Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Transcription
00:00:00Sous-titrage MFP.
00:00:30C'est parti.
00:01:00C'est parti.
00:01:30C'est parti.
00:02:00C'est parti.
00:02:30On a dit que je ne connaissais rien aux gens du monde, que je n'avais frayé que brièvement avec eux, peu admis dans leur salon et pas des plus remarquables.
00:02:44C'est parti.
00:03:14Les scarabées connaissent-ils les sciences naturelles ?
00:03:18Quand on rêve d'une femme, d'une héroïne, il faut d'abord lui trouver un nom.
00:03:29C'est si important cette alliance entre le personnage et le nom.
00:03:35C'est parti.
00:03:39Marquise.
00:03:40Marquise.
00:03:41Marquise de Montfrigneuse.
00:03:43Compte.
00:03:45Marquise blanche de Marquise.
00:03:47Marquise de Marquise.
00:03:49Marquise de Marquise de Marquise.
00:03:51Marquise de Marquise de Marquise.
00:03:53Marquise de Marquise de Marquise.
00:03:55Marquise de Marquise de Marquise.
00:03:57Marquise de Marquise.
00:03:58Marquise de Marquise.
00:03:59Marquise de Marquise.
00:04:00Marquise de Marquise.
00:04:01Marquise de Marquise.
00:04:02Marquise de Marquise.
00:04:03Marquise de Marquise.
00:04:04Marquise de Marquise.
00:04:05Marquise de Marquise.
00:04:06Marquise de Marquise.
00:04:07Marquise de Marquise.
00:04:08Marquise de Marquise.
00:04:09à personne. Elle se créait des rôles, des robes et des opinions qui n'appartenaient qu'à elles-mêmes.
00:04:18Elle se prénommait Diane, le nom d'une déesse, d'une chasseresse. C'est à Paris, bien sûr,
00:04:27non pas dans le faubourg Saint-Germain, ailleurs, disons rue de Miroménil. Elle avait eu l'habileté
00:04:37de mettre sur le compte des événements politiques qui avaient secoué notre pays, les raisons
00:04:43de la ruine complète qu'avaient provoquées sa prodigalité et sa fantaisie. Ainsi était-elle
00:04:49devenue comme une étrangère à sa vie et séparée du prince qui n'était guère plus son mari.
00:04:56C'est bien, on t'aille les bagages dans la voiture. Après les journées révolutionnaires
00:04:59qui avaient provoqué la chute des Bourbons, le prince de Cadignan suivait le roi Charles X
00:05:05dans son exil. Madame, je pars. Votre sécurité est-elle assurée ? Nous verrons. Je ne pouvais
00:05:13pas vous imposer de venir avec moi. Je n'ai jamais songé qu'il puisse en être autrement.
00:05:19Vous suivez votre roi, c'est votre devoir. Je vous laisse sans rien. Tout est vendu ici.
00:05:28Je ne vous le reproche pas. Vous n'êtes pas le seul coupable.
00:05:37Oui. Vous aimez la vie à grande guide et tous les plaisirs qu'elle offre.
00:05:43Non, je ne regrette rien. Allez-y, mon ami. Vos ennemis sont proches.
00:05:50Allez-y, mon ami.
00:06:20Elle avait été l'une des grandes dames de la restauration.
00:06:27Mais à ce moment de sa vie, en 1832, elle se dissimulait au regard.
00:06:34Après être tant apparue, avoir tant brillé, elle voulait à présent disparaître.
00:06:42Elle ne voyait plus personne, sinon une ancienne rivale devenue, risquons le mot, une amie.
00:06:50Mon amie, quelle joie de vous retrouver. Quel bonheur.
00:06:59Venez.
00:07:00Vous n'avez pas eu trop froid ?
00:07:01Oh non !
00:07:02Nous avons eu un printemps détestable.
00:07:04C'est vrai.
00:07:06Merveilleux.
00:07:06Alors, êtes-vous sorti dernièrement ?
00:07:11Oh, la routine. Il y eut les balles, l'opéra. Je ne peux pas vous en parler.
00:07:19J'ai tout traversé comme un rideau de fumée.
00:07:22Le théâtre, désormais, sont de ces drames débraillés, sans mesure, qu'on appelle romantiques.
00:07:31Où êtes-vous, Jean Racine ?
00:07:36Savez-vous que souvent, j'envie votre solitude ?
00:07:39Détrompez-vous, vous vous ennuieriez.
00:07:42Oh non !
00:07:43C'est le monde, en se répétant toujours, qui nous vieillit.
00:07:47Vous, vous échappez autant.
00:07:49Avez-vous des nouvelles de votre mari ?
00:07:55Aucune.
00:07:57Il est aussi peu éloquent dans l'exil qu'il ne l'était pendant notre vie commune.
00:08:06Je peux vous demander quelque chose ?
00:08:09Tout ce que vous voulez, mon ami.
00:08:11Je veux voir votre album.
00:08:12Oh non ! Je vous l'ai déjà montré.
00:08:15Mais s'il vous plaît, laissez-moi m'amuser un peu.
00:08:20Sachez, mon ami, que vous êtes la seule à connaître ce cahier des erreurs.
00:08:26Ce cahier de portraits était le seul témoin d'une autre vie de la princesse
00:08:31quand elle aimait s'encanailler au cabaret, au théâtre du Vaudville,
00:08:37là où seules les actrices et les courtisanes rencontraient certains hommes à la mode.
00:08:41Rastignac !
00:08:53Vous savez qu'il est devenu secrétaire d'État.
00:08:56Il aura mangé à tous les rateliers.
00:08:58Ça, c'est... Non, ne m'aidez pas.
00:09:08C'est mon rivaux.
00:09:10Merci beaucoup.
00:09:13Oh, ça, c'est le diplomate, là, le portugais.
00:09:17Ajuda, Pinto.
00:09:17Oh, c'est le ruide.
00:09:22Qui gagne, monsieur ?
00:09:24C'est moi.
00:09:25Mon canarie vient du Caucase.
00:09:28Et par une petite mécanique secrète, il chante.
00:09:30Écoutez.
00:09:32Oh, ravissant.
00:09:36Celui-là aussi, vous l'avez eu ?
00:09:38Blondet, quelle beauté !
00:09:40Quelle grâce, cette couleur de cheveux !
00:09:44Parbleu, pour qui vous prenez-vous ?
00:09:45Pardon ?
00:09:46Cette dame est avec moi.
