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  • il y a 3 jours
Transcription
00:04:00Je me suis promis de ne pas contacter Sonia
00:04:02Et puis aujourd'hui, à 17h24, j'ai craqué
00:04:29A 18h56, j'ai vu que Sonia avait lu mon message et j'étais transporté d'une joie irrationnelle
00:04:36Elle avait lu mon message, tout redevenait possible.
00:04:45Sauf que maintenant il est 20h07 et qu'elle n'a toujours pas répondu.
00:04:51Pour ne rien arranger, je suis coincée à un repas familial où la conversation tourne actuellement autour...
00:06:27Non, ici c'est plutôt le royaume du non-dit, du consensus respectueux, bref, du non-rapport.
00:06:33Tiens, dans la cuisine par exemple, il y a un porte-serviette que j'ai fabriqué en sixième.
00:06:38C'était une idée de notre prof de techno.
00:06:40Un porte-serviette en forme de sapin que nous pourrions offrir pour Noël à nos parents émerveillés.
00:06:44N'étant pas très doué pour les travaux manuels, la situation m'échappât rapidement.
00:06:56Suivant.
00:06:58Très bien.
00:06:59Et ce qui devait être un sapin pris, au final, une forme assez inattendue.
00:07:06Ah bravo.
00:07:07Le 25 décembre, j'offris donc à ma mère une bite en contreplaqué.
00:07:12Oh, comme c'est mignon.
00:07:21Merci mon amour.
00:07:27Je suis là.
00:07:33Elle s'empressa de l'accrocher, transformant le reste de mon adolescence en un long moment de honte.
00:07:40C'est Adrien qui l'a fait.
00:07:46Le déni atteint un tel stade dans votre famille, c'est même plus la peine de lutter.
00:07:52Et toi Adrien, tu en penses quoi ?
00:07:54Euh, ouais, ça a l'air pas mal.
00:07:56Ah, voilà.
00:07:58En fait, chacun a un rôle bien précis dans ses repas.
00:08:00Ma mère, par exemple, est celle qui lance les sujets de conversation, généralement à partir de lieux communs.
00:08:05Ah là là, c'est quand même inquiétant, tous ces dérèglements climatiques.
00:08:08Puis ma sœur prend le relais, en ramenant systématiquement le sujet à elle.
00:08:12Ah bah nous maintenant, on part en vacances en Bretagne.
00:08:13Comme ça, même en cas de canicule, on est tranquille.
00:08:16Ludo, mon futur beau-frère, enchaîne en étalant sa science.
00:08:18Mais le problème, avec la fonte des glaces en Arctique, c'est qu'elle finit par dérégler le Gulf Stream.
00:08:23Et le Gulf Stream, il repose sur un subtil équilibre.
00:08:26Et mon père conclut avec une anecdote qui s'avère généralement totalement à côté de la plaque.
00:08:30Je me souviens d'une année comme ça, il n'avait plus tout l'été,
00:08:33et je m'étais lancé dans les mots croisés, alors que je n'en avais jamais fait avant.
00:08:38D'ailleurs, j'avais un stylo plume que m'avait offert ma tante Germaine, ou mon parrain.
00:08:43Non, c'était peut-être mon parrain, c'est ma tante Germaine ou mon parrain.
00:08:47Mon rôle à moi, c'est juste de lancer une vague phrase de temps en temps,
00:08:50pour donner l'illusion d'être vraiment présent.
00:08:51Et toi, Adrien, tu en penses quoi ?
00:08:55Euh, ouais, ouais, c'est sûr, c'est inquiétant, quand même.
00:08:59Bon, on va chercher la suite !
00:09:03Oui, allez !
00:09:04Tata, j'ai pas fini !
00:09:06Voilà ! Et le reste du repas, qui se terminera par l'inévitable gâteau au yaourt de ma mère,
00:09:10se déroulera comme toujours, sans aucune surprise.
00:09:12C'est pas drôle, un peu.
00:09:38Trois mois que je me prépare mentalement au cauchemar que tout ça implique pour moi.
00:09:44La mairie, l'église, le vin d'honneur, le repas, et surtout, la chenille.
00:09:56Car personne ne peut échapper à la chenille.
00:10:00On a beau faire semblant de manger, de parler, d'être au téléphone, peine perdue,
00:10:10la chenille est impitoyable.
00:10:21C'est une machine à broyer les orgueils.
00:10:26Non, non, non, non !
00:10:27Oui !
00:10:28Non, non, non !
00:10:30Non, non, non !
00:10:30Regarde, non, non !
00:10:31Non, non, non !
00:10:32Oh, oh !
00:10:32Regarde, non !
00:10:34Ah !
00:10:35Les anniversaires, c'est bon, les égales populaires,
00:10:38On est beaucoup mariés, pour la nouvelle année.
00:10:42Mais on est excolique, à la chenille !
00:10:44On peut faire la fête, et il n'y a rien de plus simple,
00:10:48Il suffit de danser,
00:10:49Ah, ah, à la chenille !
00:10:52Ben oui, on vous entend, hein !
00:10:54Ah, ah, à la chenille !
00:10:56Et vous dites à ce moment-là que vous avez atteint la dernière porte de l'enfer,
00:11:00qu'il n'y a pas de pire épreuve au monde,
00:11:02jusqu'à ce que votre futur beau-frère vous glisse nonchalamment à l'oreille...
00:11:05Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur que tu fasses un discours.
00:11:08Mais rien de très élaboré, juste quelques mots, ça la toucherait beaucoup.
00:11:11Ouais, enfin...
00:11:12Super, merci, je compte sur toi.
00:11:15Mais je sais pas faire ça, moi.
00:11:17J'ai rien d'un orateur, je suis incapable de parler en public.
00:11:21C'est quoi, je m'en fous.
00:11:22Je vais faire un truc super bateau, genre une liste.
00:11:26Ouais, voilà, je vais noter quelques mots-clés,
00:11:28comme enfance, temps qui passe, vie à deux.
00:11:31Puis après, je broderai, comme ça, il arrête de me mettre sa main sur l'épaule,
00:11:34là, comme ça, je déteste quand il fait ça.
00:11:36Là, je vais faire une liste.
00:11:37C'est très bien, les listes.
00:11:39C'est-à-dire, j'en avais fait une pour mon premier rendez-vous avec Sonia.
00:11:43J'étais stressé comme si j'allais passer un examen oral.
00:11:45L'éventualité d'un blanc dans la conversation me tétanisait.
00:11:48Pour moi, un silence lors d'un premier rendez-vous était forcément synonyme de fiasco.
00:11:53Il signifiait, ça ne colle pas à vous deux, c'est pas possible,
00:11:56vous vous êtes trompé.
00:11:58J'avais donc fait une liste de thèmes à aborder en vrac
00:12:00pour pouvoir relancer la conversation en cas de besoin.
00:12:04Ça donnait quelque chose du genre...
00:12:06Boulot, ça te plaît ?
00:12:08La Camargue, tu connais ?
00:12:10Nourriture, t'es plutôt sucrée ou salée ?
00:12:12Beyoncé, elle est quand même balèze, tu trouves pas ?
00:12:15Salut.
00:12:16Ah, salut.
00:12:18Excuse-moi, je suis en retard.
00:12:19Ah, je t'en prie.
00:12:20Il m'est arrivé un truc super rigolo.
00:12:21Ah bon ?
00:12:22En fait, la conversation s'est lancée d'elle-même.
00:12:25Et on s'est mis à parler pendant des heures de façon totalement naturelle et décontractée.
00:12:29Je suis partie à 13 ans.
00:12:43Tu t'es barrée de chez tes parents à 13 ans ?
00:12:45Bah oui.
00:12:45D'accord.
00:12:46J'ai eu la rébellion précoce.
00:12:47Mais ça se passait vraiment très mal.
00:12:49Donc je me suis dit, je prends quelques affaires et je pars.
00:12:51D'accord, mais sauf que tu t'es dégonflée.
00:12:53Enfin, non, pas tout à fait.
00:12:54Non, mais le truc qui m'a retenue, c'est que je...
00:12:59Non, je n'ai pas telle de...
00:13:00Arrête, vas-y, dis-moi.
00:13:02Bon, tu sais comment on est à l'adolescence vis-à-vis de notre image.
00:13:05Ouais.
00:13:05Voilà, et donc j'avais très peur que mes parents choisissent une photo super moche de moi pour la vie de recherche.
00:13:10Oh, la rebelle à deux balles, quoi.
00:13:11Non, enfin, bon, quoi.
00:13:14Très vite, je me suis dit, c'est elle.
00:13:17C'est elle qui quoi ? Je ne savais pas trop, mais c'était elle.
00:13:20J'étais sous le charme.
00:13:22Et sa culture littéraire m'impressionnait.
00:13:23T'as lu le livre de l'intranquillité de Pessoa ?
00:13:25Le livre de ?
00:13:26T'as lu L'homme sans qualité de Musil ?
00:13:27Non, celui-là, je ne l'ai pas lu.
00:13:28Il faut absolument que tu l'ises d'André la nuit de Fitzgerald.
00:13:30Ok.
00:13:30Et le dernier Harry Potter ?
00:13:31Ah, celui-là, je l'ai lu.
00:13:32Non, c'était une blague.
00:13:33D'accord, bien sûr.
00:13:34Bien sûr, c'était une blague.
00:13:35D'ailleurs, moi aussi, c'était une blague.
00:13:37Par contre, j'ai peur de ne pas me souvenir de tous les titres.
00:13:39Ah, ben, attends, je vais tenter ça.
00:13:41Bon, par contre, je te préviens, je n'ai pas une super écriture, donc...
00:13:43Je pourrais inventer un bobard, là, de te dire que je fais des listes comme ça, pour
00:13:52m'amuser, que c'est un hobby, mais la vérité, la vérité toute bête, c'est que j'étais
00:13:56intimidé, que j'avais peur d'avoir rien à dire, et donc, voilà, une liste de sujets
00:14:00de conversation.
00:14:01C'est concernant.
00:14:03Je sais, je suis désolé.
00:14:06Je vais écrire de l'autre côté, alors.
00:14:08Adrien, je te sers ?
00:14:18Euh...
00:14:19Tu aimes les poivrons, je n'arrive jamais à me souvenir.
00:14:21Non, Sophie, je n'aime pas les poivrons.
00:14:24J'ai toujours détesté ça, mais tu n'as jamais su ce que j'aimais.
00:14:27Tu ne t'es jamais posé la question, en fait.
00:14:31Vous savez ce qu'elle m'offre à chacun de mes anniversaires ?
00:14:33Une encyclopédie.
00:14:34De 8 à 35 ans, chaque année, une encyclopédie.
00:14:38Ça fait 27 encyclopédies en tout.
00:14:42Bon anniversaire, frérot.
00:14:44Et à chaque fois, la même phrase.
00:14:47Avec toi, c'est facile.
00:14:48Un livre, on sait que t'es content.
00:14:50Cool.
00:14:53Le pire, c'est qu'à force de voir toutes ces encyclopédies chez moi, mes amis ont fini
00:14:56par croire que je les collectionnais.
00:14:58Bon anniversaire !
00:15:00Du coup, ils se sont mis à mon offrir aussi.
00:15:02Je les ai tout de suite.
00:15:02Les vins de France, la bière, le pain, les inventions, la chasse, le chocolat, l'espace, le Moyen-Âge.
00:15:12Quand Internet a fait son apparition, je me suis dit, bon, elle ne va pas oser, pas à l'ère du numérique.
00:15:19Pas maintenant qu'il suffit d'un clic pour avoir accès à la moindre information.
00:15:21Eh ben si.
00:15:24Tiens, frérot.
00:15:25Bon anniversaire.
00:15:26Merci.
00:15:27Avec toi, au moins, c'est facile.
00:15:28Un livre, on sait que t'es content.
00:15:30Comme un running gag.
00:15:33Mais un running gag qui ne serait pas destiné à faire rire.
00:15:37Merci.
00:15:39Je ne comprends pas, Sophie.
