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  • il y a 22 heures
Notre invitée à 7h50 est Marion Maréchal, eurodéputée ECR. Elle publie un livre notamment sur son rapport au nom "Le Pen", évoque son ambition pour "les idées patriotes" lors de la prochaine élections présidentielle. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-26-janvier-2026-3227545

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00:01France Inter, la grande matinale.
00:05Il est 7h48 et Benjamin Duhamel, vous recevez une eurodéputée, présidente de son parti Identité Liberté.
00:13Bonjour Marion Maréchal.
00:14Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors que vous publiez aux éditions Fayard ce livre.
00:19Si tu te sens, Le Pen, un mélange entre autobiographie, récit politique avec un peu de langue de bois, éloge de l'Union des droites.
00:27C'est cette impression que je voudrais vous soumettre, Marion Maréchal, d'un livre parfois à contre-temps.
00:32D'abord concernant Donald Trump, page 242, vous parlez de sa brutalité avec des guillemets, comme si le mot était excessif.
00:38Vous appelez nos élites à s'inspirer de ces méthodes.
00:41Et quelques pages plus tard, vous écrivez sur le président américain, ouvrez les guillemets,
00:44il nous prouve que le patriotisme est une doctrine d'avenir.
00:48Est-ce que c'est du patriotisme d'avoir voulu ou de vouloir annexer le Groenland ?
00:52Écoutez, moi je vous réponds très franchement.
00:53En ce qui concerne Donald Trump, je n'ai pas changé et varié de lignes.
00:55Je considère qu'aujourd'hui j'ai un certain nombre de combats communs avec lui.
00:58Ça me paraît évident dans la lutte contre l'immigration, l'insécurité, sur le narcotrafic, sur le wokisme, entre autres choses.
01:04Et je n'ai pas changé de ce point de vue.
01:05Je pense que d'ailleurs c'est des défis qui nous rassemblent entre Européens et Américains
01:09et donc sur lesquels je continue d'avoir des relations avec les Républicains.
01:11Et je continuerai d'avoir des relations avec les Républicains.
01:13Donc faire du chantage aux Européens pour annexer le Groenland, ça ne justifie pas changer son avis ?
01:16Si vous permettez que je finisse.
01:18Et en l'occurrence je ne découvre pas, contrairement à nos élites actuelles européennes,
01:22que les Américains peuvent en parallèle de cela être des concurrents géopolitiques et économiques parfois féroces,
01:27quelles que soient les administrations d'ailleurs.
01:29Parce que je note qu'aujourd'hui il y a une vive réaction, et bien légitime d'ailleurs aux menaces,
01:34notamment sur les droits de droite de Donald Trump.
01:36Mais moi je n'ai pas oublié l'affaire Alstom.
01:37Je n'ai pas oublié l'espionnage massif des dirigeants européens.
01:40Je n'ai pas oublié l'affaire Ocus.
01:41Donc je vous parle à l'élection de Groenland et vous me répondez Alstom et Ocus Poisset.
01:45C'est si difficile de condamner cette menace d'annexion ?
01:49Pourquoi je vous dis ça ?
01:49Parce qu'en l'occurrence ces affaires qui étaient scandaleuses et au détriment des Européens
01:53ne suscitaient pas à l'époque l'indignation des élites européennes,
01:56parce que c'était la gauche qui était au pouvoir.
01:57Moi je les dénonçais, comme je peux aujourd'hui expliquer qu'il n'y a pas de négociation possible
02:01sur la souveraineté évidemment du territoire européen.
02:02Comme j'ai en juillet dernier d'ailleurs critiqué l'accord qui a été signé entre les Etats-Unis et les Européens
02:08parce que je considérais qu'il était inique et un autre désavantage.
02:12Donc je veux dire, je n'ai pas de leçon si vous voulez à recevoir de ce point de vue-là
02:15puisque je n'ai jamais été naïve à l'égard des Américains
02:18et j'ai toujours eu comme boussole la défense des Européens et des Français en particulier.
02:20Quand vous écrivez Marie-Marie Schall, nos élites feraient bien de s'inspirer de sa méthode.
02:24Est-ce que ça vaut aussi quand on a un président des Etats-Unis qui menace d'annexer un territoire européen ?
02:28Absolument, pour une raison simple.
02:29C'est qu'aujourd'hui Donald Trump fait quelque chose de très intéressant sur le plan politique
02:33puisqu'il est en train d'expliquer que la volonté politique peut reprendre le pas
02:36sur la technobureaucratie, sur le gouvernement des juges qui aujourd'hui nous rend incapacitants
02:42qu'il fait la démonstration que dans le grand jeu géopolitique qui nous attend
02:47et on peut peut-être le déplorer, le rapport de force va s'imposer à nous
02:50et que donc il faut être capable de défendre ses intérêts.
