00:00La députée sortante et ministre de la Santé Stéphanie Riste a été réélue hier soir dans la première circonscription du Loiret avec l'abstention élevée.
00:12Quels enseignements on peut en tirer avant les élections municipales qui sont si proches ?
00:17On en parle ce matin avec votre invitée Marie Dorcet.
00:20Bonjour Pierre Alorent, politologue doyen de la Faculté de Droite d'Orléans.
00:24Stéphanie Riste réélue avec 62,1% des voix.
00:28Est-ce que la députée sortante et actuelle ministre de la Santé était vraiment en danger sur cette élection ?
00:32Non, pas vraiment.
00:33Alors avant le scrutin, bien sûr, oui, parce qu'on connaît l'impopularité du président de la République, du gouvernement.
00:42Et Stéphanie Riste occupe une position importante à la fois au gouvernement comme ministre de la Santé.
00:47On l'a vu pour le budget de la Sécurité sociale et auparavant au sein du groupe Renaissance,
00:51puisqu'il était numéro 2 derrière Gabriel Attal.
00:53Mais ici, en local, elle a été vue essentiellement comme une députée qui travaille,
01:01et qui travaille en particulier sur le désert médical, qui a une question essentielle.
01:04Un vrai sujet.
01:05Ce qu'il faut retenir de cette élection, c'est le taux d'abstention, justement.
01:0970% sur les deux tours, c'est vraiment important, même pour une élection législative.
01:14Oui, c'est énorme. Alors on sait bien qu'elle était placée au pire moment, entre les fêtes et les municipales dont vous parliez.
01:21Donc ça a été très peu identifié par la population.
01:24Et puis il y a eu le pataquès par rapport à un suppléant qui ne veut pas rentrer sur le terrain au moment où il doit remplacer.
01:29Bref, il y avait tous les ingrédients pour ne pas comprendre les enjeux.
01:33C'est dommage. En particulier, la gauche pourra sans doute se mordre les doigts d'avoir fait un peu une campagne à l'envers,
01:39en disant que l'élection, finalement, n'était pas utile,
01:43alors que la gauche aurait pu mettre en avant la possibilité de faire mordre la poussière à une ministre importante du gouvernement.
01:50Vous parliez de suppléants, effectivement.
01:52Stéphanie Risse donc réélu, mais c'est sa suppléante, Marie-Philippe Lubé, qui va aller siéger à l'Assemblée nationale.
01:57D'ailleurs, Stéphanie Risse n'a pas fait un très bon score à Saint-Denis-en-Val, qui est la ville de Marie-Philippe Lubé.
02:03Est-ce que ça s'explique parce que les électeurs ne voulaient pas voir partir leur maire avant les élections ?
02:07Très probablement, même si Marie-Philippe Lubé avait déjà annoncé qu'elle ne se représentait pas au municipal,
02:13mais effectivement, pas se présenter au municipal en disant « je vais donner plus de temps à ma famille », etc.
02:17et ensuite se présenter à une législative, c'est compliqué quand même à expliquer aux électeurs.
02:21C'est vrai que c'est une contre-performance locale qui a été vraiment analysée et repérée.
02:27Et c'est l'un des éléments de notre analyse sur l'extension et la consolidation du vote du Rassemblement national.
02:34On voit bien que même au sein de la métropole maintenant, il y a des zones de force.
02:38Saint-Denis-en-Val, effectivement, qui n'est quand même pas une commune qui souffre particulièrement au niveau social.
02:44Et maintenant, 45% effectivement pour le RN.
02:47Alors avec l'abstention, bien sûr, il faut toujours relativiser.
02:49Effectivement, c'est l'autre chiffre de cette élection en plus de l'abstention.
02:52La hausse du score du RN, on le rappelle, 37,9% pour Tiffany Rabault, la candidate qui avait remporté 32,3% en 2024.
03:01Ça fait quasiment 6 points de plus en un an et demi.
03:03Oui, vous avez tout à fait raison.
03:05Et c'est d'autant plus notable que c'est certainement cette première circonscription du Loiret
03:09qui va effectivement de Saint-Denis-en-Val, Saint-Cyr-en-Val jusqu'à Bougency,
03:12la moins favorable au Rassemblement national par rapport à Montargis ou Pithivier.
03:19Donc, c'est un signal.
03:21Ce n'est pas un raz-de-marée, vous savez, on nous annonce parfois l'effet Bardella, un raz-de-marée, etc.
03:25Non, mais c'est une consolidation à un niveau très élevé, un étiage.
03:30Le niveau des eaux là est très élevé.
03:32Une consolidation et une extension à des communes où jusqu'à présent, ils étaient moins implantés.
03:37Donc, en frange de métropole, on peut citer Jouy-le-Potier, Drie, Maropré, etc.
03:43Et puis, même au sein de la métropole, alors que jusqu'à présent, vous vous rappelez dans nos soirées électorales,
03:48on disait, ben voilà, il y a deux Loiret, la métropole et puis les autres.
03:52Non, désormais, le Rassemblement national séduit même au sein de la métropole d'Orléans.
03:56Ça sera un élément très important pour les prochaines municipales.
03:59Et justement, effectivement, les municipales qui ont lieu dans moins de deux mois,
04:02cette législative partielle, elle va servir aux partis pour tirer des leçons avant ce scrutin-là ?
04:07Je pense, mais le souci, c'est qu'il y a tellement peu d'écarts chronologiques
04:11que pour tirer des leçons, c'est un peu tard.
04:14Exemple, j'évoquais la gauche tout à l'heure, qui a payé très cher au premier tour le prix de sa division.
04:19Le coût est déjà parti, les listes sont déjà constituées, en partie annoncées.
04:24Et donc, par exemple, à Orléans, on va avoir à nouveau une division.
04:27Et sans doute un paradoxe, puisqu'on l'a bien vu au premier tour,
04:31la gauche est forte aujourd'hui, même majoritaire, à Orléans.
04:35Mais c'était déjà le cas aux régionales, etc., aux départementales.
04:38Mais si elle reste aussi divisée, elle a une grande difficulté à gagner
04:44et déjà à se rassembler avant le second tour.
04:46Et puis, phénomène nouveau, on en a parlé tout à l'heure,
04:49le Rassemblement National, là, il n'y a plus de doute,
04:52pourra très probablement, avec la même candidate d'ailleurs,
04:54Mme Rabot, se maintenir au second tour.
04:56On ne voit pas le Rassemblement National à moins de 10%.
04:58Donc, il y a une chance, un risque, ça dépend comment on voit les choses,
05:01pour que Mme Rabot soit au second tour au municipal à Orléans ?
05:04Tout à fait. Alors, avec très peu de chances de gagner.
05:06Mais c'est un élément essentiel, puisqu'on sait que Serge Groir,
05:10traditionnellement, séduisait cet électorat,
05:12soit dès le premier tour, soit au second tour.
05:15Là, ce sera très compliqué, puisque le Rassemblement National,
05:18au-dessus de 10%, ne pourra pas retirer sa liste
05:21ou faire alliance avec Serge Groir.
05:23Ça n'est pas possible, ça n'est pas envisageable.
05:24Et donc, c'est un élément essentiel qui introduit beaucoup de suspense
05:28dans cette élection municipale.
05:30Tiffany Rabot, effectivement, candidate du RN à l'élection législative partielle d'hier,
05:33qui sera candidate aux élections municipales en mars prochain.
05:37Merci beaucoup, Pierre Valorant, d'être venu décrypter avec nous ce scrutin d'hier.
05:41Bonne journée.
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