- il y a 7 mois
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Plongez au cœur de la complexité contemporaine avec une exploration éclairante du métamodernisme. Cette vidéo dévoile les principes fondamentaux qui façonnent notre époque, offrant un cadre pour comprendre les dynamiques culturelles et sociales actuelles.
Découvrez comment le métamodernisme réconcilie des impératifs apparemment contradictoires, tels que l'ironie et la sincérité, le scepticisme et l'espoir. Apprenez à décrypter les tendances qui émergent de cette nouvelle sensibilité et à naviguer avec plus de discernement dans le paysage de l'information et des interactions humaines.
Les concepts abordés sont essentiels pour quiconque souhaite saisir les enjeux de notre temps. Cette analyse vous fournira les clés de compréhension nécessaires pour appréhender le "mode d'emploi" de notre époque, un guide précieux pour le XXIe siècle.
#Métamodernisme #CultureContemporaine #Philosophie
Découvrez comment le métamodernisme réconcilie des impératifs apparemment contradictoires, tels que l'ironie et la sincérité, le scepticisme et l'espoir. Apprenez à décrypter les tendances qui émergent de cette nouvelle sensibilité et à naviguer avec plus de discernement dans le paysage de l'information et des interactions humaines.
Les concepts abordés sont essentiels pour quiconque souhaite saisir les enjeux de notre temps. Cette analyse vous fournira les clés de compréhension nécessaires pour appréhender le "mode d'emploi" de notre époque, un guide précieux pour le XXIe siècle.
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Art et designTranscription
00:00Quand on est enfant, tout peut être une aventure.
00:05On adore se dire que le haut de cette colline, là, c'est le sommet d'une montagne gigantesque.
00:12Et qu'il faut s'y hisser, sans perdre un instant.
00:16Alors on court, on gravit cette colline sur quelques enjambées qui nous apparaissent comme des kilomètres.
00:21Ça y est, on est en haut.
00:23Essoufflé, on pose un genou, puis une main à terre.
00:27On s'assoit et finalement, on s'allonge dans l'herbe fraîche.
00:30L'arrière de notre tête touche doucement le sol, notre cou se relâche et nos yeux se perdent entre le bleu et le blanc du ciel.
00:41On ne reverra pas deux fois le même nuage.
00:54Ça fait partie des sensations les plus agréables que je puisse avoir.
00:58Et dès que je peux, je le refais.
01:00Et il n'y a pas longtemps, j'ai enfin compris pourquoi.
01:03Et du coup, je vais vous raconter l'histoire derrière ce déclic.
01:06Parce que là, vous devez vous dire, ok gros, tu vas où ?
01:09Mais vous allez voir.
01:10Vous allez repartir avec un paquet d'informations qui, je pense, vont vous faire du bien.
01:13Ça va ? On est bon pour la promesse ?
01:15Allez, on y va.
01:16Donc, le début de cette histoire commence au Tate Modern, à Londres, en 2003, où un certain Olafur Eliasson, un artiste islando-danois, s'apprête à accrocher des cadres en aluminium recouverts d'une feuille réfléchissante au plafond.
01:33Pour transformer toute la surface, on a un immense miroir qui double visuellement l'espace.
01:38Puis, il y place au fond de la salle un écran semi-circulaire, son bord droit venant toucher le plafond miroir.
01:45À l'intérieur de ce demi-cercle, environ 200 lampes monochromes l'éclairent par l'arrière.
01:49Et avec le reflet, elle compose l'image d'un gigantesque coucher de soleil intérieur.
01:53Le tout est couplé avec une brume artificielle.
01:56L'espace gigantesque du Turbine Hall du Tate Modern faisait vivre aux visiteurs un moment de contemplation unique, poétique et multisensorielle.
02:04Alors, il y a beaucoup de choses à dire sur cette oeuvre, et c'est le point de départ.
02:08Donc, je vous mets toutes les ressources dans la description, et je vais continuer à vous raconter où cette histoire m'a amené.
02:15Et moi, de mon côté, quand je suis tombé sur cette oeuvre, j'ai pris ma claque.
02:18Et je me suis dit, tiens, bizarre, c'est pas habituel pour moi que je sois aussi touché par une oeuvre contemporaine comme ça.
02:26J'avais déjà été au Tate Modern une fois, et je me suis très bien imaginé à la place des gens qui, eux, l'avaient vécu en 2003.