00:09:48Mais ne vous en faites pas, monsieur.
00:09:49Je vous la laisse.
00:09:50Et ça vous fait rire.
00:09:51Reculez-vous.
00:09:52Mais que faites-vous ?
00:09:54Là, mon loup, mon caricature.
00:09:56Vous avez trouvé une nouvelle proie, madame ?
00:09:58200 francs.
00:09:59Mais vous, votre audace, on va finir par vous la faire payer.
00:10:01Oui, monsieur, c'est à vous.
00:10:03Moi, vous m'avez tué.
00:10:03Oh, si.
00:10:07Maxime de Treille.
00:10:10J'aimais son rire, sa taille cintrée.
00:10:17Mais tous ses visages, savent-ils qu'ils soient ainsi classés, répertoriés, comme un catalogue dans un musée ?
00:10:26Bon, ça ne les regarde pas.
00:10:28Oh, le jeune Rubin Pré.
00:10:30Quelle triste fin il a eu.
00:10:35La tête de celui-ci ne me dit rien.
00:10:38Qui est-ce ?
00:10:39C'était le jeune comte victurnien des Grignons, arrivé tout droit de sa province, à l'ençon.
00:10:48C'est-à-dire de nulle part.
00:10:51Issu d'un vieux milieu légitimiste, le dernier fleuron d'un cabinet des Antiques.
00:10:56C'est possible d'avoir un cognac, s'il vous plaît ?
00:10:58Et à Paris, vite déguisé en dandie.
00:11:03Qui est cette femme ?
00:11:04Une princesse, paraît-il.
00:11:07C'est la femme la plus chère de Paris.
00:11:08Elle est belle comme un ange.
00:11:10Un ange qui va être mis en fuite par des huissiers.
00:11:13On raconte qu'elle aurait jusqu'à 100 000 francs de dette.
00:11:16Ça me va.
00:11:17Je prends.
00:11:18Ne succombez pas au chant des sirènes, mon ami.
00:11:22Cette femme est un mirage.
00:11:30Perdu.
00:11:30Vous avez tout perdu.
00:11:39À peu près tout.
00:11:41Vous êtes comme moi.
00:11:43L'argent me ruine.
00:11:46Vous savez, je serai à l'opéra demain.
00:11:50Les Indes galants, rameaux.
00:11:52Faites en sorte qu'on vous présente un monde.
00:11:55J'en serai très honoré.
00:12:00Balzac, c'était longtemps.
00:12:10Bonsoir, monsieur de Rastignac.
00:12:12Quel chemin vous avez parcouru depuis cette pension de la rue Saint-Geneviève ?
00:12:16On y mangeait pas mal.
00:12:19Mais je croyais que vous n'imiez pas l'opéra.
00:12:21J'observe les créatures qui viennent assister au spectacle.
00:12:26Madame la marquise, les hommages.
00:12:30Monsieur de Rastignac.
00:12:37Monsieur de Grignan.
00:12:39C'est à nous.
00:12:40Je l'ai vue, elle est là.
00:12:41Suivez-moi.
00:12:42En toute discrétion.
00:12:54Bonsoir, chère madame.
00:12:56Maisonnage.
00:12:57Bonsoir, Victoria.
00:12:58Bonsoir, prenez place.
00:13:12Monsieur, je voulais vous voir de plus près.
00:13:16Asseyez-vous.
00:13:17Je suis très aimé.
00:13:18Vous rougissez.
00:13:37C'est encore de votre âge.
00:13:39Je voulais savoir un peu d'où vous venez.
00:13:44Votre famille, votre naissance.
00:13:48J'ai été élevé par mon grand-père et une tante.
00:13:51Mes parents sont morts et je tiens à leur rendre honneur.
00:13:54Ah, mon ami, comme vous êtes sensible.
00:13:57Paris sera votre famille.
00:13:58J'ai été élevé par mon grand-père.
00:14:01J'ai été élevé par mon grand-père.
00:14:03Sous-titrage Société Radio-Canada
00:14:03Le comte victurnien des Grignons, madame.
00:14:32Victorien, laissez-moi vous présenter notre grand-maître, Jean-Dominique Ingres, élève de David, pris de Rome 1801.
00:14:43Est-ce que vous avez déjà eu votre portrait de fait ?
00:14:45Non, madame, je suis intimidé.
00:14:47Eh bien, il va vous croquer.
00:14:55Mon Dieu, quel trait, quelle sûreté de trait.
00:15:02Je suis bonne cavalière.
00:15:13C'est une de mes grandes passions.
00:15:19Oh, maître, mais quelle beauté !
00:15:23Quelle ressemblance !
00:15:25Oh, venez voir, mon ami.
00:15:35Merci, maître.
00:15:36Vous avez grandement flatté le modèle.
00:15:40Si nous y allions.
00:15:43Vous êtes bien dans vos bottes ?
00:15:44Allons, au galop !
00:15:46Ce qui vous plaira, madame.
00:15:47Merci, maître.
00:15:49Sous-titrage MFP.
00:16:19Le jeune comte d'Aigrignon, transporté par l'amour comme un cheval qui s'emballe, en effet n'eut plus peur.
00:16:42La garçonnière de Victurnien est-elle une de ces mansardes que l'on croit vulgaires, mais qui concentrent en elle toute l'intimité du commerce charnel ?
00:16:54C'est le chat d'une aiguille.
00:16:55C'est la description que vous m'avez demandé. Moi j'irai partout avec vous, aucun regard ne me ferait peur.
00:16:59Vous êtes un ange. Vous êtes mon ange.
00:17:03Il m'appelait son ange.
00:17:20Les hommes, pour libérer la bête qui est en eux, vous avez remarqué ? Ils veulent toujours avoir de nous une image éthérée, angélique idéale.
00:17:32L'amour anti-diot.
00:17:34Je trouve que j'ai vieilli.
00:17:38À quel dites-vous ?
00:17:40Regardez, j'avais de si beaux seins.
00:17:45Pourtant, je n'ai pas eu d'enfant.
00:17:50Montrez-moi les vôtres.
00:17:51Mais le sein d'albâtre, rond, plein, c'est tout de même quand on a 20 ans.
00:18:12C'est vrai.
00:18:15Appelons Héloïse.
00:18:21Oh, très beau.
00:18:27Je suis belle au mortel, comme un rêve de pierre.
00:18:33Et mon sein, où chacun s'émeurtrit tour à tour,
00:18:38est fait pour inspirer au poète un amour éternel et muet, ainsi que la matière.