02:52Moi je ne reproche pas à Donald Trump de défendre les intérêts américains.
02:56Je reproche aux élites européennes de ne pas défendre les intérêts européens.
02:59Non mais je ne parle jamais dans le livre du fait qu'il soit un modèle.
03:02Je dis qu'il y a aujourd'hui dans sa méthode de gouvernement
03:04quelque chose qui devrait nous faire réfléchir sur la manière dont nous nous avons renoncé
03:08au rapport de force et renoncé à la puissance et organiser finalement notre impuissance là-dedans.
03:12Parce que pardon, je finis par là, moi je veux bien qu'on me reproche aujourd'hui
03:16de ne pas répondre à Donald Trump mais ceux qui aujourd'hui veulent faire la guerre à Donald Trump
03:21alors qu'ils nous ont désarmés sur le plan industriel, sur le plan économique
03:24et sur le plan militaire depuis des années, en l'occurrence c'est ceux qui sont aux affaires
03:27et c'est pas moi.
03:29On remarque sur ce que vous écrivez et l'actualité, un mot sur ce qui se passe
03:32à Minneapolis après la mort d'Alex Préti, infirmier de 37 ans tué par la police des frontières
03:37alors que toutes les vidéos montrent qu'il ne menaçait pas les forces de l'ordre.
03:40C'est le deuxième américain tué par cette police en pleine rue.
03:43À cela s'ajoutent des dizaines d'arrestations, parfois d'enfants très jeunes envoyés
03:46en centre de rétention.
03:48Comment est-ce que vous qualifiez ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis ?
03:51Vous savez, sous Barack Obama, il y a eu également 56 décès de clandestins.
03:56A l'époque on n'en avait pas parlé, oui, je vous l'apprends peut-être, en effet
03:58personne n'en parle parce que les méthodes de la police américaine sont celles-ci
04:01et moi je ne suis pas là pour faire la police de la police américaine.
04:04D'ailleurs j'aimerais comprendre en fait...
04:06Donc vous n'avez pas été choqué des images que vous avez vues dans les rues de Minéa police ?
04:09Ce qui m'interpelle, c'est qu'on passe aujourd'hui des heures et des heures,
04:15notamment sur votre antenne, à commenter cet incident absolument malheureux
04:17parce que quand un homme décède c'est toujours malheureux,
04:19qui se passe quand même à quelques dizaines de milliers de kilomètres de chez nous.
04:22Mais par exemple on ne parle pas du fait qu'il y a quelques jours de cela
04:24une femme de 90 ans a été violée par un clandestin sous OQTF.
04:29Vous m'avez entendu, une femme de 90 ans française a été violée par un clandestin sous OQTF
04:33sous contrôle judiciaire.
04:34Si vous écoutez les interviews que je fais sur cette antenne, je pose toutes les questions.
04:38Non mais ça, ça m'indigne en fait.
04:40Non mais ça, ça m'indigne.
04:41Ça, ça devrait occuper vos antennes bien davantage qu'un accident qui s'est passé aux Etats-Unis
04:45et ce qui, de moi, nous concerne très indirectement.
04:48Et donc vous me demandez aujourd'hui de répondre pour une raison qui m'échappe.
04:50Je remarque une chose.
04:51Attendez, si vous le permettez, je remarque une chose ce matin.
04:54Je vous interroge sur le Groenland, vous me répondez Alstom.
04:56Je vous interroge sur ce qui se passe à Minéa police.
04:58Vous me parlez de ce drame effectivement à lui.
05:00Je vous explique la cohérence.
05:01Ça veut donc dire que vous n'êtes pas choqué de voir les méthodes de Donald Trump,
05:04de voir deux personnes qui sont tuées par la police en pleine rue, ça ne vous choque pas ?
05:07Monsieur Duhamel, ai-je déjà défendu le fait qu'il faille que la France applique les méthodes américaines ?
05:11Non, jamais.
05:12Ce que je suis en train de vous dire, c'est que j'essaye de comprendre où on essaye de nous amener.
05:15Quand on parle de ce sujet matin, midi et soir sur votre antenne,
05:18qu'est-ce qu'il faudrait comprendre ?
05:19Que parce qu'il y a aujourd'hui des accidents aux Etats-Unis,
05:21parce qu'il y a des militants d'extrême-gauche qui s'interposent dans l'action policière,
05:25il ne faudrait pas finalement lutter.
