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  • il y a 9 mois
Lors de l'émission La Matinale WE du 17 janvier 2026, Claude Moniquet, spécialiste terrorisme et renseignements, est revenu sur l'affaire de l'enfant de 12 ans soupçonné de propagande djihadiste en Belgique : «10 ans après les attentats de Bruxelles de mars 2016, c'est quelque chose qui frappe l'opinion. Mais on ne peut pas dire que la presse belge ait fait ses gros titres sur cette affaire. L'impression que c'est presque banal».

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Transcription
00:00Ça figure sur une ligne, une demi-ligne même, dans le rapport d'activité de la sortie de l'État pour 2025 qui vient d'être publié le 15 janvier dernier.
00:12Et en fait, effectivement, c'est un enfant de 12 ans qui est soupçonné.
00:16Alors, on ne sait pas très bien si c'est de propagande djihadiste ou de préparation d'un attentat ou des deux.
00:22Aucun détail n'a filtré ni la région dans laquelle il a été arrêté, ni le cas précis auquel il était mêlé, ni les suites judiciaires qui ont été éventuellement données à son cas.
00:34Mais évidemment, intervenant dix ans, près de dix ans après les attentats de Bruxelles de mars 2016, c'est quelque chose qui frappe un peu, qui frappe l'opinion.
00:46Or, sans excès, il faut bien le dire, parce qu'on ne peut pas dire que la presse belge ait fait ses gros titres sur cette affaire.
00:54On a l'impression que c'est un peu presque banal.
00:57Alors, Claude, ce n'est pas un cas isolé.
01:01Le rajeunissement des suspects dans des affaires liées au terrorisme est une réalité, en France comme en Belgique, d'ailleurs.
01:08Oui, tout à fait.
01:09Alors, en Belgique, en 2022, il y avait 16 cas de mineurs impliqués dans des affaires de terrorisme.
01:15En 2023, 24 cas.
01:17En 2024, 55.
01:19Et l'année dernière, on était à un tiers des prévenus et des suspects dans des affaires de terrorisme qui étaient des mineurs.
01:25Alors, la plupart du temps, ce sont des mineurs qui ont entre 15 et 18 ans.
01:29Mais on a quelques cas, effectivement, d'enfants, de très, très jeunes mineurs.
01:33Donc, c'est très parallèle, très similaire à ce qui se passe en France ou à ce qui se passe d'ailleurs dans d'autres pays européens,
01:39comme le Royaume-Uni, avec des jeunes qui sont exposés essentiellement à une propagande online, à une propagande virtuelle,
01:50soit via des groupes de discussion, soit via des salons de discussion en marge de jeux souvent très violents, de jeux vidéo souvent très violents.
02:01Donc, ce sont vraiment les mêmes mécanismes qui sont à l'œuvre.
02:05Et en France, on avait eu deux cas d'enfants de 12 ans en 2024 qui avaient été impliqués dans des affaires de terrorisme,
02:11dont un qui recherchait des explosifs.
02:13Et on avait eu encore plus étonnant un véritable, on ne peut pas dire réseau,
02:17mais un petit gang de mineurs, de collégiens de 13 à 15 ans qui, en septembre dernier, septembre de 1925,
02:27avaient été interpellés alors qu'ils préparaient un attentat contre une ambassade israélienne en Europe.
02:31Mais dans ce cas précis, il y a une question que beaucoup de monde peut se poser.
02:36Comment un enfant de 12 ans peut se radicaliser sans que son entourage ne s'en rende compte ?
02:42Alors là, à mon avis, c'est impossible.
02:45Soyons très clairs.
02:49Un adolescent plus âgé, un adolescent de 16, 17 ans, peut développer des stratégies de dissimulation
02:55parce qu'il comprend ce qu'il fait quand même, même si le cerveau n'est pas totalement fini à cet âge-là.
03:00Et je dis ça de manière non péjorative, c'est de la biologie.
03:04On sait que le cerveau termine sa croissance et sa formation plutôt entre 22 et 25 ans qu'à 15 ans.
03:11Donc, un adolescent, en fin d'adolescence, peut avoir des stratégies de dissimulation, peut cacher ce qu'il fait.
03:18Un enfant de 12 ans, c'est quand même très, très, très peu probable.
03:21Donc, on est soit... Je vois trois possibilités.
03:24Soit on est, et ça arrive assez régulièrement, en face de familles très déstructurées,
03:28avec souvent des mères seules qui élèvent plusieurs enfants et qui sont complètement débordées par leur situation.
03:34Soit une indifférence totale, parce qu'un enfant de 12 ans, quand même, on regarde ce qu'il fait,
03:40on regarde un peu ce qu'il fait sur Internet, on surveille un peu les discussions qu'il a en famille, à table,
03:46on scrute un peu ses attitudes.
03:48Et la radicalisation, ça se traduit par un changement fondamental de l'attitude,
03:52entre autres, par exemple, par rapport aux filles, à sa mère, à ses sœurs, etc.
03:57pour un jeune garçon.
03:59Soit, troisième hypothèse, ce sont des enfants qui grandissent dans un milieu
04:03qui est totalement acquis à cette idéologie extrémiste,
04:08et pour lesquels, en fait, ça ne dérange absolument pas qu'il y ait une radicalisation,
04:12même à un âge aussi précoce.
04:14Mais je ne pense pas réellement que des parents qui ont un minimum d'attention pour leurs enfants
04:20puissent ignorer qu'un adolescent, et a fortiori un enfant de 12 ans,
04:25sont en train de se radicaliser et de préparer un attentat,
04:28même si c'est souvent des projets très flous.
04:30Ce que disent aussi toutes les enquêtes, c'est que la plupart de ces projets d'attentat à cet âge-là
04:34sont très très peu sophistiqués, souvent très irréalistes,
04:38et ont peu de chance de se réaliser.
04:40Mais c'est quand même un signal extrêmement inquiétant
04:42qui ne devrait pas échapper à l'entourage, en particulier aux parents.

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