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  • il y a 2 jours
Il est un féminisme excessif et radical, qui monopolise aujourd'hui la parole médiatique, et va à l'encontre d'une sociabilité harmonieuse entre les deux sexes. Entretenant un climat de soupçon généralisé, il ne peut aboutir qu'à une forme de communautarisme genré. À travers l'actualité récente, le philosophe Jacques Lucchesi, auteur de "L'école des Furies - Du féminisme post-Me Too", scrute les formes radicales du discours féministe et propose des pistes pour sortir de cette crise civilisationnelle. Par exemple, pourquoi, ne pas organiser un débat national où femmes et hommes exprimeraient leurs différences et leurs attentes réciproques ?

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Transcription
00:00Générique
00:00Bonjour à tous et bienvenue dans notre Zoom aujourd'hui en compagnie de Jacques Loukézy.
00:10Bonjour Monsieur.
00:11Bonjour.
00:12Alors Jacques Loukézy, vous avez suivi des études de philosophie et d'écologie humaine,
00:17puis vous vous êtes tourné vers le journalisme et la critique d'art.
00:21Vous publiez l'école des furies du féminisme post-MeToo aux éditions de Paris.
00:27Max Chaleil, je sais que vous aviez un mot à dire.
00:30en préambule avant que je vous pose la première question.
00:32Oui, effectivement, je souhaiterais dire en préambule de cet entretien que je ne suis pas misogine tout d'abord,
00:40que je respecte toutes les femmes, que d'autre part je ne représente ici aucune formation politique
00:49ni aucun courant masculiniste.
00:51Je viens simplement en tant qu'auteur parler en mon nom de recherches qui m'ont amené à cet ouvrage.
01:01Alors on va voir si vous n'êtes pas misogyne parce qu'en général ce n'est pas à vous de déterminer si vous l'êtes.
01:06Enfin aujourd'hui ça se passe comme ça, c'est aux autres de décider si vous l'êtes.
01:08Alors MeToo justement, ce mouvement par 11 ans, il a été lancé en 2006
01:14mais il n'a eu de retentissement médiatique à partir de 2017 quand a éclaté l'affaire Weinstein.
01:21Quelques jours après, la journaliste française Sandra Muller lançait sur Twitter le hashtag
01:27« balance ton port » ouvrant la voie à une forme de vindicte féministe.
01:32Mais alors, à quel féminisme avons-nous affaire ici ?
01:36– On a affaire à un féminisme qui vient en droite ligne des États-Unis.
01:43C'est un féminisme qui va à l'encontre du féminisme universaliste
01:51qui a d'abord été porté par Simone de Beauvoir
01:54puis ensuite par des philosophes comme Elisabeth Basinter.
01:59Donc un féminisme intégrateur, un féminisme émancipateur,
02:04un féminisme mettant d'abord l'accent sur la citoyenneté des femmes au sein de la société.
02:12Là, c'est un féminisme différentialiste ou essentialiste,
02:16un féminisme qui cherche à se différencier du genre masculin le plus possible
02:26et qui, à ce titre-là, a tendance à réclamer des droits,
02:31des droits à l'exclusion, des droits communs, des droits partagés avec les hommes.
02:42– Et vous parlez d'ailleurs de criminalisation du désir masculin
02:46dans ce nouveau féminisme différentialiste.
02:48– Oui, parce que dans la perspective américaine,
02:54la sexualité, la sexualité hétérosexuelle,
02:59est vécue comme une forme de domination des hommes sur les femmes.
03:04Et à ce titre-là, bon, pour ces autrices comme Catherine McKinnon ou Andrea Warkin,
03:14donc c'est une situation de domination tout à fait insupportable
03:20et à laquelle on ne peut pas sortir simplement par des lois visant à accroître l'égalité
03:33entre les hommes et les femmes.
03:35Mais c'est un système qu'il faut récuser et mettre à bas.