05:27Ce sont des militants d'extrême-gauche dans le cas d'espèce ?
05:29Où voulons-nous ?
05:29Mais il y a eu des accidents, en l'occurrence, arrivent aussi.
05:32Là, j'ai parlé de deux personnes dont la mort d'Alex Prétier, infirmier de 37 ans.
05:35Est-ce que ce sont des militants d'extrême-gauche qui s'interposent ?
05:36Est-ce que ce sont des militants d'extrême-gauche dans le cas d'espèce ?
05:38Excusez-moi, Monsieur Duhamel, mais laissez-moi aller au bout de mon raisonnement.
05:41Il y a aujourd'hui des accidents qui arrivent
05:43parce qu'il y a manifestement des militants qui s'interposent
05:45dans l'action aujourd'hui de cette police.
05:47Mais je vais au bout de mon raisonnement.
05:49Où est-ce qu'on veut nous emmener en parlant matin, midi et soir de ce sujet
05:52qui, vous l'admettrez quand même, nous concerne très indirectement
05:54puisqu'on ne répond pas des actions aujourd'hui en tant que Français de la police américaine ?
05:58On essaye en fait de nous faire comprendre que parce qu'il y a ce type d'accident
06:01regrettable absolument, Monsieur Duhamel, il n'y a pas d'ambiguïté aux Etats-Unis,
06:06d'une certaine façon, c'est ce que suggère un peu Monsieur Cohen
06:09qui est à côté de moi aujourd'hui, il y aurait quelque chose de condamnat par principe
06:13au fait de vouloir lutter contre l'immigration clandestine.
06:15Il faudrait s'interdire.
06:16Mais si, parce qu'en fait, on est en train d'expliquer, regardez,
06:20si vous voulez lutter contre l'immigration clandestine,
06:22si vous envoyez la police pour pouvoir envoyer ces personnes,
06:25voilà ce à quoi ça va nous conduire à des morts.
06:26Donc quand une police interpelle des enfants de 2 ans, de 5 ans,
06:29ce ne sont pas des méthodes qui sont condamnées par principe pour vous ?
06:32Mais ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire, Monsieur Duhamel,
06:34je suis en train de vous dire que vous me faites passer la matinée
06:37à commenter une action dont je n'ai pas à répondre,
06:40alors même que ce qui devrait nous occuper aujourd'hui
06:41et nous indigner aujourd'hui sur ce plateau, c'est le fait qu'une fois de plus,
06:44une femme de 90 ans a été violée par un clandestin sous OQTF
06:47et qu'en parallèle de cela, rien n'est fait manifestement
06:50pour que la loi soit appliquée en France.
06:51Dire moi je vis dans un pays où j'ai peur pour ma fille
06:53et pour ma grand-mère aujourd'hui ça devient un sujet quand même,
06:55c'est ça qui devrait nous occuper, non vous ne croyez pas ?
06:57Je remarque Marion Maréchal, là encore, et je m'appuie sur votre livre.
07:00Mais vous pouvez remarquer 18 fois si vous voulez.
07:01Je voudrais juste qu'on avance pour continuer à parler de votre ouvrage
07:05et de ce titre, si tu te sens Le Pen, c'est ce que vous écris votre grand-père Jean-Marie Le Pen
07:11pour vous convaincre d'être candidate en 2012 aux législatives.
07:13Jean-Marie Le Pen qui revient régulièrement dans votre récit,
07:16en des termes très élogieux.
07:17Est-ce que c'est un livre pour le réhabiliter ?
07:19Est-ce que vous êtes sûre que ce soit un héritage très porteur ?
07:22Alors déjà d'une part, moi j'ai commencé à écrire ce livre au lendemain plutôt des élections européennes
07:27suite à l'échec malheureusement du camp national aux élections législatives anticipées.
07:31Donc un moment de confusion politique où il me semblait nécessaire de pouvoir revenir
07:35sur le chemin, les moyens qui me semblent juste pour arriver à la victoire.
07:40Et puis quelques semaines après est intervenue la mort de Jean-Marie Le Pen
07:42qui pour des raisons évidemment politiques et familiales, ça ne vous aura pas échappé,
07:46m'a amené aussi à me questionner dans ce livre sur cet héritage,
07:50en quoi je le perpétue, en quoi je le réinterprète,
07:51en quoi je le dépasse aussi.
07:54Donc je parle en effet de Jean-Marie Le Pen, je parle des désaccords d'ailleurs dans ce livre,
07:57si vous me l'accordez, que nous avons eu.
