00:01France Inter, la grande matinale.
00:05Il est 7h48 et Benjamin Duhamel, vous recevez une eurodéputée, présidente de son parti Identité Liberté.
00:13Bonjour Marion Maréchal.
00:14Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors que vous publiez aux éditions Fayard ce livre.
00:19Si tu te sens, Le Pen, un mélange entre autobiographie, récit politique avec un peu de langue de bois, éloge de l'Union des droites.
00:27C'est cette impression que je voudrais vous soumettre, Marion Maréchal, d'un livre parfois à contre-temps.
00:32D'abord concernant Donald Trump, page 242, vous parlez de sa brutalité avec des guillemets, comme si le mot était excessif.
00:38Vous appelez nos élites à s'inspirer de ces méthodes.
00:41Et quelques pages plus tard, vous écrivez sur le président américain, ouvrez les guillemets,
00:44il nous prouve que le patriotisme est une doctrine d'avenir.
00:48Est-ce que c'est du patriotisme d'avoir voulu ou de vouloir annexer le Groenland ?
00:52Écoutez, moi je vous réponds très franchement.
00:53En ce qui concerne Donald Trump, je n'ai pas changé et varié de lignes.
00:55Je considère qu'aujourd'hui j'ai un certain nombre de combats communs avec lui.
00:58Ça me paraît évident dans la lutte contre l'immigration, l'insécurité, sur le narcotrafic, sur le wokisme, entre autres choses.
01:04Et je n'ai pas changé de ce point de vue.
01:05Je pense que d'ailleurs c'est des défis qui nous rassemblent entre Européens et Américains
01:09et donc sur lesquels je continue d'avoir des relations avec les Républicains.
01:11Et je continuerai d'avoir des relations avec les Républicains.
01:13Donc faire du chantage aux Européens pour annexer le Groenland, ça ne justifie pas changer son avis ?
01:16Si vous permettez que je finisse.
01:18Et en l'occurrence je ne découvre pas, contrairement à nos élites actuelles européennes,
01:22que les Américains peuvent en parallèle de cela être des concurrents géopolitiques et économiques parfois féroces,
01:27quelles que soient les administrations d'ailleurs.
01:29Parce que je note qu'aujourd'hui il y a une vive réaction, et bien légitime d'ailleurs aux menaces,
01:34notamment sur les droits de droite de Donald Trump.
01:36Mais moi je n'ai pas oublié l'affaire Alstom.
01:37Je n'ai pas oublié l'espionnage massif des dirigeants européens.
01:40Je n'ai pas oublié l'affaire Ocus.
01:41Donc je vous parle à l'élection de Groenland et vous me répondez Alstom et Ocus Poisset.
01:45C'est si difficile de condamner cette menace d'annexion ?
01:49Pourquoi je vous dis ça ?
01:49Parce qu'en l'occurrence ces affaires qui étaient scandaleuses et au détriment des Européens
01:53ne suscitaient pas à l'époque l'indignation des élites européennes,
01:56parce que c'était la gauche qui était au pouvoir.
01:57Moi je les dénonçais, comme je peux aujourd'hui expliquer qu'il n'y a pas de négociation possible
02:01sur la souveraineté évidemment du territoire européen.
02:02Comme j'ai en juillet dernier d'ailleurs critiqué l'accord qui a été signé entre les Etats-Unis et les Européens
02:08parce que je considérais qu'il était inique et un autre désavantage.
02:12Donc je veux dire, je n'ai pas de leçon si vous voulez à recevoir de ce point de vue-là
02:15puisque je n'ai jamais été naïve à l'égard des Américains
02:18et j'ai toujours eu comme boussole la défense des Européens et des Français en particulier.
02:20Quand vous écrivez Marie-Marie Schall, nos élites feraient bien de s'inspirer de sa méthode.
02:24Est-ce que ça vaut aussi quand on a un président des Etats-Unis qui menace d'annexer un territoire européen ?
02:28Absolument, pour une raison simple.
02:29C'est qu'aujourd'hui Donald Trump fait quelque chose de très intéressant sur le plan politique
02:33puisqu'il est en train d'expliquer que la volonté politique peut reprendre le pas
02:36sur la technobureaucratie, sur le gouvernement des juges qui aujourd'hui nous rend incapacitants
02:42qu'il fait la démonstration que dans le grand jeu géopolitique qui nous attend
02:47et on peut peut-être le déplorer, le rapport de force va s'imposer à nous
02:50et que donc il faut être capable de défendre ses intérêts.
