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  • il y a 2 jours
Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, était l'invitée de BFMTV ce lundi 26 janvier

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00:00Tout de suite, notre invitée, elle a été première ministre, elle a été ministre de l'éducation également.
00:04On a pas mal de questions à lui poser sur l'interdiction des réseaux sociaux, des portables aux adolescents
00:10et sur son patron également, Gabriel Attal, parce qu'il y a, semble-t-il, entre eux, un peu de friture sur la ligne.
00:16Bonsoir, Elisabeth Borne.
00:17Bonsoir.
00:18Soyez là, bienvenue sur ce plateau. Les députés examinent en ce moment même, je crois que vous avez dû quitter l'hémicycle pour venir ici même,
00:23une proposition de loi portée, défendue par Gabriel Attal, qui prévoit d'interdire les réseaux sociaux
00:28aux moins de 15 ans dès la fin de l'année. Est-ce que vous la voterez ?
00:32Oui, bien sûr. En fait, c'est une proposition de loi qui répond à un engagement fort du président de la République
00:38d'interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans d'ici à la prochaine rentrée.
00:44Vous me faites une très prostrée politique parce qu'on va rentrer un peu dans la machine,
00:47mais il y avait une proposition de loi que soutenait Gabriel Attal,
00:50il y avait un projet de loi que voulait faire Emmanuel Macron.
00:53Et on sait que ça a fait l'objet de discussions entre Gabriel Attal et l'Élysée depuis des semaines
00:56pour fusionner tout ça dans un texte aujourd'hui.
00:59Donc quand je vous interroge sur Gabriel Attal, vous me dites, non, non, c'est Emmanuel Macron
01:02qui va interdire les réseaux sociaux.
01:03Je pense que ça fait longtemps que le président de la République est engagé sur le sujet.
01:08On peut se rappeler que début 2024, il avait lancé une commission justement sur les écrans.
01:14Et je pense que ce n'est pas la peine de se disputer pour revendiquer la paternité.
01:19C'est un très gros sujet de santé publique.
01:23C'est un très gros sujet pour la santé de nos jeunes, la santé psychique de nos jeunes.
01:28Vous savez qu'il y a un doute sur la légalité, sur l'application possible de cette mesure
01:31à la rentrée ou à la fin de l'année.
01:33Le Conseil d'État a émis des réserves il y a quelques mois en disant que c'était du ressort
01:37de l'Union européenne de faire ça.
01:39Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'effet d'annonce et d'une loi qui va être votée là
01:42et qui ne s'appliquera jamais ?
01:43Alors non, au contraire, et c'est tout le travail qui a été mené avec le gouvernement.
01:48Vous savez, quand moi j'étais ministre de l'Éducation nationale, avec ma collègue
01:53de l'époque, Clara Chappaz, nous étions...
01:56Qui sera avec nous dans un quart d'heure pour débattre des réseaux sociaux.
01:58Vous voyez, on s'était battus ensemble...
02:00On s'était battus ensemble pour faire évoluer le cadre européen, précisément pour
02:07permettre que les États qui le souhaitent puissent interdire, puissent définir une majorité
02:12numérique, c'est-à-dire interdire les réseaux sociaux en dessous d'un certain âge.
02:17Et le texte qui a été préparé, l'amendement qui est déposé par le gouvernement et par
02:21la rapporteure Laure Miller, tient compte de ce cadre européen et est rédigé précisément
02:27pour qu'on n'ait pas de problème avec le cadre européen.
02:30Il y a un autre volet dans le texte qui est débattu en ce moment même à l'Assemblée,
02:33c'est l'interdiction du portable au lycée, comme c'est déjà le cas en partie au collège.
02:38Vous avez mis des réserves sur ce point de l'interdiction du portable au lycée.
02:41Quelles sont-elles et pourquoi ? Ce n'est pas une bonne idée d'interdire les portables
02:44aussi pour les ados jusqu'à 18 ans ?
02:46Alors écoutez, moi j'ai souhaité généraliser la mise à l'écart des portables au collège
02:54à la dernière rentrée.
02:56Ça suppose un engagement fort des chefs d'établissement, des professeurs pour faire respecter cette
03:03mise à l'écart des portables.
