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00:00Et ravine, vous retrouvez sur France 24, priorité au direct. Bienvenue dans cette édition spéciale consacrée à la conférence des ambassadeurs.
00:10Emmanuel Macron s'adresse donc représentant de la diplomatie française dans le monde. On va écouter le chef de l'État et puis on débriefera juste après.
00:17Directeur, ambassadrice, ambassadeur, mesdames, messieurs, à vos grades et qualités.
00:21Merci de votre présence aujourd'hui dans cette salle. Ces dernières années, j'ai eu pour coutume de vous réunir ainsi et le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a en effet changé la date ces derniers temps.
00:37Et donc ce discours est aussi pour moi l'occasion de vous présenter avant toute chose mes voeux. Mes voeux pour vous-même, vos familles, vos proches et pour l'ensemble de vos collaboratrices, de vos collaborateurs partout dans nos ambassades, partout où vous avez à défendre la voie de la France.
00:58Et ces dernières années aussi, j'avais pour coutume de faire un discours très long, que je vous faisais subir pendant plusieurs heures, qui visait à couvrir à peu près tous les sujets et l'état du monde.
01:10Et donc cette année, j'ai décidé de ne pas faire un discours. C'est pourquoi, à la demande du ministre, j'ai eu trois tables rondes pour donner des instructions et échanger avec les ambassadrices et ambassadeurs concernés par trois thématiques clés pour l'année qui s'ouvre.
01:25Les questions européennes, l'Afrique, avec le sommet, j'y reviendrai rapidement, qui nous attend, et le G7 et les bris. Néanmoins, il a réussi à ce que je fasse tout de même un discours en plus des tables rondes.
01:41Et donc, je veux simplement vous dire que ceci n'est pas un discours, et ceci a vocation à être très court, en tout cas beaucoup plus court que les années précédentes, c'est aussi pour vous rassurer compte tenu de l'heure qu'il est.
01:53Et de manière très simple, au fond, les voeux étant prononcés et toute ma gratitude, ma reconnaissance vous étant exprimée pour l'action qui est la vôtre, je voulais vous donner, vous livrer ce matin quelques convictions.
02:08Je ne vais pas traiter tous les sujets, toutes les géographies, mais je pense que c'était nécessaire de pouvoir partager quelques convictions dans le moment que nous vivons.
02:17Les constats, nous les connaissons. Je les ai faits longuement l'année dernière, l'année d'avant. Et en particulier, ce que j'ai dit l'année dernière, je pense, reste totalement valide.
02:30Nous sommes dans un monde qui se dérègle. Les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien. Nous évoluons dans un monde de grande puissance avec une vraie tentation de se partager le monde.
02:45Et je crois que ce qui s'est passé durant les derniers mois ou parfois les derniers jours n'a rien enlevé à ce constat.
02:53Et donc c'est le grand risque de l'ordre international dans lequel nous vivons.
02:56Les Etats-Unis sont une puissance établie, mais qui se détourne progressivement de certains de ses alliés et s'affranchit de règles internationales qu'elles promouvaient encore récemment,
03:06qu'il s'agisse du commerce, de certains éléments de sécurité ou de certaines enceintes.
03:12Et la Chine est une puissance toujours montante, qui doit faire le choix de partenariats diversifiés, mais qui témoigne d'une agressivité commerciale de plus en plus désinhibée,
03:21et surtout depuis la période de sortie Covid, et qui met à mal aujourd'hui l'économie européenne.
03:29Et puis nous continuons d'avoir des puissances de déstabilisation, la Russie, avec l'Ukraine et d'autres géographies, et les ingérences informationnelles et autres,
03:41et je pourrais citer l'Iran et plusieurs autres.
03:44Et donc dans ce monde-là, le grand risque que nous avons face à nous, et ce qui est en train de se passer,
03:49c'est un affaiblissement de toutes les instances dans lesquelles nous pouvons régler les questions communes,
03:54de toutes les instances de coopération, c'est un risque d'affaiblissement de notre Europe,
03:58qui face à cette brutalité et la loi du plus fort, serait le dernier espace où on continue de rappeler les règles du jeu que les autres n'appliquent plus,
04:07et ce serait ce risque d'effacement que certains voient venir ou dénoncent.
04:11Ce que je disais l'année dernière sur l'international réactionnaire reste vrai,
04:19et je crois même qu'il y a aujourd'hui un processus pour certains assumer de recolonisation,
04:26et au fond nous nous sommes pris dans un espace du jeu très étonnant,
04:29où nous, Français européens, nous subissons des discours anticoloniaux
04:35qui ne correspondent plus à des réalités à notre pratique,
04:38et nous subissons une agressivité néocoloniale de certains.
04:46Mauvaise situation, pourrait-on dire.