00:18:46Gérard de Nerval ?
00:18:48Non.
00:18:50C'est peut-être ce critique d'art pictural qui a écrit de si beaux textes sur Delacroix, c'est...
00:18:58Baudelaire.
00:18:59Charles Baudelaire ?
00:19:00Alors, racontez-moi la suite.
00:19:07Ce jeune victurnien des Grignons.
00:19:09Depuis quelque temps, il était troublé.
00:19:11Nos après-midi étaient plus sombres.
00:19:14Dites-moi, vous avez l'air chagrin.
00:19:16Que vous arrive-t-il ?
00:19:17Je suis comme ces noyés qui, paraît-il, à la dernière seconde, revoient toute leur vie.
00:19:24Diane, je suis perdue.
00:19:26Perclue de dette.
00:19:28C'est l'argent qui vous met dans cet état.
00:19:31Mais enfin, cela peut arriver à tout le monde.
00:19:36L'argent, l'argent, on en trouve toujours.
00:19:39Mais où ?
00:19:40Mais que dit votre famille ?
00:19:41Je ne peux plus les solliciter.
00:19:42Ils sont loin de tout ça.
00:19:43Ils seraient scandalisés.
00:19:45Ils m'ont déjà tout donné.
00:19:46Mais pour vous, Diane, je pourrais tout affronter.
00:19:51Vous savez, j'y pense depuis quelques jours.
00:19:54Est-ce que vous partirez avec moi ?
00:19:56Oh, Dieu, mais où ?
00:19:58Mais où vous voudrez ?
00:19:59Partir, oui, bon, pourquoi pas.
00:20:01Mais avant de partir, nous irons la dernière fois à l'opéra.
00:20:06Oui, pour dire adieu à notre vie frivole.
00:20:08Ah, à l'autre vie frivole.
00:20:10Ah, ah.
00:20:42Elle n'en ferait qu'une bouchée.
00:20:49Tiens, avons-nous raison de me le montrer aussi ouvertement ?
00:20:54Je croyais que vous n'aviez peur de rien.
00:20:57Soyez fiers.
00:20:58Toujours là, vous êtes là.
00:20:59Comme vous, Marie, il doit sentir les deux.
00:21:00Comme vous, Marie, il ne se passera pas dans sa somme.
00:21:12Le jeune comte d'Aigrignon, transporté par l'amour,
00:21:29se ruina pour Diane en toilettes et soirées,
00:21:32festins, carrosses, bijoux et ivresses de toutes sortes.
00:21:36Pour organiser leur départ qu'ils rêvaient aux Amériques,
00:21:40le jeune comte d'Aigrignon fabriqua et signa chez un notaire
00:21:44un faux document sur les propriétés de sa famille.
00:21:49Il laissait tout derrière lui, et d'abord son honneur.
00:21:54L'ascar est à point.
00:21:56A-t-on bien vérifier les signatures ?
00:21:58Tout est en ordre.
00:22:00Les bibliothèques ?
00:22:01L'homme n'a pas de dette.
00:22:03L'ascar est aux aboites.
00:22:05Femme ou l'aide de jeu ?
00:22:08Le drôle pourrait faire des dominos avec les autres sa mère.
00:22:12Comment on fait des dettes quand on a du génie ?
00:22:16On ne pouvait honorer Dieu et l'argent.
00:22:18Il faut choisir.
00:22:28Le comte y est.
00:22:36Êtes-vous prête ?
00:22:37J'ai tout préparé.
00:22:39Nous devons partir cette nuit.
00:22:50Vous savez,
00:22:51j'ai réfléchi, mûrement faisait tout ça.
00:22:55Pourquoi partirions-nous ?
00:22:57Après tout,
00:22:58partir,
00:22:59c'est comme une fuite,
00:23:00c'est assez vulgaire.
00:23:03Bravons l'orage plutôt.
00:23:04Restons.
00:23:06Restons, ce sera beaucoup plus beau.
00:23:08Non, non, non.
00:23:09Non, c'est impossible.
00:23:12Pourquoi, qu'avez-vous ?
00:23:13Donc, vous ne voulez plus partir ?
00:23:15Mais vous m'avez entendu.
00:23:18Après tout ce que j'ai fait,
00:23:19tout ce que j'ai fait pour vous.
00:23:20Qu'est-ce que vous avez fait pour moi ?
00:23:22Vous ne méritez pas de le savoir, en fait.
00:23:26Des devinettes à présent.
00:23:29Mais vous m'aviez promis.
00:23:31La vérité, monsieur,
00:23:32c'est que vous ne m'aimez pas.
00:23:33Je ne vous aime pas.
00:23:34Non.
00:23:35Moi ?
00:23:36Mais pardon.
00:23:37Pardon, non.
00:23:38Je ne peux pas croire que ce soit fini.
00:23:41Votre main est froide.
00:23:42Parce que vous manquez de tenue, monsieur.
00:23:45Relevez-vous.
00:23:45Chez d'autres que j'ai connus,
00:23:49je n'ai jamais rien ressenti de tels.
00:23:52Chez qui ?
00:23:54Eh bien, monsieur de Vendnais,
00:23:57Marsay,
00:23:58monsieur de Montriveau.
00:24:01Il est vrai
00:24:02qu'ils étaient bruns,
00:24:06pas blonds.
00:24:08Et qui sont ces gens ?
00:24:09Que sont-ils pour vous ?
00:24:11Des gens qui ont croisé ma vie
00:24:12et qui ont su en être dignes.
00:24:15Mais qui êtes-vous ?
00:24:16Savez-vous ce qu'on dit de vous ?
00:24:18Non.
00:24:18Dites-le moi.
00:24:20Que la princesse
00:24:21n'est qu'une...
00:24:22N'est qu'une ?
00:24:23Courtisane.
00:24:24Ah.
00:24:25Une putain.
00:24:26Oh, le vilain mot.
00:24:29Vous êtes folle.
00:24:31Folle.
00:24:32Vous êtes monstrueuse.
00:24:37Mais vous n'avez éprouvé aucun remords.
00:24:40Seriez-vous méchante ?
00:24:42Non, je ne crois pas.
00:24:44Dans tout apprentissage,
00:24:45elle forme de cruauté.
00:24:47Mais attendez la suite.
00:24:49Mon petit,
00:24:51te voilà mal loti.
00:24:53L'argent qu'il m'avait donné
00:24:55était aussitôt parti en fumée.
