00:00Une autre interpellation qui tourne mal.
00:02Dans la nuit du 14 au 15 janvier dernier,
00:04un travailleur immigré de 35 ans est mort à Paris
00:06durant sa garde à vue au commissariat du 20e arrondissement.
00:09Il s'appelait El Hassan Diara et était originaire de Mauritanie.
00:13Les images de son contrôle dans la rue, filmées par un riverain,
00:15montrent des policiers lui asséner des coups
00:17pendant que l'homme crie et semble en détresse.
00:19Alors forcément, cet autre décès à la suite d'une interpellation
00:22ravive le sujet des violences policières.
00:24Une manifestation a donc lieu aujourd'hui à Paris.
00:27Les gens vont marcher du foyer de travailleurs où ils vivaient
00:30jusqu'au commissariat du 20e arrondissement.
00:32Nous disons un stop, un stop le racisme et la violence policière.
00:37Ces personnes, ils ont quitté leur pays pour venir ici travailler édouement
00:41pour aider leur famille.
00:44Dans l'espoir de rentrer en jour vivant et fierté.
00:48Et aujourd'hui, leur famille les a caillés dans des cercueils.
00:53C'est hanté, c'est injustice, c'est insupportable.
00:57L'interpellation a donc eu lieu ici devant le foyer de travailleurs migrants
01:00dans la nuit du 14 au 15 janvier dernier.
01:03Et ce sont ces images, filmées par un riverain, qui suscitent l'indignation.
01:07On voit des policiers en train de porter des coups à un homme par terre.
01:10Selon la police, El Hassan aurait été interpellé
01:12après avoir été vu en train de rouler un joint, ce que nie la famille.
01:15Le son de la vidéo laisse entendre des gémissements,
01:18voire les mots « vous mettrangler » assurent la famille du défunt.
01:20Et El Hassan a ensuite été emmené au commissariat du 20e,
01:30où sa mort a été constatée.
01:32Un arrêt cardio-circulatoire, selon l'autopsie,
01:35qui a aussi révélé une fracture du cartilage thyroïde.
01:38Un signe caractéristique de la strangulation, selon l'avocat de la famille.
01:41Mais d'après le parquet, on ne sait pas encore si c'est lié à l'interpellation.
01:45D'autres analyses sont à venir.
01:46Pourquoi ça vous touche cette histoire particulièrement ?
01:49Parce que ce n'est pas la première fois que quelqu'un subit des violences policières
01:53sans aucune justification de cette manière.
01:55C'est tout le temps des caisses des personnes racisées, même si je n'aime pas le terme.
01:59Un homme se fait interpeller, il meurt.
02:04Il n'y a pas d'autre message.
02:05C'est juste impensable.
02:08On a le sentiment qu'il y a une ambiance d'infinité.
02:15Maintenant, on ne sait même plus si nous sommes dans un état de droit ou pas,
02:18parce qu'on ne peut pas circuler comme on veut.
02:20On se fait contrôler à n'importe quel moment.
02:23C'est pour dire aux personnes qu'il ne faut pas avoir peur, quelque part.
02:27Si d'autres ont le droit de circuler, nous aussi.
02:30Il y a eu une altercation, il est entraîné dans sa chute de policiers.
02:40Il y a eu effectivement usage du taser sur son mollet.
02:44Il y a deux coups qui sont portés à cet individu.
02:46Mais de là à en déduire que ces coups ont été mortels,
02:49il y a un pas que je ne franchis pas,
02:50parce qu'il y a une enquête judiciaire en cours.
02:52Et il faut bien se garder, sur ce cas particulier,
02:55comme d'une manière générale,
02:56à des considérations générales sur des violences policières systémiques et autres.
03:07Et la scène vivait depuis plusieurs années dans ce foyer de travailleurs migrants.
03:10Ceux et celles qui l'ont côtoyé décrivent quelqu'un de calme, de gentil, un peu dans son monde.
03:14Personne ne comprend vraiment comment il a pu se retrouver dans une telle situation,
03:18maîtrisée brutalement par la police.
03:19Moi, j'ai vivé au foyer pendant dix ans.
03:21Et Alassane, il vivait pendant quatre ans.
03:24Alassane, c'est quelqu'un qu'on connaît vraiment très bien.
03:26Il est calme, il est souriant, il ne communique pas.
03:28Donc quand on voyait quand même la situation, comment elle en est arrivée,
03:31on était tellement surpris.
03:32J'habite avec lui, même étage aussi, c'est même étage.
03:35C'est quelqu'un qui est très gentil, il est calme, donc il ne parle pas.
03:39Donc voilà, c'est quelqu'un qui est vraiment très aimable.
03:43En fait, ça nous fait vraiment très, très mal.
03:46Donc c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui.
03:48Il faut vraiment qu'on fasse quelque chose, ça s'arrête.
03:51Nous marchons pour toutes les victimes qu'il y a eu avant.
04:00Nous marchons parce que nous sommes les voies vivantes de toutes les victimes.
04:04Aujourd'hui, ces policiers doivent être mis en examen.
04:07Ces policiers doivent aller en garde à vue.
04:09On ne peut pas tuer un homme et qu'il ne se passe rien en France.
04:13Il y a un réel problème, si la police n'arrive pas à interpeller quelqu'un sans violence
04:17et qu'elle finisse morte, c'est qu'il y a un problème.
04:20Là, mon fils, il est encore petit, mais j'ai peur.
04:23Il y a beaucoup de gens qui ont peur de sortir et de faire face à la police.
04:28Donc maintenant, les gens ne savent plus quoi faire.
04:29Est-ce que quand ils voient la police, ils vont s'enfuir ?
04:32Ou est-ce que parce que vous vous enfuyez, vous faites attraper et vous mourrez.
04:37et si vous vous arrêtez, vous finissez dans un cercueil.