00:15:42Je ne comprends pas comment un frère et une sœur peuvent aussi mal se connaître.
00:15:46On était pourtant proches quand on était enfants.
00:15:48Sous-titrage Société Radio-Canada
00:16:18Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:16:31À quel moment est-ce qu'on a perdu ça ?
00:16:33Je n'ai pas entendu.
00:16:35Hein ?
00:16:37Pardon ?
00:16:38Tu veux des poivrons ou pas ?
00:16:40Non, Sophie.
00:16:41Non, merci.
00:16:42Pas de poivrons.
00:16:43Merci.
00:16:43Ah, c'est bien ce que je me disais.
00:16:45Oui.
00:16:45C'est bête, hein ?
00:16:46Je n'arrive jamais à me souvenir si c'est les concombres ou les poivrons.
00:16:49Oui, c'est bête.
00:16:50Chéri ?
00:16:51Oui.
00:16:52C'est bête.
00:16:56Bonsoir.
00:16:58Alors, c'est le moment du discours.
00:17:01Je ne vais pas faire long.
00:17:02Vous ne vous inquiétez pas.
00:17:03Enfin, j'espère.
00:17:06Non, pour tout vous dire, je n'ai pas trop l'habitude.
00:17:08Parce qu'en fait, c'est Ludo qui m'a demandé de faire ça.
00:17:12Ouais, sacré Ludo.
00:17:14Enfin, je t'ai demandé, pour être honnête, ce n'était pas vraiment une question.
00:17:18Non, non, je t'assure, Ludo.
00:17:19Ce n'était pas une question.
00:17:21Il n'y avait pas de point d'interrogation à la fin de date.
00:17:24Oh, putain.
00:17:25Je viens de comprendre.
00:17:29Il n'y a pas de questions ouvertes dans mon message.
00:17:33Je dis quoi ?
00:17:34Coucou Sonia, j'espère que tu vas bien. Bisous.
00:17:38Tu veux répondre quoi ?
00:17:39Bah, rien.
00:17:40Il espère que je vais bien, mais il ne le demande pas explicitement.
00:17:43Il n'y a rien à répondre.
00:17:45Non, ce n'est pas faux.
00:17:48Oh, le con.
00:17:50Oh, putain, mais quel con.
00:17:53Ça va, Adrien ?
00:17:54Non, ça ne va pas.
00:17:54Non, j'ai mis un point d'exclamation à la place d'un point d'interrogation.
00:17:56Donc, non, non, ça ne va pas.
00:17:58Tu as mis un quoi ?
00:18:00Hein ?
00:18:04Oh, j'aimerais tellement pouvoir lui parler de Sonia.
00:18:09Du message de 17h24 et de l'état de désespoir dans lequel je suis.
00:18:13Mais je sais que c'est inutile.
00:18:14Ouais.
00:18:15Je le sais depuis mon premier chagrin d'amour.
00:18:17Isabelle appartenait à cette génération d'étudiantes qui se passionnaient pour l'Afrique.
00:18:29C'était comme un virus qui s'emparait de toute une partie de la population féminine à l'époque.
00:18:33On n'y échappait pas.
00:18:36L'acné à 12 ans.
00:18:38L'Afrique à 19.
00:18:38Hé, tu fais quoi à Noël, toi ?
00:18:45Je vais apporter des stylos au Bénin.
00:18:47Des stylos ?
00:18:47Ouais, j'ai reussé une collecte.
00:18:49Tu sais, ils n'ont rien là-bas.
00:18:51Mais du coup, pas le stylo.
00:18:52C'est le début de l'éducation.
00:18:54Et donc de l'émancipation, tu vois.
00:18:56Ouais.
00:18:57La proposition que vous faites...
00:18:59Bonjour, un stylo BIC, s'il vous plaît.
00:19:01Donc, ils vont tous les facs.
00:19:03Isabelle.
00:19:04Isabelle ?
00:19:05Oui ?
00:19:06C'est pour le Bénin.
00:19:07Ah, ben, merci.
00:19:11C'est très gentil.
00:19:13À moi, Adrien.
00:19:14Adrien, voilà.
00:19:15Merci, Adrien.
00:19:17Salut.
00:19:19Salut.
00:19:27Fais.
00:19:29C'est ça ?
00:19:29Pour le Bénin.
00:19:30Cool.
00:19:31Merci.
00:19:32T'en prie.
00:19:34Bonjour, un BIC.
00:19:35Il s'appelle.
00:19:40Tiens, c'est pour le Bénin.
00:19:42D'accord, merci.
00:19:47Tiens, c'est pour le...
00:19:49Pour le Bénin ?
00:19:50Ouais, merci.
00:19:51Écoute, en fait, c'est très gentil, mais c'est bon, j'en ai assez des stylos.
00:19:55Ah bon ?
00:19:55Ouais.
00:19:57T'en as combien ?
00:19:57Assez, j'en ai assez.
00:20:00T'es sûre ? Parce que moi, ça me...
00:20:01Non, mais c'est bon, en fait.
00:20:02C'est un petit stylo de plus ou de moins ?
00:20:03Oui, mais non.
00:20:05Vraiment.
00:20:06Merci.
00:20:06Ok.
00:20:07Merci, du coup, merci beaucoup.
00:20:09Je t'en prie.
00:20:09À plus.
00:20:10À plus, voilà.
00:20:10À plus.
00:20:11À plus.
00:20:11À plus.
00:20:11Pardon.
00:20:19Pardon, en fait, il m'en restait un chez moi, et je me suis dit, celui-là, il est pour
00:20:23toi.
00:20:26Petit Béninois.
00:20:27Tu vas me lâcher, là, maintenant, s'il te plaît ?
00:20:29Pardon ?
00:20:29Je t'ai dit que j'en avais assez, donc ça suffit, t'arrête avec tes stylos.
00:20:32Mais t'énerves pas.
00:20:33Putain, mais tu vas me lâcher, oui !
00:20:35Merde, là !
00:20:37Malade.
00:20:38Mais c'était pour le Bénin ?
00:20:40Je l'emmerde, le Bénin !
00:20:41J'ai sombré dans une profonde dépression.
00:20:46Mais un week-end où j'étais chez mes parents, je me suis confié à ma mère.
00:20:49Je t'ai plus goût à rien, je te jure, moi, j'ai envie de mourir.
00:20:51J'avais besoin de partager ça avec elle, de lui dire à quel point je souffrais.
00:20:54Je fais pas bien, maman.
00:20:56Je fais pas bien.
00:20:57Ce à quoi elle a répondu...
00:21:01C'est vraiment du jus d'orange.
00:21:02Je suis serein et posé.
00:21:28Ils disent, ça n'a pas toujours été facile, mais à présent je me suis reconstruit et c'est pour toi que je m'inquiète.
00:21:34Oui.
00:21:35Ils disent, je serai toujours là pour toi.
00:21:38On peut pas ne pas répondre à quelqu'un qui vous écrit comment tu vas.
00:21:41C'est-à-dire que la nourriture passe dans le second estomac.
00:21:47C'est le stoma qu'on appelle l'estomac social.
00:21:50Et c'est juste à ce moment-là qu'elle est prête à être partagée.
00:21:53C'est formidable, vous savez, c'est magique.
00:21:55Oh, c'est fou ça.
00:21:56Tu savais ça, Adrien ?
00:21:57Pardon, quoi ?
00:21:58Les fourmis.
00:21:59On parle du truc des fourmis.
00:22:00La trophallaxie.
00:22:01La trophallaxie, c'est ce qui permet aux fourmis de se transmettre de la nourriture ou des hormones.
00:22:05C'est une sorte d'invention du réseau social bien avant l'heure.
00:22:07Ça, alors ? Non, je le savais pas.
00:22:08Je te ferais un bouquin cieux là-dessus.
00:22:09Ça a l'air intéressant.
00:22:10Ah bah oui, c'est intéressant.
00:22:11Bon, on va chercher la suite.
00:22:13Ça, ça va aller dans mon premier estomac.
00:22:16C'est pas si bon ça.
00:22:17Dis-moi, Ludo, à propos du discours, je me disais, ça serait peut-être mieux de laisser ça à quelqu'un d'autre.
00:22:23Parce que moi, je suis pas vraiment à l'aise et doué pour ce genre de choses.
00:22:25Je vais nous faire quelque chose de formidable, j'en suis sûr.
00:22:27Non, justement.
00:22:28Bah écoute, moi.
00:22:29Oui, je t'écoute.
00:22:30C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta soeur.
00:22:34D'accord.
00:22:34Non, non, non.
00:22:35Regardez-moi ça.
00:22:37Ça sent bon.
00:22:38Ça sent merveilleusement bon.
00:22:39On se trompe jamais avec le gigot.
00:22:42Oh putain, oh l'enculé.
00:22:45Non seulement j'ai pas réussi à éviter ce putain de discours, mais en plus il me dit qu'on attend de moi quelque chose de formidable.
00:22:52Rien que ça.
00:22:52Je suis le responsable officiel du plus beau cadeau de la soirée.
00:22:57Si je foire, ce mariage va être un désastre.
00:22:59C'est ça qu'il vient de me dire là, avec son petit sourire et son clin d'œil.
00:23:02Non mais attends.
00:23:08Attends, attends, attends, attends, attends.
00:23:09En fait, je crois que t'as pas bien compris, Ludo.
00:23:12Si.
00:23:13Je vais pas le faire, ton discours.
00:23:14Ok ?
00:23:15Tu crois qu'elle passe beaucoup de temps, elle, à se demander quel est le plus beau cadeau qu'elle pourrait faire à son frère ?
00:23:19Tu les as lus, mes encyclopédies, Ludo ?
00:23:22Hein ?
00:23:23Tu as lu les plus beaux sommets d'Europe ?
00:23:24Tu as lu Reptiles et Batraciens ?
00:23:26Tu as lu Bébé du Monde ?
00:23:28Eh, mais du calme.
00:23:30Quoi, du calme ?
00:23:31Réfléchis.
00:23:32Si ça se trouve, c'est la meilleure chose qui puisse arriver, ce discours.
00:23:34Pardon, mais c'est vraiment pas...
00:23:36T'aurais pas marre de l'image qu'on a de toi dans cette famille ?
00:23:38Ça, c'est sûr.
00:23:40Adrien, il est dans son monde.
00:23:42C'est un poète.
00:23:43Putain, arrête, je déteste quand ils font ça, là.
00:23:45Mais bien sûr.
00:23:46Un poète, dans leur langue, c'est un autiste.
00:23:48Et si tu changeais tout ça ?
00:23:50Si tu profitais justement de ce discours pour leur montrer que le poète peut devenir un être sociable et fascinant.
00:23:55Imagine.
00:23:58Et donc là, il arrive et lui dit...
00:24:01Madame, je crois que votre orteil est coincé dans la porte.
00:24:09Allez, qui a un petit creux ?
00:24:11Oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh !
00:24:12Dis donc, qu'est-ce qui se passe ?
00:24:13Un, deux, et...
00:24:15N'oubliez pas de manger des fruits.
00:24:16Alerte rouge au génie, mon dieu, la maternité te va à ravir.
00:24:25Tu es sublime, et c'est sincère.
00:24:27Salut Julien, salut Isabelle, salut Jean-Pierre, salut Corinne, salut Hervé, salut ma Steph, salut Jean-Noël.
00:24:33T'as fait le déplacement.
00:24:35Ma soeur va être si heureuse.
00:24:36Calme-nous la coupe.
00:24:37Dis donc, ça va, vous vous régaler ?
00:24:39Tu enchaînes les blagues, les anecdotes, les bons mots.
00:24:42Le public est conquis.
00:24:42Jean-Pierre, qu'est-ce que je vois là ? Mais ce serait pas un jeu à gratte.
00:24:45Certains d'entre eux se disent...
00:24:47Mais c'est qui ?
00:24:48Le frère de la mariée, je crois.
00:24:49Sale, hein ?
00:24:50Je savais pas qu'il était drôle comme ça.
00:24:51125 000 euros.