00:24:59Mais non, mais ne riez pas.
00:25:00Ce n'est pas gentil.
00:25:02Quelle solution avais-je ?
00:25:04Vous n'allez tout de même pas
00:25:05me jeter au pied du roi Charles X
00:25:07pour mendier quelques louis d'or.
00:25:11Réfugié à Alençon,
00:25:12dans sa famille,
00:25:13le jeune comte fut appréhendé
00:25:15et jeté en prison
00:25:16pour usage de faux.
00:25:18Persécuté par le juge local,
00:25:20républicain convaincu,
00:25:23il risquait jusqu'à 20 ans de bagne.
00:25:26Connaissez-vous monsieur de Nunesingen ?
00:25:29Baron, paraît-il.
00:25:31Je l'ai croisé.
00:25:34C'est ce gros homme venu d'Alsace,
00:25:38ce vieux crocodile de la banque.
00:25:41Je ne comprends rien à son sabir.
00:25:43Elle est la lumière.
00:25:57La lumière sur notre monde obscur.
00:26:00Je vous la présenterai en temps et en heure,
00:26:04Nunesingen.
00:26:05Unser dunkelwelt.
00:26:07Regardez-la.
00:26:16Regardez-la comme elle aime se jouer
00:26:17avec nos pauvres âmes.
00:26:19Je la regarde
00:26:20comme si je regardais mon âme.
00:26:25Ne blasphémez pas.
00:26:27Je la regarde
00:26:28comme le matin regarde le monde.
00:26:31Madame,
00:26:50le baron de Nunesingen.
00:26:51Oh, faites-en entrer.
00:26:57Mais, mais,
00:26:58qu'avez-vous donc fait
00:27:00à vos cheveux ?
00:27:01Ah, c'est pas bien.
00:27:03Non, mais c'est, c'est,
00:27:04c'est-à-dire que
00:27:05pas avec une cravate blanche,
00:27:07non, ça fait ressortir la teinture.
00:27:09Oh, ce qu'il est drôle.
00:27:11Du brun, du brun, du sombre.
00:27:15Qu'il est drôle.
00:27:18Je vais vous demander
00:27:19d'avoir l'obligence
00:27:21d'aller vers mon petit secrétaire.
00:27:26Voilà.
00:27:27D'en ouvrir le tiroir.
00:27:29Non, non, celui du haut.
00:27:33Voilà, c'est la somme convenue, n'est-ce pas ?
00:27:35Vous m'obligez
00:27:38et vous allez faire un bien-heureux.
00:27:43Qu'il est drôle.
00:27:44Merci, mon gros éléphant.
00:27:46Il est vrai que je ne suis pas beau.
00:27:49Oh, ben,
00:27:50vous n'êtes ni beau ni l'est.
00:27:51Vous êtes le monde d'aujourd'hui.
00:27:53Foufou, c'est la grâce.
00:27:55La France, de toujours,
00:27:57quand rien et personne dans l'histoire
00:27:59ne peuvent faire disparaître.
00:28:02J'attendrai le temps qu'il faudra.
00:28:04J'investis.
00:28:08Un petit éléphant.
00:28:09You have to give me a sample.
00:28:17Ma princesse Vénal,
00:28:19vous m'aurez tout servi.
00:28:21Vénal,
00:28:22beaucoup de femmes le sont en se mariant
00:28:24et beaucoup d'hommes aussi.
00:28:27Puis,
00:28:27l'argent l'est à personne.
00:28:29Merci.
00:28:41Madame,
00:28:42M. Bonin vous attend à Sainte-Apolline.
00:28:44Après,
00:28:44vous serez à peu de choses
00:28:45à deux heures de Paris.
00:28:46Parfait.
00:28:46Elle partit pour Alençon,
00:29:14travesti en hommes.
00:29:17Cela l'amusait.
00:29:19C'est dans cet équipage
00:29:20qu'elle arriva chez le juge
00:29:22qui portait l'affronom de Camusot.
00:29:32Messieurs,
00:29:32on m'a servi le meilleur café-crème.
00:29:34Il n'y a qu'en province
00:29:36qu'on se régale ainsi.
00:29:38Mais puis-je savoir
00:29:39à qui j'ai affaire ?
00:29:40Il vous suffit de penser
00:29:41que je parle au nom du roi,
00:29:44de la cour
00:29:45et du ministère
00:29:46pour sauver un gentilhomme
00:29:48de cette ville,
00:29:49de ses imprudences.
00:29:52Mais
00:29:52votre temps est précieux.
00:29:55Mais je n'ai pas encore
00:29:56interrogé ce jeune homme.
00:29:57Nous parlons ici
00:29:58d'un membre
00:30:00d'une très grande
00:30:01et vieille famille française.
00:30:03Je sais que l'égalité
00:30:04est le grand mot d'aujourd'hui.
00:30:07Mais on ne saurait la concevoir
00:30:09sans l'existence
00:30:11d'une aristocratie
00:30:12fondée depuis des siècles.
00:30:14Voici la somme incriminée.
00:30:21Profitez-en.
00:30:22Sachez
00:30:23qu'un mot
00:30:24est de nos amis
00:30:24et vous pourriez devenir
00:30:26juges suppléants
00:30:28à Paris
00:30:29dès la première vacation.
00:30:36C'est pas moi.
00:30:37Je passais par la rivière.
00:30:40Allez-y.
00:30:41Je vais partir pour vos lieux.
00:30:42Tais-toi, toi.
00:30:44Tais-toi, tais-toi, tais-toi, tais-toi.
00:31:14Tais-toi, tais-toi, tais-toi.
00:31:15Tais-toi, tais-toi.
00:31:16Je ne suis ni ange ni bête.
00:31:18Croyez-moi,
00:31:19vous êtes libres.
00:31:22Adieu, mon petit.
00:31:24Adieu.
00:31:26Vix-en-là.
00:31:27Vous êtes jeunes,
00:31:28libres.
00:31:30Soyez heureux.
00:31:36Quel bonheur
00:31:37de me retrouver chez vous
00:31:38dans ce jardin.
00:31:39Vous savez,
00:31:41je crois que je n'ai pas
00:31:41quitté Paris depuis...
00:31:43Depuis trois ans.
00:31:44Oh, je suis bien heureuse
00:31:46d'avoir su vous convaincre.
00:31:47Oh, cette buie taillée.
00:31:48Quelle beauté.
00:31:51Et alors ?