04:49Je crois que si nous montrons de la constance, de la détermination et de l'action,
04:55elle peut être féconde, mais il va falloir beaucoup d'endurance.
04:59Dans ce contexte, je pense qu'il y a deux comportements qui ne nous correspondent pas.
05:08Face à ceux qui voudraient voir revenir la loi du plus fort, désinhibés,
05:12les suivre bêtement, ce n'est pas notre intérêt.
05:15Ça, c'est le choix de la vassalisation heureuse, ce n'est pas le nôtre.
05:18Il ne correspond pas ni aux intérêts, ni aux valeurs de la France et de l'Europe.
05:22De l'autre, il y a un choix aussi, qui pourrait être tentant,
05:25qui est celui de dire qu'il y a le choix moral, de dire qu'on n'y peut plus rien,
05:30mais on va continuer de dire ce qui est bon.
05:33C'est le choix de l'impuissance, ça n'est pas non plus le nôtre.
05:37Le seul qui me semble tenable possible, c'est d'assumer que nous sommes dans un moment très difficile de l'ordre du monde,
05:45qui se dérégule, la loi du plus fort cherche à s'imposer,
05:48où les règles d'hier sont de plus en plus fragilisées,
05:52mais au fond de se dire que nous sommes bien plus forts que beaucoup ne le croient,
05:56si nous savons nous unir davantage,
05:58et que le cœur de notre action,
06:01c'est de continuer à nous renforcer,
06:04c'est d'avoir plus de logique de puissance pour la France et pour l'Europe,
06:08c'est d'assumer de défendre complètement nos intérêts,
06:11et c'est de continuer à défendre notre influence partout où le multilatéralisme efficace peut être défendu
06:18et d'assumer cette ligne totalement.
06:24Et ma conviction, en vous livrant juste ces quelques axes en ce début d'année,
06:29c'est de vous dire que nous ne sommes pas là,
06:32nous, ni vous en tant qu'ambassadrice, ambassadeur ou directrice et directeur,
06:37ou ministre et votre serviteur,
06:38nous ne sommes pas là pour nous lamenter sur l'état du monde ou pour le commenter,
06:44nous sommes là pour agir.
06:46Et il y a un chemin d'action dans le monde tel qu'il est en train de se jouer.
06:51Et nous avons énormément d'atouts dans celui-ci,
06:55parce que nous avons continué de nous réarmer bien avant les autres,
06:59parce que nous avons une indépendance stratégique militaire bien supérieure à beaucoup,
07:04et que c'est une force,
07:04parce que nous avons une culture stratégique qui est là et qui est forte,
07:09et parce que notre agenda européen, je vais y revenir, s'est imposé ces dernières années,
07:13et parce que nous avons aussi un statut diplomatique dans ces instances un peu particulier,
07:18qui est une opportunité unique pour nous.
07:21Simplement, il faut peut-être bousculer quelques-unes de nos habitudes,
07:24améliorer quelques-uns de nos points, je vais y revenir,
07:27mais agir de manière pragmatique dans cet environnement.
07:29Et au fond, il faut assumer pleinement notre ambition diplomatique dans la partie qui se joue aujourd'hui,
07:35qui doit être de défendre nos intérêts, notre influence,
07:39et de ne rien céder, ni à la vassalisation d'un côté,
07:43ni en quelque sorte à l'idée que nous devrions devenir une puissance morale impuissante.
07:48Non.
07:50Alors, pour tout ça, les quelques points que je voulais faire et développer,
07:55d'abord, c'est se dire comment on développe et on renforce nos intérêts.
08:02Le premier de nos intérêts, c'est la paix, la sécurité.
08:06Et au fond, ces dernières années,
08:07elle a été mise à risque par l'agression russe en Ukraine.
08:10C'est quand même le sujet le plus fondamental pour nous,
08:13aujourd'hui, Français européens.
08:16Et donc, je vous remercie de l'action collective,
08:18la démonstration qui a été faite il y a 48 heures à Paris
08:21avec la coalition des volontaires, l'Ukraine et les Etats-Unis d'Amérique,
08:26montre qu'il y a la possibilité d'une action utile.
08:30Et donc, nous avons raison d'aider l'Ukraine,
08:32nous continuerons de le faire,
08:33et nous avons pris des décisions importantes en Europe en fin d'année dernière.
08:37Nous continuerons de renforcer cela.
08:38Et là aussi, réveillons-nous.
08:41Aujourd'hui, la totalité de l'aide financière à la résistance ukrainienne,
08:45elle est fournie par les membres de la coalition des volontaires.
08:48La totalité.
08:51Il y a des dépendances qui existent, capacitaires à la guerre de certains,
08:54dont les Etats-Unis d'Amérique, et plus financière.