02:32Du coup, sur le moment, je calcule pas plus que ça, et on se retrouve quelques années plus tard, où je suis en train de scroller sur TikTok.
02:37Et je tombe sur des vidéos core.
02:40Des vidéos human core, hope core, etc, etc.
02:43Je vous montre.
02:48Et du coup, un peu de nulle part, je me dis, mais pourquoi core ? Ça vient d'où ? C'est quoi ?
02:53Qu'est-ce que c'est que cette histoire-là ?
02:55Vu que tout est une excuse pour moi depuis que j'ai 10 ans de taper des trucs sur Internet, ben j'ai pas hésité.
03:00J'ai donc tapé le classique, Wikipédia, core, simple.
03:04A la base, le mot core vient du mot hardcore, qui signifie noyau dur, littéralement.
03:09Et ça signifie, en gros, ce truc core, le côté essentiel, brutal, radical de quelque chose.
03:16Le noyau dur, quoi.
03:17Et sur Internet, et plus précisément, en 2012-2013, le mot core a commencé à être enlevé du mot hard.
03:24Donc, pour garder que noyau.
03:26Justement pour désigner des esthétiques très précises.
03:29Mais, ça a surtout été propulsé, du coup, comme je le disais, 10 ans plus tard, par TikTok.
03:33Ou en 2023-2024.
03:34Les utilisateurs ont réutilisé ce principe-là, mais sur TikTok, avec des montages.
03:39Et, par exemple, quelqu'un qui aimait bien la campagne et la confiture, c'était Cottage Core.
03:44T'aimes bien l'esthétique des elfes, la forêt, ben hop, Goblin Core.
03:48Donc, il faut savoir qu'entre 2013 et 2023, sous plusieurs formes, pendant 10 ans,
03:53beaucoup de gens sur Internet se sont amusés à ranger toutes nos petites identités,
03:59nos petits traits de personnalité, nos petits attraits esthétiques, dans des cases.
04:03Dans des petites identités rassurantes, qui font du bien.
04:06Tout ça dans un besoin de reconnaissance, on va dire.
04:08C'est un truc un peu tribal.
04:09Et tout cette espèce de micro-cosme, de micro-identité, a créé le Core Core.
04:15Et ça, ça m'a intéressé.
04:17Parce que le Core Core, c'est différent.
04:20C'est quand, justement, on a mis trop de choses dans trop de boîtes.
04:23Et qu'après, on ne comprend plus rien.
04:24Le Core Core, c'est littéralement l'expression de la pluralité.
04:29Et du coup, ben, c'est tout, en fait.
04:30Donc, j'ai cliqué.
04:31Oui, j'adore cliquer.
04:33J'adore cliquer.
04:34J'ai lu, j'ai lu, j'ai lu.
04:35Et je suis tombé sur un mot.
04:37Métamodernité.
04:38Truc.
04:39Tu vas voir.
04:39Ça va bien se passer.
04:40Je te jure que c'est une dinguerie.
04:41Donc, je lis, je lis, je lis, je lis.
04:43Et je tombe sur Elaphur Oliasson.
04:45Oui, le mec du début, là.
04:46Il y a deux minutes, là.
04:47Oui, oui, oui, lui, lui.
04:48Le même, le même.
04:49Et en fait, sur le moment, ce nom me dit quelque chose.
04:51Mais je ne fais pas encore le lien.
04:52Donc, je clique sur lui.
04:53Et là, tout se connecte dans mon crâne d'œuf, là.
04:56Je me mets à ouvrir toutes les pages, à comprendre qui, quoi, où, comment.
05:00Et un lien peut souvent en cacher un autre.
05:03Je tombe sur le manifeste de la métamodernité.
05:08Je ne tombe pas sur un texte.
05:09J'ai dit manifeste.
05:10Et justement, il faut qu'on fasse une pause.
05:15C'est quoi un manifeste ?
05:17C'est des gens qui se lèvent au milieu d'une époque,
05:20qui regardent le monde autour d'eux,
05:22et qui se disent, voici les nouvelles règles du jeu.
05:25Tout ça m'a rappelé mes études.
05:26Et j'étais un peu distrait, je ne vais pas te mentir.
05:28Mais je me souviens d'un truc, en cours d'histoire de l'art,
05:31pendant mon BTS de design graphique.