00:31:52Ce jeune victurnien
00:31:53des Grignons,
00:31:54vous a-t-il obéi ?
00:31:56Ah oui ?
00:31:57Il a des enfants.
00:31:58Il ressuscite sa lignée.
00:32:00Oh, bientôt,
00:32:00il sera patriarche.
00:32:02Vous ne l'avez donc
00:32:03jamais aimé ?
00:32:03Non.
00:32:05Oh, l'amour.
00:32:06Oui, d'amour.
00:32:20Oui, d'amour.
00:32:36Oui, je n'arrive pas à y croire.
00:32:44Vraiment, il n'y eut personne.
00:32:46Non, à vous seule, je peux le dire, mais je ne me suis jamais sentie pleinement heureuse.
00:32:55Non, je fais des folies, j'ai été aimée, adorée même, mais je n'ai pas aimée.
00:33:02Aimer et avoir du bonheur, cela ne s'est jamais produit pour moi.
00:33:08Pour moi non plus, je n'ai jamais rien ressenti dans le cœur et plus bas.
00:33:17Parfois, pensez-vous que c'est notre âge qui nous fait admettre de tels secrets ?
00:33:26Je ne crois pas. Au fond de moi, je me sens jeune et belle, et parfois, je sens une innocence inentamée.
00:33:33Alors, provoquons encore de l'amour à défaut de l'éprouver. Nous sommes encore vivantes.
00:33:41Vous ne croyez pas qu'il est trop tard ?
00:33:43Non, bien sûr que non.
00:33:48Le dernier amour que j'ai inspiré était une belle chose. Il aurait pu avoir de l'avenir.
00:33:54Racontez, racontez.
00:33:57Il avait un nom bien rond, bien commun. Il s'appelait Michel Chrétien.
00:34:02A l'opéra encore, ce carrefour des sentiments, vrais ou faux.
00:34:09Je ne crois pas qu'ils ont l'éprouvé.
00:43:35Il y aurait ce vert émeraude.
00:43:37L'émeraude ?
00:43:39Oui.
00:43:40Vous croyez ?
00:43:41Oh, je crois que j'ai mieux.
00:43:44L'Immaculée.
00:43:46Regardez.
00:43:49Oh, et son eau bépine.
00:43:52Elle sera si belle sur vous, madame.
00:43:54Oh, merci.
00:43:55C'est vrai.
00:43:57Vous croyez ?
00:43:58Magnifique.
00:43:59Que pourrions-nous faire pour les distraire ?
00:44:01Pour les distraire ?
00:44:03Une pièce de théâtre ?
00:44:04Le misanthrope ?
00:44:07Ah, le misanthrope.
00:44:09Oh, ciel de mes transports, puis-je être ici le maître ?
00:44:13Ouais.
00:44:13Quel est le trou où je vous vois paraître ?
00:44:16Et que me veulent dire et ses soupirs poussés
00:44:18et ce sombre regard que sur moi vous lance ?
00:44:21Que toutes les horreurs dont une âme est capable
00:44:26à vos déloyautés n'ont rien de comparable.
00:44:29Que le sort, les démons et le ciel en courroux
00:44:32n'ont jamais rien connu de si méchant que vous.
00:44:36Voilà certainement des douceurs que j'admire.
00:44:38Ah, ne plaisantez point, ne pas tant de rire.
00:44:41Rougissez bien, plutôt, vous en avez raison.
00:44:44Et j'ai de sûr témoins de votre trahison.
00:44:47De quelle trahison pouvez-vous donc vous plaindre ?
00:44:50Ah, que ce cœur est double et c'est bien l'art de feindre.
00:44:54Voyons, voyons un peu, par quel biais, de quel air.
00:44:58Vous pensez que ça ne va pas les lasser ?
00:45:02Peut-être.
00:45:03Alors ?
00:45:05Chante-où ?
00:45:05Ah oui.
00:45:06C'est cela qui a mis le faux poudre.
00:45:07C'est scandaleux.
00:45:08On doit interdire les banquets républicains.
00:45:10C'est la révolte assurée.
00:45:11C'est pas fouet la République.
00:45:12Foutaise.
00:45:13Les banquets républicains célébraient la République.
00:45:15Le suffrage universel, vous vous rendez compte ?
00:45:17Ce sont des droits à l'exemple.
00:45:18Supprimer le droit de presse, le globe, le national, les temps sont censurés.
00:45:22Enfin, nous ne pouvons pas revenir à la monarchie absolue.
00:45:25Alors moi, je veux bien mourir pour le peuple, mais je ne veux pas vivre avec.
00:45:30Barthez, vous savez que vous allez finir par faire peur à force de perfection.
00:45:35Allons bon.
00:45:36A côté de vous, on a tous l'air de débaucher, ronger par la syphilis.
00:45:39Vous semblez bien portant, Rastignac.
00:45:41Vous vous privez de l'essentiel de la vie, une des gloires de la société.
00:45:43C'est d'avoir créé la femme là où la nature n'avait fait que la femelle.
00:45:47Et inventer le plaisir au-dessus de l'espèce.
00:45:50Barthez, vous vous foutez quand même quelques fois.
00:45:52Est-ce que vous avez qu'une femme très belle et de la plus haute naissance s'intéresse à vous ?
00:45:59Vraiment ?
00:46:01La marquise d'Eparme l'a confirmé, elle parle beaucoup de vous, de votre oeuvre.
00:46:04Il paraît qu'elle l'apprend par cœur.
00:46:06De l'oeuvre à l'homme...
00:46:08Qui est cette femme ?
00:46:10La princesse de Cadignan.
00:46:12Je l'ai croisée de loin.
00:46:13On ne lui connaît pas de femme.
00:46:15Il paraît qu'il couche avec sa bonne de façon parfaitement hygiénique.
00:46:19Attention, c'est une femme dangereuse.
00:46:22Une femme dangereuse ? Qu'est-ce qu'une femme dangereuse ?
00:46:24Elle tue ? Elle empoisonne ?
00:46:26Pire.
00:46:27Elle n'en a pas besoin.
00:46:28Sa dissipation a engendré beaucoup d'anecdotes.
00:46:30Moi-même, je pourrais...
00:46:31À présent, elle prétend s'être rangée et elle n'a plus un liard.
00:46:35Et puis, elle a son âge.
00:46:38Elle ne le paraît pas.
00:46:40Dites-lui sans l'ordeur qu'on vous l'a verrait chez la marquise départ.
00:46:42Bon, allez, on se dépêche un peu.