08:57Et ce que nous avons fait, regardez d'où nous venons,
08:59dans ce monde qui paraît en désordre,
09:01où il y a cette culture de l'événement de chaque jour.
09:03Il y a un an, au moment où je vous parlais,
09:05on disait, on ne sait pas si les Américains ne vont pas nous lâcher,
09:08ils disent qu'ils vont régler cette guerre en un quart d'heure,
09:10on ne saura pas aider l'Ukraine sans eux,
09:12on ne peut pas faire la paix.
09:13Mais en février, la réunion au bureau Roval, dont tout le monde se souvient,
09:18on lance en février la coalition des volontaires.
09:20Elle s'est réunie à Paris.
09:22On a consolidé quelque chose d'inédit.
09:25Donc c'est possible.
09:26Et à travers cette coalition, on défend nos intérêts.
09:29C'est-à-dire nous, Européens et alliés qui nous rejoignent,
09:32et je veux saluer le rôle de la Norvège,
09:34évidemment du Royaume-Uni et du Canada,
09:36présents au niveau primo-ministériel à Paris il y a deux jours.
09:41On apporte toute l'aide aujourd'hui.
09:44Et on a bâti les garanties de sécurité pour le jour d'après la paix.
09:48C'est une vraie révolution de la culture stratégique européenne.
09:51Et nous devons continuer cet effort patiemment.
09:56Nul ne sait dire quand la guerre finira.
09:58Nous accompagnons les efforts diplomatiques américains,
10:01et je salue ces efforts et ce que fait la diplomatie américaine,
10:05mais nous avons réussi à ce que ces efforts soient recentrés
10:08et que nos intérêts soient pris en compte.
10:10Ca ne peut pas être la capitulation de l'Ukraine.
10:12Ca ne peut pas être le sacrifice des intérêts européens.
10:15Et notre sécurité, elle est prise en compte
10:17par cette coalition des volontaires.
10:19C'est une véritable révolution stratégique,
10:22capacitaire et d'organisation commune
10:24que nous avons menée dans l'année qui vient de s'écouler.
10:26Ceci, on va le consolider,
10:29parce qu'il faut sur ce sujet avoir de la patience stratégique.
10:33Il faut souhaiter chaque jour la paix,
10:35tout faire pour la bâtir,
10:36mais force est de constater que là aussi,
10:38depuis que les Etats-Unis ont relancé
10:39ces initiatives diplomatiques depuis un an,
10:42il apparaît que la Russie ne veut pas véritablement la paix tout de même.
10:45Alors on peut essayer de s'en convaincre,
10:47mais ils n'ont pas apporté toutes les preuves.
10:49Donc il faut continuer l'effort de guerre.
10:51Et jusqu'au bout.
10:52Ça, c'est pour moi le pilier fondamental,
10:55défendre nos intérêts, c'est ça.
10:56Ce que la diplomatie française et les armées françaises
10:59ont fait avec la coalition des volontaires,
11:01un Etat-major conjoint à Paris,
11:04copiloté en franco-britannique,
11:06un rôle du E3 assumé en pilotage stratégique,
11:10c'est un vrai réveil.
11:11C'est une consolidation,
11:13c'est notre action commune.
11:14Et c'est très loin de l'avis de tous les commentateurs.
11:18Pas notre boulot de commenter, je le redis.
11:19Ça, c'est très bon.
11:22Deuxième chose, c'est l'Europe de la défense
11:24qui vient consolider cela.
11:26Rappelez-vous, quand on a commencé à parler
11:27d'Europe de la défense, c'était un mot interdit.
11:29Les gens nous disaient, oh là là, vous allez casser l'OTAN.
11:33Pilier européen de la défense,
11:34il fallait négocier des semaines
11:35pour obtenir cette mention.
11:38Depuis 2022, on a réussi une révolution,
11:40là aussi, stratégique.
11:41L'autonomie stratégique européenne est assumée
11:44depuis la présidence française de l'Union européenne.
11:47Elle se décline en actes.
11:48Et l'Europe de la défense est une réalité.
11:53Elle a été consacrée par le sommet exceptionnel
11:55en mars dernier.
11:57Elle s'est traduite par des livres blancs,
11:59un travail de la Commission européenne,
12:00une remobilisation,
12:02un réveil de l'Agence européenne de défense,
12:04et puis aussi des instruments de financement
12:06qui ont été conçus par les Européens
12:07avec une préférence européenne
12:09que nous avons défendue, assumée.
12:11Formidable avancée des dernières années,
12:13et tout particulièrement de la dernière année.
12:15Ce réveil de l'Europe de la défense est fondamental.
