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  • il y a 2 jours
Malgré les interdictions, plusieurs agriculteurs ont convergé dans Paris ce jeudi 8 janvier, tôt dans la matinée, pour mener des actions au pied de la tour Eiffel et de l'Arc de Triomphe. Ils manifestent notamment contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur et réclament également des simplifications administratives, jugeant les normes trop contraignantes.

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Transcription
00:00Oui, c'est le regard que je porte dessus et que beaucoup portent dessus, justement.
00:04Effectivement, vous savez, le Mercosur, ça a commencé en 1999 à l'initiative des Allemands du chancelier Schroeder.
00:11C'est là où on a commencé à parler avec des pays importants, dont l'Argentine et le Brésil.
00:15C'est vrai qu'Emmanuel Macron parle d'un accord d'un autre âge, quasiment.
00:18Oui, tout à fait, avec l'Amérique latine, notamment l'Argentine et le Brésil.
00:23Et puis, deuxième raison pour laquelle c'est très particulier, c'est parce que les agriculteurs sont très populaires en France
00:28et les politiques se méfient toujours des agriculteurs.
00:32Alors, cet accord, eh bien cet accord, il s'inscrit en plus dans un contexte très difficile pour les agriculteurs.
00:40La politique agricole commune n'est plus ce qu'elle était.
00:42Elle représentait 70% du budget il y a 40 ans.
00:47Eh bien aujourd'hui, elle n'en représente plus que 25%.
00:50C'est tombé en peau de chagrin, j'ai envie de dire.
00:52C'est terrible. Il y a aussi le fait qu'il y ait beaucoup de maladies qui touchent le bétail.
00:57Aujourd'hui, on est avec la dermatose bovine.
01:00Et puis, il y a énormément de réglementations, de normes qui ennuient et qui contraignent beaucoup les agriculteurs.
01:09Et ça, les agriculteurs n'en veulent plus. Ils sont à bout.
01:11Donc, c'est difficile finalement de s'opposer aux agriculteurs tant ils ont le soutien des Français.
01:16Oui, c'est très difficile, Paola.
01:18C'est très difficile et on le voit, c'est manifeste là.
01:22Il y a un principe, on ne touche pas aux agriculteurs. Pourquoi ?
01:24Parce qu'ils nous nourrissent. Parce qu'ils nous renvoient à ce qu'est notre pays.
01:30Un pays fait de paysages, d'agriculture, qui est un pays agricole.
01:3375% de la population était agricultrice à la Première Guerre mondiale.
01:38Il y a un siècle, vous vous rendez compte ?
01:40Et donc, on ne touche pas à ça.
01:43Et la meilleure des illustrations aujourd'hui, c'est l'attitude de Mme Braun-Pivet,
01:46la présidente de l'Assemblée nationale.
01:48On sent qu'ils sont en colère.
02:01Et donc, c'est normal que cette colère s'exprime.
02:04Moi, j'ai toujours autorisé les manifestations devant l'Assemblée nationale.
02:08C'est la maison du peuple.
02:09Les Français ont le droit de venir s'exprimer, d'exprimer leur colère devant l'Assemblée.
02:13La moindre des choses, c'est que j'aille à leur rencontre.
02:16Elle se fait cracher dessus.
02:17On lui demande de démissionner.
02:19Et vous voyez le discours qu'elle a.
02:21Elle dit, moi, la maison est ouverte.
02:23Je les attends.
02:24Ce qu'elle a fait, d'ailleurs, cet après-midi, puisqu'elle les a reçues.
02:27Donc, toute la classe politique, je vais vous dire, de l'extrême-gauche,
02:31M. Mélenchon à l'extrême-droite, Mme Le Pen.
02:34Personne, évidemment, va aller à l'encontre des agriculteurs.
02:39C'est hors de question.
02:39Parce qu'il y a une chose aussi, c'est que les agriculteurs sont considérés comme une population faible.
02:46Vous savez, ceux qui sont exploités, d'une certaine façon, face à des grandes exploitations
02:53qui sont développées, notamment en Amérique du Sud et au Brésil.
02:57Ça, c'est la chose.
02:58Et puis, il y a, du coup, Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur,
03:03qui, aujourd'hui, a des ambitions présidentielles.
03:06Qu'est-ce qu'il a dit, Bruno Retailleau ?
03:07Hier, on va l'écouter.
03:08Ce que je dis solennellement, c'est que si le président de la République
03:13vote pour le Mercosur après toutes les déclarations,
03:20il prend le risque d'une censure.
03:22Et donc, j'appelle le président de la République et j'appelle la France
03:25à être sur la ligne qui a toujours été la ligne du gouvernement depuis longtemps,
03:33c'est-à-dire à refuser le Mercosur.
03:34Donc, en gros, si on ne s'oppose pas au Mercosur, vous avez vu, il fait tomber le gouvernement,
03:40il veut faire tomber le gouvernement.
03:42Madame Brejon, qui est la porte-parole du gouvernement, elle a dit, on va s'opposer ce matin de bonheur,
03:49on va s'opposer au tracteur qui rentre dans Paris.
03:51Elle s'est vite fait taper sur les doigts.
03:52Et le ministre de l'Intérieur, cet après-midi, a dit non, non.
03:56On voit bien que cet accord, il est impopulaire.
03:57Pourquoi est-ce que ça ne passe pas dans les esprits français ?
03:59Pour trois raisons, Paola.
04:01Ça ne passe pas parce que, et c'est là où les fautes politiques sont manifestes,
04:05de la part de tous les gouvernements, d'ailleurs, depuis 25 ans.
04:08Un, parce qu'il y a une absence de pédagogie.
04:10Dans cet accord, il y a des éléments qui sont positifs.
04:13Il y a des éléments qui sont positifs pour beaucoup de filières,
04:17notamment dans l'industrie, notamment chez les agriculteurs, dans la viticulture,
04:22dans beaucoup de domaines.
04:23Eh bien, c'est un accord qui est gagnant.
04:26En plus, dans les points d'achoppement, c'est vraiment des toutes petites.
04:31On va regarder d'ailleurs une infographie qui va vous le montrer.
04:33Ça concerne des volumes, aussi bien pour les bovins que pour les poulets,
04:38des volumes extraordinairement faibles,
04:40puisque les importations qui viendraient d'Amérique du Sud,
04:44ça serait 1,5% de notre consommation de bœuf.
04:49Et pour les poulets, ça serait 1,3%,
04:52ce qui ne serait pas beaucoup, reconnaissez-le.
04:55Deuxièmement, il y a une faute qui est celle du courage.
04:57Une absence de courage manifeste là aussi,
05:01parce qu'on est avec un gouvernement qui est normalement un gouvernement pro-européen.
05:05Et qu'est-ce qu'il fait, ce gouvernement ?
05:07Eh bien, il n'arrive pas à s'affirmer.
05:08Il recule et il prétend, aujourd'hui, c'est un gouvernement qui est pour le libre-échange.
05:15Il fait le contraire de tout ce qu'il a toujours dit.
05:18Troisième chose, eh bien, ça montre aussi que la France a décliné son influence,
05:23a décliné au sein de l'Europe.
05:25Et on le voit très bien, parce que qu'elle vote pour, qu'elle s'abstienne,
05:29ou qu'elle vote contre le Mercosur, ça ne change rien.
05:33Donc on ne pèse plus.
05:35Donc c'est une victoire à la pyrus ce soir, en disant qu'on s'oppose au Mercosur.
05:41Ça ne change rien, et pas grand-chose dans tous les cas.
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