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  • il y a 1 jour
La journaliste Sonia Dridi, correspondante à Washington, a couvert les deux mandats du président des États-Unis et raconte les différences qu’elle a pu observer. Retrouvez l'intégralité de l'interview sur la chaîne YouTube du HuffPost.

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Transcription
00:00A bord du Air Force One ou depuis le bureau ovale, le président des Etats-Unis sature l'espace médiatique.
00:06Et ça, Sonia Dridi, correspondante pour LCI France 24 et la RTBF, l'a vue de très près,
00:12puisqu'elle est la seule française à faire partie du groupe de journalistes étrangers suivant Donald Trump.
00:17J'ai accès au président américain s'il tient des événements.
00:21Il y a des journées où il ne se passe rien, mais c'est très rare sous Donald Trump.
00:23Elle nous a raconté pourquoi cette première année du retour au pouvoir de Donald Trump
00:27est très différente de son premier mandat qu'elle avait aussi couvert.
00:31La grande différence par rapport au premier mandat en tant que journaliste,
00:35c'est qu'on a un accès quand même assez extraordinaire à Donald Trump, encore plus qu'au premier mandat,
00:40parce que pour ce second mandat, il a décidé de multiplier les conférences de presse dans le bureau ovale.
00:45Il a vraiment donné le ton dès son investiture.
00:48La toute première question que j'ai pu poser à Donald Trump, et c'est là où je me suis rendu compte de l'accessibilité.
00:52Vraiment une ou deux semaines après son investiture, on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait un bureau ovale.
00:57Mais Donald Trump nous a convoqués dans le bureau ovale pour, je crois, signer des décrets.
01:02Et à ce moment-là, je lui ai posé une question, à savoir, est-ce qu'il pourrait imposer des droits de douane en Europe ?
01:09Am I going to impose tariffs on the European Union ?
01:13Do you want the truthful answer, or should I give you a political answer ?
01:16Absolutely.
01:18C'est là où on se rend compte très vite, finalement, au début de ce mandat, qu'on peut obtenir des informations de Donald Trump,
01:24parce que ça a vraiment donné le ton.
01:26Ensuite, on a vu toute cette politique des droits de douane qu'il a mise en place.
01:30If you look at Switzerland, 61% to 31%, Indonesia, Malaysia, Cambodia, oh, look at Cambodia, 97%.
01:39European Union, they're very tough, very, very tough traders.
01:43You know, you think of European Union, very friendly, they rip us off, it's so sad to say, it's so pathetic.
01:49Et on se rend compte que finalement, avec Donald Trump, oui, on peut avoir des réponses assez facilement,
01:55on peut générer de l'information, et en tout cas, ça donne des indications, effectivement, sur ce qu'il a l'intention de faire.
02:01Et donc, ces prises de parole, pour nous, c'est évidemment très utile.
02:05Une méthode que Donald Trump conserve, y compris lors des visites de ses homologues étrangers,
02:09ce qui donne lieu à des séquences jamais vues.
02:11D'habitude, lors des précédentes administrations, par exemple, quand il y a un leader étranger qui est invité,
02:18eh bien, le président prend la parole quelques minutes, le leader étranger,
02:24puis ensuite, les journalistes, peut-être, ont le droit à une ou deux questions,
02:26mais ensuite, ils sont vite invités à repartir.
02:29Et là, on assiste vraiment à des conférences de presse à côté du leader étranger dans le bureau Oval,
02:34et ça, c'est vraiment une nouveauté.
02:35Je me rappelle être dans la salle de presse au moment où il reçoit le président Zelensky à la Maison Blanche
02:41pour cette rencontre historique qui s'est très mal passée.
02:45Et vu comment la rencontre s'est passée dans le bureau Oval,
02:58on s'est tous dit, mais en fait, la rencontre va peut-être être terminée.
03:01Donc, on a tous eu le réflexe de courir à l'extérieur du bureau Oval,
03:05où il y a cette entrée, qui se trouve d'ailleurs juste à côté de moi,
03:08où les leaders étrangers arrivent et repartent.
03:10Et c'est là où, quelques minutes après, on a vu le président ukrainien repartir.
03:15Et donc, là, en direct, on a compris évidemment que la rencontre s'était terminée.
03:20Et là, c'était vraiment un moment très marquant, évidemment historique.
03:23Et puis, en tout cas, de ce que j'ai couvert depuis dix ans,
03:28du jamais vu ici à la Maison Blanche,
03:30avec un président étranger reçu si mal,
03:34et avec une rencontre qui vraiment dérape complètement.
03:38Je pense que beaucoup d'entre nous qui couvrons la Maison Blanche,
03:46on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait autant de visites.
03:49Et ce qui est aussi marquant, c'est de voir tous ces dirigeants étrangers
03:53se rendre à la Maison Blanche
03:54et tentait de flatter Donald Trump dans le bureau VAL
03:58pour essayer d'obtenir ce qu'il souhaite.
04:14Il y a un moment qui m'a évidemment marquée,
04:17surtout en tant que journaliste française et européenne,
04:19c'est lorsque l'on a vu tous ces dirigeants européens
04:22se rendre ici à la Maison Blanche,
04:25aux côtés du président ukrainien,
04:28comme pour le protéger et surtout l'aider à obtenir ce qu'il souhaitait.