12:19Maintenant, j'attends de nous collectivement
12:21qu'on fasse deux choses,
12:22qu'on le décline sur le plan capacitaire,
12:25et donc que nos armées, la DGA,
12:28nos industriels de défense se disent
12:30comment je pense en européen,
12:31là où nous continuons, nous,
12:32à penser trop souvent en français.
12:34Et deux, que partout dans les ambassades,
12:37vous alliez essayer de trouver
12:38les partenaires possibles,
12:40et qu'on développe vraiment les prospects
12:41dans l'industrie de défense.
12:42On a mis de la préférence européenne,
12:44on a mis des instruments,
12:45on a été aux avant-postes de cette ambition.
12:47Il faut que ce soit une formidable opportunité
12:49pour plus d'innovation,
12:52de technologie de défense,
12:54de création européenne,
12:55pour nous dérisquer des Américains aussi,
12:57et être plus autonomes, en vrai.
12:59Et la deuxième chose,
13:00pour avoir plus de gains commerciaux
13:02pour nos entreprises,
13:04et l'Europe de la défense
13:05doit être une terre aussi de conquête
13:07et de création de valeurs.
13:09La deuxième chose,
13:10ce sont nos intérêts économiques
13:11qu'on veut défendre.
13:14Et là, on a un double problème.
13:17L'agressivité chinoise et les tarifs américains.
13:19J'ai dit que je ne ferais pas un long discours,
13:20donc je fais plutôt droit au but.
13:22Et c'est un gros problème
13:23d'avoir les deux en même temps.
13:26Et ce problème n'a pas été assez pris en compte
13:28en réalité par beaucoup.
13:32La réalité,
13:34c'est que même les pays
13:35qui avaient un excédent commercial
13:36avec la Chine
13:36sont en déficit commercial avec elle.
13:39La réalité, c'est que même
13:40notre partenaire allemand
13:41qui a formidablement réussi
13:42ces dernières années,
13:44depuis cette année,
13:45est en déficit commercial avec la Chine.
13:48Et que l'année dernière,
13:4950 000 emplois industriels en Allemagne
13:51ont été détruits largement
13:52par cette agressivité chinoise.
13:55Alors, c'est le fruit de leur travail,
13:57de certains déséquilibres,
13:58j'y reviendrai.
14:01Mais au fond,
14:02le rapport Draghi
14:03que nous n'avons pas tout à fait appliqué,
14:04il est déjà caduque pour partie
14:06parce qu'il n'avait pas pris en compte
14:07cette accélération du monde.
14:08Et depuis les rapports Draghi et l'Etat,
14:10il y a deux choses qui sont passées.
14:11La Chine va beaucoup plus vite
14:12et plus fort.
14:13Elle nous taille des croupières
14:15dans la machine outil,
14:16dans l'industrie,
14:16y compris en Europe.
14:18Et la deuxième chose,
14:19c'est que face à cette situation,
14:20les Américains ont décidé
14:21de mettre mes tarifs,
14:22y compris aux Européens.
14:25Ce n'était pas attendu,
14:27mais ça a été l'approche.
14:29Donc, face à ça,
14:30notre agenda économique
14:31pour défendre notre intérêt
14:32doit être très simple.
14:34Le premier, c'est la protection.
14:37Ce n'est pas le protectionnisme,
14:38la protection.
14:39Mais c'est assumer
14:40que nous ne sommes pas simplement
14:42un marché qui doit s'intégrer,
14:44mais une puissance industrielle,
14:46commerciale, douanière
14:47qui doit aussi se protéger
14:48face aux règles déloyales.
14:51C'est un vrai changement de logiciel.
14:54Il a commencé à être à l'oeuvre.
14:55Et ce que je décrivais
14:56comme des succès européens
14:58en matière d'Europe de la défense,
14:59nous les avons aussi sur cet agenda.
15:01On commence à les avoir.
15:03Là, on était totalement isolés
15:04quand on parlait de protection
15:05de préférence européenne.
15:06Ces derniers mois,
15:07la Commission européenne
15:08a commencé à changer son agenda.
15:10Regardez sur l'acier,
15:11regardez sur l'automobile.
15:14C'est une vraie petite révolution
15:15conceptuelle
15:16qui est en train de se faire.
15:17Il faut l'accélérer en acte.
15:19Et au fond, nous, Européens,
15:21il nous faut accepter
15:21de mieux protéger nos frontières
15:23pour favoriser les acteurs avant tout.
15:26Et quand on a,
15:27et c'est donc très simple,
15:28des mesures de sauvegarde,
15:31des clauses miroirs,
15:32quand on impose à nos producteurs
15:33des règles,
15:35que va-t-on dans le même temps
15:36où on accroît leurs règles
15:37ouvrir à des marchés
15:40qui ne les respectent pas ?
