00:00Roland Courbis, c'était notre ami, l'ami du monde du football et vous ne trouverez personne aujourd'hui pour en dire du mal.
00:08On est avec Sabrina Medjeber, avec Richard Millet, avec Christophe Bordet, avec Gauthier Lebrecht, avec Olivier Guenet
00:13et on va recevoir Jacques Vendroux pour évoquer la mémoire de Roland Courbis,
00:18qu'il a connu depuis j'imagine 50 ans et peut-être davantage.
00:2260.
00:23Parce qu'au-delà effectivement du footballeur, de l'entraîneur qu'il était, il y a aussi des liens qui se tissent, des liens amicaux forcément
00:34et c'était le cas avec Jacques Vendroux, coach respecté, des coups de gueule, de la faconde, il nous a quittés, il était jeune, il avait 72 ans,
00:42il a été trois fois champion de France comme joueur avec l'Olympique de Marseille et deux fois avec l'AS Monaco.
00:49Didier Deschamps disait tout à l'heure, le football français perd une personnalité attachante, chaleureuse, au caractère bien affirmé.
00:55Un vrai passionné qui avait choisi de transmettre ces dernières années derrière un micro avec un sens de la formule bien à lui.
01:02Quel souvenir vous avez, Jacques Vendroux, bonjour.
01:04Bonjour à tous.
01:05Avec Roland Courbis.
01:07Un seigneur, un gentleman, un mec, vous lui téléphoner à deux heures du matin pour dire champagne sur le périphérique,
01:14il arrive dans le quart d'heure qui suit, 6h dans la région.
01:17C'est un mec d'honneur.
01:19Alors, honneur, dans le football, c'est un petit peu particulier, il a eu des histoires malheureusement avec Toulon.
01:25En fait, il a créé une caisse noire à Toulon pour protéger son club, mais c'est un mec extraordinaire, c'est un mec génial.
01:32C'était un grand joueur, c'était un grand entraîneur, c'était un mec qui fait partie de notre culture à tous.
01:41C'était vraiment un mec bien.
01:42Et c'est vrai que il s'était, ces dernières années, reconverti dans la parole.
01:50Alors, ces gens-là, et vous les connaissez comme moi, ils ont une connaissance intime du football.
01:54Donc, ils savent qui est qui, ils savent décrypter, décoder, évidemment, un match de football,
02:00mais ils sentent si bien le football qu'ils devinent le potentiel de tel ou tel joueur.
02:04Par exemple, c'était le premier entraîneur de Zidane à Bordeaux.
02:08C'est-à-dire, un des premiers entraîneurs de Zidane.
02:10C'est-à-dire qu'il était à Cannes, Zidane, et il est venu à Bordeaux avec Roland Courbis.
02:16Ah, c'est lui qui le fait venir ?
02:17Oui.
02:18Bah, qu'il l'a lancé au Girondin de Bordeaux.
02:20Bien sûr.
02:20Et, moi, je me souviens très bien, lorsque Zidane avait 17-18 ans, je me souviens très bien ce que disait Courbis.
02:28Comme ce qu'avait dit Lacombe, par exemple, de Benzema.
02:32Ils savent voir, parce qu'ils sentent si bien le football qu'ils ne se trompent pas.
02:38C'est un personnage hors normes.
02:41Il a tout fait dans le football.
02:43Il a été joueur, parce qu'on oublie de dire que pendant dix ans,
02:46il a été ce libéraux à la Beckenbauer, à l'ancienne de l'Est Monaco.
02:50Titulaire indiscutable avec Claude Puel.
02:53Il a été entraîneur.
02:56Il a été directeur sportif.
02:58Il a un parcours qui est atypique, un peu comme Tapie, un peu comme Bèze,
03:03où ils ont eu des à-côtés qui étaient quelque part un peu critiquables.
03:06Mais ce n'est pas grave.
03:08Quand je dis ce n'est pas grave, il faut me comprendre.
03:11C'est-à-dire que ça faisait partie du personnage.
03:14Ça faisait partie du film.