02:52Moi je ne reproche pas à Donald Trump de défendre les intérêts américains.
02:56Je reproche aux élites européennes de ne pas défendre les intérêts européens.
02:59Non mais je ne parle jamais dans le livre du fait qu'il soit un modèle.
03:02Je dis qu'il y a aujourd'hui dans sa méthode de gouvernement
03:04quelque chose qui devrait nous faire réfléchir sur la manière dont nous nous avons renoncé
03:08au rapport de force et renoncé à la puissance et organiser finalement notre impuissance là-dedans.
03:12Parce que pardon, je finis par là, moi je veux bien qu'on me reproche aujourd'hui
03:16de ne pas répondre à Donald Trump mais ceux qui aujourd'hui veulent faire la guerre à Donald Trump
03:21alors qu'ils nous ont désarmés sur le plan industriel, sur le plan économique
03:24et sur le plan militaire depuis des années, en l'occurrence c'est ceux qui sont aux affaires
03:27et c'est pas moi.
03:29On remarque sur ce que vous écrivez et l'actualité, un mot sur ce qui se passe
03:32à Minneapolis après la mort d'Alex Préti, infirmier de 37 ans tué par la police des frontières
03:37alors que toutes les vidéos montrent qu'il ne menaçait pas les forces de l'ordre.
03:40C'est le deuxième américain tué par cette police en pleine rue.
03:43À cela s'ajoutent des dizaines d'arrestations, parfois d'enfants très jeunes envoyés
03:46en centre de rétention.
03:48Comment est-ce que vous qualifiez ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis ?
03:51Vous savez, sous Barack Obama, il y a eu également 56 décès de clandestins.
03:56A l'époque on n'en avait pas parlé, oui, je vous l'apprends peut-être, en effet
03:58personne n'en parle parce que les méthodes de la police américaine sont celles-ci
04:01et moi je ne suis pas là pour faire la police de la police américaine.
04:04D'ailleurs j'aimerais comprendre en fait...
04:06Donc vous n'avez pas été choqué des images que vous avez vues dans les rues de Minéa police ?
04:09Ce qui m'interpelle, c'est qu'on passe aujourd'hui des heures et des heures,
04:15notamment sur votre antenne, à commenter cet incident absolument malheureux
04:17parce que quand un homme décède c'est toujours malheureux,
04:19qui se passe quand même à quelques dizaines de milliers de kilomètres de chez nous.
04:22Mais par exemple on ne parle pas du fait qu'il y a quelques jours de cela
04:24une femme de 90 ans a été violée par un clandestin sous OQTF.
04:29Vous m'avez entendu, une femme de 90 ans française a été violée par un clandestin sous OQTF
04:33sous contrôle judiciaire.
04:34Si vous écoutez les interviews que je fais sur cette antenne, je pose toutes les questions.
04:38Non mais ça, ça m'indigne en fait.
04:40Non mais ça, ça m'indigne.
04:41Ça, ça devrait occuper vos antennes bien davantage qu'un accident qui s'est passé aux Etats-Unis
04:45et ce qui, de moi, nous concerne très indirectement.
04:48Et donc vous me demandez aujourd'hui de répondre pour une raison qui m'échappe.
04:50Je remarque une chose.
04:51Attendez, si vous le permettez, je remarque une chose ce matin.
04:54Je vous interroge sur le Groenland, vous me répondez Alstom.
04:56Je vous interroge sur ce qui se passe à Minéa police.
04:58Vous me parlez de ce drame effectivement à lui.
05:00Je vous explique la cohérence.
05:01Ça veut donc dire que vous n'êtes pas choqué de voir les méthodes de Donald Trump,
05:04de voir deux personnes qui sont tuées par la police en pleine rue, ça ne vous choque pas ?
05:07Monsieur Duhamel, ai-je déjà défendu le fait qu'il faille que la France applique les méthodes américaines ?
05:11Non, jamais.
05:12Ce que je suis en train de vous dire, c'est que j'essaye de comprendre où on essaye de nous amener.
05:15Quand on parle de ce sujet matin, midi et soir sur votre antenne,
05:18qu'est-ce qu'il faudrait comprendre ?
05:19Que parce qu'il y a aujourd'hui des accidents aux Etats-Unis,
05:21parce qu'il y a des militants d'extrême-gauche qui s'interposent dans l'action policière,
05:25il ne faudrait pas finalement lutter.
05:27Ce sont des militants d'extrême-gauche dans le cas d'espèce ?
