00:00Bonjour José Manuel Albares.
00:02Bonjour.
00:02Merci d'être avec nous ce matin.
00:04L'Inde et l'Union Européenne viennent tout juste d'officialiser la conclusion
00:07d'un grand accord de libre-échange commercial qui a été négocié depuis plus de 20 ans.
00:12Je sais que vous étiez vous-même en Inde la semaine dernière.
00:16Est-ce que vous applaudissez à la signature de l'accord ?
00:19Bien évidemment.
00:20Bien évidemment, dans le monde actuel, l'Europe doit diversifier ses partenaires commerciaux.
00:26Nous devons aussi nous porter vers les pays comme l'Inde
00:31qui sont importants pour gérer multilatéralement la multipolarité
00:38et surtout, ça nous permet d'échapper à cette coercion commerciale
00:45que d'autres partenaires traditionnels veulent exercer sur l'Europe.
00:48Ça veut dire que c'est une façon de contourner l'obstacle américain ?
00:52C'est une façon de ne pas être soumis à aucune coercion.
00:56et c'est qu'ils croient que les tarifs douanières, c'est les futurs.
01:01Comme la nouvelle administration américaine, leur dire que nous, les Européens,
01:05nous continuons à croire en libre-échange, nous protégeons nos marchés,
01:09nous protégeons nos consommateurs, nous protégeons nos entreprises.
01:13Alors, Rossi Emmanuel Albarès, on a commencé à parler des Etats-Unis.
01:16Hier, le secrétaire général de l'OTAN, Marc Routteux, était devant le Parlement européen à Bruxelles.
01:20Il a dit que l'Europe ne peut pas se défendre sans les Etats-Unis.
01:25Vous êtes d'accord ou pas d'accord ?
01:27Je ne suis pas d'accord. Et là-dessus, je dirais deux choses.
01:30La première, nous pensons que la relation transatlantique est mutuellement bénéfique
01:36pour les deux, pour les Américains et pour nous, les Européens, d'un point de vue commercial,
01:41d'un point de vue de la sécurité euro-atlantique.
01:43Et nous travaillons pour que ça continue à être comme ça.
01:47Mais quand nous entendons l'autre côté de l'Atlantique,
01:51autant d'un point de vue commercial que de la sécurité,
01:55nous voyons qu'ils ont des nouveaux postulats, des opinions différentes.
01:59Alors, pour nous, ces sortes de souveraineté,
02:03l'effet d'avoir les futurs entraînements, nous, les Européens, s'imposent.
02:09S'imposent d'un point de vue commercial, comme on parlait avant, l'accord avec l'Ange,
02:14mais aussi de la sécurité.
02:16Et il ne s'agit non pas que l'Europe devienne une puissance agressive
02:21parmi les autres puissances agressives,
02:24mais que la dissuasion soit entraînements.
02:27Il s'agit de pouvoir se défendre, c'est ça ?
02:29Il s'agit pour les Européens de pouvoir se défendre eux-mêmes et tout seuls.
02:33Mais est-ce que c'est vraiment possible ?
02:34Quand c'est l'Europe de la défense et l'armée européenne,
02:37bien sûr que c'est possible.
02:38Bien sûr que c'est possible.
02:40Au début de la construction européenne, dans les années 50,
02:43on a failli créer la communauté de la défense.
02:45Alors, c'est déjà là, dans les premières impulsions de l'Europe.
02:49Les battlegroups qui sont à Strasbourg n'ont jamais été utilisés,
02:53mais ils étaient là.
02:54Alors, tout au long de la construction européenne,
02:56cette pulsion pour avoir nos propres sécurités a été là.
02:59Nous avons les moyens, nous avons les capacités.
03:02Nous pouvons les faire, mais surtout, nous devons les faire
03:05que nous voyons la peine que nous nous donnons pour fournir des armes à l'Ukraine.
03:10On se dit, c'est le moment que l'Europe transforme sa puissance économique
03:14en puissance politique.
03:15Et ça passe par l'armée européenne.
03:17En août dernier, l'Espagne a renoncé à acheter des avions F-35 américains.
03:23Mais en décembre, vous avez commandé 4 systèmes de défense aérienne patriote
03:27à un groupe américain.
03:29Est-ce qu'on peut avoir une souveraineté européenne
03:31si les Européens continuent d'acheter du matériel américain ?
03:35Pour avoir la souveraineté européenne,
03:37les premières pas qu'on peut donner,
03:39et c'est très simple, c'est de mieux intégrer nos industries de la défense.
03:44Ça, c'est un préalable.
03:45Et que nous, les Européens, nous sommes en capacité
03:49de fournir à nous-mêmes nos propres capacités.
03:52Un deuxième pas très simple, c'est de faire une coalition de volontaires
03:55de la sécurité européenne, de la même façon
03:57que nous faisons des coalitions volontaires
03:59pour des théâtres externes à l'Europe.
04:02Nous pouvons le faire.
04:03Et tout cela doit déboucher finalement
04:05dans son vrai armée européenne.
04:07Oui, et deuxième, Emmanuel Albares, je comprends bien l'intention,
04:10mais le calendrier, tout ça prend beaucoup de temps.
