:48:09Il ne me plaît pas.
00:48:10À d'autres.
00:48:11Non, il ne me plaît plus.
00:48:13Pourtant, je t'ai vu.
00:48:14Tu as fait trois boucles à donner le vertige uniquement parce qu'il te regardait.
00:48:18C'est drôle.
00:48:19J'avais l'impression de ne pas avancer.
00:48:21Tu étais d'une assurance à vous couper le souffle.
00:48:23Non, je n'étais pas si assurée.
00:48:25C'est bien simple.
00:48:26Jamais encore tu n'as aussi bien patiné.
00:48:28Et vous en savez quelque chose.
00:48:30Et qu'est-ce qu'il t'a fait pour ne plus te plaire ?
00:48:34Rien.
00:48:35J'ai seulement rêvé de lui il n'y a pas longtemps.
00:48:38C'est tout ?
00:48:39Il m'a tuée.
00:48:41Comment ça ?
00:48:42Je me promenais dans le petit bois,
00:48:47là où le chemin fait un détour
00:48:48et où se dresse un grand arbre tout noir.
00:48:52Il faisait sombre
00:48:53et tout d'un coup j'ai senti sa main.
00:48:57Mais ses doigts étaient de vrais poignards.
00:48:59Oh non, je ne veux plus penser à ça.
00:49:00C'était trop horrible.
00:49:06Longtemps encore,
00:49:08après m'être réveillée,
00:49:11je pensais que j'étais morte.
00:49:12Coucou.
00:49:24Coucou.
00:49:25Qui est-ce ?
00:49:26Aucune idée.
00:49:28Espèce de voyouze.
00:49:35C'est bon.
00:49:37Merci.
00:49:39Il est arrivé une lettre pour toi.
00:49:42Pourquoi as-tu l'air si effrayé ?
00:49:48Je n'en sais rien.
00:49:55C'est d'une femme.
00:49:57Je peux lire ?
00:49:58Non.
00:50:00Tu as des secrets pour moi ?
00:50:02Oui.
00:50:06Ronde-la-moi immédiatement.
00:50:08Je n'en ai pas l'intention.
00:50:09Tu es contente, maintenant ?
00:50:21Voilà donc ce que tu es.
00:50:25On le prétend ?
00:50:27Est-ce vrai ?
00:50:29Je décline toute responsabilité.
00:50:31Une femme veut se jeter à l'eau à cause de toi.
00:50:37Elle réfléchira encore.
00:50:39Comment parles-tu, mon Dieu ?
00:50:42Mais qui puis-je ?
00:50:43Si elle ne me plaît plus,
00:50:44dois-je me forcer ?
00:50:46Maintenant, j'ai peur.
00:50:49Rassure-toi.
00:50:50C'est une artisane.
00:50:54Et c'est elle qui m'a invité à danser.
00:50:56Elle ne voulait pas en démordre.
00:50:57Elle a eu ce qu'elle voulait à poincer tout.
00:51:01Nous nous sommes rencontrés encore quelques fois.
00:51:04Et c'est alors que je me suis rendu compte de ma déception.
00:51:06Au début, elle m'avait rappelé quelqu'un.
00:51:14Il n'y avait aucune ressemblance.
00:51:18Oui.
00:51:19C'est toujours la même chanson.
00:51:20Je ne parviens pas à trouver mon idéal.
00:51:23Tu ne trouveras jamais car tu n'as plus d'idéal.
00:51:26Il est mort.
00:51:29Mort ?
00:51:31Ah non.
00:51:34Non, c'est exclu.
00:51:36Il vit quelque part, mon idéal.
00:51:39Il a épousé un brave homme.
00:51:40Il a des enfants.
00:51:42Et il ne désire que la paix.
00:51:44Voilà pourquoi il ne m'a pas répondu.
00:51:45Non, je comprends ça.
00:51:47Mais que peux-tu bien comprendre ?
00:51:50Ce qui te vient par les yeux, par les oreilles, par la bouche ?
