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  • il y a 3 semaines
Dans cet épisode, François Braun revient sur les débuts de la coopération transfrontalière en matière d'urgence sanitaire : transfert de patients touchés par le covid, réception de grands brûlés après l'incendie de Crans-Montana en sont de bons exemples !

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Transcription
00:00La rubrique santé en partenariat avec la semaine.
00:06La rubrique santé avec le fonds de dotation Merci, Talpia et le centre hospitalier régional Mestianville.
00:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:43– Bruno, merci d'être avec nous.
00:44– Bonjour.
00:45– Cette coopération transfrontalière, elle n'est pas si récente que ça en Moselle. Expliquez-nous.
00:50– Non, c'est une coopération qui est un petit peu ancienne maintenant pour le centre hospitalier régional,
00:55qui est l'hôpital public de recours, de référence sur la Lorraine Nord,
01:00essentiellement parce que nous sommes la seule région sanitaire de France,
01:05je parle de la Lorraine Nord, qui a trois frontières, la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne.
01:10Donc il serait complètement stupide d'être dans son coin et de considérer qu'au nord de Thionville,
01:15il n'y a plus rien, qu'après Fort-Bac, il n'y a plus rien non plus.
01:18Donc nous avons une antériorité, en particulier en ce qui concerne la cardiologie pour le secteur de Fort-Bac,
01:23où nous travaillons avec l'Allemagne dans le cadre d'un grand projet européen.
01:27Et puis ce côté transfrontalier a fait que pendant la période Covid,
01:31je rappelle que la région Grand-Est est une des régions les plus touchées,
01:34nous avons transféré du Grand-Est 161 personnes vers le Luxembourg, bien sûr, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche,
01:43en allant presque jusqu'à Berlin d'ailleurs, pour disposer de lits disponibles.
01:48Alors justement, cette période Covid, ça a été une période charnière.
01:51Ça a mis un coup de boost pour cette coopération ?
01:53Alors ça a mis un coup de boost parce qu'on a appris à se connaître aussi avec nos homologues des autres pays.
02:00Et puis ça a permis de continuer à développer ce qu'on avait déjà, c'était cette coopération avec la SAR,
02:06avec une ouverture maintenant sur les sujets des accidents vasculaires cérébraux.
02:10Vous savez qu'on peut aller avec une petite sonde pour déboucher le caillot.
02:13Pour l'instant, c'est Nancy, il n'y a pas d'autre possibilité.
02:17On comprend bien que pour les gens de Moselle-Est, c'est beaucoup plus proche d'aller à Sarbrück.
02:21Donc ça permet de développer ça.
02:24Mais ça, ce sont des situations, ce que nous appelons nous, comme Cran-Montana d'ailleurs,
02:29qui sont des situations de transferts entre hôpitaux,
02:31qui correspondent à des transferts par manque de place dans les hôpitaux
02:35ou des transferts vers des services très spécialisés.
02:37On a justement ces images, là on voit tout ce qui est hélicoptères, etc.
02:41C'était quand même des choses, on n'avait pas l'habitude de le voir, de le médiatiser.
02:44C'était exceptionnel, oui, parce que là en plus, c'est les hélicoptères de l'armée
02:47qui sont des hélicoptères gros porteurs dans lesquels on mettait deux blessés de réanimation.
02:51Deux victimes du Covid, c'était dans le cadre de l'opération Résilience
02:54qui avait été décidée par le Président de la République.
02:57Pour les patients qui nous ont été transférés depuis la Suisse,
03:01c'est des modes de transfert, entre guillemets, beaucoup plus classiques dont on a l'habitude.
03:05Et donc, vous parliez de transfert et puis il y a une autre catégorie.
03:08Oui, je pense qu'il faut que les gens comprennent bien que s'ils partent en vacances
03:12à l'autre bout du monde et qu'il leur arrive quelque chose,
03:14nous on ne va pas aller les chercher.
03:15Même si on a la capacité de le faire, puisqu'on a montré pendant le Covid
03:19qu'on pouvait aller chercher des patients de réanimation en Polynésie
03:21pour revenir sur Paris.
03:24Quand vous partez en vacances, vous devez avoir une assurance rapatriement
03:27si vous souhaitez être rapatrié vers la France.
03:30Après, bien sûr, si vous êtes dans un pays qui n'a pas les capacités de vous soigner,
03:33on va envisager.
03:34En tout cas, votre assurance envisagera le rapatriement beaucoup plus rapide.
03:37En Europe, c'est plus facile ?
03:39En Europe, c'est un peu plus facile.
03:42Surtout en Europe, vous ne payez pas les soins grâce à la carte de sécurité sociale européenne.
03:48Si vous êtes aux États-Unis, une simple opération, ça va vite vous coûter 10 000, 15 000, 20 000 dollars.
03:54Donc, il vaut mieux prendre une assurance pour ces cas-là.
03:56Par contre, le transfert, c'est vraiment, on se rapproche d'un service très spécialisé.
04:01En l'occurrence, je rappelle que le CHR de Mestionville,
04:04c'est l'hôpital qui dispose du service des grands brûlés adultes
04:08pour toute la grande région Est,
04:10donc le Grand Est plus la Bourgogne-Franche-Comté.
04:12Alors, si on se positionne plus sur la catégorie transfert que rapatriement,
04:17le maître au mot, c'est réactivité ?
04:20Parce que vous parliez de quand il n'y a plus de place,
04:22par exemple dans certains services, on va en Allemagne ou ailleurs,
04:26la réactivité est hyper importante.