00:46:48Allons-y pour nos légumes.
00:46:49Oui, chef.
00:46:50Ça n'en va à personne.
00:46:52Ça, les légumes, le persil, les pommes de terre.
00:46:55Le céderis de la pincelle.
00:46:56C'est prêt.
00:46:58On y va ? Allons-y.
00:47:00Monsieur de Rastignac, désormais, vous êtes dans les arcanes du pouvoir.
00:47:09Alors, dites-nous ce qui va nous arriver à nous,
00:47:12qui avons la faiblesse d'être fidèles à la branche aînée
00:47:15et qui ne sommes pas séduits par certains cousinages.
00:47:18Madame, il faut laisser un régime en cœur jeune
00:47:20le temps de s'affirmer, de prouver sa bonne volonté
00:47:23et son désir de réconciliation.
00:47:26Oui, enfin, on dit que le roi a fait écrire
00:47:28sur le fronton de Versailles
00:47:30à toutes les gloires de la France.
00:47:32Mais ces gloires sont si dissemblables.
00:47:34Parmi ces gloires, il y a tout de même la liberté de la presse
00:47:36qui me paraît une victoire fondamentale.
00:47:38Mes amis, avez-vous vu les portraits à charge du roi
00:47:41avec sa tête en forme de poivre ?
00:47:43Ils sont quand même cocasses.
00:47:46La princesse n'avait pas souhaité assister au dîner.
00:47:50Sans doute avait-elle peur de ce retour dans le monde.
00:47:58Je n'ai plus la force à affronter tous ces regards,
00:48:03ces carnassiers qui chassent en meute.
00:48:07Je n'ai plus l'âge.
00:48:10Mais madame, vous le savez, vous êtes la plus belle.
00:48:12C'est vous qui, en jeune fille en fleurs,
00:48:16allez trouver un mari.
00:48:18Peut-être.
00:48:20Mais je resterai auprès de vous.
00:48:22Mademoiselle Vordelia de Castelan.
00:48:26Mademoiselle Aglaé du Buisseau.
00:48:29Madame la marquise Sonia de La Rosière.
00:48:33Monsieur le duc de Gramont.
00:48:36Monsieur le duc et madame la duchelle de Grandlieu.
00:48:39Monsieur le marron de l'Infiguration.
00:48:42Enchanté.
00:48:44Monsieur le marron.
00:48:46Lady Totley.
00:48:47Ah, mais sans.
00:48:49Elles sont toutes mes jantes.
00:48:51El principe Giulio Durini di Bansa.
00:48:54Ella principessa Constanzia.
00:48:58Madame la consesse de Cerise.
00:49:00Ah, mais ça.
00:49:00Si, ah, venu à chante-là, c'est moi.
00:49:02Mon esprit de traité au patient.
00:49:04Madame la grise Sonia de La Rosière.
00:49:05Monsieur le marquise Sonia de La Rosière.
00:49:06Il éclame ça peut-être.
00:49:08Monsieur le comte et madame la comtesse Édouard de Polignac.
00:49:14Vous êtes rigolante.
00:49:15C'est vrai.
00:49:16Monsieur le rubanfé.
00:49:18Monsieur le figau de Grandenelle.
00:49:21Il y a déjà c'est tout, cette monsieur capitaux.
00:49:23Et monsieur honoré de Balzac.
00:49:26Il s'est accolé une particule.
00:49:28Ah, ah, ah, ah.
00:49:29Les grands hommes ont de ses faiblesses qui les rendent plus humains.
00:49:31Monsieur le vidame de Rivaudou.
00:49:36Monsieur Balzac, je ne sais pas si j'ai raison de vous recevoir chez moi.
00:49:41On dit que le regard que vous portez sur notre société peut être terrible.
00:49:45Madame la Duchesse de Paris.
00:49:46Que vous vous épinglez comme des insectes sur une planche.
00:49:49Des gens sans cœur qu'on a dressés à ne rien sentir.
00:49:52Comme des espèces de monstres.
00:49:54Mademoiselle de Cerise.
00:49:55Chère madame, je suis très flatté d'être votre invité.
00:49:59Mais je ne suis pas un caricaturiste.
00:50:02On ne sait pas si on se met à la porte.
00:50:03Alors, non.
00:50:04Madame la Vicomtesse Adélaïde de Mortemars.
00:50:09Dieu.
00:50:10A merveille.
00:50:11C'est magnifique.
00:50:12Je croise aux nuances.
00:50:13En se multipliant, elle nous rapproche d'un portrait exact.
00:50:18Mademoiselle de Talleyrand.
00:50:19Je sais que dans toutes les strates de la société,
00:50:22on trouve les mêmes sentiments, les mêmes élans.
00:50:25et les mêmes chagrins.
00:50:27Monsieur le Duc de Ronchabot.
00:50:29M.
00:50:30Non, mais j'en suis sûre parce que j'ai faim,
00:50:32M.
00:50:33Oui, je suis à moi.
00:50:35M.
00:50:37M.
00:50:38M.
00:50:38C'est parti.
00:51:08C'est parti.
00:51:38Vous êtes tous la princesse de Calignan.
00:51:40Madame, mon ami, Daniel d'Arthez.
00:51:46Monsieur, vos livres vous précèdent.
00:51:52Je les ai presque tous lus.
00:51:54Mais je ne veux pas vous accabler davantage avec l'admiration que vous recueillez déjà partout.
00:51:59Je suis très honoré de vous connaître, madame.
00:52:03Vous m'intimidez.
00:52:21Vous vivez dans le monde des idées.
00:52:23Ne le soyez pas.
00:52:26Entre ce qu'on en écrit et ce qu'on vit, il y a un long chemin douloureux.
00:52:31Dans un sens comme dans l'autre.
00:52:32C'est confirmé.
00:52:34C'est super.
00:52:39Misericordia.
00:52:43Cher ami, on vous attend.
00:52:55Le Handel.
00:52:57C'est maintenant.
00:52:58Pardon.
00:52:58Ah, vous m'excusiez.
00:53:00Ah, vous m'excusiez.
00:53:00Laissez-moi, qu'il y a un long chemin douloureux.
00:53:16Laissez-moi, qu'il y a un long chemin douloureux.
00:53:22Laissez-moi, qu'il y a un long chemin douloureux.
00:53:52Laissez-moi, qu'il y a un long chemin douloureux.
00:54:22La liberté
00:54:27Mesdames et messieurs, marquises et marquis, princesses et princes, maintenant la danse !