00:24:53Wow ! Attention, l'argent ne fait pas le bonheur, hein, voyou.
00:24:58Vous êtes la meilleure table.
00:25:00Et tu vas de groupe en groupe, agile et virevoltant, espiègle, taquin, charmeur.
00:25:05Boutchou, ça va ? C'est pas trop long, la tante ?
00:25:07Si, hein...
00:25:08Sibylle, dis donc, faut mettre sa serviette, hein, tu vas t'en mettre partout.
00:25:12Non, non, je veux pas de jalousie.
00:25:16Qu'y a eu des bonnes notes à l'école ?
00:25:17Ouais, ouais !
00:25:17Allez, c'est cadeau !
00:25:19Et on se brote les dents ce soir, hein ?
00:25:21J'adore les mômes.
00:25:22Non, non, non, non, non, non.
00:25:52Quoi, ouais, mais non.
00:25:54Tu trouveras bien que ce n'est pas comme ça que ça va se passer.
00:25:59Le micro débande.
00:26:03Alors, euh...
00:26:05Cher Sophie, cher Ludo,
00:26:08enfin, je dis chère Sophie,
00:26:10c'est surtout ta robe qui est chère, apparemment.
00:26:12C'est ce que m'a dit maman, qu'il y a une tronche.
00:26:14Je vais enchaîner les vannes pourries.
00:26:16Chacune d'entre elles sera suivie d'un long silence embarrassé.
00:26:18Bravo pour cette robe magnifique,
00:26:20qui peut l'être, apparemment.
00:26:22Cher Ludo,
00:26:25là aussi, c'est de circonstance,
00:26:28ma soeur prend chère
00:26:29en partant avec toi.
00:26:31Le malaise va monter lentement.
00:26:32Tu sais que je t'aime beaucoup.
00:26:35Enfin, en tout bien, tout honneur, je ne mange pas de ce bras.
00:26:37Bravo.
00:26:37Oui, merci, non, non, c'est bon.
00:26:39Oui, alors voilà, je vais faire une petite blague,
00:26:41parce que je m'étais promis qu'il y aurait de l'émotion,
00:26:43mais qu'il y aurait aussi un petit peu des moments
00:26:44de joie dans ce mariage.
00:26:47Est-ce que vous savez pourquoi Napoléon n'a jamais déménagé ?
00:26:53Tic-touc,
00:26:55Tic-touc,
00:26:57Tic-touc suspense.
00:26:59Parce qu'il avait un bon appart.
00:27:01Quoi ?
00:27:01Parce qu'il avait un bon appart.
00:27:04Non, mais ne le dis pas.
00:27:06Ne le dis pas si tu la sais, c'est dommage.
00:27:09Laisse-moi la dire.
00:27:10Enfin, tu vois ce que je veux dire, c'est con.
00:27:11Non, parce que je ne le connais pas,
00:27:13il n'y a pas de tricherie.
00:27:14Parce qu'il avait un bon appart.
00:27:15Il y avait aussi, pourquoi les chinoises aiment bien les Beatles ?
00:27:19Parce que les jaunes sont...
00:27:21Moi, je la trouve bonne.
00:27:21Juste, ah là oui, un petit tour de magie, avant peut-être.
00:27:23Mais c'est qui ?
00:27:25Frère de la barrière, je crois.
00:27:27Mais pourquoi il fait ça ?
00:27:28C'est un canular.
00:27:30Peut-être qu'il a bu.
00:27:31Je te le mange une seconde.
00:27:32C'est un grand classique,
00:27:33mais ça marche toujours.
00:27:34Hop, je me dépêche, je me dépêche.
00:27:36Le petit foulard va disparaître.
00:27:39Tassien.
00:27:43Voilà, bravo.
00:27:43Juste, vous dire, vous dire un grand merci.
00:27:47Ma soeur, que je t'aime,
00:27:48que je t'aime, que je t'aime,
00:27:49que je t'ai pas fait mon discours,
00:27:51que c'est quand même la bonne des chances.
00:27:51Bon de savoir.
00:27:52Non, non, non, non, non.
00:27:53Même si ma peine a bien fait chier,
00:27:55on a eu des désaccords, certaines fois,
00:27:58à propos de la même chose,
00:27:59quand on a parlé.
00:28:01Mais aussi, regardez, regardez, regardez,
00:28:03ah, c'est important.
00:28:06Laissez-moi parler, laissez-moi parler.
00:28:08C'est juste une petite fois.
00:28:09Et non seulement ce discours sera le plus grand moment de honte
00:28:11qu'on ait jamais connu dans cette famille,
00:28:13et comme quelqu'un aura eu la bonne idée de le filmer,
00:28:16ça deviendrait la risée de millions d'internautes
00:28:18dont certains se diront
00:28:19« Mais non, c'est forcément un fake.
00:28:21Personne peut être naze à ce point-là. »
00:28:24Ça te paraît pas un peu plus réaliste comme vision ?
00:28:26Là, c'est chaud, là.
00:28:31Bon bah, bonne chance.
00:28:33Je vous ai pas raconté le dernier coup de Bérangère.
00:28:39Bérangère ?
00:28:40La nouvelle du service marketing ?
00:28:41Oui.
00:28:42Elle pose un mercredi, alors qu'elle a même pas d'enfant.
00:28:44C'est dégueulasse.
00:28:45Oui, ça c'est vraiment...
00:28:47Alors, soi-disant, c'est une erreur de planning de sa part,
00:28:49mais ça va pas se passer comme ça.
00:28:51Je peux te dire qu'elle va la sentir passer son erreur.
00:28:53T'as raison, ma chérie, faut pas te laisser faire.
00:28:54Ah oui, te laisse pas faire au flux de l'encyclopédie.
00:28:56Pardon ?
00:29:01Hein ?
00:29:02Non, t'as dit quelque chose ?
00:29:05Moi ? Non.
00:29:09Ah si, t'as dit quelque chose.
00:29:13Oui.
00:29:14Oui, non, c'est juste que j'ai pas bien compris, en fait.
00:29:18Qu'est-ce qui est dégueulasse ?
00:29:19C'est de poser un mercredi ou de pas avoir d'enfant ?
00:29:21T'es bizarre, hein, ce soir, Adrien ?
00:29:27Je... je demande.
00:29:31Et ton ami Barbara, tu as des nouvelles ?
00:29:34Oui, oui, je l'ai eu au téléphone récemment.
00:29:35Ils essaient d'avoir un troisième, mais ils y arrivent pas.
00:29:36Oh, les pauvres.
00:29:39Tu sais quoi ?
00:29:41Ludo, je vais le faire, ton discours.
00:29:42Ok ?
00:29:43Mais à une condition.
00:29:44Que tu arrêtes de faire grincer ta pourchette dans ton assiette.
00:29:47Je pourrais tuer pour ça, je te jure.
00:29:49C'est marrant parce que Sophie, elle, en revanche, ça a pas l'air à déranger.
00:29:54Et tant mieux, d'ailleurs.
00:29:55Tant mieux parce que l'agacement, c'est le premier signe d'un couple qui va mal.
00:29:59Un jour, tu te réveilles et ta copine ne supporte plus rien chez toi.
00:30:12Tu vas pas arrêter de faire du bruit en buvant ton café.
00:30:15C'est super désagréable, en fait.
00:30:19Mais quand est-ce que tout a basculé, Sonia ?
00:30:30Quand sont apparus les premiers signes ?
00:30:46Je me souviens de cette nuit où je me suis réveillé avec une violente douleur dans la poitrine.
00:30:50Je sais pas.
00:30:51Je sais pas.
00:30:51Oh, la vache.
00:30:52Putain, c'est comme une lame qui me transperce la poitrine, là.
00:30:55Oh, merde.
00:30:56Putain, je crois que je crois un impratus.
00:30:57Je fais un impratus.
00:30:57Un impratus ?
00:30:59Oh, je vais crever.
00:31:00Je vais crever.
00:31:01Je vais crever.
00:31:02Non, je vais crever.
00:31:03Je vais crever.
00:31:03Je vais crever.
00:31:04Tu m'avais emmené aux urgences.
00:31:07Et vers 4h du matin, le verdict était tombé.
00:31:09Il n'y a rien.
00:31:14Comment ça, rien ?
00:31:16Rien, tout est normal.
00:31:17Vous êtes sûr ?
00:31:18Certain.
00:31:19Je comprends pas, là.
00:31:20Rien, rien.
00:31:21Rien.
00:31:22Vous êtes certain ?
00:31:22Certain.
00:31:23C'est fou.
00:31:24C'est fou, c'est fou.
00:31:25C'était pas vous, la semaine dernière, qui êtes venu en pensant avoir la malaria ?
00:31:28La malaria ?
00:31:29La malaria ?
00:31:31Ah, oui, oui, oui, oui.
00:31:33Non, c'était le palu.
00:31:34C'était le palu.
00:31:35Le palu, la malaria.
00:31:36Ouais, ouais.
00:31:36Je l'ai pas non plus.
00:31:37Les deux, non.
00:31:38C'est sûr, non.
00:31:43Franchement, ça devient pénible.
00:31:44T'as toujours un truc qui va pas.
00:31:47Pardon ?
00:31:48Pardon de t'imposer ma détresse, alors...
00:31:51Adrien, mais excuse-moi, si t'allais dans certaines régions d'Afrique, tu saurais ce que c'est que la vraie détresse ?
00:31:55Alors là, alors là, Sonia, pardon, mais là, ton exemple tombe vraiment, vraiment mal.
00:32:00Ah bon ?
00:32:01Ah ouais.
00:32:02Bah ouais, figure-toi.
00:32:04T'as déjà entendu parler du Bénin, Sonia ?
00:32:05Eh ben, sache que par le passé, j'ai été activement impliqué dans le développement du Bénin.
00:32:10Eh oui, madame.
00:32:11T'as déjà donné des stylos pour le Bénin, toi ?
00:32:13Non.
00:32:15Voilà, alors l'Afrique, s'il te plaît, pardon, mais pas à moi.
00:32:17D'accord ?
00:32:19T'as donné des stylos pour le Bénin ?
00:32:22Ouais.
00:32:23Combien ?
00:32:25Hein ?
00:32:26Combien, le stylo ?
00:32:28Je sais plus, une douzaine, une quinzaine.
00:32:34Douzaine.
00:32:35Je sais juste qu'il était très content, il était très content.
00:32:44Bonsoir.
00:32:45Vous entendez ?
00:32:46Bonsoir, bonsoir à tous.
00:32:48Je vais pas être long, vous inquiétez pas, d'autant que j'ai cru comprendre que le programme était très chargé ce soir.
00:32:55Oh la la la la.
00:32:57Je peux vous dire que Sophie et Ludo vous ont concocté, concocté, concocté, concocté.
00:33:02Voilà, j'y arrive.
00:33:03Je crois qu'il est venu.
00:33:03Un paquet de surprises pour cette magnifique soirée.
00:33:06Et, notamment, alors j'étais un petit filou, je vais le dire, je le dis, je, non, je vois Sophie et Ludo qui me font des grands, non, non, non, je le dis, je le dis pas, suspens.
00:33:19Allez, je le dis pas, vous avez de la chance, hein.
00:33:22Alors, par contre, je vais raconter une petite anecdote.
00:33:25Alors ça, j'y tiens.
00:33:25À propos de ma soeur, rien de bien méchant, fais-moi confiance.
00:33:29Alors, elle devait avoir, allez, 12, 13 ans, et ce jour-là, je rentre dans sa chambre, pour lui emprunter un CD ou quelque chose comme ça.
00:33:40Et, en cherchant, je tombe sur son journal intime.
00:33:46Oh.
00:33:47Alors là, par contre, ça, j'ai un peu fait exprès.
00:33:50Je sais, c'est mal, mais qu'est-ce que vous voulez ? J'étais jeune, j'étais curieux, je résiste pas, je l'ouvre.
00:33:57Ah, la boulette.
00:33:58Et là, la première phrase sur laquelle je tombe m'intrigue beaucoup.