04:13Mettre en place une défense européenne,
04:14mettre en place une industrie européenne de défense,
04:17ça n'est pas pour tout de suite.
04:18Ça veut dire qu'on ne peut pas se passer des Etats-Unis,
04:20pour l'instant en tout cas.
04:22Ce n'est pas une idée de se passer des Etats-Unis.
04:24Ils continuent à croire, comme je vous disais,
04:27à la relation transatlantique.
04:29Mais, et même, ils nous signalent la voie.
04:32Ils nous disent qu'ils ne pourront pas rester...
04:34Ils ne pourront pas continuer.
04:35...en Europe, que nous devons le faire.
04:37Ils ne pourront pas continuer.
04:39D'un côté, d'un autre côté, on voit comme la guerre...
04:42La guerre, l'Europe, c'est un projet d'épée.
04:44L'Europe a été construite tout au début
04:46pour dire à tous les membres,
04:48y compris entre nous, entre Etats européens,
04:49que plus jamais la guerre serait une Europe.
04:52Elle est à nos portes, elle est en Ukraine.
04:54Alors, pour tout cela, pour continuer à pouvoir vivre
04:57comme nous le faisons,
04:59pour défendre notre modèle de vie,
05:01nos valeurs de démocratie, de sécurité
05:04et de paix sur le continent,
05:06nous devons avoir cette dissuasion entre nos mains
05:08pour dire au monde entier
05:10que la coercion, soit commerciale,
05:12soit la menace de l'oussage de la force,
05:15n'est pas quelque chose qui peut être exercée en Europe.
05:18Et si nous continuons à laisser ça pour demain,
05:21on va dire que ce n'est pas possible.
05:22Évidemment, à chaque fois, on se rend plus fort en retard.
05:25Ça prend du temps.
05:25Mais si on commence aujourd'hui,
05:27ça prendra moins de temps que si on commence demain.
05:29Oui.
05:29Rossi Emmanuel Albares,
05:30la semaine dernière,
05:32les Européens ont affiché leur fermeté
05:33face à Donald Trump sur le dossier du Groenland.
05:36Pour vous, la crise est passée,
05:38la tempête est terminée ?
05:40Je pense que les menaces les plus dures sont derrière,
05:45mais les fonds restent là.
05:49Il y a en demande des changements de souveraineté.
05:51Et ça, il faut le dire très clairement,
05:53l'Espagne l'a dit très clairement,
05:54c'est inacceptable.
05:55La souveraineté est un principe fondamental
05:58de la Charte des Nations Unies,
06:00sous façon d'être un pilier de la relation virtueuse
06:05dans les relations internationales entre États.
06:08Et surtout, le peuple agro-hollandais
06:10a parlé très clairement.
06:12Ils veulent être partis du démarque.
06:14Mais Rossi Emmanuel Albares...
06:16C'est un membre de l'Union Européenne.
06:17Oui.
06:18Pour le dire autrement,
06:19est-ce qu'on est fâchés avec les États-Unis aujourd'hui ?
06:22On veut simplement que les principes fondamentaux
06:25de la Charte des Nations Unies soient respectés.
06:28On a une vision différente de la relation entre États
06:33et de comment on peut gérer multilatéralement
06:36la multipolarité.
06:38Et surtout, surtout, on veut être maîtres chez nous.
06:42Et en Europe, il y a des valeurs,
06:44des valeurs d'égalité, de tolérance,
06:46de démocratie, des façons d'avoir une relation entre nous
06:50que nous ne pouvons pas permettre...
06:52Nos chemins se séparent, j'ai l'impression.
06:55Est-ce que vous en voulez toujours à Donald Trump
06:57d'être intervenu au Venezuela, Rossi Emmanuel Albares ?
07:00Je pense qu'au Venezuela, la solution n'est peut-être
07:04que génialement vénézuélienne.
07:06Que ça doit être un grand dialogue entre vénézuéliens
07:09et que la solution doit être dialoguée,
07:12démocratique et certainement pacifique.
07:15À travers de l'action unilatérale externe,
07:19on ne peut pas amener de solution dans le pays.
07:22Et à travers l'action unilatérale, par la force,
07:26ni la paix ni la démocratie n'arrivent jamais.
07:28Normalement, c'est le chaos.
07:30Mais essayons, et c'est là où se trouve l'Espagne,
07:33essayons d'accompagner ce grand dialogue
07:36entre le gouvernement et l'opposition.
07:39La plupart des grands libères d'opposition
07:41habitent à Madrid, avec un statut d'asile.
07:43Absolument.
07:44Et nous voulons que ce dialogue se passe bien.
07:47Et l'Espagne peut avoir un rôle à jouer en la matière ?
07:50Parce que les Vénézuéliens, et même un peuple à frères de l'Espagne,
07:54nous en demande.
07:55Il y a 200 000 Vénézuéliens avec un statut d'asile ici à Madrid,
07:59et nous accueillons toutes les personnes qui auront besoin,
08:02qui gagnent un peuple à frères comme les Vénézuéliens.
08:03Merci.
08:04Merci.
08:05Merci.
08:06Merci.
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