05:34Je me souviens d'un truc qui m'avait marqué.
05:36Le manifeste réaliste du constructivisme.
05:39Ne me pose pas la question pourquoi.
05:40Ça m'a marqué, c'est tout.
05:42La Russie, début du XXe siècle, en 1920 plus précisément.
05:45Tout s'effondre et tout se reconstruit.
05:47Les artistes de l'époque, comme Nahum Gabo, disent,
05:50stop, on arrête de peindre des jolis paysages pour décorer les salons bourgeois.
05:53L'art ne doit pas être une décoration.
05:56Il doit être une construction.
05:58Pour eux, l'art a une utilité sociale.
06:01Et doit donc utiliser les matériaux de l'industrie.
06:04Le verre, le métal, le plastique, etc.
06:06Ils voulaient construire le futur, littéralement.
06:10C'est de là que vient le mot constructivisme.
06:12Et le manifeste agit donc comme une boussole dans ce sacré bordel.
06:16C'était leur façon à eux de ne pas devenir fou.
06:18De donner du sens à la technologie et à l'industrie qui les écrasait.
06:22En lisant ça, je me rappelle d'une oeuvre qui avait suscité pas mal de débats dans la classe à ce moment-là.
06:27Voici l'oeuvre.
06:28Le carré blanc sur fond blanc de Casimir Malevich.
06:32Je vous laisse imaginer ce que nos jeunes cerveaux créatifs de 19-20 ans ont pu se dire en voyant ça.
06:37Et moi le premier, j'ai dû dire un truc du genre
06:38« Eh mais madame, c'est pas une oeuvre ! Il a juste mis un carré blanc sur une toile blanche ! »
06:42Et comme nous, Nahum Gabo, désolé je ne sais pas du tout comment on dit son nom, j'ai pas trouvé.
06:46Donc, on va l'appeler Gabo maintenant.
06:48Comme nous, Gabo, il s'est dit « Mais madame, c'est pas une oeuvre ! »
06:51Et c'est donc pour ça qu'il a créé le constructivisme.
06:55C'était une réponse, en fait c'est un clash.
06:57Ils se claschaient les frérots en 1920 là en Russie.
07:00Casimir Malevich était du mouvement suprématiste.
07:03Et Gabo était du mouvement constructiviste.
07:06Et c'était donc un clash entre deux idéaux.
07:09Donc ok, il y avait deux groupes de Russes qui se faisaient des clashs d'idées
07:12au sortir de la première guerre mondiale.
07:14Mais en quoi c'est censé t'intéresser toi
07:16et faire un rapport avec ma vidéo là, ce que je suis en train de te dire ?
07:20Tu vas voir.
07:21Tu vas voir !
07:22Je me coupe la parole à moi-même, tu vas voir.
07:24Parce qu'en fait, il faut savoir que dans ma tête à moi,
07:26à ce moment-là, le carré blanc de Malevich,
07:28je l'avais bizarrement associé justement au constructivisme.
07:31Je vous avais dit, j'écoutais mal.
07:32J'écoutais pas bien !
07:33Sauf que du coup, en vérifiant, je me suis rendu compte que ça avait rien à voir.
07:36Et donc là aussi, tout s'est éclairé une deuxième fois dans mon crâne d'œuf.
07:44Malevich, à travers le suprématisme,
07:46cherche à mettre au centre le sentiment de la personne qui regarde le tableau.
07:50Il ne veut pas le distraire par des formes et quelconques représentations de la nature.
07:55Il voyait l'art comme une nouvelle religion, littéralement.
07:58Et c'est pour ça que lors de sa première exposition,
08:01il a placé le carré noir sur fond noir,
08:03l'œuvre juste avant le carré blanc sur fond blanc,
08:06à l'emplacement traditionnellement réservé aux icônes religieuses dans les maisons russes.
08:11Les constructivistes voyaient l'art comme un outil au service d'un système.
08:14Un peu comme si on opposait l'art appliqué et les beaux-arts aujourd'hui.
08:17Dans l'art appliqué, il y a un ensemble de règles,
08:19du savoir-faire et de la minutie au service d'une fonction.
08:22Pour le coup, eux, dans leur contexte, c'était une lutte des classes communistes.
08:26Un objectif clair, c'était d'utiliser ces méthodologies et les matériaux
08:30à des fins de changement pour le groupe.