00:51:55Qu'es-tu donc une brave veuve de fonctionnaire
00:51:58qui croit à chaque fois qu'elle s'abandonne à un homme
00:52:01qu'une étoile tombe aussitôt du ciel ?
00:52:03N'oublie pas que je suis avant tout un être humain.
00:52:05Et justement !
00:52:07J'interdis qu'on me le rappelle.
00:52:10Assez !
00:52:10Là où tu dors,
00:52:21c'était son lit, tu m'entends ?
00:52:23Et là où tu écris son bureau.
00:52:28Et dans cette armoire étaient rangés ces vêtements
00:52:31que j'ai vendus par la suite.
00:52:35Souvent, je l'ai revu, là,
00:52:38assis à ce bureau,
00:52:40même après qu'il fût tombé.
00:52:41Et même quand je ne le voyais pas,
00:52:45je savais qu'il me regardait
00:52:47comme si le temps n'existait pas.
00:52:57C'est toi le premier qui l'a chassé d'ici.
00:53:01Prends garde qu'il ne revienne.
00:53:03Qu'il soit dans le couloir au moment où je sortirai.
00:53:05Je ne veux plus te revoir.
00:53:13Jamais plus.
00:53:16Oh, laisse-moi, je t'en prie.
00:53:18Laisse-moi.
00:53:20Mais je te laisse.
00:53:27Mais qu'est-ce qui me pousse vers toi ?
00:53:30Rien.
00:53:31Rien.
00:53:31Laisse-moi donc tranquille à la fin.
00:53:50Je te laisse.
00:53:55Je te laisse.
00:53:56Il est grand, hein ?
00:54:01Je veux mettre tes yeux
00:54:07T'écoute ma prière
00:54:11Et qu'on a léjé souffrées
00:54:17Tout à l'heure
00:54:19Couche-toi.
00:54:21Tout à l'heure
00:54:22Pourquoi ?
00:54:26Tu n'es pas saoul
00:54:27Je t'entends compte
00:54:29Je n'ai pas mon compte
00:54:32Pas si fort
00:54:32Les voisins
00:54:33J'en veux encore
00:54:39J'en veux encore
00:54:41On t'attends
00:54:43On va encore une fiche dehors
00:54:48Tu m'es égale
00:54:50À moi, non
00:54:51Je ne saurais pas aller
00:54:54Je dors aussi bien sur un tas de fumier
00:55:01C'est à cause de toi
00:55:07Qu'il ne veut plus rien savoir de moi
00:55:09C'est ta faute
00:55:13Et je ne lui plais plus
00:55:14Ma faute
00:55:17Il a déchiré mes lettres
00:55:20Et j'avais cru qu'il me délivrerait
00:55:22Délivrerait ?
00:55:26Oui
00:55:26De toi
00:55:28Je m'irais encore après moi
00:55:31Tu as dit les boucles
00:55:34C'est féminin
00:55:35Les dentelles
00:55:37C'est féminin
00:55:39Et les talons hauts
00:55:42C'est féminin
00:55:44J'ai porté ce que tu voulais
00:55:47Comme tu le voulais
00:55:50Mais maintenant
00:55:52Maintenant
00:55:54C'est fini
00:55:56Faut que tu m'en fêtes
00:55:58Morde
00:55:59Claude
00:56:04Claude
00:56:05Je m'appelle pas Claude
00:56:06Je m'appelle Alice
00:56:07Adieu
00:56:17Alice
00:56:20Où es-tu ?
00:56:26Promenez
00:56:26Toujours pas dormir
00:56:28Dorsen
00:56:32Seul
00:56:39Non
00:56:42Je ne dors plus seule
00:56:45Où es-tu donc ?
00:56:49Vaut rien
00:56:49Comment veux-tu ?
00:57:05Bien ?
00:57:09Moi aussi
00:57:10Écoute un peu
00:57:15Notre enfant est parti
00:57:18Oui ?