03:05Je pense que pour les lycéens, on est avec des adultes en préparation.
03:12Et ce qui me semble important, c'est que les représentants des lycéens, les conseils
03:16de la vie lycéenne puissent être impliqués et que ce ne soit pas une mesure qui s'impose
03:21uniformément aux lycéens.
03:22C'est-à-dire que vous allez faire des mini-référendums dans chaque lycée ?
03:24Ils vont dire non.
03:25Je peux vous donner la réponse.
03:26Il est possible qu'ils disent non.
03:28Dans chaque lycée, il y a un conseil de la vie lycéenne avec des représentants des
03:32lycéens.
03:33Et je pense que c'est important de discuter avec eux de l'usage du portable.
03:37En fait, c'est des jeunes qui, en sortant du lycée, on ne va pas interdire le portable
03:41à l'université.
03:42Et je pense que c'est important.
03:43Ça fait partie de l'éducation aux médias et à l'information, d'apprendre à gérer
03:48son portable et pas simplement d'avoir des interdictions.
03:51Donc oui, à l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, mais non à l'interdiction
03:55du portable lycée.
03:55Je pense qu'il faut avoir des modalités qui permettent d'impliquer les lycéens.
03:59Elisabeth Borne, vous avez vu sans doute avec beaucoup d'attention que Sébastien
04:02Lecornu s'est résolu à utiliser le 49-3 pour faire adopter le budget.
04:06Vous lui avez dit quoi ? Bienvenue au club ?
04:09Écoutez, je crois que c'était…
04:11Ça vous fait sourire aujourd'hui.
04:11Ça n'a pas toujours été le cas, quand on vous interrogeait, vous savez le surnom
04:15que vous aviez, Madame 49-3, 23-49-3, c'est ça je crois ?
04:19Alors, effectivement, pour faire adopter un budget, c'est dit 49-3.
04:23Donc moi, j'ai fait adopter deux budgets, ça fait 20-49-3, puis il y a aussi une loi
04:28de programmation des finances publiques et une réforme des…
04:30Ça vous a fait sourire un Premier ministre qui dit « je ne l'utiliserai pas » et qui
04:34trois mois après revient en disant « il n'y a pas d'autre façon de faire ».
04:37Écoutez, je pense que c'était un peu prévisible parce que dans notre tradition,
04:41républicaine, voter un budget, c'est afficher un soutien au gouvernement.
04:47Et quand on regarde l'Assemblée nationale, on sait qu'il n'y a pas une majorité qui
04:51soutient le gouvernement.
04:52Ça, il le savait Sébastien Lecornu quand il a pris l'engagement ?
04:55Il a fait un pari, il l'a dit lui-même, qui était peut-être audacieux.
04:59Ensuite, à la fin, moi je peux vous assurer que les Français que je rencontre, ce qu'ils
05:04souhaitaient, c'est avoir un budget.
05:06Et quand on ne peut pas avoir une majorité de députés qui votent un budget, il y a un
05:10autre chemin qui est d'avoir moins de députés qui censurent que de députés qui s'abstiennent
05:15et c'est l'engagement de la responsabilité du gouvernement, le 49-3.
05:18Il est parti pour rester à Matignon, Sébastien Lecornu ?
05:21Je pense qu'on a besoin de stabilité, donc c'est ce qu'on peut absolument souhaiter, oui.
05:25Vous souhaitez la même chose que François Hollande qui dit s'il arrive à faire passer
05:28le budget, ce qui est probable s'il échappe aux quatre dernières motions de censure qui
05:32l'attendent dans les jours qui viennent, il doit rester jusqu'à l'élection présidentielle.
05:34Vous savez, les changements fréquents de ministres, c'est extrêmement pénalisant pour
05:40l'efficacité de l'action qui est menée et donc je pense qu'on a besoin de stabilité
05:44dans notre pays.
05:45Et ça pourrait être avec lui jusqu'au bout, maintenant on ne change plus de premier
05:48ministre jusqu'à la présidentielle.
05:50Oui, mais je pense que c'est tout à fait souhaitable, oui.
05:52D'après la tribune dimanche, Elisabeth Borne, Sébastien Lecornu a prévu un mini remaniement
05:57dans les jours qui viennent, une fois que le budget sera adopté.
