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Hiver 1941. La France est coupée en deux. Au nord, la zone d'occupation, au sud une zone libre. Sur la ligne de démarcation, un petit village.
Un jour, un résistant est parachuté du mauvais côté. Blessé, il est caché à l'hôpital. Le village entier se mobilise...

Interprètes, une partie : Fred Ulysse, Christian Barbier, Martin Trévières, Michel Bedetti, Jean Franval, Jacques Aveline, Jeanne Herviale, Pierre Gueant, Pierre Londiche, Marcel Gassouk, Pierre Abrilain, Jacques Chevalier, Hella Petri, Colin Drake, Yan Brian, Jacqueline Moresco, Hans Verner, James Sparrow, Rudi Bosten, Roman Kopp, Bernard Charlan, Fred Fisher, Catherine Sterman, Tony Rodel, Eric Laborey, Nicolas Stein, Michel Daquin, Jacques Serre, Yves Barsacq, Georges Claisse, Jacques Giraud, Claude Dujet, Germaine Delbat...Coluche

Réalisateur : Jacques Ertaud
Scénaristes : Henry Grangé, Colonel Rémy* d'après sa série de livres
*C'est le Colonel Rémy qui fait une succinte présentation des 3 histoires qui vont suivrent sur les treize.
= Ce feuilleton se veut un hommage appuyé aux héros de l'ombre de la Résistance.

Bonne séance
#vosouvenirstélé

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00:00Musique
00:00:01On disait chez nous
00:00:28La drôle de guerre
00:00:30La vraie, dans toute son horreur
00:00:33Commença pour la France
00:00:34Le 10 mai 1940
00:00:36Ce jour-là
00:00:38Hitler déclenche l'offensive générale
00:00:41Sur le front de l'Ouest
00:00:42La Hollande et la Belgique sont envahies
00:00:44Le 13 vient notre tour
00:00:46Poussant devant eux un immense flot de réfugiés
00:00:49Les blindés allemands foncent vers le sud
00:00:51Le 7 juin
00:00:53Les Panzer-Division approchent de Rouen
00:00:54Le 12, Elbeuf, Mande, Sanlis
00:00:57Les Sérins tombent au pouvoir de l'ennemi
00:00:59Le 14, la Wehrmarche
00:01:01Entre à Paris
00:01:02Le 16, elle atteint Angers, Tours, Orléans
00:01:05Nevers
00:01:06Le 17, appelé depuis la veille
00:01:08A la tête du gouvernement
00:01:09Le maréchal Pétain
00:01:11Annonce aux Français
00:01:12Qu'il faut cesser le combat
00:01:13Le 22 juin 1940
00:01:16A 19h15
00:01:18Dans cette même clairière de retonde
00:01:20Et dans ce même wagon
00:01:21Où 22 ans plus tôt
00:01:23Le 11 novembre 1918
00:01:24S'était consacrée la défaite de l'Allemagne impériale
00:01:26La convention d'armistice est signe
00:01:29L'un des articles de cette convention
00:01:31Stipule que les 3 cinquièmes du territoire français
00:01:34Seront occupés par l'armée allemande
00:01:35Une frontière va couper la France en deux
00:01:38La ligne de démarcation
00:01:40Partant de la frontière espagnole
00:01:42Elle passe à l'est de Saint-Jean-Pied-de-Port
00:01:44Par Orthèse, Mont-de-Marsan et Langon
00:01:46Elle s'infléchit légèrement à l'est de Libourne
00:01:49Angoulême et Poitiers
00:01:50Traverse le Cher à Blairey près de Tour
00:01:53Puis devirzon
00:01:54Rejoint Moulin
00:01:55Franchit la Loire
00:01:57Remonte vers le Jura
00:01:58Et s'inclure en dessous de Dol
00:02:00Pour redescendre près de Jex
00:02:02Jusqu'à la frontière sus
00:02:03La ligne comporte des points de passage officiels
00:02:08Strictement contrôlés
00:02:09Où les privilégiés
00:02:12Qui ont reçu des autorités d'occupation
00:02:14La permission d'aller de zone occupée en zone libre
00:02:16Ou inversement
00:02:18Présente leur Hausweis
00:02:20Bien entendu
00:02:21Cette Hausweis
00:02:23Ou laisser passer
00:02:25Ne s'obtient qu'au prix de multiples démarches
00:02:27Et d'interminables attentes
00:02:29Et encore dans des cas bien déterminés
00:02:31Présentant un caractère d'urgence
00:02:33C'est pourquoi ceux qui ne disposaient pas d'un Hausweis
00:02:36Je veux dire les prisonniers évadés par exemple
00:02:39Les juifs pourchassés par la Gestapo
00:02:41Mes camarades des réseaux de résistance
00:02:44Les familles
00:02:45Poussées par l'exode jusqu'au sud
00:02:48Et qui désiraient rentrer chez elles
00:02:50Eurent recours
00:02:52A des habitants du voisinage de la ligne
00:02:55Qui connaissant bien la contrée
00:02:57Était à même de la leur faire franchir clandestinement
00:03:01Il y eut des gens
00:03:03A profiter des circonstances
00:03:05Pour en faire un commerce fructueux
00:03:08Allant parfois jusqu'au vol
00:03:10Ou même jusqu'à l'assassinat
00:03:12Ceux-là n'ont pas droit au titre de passeur
00:03:15Les passeurs que j'ai connus
00:03:17Furent tous d'un dévouement
00:03:20D'un courage
00:03:22D'une indégation
00:03:23D'une générosité
00:03:24Exemplaire
00:03:25Beaucoup ont payé leur action de leur vie
00:03:29Les aventures
00:03:31Qui vont se dérouler sous vos yeux
00:03:33Ont été vécues
00:03:36Je les ai rapportées
00:03:38Telles qu'elles m'ont été contées
00:03:40Par leurs témoins
00:03:41Et parfois même
00:03:42Par leurs héros
00:03:43C'est par les bords du Cher
00:03:48Que nous allons commencer
00:03:49Plus de 30 000 personnes
00:03:51Se présentèrent au petit village de Tegnau
00:03:54Afin d'éviter le contrôle du poste allemand
00:03:56Qui était installé à Vierzon
00:03:58La région était constamment parcourue
00:04:01Par des patrouilles de douaniers
00:04:02Souvent à cheval
00:04:03Pas bien ?
00:04:09Ah, voilà
00:04:13Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
00:04:26Pein ?
00:04:27Brot ?
00:04:28Brot ?
00:04:29Brot ?
00:04:30Brot ?
00:04:31Brot ?
00:04:31Brot ?
00:04:32Brot ?
00:04:33Brot ?
00:04:34Merci
00:04:34Merci
00:04:35Où allez-vous comme ça les gars ?
00:04:52Bah on se promène
00:04:54Brot ?
00:04:55Brot ?
00:04:55Brot ?
00:04:56Brot ?
00:04:56Brot ?
00:04:57Vous ne soyez pas plutôt désévadés ?
00:04:59Qu'est-ce qu'il vous fait dire ?
00:05:01Vous croyez que ça se voit pas ?
00:05:04Ah bon ? Ça se voit tant que ça ?
00:05:06Comme le nez au milieu de la figure
00:05:08Vous cherchez à passer de l'autre côté ?
00:05:11Bah, on aimerait, oui
00:05:12Vous savez comment vous y prendre ?
00:05:15C'est-à-dire...
00:05:16On a une adresse ?
00:05:19Bon
00:05:19Eh ben, bonne chance les gars
00:05:22Mais attention
00:05:22Faites-vous pas traiter pour la patrouille
00:05:24Je viens de la croiser, elle est pas loin
00:05:27Patrouille ? Où ça ? Par ici ?
00:05:28Bah, là
00:05:28Alors si jamais
00:05:30Vous entonnez un peu de chevaux
00:05:31Ou planqués dans un fossé ou dans les haies
00:05:33Ouais mais dites, c'est embêtant ça
00:05:35Parce que...
00:05:35Quoi ?
00:05:36On a justement deux copains à nous qui sont en avant
00:05:38Je ne sais pas vu
00:05:39Vous pouvez aller voir ?
00:05:40Bon, écoutez, planqués-vous
00:05:41Moi je vais essayer de les prévenir
00:05:43Ok
00:05:44Ok
00:06:14Oh merde
00:06:16Hey, monsieur
00:06:37Ouais
00:06:39Bonjour
00:06:42Bonjour
00:06:43Je voudrais parler à M. Toupet
00:06:45Qui travaille à la gare de Téniou
00:06:46Bah c'est moi
00:06:48Pas besoin de vous faire un dessin
00:06:53Vous venez d'où ?
00:06:57Stalag 12, à côté de Koblenz
00:06:59Qu'est-ce qui vous a donné ma adresse ?
00:07:02C'est un copain à moi qui s'est évadé du stalag il y a trois mois
00:07:04Et il a passé la ligne ici
00:07:06Il s'appelle l'agneau, ça vous dit rien ?
00:07:09On pense tellement
00:07:10Et il m'avait dit que s'il réussissait
00:07:12Il m'écrirait pour me donner des tuyaux
00:07:13Que j'essaie d'en faire autant
00:07:15Il avait bien enveloppé ça, hein ?