03:41– Alors à la suite du lancement de ce mouvement MeToo,
03:45plusieurs hommes se sont retrouvés exposés à la vindicte
03:50sur les réseaux sociaux, dans les médias.
03:53Est-ce que c'est toujours à juste titre ?
03:55Est-ce que les hommes exposés à cette vindicte sont toujours condamnés en justice ?
04:02– Alors effectivement, MeToo et l'affaire Weinstein ont été un véritable séisme
04:08et ont entraîné une libération de la parole féminine
04:12comme on n'en avait encore jamais vu.
04:15Pour ce qui concerne Harvey Weinstein, effectivement,
04:19c'était indéniablement un prédateur sexuel
04:22et on ne peut guère lui trouver deux circonstances atténuantes,
04:26mais pour des affaires qui ont éclaté par la suite…
04:29– Vous citez par exemple l'affaire de ce député,
04:33il ne l'est plus je crois aujourd'hui, Julien Bayou,
04:35qui avait été jeté en pâture notamment par sa collègue Sandrine Rousseau.
04:39– Oui, oui, effectivement, Julien Bayou a été secrétaire général des Verts,
04:47d'Europe Ecologie Les Verts.
04:49Il a été incriminé par sa compagne pour des violences psychologiques.
04:57Donc, à partir de là, alors qu'il avait, que sa carrière était au Zénith,
05:06donc à partir de là, tout s'est dégradé pour lui
05:10et ses amis même d'Europe Ecologie Les Verts l'ont lâché.
05:18Alors même qu'il n'y avait eu aucun jugement,
05:23que c'était uniquement des allégations d'un…
05:26– Y avait-il une plainte qui avait été déposée au moins ?
05:28– Oui, pour des violences psychologiques.
05:33– D'accord.
05:33– Qu'est-ce que c'est des violences psychologiques ?
05:36– Est-ce qu'il y a eu un procès à la suite de cette plainte ?
05:38– Il y a eu… Donc, Julien Bayou s'est progressivement défait
05:44de tous ses mandats politiques. Il y a eu deux procès, je crois,
05:49et le dernier, la complètement innocente, c'était en 2000… au début 2024, oui.
05:57– Vous dites que l'idéologie néo-féministe impose une forme de puritanisme
06:02à adopter dans les relations hommes-femmes.
06:05Qu'est-ce que cela révèle de notre société ?
06:07Vous faisiez tout à l'heure référence à la société américaine.
06:12D'où vient ce puritanisme ?
06:13– La société américaine, effectivement,
06:15est déjà plus puritaine que la société française.
06:19Et d'autre part, comme je le disais tout à l'heure,
06:22il y a une vision de la sexualité prise dans des rapports de domination.
06:30Je parle de la sexualité hétérosexuelle.
06:33Donc, effectivement, la domination masculine pour cette catégorie de féministe se manifeste
06:45à travers la sexualité et à travers ce qu'elles appellent l'exploitation de l'image du corps de la femme.
06:56– D'accord. Et vous trouvez cela…
07:00– Je trouve cela parfaitement excessif.
07:03Je trouve parfaitement excessif que la sexualité hétérosexuelle soit associée à une forme de domination en soi des hommes sur les femmes.
07:14D'autant que l'idée même, la notion même de domination est toujours variable, est toujours fluctuante.
07:24– Alors, depuis l'émergence…
07:25– Il n'y a pas de domination en soi.
07:27– Depuis l'émergence de ce néo-féminisme, comment voyez-vous comment les femmes françaises y réagissent ?
07:33Est-ce qu'elles adhèrent à ces théories ?
07:36– Je ne pense pas que l'ensemble des femmes françaises adhèrent à ces théories.
07:42Mais je pense qu'elles sont néanmoins très influencées par ces théories essentialistes
07:51qui jettent le discrédit sur les hommes.