00:34:02C'est, Sophie me rejoint, c'est Benjamin B8I4L7.
00:34:09Tiens, tiens, tiens, tiens, tiens.
00:34:11Donc, moi, j'essaye de décrypter ce code mystérieux.
00:34:14Et je parcours rapidement le journal, croisant au passage...
00:34:19Il y a des gens qui sont là.
00:34:19Il y a des gens qui sont là.
00:34:20Eric B3L7I9.
00:34:23Ah, tu me fais mal.
00:34:24Elle me pince.
00:34:25Bastien B8I5L3.
00:34:28Et là, je finis par tomber sur...
00:34:31Ta gueule, dis donc.
00:34:34Je finis par tomber sur 27 novembre.
00:34:38Tu me dis si je me trompe.
00:34:39Aujourd'hui, j'ai regardé Pascal.
00:34:41Il est devenu tout rouge.
00:34:42Aïe, tu me fais mal.
00:34:43En beauté, je lui mets 9.
00:34:46En intelligence, 6.
00:34:47Et en look, 8.
00:34:52Tout s'expliquait.
00:34:53Je finis.
00:34:53Elle notait les garçons avec trois critères essentiels.
00:34:56Je l'ai arrêté, oui.
00:34:57Beauté, intelligence et look.
00:34:59B-I-L.
00:35:00Arrête, tu me...
00:35:01Et voilà.
00:35:03Et moi, il y a une question que je te pose.
00:35:04Il y a une question que je vous pose à tous, même.
00:35:05Elle lui met combien, Sophie, à Ludo ?
00:35:08Hein ?
00:35:08Parce qu'il faut dire que...
00:35:09On va pas se mentir.
00:35:10Ludo, c'est pas non plus la crème de la crème.
00:35:12Aïe, vache.
00:35:13Merde.
00:35:14Ça se fait maintenant, merde !
00:35:15Mais quoi ? C'est pour rire !
00:35:19Non, non.
00:35:22Ne t'énerve pas, Ludo, Ludo.
00:35:23Ludo, non, non, non.
00:35:24Où n'est pas content ?
00:35:25Où n'est pas content ?
00:35:26Calme-toi !
00:35:26C'est pour rire !
00:35:27Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
00:35:28Calmez-vous !
00:35:30Je peux pas.
00:35:33Je peux pas faire ce discours.
00:35:35Bon, allez.
00:35:36On se calme.
00:35:37On respire.
00:35:38On réfléchit.
00:35:40C'est quoi la solution ?
00:35:41Que le mariage soit annulé.
00:35:43Je vois que ça.
00:35:43Mais qu'est-ce qui peut entraîner l'annulation d'un mariage ?
00:35:46Et moi, j'arrive.
00:35:48Couic, couic, couic, couic, couic, couic, couic.
00:35:51Incroyable.
00:35:51La mort tragique des futurs époux.
00:35:53Impayable.
00:35:53Ils rentraient tranquillement de chez Chauve Center,
00:35:56où ils avaient été demandés un devis pour le chauffage au sol.
00:35:59Et là, entre l'éléphant bleu et Buffalo Grill.
00:36:01Oui, il y a la fille.
00:36:09Désolée, on n'a rien pu faire pour eux.
00:36:17Tu feras un petit discours pour l'enterrement.
00:36:22Ok, on oublie.
00:36:24Dans ce cas,
00:36:26elle a découvert, quelques jours avant le mariage, d'un adultère.
00:36:28Soso, déjà ?
00:36:31Est-ce que Ludo a déjà trompé ma sœur ?
00:36:34J'en doute.
00:36:36Je me demande même si c'est aperçu qu'autour de lui,
00:36:38dans la rue ou dans les magasins,
00:36:40évoluent d'autres femmes qui ne sont pas ma sœur.
00:36:44Pareil pour Sophie.
00:36:45Pour elle, le concept d'adultère n'existe que dans les romans
00:36:47ou les séries télé.
00:36:49Et quand Ludo parle,
00:36:50on lit chez ma sœur
00:36:53une admiration sans borne.
00:36:55Ce serait tel que ça pourrait anéantir l'univers tout entier.
00:36:58C'est fou, ça.
00:36:59Ah, ça fait peur surtout.
00:37:00Regardez Pluton.
00:37:01Pluton ?
00:37:02À ce moment-là, les yeux de ma sœur disent
00:37:04« Vous avez vu, il en sait des choses.
00:37:06Il est à moi.
00:37:07C'est mon amoureux
00:37:08et nous allons nous marier. »
00:37:11Quant à Ludo,
00:37:12il pose régulièrement sa main sur celle de ma sœur,
00:37:15comme ça,
00:37:16sans même la regarder.
00:37:16Et cette main posée dit
00:37:19« Nous sommes tellement heureux. »
00:37:22Elle dit
00:37:22« J'aimerais que cet instant dure toute la vie. »
00:37:25Elle dit
00:37:26« Mon amour,
00:37:28demain nous irons marcher sur la plage
00:37:29en nous tenant par la taille
00:37:31et en parlant de chauffage au sol. »
00:37:35Oh putain, je viens d'avoir une idée.
00:37:37Mais j'ai beaucoup appris.
00:37:38C'est assez moche comme idée.
00:37:41Mais je suis prêt à tout pour ne pas le faire, ce discours.
00:37:42« Ah oui, on l'a vu. »
00:37:43« Regarde. »
00:37:45« Je vais dire que c'est le document. »
00:37:47« Je m'y suis ? »
00:37:48« Oui ? »
00:37:49« Oh non, Ludo. »
00:37:50« Hum ? »
00:37:50« Je me demandais. »
00:37:52« Sophie. »
00:37:52« Ouais. »
00:37:53« Elle t'a déjà parlé de son barème pour noter les mecs ? »
00:37:57« Son barème BIL ? »
00:37:59« Elle t'en a parlé ? »
00:38:00« Ouais. »
00:38:01« Ah. »
00:38:02« Et euh... »
00:38:04« Enfin, t'as réagi comment ? »
00:38:06« Ben je sais pas, moi ça m'a fait marrer. »
00:38:08« Ah ok. »
00:38:08« Ouais. »
00:38:09« Bon. »
00:38:10« Enfin, tu t'es pas demandé quand même... »
00:38:13« Quoi ? »
00:38:15« Ah, quelle note elle te mettait ? »
00:38:17« Ah, elle me l'a dit. »
00:38:18« Je suis un B7, I9 et L3. »
00:38:20« Non, non. »
00:38:21« Hein Sophie ? »
00:38:22« Pardon ? »
00:38:22« On parlait du barème BIL. »
00:38:24« Tu sais, comme quoi tu m'avais mis 3 sur mon look. »
00:38:26« Parce que t'es pas très flatteur, je l'avoue. »
00:38:28« Mais bon, maintenant c'est elle qui m'a mis. »
00:38:29« Donc je pense que maintenant il n'y a plus de problème. »
00:38:31« Mais pourquoi vous vous parlez de ça ? »
00:38:33« Ah bah je sais pas, moi c'est Adrien qui en parlait. »
00:38:35« Non. »
00:38:35« Adrien, pourquoi tu parles de ça ? »
00:38:37« Non, comme ça, pour rien. »
00:38:39« Ah oui ? »
00:38:40« Oui, je... »
00:38:41« Je vais pas y aller. »
00:38:50« Mais oui, voilà, je vais pas y aller à ce mariage. »
00:38:52« Hein, j'inventerai un bobard. »
00:38:54« Ça, je sais faire. »
00:38:54« La noix de muscate, c'est une excellente. »
00:38:55« Ah, ta gueule, ta gueule, ta gueule. »
00:38:57« Tiens, par exemple. »
00:38:59« J'ai toujours trouvé moyen de ne présenter aucune petite amie à ma famille. »
00:39:03« Salut. »
00:39:05« Ça va, maman ? »
00:39:07« Bah t'es venue tout seul. »
00:39:08« À chaque fois que j'arrive, on jette un petit coup d'œil furtif par-dessus mon épaule,
00:39:12dans l'espoir que cette fois-ci, je sois accompagné. »
00:39:15« De temps en temps, je lâche un prénom, comme ça, au milieu d'une conversation anodine. »
00:39:19« Oh, on est allé voir le dernier ozon, on a adoré. »
00:39:22« Tu l'as vu, Adrien ? »
00:39:23« Ouais, j'y suis allé avec Pauline. »
00:39:26« Et la simple évocation d'un prénom féminin suffit à illuminer le visage de ma mère. »
00:39:30« Au cours des dix dernières années, j'ai donc inventé une Chloé, une Alice, une Juliette, une Pauline... »
00:39:40« Ah non, deux Paulines. »
00:39:41« Une Joséphine, une Sabrina, et même une Marie-Mertille. »
00:39:46« Eh oui, pour le plaisir. »
00:39:48« Et à chaque prénom, ma mère demande... »
00:39:50« Alors, quand est-ce que tu nous la présentes, celle-là ? »
00:39:52« Et à chaque fois, j'invente une excuse. »
00:39:55« Bah, t'es venue tout seule. »
00:39:56« Eh oui. »
00:39:57« Elle n'a pas pu venir, elle est coincée au boulot. »
00:39:59« Eh, sa grand-mère a fait un malaise. »
00:40:01« Elle s'est bloquée le dos, rage de dents. »
00:40:03« Et avec le temps, mes excuses deviennent de plus en plus fumeuses. »
00:40:06« Sa meilleure amie a perdu sa mère. »
00:40:08« Sa mère a perdu sa meilleure amie. »
00:40:10« Bah, t'es venue tout seule. »
00:40:11« La meilleure amie de sa mère a perdu la mère de sa meilleure amie. »
00:40:15« Bon, bah, tant pis. »
00:40:16« Et à chaque fois, mon père me glisse. »
00:40:17« Un petit clin d'œil complice qui semble signifier « t'inquiète pas. »
00:40:20« J'ai compris ton petit manège. »
00:40:21« Je me doute qu'il ne doit pas y en avoir qu'une seule de petite copine. »
00:40:24« Ça doit défiler, mon salaud. »
00:40:25« Coucou, maman. »
00:40:26« Oui. »
00:40:27« Et je ne démans jamais. »
00:40:28« Bah, t'es venue tout seul. »
00:40:30« Ah, non. »
00:40:35« Ça, c'est fou. Elle était là à la seconde. »
00:40:37« Sylvie ! »
00:40:39« Je comprends pas, hein. »
00:40:43« J'aurais jamais pu amener Sonia ici. »
00:40:45« Rien que de l'imaginer, hein, ne sert pas. »
00:40:48« J'en ai la chair de poule. »
00:40:49« Ah, tu n'aimais les que vois au reno. »
00:40:55« Allez, mais, j'ai l'impression qu'il y a un Harry Potter. »
00:40:57« Il y aurait tellement de niveaux de langage dans la conversation
00:41:01qu'il nous faudrait des traductions simultanées. »
00:41:03« Non, non, n'est à vous lâcher. »
00:41:05« Comme aux Nations Unies. »
00:41:07« Vous avez lu le livre de l'Antiquilité de Pézois ? »
00:41:10« Vous aimez les poivreux, Sonia ? »
00:41:12« Il faut absolument que vous les ayez teindre la nuit de Futurale. »
00:41:16« Et chez vous, Sonia, il y a le cheval de sol ? »
00:41:19« Ah oui, le dernier Harry Potter, je l'ai lu. »
00:41:22« Ah, non, c'était une blague. »
00:41:24« Et le choc de leur rencontre serait si violent
00:41:28comme celui de la matière et de l'antimatière
00:41:31qu'ils finiraient par tout désintégrer. »
00:41:34« C'est quand même incroyable ce l'échauffement climatique. »
00:41:39« Et il n'y aurait bientôt plus rien. »
00:41:46Plus rien que le néant.
00:41:48« Et il n'y aurait une blague. »
00:42:03« Au revoir. »
00:42:04Bonsoir.
00:42:34Je ne vais pas faire long, ne vous inquiétez pas.