07:59C'est vrai, quelques lignes, mais disons que c'est relativement...
08:01Oui, enfin, je vous mets très à l'aise.
08:04Au nombre d'éloges dans ce livre, la part de désaccords est assez chale.
08:07Je vous mets très à l'aise, moi vous savez quand j'ai eu des désaccords,
08:09je les ai dit à une époque où ce n'était pas très facile de le dire en face de Jean-Marie Le Pen,
08:13c'est plus facile de le dire en 2026 qu'en 2015 par exemple.
08:16Mais oui, je dis aussi des choses qui je pense aujourd'hui que reconnaissent beaucoup de Français,
08:20à savoir que Jean-Marie Le Pen, dans les années 80, a été le premier, si ce n'est le seul,
08:24à parler d'un certain nombre de sujets qui aujourd'hui font consensus
08:26sur l'immigration, sur l'islamisation, sur la mondialisation sauvage,
08:30sur la désindustrialisation, sur le désarmement,
08:32sur la perte de souveraineté vis-à-vis de l'Union Européenne.
08:35Donc c'est quoi, comme disait Georges Marchais de l'Union Soviétique,
08:36c'est un bilan globalement positif de Jean-Marie Le Pen ?
08:38Ah oui, je pense que c'est un bilan globalement positif.
08:40Malgré les condamnations pour racisme, antisémitisme ?
08:42Parce qu'en l'occurrence, vous savez, il y a des millions de Français
08:45qui ont espéré en Jean-Marie Le Pen fut un temps,
08:48et je crois pour des très bonnes raisons, des raisons légitimes,
08:51qui étaient celles d'avoir le droit à la continuité historique,
08:54le droit d'être fier d'être Français, qui était interdit,
08:56parce qu'à une certaine époque, le patriotisme, c'était fasciste, si vous voulez.
09:00Voilà, donc oui, je considère qu'aujourd'hui,
09:02il y a évidemment des choses très positives.
09:05Moi, je suis fière aussi, aujourd'hui, de porter ce nom Le Pen.
09:08Que vous ne portez pas, d'ailleurs, puisque en haut du livre, il y a écrit « Mario Maréchal ».
09:13Oui, mais j'explique quel rapport j'ai justement à ce nom et à cet héritage,
09:17de la relation, d'ailleurs, que j'ai aussi avec Jean-Marie Le Pen,
09:19et plus largement dans ce livre, évidemment, qui fait 300 pages,
09:22de la vision globale que je défends pour les Français dans les années à venir.
09:26Un tout dernier mot, Mario Maréchal, et encore cette impression de contretemps,
09:29puisque vous revendiquez les vertus de ce patronyme,
09:31alors que pour la première fois...
09:32L'angle de bois, contretemps, il ne vous a pas plu, ce livre, à Jean-Marie Duhamel.
09:35Quel regret !
09:36Pour la première fois, le candidat en 2027 du Rassemblement National
09:40pourrait ne pas s'appeler Le Pen.
09:42Est-ce que là encore, il n'y a pas une forme de paradoxe ?
09:45Et est-ce que peut-être ce livre est une sorte de début,
09:47de déclaration de candidature, si d'aventure, Marine Le Pen était empêchée ?
09:51Quel rapport ? Les idées nationales n'appartiennent pas aux...
09:54Enfin, les idées patriotes, plutôt, et nationales n'appartiennent pas au Le Pen.
09:56Ça va bien au-delà de ça.
09:57D'ailleurs, moi, je suis la première à dire qu'à l'époque où je suis encore au Front National,
10:01le Front National ne peut pas se suffire, et qu'il faut justement construire des alliances.
10:04C'est la leçon de Giorgia Meloni aussi, dont je parle longuement dans ce livre.
10:08Donc, à l'heure où je vous parle, dans une forme d'incertitude,
10:12je vais vous donner la même réponse que Jordan Bardella, d'ailleurs, qui est très claire,
10:15qui dit « Moi, j'espère que Marine Le Pen pourra être candidate,
10:17et quoi qu'il arrive, de toute façon, nous ferons évidemment tous la campagne ensemble. »
10:21Et si jamais elle ne peut pas l'être, vous pourriez l'être ?
10:23Ah non, c'est pas un livre de candidature, vous l'avez compris.
10:25C'est un livre de vision et de la place que je veux défendre pour cette vision dans les échéances à venir.
10:30Merci beaucoup, Marion Maréchal.
10:32Si tu te sens, Le Pen, aux éditions Fayard.
10:34Et merci Benjamin Duhamel.
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