06:00Est-ce que vous pourriez revenir au gouvernement ?
06:03Non, non, je crois que je ne reviendrai pas, enfin je ne crois pas, je suis certaine de ne pas...
06:07Moi j'ai eu l'occasion de le dire, vous savez, quand on a été premier ministre,
06:11ça n'a rien d'évident d'entrer dans un gouvernement.
06:13Évidemment, je l'ai fait avec François Bayrou, parce que c'était aussi un portefeuille
06:18qui me semblait essentiel de l'éducation nationale, l'enseignement supérieur et la recherche.
06:25Et il y avait un cap aussi auquel j'adhérais.
06:28Tu veux dire qu'il n'y a plus de cap aujourd'hui auquel vous adhérez ?
06:30En tout cas, je l'ai dit en quittant le gouvernement, je m'engage quand il y a un cap clair,
06:36je sais pourquoi je me suis engagé en 2017 et j'avais une vie avant.
06:39Et je souhaite rester fidèle à mes principes sur, à la fois évidemment, la politique de l'offre
06:46et donc avoir de la stabilité fiscale pour les entreprises.
06:50Donner sa chance à chacun, c'est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur.
06:53Et quand je regarde le budget, je ne peux pas vous dire que je sois très heureuse
06:56de voir les moyens pour l'insertion professionnelle des jeunes qui sont réduits.
07:02Donc voilà, je m'engage quand je crois à ce qui est porté par le gouvernement.
07:05– Gabriel Attal organise demain à Paris un meeting qui sent bon, la présidentielle,
07:10avec chef d'entreprise, syndicaliste, intellectuel, même s'il s'en défend,
07:15il dit que ça n'a rien à voir et que c'est simplement là pour faire avancer le débat démocratique.
07:18Est-ce que vous serez, Elisabeth Barne, assise au premier rang demain pour l'applaudir ?
07:22– Non, non, je n'ai pas prévu de participer à ce meeting, comme vous dites.
07:26– Vous n'avez pas prévu d'y participer ?
07:27– Non, non, mais je pense que vous avez vu, non, je ne crois pas que ce soit mon patron.
07:30– C'est le patron de Renaissance.
07:31– C'est le président de notre groupe parlementaire et le secrétaire général de notre parti.
07:37Je crois qu'en fait, je n'ai pas de patron.
07:38– On peut être au premier ministre, appartenir à un parti et sécher le premier meeting de son quasi-candidat.
07:44– Vous aurez noté que c'est surtout des tables rondes avec des personnalités de la société civile
07:52et donc c'est un moment de débat de la société civile.
07:55Moi, je pense que dans le moment où on est, on peut avoir en tête l'échéance présidentielle,
08:00mais il ne faut pas perdre de vue qu'il y a avant une échéance municipale
08:03et je crois que c'est important que notre parti, y compris son secrétaire général,
08:07s'implique pour qu'on puisse s'ancrer localement, avoir des victoires pour ces élections municipales.
08:13– Vous lui avez dit ça à Gabriel Attal, d'abord les municipales et après on verra pour l'Élysée ?
08:18– On n'a pas vraiment eu cet échange, mais je pense que ça me paraît clair
08:21que les prochaines échéances, ce sont les municipales et pas les élections présidentielles.
08:25– Renaissance, ce n'est pas un parti, c'est l'agence de com' de Gabriel Attal.
08:29Vous savez qui a dit ça ? C'est vous ?
08:31– Je ne commande pas les bruits de couloir.
08:35– Ah, ce n'est pas des bruits de couloir, c'est une citation entre guillemets dans la presse.
08:37– C'est assez dommage, parce que quand je veux m'exprimer,
08:42je peux donner une interview, ce que je n'ai pas fait.
08:44– Je la fais différemment, on oublie la question,
08:46est-ce que Renaissance est une agence de com' au service de Gabriel Attal, Elisabeth Borne ?
08:49– Ce que je peux vous dire, c'est que pour moi, un parti politique,
08:52ça doit être un collectif qui prépare un projet au service des Français
08:57et pas un outil d'une communication personnelle.
09:02– Ah ben vous venez de dire la même chose du coup.