00:42:44En fait, pour être honnête, je n'ai qu'une envie, c'est de partir.
00:42:50Pas contre vous, je ne connais pas la plupart des gens ici.
00:42:55Mais c'est vrai que si je pouvais, je m'enfuirais.
00:42:57Avant la chenille, avant la compagnie créole, avant qu'un oncle un peu saoul vienne s'asseoir
00:43:07à côté de moi, avec sa chemise ouverte, pour me dire qu'il m'a connu grand comme ça,
00:43:12que le temps passait à une vitesse folle.
00:43:17C'est bizarre d'ailleurs.
00:43:18Pourquoi les mariages sont des moments si mélancoliques ?
00:43:20Tout à l'heure, Sophie et Ludo vont s'élancer sur la piste
00:43:27et vous la garderez danser avec un sourire attendri.
00:43:33Mais peu à peu,
00:43:35votre regard va se voiler
00:43:36et vous allez commencer, malgré vous, à feuilleter l'album de votre vie.
00:43:41Et tous les échecs, tous les remords,
00:43:46tous les regrets qui ont jalonné votre existence
00:43:48remonteront à la surface.
00:43:52Et vous regarderez votre conjoint avec son sourire figé,
00:43:56son regard éteint par le vin,
00:43:59et vous aurez beau vous dire
00:44:00« Allez, il faut se contenter de peu,
00:44:05on n'est pas malheureux,
00:44:06hein mon Pierrot, on n'est pas malheureux. »
00:44:08Vous aurez beau vous dire ça,
00:44:09il ne faudrait pas vous empêcher de penser
00:44:12que c'est en partie à cause de Pierrot
00:44:14si vous êtes passé à côté de votre vie.
00:44:18Et à partir de là,
00:44:20le reste de la soirée
00:44:21va vous sembler long,
00:44:23très, très long.
00:44:30Je vous souhaite un bon appétit.
00:44:31Ah, au fait, je ne vous ai pas raconté
00:44:40comment j'ai rencontré Sonia.
00:44:41Ouais.
00:44:43Salut.
00:44:44Tu n'es pas déguisée ?
00:44:45Si, regarde.
00:44:46Tu n'es déguisée en quoi ?
00:44:47En le garot ?
00:44:48Mais non, tu...
00:44:49Tu ne reconnais pas ?
00:44:50Non.
00:44:50Qu'est-ce que j'ai dit ?
00:44:51Freddy Krueger ?
00:44:52Mais non, c'est le...
00:44:55Je ne sais pas, le capitaine Crochet...
00:44:56Non, écoute, ce n'est pas grave, laisse tomber.
00:44:58Tiens, je t'ai apporté un petit truc à manger.
00:44:59Ouais, je sais, c'est une pizza congelée, pardon,
00:45:02je n'avais plus que ça dans le frigo
00:45:02parce qu'en fait, je pensais que c'était une 4 saisons,
00:45:04mais je me suis planté, j'ai acheté une hawaïenne.
00:45:06Donc, en plus, je n'aime pas l'ananas,
00:45:07donc je ne voulais pas gâcher.
00:45:08Donc, voilà, je me suis dit que c'est mieux que rien.
00:45:10Enfin, bref, je te passe les détails.
00:45:11Non, non, je t'ai essayé les détails.
00:45:13Vas-y, rentre, tu m'en saoules.
00:45:16Non, c'est par là, voilà, tu fais...
00:45:18Dépêche-toi, allez, bon, je sais quoi,
00:45:19je vais faire ça, je vais la mettre à la cuisine.
00:45:29Salut.
00:45:44Allez, allez, allez, s'il vous plaît !
00:45:46Merde !
00:45:49Salut.
00:46:15Ah, vous aussi, vous n'aimez pas être déguisée ?
00:46:20Bah si, je suis déguisée.
00:46:22Ah bon ?
00:46:22En Barbara.
00:46:24Pardon, en qui ?
00:46:25En Barbara, la chanteuse.
00:46:27Ah oui, je vois, oui.
00:46:28Parole, parole, parole...
00:46:31Ah, ça, c'est Dalida.
00:46:33Bien sûr ?
00:46:34D'accord.
00:46:37Je plaisante, je ne suis pas déguisée.
00:46:39D'accord.
00:46:39Je suis juste venue dire bonsoir à Karine,
00:46:42mais je ne reste pas, j'ai une autre soirée.
00:46:43Moi, c'est Sonia.
00:46:46Adrien.
00:46:50Ah, la tienne me coule !
00:46:52Bon, on a la tienne.
00:46:55Allez.
00:46:56Putain, merde, pardon !
00:46:58Merde, merde, merde !
00:47:01Ça va ?
00:47:04Ça lui est rentré dans le...
00:47:11Dans le nez, hein.
00:47:13C'est la foule, je ne sais pas.
00:47:15Ça va, elle va, ça va !
00:47:16Lève la tête, elle va, la tête !
00:47:18Elle est comme ça !
00:47:19Elle est comme ça !
00:47:20Oh là là là !
00:47:21Karine, je suis désolée, je peux faire quelque chose.
00:47:23Casse-toi !
00:47:24Putain, casse-toi !
00:47:25Oh putain !
00:47:27Tu le sens là ?
00:47:27Tu le sens ?
00:47:28À gauche, j'ai plus d'odorat.
00:47:29J'ai plus d'odorat.
00:47:30Je ne sens plus rien.
00:47:38Je ne sens plus rien.
00:47:39Je te dis que je ne sens plus rien, putain.
00:47:42Juste, Karine, juste.
00:47:43La fille qui était à côté de moi tout à l'heure, tu n'aurais pas son numéro ?
00:47:46Mais putain, mais virer-moi ce commandel !
00:47:47Casse-toi, enculé !
00:47:48Casse-toi !
00:47:49Mais espèce de...
00:47:50Tain, Eric, il n'a jamais vu !
00:47:51Je fais juste son numéro !
00:47:55Allô, Karine ?
00:47:57Oui, c'est Adrien.
00:47:58Adrien, ouais.
00:48:00Ouais, ça fait un bail.
00:48:01Je sais.
00:48:02Ça va ?
00:48:05Ah bon, toujours ?
00:48:06Ah merde !
00:48:08C'est bizarre quand même.
00:48:09Ils disent quoi, les docteurs ?
00:48:12Ouais.
00:48:13Mais tu avais déjà une fragilité des cloisons nasales à la base ?
00:48:16Même pas, d'accord.
00:48:19Moi ?
00:48:19Oh, bah moi, t'es au courant pour Sonia, j'imagine ?
00:48:23Non, on n'est pas séparés.
00:48:25Ah non, non, non, non, elle fait une pause.
00:48:28Une pause.
00:48:30Ouais, je sais.
00:48:31Bah la différence, c'est...
00:48:33Une pause, t'appuies sur le bouton, ça s'arrête, tu rappuies, ça repart.
00:48:36Et puis une séparation, c'est plus comme si t'appuyais sur le bouton stop.
00:48:39Tu vois ?
00:48:40Voilà.
00:48:42Ouais, enfin bref.
00:48:44Non, je me demandais, tu l'aurais pas eu au téléphone, récemment ?
00:48:46Non, vraiment récemment, je veux dire, aujourd'hui.
00:48:52Non.
00:48:53Non, parce que je lui ai envoyé un message et elle répond pas.
00:48:56Donc je me demandais si c'était son téléphone qui marchait pas ou...
00:49:00Non, non, mais si tu sais pas, tu sais pas, hein.
00:49:03J'ai pas te demander de...
00:49:05De l'appeler là tout de suite pour lui demander si son téléphone fonctionne, hein.
00:49:09T'imagines le mec ?
00:49:10Ouais.
00:49:13Enfin, je sais pas, tu le ferais ?
00:49:15Bien sûr, je déconne.
00:49:16Bien sûr, je déconne.
00:49:17Non, non, non, non.
00:49:19Bon, écoute, c'était sympa d'avoir de tes nouvelles, Karine.
00:49:22Mais on m'attend à table, là, parce qu'en fait, je suis chez mes parents...
00:49:25Ouais, d'accord, ok, je te passe les détails.
00:49:28Ok, on fait comme ça.
00:49:29À bientôt, Karine.
00:49:32Oui, et puis fais attention en te mouchant, alors, hein.
00:49:34Ça...
00:49:36Salut.
00:49:42Mais attends, mais qu'est-ce que...
00:49:44Est-ce que tu m'emmènes ?
00:49:47Mais qu'est-ce qu'on fait, là ?
00:49:49Mais tu vas voir !
00:49:51C'est un arbre à vœux.
00:49:55Un quoi ?
00:49:56Mais tu vois, les gens, ils écrivent leurs vœux sur un petit morceau de papier...
00:50:00Ouais.
00:50:00Et après, ils le glissent, là, dans l'espoir qu'ils se réalisent.
00:50:03Ah, c'est marrant.
00:50:04Ouais.
00:50:05Mais moi, de temps en temps, je viens ici.
00:50:07J'en lis un ou deux.
00:50:09Quoi ?
00:50:10Attends, tu lis les vœux des gens ?
00:50:12Oui.
00:50:13Enfin, je les remets après.
00:50:15Sonia, pourquoi tu fais ça ?
00:50:18Par curiosité.
00:50:19Mais non.
00:50:19J'essaie de deviner à quoi ressemblent les gens en fonction des vœux qu'ils font.
00:50:23T'es con, hein ?
00:50:24Mais non.
00:50:24Allez, viens.
00:50:25Quoi, viens ? Non, je ne fais pas ça, moi.
00:50:27On en prend à chacun.
00:50:28On le lit à l'autre.
00:50:29Et ce sera ce qu'on souhaite pour nous deux.
00:50:31D'accord ?
00:50:33Allez.
00:50:35Bon, d'accord, d'accord.
00:50:37C'est moi d'abord.
00:50:38Là-bas.
00:50:40Ne te plante pas, hein.
00:50:47Regarde-moi toute ta vie comme tu m'as regardée hier soir.
00:50:50À toi.
00:50:55À toi.
00:50:59Alors.
00:51:01Tiens, tonton, tonton.
00:51:02Tiens.
00:51:04C'est là.
00:51:04Souspence.
00:51:16Alors ?
00:51:16Qu'est-ce qui est marqué ?
00:51:19Il est marqué, il est marqué.
00:51:27Je voudrais emmener Solène à Rome.
00:51:36En cachant ce mot, j'avais bien conscience de ce qui allait arriver par ma faute.
00:51:40Écoute, Solène, je t'ai dit, je n'ai pas fait exprès.
00:51:43Tu n'as pas fait exprès, mais ça fait déjà plusieurs fois que tu ne fais pas exprès.
00:51:45Mais je ne vois pas le problème, Solène.
00:51:48Le problème, je vais t'expliquer, le problème, c'est que je n'ai pas envie.
00:51:51Mais pourquoi tu n'as pas envie ?
00:51:51Parce que je n'ai pas envie, je n'ai pas envie.
00:51:53Mais c'est débile, toi qui fais philo en plus.
00:51:56C'est quoi le rapport ?
00:51:57Le rapport ?
00:51:58Mais c'est que tous les philosophes grecs, à l'époque, ils ont tous pratiqué...
00:52:01J'hallucine.
00:52:03Mais écoute, c'est vrai.
00:52:06Et puis tu sais, avec tes problèmes de dos, je suis sûr que ça...
00:52:09Arrête, c'est mort. C'est mort.
00:52:11T'as envie d'avoir mal au dos toute la vie.
00:52:13C'est mort, je te dis. Tu comprends ?
00:52:18Comment en arrive-t-on là ?
00:52:21Comment vient-on un jour à se dire...
00:52:23Bon, Solène ne veut pas que je la sodomise.
00:52:26Il ne me reste plus qu'à aller glisser un papier dans l'arbre aveux.
00:52:29Comment sodomiser Solène devient-il la priorité d'une vie ?
00:52:38Je ne veux pas faire ce putain de discours.
00:52:49Allez.