00:07:17Comme si c'était des nouvelles de la famille
00:07:19Les Boshy ont vu que du feu
00:07:20Et dans la lettre il me disait que
00:07:22Le cousin Toupet travaille à la gare de Téniou
00:07:25Près de Vierzon
00:07:27Bah ça voulait dire qu'on pouvait compter sur vous
00:07:29Vous allez pas me laisser tomber
00:07:36Vous allez nous aider mon copain et moi
00:07:41C'est mon frère qui vous passera ce soir
00:07:45En attendant, venez
00:07:47Je vais vous cacher dans la lampisserie
00:07:49C'est dans la lampisserie
00:08:00Encore un peu les gars ?
00:08:01Ah oui
00:08:02Merci, merci
00:08:03C'est à l'heure
00:08:05Toi aussi ?
00:08:06Oui, oui
00:08:10Merci
00:08:19Vous inquiétez pas, c'est le boulanger
00:08:29Bah tu vlas, mais qu'est-ce que t'as foutu ?
00:08:31Bah j'ai pas pu venir plutôt
00:08:32Allez, entre
00:08:35Bah tu tombes bien
00:08:36On était quatorze il y a pas
00:08:38Il reste plus un seul coton
00:08:39Bah c'est tout ce que ça ?
00:08:41Bah justement, Marcelin
00:08:42Je vous l'ai dit, je suis bien embêté
00:08:44J'ai une descente du contrôle économique
00:08:46Ils sont venus vérifier mon stock de Farini
00:08:48Ils se sont aperçus que je livrais Lupin sans ticket
00:08:50Merde
00:08:51Ouais
00:08:52Je n'amende aussi, je vais le boire continuer encore longtemps
00:08:54Bah qu'est-ce que tu veux ?
00:08:55On fait se compter
00:08:56On est tous là
00:08:57Allez, on
00:09:00Bah voilà mes deux gaillards
00:09:02Bah je savais bien que je vous retrouve ici
00:09:04Mais vos pauvres copains
00:09:06Ouais je sais, on les a vus passer
00:09:08C'est la destinée
00:09:10Salut Raymond, ça va ?
00:09:11Ça va
00:09:12Et ton gosse ?
00:09:13Il est toujours chez sa grand-mère
00:09:14Ouais mais ça va hein ?
00:09:15Ouais mais voilà
00:09:16Avec lui, vous êtes en bonne main
00:09:18C'est le roi des poisseurs
00:09:20Qu'est-ce que c'est ?
00:09:21On t'a pas suivi ?
00:09:22Je lui ai eu l'air seul
00:09:23Vraiment, cache-le dans la remise derrière, en vitesse
00:09:25Vite, vite, vite, allez
00:09:27Vaisse-toi assied-toi, fais comme si tu mangeais
00:09:38Qu'est-ce que c'est ?
00:09:46Monsieur le monsieur
00:09:47Excusez-nous de vous déranger
00:09:49C'est monsieur Bourdin qui nous envoie
00:09:54Nos enfants sont à mon nuçon
00:09:55On voudrait bien les revoir
00:09:57Seulement on a pas pu voir de l'hier passer
00:09:59Bah alors on s'est dit tant pis
00:10:01On va tenter le tout pour le tout
00:10:03On a pris le train
00:10:04On est venu à l'hier-en
00:10:05Et là dans un café
00:10:07Y'a un monsieur qui nous a dit
00:10:08Moi je peux vous faire passer la ligne
00:10:10C'est 2 000 francs par personne
00:10:13Seulement on en avait que 3 000
00:10:15Il l'a quand même accepté
00:10:17Alors hier soir il nous a conduit
00:10:19Jusqu'au bord du Cher
00:10:21Là il nous a dit attendez moi
00:10:24Puis on a plus revu
00:10:26C'est que comme ça on devrait les y balancer non cher ?
00:10:29C'est à l'auberge qu'on nous a indiqué votre maison
00:10:31Ils ont bien fait
00:10:35Seulement combien vous allez nous demander ?
00:10:40Vous savez ici chacun donne comme il peut
00:10:43Celui qui a rien il donne rien
00:10:48Avant la guerre Raymond Toupet était serrurier à Vierzon
00:10:52Démobilisé à Bourges il accepta tout de suite d'aider les gens à passer en zone libre
00:10:57Arrêté une première fois condamné
00:10:59Il avait jugé préférable à sa sortie de prison de venir s'installer chez son frère Athéniou
00:11:05Et depuis il se consacrait entièrement à sa tâche de passeur
00:11:08C'est là
00:11:18Il y a pas de barque ?
00:11:19Tu crois pas que je vais la laisser à la mer pour débloquer la voie non ?
00:11:21Elle est noyée dans ce creux là
00:11:22Ah bon ?
00:11:23Vous allez m'aider à la tirer
00:11:24Allez !
00:11:25Allez !
00:11:26Allez !
00:11:27Allez !
00:11:28Allez !
00:11:29Allez !
00:11:59Non, non, non ! Pas de bruit, les gars, parce qu'on peut vous entendre de l'autre côté.
00:12:18Puis moi, j'y retourne.
00:12:20Bon, vous voyez la ferme, où il y a la grotte mêle de foin ?
00:12:22Ouais.
00:12:22Vous y êtes attendus.
00:12:24Vous pourrez vous reposer avant d'en repartir.
00:12:27Merci, hein ?
00:12:28Non, non, on ne sait rien, mais les gens se lèvent, il faut que je reparte.
00:12:30Au revoir.
00:12:31Au revoir.
00:12:34Madame.
00:12:35Oui.
00:12:38Tenez.
00:12:39Mais, qu'est-ce que c'est ?
00:12:41Pour aller à Montluçon.
00:12:43Il vous faut bien un peu d'argent pour payer le train.
00:12:46Allez.
00:12:47Bonne chance.
00:12:48Merci.
00:12:54Les choses ne se passaient pas toujours aussi bien.
00:12:56Il y eut quelques chaudes alertes, mais enfin rien de grave, tout au moins jusqu'en 41.
00:13:13Dis donc Marcelin, encore un client pour toi.
00:13:16Un évadé, est-ce qu'il me dit ?
00:13:19Lequel ?
00:13:20Le petit rouquin.
00:13:23On a l'air un peu bien habillé pour un évadé.
00:13:25C'est ce que je me suis dit.
00:13:28Bon, je vais voir.
00:13:33Monsieur.
00:13:35Bonjour, monsieur.
00:13:36Vous désirez ?
00:13:38On peut parler ici ?
00:13:40Ben oui, pourquoi pas.
00:13:42Je m'appelle Tournial.
00:13:43On m'a dit que vous pourriez m'aider à passer ensemble les livres.
00:13:45Hein ?
00:13:46Qui vous a dit ça ?
00:13:48Des gens, j'ai rencontré sur ma route.
00:13:49Ben, on vous a mal à renseigner, moi, je fais pas ce boulot-là.
00:13:53Pourtant, on m'a bien dit que...
00:13:54Ben, on s'est trompé.
00:13:56Écoutez, je comprends que vous soyez méfiants, mais j'ai les boches et mes trousses.
00:13:59Et puis, je suis un cheminot comme vous.
00:14:01Tenez, j'aime bien le tirage.
00:14:06Vous voyez bien que vous pouvez avoir confiance.
00:14:11Je regrette, mais encore une fois, je fais pas ce boulot-là.
00:14:13Un petit rouquin, avec une Canadienne ?
00:14:41Ouais, c'est ça.
00:14:42Ben, il était là, il y a de 5 minutes.
00:14:44Je l'ai mis avec les autres dans le garage à Bordeaux.
00:14:46Oh, si le chef ne m'avait pas retenu à la gare.
00:14:49Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
00:14:51Ben, je sais pas, mais...
00:14:53Ce type-là, il ferait partie de la Gestapo, ça m'étonnerait pas.
00:14:55Oh.
00:14:57Ah oui ?
00:15:00Ben, d'abord, il me dit qu'il est évadé.
00:15:02Et puis, après, qu'il est cheminot.
00:15:03Seulement, son permis, il date que de la semaine dernière.
00:15:06Et alors ?
00:15:06Alors ?
00:15:07Ben, au chemin de fer, on engage pas des prisonniers évadés.
00:15:09C'est la preuve qu'il m'a menti, non ?
00:15:12Marcelin, faut...
00:15:15Faut pas voir des espions partout, quand même.
00:15:17Ben, oui, d'accord, mais...
00:15:19Quand même, je suis inquiet.
00:15:24Tu sais, ça fait plus d'un mois que je sens qu'on est repérés.
00:15:28Tiens, je te l'avais pas dit.
00:15:30L'autre jour, il y avait une bonne femme à la commandature.
00:15:32On la laissait passer.
00:15:33Puis, il pouvait pas l'avoir tout de suite, il était embêté.
00:15:36Ben, l'interprète lui a dit, donnez-moi 500 francs et je vous donne une adresse où on pourra vous aider.
00:15:41Ben, c'est la nôtre qui l'a donnée.
00:15:43Oh, la vache.
00:15:44Mais il se fait de l'argent sur notre dos, disons.
00:15:46Puis, c'était que ça.
00:15:49Non, je crois bien qu'on ferait mieux d'arrêter.