04:28C'est important.
04:29Alors, ça fait partie de l'urgence.
04:31C'est un petit peu dans notre ADN, les urgentistes.
04:33Mais en tout cas, il faut aller vite.
04:34L'exemple des brûlés est un bon exemple.
04:36C'est-à-dire que les brûlés, globalement,
04:38il faut les transférer dans les 48 premières heures vers un service spécialisé.
04:41Je parle des grands brûlés.
04:42Après, c'est plus compliqué, puisqu'il y a des périodes de soins qui sont différentes.
04:46Quand on commence à faire des greffes, on ne peut pas transférer tout de suite.
04:49Il faut attendre que la greffe prenne, entre guillemets.
04:51Donc, on voit bien qu'il y a toute une mécanique qui se met en place.
04:54Dans cette logique de transfert, elle est très particulière,
04:57parce qu'elle fait, bien sûr, elle intègre le ministère de la Santé.
04:59Donc, ça, il n'y a pas de sujet.
05:01Elle a intégré le ministère des Affaires étrangères,
05:04puisque dans ce cadre-là, il y avait des Français en plus à rapatrier en France,
05:08et le ministère de l'Intérieur qui gère le centre de crise du gouvernement.
05:12Donc, vous avez trois ministères qui n'ont pas forcément
05:14les mêmes compréhensions du problème ni les mêmes objectifs.
05:18Mais le ministère de la Santé dispose d'un centre de crise qui est très efficace.
05:21– Alors, pour continuer, même si c'est déjà bien installé,
05:25on en a parlé sur ces quelques minutes, de ces transferts,
05:29cette coopération transfrontalière, est-ce qu'il y a encore des leviers,
05:33des freins à enlever, des leviers à actionner pour améliorer ça ?
05:36– Nous sommes malheureusement loin de la santé européenne.
05:40Alors, bien sûr, quand vous voyagez en Europe,
05:43vous pouvez avoir votre carte de sécurité sociale internationale
05:46qui vous permet d'être pris en charge, etc.
05:47Mais ce n'est pas encore si simple que ça de passer les frontières.
05:51Par exemple, ce qui fonctionne depuis le plus longtemps,
05:54c'est le nord de la France avec la Belgique,
05:56ce qu'on appelle un corridor sanitaire
05:58où les gens peuvent se soigner des deux côtés de la frontière indifféremment.
06:01Ça existe un petit peu sur le nord de la Meurthe-et-Moselle.
06:06Ça existe pour certaines pathologies en ce qui concerne la Moselle avec la SAR,
06:10mais ce n'est pas encore totalement libre.
06:12Par exemple, le nord de la Moselle,
06:14grâce au travail de la Caisse primaire d'assurance maladie,
06:16bien sûr avec l'appui du CHR et de l'ARS,
06:21on va pouvoir aller se faire soigner en dermatologie
06:23auprès de dermatologues au Luxembourg en étant pris en charge.
06:27Mais ça, ça reste encore très particulier.
06:29On peut espérer que, il faut espérer,
06:32que dans quelques années, on pourra se faire soigner en Europe.
06:35Après, il y a tous les problèmes de remboursement.
06:37Chaque pays utilisera ses propres modes de remboursement.
06:40Les mutuelles ne vous proposeront pas.
06:42Mais en tout cas, ce sera beaucoup plus simple et beaucoup plus fluide.
06:44– Et justement, sur la partie urgence, parce que c'est ce qui nous intéresse aussi,
06:48quand la vie d'une personne est vraiment en danger, il ne faut plus se poser de questions.
06:52– Oui, là, on se pose assez peu de questions, en fait, d'une façon générale.
06:55Alors, le transfrontalier est particulier, bien entendu.
06:58Mais quand la vie de la personne est en jeu, on ne discute pas.
07:01– Quitte à ce qu'il n'y ait pas d'accord préalable, on peut…
07:04Alors, ça ne plaît pas à plein de monde, bien sûr.
07:07– J'imagine.
07:08– Mais bon, après, ce qui compte, c'est la santé de la personne.
07:12On imagine bien que les gens de la Moselle-Est, de Forbach,
07:15quand c'est d'un minute près la prise en charge,
07:18ce qu'on a fait pour l'infarctus il y a 15 ans,
07:20vous pouvez vous faire prendre en charge pour l'infarctus en Allemagne,
07:24c'est 50 patients par an, ce n'est pas non plus énorme.
07:26Eh bien, on l'a développé là, et la convention va être finalisée la semaine prochaine
07:30avec l'accident vasculaire cérébral.
07:33On va pouvoir se faire déboucher l'artère juste à côté.
07:36Forbach, l'hôpital de Sarre-Bruc, c'est 5 km, 6 km.
07:40Actuellement, il faut faire Forbach-Nancy.
07:42Donc, on comprend que ce n'est pas du tout les mêmes durées de trajet.
07:45– Merci beaucoup, docteur Braun.
07:47La coopération transfrontalière en matière de santé a donc de beaux jours devant elle,
07:51et nous aurons l'occasion d'y revenir sur ce plateau,
07:54et même dans notre journal.
07:55En attendant, restez en forme, mais également informez sur Moselle TV.
07:59La rubrique santé, avec le fonds de dotation Merci,
08:14Talpia et le centre hospitalier régional Mestianville.
08:19La rubrique santé, en partenariat avec la semaine.
08:23– Sous-titrage Société Radio-Canada –
08:27– Sous-titrage Société Radio-Canada
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