00:52:49Si vous voulez, le permafrost, qui est considéré comme une sorte de neige éternelle, est sur le point de fondre.
00:52:59Alors ça peut paraître anodin, mais ça peut libérer d'énormes virus vieux de millénaires qu'on ne sait peut-être pas encore soigner.
00:53:05Là, on ne sait pas à quoi s'attendre.
00:53:07Bon, les enfants, je n'ai pas une très bonne nouvelle à vous annoncer.
00:53:15C'est en tant que Claude.
00:53:17Il a un cancer.
00:53:18Ah non.
00:53:19Si.
00:53:20Il m'a annoncé ça ailleurs au téléphone.
00:53:22Je ne sais pas ce que je lui dis.
00:53:24Dis-lui de boire des jus d'orange.
00:53:31Pardon.
00:53:32C'est un cancer de quoi, maman ?
00:53:33Des poumons.
00:53:34Avec tout ce qu'il fumait, il faut dire.
00:53:35Deux paquets de cigarettes par jour, enfin, s'y attendent.
00:53:38Sans filtre.
00:53:40Avant de savoir...
00:53:41Mais je lui ai posé des...
00:53:43C'est Sonia.
00:53:43C'est forcément Sonia.
00:53:45Le docteur dit ce quoi ?
00:53:46Là, il est trop tôt.
00:53:47Il commence juste les examens.
00:53:48Merde.
00:53:50Je ne peux décemment pas sortir mon portable et lire un message comme ça, au plein milieu d'une conversation, sans le cancer de mon oncle.
00:53:55Et il le sait depuis combien de temps ?
00:53:57Ça, tonton Claude, tu le connais.
00:53:59Avant de connaître la vérité, il faut...
00:54:02Saleté de cancer.
00:54:04Ça me rappelle ma mère.
00:54:05Ah non...
00:54:06Je t'en rappelle très bien, c'est le lendemain de Noël.
00:54:07Ah non, Ludo, tu ne vas pas t'y mettre aussi.
00:54:09Il a fait un malaise comme ça dans le cerveau.
00:54:10Non, pas ta mère.
00:54:10Pitié, pas maintenant.
00:54:11J'étais très, très stressé.
00:54:13Moi, je pensais que c'était un mélanome superficiel.
00:54:15Mais c'est un complot.
00:54:17Non, non, c'est avec...
00:54:18Vous n'allez pas énumérer toutes les victimes du cancer que vous connaissez.
00:54:20Et puis, vous savez ce que c'est, vous êtes sur l'autoroute de la vie.
00:54:22Et puis, il y a cet homme, on bifurque...
00:54:25On en parlera dans un quart d'heure de ta mère, Ludo.
00:54:27Dans un quart d'heure.
00:54:28Je te jure.
00:54:29Je te jure.
00:54:30Je serai attentionné, compatissant, bouleversé, philosophe.
00:54:33Mais s'il te plaît, s'il te plaît, laisse-moi consulter ma messagerie.
00:54:37Non, c'était dur.
00:54:38On était tous un peu circonspects.
00:54:40Et là, c'est tout le milieu hospitalier qui est ce cercle vicieux.
00:54:43Je vais sortir mon portable et faire semblant de participer à la conversation en cherchant une info.
00:54:48Genre, tiens, je me demande combien de personnes meurent chaque année du cancer.
00:54:52Oui, mais sauf que si je lis le message de Sonia, je vais soit hurler de joie, soit m'effondrer, selon ce qui est écrit.
00:54:56On ne peut pas être heureux dans ces moments-là.
00:54:58Et donc, vous savez ce que c'est, c'est les traitements, l'infirmière à la maison, la chimiothérapie, les visites.
00:55:03On ne sait pas trop quoi dire, ça va, oui, ça va, mais on sait que ça ne va pas.
00:55:07Le cobalt-60 qui attaque la communauté.
00:55:08Ah là là là, c'est terrible.
00:55:11Enfin, c'est la vie.
00:55:12Quelqu'un revêt un petit peu de gratin ?
00:55:16Avec plaisir.
00:55:16Avec plaisir ?
00:55:18Merci Sophie.
00:55:20C'est une blague ?
00:55:26Putain, j'y crois pas.
00:55:28D'où il me prend la tête avec son vinyle à la con ?
00:55:31Comment il peut me faire un truc pareil ?
00:55:34Surtout lui, surtout Sébastien.
00:55:35Personne ne sait mieux que lui ce que je suis en train de traverser.
00:55:37Il y a un an, Sébastien s'est fait plaquer par Chloé.
00:55:40On n'est pas obligé d'en arriver là.
00:55:43Tu peux faire une pause si tu veux.
00:55:44Une pause ?
00:55:45Oui.
00:55:45N'importe quoi.
00:55:49Alors les mois qui l'ont suivi, il s'est comporté de façon assez pathétique.
00:55:53Tellement obsédé par sa tragédie intime qu'il ne pouvait s'empêcher de placer
00:55:56« Je sors d'une rupture » à la moindre occasion.
00:55:58« Je te sers un verre ? »
00:56:01« Je veux bien, je sors d'une rupture. »
00:56:04« Et t'as vu le dernier film des frères Coet ? »
00:56:06« Ah non, parce que là je sors d'une rupture. »
00:56:10« Excusez-moi, vous avez l'heure ? »
00:56:12« Ah non, désolé, je sors d'une rupture. »
00:56:15« Non mais, non, non, je ne peux pas, oui, oui, non, je ne peux pas, j'ai sors d'une rupture. »
00:56:20« Non, merci, non, arrêtez, faites-vous le mot. »
00:56:24« Non, oui, je sors d'une rupture en fait, je ne peux pas. »
00:56:29« Mais d'où tu me prends la tête avec ton vinyle, je n'ai même pas de platine vinyle, du con. »
00:56:46« Oh, l'erreur de destinataire volontaire, un grand classique qui marche toujours. »
00:56:54« J'écris. »
00:56:57« Eh non, Sébastien, désolé, ce n'est pas moi qui ai ton vinyle des Daft Punk, blaireau. »
00:57:05« Et je l'envoie accidentalement à Sonia. »
00:57:08« Puis, j'attends quelques secondes et j'écris. »
00:57:12« Oups, désolé, fausse manip. »
00:57:15« Et je rajoute un petit émoticône, genre de haut, j'ai fait une gaffe. »
00:57:23« Et voilà. »
00:57:25« Normalement, elle reçoit ça, elle se rend compte qu'elle n'a toujours pas répondu à mon « comment tu vas » de tout à l'heure. »
00:57:29« Et elle se décide enfin à m'écrire. »
00:57:31« Et le génie du truc, c'est que si elle se plaint d'être harcelée, je peux toujours dire « non, pas du tout, le dernier je te l'ai envoyé par erreur. » »
00:57:39« Si ça se trouve, elle me répond dans les secondes qui suivent. »
00:57:42« Oui, je sais, je sais. Quand on est dans mon état, on se raccroche à ce qu'on peut. »
00:57:59« Alors, lion. »
00:58:02« Ah, voilà. Amour. »
00:58:04« Une étoile. Mettant une étoile sur combien ? »
00:58:06« Sur quatre ? Un comportement vous déçoit et quand le lion se sent trahi, il tourne les talons. »
00:58:10« Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Qui a écrit ça ? »
00:58:12« Ange riguel. »
00:58:14« Et il sourit en plus. »
00:58:16« Le mec sourit alors qu'il m'a mis une étoile et qu'il pense que j'ai tourné les talons ? »
00:58:22« Eh ben non, Ange riguel ! »
00:58:23« Je sais pas où vous avez été pêcher cette théorie là de talons qui se tournent. »
00:58:26« Mais quand le lion se sent trahi, il passe par trois phases, d'accord ? »
00:58:29« Abattement, colère, espoir. »
00:58:31« Oui, et puis désespoir aussi. Enfin, bref, bref. »
00:58:33« Révisez vos fiches, mon vieux, c'est pas pro, hein. »
00:58:35« Pourquoi une seule étoile ? »
00:58:36« Vous ne pouviez pas pousser jusqu'à deux. »
00:58:37« Non, non, ça vous aurait écorché la gueule. »
00:58:39« Vous croyez que c'est avec une étoile que vous allez donner envie aux gens de se lever le matin ? »
00:58:41« Franchement, je crois pas, hein. »
00:58:43« Verseau, qu'est-ce que vous voulez, Eminelle ? »
00:58:45« Tiens, quatre étoiles. »
00:58:47« Elle a quatre étoiles en amour ? »
00:58:49« Tu veux ma mort, Ange riguel. »
00:58:51« C'est ça, hein ? »
00:58:53« Beaucoup d'amis et de gens bienveillants autour de vous. »
00:58:55« Célibataires, l'un d'eux, a toutes les chances de vous taper dans l'œil. »
00:58:57« C'est qui tous ces gens bienveillants autour d'elle ? »
00:58:59« Ah, foutez-lui la pelle, quoi. Laissez-la tranquille. Laissez-la tranquille. »
00:59:03« Tiens, dis-leur, toi. Dis-leur, hein. »
00:59:05« Tiens, dis-leur, t'entends d'horoscop. Allez, écris. Écris ! »
00:59:08« Quel que soit votre signe, quel que soit votre signe, inutile de faire preuve de bienveillance à l'égard des versos célibataires que vous croiserez. »
00:59:14« Car elles ont une histoire à reconstruire, accélère, un message à écrire, une pause à refermer. »
00:59:21« Ne vous approchez pas d'elle, n'y pensez même pas. »
00:59:23« Surtout le fameux ami qui a toutes les chances de lui taper dans l'œil. »
00:59:26« Ouais, surtout lui, ouais. Parce que moi, depuis quelque temps, je soupçonne la pause d'avoir un prénom. »
00:59:32« Je la soupçonne de s'appeler... Romain. »
00:59:37« C'était à une pendaison de crémaillère. L'ambiance était plutôt détendue. »
00:59:49« Et tout à coup, comme ça, sans sommation. »
00:59:53« Et il s'est mis à jouer, là, avec cette nonchalance, cette absence lointaine qui dit, non, ne vous occupez pas de moi. »
01:00:11« Je suis qu'un beau brin ténébreux qui porte en lui une douleur ancienne que j'essaie de guérir à ma modeste manière par le biais de l'art et de la poésie. »
01:00:21« Évidemment, la pièce entière n'avait d'yeux que pour lui. »
01:00:27« Surtout les femmes. Et leur regard disait... »
01:00:30« Mon Dieu, que ce garçon a l'air profond et sensible. »
01:00:32« Seulement son regard intense pouvait se poser sur moi plutôt que d'être tourné vers ses démons intérieurs. »
01:00:37« On n'a pas le droit d'enchaîner un La mineur et un Ré mineur dans une soirée où les filles sont accompagnées de leurs conjoints. »
01:00:42« C'est formellement interdit par la Convention de Genève. »
01:00:44« Oh non. »
01:00:54« C'est hyper beau. C'est une guitare classique ? »
01:00:57« Non, c'est une folk. »
01:00:58« Et c'est juste un hobby ou alors vous faites ça de façon professionnelle ? »
01:01:01« Non, je fais musicien, c'est mon métier. »
01:01:03« Bonsoir. »
01:01:05« Pardon, je voulais savoir si vous faisiez des interventions en milieu scolaire. »
01:01:09« En milieu scolaire, pourquoi ? Vous travaillez dans l'éducation nationale ? »
01:01:12« Non, non. Enfin, oui. Je suis juste prof. »
01:01:15« Ah ouais ? Quel niveau ? »
01:01:17« Euh... CP. »
01:01:21« Les semaines suivantes, tout est allé très vite. »
01:01:24« Il est venu faire des interventions dans sa classe, une par semaine environ. »
01:01:28« Et peu à peu, ce prénom Romain s'est invité dans notre intimité. »
01:01:33« Ça va ? »
01:01:34« Ça va et toi ? »
01:01:36« Super. Les enfants adorent Romain. »
01:01:42« T'as fini tard ce soir ? »
01:01:44« Ouais. J'ai bu un verre après les cours avec Romain. »
01:01:55« C'est Romain. Il m'a passé un album de Nick Drake. »
01:01:59« Comme par hasard, c'est à ce moment-là que j'ai commencé à avoir mes crises nocturnes. »
01:02:08« Ah putain... »
01:02:10« Et puis un jour, elle n'a plus dit son nom. »
01:02:16« Et là, c'était encore pire. »
01:02:18« Ça va ? »
01:02:20« Ouais, et toi ? »
01:02:22« Quoi de neuf ? »
01:02:24« Euh... Bah rien. Je suis crevée. Je vais me coucher. »
01:02:27« Ses silences puaient le Romain à plein nez. »
01:02:31« Moins elle parlait de lui, et plus sa présence devenait palpable. »
01:02:34« Partout. Tout le temps. »
01:02:37« M'est primer, il y a rien de la vie. »
01:02:43« Mmmh **
01:03:00Vers le futur, justement, il n'y a pas le choix.