04:31Et en plus, j'étais dans le pool ce jour-là,
04:32c'est-à-dire que j'étais dans le bureau VAL
04:34lorsque Donald Trump était aux côtés du président ukrainien.
04:37D'ailleurs, c'est là où, à la fin, il a pris ma question,
04:40Donald Trump, et il nous a annoncé
04:41qu'il allait interrompre sa rencontre
04:43pour parler au président russe.
04:44Et donc, Donald Trump nous donne comme ça des infos
04:46qu'il n'avait pas forcément prévues de donner,
04:49mais il suffit de lui poser la question
04:50et on peut avoir, on peut obtenir des informations comme celle-ci.
04:54Il y a eu aussi cette séquence
04:55dans une autre salle de la Maison Blanche,
04:57après le bureau VAL,
04:58où Donald Trump est entouré de tous les dirigeants européens.
05:01Et on aurait vraiment dit un conseil de classe
05:03avec le maître et ses élèves,
05:05avec Donald Trump qui distribuait des compliments
05:07à chaque dirigeant,
05:09chaque dirigeant qui souriait un peu timidement en retour,
05:13et en attendant aussi de savoir à quelle sauce
05:15il allait être mangé.
05:16Tout le monde connaît le président Macron de France,
05:19qui a été avec moi dès le début,
05:20l'un des premiers gens que j'ai rencontrés,
05:23et je les ai aimé dès le début.
05:25Et je les ai aimé encore plus maintenant.
05:26C'est assez bien, c'est pas mal.
05:29C'est une chose pas mal.
05:31Et il y a aussi des moments vraiment surréalistes,
05:34comme cette fois où il reçoit le président sud-africain
05:37dans le bureau VAL,
05:39et où il se met, moi j'avais jamais vu ça,
05:41il se met à diffuser un film dans le bureau VAL.
05:48Et donc pour tenter de soutenir son argument,
05:50selon lequel il y avait de nombreux fermiers blancs
05:54qui avaient été tués en Afrique du Sud.
05:57C'était intéressant de voir le président sud-africain
06:00quand même ne pas se laisser faire
06:01et essayer de répondre à Donald Trump
06:04de manière assez franche,
06:04pour dire quelle était la situation réelle dans le pays.
06:09Les journalistes ont beau avoir un accès inédit
06:11au président américain,
06:12cela n'empêche pas Donald Trump et son administration
06:14de parfois les malmener.
06:17Et Sonia Dredi en a aussi fait les frais
06:20avec cette séquence devenue virale.
06:22Could you say that louder, please?
06:24Yes. Yesterday there was a vote
06:26at the Knesset in Israel
06:27on annexing the West Bank.
06:29Do you see it as a challenge
06:30to your peace efforts?
06:32Will you answer that, please?
06:33Because I cannot understand
06:34the words you're saying.
06:36Where are you from?
06:38Where are you from?
06:40You're from France.
06:41Beautiful accent,
06:41but we can't understand
06:43what you're saying.
06:44On a vote at the Knesset
06:45on the West Bank.
06:46No?
06:46She said on a vote
06:47at the Knesset
06:48on the West Bank.
06:49On the...
06:49I have another question.
06:51The West Bank is...
06:54Don't worry about the West Bank.
06:56Israel is not going to do anything
06:57with the West Bank, OK?
06:58Je ne l'ai pas vraiment pris
06:59comme une humiliation
07:00et je ne me suis pas laissé déstabiliser
07:02parce que souvent Donald Trump
07:04ne reprend les journalistes étrangers
07:06sur leur accent.
07:08Alors parfois il dit
07:08« Bon, je ne comprends pas,
07:09prochaine question. »
07:10Mais je sais qu'il peut comprendre
07:12parce qu'il a répondu
07:13à plusieurs de mes questions
07:14dans le passé.
07:15Mais c'est vrai qu'il ne faut pas
07:17se laisser impressionner par Donald Trump
07:18et ne pas être déstabilisé.
07:20Et ce qui est aussi fascinant
07:21avec cette administration,
07:23c'est qu'il ne perd pas une occasion
07:25d'humilier, d'insulter les journalistes.
07:28Mais c'est vrai que Donald Trump,
07:31on le sent bien,
07:31il aime bien voir les journalistes
07:33autour de lui
07:33et puis il aime bien faire le show.
07:34Parfois il adopte un ton
07:36particulièrement agressif,
07:37humiliant à l'égard
07:38des journalistes femmes.
07:44Quand on sait qu'on va se retrouver
07:45face à Donald Trump,
07:47il faut se blinder entre guillemets.
07:48Moi en tout cas,
07:49l'important c'est d'essayer
07:51de pouvoir poser une question,
07:52d'avoir des réponses.
07:53Et donc on sait qu'il peut y avoir
07:55des séquences qui peuvent être
07:56un petit peu difficiles.
07:58Mais je pense que la plupart
07:59des journalistes qui vont
08:00à la Maison Blanche
08:01et qui posent des questions
08:02à Donald Trump
08:03ne se laissent vraiment pas
08:04déstabiliser par le président.
08:06Et on sait qu'il peut y avoir
08:07des séquences inattendues
08:09et des surprises.
08:10Donald Trump a ainsi donné le ton
08:11à son second mandat
08:12et il est fort probable
08:13que la suite de celui-ci
08:15nous réserve d'autres surprises.
08:19Sous-titrage Société Radio-Canada
08:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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