03:15Ça faisait partie du scénario.
03:17C'est notre ADN.
03:18C'est-à-dire des mecs comme Courbis, comme Tapie, comme Bèze et bien d'autres,
03:23c'est des mecs qui ont animé le football.
03:25Là, maintenant, heureusement, il n'y a plus de ce genre de personnage un petit peu croustillant.
03:31Et quand je dis croustillant, c'est parce que je le dis avec beaucoup d'affectifs.
03:34Parce que c'est quelqu'un qui est bien.
03:36Voilà.
03:36Moi, je dirais malheureusement, parce que les personnages, on en a besoin dans le football.
03:41Mais je n'osais pas cautionner le fait que...
03:43Mais ne parlons pas de cela aujourd'hui, Jacques.
03:46Mais on auront sa mémoire.
03:48Moi, j'adore sa mémoire depuis ce matin.
03:51Et je peux vous dire que c'est un personnage hors normes.
03:55Différent.
03:55Et ce qui est vrai aussi, c'est dans le rapport personnel avec les journalistes,
04:01c'est important quand même, la gentillesse et la bienveillance.
04:05Et vous, vous le connaissez évidemment depuis plus longtemps que moi.
04:08Mais moi, en 88, j'arrivais à TF1, j'avais 23 ans.
04:11Un des premiers reportages que j'ai fait, c'était à Toulon.
04:13Et il y avait une équipe de tueurs à Toulon.
04:15Entre guillemets, quand on dit de tueurs sur le terrain, c'était des durs.
04:18Parce que jouer à Toulon, il y avait un type qui s'appelait Luigi Alfano.
04:22Et Courbis disait, il met la tête là où les autres ne mettent même pas le pied.
04:25Parce que quand tu tombais sur Luigi Alfano, c'était pas simple.
04:29Bon, et je me souviens très bien le contact qu'il avait avec les jeunes journalistes.
04:33Il était très ami, notamment avec Christian Jean-Pierre, dans l'équipe de Téléfoot.
04:36Et il était...
04:37Il était comment avec vous ?
04:38Il était gentil, tout simplement, bienveillant.
04:41Et c'est vrai que ce sont des...
04:45Ce que disait Jacques, ce sont aussi des professeurs en football.
04:48Ils t'expliquent des choses.
04:50Parce que toi, t'as pas été footballeur professionnel.
04:52Donc il y a des choses que tu ne vois pas, que tu verras jamais.
04:54Parce que c'est comme ça.
04:55Parce qu'eux, ils ont joué.
04:57Donc ils devinent, ils sentent, ils respirent le football.
05:00Un journaliste...
05:02Vous savez, les journalistes de foot...
05:04Bon, il y en a...
05:05C'est une casse de...
05:07C'est une drôle de casse, parce que moi, je sais que je ne sais pas.
05:12Donc j'ai déjà gagné.
05:13Mais beaucoup pensent savoir.
05:14Voilà.
05:15Donc il y en a qui pensent, qui savent.
05:17Donc quand tu parles avec Swodo, quand tu parles avec Jaquet, quand tu parles avec Courbis...
05:21Il n'y a qu'une chose qu'on connaît, finalement.
05:25C'est notre métier.
05:26Moi, la seule chose que je connais, c'est mon métier.
05:28Je peux juger un rédacteur en chaise, je peux juger une conférence de rédaction, je peux juger une émission de télé.
05:32En tout cas, voir les coulisses.
05:35Mais en football, j'aurais toujours qu'un avis...
05:37Qui est un avis de...
05:39De consultant.
05:40Oui, de spectateur engagé.
05:41Pourquoi pas ?
05:42Mais il n'empêche, tu n'as pas une analyse aussi fine, aussi précise, aussi subtile.
05:46Je ne sais pas ce qu'en pense Jacques.
05:48Et l'erreur, c'est de penser, parfois, qu'on sait.
05:51Alors on l'a tous fait aussi, quand on était avec Eugène Saccomano.