01:03:14Bon, c'est décidé.
01:03:17Si elle n'a toujours pas répondu au dessert,
01:03:19si au moment précis où ma mère pose sur la table gâteau et yaourt,
01:03:22je n'ai toujours aucune nouvelle de Sonia,
01:03:25je l'appelle.
01:03:26J'ai croisé la mère de Jean-Louis l'autre jour.
01:03:27Il m'a dit qu'il avait acheté une très jolie maison à...
01:03:30C'est magnifique, oui, en Vendée.
01:03:31Ah, c'est où qu'il habite ?
01:03:33En Vendée.
01:03:34Ah, voilà, en Vendée.
01:03:35C'est marrant, ça.
01:03:36Oh, merde, pourvu que la prochaine phrase ne commence pas par
01:03:38« Je me souviens ».
01:03:39Je me souviens.
01:03:39Et merde.
01:03:40J'y suis allé une fois, en Vendée.
01:03:43Les anecdotes de mon père, c'est comme un labyrinthe.
01:03:45On y rentre toujours par « Je me souviens ».
01:03:47Et après, on peut s'y perdre pendant des heures,
01:03:51au gré de ces digressions hasardeuses.
01:03:53La seule certitude que l'on ait, c'est que l'anecdote se conclura
01:04:01par la fois où j'ai vomi sur l'autostoppeur qu'on avait pris en voiture.
01:04:05Mais avant d'arriver là, le chemin sera long.
01:04:09Très long.
01:04:09C'était peu de temps avant mon service militaire.
01:04:13D'ailleurs, c'est là que je me suis fait mes meilleurs copains.
01:04:16Tu les as toujours ?
01:04:17Toujours, oui.
01:04:18Il y a eu une autre ambiance.
01:04:20Les filles étaient plus délurées, moins farouches, à mon avis.
01:04:23C'était avant Me Too, balance ton père.
01:04:27La bascule, ça s'est fait, à mon avis, au moment du sida.
01:04:31Il y en a qui disent que le sida serait créé de toute pièce
01:04:35par les laboratoires américains.
01:04:36Dans toute famille normalement constituée,
01:04:38l'un des enfants finirait par couper court.
01:04:39Il dirait « Attends, papa, c'est bon, tu nous l'as déjà raconté mille fois, celle-là. »
01:04:43Mais pas chez nous.
01:04:44Ce n'est pas du respect.
01:04:46Plutôt quelque chose qui oscillerait entre la résignation,
01:04:49le je-m'en-fautisme et la pitié.
01:04:52Le premier pas de l'homme sur la lune, ça aurait été fait en studio, il paraît.
01:04:55Quand tu regardes bien les images, tu vois que le drapeau, il bouge.
01:04:59Ce n'est pas normal.
01:05:00Il n'y a pas d'atmosphère.
01:05:00Il n'y a pas remarqué.
01:05:01Il n'y a que ma mère qui semble s'intéresser réellement à ce qu'il raconte.
01:05:05C'est possible.
01:05:06C'est peut-être ça, le véritable amour.
01:05:07Écoutez attentivement un « Je me souviens » qui n'en finit jamais.
01:05:11Ça a été fait pour booster l'industrie américaine et notamment l'industrie automobile.
01:05:17Moi, ça ne m'a jamais tellement intéressé parce que j'ai toujours été voiture française.
01:05:21J'ai toujours alterné Citroën-Renault.
01:05:23D'ailleurs, ce n'était pas Renaud, c'était Citroën.
01:05:25C'est vrai.
01:05:26C'est quoi ?
01:05:41Ben, c'est nous.
01:05:49C'est notre couple.
01:05:52On est une coquille de noix ?
01:05:54Oui.
01:05:56On est deux naufragés, coupés de tout, voguant dans l'océan dans une coquille de noix.
01:06:02Tant pis les tempêtes.
01:06:03Tant pis.
01:06:05Dans notre coquille, rien ne peut nous arriver.
01:06:08C'est pas vrai.
01:06:08On a vécu de beaux moments, Sonia.
01:06:16On s'est dit de belles choses.
01:06:18Comme cette phrase de Musset que tu m'avais sortie un soir.
01:06:20Tiens, écoute.
01:06:23J'ai souffert souvent.
01:06:24Je me suis trompée quelques fois.
01:06:26Mais j'ai aimé.
01:06:27C'est moi qui ai vécu.
01:06:29Et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.
01:06:35Oh putain, c'est ça que j'aurais dû écrire au lieu de « Coucou Sonia,
01:06:38j'espère que tu vas bien, bisous ».
01:06:40Je suis trop con.
01:06:43Et avec lui, il sonna.
01:06:45C'est comment avec lui ?
01:06:47Hein ?
01:06:49Lui aussi, tu lui passes le doigt sur la raide du nez ?
01:06:51Lui aussi, tu l'appelles « mon cœur d'amour » ?
01:06:54C'est insupportable, en pire.
01:06:58Et toi, à part jouer de la guitare, qu'est-ce que tu vas faire pour la garder ?
01:07:02Aujourd'hui, elle t'appelle « mon cœur d'amour ».
01:07:04Puis demain, ça sera juste « mon cœur ».
01:07:05Puis « mon Romain ».
01:07:07Et le jour où tu seras redevenu Romain avec une petite pointe d'agacement,
01:07:10eh bien, ça sera fini, mon vieux.
01:07:12T'auras pu cartonner faire le beau dans les pendaisons de crémaillère.
01:07:14Une fois, on est allé au mariage de Tata Jeannine.
01:07:30C'était à la sortie de Montbéliard, je me souviens.
01:07:33On avait pris un autostopper.
01:07:34À l'époque, il y avait des autostopper.
01:07:36Il n'était pas monté depuis dix minutes
01:07:38qu'Adrien lui a tout vomi son petit déjeuner sur les...
01:07:42Qu'est-ce que c'était drôle ?
01:07:44Je suis du voyagé.
01:07:48Je vais chercher quelque chose pour toi dans la voiture.
01:08:18Ah, bah merci.
01:08:21Je sais pas pourquoi j'ai dit ça.
01:08:22C'est complètement con.
01:08:22En plus, j'ai jamais rien offert.
01:08:23Tant pis, je te n'ai plus.
01:08:48T'as froid ?
01:09:10T'as froid ?
01:09:12Non, ça va.
01:09:14T'as froid.
01:09:25Regarde.
01:09:26Quoi ?
01:09:29Si il se casse la gueule avant d'arriver à sa mère,
01:09:32ça veut dire qu'on passera notre fiançant.
01:09:33T'es prête ?
01:09:34Si.
01:09:37Ok.
01:09:38Ok.
01:09:39C'est bon ?
01:09:40Allez, Justin, vas-y.
01:09:43Bravo, Justin !
01:09:45Allez.
01:09:45Bravo !
01:09:47Allez, continue.
01:09:48Allez, continue.
01:09:51Attends.
01:09:52Ouais, c'est super !
01:09:53Attends, Justin, attends.
01:09:55Allez, continue.
01:09:57Pêche-toi la gueule, putain.
01:09:59T'as la gueule.
01:10:00Allez, bim !
01:10:03Ouais !
01:10:04Ouais !
01:10:05Ouais, ça va pas, je vais te tarrer !
01:10:08Pardon !
01:10:10Yéhéhé !
01:10:12Écoute, je comprends pas, j'étais persuadé de l'avoir pris,
01:10:28puis j'ai dû l'oublier chez moi.
01:10:43Voilà, donc je te l'apporterai la prochaine fois.
01:10:45Mais qu'est-ce que c'est ?
01:10:46Et voilà !
01:10:46Bon, c'est la première fois que j'essaye cette recette,
01:10:50alors soyez un peu indulgents.
01:10:52Mais c'est quoi ?
01:10:53Une tarte poire-chocolat.
01:10:56C'est pas un gâteau au yaourt ?
01:10:59Ben non, c'est une tarte poire-chocolat.
01:11:02Mais pourquoi ?
01:11:04Mais comment ça, pourquoi ?
01:11:07Enfin, on mange toujours un gâteau au yaourt, au dessert, toujours.
01:11:13Mais c'est quoi ton problème ce soir, Adrien ?
01:11:15Mais non, rien, j'ai pas de problème.
01:11:17Non, pardon, c'est juste que je m'étais préparé mentalement un gâteau au yaourt, et là...
01:11:21Ben, désolée pour ta préparation mentale, mais on a décidé de changer.
01:11:25Voilà.
01:11:25Bon, je sers qui en premier ?
01:11:27Papa.
01:11:28Papa.
01:11:29Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:11:31Pourquoi ce changement soudain dans une tradition qui paraissait immuable ?
01:11:35S'agit-il d'un de ces rites de transmission, comme il en existait autrefois ?
01:11:38Ma fille, je crois que le jour est venu.
01:11:43Tu es une femme, désormais.
01:11:45À partir de maintenant, c'est toi qui t'occuperas du dessert.
01:11:48Maman, tu savais combien j'ai attendu ce moment.
01:12:02Merde.
01:12:03Je t'ai promis d'appeler Sonia quand le gâteau au yaourt toucherait la table.
01:12:06Or, le gâteau au yaourt a été remplacé par une tarte poire chocolat.
01:12:09Est-ce que ça annule tout ?
01:12:10Il dirait quoi, là, Ange Rigel ?
01:12:12Elle est très très bonne, ma chérie.
01:12:16Ah oui, je confirme.
01:12:18Merci beaucoup.
01:12:19C'est juste dommage que la pâte soit moins poil dense.
01:12:23Je me demande si tu l'as assez tourée.
01:12:27Wow.
01:12:28Je ne sais pas ce que c'est qu'une pâte pas assez tourée.
01:12:31Je n'ai jamais entendu ce mot de ma vie, mais ça doit être un truc vraiment grave,
01:12:34vu la façon dont Sophie vient de se pétrifier sur place.
01:12:36Elle a l'air super blessée.
01:12:39Et je sens qu'elle a deux doigts de lui balancer.
01:12:43Pardon ?
01:12:44Pas assez tourée ?
01:12:45Oui, elle est très bien.
01:12:46Elle n'est pas assez tourée, ma pâte ?
01:12:47Oui.
01:12:47Non, mais tu plaisantes, là, Ludo, j'espère.
01:12:50Ta gueule.
01:12:52T'as fait quoi, toi, pour qu'elle soit tourée, ma pâte ?
01:12:53Tu m'as aidée, peut-être ?
01:12:54Mais non, pas du tout.
01:12:55Je me tape tout, moi, dans cette baraque.
01:12:56Tu m'entends ?
01:12:57Tout ?
01:12:58Pendant que monsieur écrit ces petits articles minables, là,
01:13:00que personne ne lit ?
01:13:02Parce que franchement, Ludo,
01:13:03qu'est-ce qu'on en a à foutre ?
01:13:05Que les petites fourmis échangent des hormones par trophalaxie ?
01:13:08C'est la trophalaxie qui va aller laver tes slips ?
01:13:09C'est la trophalaxie qui va l'attourer ta pâte à tarte ?