00:57:23Disparu
00:57:23J'en aurai plus jamais d'autre
00:57:27Plus jamais
00:57:29Tu entends ?
00:57:33Quelle guigne
00:57:38Je t'ai écrit que je me jetterais à l'eau
00:57:41Si tu ne venais pas
00:57:43Que dirais-tu de ça ?
00:57:51Regarde-moi un peu
00:57:54Je t'ai rappelé quelqu'un
00:57:59Qui ?
00:58:04Dis-le-moi enfin
00:58:07Qui est cet animal ?
00:58:11Qui ?
00:58:16Ne me regarde pas assis
00:58:18Attends un peu
00:58:21Quoi ?
00:58:36Tu ne veux pas ?
00:58:38Non y'a pas
00:58:41Non y'a pas
00:58:43Non y'a pas
00:58:46Non y'a pas
00:58:48Que s'il n'existera
00:58:53Fût quand on voudrait dormir
00:58:54Qu'est-ce qui vous arrive
00:58:59Mademoiselle ?
00:59:00Je viens de tuer quelqu'un
00:59:04J'avais une grande requête à vous adresser
00:59:22Eh bien
00:59:25Courage
00:59:26Vous serez fâché
00:59:28Je ne me fâche pas
00:59:31Parole d'honneur
00:59:32D'accord
00:59:34Eh bien
00:59:40S'il vous plaît
00:59:43Ne venez plus à la patinoire
00:59:46Pourquoi pas ?
00:59:49Il ne faut plus venir me regarder ainsi
00:59:50Je vous en prie
00:59:52Mais pourquoi dois-je cesser
00:59:54Si cela me fait plaisir ?
00:59:57Parce que je suis encore trop novice
00:59:59Mais vous avez un grand talent ma chère enfant
01:00:03Je vous l'ai déjà dit
01:00:05Vous deviendrez une étoile mondiale
01:00:07Sûrement pas si vous me regardez
01:00:09Aucune ne m'a jamais encore dit ça
01:00:13Vous me promettez de ne plus venir ?
01:00:17Je ferai tout mon possible
01:00:19C'est tout ce que je puis vous promettre
01:00:20Dois-je vous rendre les patins ?
01:00:27Qui veut cela ?
01:00:28Madame votre mère ?
01:00:30Elle voudrait mais c'est pas ça qui importe
01:00:32Mais qu'est-ce qui importe alors ?
01:00:34N'ai-je pas le droit d'offrir un cadeau à quelqu'un ?
01:00:38Je garderai vos patins
01:00:40Grand merci
01:00:42Mais si la glace vient à craquer et que je disparaisse
01:00:45Ce sera de votre faute
01:00:47Naturellement
01:00:48Vous attendez une visite ?
01:00:51Tenez la pression
01:00:51Encore une dame ?
01:00:53Elle s'est invitée elle-même
01:00:54J'y vais
01:00:55Oui
01:01:05C'est de ta faute
01:01:08Toujours
01:01:09Eh bien
01:01:14Madame est repartie
01:01:16Comment cela ?
01:01:19Je l'ai renvoyé
01:01:20Si vous croyez que ça me fait quelque chose
01:01:25Vous vous trompez
01:01:27Vous ne devez plus recevoir de visite ici
01:01:30Les murs sont minces
01:01:32Je ne peux pas les supporter
01:01:33J'entends chaque mot
01:01:35Je coule à pic
01:01:35Je n'aimerais pas être dans votre pot
01:01:40Si j'étais vous
01:01:44Je n'aurais pas envie de continuer à vivre
01:01:46Je prends bonne note
01:01:49Voulez-vous du café ?
01:01:52Je ne veux rien de vous
01:01:53Attends un peu que tu sois plus grande
01:02:00Je n'ai pas envie de continuer à vivre
01:02:15Si mon mari me voit
01:02:17Je ne veux pas
01:02:17Je ne veux pas
01:02:18Je ne veux pas
01:02:20Je n'invite pas
01:02:23Viens
01:02:24Pourquoi est-ce que je viens avec toi ?