00:15:52Au moins, pour quelque temps.
00:15:54Mais d'un autre côté, on peut pas laisser les gens dans l'embarras.
00:15:58Ben, oui, je sais bien.
00:15:59T'en as combien ce soir ?
00:16:0312, je crois deux voyages.
00:16:27Qu'est-ce qu'il y a ?
00:16:29Je croyais avoir entendu des bruits.
00:16:32Merde !
00:16:32C'est le lire, elle m'entoupez !
00:16:35Allez !
00:16:36Allez !
00:16:37Si j'avais ton âge, mon petit, je sais bien ce que je ferais.
00:16:56La zone libre, je la traverserai vite, vite.
00:16:59Je passerai en Espagne et puis de là en Angleterre.
00:17:02Et je continuerai à me battre contre les moches.
00:17:04J'ai pas raison ?
00:17:06C'est peut-être ce que tu comptes faire, non ?
00:17:09Ben, non, je vais me planquer chez mon oncle.
00:17:11Ben, la jeunesse d'aujourd'hui.
00:17:15Odio, il arrive pas vite, votre frère, hein ?
00:17:19Il va pas tarder à arriver.
00:17:20Ben oui, mais il devrait déjà être là.
00:17:22Écoutez.
00:17:33Ben, la jeunesse d'aujourd'hui.
00:18:03Voilà, Marcelin Toupet.
00:18:14Alors, monsieur Toupet, vous faites le passeur avec votre frère.
00:18:20Où est votre frère ?
00:18:22Quoi ? Vous l'avez pas eu ?
00:18:25Répondre !
00:18:27Répondre !
00:18:28Tu vas répondre, dit.
00:18:31Nous savons qu'il se cache par ici.
00:18:33Il est revenu par ici.
00:18:36Dis, dis, tu vas dire où il est ton frère, dit.
00:18:39Tu vas dire où il est ton frère, dit saloperie.
00:18:41Tu vas dire où il est ton frère, dit.
00:18:43Tu vas...
00:18:43Tu es ton frère, dit.
00:18:44Tu vas dire où il est ton frère.
00:18:45Tu vas dire où il est ton frère, dit.
00:18:46Tu vas dire à l'air.
00:18:47Bonne chambre.
00:18:48Il est ton frère.
00:18:49Non, c'est ton frère.
00:18:49Non, c'est ton frère.
00:18:50Allez, on cherchez !
00:18:52Moment ! Moment !
00:18:58Où est la clé du grenier ?
00:19:02Dans ma chambre.
00:19:03Allez le chercher !
00:19:22Arrêtez-le !
00:19:24Arrêtez-le !
00:19:25Commen ! Commen !
00:19:28Feuillé !
00:19:32Schade, sir, schade !
00:19:34Un coup s'il vient monter, les avoir laissés échapper tous les deux là !
00:19:36Quel flamage !
00:19:38Une heure plus tard, il était en zone libre et il frappait à la porte de son ami Dupuis.
00:19:57Oh Marcelo, c'est toi ! T'as réussi à t'en sortir ?
00:20:00T'as pas vu Raymond ?
00:20:01Si, il est là !
00:20:02Et toi là ?
00:20:06Raymond...
00:20:08Je me suis fait un mauvais sang, dis donc !
00:20:13Je pensais bien que tu te laisserais pas coincé comme ça.
00:20:17Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:20:18On s'est fait choper le long du canal.
00:20:21J'ai bien plongé dans l'eau, mais ils m'ont tiré dessus.
00:20:24Une patte dans la jambe.
00:20:26Mais alors, comment que t'as fait pour venir jusqu'à là ?
00:20:32Oh, le plus dur, ça a été pour aller jusqu'au chair.
00:20:35Parce que je pouvais pas marcher.
00:20:38Oh, le chair !
00:20:43Eh ben j'ai nagé, quoi.
00:20:44Juste avec les bras.
00:20:46Oh !
00:20:48Ouais, ça te fait mal ?
00:20:50Non, c'est rien.
00:20:52Le docteur Chaisy lui a fait un pansement, mais il a dit que demain, il faudrait l'emmener à l'hôpital.
00:21:00Et les autres à la maison ? Ils ont tous été pris aussi ?
00:21:05Ouais.
00:21:07C'est de ma faute. J'ai pas été assez méfiant.
00:21:10Mais non, t'as rien à te reprocher, va. On a fait ce qu'on a pu.
00:21:13Bien entendu, les deux frères ne revèrent plus à Téniou.
00:21:18La Gestapo avait mis leur tête à prix.
00:21:20100 000 francs.
00:21:21Une somme considérable pour l'époque.
00:21:23Et à poser une affiche sur la porte de leur maison, afin que nul ne l'ignore.
00:21:27Les chèvres souffraient-elles aussi des restrictions ?
00:21:30Ou sont-elles friandes de papier ?
00:21:32Toujours est-il que l'une en fit ses délices.
00:21:34Les Allemands ne voulurent jamais admettre cette version des faits,
00:21:41et mirent en demeure le maire du pays de faire assurer la garde de la maison jour et nuit.
00:21:46Deux Français, je vais avoir ici pour la garde, jour et nuit.
00:21:49Mais où je vais les prendre, il n'y a pas de faire ça.
00:21:51Je m'en fous.
00:21:55Montez la garde pour des chèvres.
00:22:00Putain de guerre.
00:22:01On aura tout eu.
00:22:09Les semaines passèrent.
00:22:10Raymond se remettait lentement de sa blessure, mais l'inaction lui pesait.
00:22:14Et surtout, il souffrait de ne plus pouvoir aller embrasser son fils, rester en zone occupée.
00:22:19Tu prends comme un lapin, ce lapin ?
00:22:21Oui. C'est bien, hein ?
00:22:23Oh !
00:22:25Ah, dis-donc, j'ai rencontré Schmitt, là. Il revenait de Pierzon.
00:22:28L'Alsasien ?
00:22:29Oui.
00:22:30Alors, voilà. Je te fais la commission parce que j'ai promis de te la faire, mais moi, à ta place, je lui dirais non.
00:22:36Il a besoin de moi ?
00:22:37Oui. Toute une famille de Juifs qui débarquent de Paris.
00:22:40Alors, il les emmènerait sur l'autre rive. Il faudrait que tu traverses avec la barque et que tu les ramènes par ici.
00:22:46C'est qu'avec ma jambe ?
00:22:47Eh ben oui, c'est ce que je lui ai dit.
00:22:49Remarque, d'un autre côté, s'il a besoin de moi.
00:22:56Alors, remont, fais pas l'imbécile.
00:22:58C'est qu'à l'heure qu'il est, t'es condamné à mort.
00:23:01Je sais bien.
00:23:03Mais s'il a besoin de moi...
00:23:06Attention. Maintenant, c'est de la rivière. Faut pas faire de bruit.
00:23:25Et à 20h, le 6 février 1942, Raymond Toupet attendait qu'on lui fasse, depuis la rive opposée, le signal convenu.
00:23:35Il profitait du voyage pour amener une famille de fonctionnaires qui regagnaient la zone occupée.
00:23:42Permettez-moi d'assister pour vous rétribuer.
00:23:44Non, c'est pas la peine. Je vous l'ai déjà dit, je veux pas d'argent.
00:23:48C'est le bon cœur. Il n'y a rien que je puisse faire.
00:23:51Je sais pas, moi.
00:23:53Bah si, quand vous serez de l'autre côté.
00:23:55J'ai mon fils qui est à Vierzon, chez sa grand-mère.
00:23:58Bah si, alors, achetez-lui n'importe quoi. Quelque chose, une bricole, et puis...
00:24:02Portez-lui de ma part, quoi.
00:24:03Ah oui, certainement. Donnez-moi seulement l'adresse.
00:24:07Qu'est-ce que c'est ?
00:24:08Non, non, c'est rien. C'est le signal. Ils nous attendent, maintenant. On peut y aller.
00:24:11Allez, allons-y.
00:24:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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00:24:25Sous-titrage Société Radio-Canada
00:24:43Entraînée par le courant, la barque alla s'échouer sur l'autre rive, en zone libre.
00:25:01La famille affolée s'enfuit, abandonnant Raymond à son sort.
00:25:20Viens, viens, viens, viens !
00:25:26Viens, viens, viens !
00:25:31On le découvrit aux premières lueurs de l'aube.
00:25:56Et l'on peut constater qu'en dépit de la température glaciale qui sévissait, son corps était encore chaud.
00:26:05La mort s'était sûrement fait attendre dans cette interminable nuit d'hiver qu'il avait recouvert dans la seule givre.
00:26:12Grand ouvert, ses yeux bleus fixaient le ciel.
00:26:15Le ciel
00:26:17Le ciel
00:26:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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00:26:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:26:26Paris
00:26:27Paris
00:26:28Juillet
00:26:30Paris
00:26:31Juillet 1940
00:26:34Le visage de Paris humilié. Cela allait durer quatre ans.
00:26:41Le visage de Paris humilié. Cela allait durer quatre ans.
00:26:51Dès les premiers jours de l'occupation, les Allemands avaient procédé à l'arrestation des sujets britanniques qui résidaient dans la capitale. Certains cependant échappèrent à l'internement, les Allemands avaient procédé à l'arrestation des sujets britanniques qui résidaient dans la capitale. Certains cependant échappèrent à l'internement.
