00:00Vous ce matin, Arthur Berda, vous allez nous parler de la gauche, la gauche non-mélenchoniste, en ordre de bataille pour 2027.
00:08Oui, et c'est pas gagné, parce que les autoproclamés unitaires, c'est comme ça qu'ils se font appeler,
00:13n'ont pas vraiment réussi à faire ni l'unité, ni l'unanimité pour l'instant.
00:18Alors on trouve parmi eux les écologistes de Marine Tondelier, quelques anciens insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin,
00:25et puis peut-être les socialistes d'Olivier Faure, à condition que le parti arrête de compter plus de lignes que d'adhérents.
00:32Bref, tout ce petit monde s'est réuni à Tours ce week-end pour se donner rendez-vous dans 10 mois, le 11 octobre,
00:39date qu'ils ont choisi pour organiser leur fameuse primaire de la gauche et des écologistes,
00:44avec un objectif de participation qui ne manque pas d'ambition, quelques 2 millions d'électeurs sont dit-on attendus, il y a du boulot.
00:52Mais ça doit vous réjouir, c'est la fin de la gauche mélanchonisée que vous dénoncez quotidiennement ?
00:57Peut-être oui, ou peut-être pas, parce qu'aussi vrai que le PS a retrouvé des couleurs ces dernières semaines,
01:03les socialistes risquent d'être bientôt rattrapés par ce que l'on appelle l'ivresse des profondeurs,
01:08un mélange d'euphorie et d'angoisse qui conduit les plongeurs à faire des erreurs qui peuvent leur être fatales,
01:14y compris les plongeurs les plus aguerris, comme le parti socialiste,
01:18qui n'ont fini plus de s'enfoncer électoralement depuis 10 ans,
01:22au point d'être devenus une sorte de champion de l'apnée politique.
01:26Mais cette lente descente aux enfers, elle n'a connu que deux exceptions,
01:29l'ANUPES et le NFP d'abord, avec une soumission à Jean-Luc Mélenchon,
01:33et puis la séquence du budget ensuite, en pactisant cette fois avec Emmanuel Macron.
01:37Il y a eu les européennes aussi, 2024 ?
01:40C'est vrai, c'est la seule fois de l'histoire récente où l'on a vu renaître une gauche social-démocrate,
01:44écologiste, laïque, républicaine, progressiste et pro-européenne.
01:48Bref, la gauche que l'on a longtemps appelée « de gouvernement »
01:51et qui semblait portée disparue depuis la fin du quinquennat de François Hollande.
01:56Une gauche qui s'est hissée, vous l'avez dit, sur la troisième marche du podium des européennes,
02:00en tutoyant presque les 15%,
02:02mais une gauche à qui il n'a même pas fallu 24 heures à l'époque
02:06pour se jeter dans les bras de LFI au motif d'une lutte contre l'extrême droite
02:11qui justifiait tous les renoncements et toutes les compromissions.
02:14Cette gauche-là, elle était emmenée par Raphaël Glucksmann,
02:16le seul avec Jean-Luc Mélenchon,
02:18qui est aujourd'hui donné au-dessus des 10% dans les sondages présidentiels,
02:22à lui donc de montrer qu'entre le mélenchonisme d'un côté et le macronisme de l'autre côté,
02:28il existe peut-être une troisième voie pour la gauche,
02:31le réformisme.
02:32Or, il part de tellement loin qu'il n'a plus le temps de prendre son temps,
02:36sinon il sera très vite, trop tard.
02:38Merci Arthur.
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