01:02:29Tu ne le sais pas ?
01:02:31Je ne peux pas
01:02:33Comment ?
01:02:35Est-ce donc un tel prodige
01:02:36Qu'un beau masque un jour se refuse ?
01:02:39Tu parles comme un beau roman
01:02:40Je ne suis pas un roman
01:02:42Viens.
01:02:44Non.
01:02:46Parce que je ne ressens rien pour toi en ce moment.
01:02:50C'est une erreur colossale.
01:02:52En toi, tout est mort.
01:02:54C'est comme s'il y avait du verre entre nous.
01:02:58Du verre si épais qu'on peut marcher dessus.
01:03:02Laisse-moi m'en aller, je t'en prie.
01:03:04Tu appartiens à une autre.
01:03:08Je n'appartiens à aucune.
01:03:10Je ne veux pas t'enlever à une autre.
01:03:14Un jour, tu me seras reconnaissant de ne t'avoir pas suivi maintenant.
01:03:18Nous reconnaissons quand cela au jugement dernier ?
01:03:22Peut-être nous reverrons-nous.
01:03:24Sûrement.
01:03:26Alors, laisse-moi m'en aller.
01:03:28Tu me laisses partir comme ça.
01:03:40Tout simplement.
01:03:42Je ne force personne.
01:03:44J'en ferai mon deuil.
01:03:46Vaut rien.
01:03:58Qu'est-ce que vous faites là ?
01:04:00Je vous attends.
01:04:02Depuis une heure.
01:04:04J'attendais ici.
01:04:06Ma mère ne doit rien savoir de ce que nous allons dire.
01:04:08Et dans la journée, je n'ai pas un instant de libre.
01:04:12Il s'agit de votre mère ?
01:04:14Non.
01:04:16Il s'agit de quelque chose de beaucoup plus important.
01:04:20J'ai besoin d'argent.
01:04:22Cela m'est très pénible de m'adresser à vous.
01:04:25Mais je m'y contraîne au bon cœur car il y va en bien ou en mal du sort d'une camarade.
01:04:29Et vous êtes le seul capitaliste que je connaisse.
01:04:32Vous me voyez sous un faux jour.
01:04:34Ma camarade a pris part à une action révolutionnaire.
01:04:36Elle se trouve sous le coup d'un mandat d'arrêt.
01:04:38Elle a besoin d'une carte pour passer à l'étranger.
01:04:41Je vous en prie, aidez-moi, c'est urgent.
01:04:44Et que lui arrivera-t-il si je ne l'aide pas ?
01:04:46Les travaux forcés.
01:04:48Mauvais.
01:04:54Elle est jolie ?
01:04:55Qui ?
01:04:56Votre camarade.
01:04:57C'est tout ce que vous trouvez à me demander.
01:05:00La question la plus naturelle du monde.
01:05:02On voit bien que vous ignorez toute la monstrueuse souffrance des masses.
01:05:05Oh, les masses !
01:05:07Les masses !
01:05:08Les masses !
01:05:09On n'entend plus que ça.
01:05:11Mais il faudra vous y habituer.
01:05:13Il est vrai que votre monde domine encore par le meurtre, l'exaction, la terreur.
01:05:17Mon monde ?
01:05:18Oui.
01:05:19Vous avez matraqué la révolution, mais nous reviendrons.
01:05:22Mais je n'ai rien matraqué du tout.
01:05:24Il doit y avoir erreur.
01:05:25Il semble que vous m'accordiez plus de pouvoir que je n'en ai.
01:05:29Mais je ne parle pas de vous personnellement.
01:05:32C'est dommage.
01:05:33Bien dommage.
01:05:34C'est cédant de faire le pharaon.
01:05:37D'ailleurs, vous aussi, vous n'êtes qu'un produit de votre classe.
