00:00Ici Occitanie, premier sur l'actu locale en midi toulousain, ici matin.
00:07Mercredi 28 janvier 2026 en direct à la radio, à la télé, notre invité, l'invité d'ici matin,
00:11est Loïc Thomas, éleveur de poules pondeuses, il est aussi président du syndicat national des industriels et professionnels de l'œuf.
00:17Votre invité Alexandre Vaud.
00:18Bonjour Loïc Thomas.
00:19Bonjour.
00:20Vous conditionnez aussi 1 300 000 œufs par jour dans votre exploitation à Grenade,
00:27c'est l'équivalent de la consommation d'œufs des habitants de la Glow de Toulouse.
00:30Oui, à peu près.
00:31Et pourtant, on a pas mal de rayons de magasins où il n'y a pas de boîte d'expliquer nous ça, Loïc Thomas.
00:38La psychose du rayon œuf vide.
00:40Depuis combien de temps ?
00:41Il y a une taux de tension qui existe toute l'année, plus ou moins, sur le poly de l'œuf.
00:47Oui, mais depuis quelques années plus quand même.
00:49Depuis quelques années, oui, et courant l'année 2025.
00:51En fait, ça s'est amplifié en fin d'année et en tout début d'année avec des événements
00:55comme le blocage des routes par rapport à la neige dans l'Ouest.
01:00Le blocage des routes par rapport aux manifestations des agriculteurs.
01:03Il suffit qu'il y ait un marché déjà tendu, il y ait 2-3 jours de décalage.
01:08Et là, d'un seul coup, on se retrouve avec des rayons qui peuvent paraître vides à certains moments de la journée.
01:12Là encore aujourd'hui ?
01:14Ça s'est beaucoup amélioré, beaucoup amélioré.
01:15Vous ne nous parlez pas de la consommation d'œufs qui explose, ou en tout cas qui a beaucoup augmenté aussi ces dernières années ?
01:21Donc effectivement, il y a plusieurs phénomènes et c'est pour ça qu'il y a une tension déjà naturelle sur le marché de l'œuf depuis 2-3 ans.
01:27Pourquoi on se rue sur les œufs ?
01:29Certainement parce que c'est un produit qui n'est pas cher déjà.
01:33Comparé à d'autres protéines animales ?
01:34Comparé à d'autres protéines animales, c'est un produit qui est très riche en protéines.
01:38Et c'est aussi un produit qui permet d'avoir un équilibre alimentaire relativement important.
01:47Il y a des modes aussi, véganes ou autres, des réflexions aujourd'hui sur la consommation qui font que ?
01:53Il n'y a pas de tabou sur l'œuf, il n'y a pas de tabou ni religieux, ni le tabou effectivement sur les végans et les végétariens ne s'opposent pas forcément aux œufs.
02:04C'est bon pour la santé ? On en consomme combien en moyenne par jour ?
02:06Par jour. On va dire à l'année, le français consomme aujourd'hui à peu près autour de 235.
02:13Et on en consomme environ 10 de plus par personne par an je crois ?
02:17Tout à fait, mais presque. Effectivement, les dernières années ça a été très très vite et effectivement il y a une consommation qui augmente rien que sur l'année 2025.
02:25C'est 5% de consommation supplémentaire auprès de la GMS, auprès des grandes surfaces, 5% de plus rien que sur l'année 2025.
02:33Juste pour préciser, ces manques sont partout, il n'y a pas que les supermarchés toulousains.
02:37Non, non, non, non, non, non. C'est surtout la région parisienne, je dirais presque à la 8, donc la psychose du rayon vide à Paris.
02:43Les villages ? Les petites communes ?
02:44Oui, non, beaucoup moins quand même. En fait, on ne peut pas parler de manque d'œufs.
02:48C'est-à-dire qu'à un moment de la journée, suivant le moment de la journée, on peut se retrouver avec un rayon qui est vide ou presque vide.
02:53Mais il y a toujours, vous trouvez des œufs.
02:55Tout le monde trouve des œufs lorsque vous cherchez des œufs.
02:56On parle de la grippe aviaire aussi, pardonnez-moi. C'est une des raisons qui frappent en ce moment ?
03:02Ça n'a pas eu de grosses conséquences, parce qu'aujourd'hui, il y a 2-3 éleveurs qui ont été touchés par la grippe aviaire en France en poule pondeuse.