07:56Je pense que depuis MeToo, les femmes françaises sont plus méfiantes, moins tolérantes vis-à-vis des déglissements,
08:13voire des incartades qui peuvent survenir dans des rapports de séduction.
08:21– Et vous trouvez que ça va dans le bon sens, justement, cette réaction des femmes qui…
08:25qui se défendent ?
08:27– Je pense à l'extrême que ça peut nuire à des relations harmonieuses entre les hommes et les femmes.
08:40– Alors, vous allez citer l'ouvrage de cette femme écrivain, Valérie Solanas,
08:46qui s'appelle « Scum Manifesto », où elle expliquait vouloir un pouvoir féminin absolu
08:53et l'élimination des hommes.
08:54Alors, est-ce que c'est représentatif, cette idéologie du néo-féminisme ?
09:00– Le Scum Manifesto de Valérie Solanas, c'est un texte, à mon avis, littéraire.
09:08– Donc, c'est un texte assez surréaliste qui propose l'élimination radicale des hommes jugés inaptes,
09:24stupides, avides d'argent, pas tout à fait faux.
09:30– Mais bon, pour Valérie Solanas, la femme était d'une essence supérieure à celle de l'homme.
09:37Et donc, à ce titre-là, elle devait prendre le pouvoir dans la société.
09:42– C'est un texte littéraire, un texte très fort, qu'il faut se souvenir quand même,
09:48que Valérie Solanas, c'est cette femme qui a tiré sur Andy Warhol en 1968,
09:58pour des raisons personnelles, parce que celui-ci refusait de la faire retourner dans un de ses films,
10:02et surtout parce qu'il lui avait égaré une pièce, une pièce de théâtre,
10:08qu'elle souhaitait voir monter par ses soins.
10:13Et Valérie Solanas, qui était une personnalité borderline,
10:18donc en juin 1968, a attiré plusieurs fois sur Andy Warhol,
10:24au point de le blesser très grièvement,
10:27il ne s'en est jamais vraiment complètement remis par la suite.
10:30– Donc, c'était peut-être plutôt une idée de vengeance ?
10:32– Il y a, à mon avis, une forme de rancune qui s'exprime,
10:38de rancune personnelle qui s'exprime à travers son Scum Manifesto,
10:44qui est devenu ensuite un livre extrêmement prisé des néo-féministes.
10:52Donc, c'est une tendance quand même qui existe à l'intérieur du néo-féminisme
10:58et qui n'est pas réellement représentative.
10:59– Non, c'est une tendance radicaliste.
11:02– Oui, d'accord.
11:03– Qui ne saurait être représentative de toutes les femmes,
11:07ni de toutes les féministes, en particulier en France.
11:10– Alors, vous revenez sur l'affaire Gisèle Pellicot,
11:12cette femme qui avait été violée à plusieurs reprises
11:17par des proches de son mari qui la droguait.
11:20vous parlait de supercherie médiatique sur cette affaire.
11:25– Eh oui, parce qu'effectivement, l'affaire Gisèle Pellicot
11:29est une affaire tout à fait intéressante.
11:33C'est tout d'abord une affaire de mœurs, comme il y en a eu beaucoup.
11:36Gisèle Pellicot a voulu que son procès se déroule non pas en huis clos,
11:45mais de façon publique.
11:47A-t-elle été influencée par des associations féministes ?
11:52On peut le penser.
11:54Et aussitôt après, à partir de là, la machine médiatique s'est emballée
11:59et a fait progressivement de Gisèle Pellicot une icône du féminisme
12:06et de la lutte contre le viol.
12:10Mais Gisèle Pellicot avait été, dans un premier temps,
12:14instrumentalisée sexuellement par son époux.
12:17C'est indéniable.
12:18Il me semble qu'elle a été tout autant instrumentalisée
12:22par les féministes et les médias par la suite,
12:26au point qu'on peut se demander si elle s'appartient encore.
12:30À mon avis, non.