00:54:52La liberté
00:55:02La liberté
00:55:06La liberté
00:55:12La liberté
00:55:16La liberté
00:55:26La liberté
00:55:31La liberté
00:55:32La admire
01:10:11Jamais. Jamais.
01:10:17Ma mère, la duchesse d'Uxelles,
01:10:21m'a mariée très jeune, 16 ans,
01:10:24avec le prince de Cadignan,
01:10:25parce qu'il était son amant à elle
01:10:28pour le garder sous sa coupe.
01:10:31Elle resta la maîtresse de mon époux, le prince,
01:10:34jusqu'à la fin, sur mes terres et sous mon toit.
01:10:38Oh, mon chère, mon chère.
01:10:44N'est-ce pas que vous n'avez jamais aimé que moi ?
01:10:48Madame, je n'ai jamais aimé que vous.
01:10:52Encore.
01:10:55L'amour et l'argent, une horrible combinaison.
01:11:03Elle n'était pas une mère.
01:11:07Elle était une rivale férocement chaleuse.
01:11:10Ma chère, mais je suis navrée de vous voir dans ce dénouement.
01:11:15Vraiment ?
01:11:17Non, c'est mieux ainsi.
01:11:19C'est plus clair.
01:11:20Avez-vous des nouvelles du prince ?
01:11:23Aucune.
01:11:26Moi non plus.
01:11:27Il n'écrit jamais.
01:11:28Je ne comprends pas quel mal lui ai-je fait.
01:11:31Mais quelle raison a-t-il de m'en vouloir ?
01:11:35Cherchez bien, ma mère.
01:11:37Il y a des complices que leur faute sépare.
01:11:42Vous me haïssez.
01:11:46Vraiment ?
01:11:48Je ne sais plus.
01:11:48C'est vrai.
01:11:54J'ai eu des torts.
01:11:57Mais notre religion, prône le pardon, ne l'oubliez pas.
01:12:04C'est un chapitre du dogme que vous ne m'avez pas enseigné.
01:12:08Mais de quel matériau vous êtes faite ?
01:12:14Où sont vos entrailles ?
01:12:17Et votre cœur ?
01:12:20Ne parlez pas du cœur, madame.
01:12:24C'est un chapitre qui vous est inconnu.
01:12:26Bien sûr, je me suis vengée
01:12:41dans des frivolités de surface.
01:12:45Des coquetteries, des balles, des dettes.
01:12:48J'étais le couteau
01:12:50et la plaie.
01:12:51Je fuyais
01:12:53dès qu'on me parlait d'amour.
01:12:58Dit-elle la vérité ?
01:13:01La vérité.
01:13:03Pauvre d'Arthez.
01:13:06Où est-elle à ce moment de sa vie ?
01:13:09Sans doute ne le sait-elle plus elle-même,
01:13:12suspendue dans le vide
01:13:13comme l'athlète à son trapèze.
01:13:21Non, non.
01:13:24Laissez-moi.
01:13:26Je ne peux pas me réconcilier avec le monde.
01:13:30Aucun homme ne peut me donner cela.
01:13:32Et puis,
01:13:33je suis vieille, je suis vieille,
01:13:35je suis trop vieille.
01:13:36Taisez-vous, taisez-vous.
01:13:38S'il vous plaît, taisez-vous.
01:13:40Vous êtes belles
01:13:41et moi je vous aime pour toute votre vie perdue.
01:13:45Regardez-moi.
01:13:46Je suis jolie.
01:14:03Venez.
01:14:14Oui.
01:14:16Cela fait combien de temps
01:14:25que nous ne nous sommes vus ?
01:14:27Un mois au moins ?
01:14:28Un mois ?
01:14:29Ah oui, peut-être.
01:14:31Et alors ?
01:14:32Vous ne me racontez rien.
01:14:33Mais sur quoi ?
01:14:34Mais il n'y a rien de nouveau.
01:14:35Mais enfin !
01:14:37Ce que nous avons ruminé.
01:14:39Ah !
01:14:40Ça, ma chère,
01:14:42je vous dois un succès total.
01:14:44Je dirais même
01:14:46un triomphe
01:14:47pour nous autres femmes.
01:14:49C'est donc pour cela
01:14:50qu'on ne voit plus d'Arthès.
01:14:52Ah bon ?
01:14:54Non.
01:14:55On ne le voit désormais nulle part.
01:14:58Oh ben, invitez-le.
01:14:59Invitez-le sans moi, tiens.
01:15:01On dirait encore
01:15:02que je monopolise un homme,
01:15:03que je le tiens en laisse,
01:15:04que je le dévore.
01:15:05Invitez-le.
01:15:06Sans vous ?
01:15:07Mais pourquoi ?
01:15:08Eh bien,
01:15:11j'en prends le risque.
01:15:12Tiens, cela m'amuse.
01:15:14Oui.
01:15:15Séduisez-le.
01:15:16Je le jette dans la cage au lion.
01:15:19Mais dans ma maison,
01:15:20vous n'avez à craindre
01:15:21aucune malveillance.
01:15:24Me croyez-vous capable
01:15:25de vous jouer un mauvais tour ?
01:15:27Ah non.
01:15:27Non, non.
01:15:29Mais parfois,
01:15:31les situations
01:15:32sont plus fortes que nous.
01:15:34n'avons pas pour moi.
01:15:40Allons boire ce chocolat.
01:15:41Ah oui.
01:15:43Ce chocolat que nous aimons
01:15:44tant toutes les deux.
01:15:47Il vient tout droit
01:15:48de Colombie.
01:15:57Pourquoi fait-elle cela ?
01:16:00De quoi se défend-elle ?
01:16:04Il aurait-elle menti
01:16:10que D'Arthez aurait préféré
01:16:12la princesse qui lui ment
01:16:13à la société qui dit vrai ?
01:16:17I'll take you
01:16:18down to the waterfront.
01:16:22I'll buy you
01:16:24an ice cream.
01:16:28And we'll watch all
01:16:30all of the seagulls flying
01:16:33way above our heads.
01:16:39And I'll love you.
01:16:42I guess you love me too.
01:16:46It's a life wonderful.
01:16:52And I'll love you.
01:16:55I guess you love me too.
01:16:58It's a life wonderful.
01:17:02l'Arthez et la princesse
01:17:07n'avaient plus besoin
01:17:08de se parler.