00:27:20En raison de leur situation particulière.
00:27:26Tel fut le cas du colonel Cécile Chaux, mariée à une américaine. Ancien commandant du 12e lancier, il avait fait ses premières armes pendant la guerre des bourgs. Tel fut aussi le cas de Merelle Hindle, devenue par son mariage française et de surcroît comtesse.
00:27:42Et bien là, le 2 septembre 1939, j'ai sorti mon vieil uniforme de la Croix-Rouge pour conduire un convoi...
00:27:52Oui, pour conduire un convoi d'ambulances à bord. Alors j'ai amené mes 25 blessés à Pau, parce que nous étions arrivés en même temps que les Allemands, au milieu d'une pagaille.
00:28:10Et vous vous imaginez ? Et à Pau, ils étaient tout de même plus tranquilles. Et après ? Après j'ai récupéré mes enfants et je suis rentrée à Paris. Voilà toute ma guerre. Enfin, pour le moment. Et vous, colonel ?
00:28:26Et vous, colonel ? Oh, moi, je ne change pas. J'habite toujours le Ritz.
00:28:29Le Ritz ?
00:28:30Oui, c'était le Ritz.
00:28:32Mais le téléréquisition n'est pas les Allemands ?
00:28:34Oui, pareil. Et bien, je n'y vois. Le directeur m'a demandé de partir. Et je lui ai demandé pourquoi je suis client ici, je reste et je suis resté.
00:28:43Et ça ne vous gêne pas de vivre parmi tous ces uniformes ?
00:28:47Oh, je ne les vois pas. Je regarde au-dessous. Seulement, il a été nécessaire que je changeais mes habitudes.
00:28:53Maintenant, je prends mon thé dans ma chambre.
00:28:57Oh, colonel. Eh bien, aujourd'hui, vous le prenez chez moi.
00:29:01Oh, lovely, my dear. Thank you.
00:29:10Bonjour, ma chérie.
00:29:13Vous rappelez-moi un petit pavé, hein ?
00:29:15Très bien. C'est une jeune fille, maintenant. Comment allez-vous ?
00:29:18Je vous en prie, entrez.
00:29:20Ah, et voilà, OK. Mon second.
00:29:24Comment allez-vous ?
00:29:26Mais, mais qu'est-ce que vous avez tous les deux ?
00:29:29Rien. C'est-à-dire, il y a des...
00:29:32Oh.
00:29:34Où les avez-vous encore amassés, ces deux-là, hein ?
00:29:48Sur les quais de la Seine, par le Notre-Dame.
00:29:51La nuit, ils couchent à l'Armée du Salut, mais ils n'ont pas le droit d'y rester pendant la journée.
00:29:55Il faut leur trouver des pantalons.
00:29:57Ils ont mangé ?
00:29:59Oui, oui.
00:30:00Très bien, OK. Amenez-les dans vos chambres.
00:30:06Et vous, ma chérie, faites-nous un thé, hein ?
00:30:09Oui, maman.
00:30:10Qu'allez-vous faire avec ces deux-sous-leurs en l'air ?
00:30:12Oh.
00:30:13Comme d'habitude.
00:30:14OK.
00:30:15Va les accompagner à sauveterre de Béa, mais là, on leur fera passer la ligne.
00:30:20Ensuite, la frontière espagnole.
00:30:22Après...
00:30:23Après...
00:30:24Après, ils seront arrêtés par les gardes civils.
00:30:27Et notre consul à Barcelone donnera 10 000 pesos d'État par homme aux gardes civils
00:30:32et il retournera les hommes en l'air.
00:30:34Je vois que vous êtes au courant.
00:30:36Je m'occupe aussi de cela.
00:30:39Dites-moi, combien avez-vous recueilli et transporté de ces prisonniers évadés ?
00:30:47Une quarantaine, je pense.
00:30:48C'est toujours de simples soldats comme cela ?
00:30:51Mon Dieu, oui !
00:30:53Euh...
00:30:54Un sergent aussi, je crois.
00:30:56Vous savez, nous les prenons comme ils les présentent.
00:30:59Nous ne faisons pas le tri.
00:31:01Il faut.
00:31:02Et pourquoi ?
00:31:03Parce que nous sommes en guerre.
00:31:05Et à la guerre, un soldat, ce n'est qu'un homme.
00:31:07Un être humain qui peut être remplacé par un autre être humain.
00:31:11Mais un officier, c'est un homme de métier.
00:31:14Et ça coûte de l'argent dans l'Angleterre pour fabriquer un officier.
00:31:18Et nous n'avons pas le temps ni l'argent à perdre.
00:31:21C'est pourquoi la consigne de Londres est formelle.
00:31:25Priorité absolue aux hommes de métier, aux officiers.
00:31:29Un sergent aussi, c'est un homme de métier.
00:31:32Oui, mais euh...
00:31:34Ça coûte moins cher qu'un officier.
00:31:37Mais oui, vous voulez vraiment aider l'Angleterre ?
00:31:40Quelle question.
00:31:41Bon.
00:31:42À l'avenir, occupez-vous uniquement des garçons que je vous présenterai.
00:31:47Et faites-le passer la ligne vous-même.
00:31:52Je peux compter sur vous ?
00:31:56Je ne sais pas très bien comment je vais m'y prendre.
00:31:59Bon.
00:32:00J'essayerai.
00:32:01Bonne fille.
00:32:02Vous savez, pour gagner une bataille, il faut miser sur Dieu, sur le hasard et sur la chance.
00:32:11À bientôt, chère Montaise.
00:32:13À bientôt, colonel.
00:32:15Et, euh, thank you for a delicious tea.
00:32:19Ah, il en a des bonnes, c'est chère colonel.
00:32:22Je n'ai jamais fait ça, moi.
00:32:24Quant à la chance.
00:32:28Ma première chance, elle fut un coup de téléphone.
00:32:33Allo, oui ?
00:32:35Comment allez-vous ?
00:32:36Je vous remercie d'être venu aussi vite, Marie.
00:32:38Vous permettez que je vous appelle, Marie ?
00:32:40Je vous appelle.
00:32:42Je sais que la Croix-Rouge n'a jamais fait à peine un vin à votre dévouement.
00:32:45Vous lui avez toujours apporté votre aide,
00:32:47et que, par conséquent, nous pouvons compter sur vous.
00:32:50Décidément, tout le monde compte sur moi aujourd'hui.
00:32:53Avez-vous encore votre voiture ?
00:32:55Oui.
00:32:56Parfait.
00:32:57Voilà ce dont il s'agit.
00:32:58Vous savez que pendant l'exode du mois dernier,
00:33:01de nombreux enfants se sont trouvés séparés de leurs parents.
00:33:03Les uns étant maintenant en zone libre,
00:33:05les autres en zone occupée, ou inversement.
00:33:07Eh bien, nous avons besoin de bonne volonté.
00:33:10possédant une voiture,
00:33:12pour ramener ses enfants à leur famille.
00:33:14Bien entendu, la Croix-Rouge fournira les bonnes essences.
00:33:17Et aussi, je suppose, le laisser-passer pour franchir la ligne.
00:33:21Oui.
00:33:22Hélas, non.
00:33:23Il faudra que chaque convoyeuse l'obtienne individuellement.
00:33:26Barbé !
00:33:29Le prince !
00:33:30Quelle preuve ?
00:33:31Je venais de me rappeler que je connaissais un prince russe
00:33:34qui avait toujours besoin d'argent,
00:33:36et qui se flattait d'être en excellent terme avec les Allemands.
00:33:39Et du moment que je promettais de le payer,
00:33:41il accepta tout de suite de m'aider.
00:33:43Entrez, je vous en prie.
00:33:45Nous avons un rendez-vous avec le général von Stuttnagel.
00:33:52Quoi ?
00:33:53Avec le commandant en chef ?
00:33:55Exactement.
00:33:56Dans une...
00:33:57Alors, il est temps de m'échanger, je suis à vous.
00:34:00Oui.
00:34:01Je vous en prie, entrez, s'il vous plaît.
00:34:02Merci, madame.
00:34:03Je ne serai pas long, hein.
00:34:07Cela faisait tout de même quelque chose de les voir installés comme chez eux,
00:34:10à l'Hôtel Criot.
00:34:12Et puis, je dois dire que j'avais un petit peu la frousse.
00:34:15J'étais entrée d'accord, mais...
00:34:17Est-ce que j'allais en sortir ?
00:34:20Ouais.
00:34:28Mon très cher Amine.
00:34:29Au général, voilà.
00:34:30Je vous présente à notre chère comtesse.
00:34:34Madame la comtesse.
00:34:36Je vous en prie, asseyez-vous.
00:34:40Merci.
00:34:43Notre amie m'a dit votre très intéressante idée.
00:34:47C'est une œuvre très belle, très...
00:34:50très philanthropique, et je vous félicite.
00:34:53Je vous donnerai, bien sûr, toute facilité pour transporter vos...
00:34:58comment dit-on, vos...
00:35:01vos petits protégés.
00:35:03Je vous remercie.
00:35:04Trop heureux d'être agréable à un ange de bonté.
