00:00C'est le cas de le dire. Je vais prendre une réaction de mon fils aîné qui m'a dit que c'est pour lui et pour nous et pour beaucoup de parents en manque de respect envers les victimes.
00:13Jacques Moretti a fait à peine deux semaines de préventive et est libéré. Jacques Moretti peut continuer à cacher des preuves.
00:24Jacques Moretti peut marcher librement dans la rue alors que mon fils est brûlé et mort.
00:32Voilà. Ça donne aussi une impression de copinage, une impression de sale, une impression qu'on se moque de nous. J'ai une rage énorme par rapport à ça.
00:52Pour vous, c'est plus qu'un affront, cette libération ?
00:59Alors, on se moque de nous. À ce stade-là, on se moque de nous. Enfin, on ne se moque pas de nous, on se moque des victimes.
01:09Des 40 morts, des personnes brûlées, des parents, des familles, des frères et sœurs.
01:19Mon fils, Tobias, qui est un enfant au potentiel, qui a 14 ans, le dernier, a pleuré à l'image de la libération qu'on a vu.
01:30Enfin, voilà. Il a pleuré. Voilà.
01:35Vous vous y attendiez ?
01:37Oui, on s'y attendait. Parce que depuis le départ, c'est quand même des situations un peu rocobolestes.
01:45où on a l'impression qu'on nous cache beaucoup de choses, qu'on sort beaucoup de choses,
01:55qu'à l'image de cet établissement totalement hors norme, jamais contrôlé,
02:03on va se dire que le début du procès est à l'image de cet établissement
02:11et de ce que la commune a laissé faire par cet établissement.
02:16Les débuts de l'enquête, vous y faites vous-même allusion ce matin.
02:20Vous estimez qu'elle est mal menée pour l'instant ?
02:24On a laissé passer trop de choses. On n'a pas saisi toutes les preuves à temps.
02:35Plus le temps passe, plus les preuves seront amouflées.
02:39Plus il y aura un risque de collusion qui est absolument incroyable.
02:44Mais imaginez ce que ces gens ont fait.
02:48Imaginez ce que la commune a permis et pourquoi la commune a permis que ça se passe ainsi.
02:56Et imaginez les conséquences.
02:59Il faut savoir que beaucoup se sont dirigés vers la porte de secours.
03:06Et là, on parle du fait qu'on a cloué une porte de secours.
03:10On parle du fait que mon fils était dans la cave.
03:13Mon fils Tristan est mort en bas.
03:16Il n'a eu aucune chance.
03:18Il s'est certainement vu mourir.
03:21Il a certainement essayé d'aller par la porte de secours.
03:26Et imaginez qu'est-ce qu'il a dû ressentir au moment où lui et ses copains et plein d'autres
03:32ont essayé d'ouvrir cette porte.
03:35Et elle était clouée.
03:37Après, en espoir de sortir, il s'est senti brûlé.
03:41Il s'est senti fichu.
03:42Tristan avait 17 ans.
03:44Guillaume avait 18 ans.
03:47Arthur avait 16 ans.
03:50Nathan également.
03:53Ils étaient 11 à cette table.
03:55Il y a deux survivants dans des conditions extrêmes dans le coma à l'hôpital.
04:00On a été à des enterrements successifs de ces gens.
04:03Ces gens étaient tous aussi génial que Tristan l'était.
04:06On est bien d'accord.
04:08Et 40 autres.
04:10Et tous les vies brisées.
04:13Et tous les grands brûlés.
04:14On parle de grands brûlés.
04:16On parle d'années de récupération.
04:20Et d'acceptation.
04:21Et de survie.
04:23Voilà.
04:25C'est inimaginable qu'on ne prenne pas ça plus au sérieux.
04:30C'est impensable.
04:32C'est de la folie.
04:33Chaque matin, je me réveille en me disant que c'est moi qui suis dans le coma et que je rêve cette situation.
04:41C'est impossible.
04:42On ne peut pas.
04:43On est en Suisse.
04:44Mais quelle image.
04:45Mais quelle image on peut avoir de ça.
04:48Voilà.
04:49Merci Vinciane.
04:50Merci d'avoir pris ces quelques minutes pour nous faire part de votre ressenti, de votre sentiment ce matin sur BFM TV.
04:58Sincèrement, on vous souhaite beaucoup de courage.
05:01On pense très fort à vous.
05:02Merci.
05:02Merci.
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