01:05:42Il n'y a que deux classes.
01:05:44Les exploiteurs et les exploités.
01:05:46Et vous ?
01:05:47Je suis toujours exploité.
01:05:48Par qui donc ?
01:05:49Par les femmes.
01:05:50Mais je vous rends la monnaie de votre pièce.
01:05:53Toutes celles d'entre vous qui ne peuvent me plaire ne sont pas pour moi des êtres humains.
01:05:57Ainsi, une femme ne commence à devenir un être humain à vos yeux que lorsqu'elle a de l'argent pour se mettre en valeur.
01:06:06Je travaille dans un bureau.
01:06:07Je ne gagne presque rien.
01:06:09Et les milliers de femmes dans les usines.
01:06:11Toutes celles dont la beauté est si vite fanée, pour celles-là, vous n'avez pas de coeur.
01:06:14Non.
01:06:15Ça m'entraînerait trop loin.
01:06:17Vous êtes un criminel congénital.
01:06:19Si l'on veut.
01:06:21D'ailleurs, les rapports entre les sexes ne sont plus un problème pour nous.
01:06:25Seulement une fonction, comme le boire et le manger.
01:06:28Intéressant.
01:06:31Il n'y a plus de mystère là-dedans.
01:06:32Nous avons dépassé cela.
01:06:35Et où en êtes-vous maintenant ?
01:06:38Regardez-vous donc un peu dans un miroir.
01:06:42Je ne suis pas vaniteuse.
01:06:45Vous êtes une fille détestable.
01:06:48Mais je vais tout de même venir en aide à votre camarade.
01:06:51Bon voyage.
01:07:00Brut.
01:07:01C'est le remerciement ?
01:07:04Pourquoi me tourmentez-vous ?
01:07:06Parce que vous m'offensez.
01:07:21Je parle tout de suite.
01:07:27Je t'en prie.
01:07:28Tu es de nouveau allé à la patinoire ce soir.
01:07:30Oui.
01:07:31Et tu as fait un détour par le petit bois avec Margot, n'est-ce pas ?
01:07:33Et alors ?
01:07:34Oh !
01:07:38Et qui y a-t-il donc ?
01:07:39Ne me touche pas !
01:07:40Ne me touche pas, criminel.
01:07:41Tu as suborné mon enfant.
01:07:43Qui, moi ?
01:07:44Tu as déshonoré cette enfant.
01:07:46J'ai l'enfant ?
01:07:47Qui peut dire une chose pareille ?
01:07:49Elle-même.
01:07:50Mais elle ment ! Elle ment !
01:07:51C'est toi qui ment, je te connais.
01:07:55Mais tu es devenue complètement folle.
01:07:56Tu es coupable, elle m'a tout avoué.
01:07:58Mais où est-elle qu'elle vient de me le dire en face ?
01:08:00Tu ne la verras plus seulement au tribunal.
01:08:01Mais surtout ce qui m'est encore sacré, je te jure.
01:08:04Il n'y a plus rien sacré pour toi.
01:08:06Ah non, pas pour toi.
01:08:07Sur la prunelle de mes yeux.
01:08:09Disporé !
01:08:10Dehaut !
01:08:12Un moment.
01:08:14Qu'est-ce que je vous ai fait ?
01:08:19Vous m'avez offert des patins.
01:08:21Et ensuite ?
01:08:23Vous lorgniez toujours mes jambes.
01:08:25Chut !
01:08:26Aïe, laisse-moi !
01:08:29Vous m'avez fermé la bouche.
01:08:31La bouche ?
01:08:32Dans le petit bois.
01:08:34Là où le chemin fait un détour.
01:08:36Vous m'avez appuyé contre un arbre.
01:08:38Vous vouliez m'attacher.
01:08:40Vous m'avez battu.
01:08:42Mensonges, mensonges, encore des mensonges.
01:08:46Oh, je voudrais ne plus vivre.
01:08:52Pourquoi ne m'avez-vous pas tué ?