05:29Où voulons-nous ?
05:29Mais il y a eu des accidents, en l'occurrence, arrivent aussi.
05:32Là, j'ai parlé de deux personnes dont la mort d'Alex Prétier, infirmier de 37 ans.
05:35Est-ce que ce sont des militants d'extrême-gauche qui s'interposent ?
05:36Est-ce que ce sont des militants d'extrême-gauche dans le cas d'espèce ?
05:38Excusez-moi, Monsieur Duhamel, mais laissez-moi aller au bout de mon raisonnement.
05:41Il y a aujourd'hui des accidents qui arrivent
05:43parce qu'il y a manifestement des militants qui s'interposent
05:45dans l'action aujourd'hui de cette police.
05:47Mais je vais au bout de mon raisonnement.
05:49Où est-ce qu'on veut nous emmener en parlant matin, midi et soir de ce sujet
05:52qui, vous l'admettrez quand même, nous concerne très indirectement
05:54puisqu'on ne répond pas des actions aujourd'hui en tant que Français de la police américaine ?
05:58On essaye en fait de nous faire comprendre que parce qu'il y a ce type d'accident
06:01regrettable absolument, Monsieur Duhamel, il n'y a pas d'ambiguïté aux Etats-Unis,
06:06d'une certaine façon, c'est ce que suggère un peu Monsieur Cohen
06:09qui est à côté de moi aujourd'hui, il y aurait quelque chose de condamnat par principe
06:13au fait de vouloir lutter contre l'immigration clandestine.
06:15Il faudrait s'interdire.
06:16Mais si, parce qu'en fait, on est en train d'expliquer, regardez,
06:20si vous voulez lutter contre l'immigration clandestine,
06:22si vous envoyez la police pour pouvoir envoyer ces personnes,
06:25voilà ce à quoi ça va nous conduire à des morts.
06:26Donc quand une police interpelle des enfants de 2 ans, de 5 ans,
06:29ce ne sont pas des méthodes qui sont condamnées par principe pour vous ?
06:32Mais ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire, Monsieur Duhamel,
06:34je suis en train de vous dire que vous me faites passer la matinée
06:37à commenter une action dont je n'ai pas à répondre,
06:40alors même que ce qui devrait nous occuper aujourd'hui
06:41et nous indigner aujourd'hui sur ce plateau, c'est le fait qu'une fois de plus,
06:44une femme de 90 ans a été violée par un clandestin sous OQTF
06:47et qu'en parallèle de cela, rien n'est fait manifestement
06:50pour que la loi soit appliquée en France.
06:51Dire moi je vis dans un pays où j'ai peur pour ma fille
06:53et pour ma grand-mère aujourd'hui ça devient un sujet quand même,
06:55c'est ça qui devrait nous occuper, non vous ne croyez pas ?
06:57Je remarque Marion Maréchal, là encore, et je m'appuie sur votre livre.
07:00Mais vous pouvez remarquer 18 fois si vous voulez.
07:01Je voudrais juste qu'on avance pour continuer à parler de votre ouvrage
07:05et de ce titre, si tu te sens Le Pen, c'est ce que vous écris votre grand-père Jean-Marie Le Pen
07:11pour vous convaincre d'être candidate en 2012 aux législatives.
07:13Jean-Marie Le Pen qui revient régulièrement dans votre récit,
07:16en des termes très élogieux.
07:17Est-ce que c'est un livre pour le réhabiliter ?
07:19Est-ce que vous êtes sûre que ce soit un héritage très porteur ?
07:22Alors déjà d'une part, moi j'ai commencé à écrire ce livre au lendemain plutôt des élections européennes
07:27suite à l'échec malheureusement du camp national aux élections législatives anticipées.
07:31Donc un moment de confusion politique où il me semblait nécessaire de pouvoir revenir
07:35sur le chemin, les moyens qui me semblent juste pour arriver à la victoire.
07:40Et puis quelques semaines après est intervenue la mort de Jean-Marie Le Pen
07:42qui pour des raisons évidemment politiques et familiales, ça ne vous aura pas échappé,
07:46m'a amené aussi à me questionner dans ce livre sur cet héritage,
07:50en quoi je le perpétue, en quoi je le réinterprète,
07:51en quoi je le dépasse aussi.
07:54Donc je parle en effet de Jean-Marie Le Pen, je parle des désaccords d'ailleurs dans ce livre,
07:57si vous me l'accordez, que nous avons eu.
07:59C'est vrai, quelques lignes, mais disons que c'est relativement...