15:41On n'obtient pas l'adhésion massive
15:46de nos producteurs en faisant ça.
15:48Et le bon sens conduit plutôt
15:50à les écouter quand même
15:51sur ces sujets.
15:53Donc nous sommes aujourd'hui en Europe
15:54une puissance qui régule trop
15:56ses propres acteurs
15:57et qui ne protège pas suffisamment
16:00son économie des acteurs étrangers,
16:02surtout quand il y a une concurrence déloyale.
16:04Donc l'Europe qui protège,
16:05c'est le premier pilier de la stratégie,
16:06c'est la préférence européenne,
16:09c'est des clauses de sauvegarde
16:10et c'est des vrais mécanismes
16:11de protection de nos intérêts
16:13et c'est de penser l'Europe
16:14pas simplement comme un marché
16:16pour lui-même,
16:16mais une puissance commerciale
16:18de 450 millions d'habitants
16:19et de consommateurs
16:20qui veut bâtir des accords
16:23et des bons accords.
16:24L'un d'être un bon exemple
16:25de ce qu'on veut continuer de faire,
16:26c'est dans beaucoup de sujets.
16:27Mais on veut respecter les autres
16:29et être respectés.
16:31Ce que je dis n'est rien d'autre,
16:32par exemple,
16:32que ce que font ensemble
16:33le Canada, le Mexique
16:34et les Etats-Unis pour eux-mêmes.
16:36Ce n'est pas un gros mot.
16:36Mais faisons-le.
16:39Et si on ne le fait pas
16:40très rapidement,
16:41la désindustrialisation européenne
16:42sera massive.
16:43Et elle est en cours.
16:45Et elle s'est accélérée
16:46depuis l'année dernière.
16:47Et donc la clé,
16:48les constats étant posés,
16:49c'est d'accélérer cet agenda.
16:51Et donc une des priorités
16:52européennes pour nous,
16:54c'est évidemment la construction
16:55du budget et d'un budget
16:55qui tienne ça en compte,
16:57mais le déploiement
16:57d'une politique de protection
16:59et de préférence européenne
17:00accélérée dans cette année.
17:03Ce qui va avec aussi,
17:04c'est du coup,
17:05une plus grande simplification
17:07et compétitivité des Européens.
17:09Donc continuer l'agenda
17:10de simplification
17:11de marché unique,
17:12marché unique des capitaux,
17:13parce qu'il faut vraiment
17:14que cette Europe
17:15à 450 millions,
17:15elle existe,
17:16elle soit plus réelle.
17:17Aujourd'hui,
17:18il y a encore
17:18trop de divisions
17:20dans cette Europe.
17:20Et tout cet agenda,
17:22merci, M. le Vice-président,
17:23de le porter,
17:24c'est un agenda aussi
17:25de simplification,
17:27de compétitivité
17:28de notre Europe
17:28qui est essentiel,
17:30surtout si on veut
17:30se réaligner
17:31avec les Etats-Unis.
17:33Et donc là,
17:33il faut sans relâche
17:34le faire,
17:34nous l'avons porté,
17:35nous continuerons
17:36de le porter.
17:36Et le troisième pilier,
17:37c'est un pilier
17:38d'investissement
17:39dans l'innovation.
17:40Dans nos budgets nationaux
17:41mais surtout
17:41le budget européen,
17:42on doit investir
17:43beaucoup plus
17:44dans l'innovation.
17:47L'IA,
17:48le quantique,
17:49le spatial,
17:50les green tech.
17:52Dans ces verticales,
17:53l'Europe
17:54a des cartes en main
17:55mais elle est fragilisée
17:57par un sous-investissement
17:58public et privé.
18:00Et donc nous devons
18:01investir beaucoup plus vite
18:02et beaucoup plus fort
18:03pour défendre nos intérêts.
18:05Face à ça,
18:06ce que je vous demande,
18:06c'est de porter cet agenda
18:07à Bruxelles,
18:09de le porter dans les capitales
18:10mais là aussi
18:11de le décliner en actes
18:12et nous avons besoin
18:13de relancer massivement
18:15nos diplomaties
18:16économiques et commerciales
18:17en Europe
18:18pour ce faire.
18:19Parce qu'à mesure
18:20qu'on bâtit une Europe
18:20qui protège mieux
18:21son marché,
18:22il faut pousser
18:23nos acteurs industriels
18:24et économiques
18:25à faire encore davantage
18:26dans le marché européen.
18:28Et aujourd'hui,
18:29en particulier
18:30dans certaines régions
18:31de l'Europe
18:31ou dans certains pays,
18:33il y a un sous-investissement
18:34qui s'était installé.
18:35On l'a réveillé
18:36dans plusieurs pays
18:36où les partenariats
18:37bilatéraux ont été relancés.