01:08:58Où vas-tu ? Tu ne m'échapperas pas.
01:09:00Il faut tirer tout cela au clair. Je vais à la police.
01:09:03Je n'en crois pas un mot.
01:09:04Tu devras avoir honte.
01:09:07Allons.
01:09:08Je te ferai peur !
01:09:09Tu as déjà lu ?
01:09:19Le diable a fini par l'emporter.
01:09:21Qui donc ?
01:09:22Notre grand amour.
01:09:24Il a détourné une mineure.
01:09:25Ah.
01:09:26Ça devait arriver.
01:09:27Cette fois, c'est la fin.
01:09:28Il est vrai qu'il s'est présenté de lui-même à la police et qu'il n'y résolument, mais
01:09:38on ne croit pas à l'innocence de monsieur.
01:09:40Il n'a pas bonne réputation.
01:09:42Même s'il n'est pas coupable, il mérite ce qui lui arrive.
01:09:46Il devait être arrêté aujourd'hui, mais il a préféré disparaître.
01:09:51Il n'a plus rien à espérer.
01:09:53Un mandat d'arrêt a été délivré.
01:09:55On est déjà sur ses traces ?
01:09:57Pour l'instant, on tâtonne, mais on finira bien par le trouver.
01:10:02Il n'y a plus de place pour lui dans le monde.
01:10:16Arrête.
01:10:17Il y a quelqu'un là-bas.
01:10:20Je n'entends rien.
01:10:21Je ne vois rien.
01:10:23Il m'a semblé que quelque chose revuait.
01:10:26Hier, le garde forestier m'a donné la chasse.
01:10:30Il y a longtemps que ça ne regarde plus les gardes forestiers.
01:10:33Tout ça pour quelques brindilles de bois.
01:10:35Il a dit que c'était du vol.
01:10:37J'aime mieux ne pas penser à ce qu'ils doivent voler les gros bonnets de la ville.
01:10:42À qui d'où appartient maintenant cette forêt ?
01:10:46Je ne sais pas comment ça s'écrit.
01:10:48Ça doit être un gros requin.
01:10:50Oui, oui.
01:10:52Le monde va à sa ruine.
01:10:57Bien le bonjour, monsieur.
01:10:59Je cherche la gare.
01:11:00Je suis sur le bon chemin.
01:11:01Nous n'avons pas de gare.
01:11:03La plus proche est bien à trois heures d'ici.
01:11:10Il doit y avoir un recours, si.
01:11:11Alors, il vous faut prendre à travers le marécage.
01:11:14Mais à votre place, maintenant qu'il fait nuit, je ne m'y risquerai pas.
01:11:18Mais puisque tout est gelé.
01:11:20Un marécage, ça ne gèle pas.
01:11:23Et tu risques de t'y enfoncer, cher monsieur.
01:11:26Si tu ne sais pas où habite le bon Dieu.
01:11:31Et où donc habite-t-il ?
01:11:33Elle le sait. Elle le sait très bien.
01:11:36Parfaitement, je le sais. Parfaitement.
01:11:38Moi, je ne crois à rien.
01:11:41A plus rien du tout.
01:11:43Dites-moi.
01:11:44Vous lui parlez quelquefois au bon Dieu ?
01:11:47Oui.
01:11:48Chaque matin et chaque soir.
01:11:51Alors, saluez le bien de ma part.
01:11:53Dites-lui qu'on ne me croit pas.
01:11:55Et que je suis innocent.
01:11:58De quoi s'agit-il, s'il vous plaît ?
01:12:00Il le sait déjà.
01:12:03Bon voyage, cher monsieur. Bon voyage.
01:12:13Bon voyage.
01:12:29Pardon. Où se trouve la gare, ici ?
01:12:32Là-bas. Vous voulez partir ce soir ?
01:12:35Oui.
01:12:37Il ne part plus de train aujourd'hui.
01:12:38Le dernier est déjà loin.