08:01Oui, enfin, je vous mets très à l'aise.
08:04Au nombre d'éloges dans ce livre, la part de désaccords est assez chale.
08:07Je vous mets très à l'aise, moi vous savez quand j'ai eu des désaccords,
08:09je les ai dit à une époque où ce n'était pas très facile de le dire en face de Jean-Marie Le Pen,
08:13c'est plus facile de le dire en 2026 qu'en 2015 par exemple.
08:16Mais oui, je dis aussi des choses qui je pense aujourd'hui que reconnaissent beaucoup de Français,
08:20à savoir que Jean-Marie Le Pen, dans les années 80, a été le premier, si ce n'est le seul,
08:24à parler d'un certain nombre de sujets qui aujourd'hui font consensus
08:26sur l'immigration, sur l'islamisation, sur la mondialisation sauvage,
08:30sur la désindustrialisation, sur le désarmement,
08:32sur la perte de souveraineté vis-à-vis de l'Union Européenne.
08:35Donc c'est quoi, comme disait Georges Marchais de l'Union Soviétique,
08:36c'est un bilan globalement positif de Jean-Marie Le Pen ?
08:38Ah oui, je pense que c'est un bilan globalement positif.
08:40Malgré les condamnations pour racisme, antisémitisme ?
08:42Parce qu'en l'occurrence, vous savez, il y a des millions de Français
08:45qui ont espéré en Jean-Marie Le Pen fut un temps,
08:48et je crois pour des très bonnes raisons, des raisons légitimes,
08:51qui étaient celles d'avoir le droit à la continuité historique,
08:54le droit d'être fier d'être Français, qui était interdit,
08:56parce qu'à une certaine époque, le patriotisme, c'était fasciste, si vous voulez.
09:00Voilà, donc oui, je considère qu'aujourd'hui,
09:02il y a évidemment des choses très positives.
09:05Moi, je suis fière aussi, aujourd'hui, de porter ce nom Le Pen.
09:08Que vous ne portez pas, d'ailleurs, puisque en haut du livre, il y a écrit « Mario Maréchal ».
09:13Oui, mais j'explique quel rapport j'ai justement à ce nom et à cet héritage,
09:17de la relation, d'ailleurs, que j'ai aussi avec Jean-Marie Le Pen,
09:19et plus largement dans ce livre, évidemment, qui fait 300 pages,
09:22de la vision globale que je défends pour les Français dans les années à venir.
09:26Un tout dernier mot, Mario Maréchal, et encore cette impression de contretemps,
09:29puisque vous revendiquez les vertus de ce patronyme,
09:31alors que pour la première fois...
09:32L'angle de bois, contretemps, il ne vous a pas plu, ce livre, à Jean-Marie Duhamel.
09:35Quel regret !
09:36Pour la première fois, le candidat en 2027 du Rassemblement National
09:40pourrait ne pas s'appeler Le Pen.
09:42Est-ce que là encore, il n'y a pas une forme de paradoxe ?
09:45Et est-ce que peut-être ce livre est une sorte de début,
09:47de déclaration de candidature, si d'aventure, Marine Le Pen était empêchée ?
09:51Quel rapport ? Les idées nationales n'appartiennent pas aux...
09:54Enfin, les idées patriotes, plutôt, et nationales n'appartiennent pas au Le Pen.
09:56Ça va bien au-delà de ça.
09:57D'ailleurs, moi, je suis la première à dire qu'à l'époque où je suis encore au Front National,
10:01le Front National ne peut pas se suffire, et qu'il faut justement construire des alliances.
10:04C'est la leçon de Giorgia Meloni aussi, dont je parle longuement dans ce livre.
10:08Donc, à l'heure où je vous parle, dans une forme d'incertitude,
10:12je vais vous donner la même réponse que Jordan Bardella, d'ailleurs, qui est très claire,
10:15qui dit « Moi, j'espère que Marine Le Pen pourra être candidate,
10:17et quoi qu'il arrive, de toute façon, nous ferons évidemment tous la campagne ensemble. »
10:21Et si jamais elle ne peut pas l'être, vous pourriez l'être ?
10:23Ah non, c'est pas un livre de candidature, vous l'avez compris.
10:25C'est un livre de vision et de la place que je veux défendre pour cette vision dans les échéances à venir.
10:30Merci beaucoup, Marion Maréchal.
10:32Si tu te sens, Le Pen, aux éditions Fayard.
10:34Et merci Benjamin Duhamel.
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