05:53On faisait des émissions, parfois, où on était à la serpe, de temps en temps.
05:58Mais ça ne nous empêche pas, en sortant, d'avoir un peu de recul et de dérision sur ce que nous-mêmes, nous sommes capables de dire.
06:04Vous avez raison, Pascal.
06:05Ce que je voulais dire, surtout sur Roland, c'est que c'est un personnage multicarte dans le monde du football.
06:13Et c'est pour ça qu'il est populaire.
06:14Et c'est pour ça qu'il est aimé.
06:16Et c'est pour ça qu'il connaît le football, parce qu'il a connu tous les milieux du football.
06:20Il connaît ça par cœur.
06:22Et surtout, surtout, c'est le plus important, c'était un mec généreux.
06:26Généreux avec beaucoup de gens.
06:28Alors évidemment, vous avez, et je sais que ça ne va pas vous plaire, Pascal,
06:31vous avez les grands donneurs de leçons qui disent, oui, mais voilà, il a fait ça.
06:35Mais ça, on s'en fout de ça.
06:36On s'en fout, c'est un mec bien, voilà.
06:39Mais oui, non, mais...
06:40Ça fait trois fois que vous en parlez.
06:41J'en parle parce que j'entends.
06:43Parce que j'entends.
06:43Mais on s'en fiche.
06:44Non, non, moi je m'en fiche pas.
06:45J'entends des gens qui disent, oui, mais il a fait ça.
06:47Je m'en fous.
06:49Je m'en fous.
06:49Bon, le mieux c'est l'indifférence, dans ces cas-là, vous le savez bien.
06:54C'est pas facile à dire.
06:55Le mieux c'est l'indifférence et de ne pas en parler.
06:57Bon, d'abord, il savait parler aux gens, il savait parler aux joueurs, il savait parler
07:01au public.
07:02Et effectivement, il était devenu un consultant repère pour ça.
07:05C'est-à-dire qu'après un match, tu avais plaisir à écouter Roland Courbis.
07:09Moi je pense à son épouse, que vous connaissez sans doute.
07:13Son fils Stéphane.
07:14Stéphane Courbis, qui est agent de joueur.
07:18Je regardais dans mon téléphone, je pense à Fabien Oteniente, parce que Fabien, quand
07:23il s'est marié, il y a quelques années, Roland était là, ce soir-là, il s'est
07:26marié du côté de Bidard, Fabien, et il aimait beaucoup Roland Courbis.
07:31Donc ça fait partie des liens que nous tissons à travers...
07:35C'est ça qu'il faut expliquer à vos auditeurs, c'est que quand vous êtes dans ce métier
07:38depuis longtemps, vous avez ce qu'on appelle des liens affectifs avec un certain
07:42nombre de personnes, qui se créent par la force des choses, parce que vous les aimez
07:46bien, parce qu'ils vous aiment bien.
07:47Donc quand quelqu'un s'en va, je veux dire, vous êtes triste, parce qu'ils ont fait
07:50partie de votre quotidien pendant des années.
07:53Pascal, il apprend demain matin qu'un grand jour de nom disparaît, il est très très
07:57triste, et c'est normal, et c'est bien, et c'est humain.
08:01Et il était souffrant ces derniers temps, et je savais qu'hier il était en réanimation,
08:06puisque j'ai croisé quelqu'un qui était très inquiet pour lui, et effectivement, il y a
08:10encore trois mois, il était dans Paris en train de dîner, il y a eu accélération
08:13de son état, et 72 ans, c'est très jeune aujourd'hui, disons-le.
08:19Je vous remercie de prononcer cette phrase qui me concerne.
08:20Micro, micro, micro.
08:23Richard le micro.
08:23Richard, micro, qu'est-ce que vous voulez dire ?
08:25Non, je vous dis, je vous remercie de prononcer cette phrase, parce que c'est mon âge,
08:28exactement.
08:28Et 72 ans, c'est très jeune, effectivement.
08:30Et puis il appartient à un football qu'on a tellement aimé.