03:08Mais effectivement, au niveau européen, ça peut avoir des conséquences, puisque le manque d'œufs ou la tension sur l'œuf n'est pas forcément que français.
03:15C'est toute l'Europe, en fait, où il y a une tension relativement importante sur la production de l'œuf.
03:19Même si on est autosuffisant en France ?
03:21Alors, tout normal, on est autosuffisant, on est autour de 100-102% de production.
03:26C'est un des rares produits avec un taux d'autosuffisance aussi important que ça.
03:29Et là, effectivement, avec cette tension qu'il peut y avoir, on est plutôt redescendu autour de 96-5% de production.
03:36Donc, on est un peu en dessous des 100%.
03:40Parce qu'on parle de quels œufs, en fait ? Plein air ? Bio ?
03:43Là, quand on parle de ces chiffres, on parle de tous les œufs.
03:46Et on se retrouve effectivement aussi avec un phénomène, c'est que les œufs de poules élevés en cage sont en train de disparaître.
03:53Les bâtiments sont transformés.
03:54C'est la loi ? C'est la tendance, là aussi ? La volonté des distributeurs ?
03:57C'est une tendance, c'est une volonté du consommateur, déjà, pas du distributeur spécifiquement.
04:02Une volonté du consommateur, amplifiée peut-être par certaines pressions qu'il peut avoir.
04:07Mais globalement, c'est aussi une volonté de la profession d'évoluer vers une production plutôt en plein air ou en sol et arrêter la cage.
04:14Donc, la cage, d'ici, on peut vous dire, en grande surface, d'ici deux ans maximum, il n'y aura plus d'œuf cage.
04:20Le prix, on disait, c'est moins cher que la viande ou le poisson, mais il augmente ?
04:25Le prix a même tendance légèrement à baisser, puisque quelque part, il est souvent lié au prix, il est lié essentiellement au prix des céréales.
04:33Les céréales ont fortement augmenté au début de la guerre de l'Ukraine, mais depuis, on baissait, donc il fait que quelque part, il aurait tendance à stagner, voire baisser.
04:42La ministre de l'Agriculture veut un poulet de plus par département par an, ça vous fait sourire, pourquoi ?
04:48Non, c'est très bien, c'est très bien, la ministre de l'Agriculture maîtrise très bien la filière oeuf et les problématiques de la filière oeuf, donc ça c'est très bien.
04:56C'est très bien, puisqu'on a aussi le sexage, on a aussi plein d'éléments qui rentrent en ligne de compte sur l'oeuf.
05:03Après, c'est une façon d'expliquer qu'il faut à peu près 100 bâtiments par an pour évoluer et pour attraper en France, pour attraper 100 bâtiments de 20 000 poules, de 20-30 000 poules.
05:13Donc, la notion, c'est qu'effectivement, il faut revenir à une autosuffisance.
05:19Oui, c'est tout à fait réaliste.
05:21On pense, cette année, c'est plus 0,5% d'augmentation de production, l'année prochaine, on va être sur 2% d'augmentation.
05:28Donc, effectivement, on va même aller plus vite, le plan de filière était prévu pour 300 bâtiments d'ici 2030.
05:34Je pense que fin 2028, on aura fait les 300 bâtiments.
05:37Donc, on sera à nouveau tranquille dans les rayons ?
05:40On sera tranquille dans les rayons, on pourra assumer les besoins.
05:44Et si, effectivement, l'évolution est toujours aussi positive au niveau de la consommation, il faudra quand même, malgré tout, continuer à mettre en place.
05:50Et oui, non, vous avez des candidats pour ouvrir des fermes, des poulaillers ?
05:53On a des candidats, on souhaite surtout en avoir sur l'Occitanie, parce que, quelque part, à la limite, il faut que ça reste un produit régional.
06:00Et donc, on a des candidats.
06:02Et de plus en plus, d'ailleurs, plus on en parle, plus on en a.
06:04Mais bon, quelque part, ce n'est pas des dossiers très simples.
06:06C'est 1,5 million d'investissement, quand même, à peu près.
06:08Et puis, il faut vraiment des professionnels, quoi.
06:11Le message est passé ce matin.
06:13Merci, Loïc, Thomas, bonne journée à vous, éleveur et président du syndicat national des industriels et professionnels de l'OF.
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