00:00Et ça veut dire que c'est une crise de démocratie, c'est pas une question de couleur politique. Massivement, on sait que les derniers sondages, au moment où l'Assemblée nationale avait voté abrogation, c'était massif.
00:17Enfin, je veux dire, il y avait un désir populaire de sortir d'une logique d'exclusion sociale, de rupture d'égalité. Tout le monde est pour l'écologie. Mais personne n'est pour que ça se fasse au prix de l'exclusion des gens, de l'exclusion des villes.
00:35Ça ne peut pas être ça, l'écologie. Ça ne peut pas être une indignité. Et là, tout à coup, il y a en plus une indignité démocratique. Parce que la semaine dernière, la commission mixte paritaire entre le Sénat et l'Assemblée avait voté un texte commun.
00:49Donc, il y avait un accord du Parlement. Il y avait une majorité au Parlement. Et tout à coup, les petits bonshommes en gris font mumuse avec la démocratie. On doit rester un grand peuple démocratique. C'est inadmissible, ce qui est en train de se passer.
01:03On ne peut pas être un pays où on s'assied sur la démocratie. C'est un problème de démocratie.
01:11Alexandre Jardin, comment vous expliquez que le gouvernement Lecornu ait retiré ce texte du vote ?
01:21Mais tout le monde sait très bien qu'ils ne voulaient pas que ça passe. Et tout à coup, ils font... Et en plus, ils ne voulaient pas que ça passe avant les élections municipales.
01:31Et c'est absolument... Mais dingue ! Il n'y a même pas d'explication. Vous vous rendez compte que vous êtes en train de me poser la question ?
01:39C'est-à-dire qu'il n'y a aucune justification démocratique. Il y a tout à coup une prise de pouvoir de la technocratie.
01:47Une prise de pouvoir de la technocratie française et européenne. C'est inadmissible.
01:51Nous devons revenir à des principes, à des principes profondément démocrates.
01:59Le mouvement des gueux, depuis hier, les gens vont sur le site legueux.fr. Ils adhèrent en masse. Pourquoi ?
02:05Parce qu'à un moment donné, les Français sont des démocrates.
02:09Et on est au cœur, là-dedans, de la culture du mépris.
02:13Vous estimez que c'est une forme de mépris, de mépris social, que ça se fait effectivement par une forme d'exclusion.
02:18Mais c'est une loi de mépris !
02:20Géraldine Vosner a une question pour vous.
02:22Non, moi, ce qui me frappe, c'est que s'il y a une raison, en réalité, c'est qu'il y a des motions de censure qui doivent être encore votées aujourd'hui.
02:30Le gouvernement redoute que, s'il y a ce retrait des ZFE qui est devenu un totem pour les écologistes, pour les socialistes,
02:40ils puissent manifester leur déplaisir sur ce sujet.
02:44Donc, c'est pour faire plaisir aux écologistes ou aux socialistes ?
02:47Oui, bien sûr.
02:48Alexandre Jardin ?
02:50Vous vous rendez compte de ce que dit Géraldine Vosner ?
02:52Elle dit la vérité.
02:54Ça veut dire que, pour convenance personnelle, pour convenance des partis, là-dedans, le citoyen, on s'en fout.
02:59On s'en fout.
03:02C'est-à-dire que, si la démocratie n'est plus faite que pour fonctionner, pour les appareils, pour les accords de partis, pour convenance...
03:10C'est terrible, ce que vient de dire Géraldine Vosner.
03:12Elle a dit la vérité.
03:14C'est-à-dire que ça n'a plus rien à voir avec le citoyen.
03:17Mais, Alexandre Jardin, est-ce que c'est le marqueur d'un délitement de la démocratie, ou ce n'est que lié à cet enjeu précis ?
03:25Parce que vous dites, c'est déni de démocratie à répétition.
03:27Est-ce que ce n'est que le marqueur d'un malaise beaucoup plus grand ?
03:31C'est le fond de l'affaire.
03:34Pourquoi c'est si grave ?
03:36D'abord, parce que la question des ZFE, c'est une loi qui touche aux libertés publiques, qui touche à une rupture d'égalité.
03:43Donc, c'est symboliquement extraordinairement grave.
03:45Et tout à coup, ça devient le révélateur d'un dysfonctionnement.
03:51Vous vous rendez compte que pour convenance personnelle, on s'assied sur le fonctionnement régulier normal la veille, la veille au soir.
03:59La veille au soir.
04:00Je veux dire, c'est le révélateur de tout un dysfonctionnement.
04:07Et il est évident que cette année, en 2026, nous, avec le mouvement des gueux, on va entamer des mouvements de réveil de la démocratie directe.
04:16Vous verrez comment.
04:16Il y a quoi ? Il y a d'autres points, Alexandre Jardin, au-delà des ZFE, qui attirent votre attention et dont vous vous dites qu'il faut, là-dessus, qu'il y ait un mouvement populaire ?
04:25La PPE 3.
04:26C'est quoi ?
04:28La PPE 3, c'est la loi qui, en gros, détermine votre facture d'électricité.
04:32C'est la programmation pluriannuelle de l'énergie qu'on attend depuis des mois.
04:37Qu'on attend depuis des mois.
04:39Et c'est absolument un scandale parce que les gens sont rançonnés pour un système aberrant.
04:43Nous avions déjà une électricité déjà décarbonée.
04:46Je veux dire, je suis autant écolo qu'eux.
04:49Mais simplement, on est en train de vouloir décarboner du déjà décarboné en faisant payer les braves gens.
04:54Avec une facture d'électricité qui risque encore de doubler pour arranger des lobbies.
04:58Donc, à un moment, le peuple doit reprendre la parole.
05:03Doit absolument reprendre la parole.
05:05On doit revenir à une culture démocratique.
05:08Sur les ZFE, pardon, mais au fond, et peut-être ce sera le cas aussi sur cette PPE 3,
05:13c'est-à-dire sur la question aussi du calcul, au fond, aussi du prix de l'électricité pour les Français
05:19et de la manière dont on la décarbone ou pas, dont on continue encore à la décarboner,
05:24soit pour des raisons efficaces.
05:26Voilà, exactement.
05:26Quelle est la question, en fait, du rapport à l'efficacité de cette théorie ?
05:30On va y revenir dans un instant, Alexandre Jardin, mais sur ce que vous dites à l'instant,
05:35au fond, les ZFE, certes, ça n'a pas été voté, ça ne sera pas voté puisqu'ils l'ont retiré,
05:40mais est-ce que vous n'avez pas emporté une victoire malgré tout,
05:45parce que désormais 72% des Français sont pour la suppression de ces ZFE ?
05:50En fait, plus on empêche le peuple de parler, plus il parlera.
05:55C'est complètement infantile.
05:57C'est complètement infantile.
05:58Ils ont un comportement au jour le jour.
06:00Vous vous rendez compte, ils réagissent la veille.
06:02Mais la France, qu'est-ce que c'est ?
06:03La France, c'est une grande chose.
06:05Ça ne peut pas être gouverné le jour au lendemain,
06:07de la veille pour le lendemain.
06:10On doit revenir à une forme de dignité.
Commentaires