12:32Alors, pour le reste, ensuite, avoir fait comme l'a fait le Nouvel Obs
12:39dans le cadre d'un numéro spécial,
12:41faire rentrer Gisèle Pellicot au top 40 des femmes qui ont fait la France,
12:46à mon avis, c'est très exagéré.
12:48Je ne pensais pas qu'on puisse comparer Gisèle Pellicot à Simone Veil,
12:53à Louise Veil ou à Georges Sand.
12:56qui ont toute une œuvre politique ou littéraire bien propre,
13:05bien manifeste.
13:09– Alors, on a vu ce courant néo-féministe,
13:11il y a peu accouché de ce terme de féminicide.
13:16Vous affirmez d'ailleurs que la justice a tendance
13:18à être plus clémente envers les femmes qu'envers les hommes.
13:21Est-ce qu'on peut parler de justice à deux vitesses, alors ?
13:24– Il y a des affaires, effectivement, dans l'actualité récente
13:29qui le laissent penser.
13:31D'une façon générale, je trouve, à titre personnel,
13:36qu'il y a une forme de plus en plus accentuée de discrimination vis-à-vis des hommes.
13:45Qu'être un homme dans une affaire juridique est une situation plus délicate,
13:55moins favorable que si on est une femme.
13:57qu'il me semble que la justice française a tendance à être plus clémente avec les femmes
14:05qu'elle ne l'est avec les hommes, présentement.
14:08– Est-ce qu'on sait d'ailleurs s'il y a plus de magistrats femmes que de magistrats hommes
14:12et si les magistrats femmes vont plus défendre les femmes que les hommes ?
14:17– Ça, je ne pourrais pas le dire, mais ce que disent les féministes d'aujourd'hui,
14:21à commencer par des personnalités comme Sandrine Rousseau,
14:27c'est que la justice française n'est pas assez féministe.
14:31Pour les féministes actuels, rien n'est assez féminisé,
14:37rien ne va dans le sens d'une…
14:42– C'est une révolution permanente, on n'arrive jamais à un but précis.
14:48– Oui, c'est un conflit sans fin.
14:54– Alors, face au néo-féminisme, on a constaté un certain silence de la part des hommes
15:00et vous voyez l'émergence de ce qu'on appelle aujourd'hui le masculinisme.
15:05Est-ce que vous trouvez que c'est une réponse adaptée à ce néo-féminisme,
15:10à ces tendances les plus radicales ?
15:12– C'est en tous les cas une réponse.
15:14Le masculinisme découle du féminisme, y compris dans sa radicalité.
15:19Si les masculinistes actuels qui sont surtout présents sur les réseaux sociaux
15:25sont si bravaches, si agressifs vis-à-vis des femmes,
15:33c'est aussi une forme de réponse symétrique à l'agressivité qui se manifeste dans le discours néo-féministe depuis quelques années.
15:45– C'est la guerre des sexes, la guerre de tous contre tous ?
15:48– Ce sont deux formes excessives de discours.
15:53– À qui cela profite, cette guerre des sexes ?
15:59– Ça profite certainement aux féministes.
16:02– Parce qu'elles sont toujours en situation de montrer que les hommes sont vindicatifs vis-à-vis d'elles
16:12et que les hommes, d'une façon générale, représentent une menace
16:17et qu'ils ne rêvent que de reconquérir les privilèges perdus.
16:22À ceci près, qu'ils ne les retrouveront jamais, puisque la société a changé
16:28et qu'il n'est pas question d'abolir les droits conquis par les femmes,
16:37surtout lorsqu'ils sont légitimes.
16:39– On entend beaucoup de ces néo-féministes, Sandrine Rousseau par exemple,
16:44vouloir des hommes, disent-elles, déconstruits.
16:47D'y construits, ça veut dire reconnaître qu'être un homme serait un privilège.
16:53Mais dans leur esprit, quels sont les privilèges des hommes dans la société ?