00:35:08Pour Lars Weiss, vous verrez le lieutenant von Bismarck.
00:35:11Je vais le prévenir.
00:35:17Von Bismarck ?
00:35:18Avec un nom pareil, c'est sûrement un vieux Prussien.
00:35:22Eh bien, pas du tout.
00:35:23Il était très joli garçon.
00:35:25Je vous prie de m'excuser, madame la comtesse,
00:35:27mais je dois inscrire votre date naissance.
00:35:29Je vous en prie.
00:35:3125 juillet 1895.
00:35:351895.
00:35:39Qui conduit votre voiture ?
00:35:41Moi.
00:35:42Vous ? Vous-même ?
00:35:44Bien sûr.
00:35:45Mais vous êtes accompagnée d'un chauffeur.
00:35:47Un chauffeur ?
00:35:48Oui, pour vous aider si vous avez une panne ou...
00:35:52ou changer une roue.
00:35:54Mais comment je n'ai pas pensé à ça plutôt ?
00:35:56Ah...
00:35:58Vous voulez dire un mécanicien ?
00:36:00Oui, c'est ça, un mécanicien.
00:36:02Ah, bien entendu, bien entendu.
00:36:04Oui, oui, je suis accompagnée d'un mécanicien.
00:36:07C'est évident.
00:36:08Quel est son nom ?
00:36:09Son nom ?
00:36:10Il faut que je l'écrive.
00:36:12Hum...
00:36:13C'est que...
00:36:14Là, mon garçon, vous me prenez un peu de cours.
00:36:16Vous comprenez.
00:36:17Ce sont des mécaniciens bénévoles
00:36:19qui font ça pour aider la Croix-Rouge.
00:36:22Et...
00:36:23D'ailleurs...
00:36:24Ce ne sera peut-être pas toujours le même qui m'accompagnera.
00:36:27Eh bien, inscrivons...
00:36:30Accompagné de 100 mécaniciens.
00:36:35Voilà.
00:36:39Il suffira qu'il présente sa carte d'identité française.
00:36:42Même s'il n'avait pas été aussi joli garçon, je l'aurais bien embrassé.
00:36:46Pourquoi il était allemand ?
00:36:47James Winslowis, lui, il était bien anglais.
00:36:50Ça se voyait tout de suite.
00:36:51Captain of the Welsh Guards, blessé à Boulogne
00:36:54et évadé de l'hôpital de Liège.
00:36:56Le Connellon Shaw l'avait chargé de tout un paquet de renseignements à rapporter en Angleterre.
00:37:01Il allait être mon premier mécanicien.
00:37:03Bon, alors, comment il s'appelle celui-là ?
00:37:05Je vous laisse le choix, commissaire.
00:37:07Depuis quelque temps, vous mettez mon imagination à rue des preuves.
00:37:10Bon.
00:37:11Allez, au hasard dans la mer.
00:37:12Trideau, ça vous va ?
00:37:14Très bien.
00:37:15Ça fait canadien.
00:37:16Michel.
00:37:17Michel.
00:37:18Your name is Michel Trideau.
00:37:20Michel Trideau.
00:37:21Michel Trideau.
00:37:22C'est ça.
00:37:23Né le ?
00:37:24When were you born ?
00:37:2621st February 1915.
00:37:2821st February 1915.
00:37:3221st February 1915.
00:37:3321st February 1915, profession ?
00:37:35Mécanicien.
00:37:36Mécanicien ?
00:37:37Oui.
00:37:38Vous croyez qu'il a le physique de l'emploi ?
00:37:40Attendez.
00:37:41Put your belly on.
00:37:43Et voilà.
00:37:46Comme ça, il a l'air moins distingué.
00:37:49Admettons, oui.
00:37:51Mécanicien.
00:37:57Barbie.
00:37:58What does that poster mean ?
00:38:00That anyone from having British soldiers will be shot.
00:38:04Allo ?
00:38:13Comment allez-vous ?
00:38:15Très bien, très bien.
00:38:16Avez-vous pu obtenir ce fameux housewives ?
00:38:18Ah oui.
00:38:19Alors voilà.
00:38:20Il s'agit d'aller chercher une petite fille à Limoges
00:38:23et de la ramener à Paris.
00:38:25C'est d'accord.
00:38:26D'où allez-vous ?
00:38:28Je vais sortir.
00:38:30Excusez-moi une seconde.
00:38:32Vous devriez être froid.
00:38:34Je n'ai pas le droit de rester.
00:38:36Vous serez tirés, vous et vos enfants.
00:38:37Vous arriverez-vous là-bas.
00:38:39Et ne vous règle pas, vous idiot.
00:38:45Allo ? Allo ?
00:38:47Excusez-moi.
00:38:49Vous disiez ?
00:38:50Oui, j'étais en train de vous dire que malheureusement,
00:38:52nous n'avons pas pu avoir les bons descents qu'on nous avait promis.
00:38:55Nous avons eu un petit contre-temps.
00:38:57Le colonel m'a dit, il faut pointer sur Dieu, la chance ou les hasards.
00:39:01Bien.
00:39:02Ce jour-là, j'ai choisi le hasard.
00:39:22Je ne sais pas ce qu'il y a, ça n'avance plus.
00:39:32Ah ! Cholie madame et moteur, pas d'amis !
00:39:37Ah ! Je ne sais pas ce qu'il y a, ça n'avance plus.
00:39:42Ah ! Cholie madame et moteur, pas d'amis !
00:39:49Ha ! Ha ! Ha ! Ha !
00:40:01N'expansion !
00:40:03Oh ! Oh mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu !
00:40:06Mais comment je veux faire, moi ?
00:40:08J'allais chercher un enfant, un petit enfant.
00:40:11Quoi ?
00:40:12Un enfant.
00:40:14Bébé.
00:40:15Bébé ? Bébé à vous ?
00:40:17Oui. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu.
00:40:21Mais cholie madame, il ne faut pas pleurer.
00:40:24Hans ! Benzine !
00:40:26Il m'en a donné 20 livres.
00:40:28Ha ! Ha ! Ha !
00:40:29Alors, j'aurais commencé avec mon petit haut.
00:40:32Et j'attendais.
00:40:33Mais cette fois, ce n'est pas très longtemps.
00:40:35C'est un camion avec un soldat qui s'est arrêté.
00:40:38Pour que ce soit Jamie.
00:40:40Quoi ?
00:40:41Je n'ai pas pu l'empêcher de sortir.
00:40:43Je crois bien que je n'ai jamais dit autant de gros mots de ma vie.
00:40:46Enfin !
00:40:47Donc, le lendemain matin, j'ai pris la route avec mon Captain of the Welsh Guards,
00:40:51et nous venons de dépasser Rambouillet.
00:41:08Je crois bien que je n'ai jamais dit autant de gros mots de ma vie.
00:41:12Enfin.
00:41:13Donc, le lendemain matin, j'ai pris la route avec mon Captain of the Volksguards
00:41:17et nous venons de dépasser Rambouillet.
00:41:20Qu'est-ce qu'il veut, celui-là ?
00:41:22You're not going to stop, are you ?
00:41:23What you want me to do ? That's madness.
00:41:25Oh, shut up.
00:41:33Madame, vous allez où ?
00:41:35À Limoges.
00:41:36Vous passez Châteautin ?
00:41:38Oui ?
00:41:39Vous pouvez amener.
00:41:41Montez.
00:41:44Get in the back.
00:41:56Croix-Rouge française ?
00:41:58Oui, je suis de la Croix-Rouge française.
00:42:01Mais vous savez accent anglais ?
00:42:03J'ai été élevée par une Annie.
00:42:05Une Annie ?
00:42:06Une nourrice anglaise ?
00:42:09Arsouria.
00:42:11Moi, je reviens d'Angleterre.
00:42:14J'ai été pour bombarder Bristol.
00:42:16J'ai pas pu les Spitfire poursuivir jusqu'en France.
00:42:20J'ai dû sauter en parachute.
00:42:22Et maintenant, je suis à pied.
00:42:24Mais vous parlez très bien le français.
00:42:26J'ai étudié à Paris, Sorbonne, un an, afin de la care.
00:42:32Well, I also speak English.
00:42:33OK.
00:42:35Tell me, who is this fellow sitting behind ?
00:42:37He ?
00:42:38He helps me drive.
00:42:41He doesn't talk too much.
00:42:43No.
00:42:43And he doesn't look very intelligent.
00:42:46No.
00:42:47But he's very good at mechanics.
00:42:50Though, I must say he's rather stupid.
00:42:54Ça se voit.
00:42:55Qu'est-ce que vous, ça fait ?
00:42:59Rien, rien.
00:43:01Finalement, je n'avais pas le regret d'avoir embarqué cet aviateur.
00:43:04Parce que grâce à lui, nous avons franchi quelques barrages sans encombre.
00:43:08Mais j'étais quand même pas mal précédemment débarrassée.
00:43:11Voilà.
00:43:12Nous sommes à Châteaudet.
00:43:14Maintenant, vous pouvez continuer tout seul.
00:43:16Maintenant, vous allez venir avec moi.
00:43:18Où ça ?
00:43:19À la commandante tour.
00:43:21Bon.