01:12:40Vraiment ?
01:12:42Et vous pouvez-on passer la nuit, ici ?
01:12:44À l'auberge ?
01:12:45Et en dehors de l'auberge, où ?
01:12:48Nulle part.
01:12:49Et pourquoi vous ne voulez pas passer la nuit à l'auberge ?
01:12:51Vous avez fait un mauvais coup.
01:12:53Moi ?
01:12:55Que voulez-vous dire ?
01:12:56Nous connaissons la chanson.
01:12:57Une fois aussi, mon père a fait un mauvais coup.
01:12:59Et il n'osait plus entrer dans une auberge à cause de l'affiche.
01:13:02Il est mort de froid dans la forêt.
01:13:04Il y a longtemps.
01:13:05Un an et demi, déjà.
01:13:08Que vous a-t-il fait, le bonhomme de neige ?
01:13:10Lui, rien.
01:13:11Mais celui qui l'a construit.
01:13:13Avant demain, il aura disparu.
01:13:17Le temps se réchauffe.
01:13:26L'auberge
01:13:41Il y a quelqu'un ?
01:13:46Oui ?
01:13:48Mais enfin, qui est là ?
01:13:52Ce sera encore ces maudits poivreaux.
01:13:54Ils veulent faire enrager la vieille sorcière.
01:13:56Et c'est moi qui te casse.
01:14:02C'est ton tour, maintenant.
01:14:04Je sonne le toxin.
01:14:06Arrête !
01:14:08Il y a un homme qui vient.
01:14:15Dites-moi, où est le numéro 6 ?
01:14:18Ceux-là.
01:14:20Mais ce n'est pas indiqué.
01:14:21La plaque est recouverte de neige.
01:14:24Qui sonne ?
01:14:37Qui sonne ? Qui me dirange encore ?
01:14:39Pardon ?
01:14:40C'est le numéro 6 ?
01:14:42Je n'ai besoin de rien. J'ai tout ce qu'il me faut.
01:14:44Je ne suis pas un mendiant.
01:14:46Je voudrais parler à mademoiselle.
01:14:51Est-elle à la maison ?
01:14:53Je demande si elle est à la maison.
01:14:58Vous cherchez ma petite fille.
01:15:00Oui.
01:15:03Qui dois-je annoncer, je vous prie ?
01:15:06Oh, je voudrais lui faire la surprise.
01:15:09Je sais qui vous est.
01:15:12Où est-elle ?
01:15:16Plus tard.
01:15:18Que lui voulez-vous encore ?
01:15:22Je suis venu lui dire qu'on n'a pas le droit d'imposer une aussi longue attente à un être humain.
01:15:28Et que l'on doit avoir un sentiment de responsabilité à l'égard de celui qui s'efforce de devenir meilleur.
01:15:35C'est vous qui parlez ainsi.
01:15:37Je vous l'accorde.
01:15:39J'étais un Vaurien.
01:15:41Mais je voulais me racheter.
01:15:43Ça...
01:15:45Ça n'est pas en votre pouvoir.
01:15:47C'est pourquoi je n'y pense plus.
01:15:49Mais si elle m'eût répondu, tout eût été changé.
01:15:52Si peu.
01:15:53Sûrement.
01:15:56Où se cache-t-elle ?
01:15:58Je vais enfin savoir ce qui me liait à elle si fortement
01:16:02que je ne pouvais m'attacher à rien d'autre.
01:16:05Ce qui me lie encore !
01:16:07J'ai oublié jusqu'aux traits de son visage.
01:16:11Qu'avez-vous ?
01:16:13Les émotions me sont interdites.
01:16:15Vraiment ?
01:16:17Dites-moi...
01:16:21Est-elle un autre homme ?
01:16:25Vous cherchez une mort.
01:16:29Elle nous a quittés le 3 mars 1916.
01:16:34Et nous ?
01:16:36Elle voulait mourir.
01:16:38Quelqu'un...