16:58– Dans l'esprit des féministes, l'homme est l'élément dominant de la société.
17:05– Et dominant à quel titre ?
17:06– Et dominant à quel titre, on peut se poser la question.
17:08Dominant au niveau des structures sociales, taxées de patriarcal.
17:14Effectivement, la société française a été patriarcale,
17:16mais depuis, on se rend bien compte que l'évolution est passée par là
17:25et que les hommes ne sont plus en situation de domination manifeste sur les femmes.
17:35Donc on peut dire que l'idée de domination masculine dans l'esprit française
17:41est une idée très surfaite, mais qui est exploitée à des fins d'ainsi,
17:48de demander toujours de nouveaux avantages, de conquérir toujours de nouveaux territoires.
17:56– Et vous vous rappelez que ce sont quand même les hommes qui,
17:58dans la grande majorité, assurent les métiers les plus pénibles.
18:01– Absolument.
18:02– Est-ce qu'on va forcer certaines femmes à rentrer dans des métiers du BTP
18:06pour assurer une mixité parfaite ?
18:09– Il y a sans doute quelques femmes dans les métiers du BTP.
18:12Il y a des femmes, il y a surtout de plus en plus de femmes
18:15dans des métiers réputés, jusque-là masculins, comme la police et l'armée.
18:20Donc, mais, ça ne me semble pas représenter une féminisation de la société,
18:28mais plutôt, là encore, une forme de mimétisme vis-à-vis des hommes.
18:35Et en ce sens, c'est toujours, quelque part, la masculinité qui donne le ton.
18:41– Le mimétisme, le désir mimétique de Girard.
18:45– Absolument, oui, je pense qu'il est à l'œuvre dans les conflits intersexuels
18:52auxquels nous assistons depuis quelque temps.
18:56– Alors, on assiste à une remise en cause de la part de ces néoféminismes,
19:00de certains déterminismes psychologiques, biologiques,
19:04par exemple, la volonté d'une femme d'être protégée par son homme.
19:09Quel est le but, ici, des néoféministes ?
19:12– Le but des néoféministes serait, à mon avis,
19:16de se passer complètement des hommes, en tous les cas,
19:20complètement d'une forme de partage avec les hommes.
19:31Ça me semble très sensible, cette situation.
19:36– Est-ce qu'on peut résumer le néoféminisme en pensant que ces femmes
19:43voudraient devenir des hommes et faire des hommes des femmes ?
19:47– Non, on ne peut pas dire que les féministes voudraient que les hommes
19:51deviennent des femmes.
19:52Mais il est manifeste qu'elles prônent un idéal,
19:56un idéal de femmes conquérantes.
19:58– Parallèlement, d'ailleurs, à des stratégies victimaires
20:05qui sont très à la mode actuellement.
20:12Donc, elles prônent l'idéal de femmes fortes,
20:17de femmes concurrençant dans…
20:20– De femmes fortes mais victimes.
20:21– Alors oui, il y a une dichotomie, effectivement,
20:25dans la vision féministe des femmes.
20:27D'une part, il y a les femmes victimes, victimes et toujours victimes
20:31des hommes, ça va de soi.
20:33Donc, pour lesquelles il faut se courir.
20:38Et qu'il s'agit…
20:41dont il s'agit que la justice prenne leurs préjudices en compte.
20:48Mais d'autre part, aussi, il y a un idéal de femmes
20:51de plus en plus conquérantes dans tous les domaines de la société.
20:53Et cela, à mon avis, au détriment des hommes.
20:57– Est-ce que le sort d'une victime masculine importe ces néo-féministes ?
21:02– Non, non.
21:03– Parce que je veux dire, si c'est la victimisation qui les intéresse,
21:07ces néo-féministes, elles peuvent aussi s'intéresser
21:09au sort des hommes victimes.
21:10– Le sort des hommes n'intéresse absolument pas les féministes.
21:14Donc, c'est une évolution quand même qui se joue sur des dizaines d'années.