00:43:21C'est là, hein ?
00:43:44Ya.
00:43:45Bon, on le voit.
00:43:46Pas encore, madame.
00:43:53Il faut finir.
00:43:54Mais...
00:43:55Melle de Gehorsamst, Leutnant Werner.
00:44:17Werner.
00:44:19Sie leben noch.
00:44:21Mein Gott, Junge.
00:44:24Gratuliere.
00:44:24Ich bin glücklich, Sie wiederzusehen.
00:44:27Wir haben Sie längst zu tot gehalten.
00:44:30Denn Ihre Maschine wurde uns als Überfalle gemeldet.
00:44:33Eine Spitfeuer hat mich über der Normandie abgeschossen.
00:44:36Bon, eh ben, ma veille, si tu veux t'en aller, je crois que c'est le nomant.
00:44:40N'aime Sie Platz, mein Junge.
00:44:42Madame.
00:44:43Trop tard.
00:44:46Venez.
00:44:47Qui est, madame ?
00:44:49Sei mon ange gardien.
00:44:50Wie bitte ?
00:44:52Mein Schutzengel.
00:44:53Madame.
00:44:54Madame, s'il vous plaît.
00:45:05Vous êtes très gentil pour notre leutnant Werner.
00:45:09Ça, c'est la preuve.
00:45:12Il y a des Français qui aiment les Allemands.
00:45:15Prosit, madame.
00:45:17Prosit.
00:45:22Qu'est-ce que je peux faire pour vous, madame, pour vous remercier ?
00:45:25Voulez-vous dîner avec nous ?
00:45:27Oh, non !
00:45:28Non, non, je vous remercie.
00:45:30Quoi alors, madame ?
00:45:32Mais, rien.
00:45:33Mais, rien.
00:45:34Rien, non.
00:45:35Avez-vous une idée ?
00:45:36Peut-être on peut donner un peu d'essence.
00:45:39Ah, un pinceau.
00:45:42Ça fait-vous plaisir.
00:45:44Ça rendra service à la Croix-Rouge.
00:45:47Good.
00:45:48Sehr good.
00:45:49Voilà votre ticket.
00:45:52Ils sont valables partout, comme si votre voiture est allemande.
00:45:55500 litres, avec tout, mais respect, madame.
00:46:08Attendez-moi.
00:46:09Attendez-moi.
00:46:11Maintenant que vous avez essence, vous pouvez accompagner moi à Aerodrome.
00:46:15Laisse-moi.
00:46:16C'était trop beau.
00:46:18Mais, avec joie.
00:46:20Et ce n'était pas fini.
00:46:25Leutnant Werner, je suis venu à l'arrivée.
00:46:45Bon.
00:46:46Cette fois, vous êtes vraiment arrivés, hein ?
00:46:48Ce n'est pas la peine que j'aie plus loin.
00:46:49Si, si, si.
00:46:50Je veux vous présenter à mon commandant et qu'il vous remercie lui aussi.
00:46:54Aufmachen !
00:46:55Pauvre Jimmy.
00:47:05Il ne comprenait rien de ce qui s'est passé.
00:47:08Je crois bien qu'il n'en menait pas l'âge.
00:47:11Pourquoi partir ses vies ?
00:47:13Excusez-moi, commandant, mais je suis assez pressée.
00:47:15Ah, vous ne voulez pas manger avec nous ?
00:47:18Ce serait avec plaisir.
00:47:19Mais, d'ailleurs, je ne suis pas seule.
00:47:22J'ai mon mécanicien avec moi.
00:47:23Eh bien, le mécanicien, il mangera avec les sergents.
00:47:26Avec les...
00:47:27Mais si, madame.
00:47:29Ah oui, ça, c'est une travail.
00:47:31Non, non.
00:47:33Je vous assure, ce n'est pas possible.
00:47:35Alors, vous ne refuserez pas de visiter mon camp ?
00:47:38Mais...
00:47:38Si, si, je veux vous montrer.
00:47:41Venez.
00:47:41Eh, nous voilà repartis.
00:47:43Les Canadiens étaient ici avant.
00:47:46Ils avaient tout très, très bien préparé.
00:47:49Maintenant, c'est nous qui sommes ici et c'est encore mieux.
00:47:52On nous a tout montré.
00:47:55Les avions, les pistes, les hangars, les dépôts des munitions, les dépôts d'essence, avec toutes les explications.
00:48:03Jiménie ne comprenait toujours pas un mot, mais il photographiait dans sa tête.
00:48:08Ça aussi, c'est très intéressant, alors.
00:48:10Je suis très fier de cela.
00:48:12Enfin, j'ai quand même fait ouf quand nous sommes revenus à la barrière.
00:48:33Bon voyage.
00:48:34Merci.
00:48:36Vous allez loin ?
00:48:38Limoges.
00:48:39Limoges ? C'est la zone libre.
00:48:42Ce n'est pas possible.
00:48:43Oh, mais j'ai un auspice.
00:48:44Ah, même avec un auspice.
00:48:47Pourquoi ?
00:48:47J'ai un trésail.
00:48:49Et j'ai eu des sabotages.
00:48:50La démarchation de Jiménie est fermée.
00:48:53Oh.
00:48:54Depuis ce matin.
00:48:56Et quand va-t-on la rouvrir ?
00:48:58Oh, quand les Français seront plus sages.
00:49:01Alors ?
00:49:02On ne peut pas passer ?
00:49:04On ne peut pas passer.
00:49:06Oh.
00:49:07Mais vous, vous passerez.
00:49:10Je vais téléphoner.
00:49:12Deux heures plus tard, nous sommes arrivés à la ligne de démarchation.
00:49:29L'inspection de la voiture a duré une éternité.
00:49:33Et je tremblais pour que les commandants n'avaient pas oublié ce coup de téléphone.
00:49:37L'assaut numéro 117 compte un panneau à Anne.
00:49:40Les cellules ne sont pas prêtes de contrôler.
00:49:42Madame Lintel.
00:49:55Oui ?
00:49:56C'est correct.
00:49:58J'ai reçu permission.
00:50:00Pour vous ?
00:50:01Oui.
00:50:02Hoffman.
00:50:03Hoffman.
00:50:13Any evening, any time.
00:50:15You still have more.
00:50:18Doing the lumber forward.
00:50:19Hooray !
00:50:20Madame, madame intéressante.
00:50:24Avion, benzine.
00:50:26Il restait au capitaine James Windsor Lewis.
00:50:30Une longue route à faire qui, passant par l'Espagne et le Portugal, le conduirait en Angleterre d'où il repartirait se battre.
00:50:37Devenu général, il termina la guerre à Lubeck, mais cette fois, c'était lui l'occupant.
00:50:43Quant à Meryl Indle, arrêtée quelques semaines plus tard, elle devait passer neuf mois en prison avant de reprendre le combat clandestin.
00:50:52Arrêtée de nouveau sur la ligne de débarcation, crièvement blessée au cours d'une tentative d'évasion.
00:50:57Condamnée à mort, elle vit sa peine commuée et fut déportée à Ravensbrück.
00:51:03Elle en sortit le 23 avril 1945, la tête haute, en vraie fille d'Albion.
00:51:08La ligne de démarcation
00:51:31La ligne de démarcation n'était pas la seule frontière tendue en travers du territoire français.
00:51:36A l'intérieur même de la zone occupée, les Allemands avaient institué, au mépris des conventions d'armistice,
00:51:45après avoir annexé l'Alsace et une partie de la Lorraine, une nouvelle ligne.
00:51:52Partant de l'embouchure de la Somme, passant par Amiens, la vallée de l'Aisne, Saint-Dizier, Dôle et Moraise,
00:51:58pour aboutir au Rhône, elle délimitait une zone dite interdite,
00:52:02dont la frontière occidentale rappelait curieusement celle du Saint-Empire romain germanique.
00:52:09Pesançon, la capitale de la Franche-Comté, se trouvait alors dans cette zone interdite
00:52:13où le poids de l'occupation se faisait encore plus lourd.
00:52:16Les Allemands y entretenaient une garnison de 25 000 hommes
00:52:19et comme partout, ils avaient réquisitionné de nombreux édifices publics,
00:52:23y compris le troisième étage du collège Saint-Jean,
00:52:26où étaient enfermés leurs prisonniers, malades ou blessés.
00:52:29Ancien combattant de la Grande Guerre,
00:52:31René Moreau dirige à Besançon un réseau de résistance.
00:52:34Il a déjà été arrêté une première fois par la Gestapo.
00:52:37Hé, là-haut !
00:53:01Hé, Alex !
00:53:04Quoi ? C'est toi, Alex !
00:53:06Non !
00:53:07Il est là !
00:53:09Oui !
00:53:11Amenez-le à la fenêtre !
00:53:25Tout le monde à la fenêtre !
00:53:26Ils sont en train de voir.
00:53:36C'est moi, Alex !
00:53:39On va te faire sortir !
00:53:57Qui vous êtes ?
00:53:58T'inquiète pas !
00:54:00Qu'est-ce qu'il te faut ?
00:54:01Merci !
00:54:02Et une corde !
00:54:03Et une lime !
00:54:03Et une lime !
00:54:05On aura tout ça ce soir à 9h !
