« On ne recrute pas un entrepreneur, on soutient une vision », martèle Ali Bako. Pour cet acteur agro-pastoral, l’échec de nombreuses politiques d’emploi agricole au Burkina Faso s’explique par une erreur de diagnostic. Salaires mensuels, financements accordés à des jeunes sans vocation réelle, formations déconnectées des besoins du terrain. Il révèle notamment l’existence de « plus de 500 fermes aujourd’hui au chômage », faute de main-d’œuvre qualifiée et de modèles de partenariat efficaces. Face à ce paradoxe, Ali Bako défend une approche fondée sur un partenariat exigeant entre l’État, les propriétaires de fermes et des ouvriers professionnels, directement associés aux risques et aux bénéfices. « Sans ressources humaines de qualité, on ne sauvera jamais les investissements », insiste-t-il, convaincu qu’en trois ans, l’agro-pastoral peut absorber le chômage si les règles sont respectées.