18:39Il est fondamental
18:39d'aller beaucoup plus vite
18:41et beaucoup plus fort.
18:42Mais en tout cas,
18:43nos intérêts technologiques,
18:44économiques, stratégiques
18:45sont une priorité
18:46de notre diplomatie
18:47en européen
18:50dans le contexte
18:51que je viens d'évoquer.
18:53Troisième élément,
18:53c'est évidemment
18:54notre agenda
18:54démocratique,
18:59intellectuel,
19:00je dirais,
19:00mais c'est que face
19:01à ce désordre du monde,
19:04le gris pour les Européens,
19:05c'est d'être
19:07sous les coups de boutoir
19:08d'un côté
19:08de régime autoritaire
19:09et de l'autre côté
19:10des algorithmes
19:13de quelques-uns,
19:13si je puis m'exprimer ainsi.
19:15Je l'avais longuement développé
19:16l'année dernière,
19:17je ne vais pas y revenir,
19:18mais nous allons continuer
19:19de poursuivre
19:20un agenda
19:21à la fois de protection
19:23de nos enfants
19:23et de nos jeunes,
19:25le gouvernement aura
19:25présenté un texte
19:26et des initiatives
19:27en la matière,
19:28mais aussi
19:29de protection
19:30de ce que sont
19:32les valeurs
19:32de l'espace démocratique européen,
19:34c'est-à-dire
19:35l'indépendance académique,
19:36la liberté de la science
19:37et la possibilité
19:38d'avoir un espace
19:39informationnel
19:40maîtrisé
19:41où les avis
19:42peuvent s'échanger
19:43totalement librement,
19:46mais où les choix
19:46ne sont pas faits
19:48par les algorithmes
19:48de quelques-uns.
19:50Et donc,
19:50le DSA et le DMA
19:51sont deux régulations
19:52à défendre,
19:53à consolider,
19:54le bouclier démocratique
19:55européen
19:55que prépare
19:56la Commission européenne
19:57aussi,
19:58et nous continuerons
19:59en France
19:59de prendre des initiatives
20:00sur cet agenda
20:02qui est clé.
20:04Je ne veux pas
20:06aller plus loin,
20:06mais vous le comprenez donc,
20:07le 1er axe,
20:08c'est vraiment celui
20:09de nos intérêts
20:10sécuritaires et militaires,
20:11économiques,
20:12technologiques,
20:13et donc démocratiques
20:14et intellectuelles,
20:16et dans ce contexte-là,
20:17d'agir en européen,
20:18d'assumer ce discours
20:19de puissance
20:19et d'assumer
20:19les résultats
20:21qu'on a eus.
20:22Et je le dis avec force,
20:23ces dernières années,
20:24l'agenda français
20:25a réussi à s'imposer
20:27en Europe.
20:28Les textes changent,
20:30les méthodes changent.
20:31On a maintenant
20:31deux défis
20:32que ça accélère,
20:34que ça soit
20:35beaucoup plus rapide
20:35et que nous en tirions
20:37le maximum
20:39de bénéfices possibles
20:40en étant beaucoup
20:41plus actifs,
20:42en particulier
20:42nos acteurs industriels,
20:44nos acteurs économiques
20:45et nos diplomaties économiques
20:46pour relayer tout ça.
20:49Le deuxième élément
20:50que je voulais souligner,
20:52c'est celui
20:52de notre influence
20:53dans ce contexte.
20:55Et au fond,
20:56dans ce monde
20:56en désordre que j'évoquais,
20:57face à des puissances
20:58très agressives,
20:59nous, nous croyons
21:00dans la consolidation
21:01de partenariats.
21:02On l'a plusieurs fois dit,
21:03mais on n'a pas fait
21:03que le dire.
21:05On l'a fait en acte.
21:07Et je veux ici
21:08les défendre,
21:09en défendre la philosophie
21:10et l'efficacité.
21:12La coalition des volontaires,
21:13c'est un partenariat
21:14en matière stratégique
21:16et de défense pertinent
21:17qui aura de l'avenir,
21:19qui au fond fait
21:20que notre sécurité
21:21et notre défense
21:21n'est pas que de l'OTAN
21:22et qui a acté
21:24un partenariat stratégique
21:26et de défense
21:26pour la France
21:27et les Européens
21:27nouveau.
21:29On a bâti
21:30un autre grand partenariat
21:31géographique
21:32ces dernières années
21:32qui est l'Indo-Pacifique
21:33qui a été lancé en 2018
21:36en Inde,
21:37M. le ministre.