00:54:08Mais on est trois !
00:54:10Je sais !
00:54:12Arrange-toi seulement pour faire descendre une ficelle quand on sera là, hein ?
00:54:17D'accord !
00:54:18Vous allez pas vous évader, non ?
00:54:26Oui, on t'occupe pas de ça, tu veux bien ?
00:54:28Ben dis, tu permets ça, on nous regarde aussi !
00:54:30Nous, on est cinq là qu'on va sortir dans quelques jours !
00:54:31Eh ben, si vous vous taillez, c'est sûr que les bols vont s'occuper de nous !
00:54:33Et c'est pas demain à la vête qu'on sortira !
00:54:35C'est pas vrai ?
00:54:36T'as raison, hein !
00:54:36Ben, qu'est-ce que vous préférez ?
00:54:38Qu'on soit fusillés ?
00:54:39Mais si vous vous cassez, c'est nous qui serons fusillés !
00:54:41Notre peau, elle vaut bien la vôtre, non ?
00:54:43Oh, ouais !
00:54:44T'es là ?
00:54:55Un moment !
00:54:56Entrez !
00:54:59Comment ça va, Berthé ?
00:55:02Ça va ?
00:55:04Je suis en train de tirer des tracts, là, il faut qu'on les distribue ce soir dans les boîtes aux lettres !
00:55:09Alors que ce soir, il y a mieux à faire, mon Dieu !
00:55:12Plus important que vos tracts !
00:55:14Plus difficile et puis surtout plus dangereux !
00:55:16Ah bon ?
00:55:17Il s'agit d'un agent belge qui fait le courrier entre Bruxelles et la frontière espagnole !
00:55:21L'autre nuit, il s'est fait assaisonner au passage de la ligne !
00:55:23Sur la loup ?
00:55:24Avec l'oeuf !
00:55:25Bref, un rafale de mitraillette dans l'épaule et la jambe et ramassé par les allemands !
00:55:29Vous voulez enrouler une ?
00:55:31Ouais !
00:55:32Le plus embêtant dans cette affaire, c'est les papiers qu'ils ont trouvés sur lui !
00:55:38Vous remarquez, ils n'ont sûrement pas réussi à les déchiffrer, mais vous les connaissez !
00:55:43Vous pensez bien qu'ils feront tout pour le faire parler !
00:55:45Et il ne faut pas qu'ils parlent !
00:55:46Vous comprenez ?
00:55:48Ouais ! Où est-ce qu'il est ?
00:55:49Au troisième étage de Saint-Jean !
00:55:51En vous retournant, vous allez voir la fenêtre au dernier étage dans l'axe du Porsche !
00:55:55C'est de là qu'ils vont descendre !
00:55:56Ça y est, j'ai vu la fenêtre !
00:56:02Qu'est-ce qu'il y a comme patrouille ? Il y a des patrouilleurs fixes dans le quartier ?
00:56:06Non, absolument pas ! Il n'y a pas de patrouille spécialement affectée à Saint-Jean, il y a les patrouilles normales en vie !
00:56:10Et le Porsche, c'est gardé ?
00:56:12Non, mais les Allemands occupent que le troisième étage, vous savez, alors il n'y a jamais de sentinelle devant le Porsche !
00:56:17Par contre, il y a une sentinelle devant la salle, à l'intérieur, au troisième !
00:56:20Des fenêtres qui sont dessous, ils peuvent nous voir ?
00:56:22Aucun, oui ! Les couloirs !
00:56:25Je pense que c'est possible !
00:56:27Seulement, il n'est pas tout seul !
00:56:28Il y a également avec lui un agent secret français, bon pour le poteau, lui aussi !
00:56:34Et un prisonnier évadé qui voudrait bien pas retourner dans son stalag !
00:56:38Ouais, ça fait trois, ça !
00:56:40Mais dans un sens, c'est pas plus mal, ils pourront s'aider !
00:56:42Et ce serait pour ce soir, alors ?
00:56:44Neuf heures !
00:56:46Ça nous laisse pas beaucoup de temps de préparer le coup, moi !
00:56:49C'est bien, c'est bien, mais la Gestapo de Dijon a déjà réclamé le Belge !
00:56:52S'ils viennent le chercher demain, c'est terminé pour lui !
00:56:55Par la fenêtre ?
00:57:11Mais les barreaux, il faudra les scier !
00:57:13On aura tout ce qu'il faut !
00:57:15Non, c'est pas ça qui nous inquiète, ma sœur !
00:57:17C'est surtout pour tous ceux qui restent !
00:57:19Oui, on voudrait pas que...
00:57:21Enfin, on préférait faire ça dans une autre pièce !
00:57:25Pour qu'on puisse pas les soupçonner de nous avoir aidés !
00:57:26Mais il ne veut pas sortir de Saint-Roch, il y a une sentinelle à la porte !
00:57:30C'est justement pour ça qu'on a pensé à la petite pièce à côté !
00:57:32Mais il est occupé par un contagieux !
00:57:33Eh oui, en tout cas, il est tout seul !
00:57:35Écoutez, ma sœur, voilà comment vous pouvez nous aider !
00:57:38Ce soir, vous lui donnez un bon somnifère !
00:57:40Comme ça, il nous verra même pas !
00:57:42Et demain matin, si on l'interroge, il se souviendra plus de rien !
00:57:44Et vous, vous serez là pour témoigner qu'il pouvait pas nous entendre !
00:57:49Vous savez ce que vous me demandez là ?
00:57:54Bon, je veux bien le faire, mais il faut qu'il soit d'accord !
00:57:57Alors, je vais lui poser la question !
00:57:59Et après ?
00:58:00Comment ça, après ?
00:58:03Ah oui, une faction dehors, qu'est-ce qu'on en fait ?
00:58:05Ah, ben, on les met chez Madame Prudent, c'est prévu !
00:58:08Elle habite pas loin, elle accepte de les garder pour la nuit !
00:58:10Et puis demain matin, le pointu, il leur fera passer la ligne avec son gazagène !
00:58:14Oui ?
00:58:15Oui, mais ce qu'il faut d'un blanc maintenant, c'est de faire sortir !
00:58:18Vous avez du monde ?
00:58:20Ben, j'ai deux petits gars qui demandent qu'à se rendre utile !
00:58:22Et puis j'ai pensé que vous, de votre côté, vous pourriez...
00:58:25Ben, je vais voir mon frère !
00:58:27Tu dis qu'ils sont à Saint-Jean ?
00:58:30Oui, au troisième étage !
00:58:32Avec la citadelle qui est juste à côté et qui est bourrée de chleux !
00:58:36Je sais pas si tu te rends compte !
00:58:37Ben, c'est comme ça, ils ont pas choisi !
00:58:39Maintenant, si tu t'en sens pas...
00:58:42En penses-tu, c'est pas la question !
00:58:45Seulement soir, je quitte à 11 heures !
00:58:48Alors, pour ce qui est du matériel...
00:58:50Faut que j'en parle à Drew !
00:58:52Et de quelle longueur il la faudrait, cette corde ?
00:58:54Oh, il y a une dizaine de mètres par là, ils sont au troisième !
00:58:57Quoi ? Vous voulez les faire descendre par la façade ?
00:58:59Moreau dit que c'est plus simple !
00:59:00Y a pas de sentinelle en bas, et puis ça évite de sauter un mur !
00:59:02Ben, il vaudrait mieux être armé !
00:59:03Moreau dit qu'il fallait pas !
00:59:04Moreau, il fait ce qu'il veut, moi je le saurais !
00:59:06C'est quoi alors, on est où ?
00:59:079 heures !
00:59:08Où ça ?
00:59:09Un petit square devant Saint-Jean !
00:59:18Henri !
00:59:21Dis donc, si t'es toujours d'accord, c'est pour ce soir !
00:59:23Bien sûr que je suis d'accord !
00:59:24Qu'est-ce qu'on va faire ?
00:59:25Je passerai chez toi vers 9h30 avec les instructions !
00:59:27Je te préviens, c'est pas du bateau !
00:59:29Tant mieux !
00:59:30Oh, Henri !
00:59:31Voilà !
00:59:32Passe par derrière, pour que ma mère te voit pas, t'auras qu'à t'appeler au volet !
00:59:35D'accord !
00:59:36Ok ?
00:59:37Salut !
00:59:39Et le soir même, à 9h, nos trois amis se retrouvés dans le petit square !
00:59:46Oh là là là là !
00:59:47Manque de peau, c'est toujours de sortie des cheleux !
00:59:48J'en ai rencontré tout le long en venant !
00:59:50Ouais !
00:59:51Il y a peu de chance qu'ils viennent se balader par ici, hein !
00:59:52C'est un manque de distraction !
00:59:53Ah d'accord !
00:59:54Tiens !
00:59:55Tiens d'accord !
00:59:56Une minute où l'ordre des saucissonnés !
00:59:57Attends !
01:00:05...
01:00:19C'est parti.
01:00:49Oui, il dort.
01:00:54Bonne chance.
01:01:19Tiens, pas la même fenêtre.
01:01:37Qu'est-ce qu'il y a ?
01:01:39Regardez.
01:01:40Qu'est-ce qu'il y a ?
01:02:10Alors allons, on n'est pas de pessimisme.