01:17:10Leur silence même
01:17:11les rapprochait
01:17:12comme un glissement
01:17:14de terrain
01:17:15vous entraîne
01:17:16vers une mer inconnue.
01:17:17Athénaïs.
01:17:38Athénaïs.
01:17:39Qu'y a-t-il, ma chère ?
01:17:41Je vous trouve agitée.
01:17:42Non, mais finalement
01:17:43qui recevez-vous ce soir ?
01:17:45Eh bien, il y a
01:17:46Madame de Montcornet
01:17:48ainsi que tous vos amants
01:17:49Racinia, Blondet,
01:17:51Maxime de Trail,
01:17:53Henri de Marseille,
01:17:55le gros baron
01:17:56de Nussingène
01:17:57et aussi Ayuda Pinto
01:17:59qui est de passage à Paris
01:18:00et d'Arthez, bien sûr,
01:18:02comme vous le savez.
01:18:02Ah non, non, non.
01:18:04Athénaïs,
01:18:04je vous demande d'annuler.
01:18:06Mais c'est impossible.
01:18:07Il est trop tard.
01:18:08Mais enfin, je ne sais pas.
01:18:10Dites que vous avez la grippe,
01:18:11que vous êtes au fond de votre lit
01:18:12et je vous demande d'annuler.
01:18:13Ne l'avez-vous pas suggéré
01:18:14vous-même ce dîner ?
01:18:16Vous me l'avez demandé,
01:18:17presque exigé,
01:18:19comme un caprice.
01:18:20Et maintenant ?
01:18:20Écoutez, j'ai changé d'avis.
01:18:22Cela se fait tout de même.
01:18:23Non.
01:18:24Une maîtresse de maison
01:18:25a des devoirs.
01:18:26Il est trop tard
01:18:27pour m'y soustraire.
01:18:28Mais puisque je vous le demande,
01:18:30mais de quoi avez-vous peur ?
01:18:32Je ne vous reconnais plus.
01:18:34Je n'ai plus rien.
01:18:35Ils seront tous là
01:18:37à cette heure.
01:18:39Je vous remercie.
01:18:41Vous êtes inconséquents.
01:18:42Oh !
01:19:12à cette heure.
01:19:19C'est parti.
01:19:20Elle n'est que séduction et minauderie.
01:19:48Elle n'en fera qu'une bouchée.
01:19:49À qui le dites-vous ?
01:19:52Vous voyez beaucoup la princesse de Cadignan, je crois.
01:19:57Elle vous fait négliger le Parlement.
01:20:01Attention !
01:20:04C'est la femme la plus dangereuse chez qui un homme puisse mettre les pieds.
01:20:08Ne parlez pas ainsi de ma meilleure amie.
01:20:10Je vous l'interdis.
01:20:11Vous n'êtes pas, j'espère, avec la princesse,
01:20:13à un point qui vous empêche de parler d'elle ?
01:20:15Elle vous ruine, puis elle vous sauve, selon son caprice.
01:20:18Ah, ça, un classique.
01:20:21Exceptez-vous, il semble que tous les convives aient été dans ses bonnes grâces.
01:20:24Il y a eu tant de monde dans sa ruelle, un tel embouteillage qu'on s'y perd.
01:20:28Je voudrais savoir, est-elle toujours aussi belle ?
01:20:33Chez elle, la dépravation n'est pas un effet, c'est une cause.
01:20:36Il y a un style.
01:20:37Le tout avec un naturel exquis qu'il est impossible de ne pas croire.
01:20:41Dans ces cas-là, on est toujours les derniers au courant.
01:20:46Allons, messieurs.
01:20:47Qu'attendez-vous de moi ?
01:20:48Qui doit-je provoquer un duel ?
01:20:51Vous ?
01:20:52Adjuda Pinto ?
01:20:54Toi, Rastignac ?
01:20:55Ou toi, Maxime de Traille ?
01:20:58Vous n'avez plus de visage.
01:21:01Vous êtes tous la même chose, informe.
01:21:02La princesse de Cadignan a un avantage sur vous, elle ne dit jamais de mal de personne.
01:21:07Peut-être ignore-t-elle même votre existence.
01:21:10Pourquoi les femmes ne s'amuseraient-elles pas des hommes comme les hommes s'amusent des femmes ?
01:21:14Pourquoi les femmes ne prendraient-elles pas leur revanche en s'accordant une liberté supérieure à la nature comme à la société ?
01:21:26Et si nous passions à table ?
01:21:28Ah oui, belle idée.
01:21:32Le génie nous a fichus par terre.
01:21:35Le génie est plus fort que l'esprit.
01:21:37Pourquoi les femmes ne prendraient-elles pas une revanche en s'accordant une liberté supérieure à la nature comme à la société ?
01:21:54Cette nuit-là, elle fut plus seule que toutes les autres nuits.
01:21:59Un tourment l'assaillait qu'elle n'avait jamais connu.
01:22:06Le vertige de tout perdre.
01:22:11Alors qu'elle n'avait encore rien.
01:22:13Sous-titrage Société Radio-Canada
01:22:30Les deux personnages, par une nuit d'orage, sont perdus dans la forêt, hors du temps, hors du monde.
01:22:55Les deux personnages, seuls face à leur passion, avec la nature qui les protège.
01:23:11Daniel qui fut écrivain et Diane qui fut princesse, débarrassés de leurs vieux vêtements, nus et seuls l'un à l'autre.
01:23:25On ne les rencontre plus nulle part depuis longtemps.
01:23:35D'Arthès ne se montre que rarement à la chambre.
01:23:38On dit qu'il n'écrit plus.
01:23:41Mon cher, le bonheur ne se raconte pas.
01:23:45C'est un roman vécu qui périme tous les autres.
01:23:48Vous n'allez pas les saluer ?
01:23:51Non.
01:23:54Ils sont allés à leur mystère.
01:23:56Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:05Je dois la quitter, cette Amazone qui a rendu les armes pour mieux gagner sa guerre.
01:24:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:36Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:40Sous-titrage Société Radio-Canada
01:25:10Sous-titrage Société Radio-Canada
01:25:13Sous-titrage Société Radio-Canada
01:25:16Sous-titrage Société Radio-Canada
01:25:19...
01:25:20...
01:25:21...
01:25:22...
01:25:25...
01:25:52...
01:25:55...
01:25:57...
01:25:58...
01:25:59...
01:26:00...
01:26:01...
01:26:02...
01:27:33...
01:27:34...
01:27:36...

Recommandations