21:38Et aujourd'hui,
21:39on a consolidé
21:40des partenaires,
21:41l'Inde,
21:42l'Indonésie,
21:43l'Australie,
21:44plusieurs autres,
21:45qui sont des partenaires
21:47inédits
21:48en termes de défense,
21:49de sécurité,
21:50en termes d'intelligence
21:51artificielle,
21:52en termes d'économie,
21:54en termes de climat
21:55et de transition climatique
21:56solide.
21:58Ce partenariat
21:59qu'est l'Indo-Pacifique,
22:00c'est une certaine
22:01lecture du monde,
22:01la nôtre.
22:02C'est celle d'ailleurs
22:03qui, avant même
22:04ces dérèglements,
22:05a dit aux uns aux autres
22:06nous ne voulons
22:07ni être les vassaux
22:08des uns,
22:10ni être en confrontation
22:11avec les autres.
22:12Mais on croit au fond
22:13à cette troisième voie
22:14respectueuse
22:15des souverainetés
22:16et des équilibres
22:17dans laquelle on construit
22:18des alliances nouvelles.
22:21Regardez les chiffres,
22:22ça marche.
22:24Engagez-vous
22:25à plein
22:26dans cette stratégie
22:27et il nous faut
22:28la consolider.
22:30Troisième élément,
22:31on a à bâtir,
22:32à consolider
22:33un nouveau partenariat,
22:34on le voit bien,
22:36autour de la Méditerranée.
22:37Les difficultés,
22:38je n'y reviendrai pas
22:39des uns avec les autres,
22:41ont rendu plus compliqué
22:42cette tâche,
22:43mais les formats
22:43sont restés.
22:44Je veux dire
22:45la solidité aujourd'hui
22:46de l'amitié
22:46avec l'Égypte,
22:48la force de notre politique
22:49avec le Liban
22:50et nous continuerons
22:51en organisant
22:51les conférences
22:52pour les forces armées
22:53libanaises
22:53et pour la reprise
22:56aussi économique
22:57du cher Liban.
23:01La remontada
23:02formidable
23:02de notre diplomatie
23:03avec le Maroc
23:06et la construction
23:07aujourd'hui
23:07d'un lien
23:08extrêmement fort.
23:10Et donc,
23:10on a des axes
23:11très solides.
23:12Et le choix diplomatique
23:14de la France
23:15l'année dernière
23:16de reconnaître
23:17l'État de Palestine,
23:19de lancer
23:19une initiative
23:20qui a entraîné
23:21une dizaine
23:21de partenaires
23:22derrière nous,
23:25d'assumer ce choix
23:26malgré les tensions
23:27et cette loi
23:28du plus fort,
23:28de le porter
23:29avec la déclaration
23:29de New York
23:30nous a redonné
23:31une crédibilité
23:32au Proche et Moyen-Orient
23:34et dans la Méditerranée
23:35et même au-delà
23:36inédite
23:37et qui correspond
23:38à l'image historique
23:39de la France.
23:41Et donc,
23:41nous avons,
23:42en termes de partenariat,
23:43à réinvestir cette région
23:44dans les mois
23:44et l'année qui vient,
23:45et c'est pour moi
23:46un des axes forts
23:47que j'attends de vous,
23:49il y a des situations
23:49qui restent très instables,
23:50j'ai promis
23:51de ne pas être trop long,
23:52mais je crois
23:53à la solidité
23:54et au potentiel
23:55de celle-ci,
23:56y compris avec
23:56plusieurs partenaires
23:57du Golfe
23:58qui sont aujourd'hui
24:00des partenaires stratégiques,
24:01économiques
24:01et militaires solides.
24:03Quatrième grand partenariat
24:04qui est le nôtre
24:05et qu'il faut consolider,
24:06c'est celui avec l'Afrique.
24:07Je viens d'avoir
24:08une réunion de travail
24:09et donc je ne serai pas long.
24:10On a complètement changé
24:11le logiciel
24:12depuis le discours de Ouagadou.
24:14C'est un partenariat
24:14d'égal à égal.
24:16On a revu
24:16et on a eu raison
24:17de le faire
24:17nos bases militaires.
24:19Ça a été vu
24:19comme un abandon.
24:21Détrompez-vous.
24:22On a fait avec constance
24:23les choses.
24:25On a rééquilibré
24:26le partenariat.
24:27On a enlevé
24:28la composante militaire
24:29qui n'était plus comprise
24:30par les pays
24:30et les jeunesses.
24:32On a rebâti
24:32un partenariat militaire
24:34qui est pertinent
24:34et qui a montré
24:35sa force et sa pertinence
24:36au Bénin
24:37et qu'on est en train
24:37de construire
24:38avec plusieurs autres pays.
24:40Nous l'avons fait
24:41sur des nouvelles thématiques.
24:42L'entrepreneuriat,
24:43la jeunesse,
24:44les industries culturelles
24:45et créatives,
24:45le sport.