08:33Contrairement à la démarche plus intimiste des suprématistes,
08:36qui se focalisait un peu plus sur les émotions, les sensations internes à l'humain.
08:41Et retenez bien ces deux mots, l'émotion et la fonction.
08:44Parce que c'est la clé pour comprendre la suite.
08:46Donc, revenons à nous, derrière nos écrans.
08:49Et je pense que c'est pas à toi que je vais apprendre,
08:50qu'on vit dans une époque un peu chaotique.
08:53Et à mon avis, le catalyseur de tout ça, c'est le scroll.
08:56Parce qu'en 5 minutes, tu peux passer d'un chat mignon à un génocide,
09:00à un même marrant, à un freestyle de rap,
09:02une recette de cuisine, un lieu stylé sur Paris
09:04et une dénonciation sur l'ultra-fast fashion.
09:07C'est exactement le core-core.
09:09Et donc, pour ne pas se dissoudre totalement là-dedans,
09:12on a besoin d'un nouveau cadre, une nouvelle grille de lecture.
09:15Quand je tombe sur ce manifeste du métamodernisme,
09:18je n'ai pas du tout toutes les nuances que je viens de vous apporter là.
09:20Mais j'ai une petite gamberge.
09:21On a fait 2-3 insomnies.
09:22Quand même. Oh.
09:23Et c'est là où j'apprends l'existence du concept central du métamodernisme,
09:27l'oscillation.
09:32Tiens, tiens, tiens.
09:32Une oscillation entre deux vidéos.
09:35Oui, oui, c'est bien ce que tu crois comprendre.
09:36T'as compris.
09:37Sauf que là, c'est plus les suprématistes et les constructivistes
09:40qui se battent entre eux,
09:41c'est les modernistes et les post-modernistes.
09:45Là, pour te dire, on est sur la dernière pente
09:46avant le panorama complet.
09:48Donc, s'il te plaît, calme tes troubles de l'attention.
09:51C'est pour ton bien que je fais ça.
09:52Je suis un professionnel.
09:53Sinon, va sur TikTok si tu ne veux rien apprendre.
09:55En vrai, tranquille.
09:56Moi, je m'en fous.
09:56Je suis là.
09:57J'ai l'info.
09:57J'ai l'info.
09:58Le modernisme, c'est un mouvement culturel et philosophique majeur
10:02qui a principalement émergé à la fin du 19e siècle,
10:05vers 1860.
10:07Et s'est épanoui jusqu'au milieu du 20e,
10:09particulièrement après la Première Guerre mondiale.
10:12Il est né du sentiment que les formes d'art,
10:15d'organisation sociale et de savoir traditionnel
10:17n'étaient plus adaptées à la nouvelle réalité économique,
10:21sociale et technologique de l'ère industrielle.
10:24Le modernisme se caractérise par une rupture radicale avec le passé,
10:28rejetant l'académisme et la représentation classique
10:31pour explorer de nouvelles formes d'expression,
10:34d'où l'apparition des mouvements comme le cubisme,
10:37le futurisme ou le suprématisme.
10:39Eh oui, le suprématisme est la forme la plus aboutie du modernisme.
10:44Mais les modernistes n'étaient pas que des artistes.
10:46C'était un courant de pensée global,
10:48comme a pu être la Renaissance, si tu veux.
10:50Et les gens modernistes croyaient fermement au progrès.
10:54Ils croyaient aussi à la capacité de l'humanité,
10:56grâce à la raison et à la science,
10:57de créer un avenir meilleur, plus ordonné et plus fonctionnel.
11:01Ce que l'on a appelé les grands récits.
11:03En substance, le modernisme est défini par la recherche de la vérité absolue,
11:08l'originalité radicale et une foi sincère
11:11dans la possibilité de renouveler et de maîtriser le monde.
11:15Spoiler, ça n'a pas marché.
11:17Et les gens, à partir des années 60,
11:19ont commencé à remettre en question cette espèce de pensée
11:21autour des grands récits.
11:23Et c'est de là que le postmodernisme est né.
11:26Parce que les gens n'ont fait que constater
11:27que malgré les espoirs et la foi qu'ils ont mis dans les grands récits,
11:31ça n'a amené que à la guerre et au totalitarisme, globalement.