08:33Pourquoi ce football, on l'a tellement aimé ? Parce que les joueurs restaient très longtemps
08:38dans un club. Donc il y avait une sorte d'appartenance. L'Arquet était de Saint-Étienne, Henri-Michel
08:44était de Nantes, Gires était de Bordeaux.
08:46Il y avait moins d'argent, peut-être ?
08:48Il y avait moins d'argent, oui, mais il y avait surtout une organisation du football
08:52qui était différente, puisque tu ne pouvais pas jouer dans ton équipe avec plus de deux
08:56étrangers. Donc ça voulait dire que les Français ne pouvaient pas s'exporter parce
09:01qu'ils ne pouvaient pas jouer dans les autres clubs. C'était ce qu'on appelle l'arrêt-bossman.
09:05« Longtemps, tu n'avais le droit. » C'est marrant parce que...
09:08Non, mais alors là, je ne savais pas.
09:09Ça, c'est vraiment drôle. Vous ouvrez des grands yeux dans les années 70.
09:16À Saint-Étienne, il y avait deux étrangers, Piazza et Kürkowic, point.
09:19À Nantes, tu avais deux étrangers, Hugo Bargaz et...
09:21Et tu n'avais pas le droit à plus ?
09:22Ben non.
09:23Non, c'est l'arrêt-bossman qui a complètement changé leur...
09:26C'est pas le même football, là.
09:27Ben non.
09:29Donc, les joueurs...
09:31En fait, comme le marché est devenu mondial pour un joueur alors qu'il n'était que français,
09:36ben les propositions sont venues de partout.
09:38Comme les autres championnats, parfois, ont plus d'argent que nous,
09:41nos meilleurs sont partis.
09:42Aujourd'hui, je ne sais pas si tu as un joueur de l'équipe de France
09:44qui joue dans le championnat de France.
09:47Je pense qu'ils sont tous...
09:47Il y en a deux, trois Paris Saint-Germain, mais...
09:49Ah oui, il y a le PSG.
09:51Non, moi, ce que j'ai aimé chez Roland,
09:54c'est que quand il arrêtait sa carrière de joueur professionnel à Monaco,
09:59il est parti à Toulon.
10:00Et il était joueur de Toulon.
10:03Il était entraîneur de Toulon.
10:04Il faisait tout à Toulon.
10:05Et il a fait un truc extraordinaire.
10:07Un truc à l'affectif.
10:09Il a fait venir tous ses copains avec qui il avait joué
10:11et il a obtenu des formidables résultats avec Toulon.
10:14Donc, il mélangeait l'affectif, le professionnalisme, etc.
10:17Et ça, c'est formidable.
10:19Et on pense évidemment à une équipe championne de France en 1978,
10:23l'AS Monaco, avec Petit, qui est mort d'ailleurs, Jean Petit,
10:28avec Jean-Luc Ketteri, avec un garçon qui s'appelait Vitalis,
10:32dit le marquis.
10:33Claude Puel.
10:34Claude Puel.
10:35Christian Dalger, qui est mort.
10:36Christian Dalger.
10:37Est-ce que vous savez, on va voir si vous êtes fort en football,
10:39est-ce que vous savez la particularité de l'AS Monaco
10:42et de ce titre de champion 1978
10:45qui n'est jamais arrivé dans l'histoire ?
10:48Quelle est la particularité de l'équipe championne de France ?
10:50Ils n'ont jamais perdu ?
10:51Non.
10:53Vous le saurez après la pub.
10:54Il est 17h14.
10:56C'est une particularité.
10:57Alors ça, ça m'étonne que vous ne sachiez pas ça.
10:591978, l'AS Monaco est champion de France.
11:02Et il y a une particularité
11:03avec la saison
11:05de l'AS Monaco qui joue en rouge et blanc.
11:08Est-ce que vous savez pourquoi le maillot est en diagonale ?
11:12C'est grâce de Monaco qu'il a dessiné.
11:14Le maillot en diagonale de l'AS Monaco rouge et blanc.
11:1817h15.
11:19A tout de suite.
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