01:16:40Un Vaurien...
01:16:41n'a pas eu envers elle le sentiment de sa responsabilité.
01:16:49Pouvez-vous encore prier ?
01:16:52Le 3 mars 1916.
01:16:55Elle n'a donc pas lu mes lettres ?
01:16:58Non.
01:17:00Moi seule.
01:17:02Vous avez peur ?
01:17:03Oui.
01:17:04Les morts sont en paix.
01:17:07Et ils nous laissent seuls.
01:17:10Prenez garde.
01:17:12Bientôt, peut-être, vous recevrez une visite.
01:17:21Anna !
01:17:23Anna !
01:17:24Conduis monsieur jusqu'à la tombe.
01:17:31Il est un parent éloigné.
01:17:34Mais je vous trouverai bientôt seul.
01:17:36Non.
01:17:37Vous pourriez vous égarer.
01:17:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:18:08C'est ici que repose la pauvre mademoiselle.
01:18:12Dites-moi.
01:18:14Est-ce que mademoiselle c'est...
01:18:17Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
01:18:19Non.
01:18:21La pauvre mademoiselle est morte de mort naturelle.
01:18:25Seulement...
01:18:27Elle a eu un grand chagrin.
01:18:29Elle pleurait nuit et jour.
01:18:32Puis tout d'un coup elle s'est mise à rire et elle riait nuit et jour.
01:18:36C'était horrible.
01:18:38Il m'arrive encore souvent de l'entendre.
01:18:41Quand on l'a emmené...
01:18:42Où ?
01:18:43Au bon berger.
01:18:45C'est...
01:18:46Un asile de fous.
01:18:49Ma soeur repose là-bas.
01:18:52C'est temps de dire à notre père et je reviens.
01:18:54Tu as froid quand il neige ainsi.
01:19:07Oui.
01:19:09Dois-je venir auprès de toi ?
01:19:13Oui.
01:19:15Je te chercherai toujours comme si tu vivais.
01:19:18Maintenant je sais de nouveau comment tu es.
01:19:23Au revoir.
01:19:25Au revoir.
01:19:26Au revoir.
01:19:36Tu me retiens ?
01:19:39Qu'as-tu à me dire encore ?
01:19:41Non.
01:19:44Je ne t'oublierai plus.
01:19:46Pourquoi ris-tu ?
01:19:48Pourquoi ris-tu ?
01:19:55Comme il fait sombre.
01:19:59Vous restez encore ?
01:20:01Il neige.
01:20:02Il neige.
01:20:04Vous avez l'air d'un vrai bonhomme de neige ?
01:20:07Oui.
01:20:11Le temps, le saut est chaud.
01:20:16Qu'avez-vous ?
01:20:18L'homme de neige est fatigué.
01:20:21Mais vous allez attraper la mort sur cette pierre glacée.
01:20:26Permettez que je m'en aille maintenant.
01:20:27Il faut que je finisse ma lessive.
01:20:29Je vous en prie.
01:20:32Vous retrouverez votre chemin tout seul ?
01:20:40J'attends encore quelqu'un.
01:20:42Dans ce cas, je prends congé mon bon monsieur.
01:20:47Mais n'attendez pas trop longtemps.
01:20:54Cela durera-t-il longtemps ?
01:20:58Tu ris ?
01:21:00Tu peux rire ?
01:21:04Que t'as-t-il fait, l'homme de neige ?
01:21:07Tu n'as qu'à frapper ?
01:21:09Avant demain, il aura disparu.
01:21:12Le temps se réchauffe.
01:21:16Le temps se réchauffe.
01:21:19Adieu.
01:21:22Homme de neige.
01:21:23Homme de neige.
01:21:29Une fois l'un de neige.
01:21:31Le temps se réchauffe.
01:21:33Votre l'une de neige.
01:21:35L'une de neige.
01:21:38Votre l'une d'une.
01:21:40L'une de neige.
01:21:41Sous-titrage FR ?
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