11:36Les partisans du postmoderne ont donc affirmé
11:38qu'il n'existait pas de vérité unique.
11:41Ils ont donc remis en question toutes les autorités
11:43et les systèmes de pensée établis.
11:45Ce qui a créé un mouvement qui se caractérise par de l'ironie,
11:49du cynisme et du relativisme.
11:52Ouais, il y a beaucoup de mots-isme.
11:53Ce mouvement se caractérise donc par de la remise en question
11:56et ça considère tout, histoire, culture, médias,
11:59comme un espèce de jeu de langage sans véritable sens profond.
12:02C'était cynique, quoi.
12:04Ils... voilà, ils disaient...
12:05Voilà, ils font ça.
12:06Pour moi, ils font ça, les postmodernistes.
12:07Mais bon.
12:09Si tu es entre 15 et 35 ans,
12:10tu sais que cette façon de penser,
12:11elle n'a pas marché non plus.
12:13La logique aurait voulu d'en proposer encore une troisième.
12:16Et c'est là qu'arrive le métamodernisme.
12:18Mais pas pour proposer encore quelque chose d'autre,
12:21mais pour proposer une oscillation.
12:24Imagine un pendule.
12:25D'un côté, il y a le modernisme.
12:31Et d'un autre côté, le postmodernisme.
12:34Eh bien, les métamodernistes, eux, ils disent
12:35OK, ni l'un ni l'autre ne marchent,
12:38mais nous, en tant qu'humanité, en tant qu'humain,
12:41on est en constante alternance entre les deux.
12:44C'est pouvoir avoir du recul comme les postmodernistes,
12:47tout en ayant l'espoir des modernistes.
12:49C'est réconcilier le carré blanc
12:51qui symbolise l'émotion pure,
12:55qui est utile mais sans accroche avec le monde réel,
12:57avec la structure mais sans le rationalisme froid et chiant.
13:00Et là, je vais te demander de retourner mentalement
13:02là où on était au début de la vidéo.
13:04En 2003, au Tate Modern,
13:07sous le soleil de Olafur Eliasson.
13:10Si tu regardes cette oeuvre avec des yeux de cynique,
13:13c'est du fake.
13:14On voit les ampoules, on voit les miroirs,
13:16la brume, elle est sûrement créée
13:17avec la même machine à fumer
13:19que la boîte d'à côté.
13:21Et en plus, l'artiste nous montre les ficelles
13:24puisque dans l'oeuvre, on pouvait aller voir derrière.
13:26On sait que c'est faux et c'est assumé.
13:28Logiquement, rationnellement,
13:29de manière chiante, on devrait se dire
13:31« As-y, c'est pas un soleil, c'est chiant, je me casse, je sors.
13:34Je vais voir le vrai soleil même s'il y a des nuages. »
13:36Mais !
13:37Les gens, ils ont fait quoi en majorité ?
13:39En très grande majorité même.
13:40Ils se sont allongés, ils sont assis,
13:42ils ont regardé, ils ont contemplé,
13:44ils se sont parlé, ils se sont tus,
13:46ils se sont posé des questions,
13:48certains ont pleuré, certains ont rigolé.
13:50Pourtant, tout le monde avait très bien compris
13:51que c'était une illusion.
13:53C'est pas le vrai soleil.
13:54Mais, la grosse différence,
13:56c'est qu'ils avaient choisi d'y croire.
13:58Ils avaient choisi de ressentir
13:59l'émotion qu'on leur proposait.
14:01Et l'époque dans laquelle on est,
14:03donc le méta-modernisme,
14:05c'est ça.
14:05C'est la naïveté informée.
14:09C'est savoir que le soleil,
14:10en 2003, dans ce Turbine Hall,
14:12est fait d'ampoules.
14:12Mais de décider que la chaleur
14:15qu'il nous procure à l'intérieur,
14:17elle, est bien réelle.
14:18Pourquoi ?
14:19Parce que nous la ressentons.
14:20Et c'est peut-être pour ça
14:21qu'à chaque fois que j'en ai l'occasion,
14:22je regarde les nuages.
14:23Parce que ce n'est pas juste
14:24de la vapeur d'eau.
14:25C'est aussi l'aventure de mon enfance
14:27que je choisis de croire,
14:28de voir et de ressentir
14:30avec la lucidité d'un adulte.
14:32Sous-titrage Société Radio-Canada
14:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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