01:13:11Non !
01:13:12Alors boucle-la.
01:13:13Tu sais quoi, Ludo, tu me débectes ?
01:13:15Tu mérites même pas d'être un et neuf.
01:13:16T'es qu'un connard.
01:13:20Mais elle dit rien.
01:13:22Et son silence est assourdissant.
01:13:24J'avais jamais décelé de failles dans leurs relations.
01:13:37Ça, c'est fou !
01:13:38Ce couple que je prenais pour un modèle absolu,
01:13:41même si c'est pas le mien,
01:13:42montre enfin des signes de faiblesse.
01:13:49Mais au lieu de me faire plaisir, ça me rend triste.
01:13:50Ouais ?
01:13:54Pour la première fois depuis longtemps, ma sœur m'émeut.
01:13:58Son silence blessé me touche.
01:14:05J'ai envie d'aller la prendre dans mes bras.
01:14:09La consoler.
01:14:11La rassurer.
01:14:12Mais je le fais pas.
01:14:22C'est trop tard.
01:14:24On sait plus faire ça.
01:14:28On est plus capable d'un élan de tendresse l'un vers l'autre.
01:14:36Pourtant, il faut que je fasse quelque chose.
01:14:38Sinon, je sais ce qui va se passer.
01:14:39Il faut rentrer comme si de rien n'était.
01:14:44Mais quelque chose sera cassé.
01:14:47Et un jour...
01:14:48Enfin, mais pourquoi ?
01:14:49Réponds-moi !
01:14:53La patte pas assez tourée, ça te dit quelque chose ?
01:14:56La quoi ?
01:14:57Mais voyons, c'est pas possible, tu peux pas me quitter pour ça.
01:14:59Avec un peu de bol, ça pourrait même arriver avant le mariage.
01:15:03Et comme ça, j'aurais pas à le faire, ce putain de discours.
01:15:05Mais j'ai pas envie que ça arrive, en fait.
01:15:14Parce que même lui, je l'aime bien.
01:15:16Bon, c'est vrai qu'il est saoulant avec son golf stream, sa trophalexie.
01:15:21Mais au fond, je soupçonne que lui aussi, à l'école,
01:15:24c'était celui dont personne ne voulait au foot.
01:15:27Bon, il faut que je fasse quelque chose.
01:15:28Il faut que j'empêche cette première goutte de poison
01:15:30de se distiller dans leur couple.
01:15:39Bah moi, en tout cas, je la trouve dingue.
01:15:42Ah bon ?
01:15:42Ah ouais.
01:15:44Ah vraiment, Sophie.
01:15:45Ah ouais.
01:15:45Pardon, Ludo.
01:15:47Là, je suis pas du tout d'accord avec toi.
01:15:49Hein ?
01:15:50Ah non, elle est parfaitement tourée, cette pâte.
01:15:52Ouais, je suis là.
01:15:52Non, franchement, le feuilletage est à la fois
01:15:54c'est pas léger et croquant, c'est fin, c'est subtil, c'est délicat.
01:16:00Hein ?
01:16:00Je donne vraiment un chapeau, ma sœur.
01:16:08Ah bah oui.
01:16:10Mais non, mais attends, mais pardon.
01:16:12Mais pardon, mais non, mais je ne peux même pas.
01:16:14Non, mais elle est super, ta tarte, ma chérie.
01:16:16Vraiment, tu te crois ?
01:16:16Oui, et la pâte aussi.
01:16:18Je sais pas pourquoi je dis ça, je dois être complètement con.
01:16:20Non, mais t'as le droit de te dire.
01:16:21Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,
01:16:22mais c'est juste que tu mets la barre tellement haut à chaque fois
01:16:24qu'elle est délicieuse, cette tarte.
01:16:26Bien, bien sûr.
01:16:27Ah, tu vois, je vais même me le reserver.
01:16:29Ah, ah, ah, ah.
01:16:31Mais oui, je me délicie, attends.
01:16:33Tu te dis, bonjour.
01:16:35Tiens, je vais mettre un peu de musique.
01:16:39Qu'est-ce que j'ai de la chance, ta voix ?
01:16:41Et voilà, l'incident est clos.
01:16:44Pour la première fois ce soir,
01:16:47une pensée positive me traverse l'esprit.
01:16:48Je me dis qu'en fait, je suis quelqu'un de bien.
01:16:51Et j'enquête que Sonia soit pas dans ma tête
01:16:53pour le constater aussi.
01:16:56Ouais.
01:16:57Hein, Sonia ?
01:16:59Si t'étais dans ma tête, là,
01:17:00bah t'aurais honte de ta pause.
01:17:02Et tu sauterais sur ton téléphone pour me répondre.
01:17:09Mais tu ne me répondras pas.
01:17:15J'en suis sûr, maintenant.
01:17:20Mais je sais à cet instant
01:17:21que je ne tomberai plus jamais amoureux.
01:17:24Que je ne trouverai plus jamais quelqu'un comme Sonia.
01:17:28Que rien n'arrivera à la chouille de notre histoire.
01:17:31Et qu'après tout,
01:17:32pourquoi pas,
01:17:33j'aurais vécu ça.
01:17:35Mais c'est déjà bien.
01:17:36Je ne t'écrirai plus,
01:17:40je n'en ai plus besoin.
01:17:43Je ne t'écrirai plus,
01:17:45maintenant tout va bien.
01:17:48Je ne t'écrirai plus,
01:17:50le calme est revenu.
01:17:53La tempête a cessé,
01:17:56j'ai fini de t'aimer.
01:17:58Je ne t'écrirai plus,
01:18:01j'ai trouvé mon roman.
01:18:03Je ne t'écrirai plus,
01:18:07tu es vraiment crétin.
01:18:09Je ne t'écrirai plus,
01:18:12parce que je m'en peux.
01:18:19Ok.
01:18:20On se calme,
01:18:21on s'emballe pas.
01:18:24A tous les coups,
01:18:24c'est Sébastien qui m'écrit à propos de son putain de vinyle
01:18:26ou une connerie dans le genre.
01:18:33Je me serai d'apollinaire
01:18:36et de Rimbaud
01:18:37et de l'unel
01:18:38Bonsoir.
01:18:49Je ne vais pas faire l'ombre,
01:18:50ne vous inquiétez pas.
01:18:58Peut-être que si, en fait.
01:19:00Si ?
01:19:01Parce qu'il y a tellement de choses à dire.
01:19:09Non ?
01:19:11Des choses qu'on ne se dit jamais
01:19:12parce qu'on pense que ce n'est pas nécessaire.
01:19:14Vous voyez ?
01:19:15Que ce n'est pas le moment
01:19:16ou que c'est trop tard.
01:19:18Tout simplement.
01:19:21Mais en fait,
01:19:22je crois qu'il n'est jamais trop tard.
01:19:25Hein, Sophie ?
01:19:27Il n'est jamais trop tard
01:19:28pour demander à sa sœur
01:19:29d'arrêter de nous offrir des encyclopédies
01:19:31qu'on ne lira jamais.
01:19:35Pour dire à son beau-frère, tiens,
01:19:37qu'on l'aime beaucoup.
01:19:38Ah oui.
01:19:40Oui, mais qu'on aimerait juste passer un dîner.
01:19:42Un seul,
01:19:43sans avoir droit à un cours de science nat.
01:19:47Ça va être dur, ça.
01:19:49Pour dire à son père, tiens,
01:19:50pour tenter vainement de lui expliquer.
01:19:52Hein, papa ?
01:19:52Réveille-toi.
01:19:53Oui, oui.
01:19:53Qu'on ne les déteste pas,
01:19:56ces anecdotes.
01:19:57Non, c'est pas ça.
01:19:58Mais qu'au bout de 127 fois,
01:20:00l'autostoppeur,
01:20:01je crois qu'il en a marre
01:20:02qu'on lui gerbe dessus.
01:20:04Et enfin,
01:20:04supplier sa mère,
01:20:07la supplier
01:20:07d'enlever
01:20:08ce porte-serviette
01:20:10en forme de bite.
01:20:12Parce que oui,
01:20:13maman,
01:20:14je te l'annonce,
01:20:16sois forte,
01:20:16c'est une bite.
01:20:17Et voilà le résultat.
01:20:25Et oui.
01:20:27En fait,
01:20:28je ne voulais pas le faire,
01:20:29ce discours.
01:20:30Je ne voulais pas.
01:20:31Non.
01:20:32Je ne voulais pas
01:20:33parce que j'avais peur.
01:20:34Voilà,
01:20:34j'avais peur d'être nul,
01:20:36de me ridiculiser,
01:20:38de plomber l'ambiance.
01:20:40Et puis ce soir,
01:20:42ce fameux soir
01:20:42où Ludo m'a demandé ça,
01:20:45j'attendais des nouvelles
01:20:46de Sonia,
01:20:48en amoureuse,
01:20:49qui s'était mis en pause
01:20:51depuis 38 jours.
01:20:52Je lui avais écrit un message
01:20:54à 17h24.
01:20:57Elle avait lu ce message
01:20:58à 18h56,
01:21:00mais elle ne me répondait pas.
01:21:04Et puis,
01:21:04à 21h46,
01:21:07j'ai fini par recevoir
01:21:08un message.
01:21:10Un message qui disait
01:21:11« Et toi, comment ça va ? »
01:21:15Alors oui,
01:21:16en soi,
01:21:16« Et toi, comment ça va ? »
01:21:18Ce n'est pas grand-chose.
01:21:19Mais pour moi,
01:21:20c'était du carburant
01:21:21pour mille ans.
01:21:23Je ne sais pas comment vous dire.
01:21:24C'était comme si la lumière
01:21:25revenait
01:21:25après 38 jours d'obscurité
01:21:28et j'ai repris espoir.
01:21:31Parce que tant qu'il y a des
01:21:32« Et toi, comment ça va ? »
01:21:33il y a de l'espoir.
01:21:35Alors, ce soir,
01:21:35mes pensées vont
01:21:36bien évidemment
01:21:37au marié,
01:21:39à qui je souhaite
01:21:40tout le bonheur possible.
01:21:43Et aussi à quelqu'un
01:21:44qui n'est pas là.
01:21:47C'est un petit garçon
01:21:47nommé Justin
01:21:48qui est tombé
01:21:50de son beau vélo rouge
01:21:51un jour dans un parc.
01:21:53Parce que c'est grâce à lui
01:21:54que j'ai reçu ce
01:21:55« Et toi, comment ça va ? »
01:21:56à 21h45.
01:21:58Parce que les promesses
01:21:59faites sur un banc de parc
01:22:01ne peuvent pas être rompues.
01:22:04Alors, merci Justin.
01:22:06Merci pour ton sacrifice.
01:22:08Merci d'être tombé pour l'amour
01:22:09comme d'autres sont tombés
01:22:11pour la patrie.
01:22:13Et puis, je vais te dire quelque chose.
01:22:14C'est que ce n'est pas grave
01:22:15de te casser la gueule.
01:22:17Ça va t'arriver encore.
01:22:19Et souvent même.
01:22:21Parce que la vie,
01:22:21la vie, c'est un vélo rouge
01:22:23sans petits trous.
01:22:25Et puis du sable,
01:22:26tu n'as pas fini d'en bouffer.
01:22:29Mais un jour,
01:22:32un jour,
01:22:33toi aussi,
01:22:33tu rencontreras l'amour.
01:22:35Le vrai.
01:22:37Et ce jour-là,
01:22:39je peux te dire
01:22:40que ton vélo rouge
01:22:41filera comme le vent.
01:22:44Je vous souhaite
01:22:44une bonne soirée.
01:22:45Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:46c'est un vélo rouge.
01:22:47Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:48c'est un vélo rouge.
01:22:49Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:50Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:51c'est un vélo rouge.
01:22:52Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:53Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:54Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:22:55Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:23:25Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:23:55Sous-titrage Société Radio-Canada,
01:24:25Sous-titrage MFP.
01:24:55Sous-titrage MFP.
01:25:25...
01:25:55...
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01:27:25...
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