01:02:18Tu mets ?
01:02:19Oui, vas-y.
01:02:40Onze heures.
01:02:50Ça va ?
01:02:51Non, c'est trop tôt.
01:02:54La dernière ronde est à une heure.
01:02:56Alors, ils en ont pour combien de temps ?
01:03:08Ah, ils disent là-haut que la dernière ronde n'est pas avant une heure du matin.
01:03:11Ils ne peuvent pas finir les barreaux avant.
01:03:13Je croyais pourtant qu'ils auraient fini avant le couvre-feu.
01:03:15Non, c'est pas possible.
01:03:16Pourquoi il y a un problème ?
01:03:22C'est que depuis qu'ils m'ont relâché, ces messieurs ont eu sur moi,
01:03:25et si je ne suis pas rentré à minuit, je...
01:03:26Vous n'en faites pas, M. Moreau ?
01:03:27Entrez tranquillement.
01:03:29Avec René, mon frère et vos deux petits cas,
01:03:31menacés pour faire le boulot.
01:03:33J'aurais pourtant aimé être avec vous.
01:03:35Soyez tranquille, tout ira bien.
01:03:36Courage.
01:03:42Non, on n'entend pas de s'y rien du tout, ça sert à côté.
01:03:58Henri ?
01:03:58Henri ?
01:04:00Oui ?
01:04:04Alors, tu t'enfermes maintenant ?
01:04:11J'ai dû pousser le verrou comme ça, machinalement.
01:04:14Alors, bonsoir, mon chéri.
01:04:15Bonsoir, moi.
01:04:19Tu as entendu ?
01:04:21Non.
01:04:22On a frappé.
01:04:24Ah non ?
01:04:26Ah, il m'a semblé.
01:04:28Je n'ai rien entendu.
01:04:29Les bonnes lignes, moi.
01:04:31Ne veuille pas trop tard.
01:04:32Non, non, je m'accroche tout de suite.
01:04:34J'arrive.
01:04:37Alors, qu'est-ce que tu fous ?
01:04:38T'avais qu'une fille ?
01:04:39T'es con, c'est ma mère.
01:04:41Bon, alors rendez-vous à une heure et demie en bas de chez moi.
01:04:43Sous-titrage Société Radio-Canada
01:04:49C'est parti.
01:05:19C'est parti.
01:05:49C'est parti.
01:06:19C'est parti.
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01:07:19C'est parti.
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01:07:50C'est parti.
01:07:51C'est parti.
01:07:52C'est parti.
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01:08:00C'est parti.
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01:08:02C'est parti.
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01:08:19C'est parti.
01:08:20C'est parti.
01:08:21C'est parti.
01:08:22C'est parti.
01:08:22Bon, toi, René, tu restes avec moi.
01:08:25Raymond, tu vas te mettre là-bas et tu gâtes au front.
01:08:29Et si les Allemands arrivent, comment je te préviens, c'est chouette.
01:08:32D'accord.
01:08:33Vous deux, vous restez ici.
01:08:35Dès que le blessé est en bas, vous rappeliez.
01:08:37V Dé?
01:08:38Allez, allez.
01:08:52Allez.
01:08:54Ça se passe à la jambe.
01:08:57Vas-y, vas-y.
01:09:02Vas-y.
01:09:03Qu'est-ce qui se passe à la jambe ?
01:09:10C'est trop juste.
01:09:13On n'a pas eu le temps de s'y débarrer au horizontal.
01:09:15Il faudrait que je puisse plier ma jambe.
01:09:16Essaye encore.
01:09:17Non.
01:09:20Non, je vois que moi, il faut me casser mon plâtre.
01:09:24C'est fou.
01:09:25Mais si, il a raison.
01:09:26Mais ça se casse pas comme ça, ces trucs-là.
01:09:28Il faut avoir des gros silos pour couper, on en a pas.
01:09:32Je vais me laisser en broyer.
01:09:34Je vais sonner.
01:09:35Arrête !
01:09:36Et si c'est pas elle qui est de garde et que l'autre appelle les Allemands, on aura l'air malins ?
01:09:40Tant pis.
01:09:46Qu'est-ce qu'ils peuvent bien foutre ?
01:10:01On va pas rester la 107, hein ?
01:10:03C'est pas mal, non ?
01:10:04Vous le dites, surtout c'est mal, hein ?
01:10:09Bon, ben non, allons nous replanquer.
01:10:20Ça fait mal, hein ?
01:10:21Tu peux être, non ? Pas trop ?
01:10:22Oh, c'est sûr, ils ont dû se faire piquer.
01:10:24Ça y est, ça vient, ça vient.
01:10:26Ouais, je crois que c'est cuit, hein.
01:10:36Bon, ben alors, on se tire.
01:10:37Ouais.
01:10:41Attends.
01:10:56Attends, tu me gênes, tu me gênes là, regarde plutôt où il y en est.
01:11:10Vas-y, c'est bon ?
01:11:11Allez, à toi.
01:11:39Allez, à toi.
01:11:41Ouais.
01:11:42Allez, hop.
01:11:49Non.
01:11:50Allez, déverte-toi.
01:11:51Non, vas-y, d'abord.
01:11:52C'est pas le moment d'hésiter, vas-y.
01:11:53Vas-y, d'abord, vas-y, d'abord.
01:11:55Je suis pas pour ici, tu sais.
01:11:56Regarde comment je fais.
01:11:57Ouais, vas-y.
01:12:01Je vais faire un rappel.
01:12:02Non.
01:12:03Regarde bien comment je fais.
01:12:07Tu prends la corde entre tes jambes, comme ça.
01:12:09Ouais.
01:12:10Ouais, ouais, ouais.
01:12:11Bon, dès que je suis en bas, t'arrives, hein, d'habitude.
01:12:12Ouais, vas-y, vas-y.
01:12:13Ouais, vas-y, vas-y.
01:12:14Arrête.
01:12:15Arrête.
01:12:16Arrête.
01:12:17Arrête.
01:12:18Arrête.
01:12:19Arrête.
01:12:20Arrête.
01:12:21Arrête.
01:12:22Arrête.
01:12:23Arrête.
01:12:43Arrête.
01:12:44Il est complètement bourré.
01:13:14Tire pas, tire pas ! Attends, il ne nous a pas vus.
01:13:33J'ai plus un poil de sec.
01:13:36Vas-y !
01:13:44Ça va, tu peux marcher ? Va vite te parquer dans les buissons.
01:13:54Enfin, je commençais à m'inquiéter. On m'avait dit avant minuit.
01:14:08On m'avait dit avant minuit. Il a eu du retard.
01:14:10Oui, allez, allez.
01:14:16Alors quoi, merde, tu décides ?
01:14:18S'il ne veut pas, il ne veut pas, il n'y a qu'à le laisser tomber.
01:14:24Mais non, ce n'est pas possible. Un type qui a les fois, c'est trop dangereux. On ne peut pas le laisser tomber en main des Allemands, sinon il va parler.
01:14:28Faites seulement qu'on sorte de là.
01:14:32Crouille-toi !
01:14:34Il va quoi, allez-y.
01:14:36Je vais me croiser la gueule.
01:14:38Qu'est-ce qui vous arrive ? C'est pas le moment de flancher.
01:14:40J'ai la trouille, ça ne se commande pas.
01:14:42Chut !
01:14:44Mais plus de courage, que diable.
01:14:46Vos deux camarades étaient blessés, ils l'ont bien fait, eux.
01:14:48Oui, eux risquent d'être fusillés, pas moi. Alors je reste.
01:14:50Qu'est-ce qu'il faut, merde !
01:14:52Mais les Allemands vont vous renvoyer dans votre stalag.
01:14:54Eh bien, j'y retournerai. Et puis, la guerre s'arrêtera bien un jour. Il vaut mieux être vivant.
01:14:58Allez, allez, allez, montez !
01:15:18Qu'est-ce qu'il m'a bâti, on doit même pareil ! Vous n'avez pas honte ?
01:15:22Non.
01:15:23Allez !
01:15:24Ou alors moi j'appelle la sentinelle.
01:15:26Ou alors moi j'appelle la sentinelle.
01:15:28C'est ça que vous voulez ? Très bien.
01:15:30J'y vais, j'y vais.
01:15:34Ah bah c'est votre retour.
01:15:44Putain de l'effort dans mes mains !
01:15:46On verra ça plus tard, les gros fois.
01:15:56Comme prévu, les trois évadés furent passés en zone libre.
01:16:08Quant à ceux qui avaient risqué pour le moins la liberté en les aidant à recouvrir la leur,
01:16:12ils reprirent dès le lendemain leur vie tranquille, anonyme et apparemment sans histoire.
01:16:18Oh, Henri !
01:16:21Regarde ce que tu as fait de tes tennis.
01:16:24Bah quoi, ça se lave ?
01:16:25Oui, mais quand même, tu pourrais faire attention.
01:16:28Tu sais, des tennis comme ça, tu n'en trouveras plus, même avec des tickets.
01:16:32T'as l'air oublié que nous sommes en guerre.
01:16:35Tu entends ce que je te dis ?
01:16:37Eh oui, ma chère maman, c'est la guerre.
01:16:40Musique
01:17:23...
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