09:04Vous dites, ce n'est pas moi qui l'ai dit, mais vous dites la même phrase.
09:06Donc aujourd'hui, Renaissance est de la com'.
09:07– Je vous dis ce qui est pour moi un parti.
09:09– Mais quand Gabriel Attal veut interdire le voile aux mineurs, quand il dit…
09:14– Alors j'ai eu l'occasion de dire très clairement que je ne suis pas d'accord avec cette proposition.
09:18– Bon, quand il dit, il faut mettre un peu de retraite par capitalisation dans la retraite des Français.
09:21– Non, non, je n'ai pas de problème avec la retraite par capitalisation.
09:24– Il y a quand même des idées dans le fond de Gabriel Attal.
09:26– Je m'autorise, compte tenu du parcours qui est le mien,
09:29à avoir une opinion et je ne me sens pas forcément tenu par les positions qui sont prises par Gabriel.
09:36– Ce qui veut dire, si je lis bien vos propos, Elisabeth Borne,
09:39que si Gabriel Attal venait à être candidat à l'élection présidentielle,
09:43votre soutien ne serait pas automatique.
09:45– Vous savez, on a beaucoup de candidats dans ce bloc central.
09:49Je pense que ce qui doit vraiment nous préoccuper,
09:52c'est comment on peut rassembler autour d'un projet, autour de valeurs.
09:55Moi, je sais pourquoi je m'engage.
09:57Je m'engage pour un projet européen.
09:58Je le disais, je m'engage pour le soutien à l'activité, à l'innovation.
10:03Je m'engage pour l'égalité des chances.
10:05Je m'engage aussi pour une politique sur la sécurité, sur l'immigration qui soit ferme,
10:10mais qui se fasse dans le cadre de la Constitution,
10:13qui respecte les principes qui sont les nôtres.
10:15– Mais à un moment, il faudra trancher ou pas.
10:18Gérald Darmanin, qui a dit hier qu'il songeait lui aussi à se présenter à l'élection présidentielle,
10:22dit qu'il faudra passer sans doute par une primaire.
10:24Dans le camp macroniste et peut-être au-delà.
10:27Vous en dites quoi, vous ?
10:28– Moi, je dis que si on continue cette dispersion, cette multiplication de candidatures,
10:37la force politique que je soutiens, c'est-à-dire du centre-gauche à la droite modérée,
10:42risque de ne pas être au deuxième tour.
10:44Et donc, je pense qu'il faut que chacun ait bien conscience de la gravité de l'enjeu
10:49et qu'il faudra, le moment venu, que chacun se parle pour qu'on puisse rassembler.
10:54Et que chacun doit être dans cet esprit de rassemblement.
10:56– Si vous me permettez un tout petit peu, l'angle de bois, il faudra un moment venu rassembler.
11:00Est-ce que vous feriez ça à fil ou face ?
11:04– Non, non, mais les principaux intéressés doivent s'en parler.
11:09On sait très bien ce que peuvent être les faiblesses d'une primaire.
11:13Mais n'empêche que, moi je vous dis, au-delà des aventures individuelles,
11:16il faut pouvoir rassembler pour que la force politique à laquelle je crois
11:20soit présente au deuxième tour.
11:22– Un dernier mot, Elisabeth Banjorda de Mardella ordonne aux élus du RN
11:26de ne plus se rendre désormais sur le plateau de Jean-Marc Morandini
11:28après la confirmation de sa condamnation pour corruption de mineurs.
11:33Y a-t-il les mêmes consignes au sein de Renaissance, au sein de votre parti aujourd'hui ?
11:38– Je pense qu'en effet, et des journalistes de cette chaîne se sont exprimés,
11:43c'est effectivement un problème après cette condamnation qu'il continue à être en plateau.
11:48– Si Jean-Marc Morandini vous invite demain à participer
11:51à son émission ? – Non, je ne pense pas.
11:53– Qu'il vous invite ? – Non, peut-être les deux.
11:56– S'il vous invitait ? – En tout cas, s'il m'invitait, je n'irai pas.
11:58– Vous n'irai pas ? Est-ce que vous souhaitez que ce soit la règle ?
12:00– Oui, je pense que ce serait une bonne idée que ce soit la règle, oui.
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