21:21Au départ, le féminisme était un mouvement d'émancipation
21:26et un mouvement d'émancipation qui prenait en compte les luttes sociales
21:31d'alors dans les années 30 et 10, qui épousait la cause ouvrière,
21:36qui épousait les luttes des homosexuels pour une reconnaissance sociale.
21:43Donc, il y avait une synergie des luttes.
21:48Aujourd'hui, ce n'est plus du tout ça.
21:49Le féminisme n'est plus un mouvement d'émancipation.
21:54C'est un lobby. D'abord, c'est un lobby.
21:58– Mais qui finance ce lobby ? Est-ce que ce n'est pas quelque part…
22:02– Allez-y.
22:02– Je vais terminer.
22:03Donc, c'est surtout une instance de régulatrice en matière de mœurs.
22:09C'est une instance répressive et coercitive.
22:13– Est-ce que ce n'est pas la meilleure façon, ce féminisme concurrent,
22:18qui voudrait une concurrence entre les hommes et les femmes,
22:21qui voudrait mettre les femmes au travail pour justement faire le bonheur du grand capital ?
22:28– Ah mais les femmes ont toujours été au travail.
22:30– Oui, mais pas forcément salariées.
22:33– Pas forcément salariées, mais ceux que vous voutez, par exemple,
22:37les néoféministes, ce seraient des femmes qui accèdent au poste
22:43aux plus hautes responsabilités, tant au niveau gouvernemental
22:50qu'au niveau des grandes entreprises.
22:54– Donc, certaines, effectivement, y sont parvenues.
22:58Donc, comme Anne Lovergeon, qui a été PDG d'AREVA.
23:06À France Télévisions, donc, dans les médias français,
23:10ce sont des femmes aussi qui sont actuellement aux commandes,
23:14de France Inter, de Radio France, de France Télévisions.
23:19– Non, je songe à Delphine Ernotte.
23:23Donc, manifestement, les femmes ont percé le fameux plafond de verre
23:30et elles ont des responsabilités qui montrent bien
23:38que dans la société actuelle, les hommes ne sont plus dominants.
23:44– Maintenant que ce néoféminisme a pénétré les esprits des Français,
23:49des Françaises, comment faire renaître un vivre-ensemble ?
23:52– C'est une situation assez compliquée, parce que, comme vous le savez sans doute,
24:00les féministes françaises sont très bavardes,
24:06elles ont tendance à monopoliser le débat public dans les médias,
24:12sans laisser beaucoup d'espace médiatique à ceux qui vont contre leur opinion.
24:20Donc, c'est du reste dans cette mouvance-là que je me situe.
24:25Donc, il faudrait effectivement, à tout le moins,
24:28qu'on laisse davantage de place à des paroles
24:31qui ne vont pas dans le sens de la doxa actuelle,
24:35qui portent des points de vue argumentés sur ce que devraient être
24:47les rapports sociaux entre les hommes et les femmes.
24:52– C'est mal barré.
24:54En tout cas, Jacques, l'outil dit…
24:56– Je voudrais ajouter qu'à ce niveau-là,
25:00il faudrait songer à organiser des assises nationales de la parole,
25:06afin précisément de permettre tant aux femmes qu'aux hommes,
25:14pour peu que les féministes soient d'accord pour se décentrer,
25:18pour ne plus… pour sortir de cette position de pouvoir assez hégémonique.
25:28Il faudrait arriver précisément à des assises de la parole,
25:31où tant les hommes que les femmes pourraient mettre sur la table
25:36les problèmes qui sont les leurs.
25:38– Jacques Louquaisi, merci.
25:40Votre ouvrage s'appelle « L'école des furies du poste du féminisme ».
25:44Poste MeToo à retrouver sur la boutique de TV Liberté.
25:46Merci, monsieur.
25:47Merci beaucoup, merci à vous de m'avoir invité.
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