24:46On a un agenda
24:47mémoriel et culturel
24:48totalement inédit
24:49qui a permis
24:50de rééquilibrer
24:51totalement les choses.
24:53Et on veut mobiliser
24:54nos diasporas
24:55encore davantage.
24:55Le partenariat africain
24:56est clé.
24:58Il faut,
24:58en 2026,
24:59qu'on aille
25:00au bout de ce travail
25:01avec une politique
25:03beaucoup plus ambitieuse
25:04sur nos diasporas.
25:05Ça fait partie
25:06des objectifs
25:07que j'ai donnés.
25:08Avec le sommet
25:09de Nairobi
25:09qui se tiendra
25:10au mois de mai prochain
25:12et qui a un rendez-vous
25:12très important
25:13qui permettra
25:14d'incarner
25:15cette véritable révolution
25:16de l'approche,
25:18de mettre au coeur
25:18nos partenariats
25:19justement dans l'économie,
25:21l'entrepreneuriat,
25:21les DCC,
25:22de mettre au coeur
25:22les acteurs africains
25:23et qui se tiendra
25:24pour la 1re fois.
25:25non seulement à Nairobi
25:27mais j'y ai invité
25:28le 1er ministre Modi
25:29à mes côtés
25:29et le chancelier Mertz,
25:32ce qui montre aussi
25:32le changement
25:33de l'approche
25:34et de logiciel.
25:35Et donc sur l'Afrique,
25:37allons au bout
25:37de la logique,
25:38montrons l'efficacité,
25:40consolidons nos partenariats
25:41et je ne suis pas
25:43évidemment exhaustif,
25:44j'ai cité le Maroc,
25:46j'aurais pu évoquer
25:46la force de la relation
25:48aujourd'hui avec le Nigeria
25:49ou l'Afrique du Sud
25:50et celle avec le Kenya
25:52telle qu'elle est incarnée
25:53et nous continuerons
25:53de suivre évidemment
25:54les grandes crises
25:58du Soudan et de la Corne
26:00de l'Afrique
26:01au Grand Lac.
26:02Mais cette stratégie
26:03et ce partenariat africain,
26:04c'est une des priorités
26:05de 2026
26:06parce que nous avons
26:07à y tirer nos intérêts,
26:09notre influence,
26:10notre crédibilité
26:11grâce là aussi
26:12aux choix diplomatiques
26:13que nous avons fait
26:14et à cet investissement
26:15des dernières années.
26:17Je vous demande
26:17de le relayer
26:18dans toutes les ambassades
26:18en Afrique et ailleurs
26:19et là où nous avons besoin
26:21d'améliorer les choses,
26:22c'est dans l'implication
26:23du monde économique
26:24en Afrique.
26:25Nous faisons méthodiquement
26:27pour ce qui est
26:28de l'économie
26:29l'exact contraire
26:30de ce que je viens de dire.
26:32C'est-à-dire à mesure
26:33que nous avons
26:33complètement réinventé
26:34la relation diplomatique
26:35pour la rendre
26:36plus intelligible,
26:37trop de nos groupes
26:38se sont désinvestis
26:39du continent africain.
26:41Donc je demande
26:41à ce qu'on apporte
26:42des réponses
26:42sur les sujets financiers.
26:44Il y a 15 ans,
26:45nous étions une puissance
26:46bancaire et financière
26:47en Afrique,
26:48tout le monde a vendu.
26:50La faute à qui,
26:50à quoi ?
26:51Les régulations,
26:51nous dit-on très bien,
26:52c'est qu'elles sont idiotes,
26:54parce que la vérité,
26:55c'est que c'est repris
26:55par d'autres.
26:55Et il y a une pusillanimité
26:58de beaucoup
26:59qui n'est plus compréhensible.
27:02Et donc j'ai demandé
27:02là-dessus au ministre
27:03de vraiment revoir
27:04les choses en profondeur
27:05et au fond,
27:08amenons des groupes français
27:10de plus en plus nombreux
27:11en Afrique,
27:11mais amenons ceux
27:12qui ont faim.
27:14Ceux qui ne se comportent pas bien
27:15et ceux qui n'ont pas faim,
27:15il ne faut plus les emmener.
27:18Par contre,
27:18il y en a beaucoup,
27:19des PME,
27:20des start-up,
27:20des ETI,
27:22qui ont envie
27:22de bien travailler
27:23de manière respectueuse
27:24dans cet esprit
27:24de partenariat.
27:25Il faut y aller à fond.
27:26En tout cas,
27:26c'est un partenariat
27:27auquel je crois,
27:28dans lequel on a démontré
27:29de l'efficacité,
27:30sur lequel il y a
27:31une bataille des narratifs,
27:32il est fondamental.
27:33Et donc là,
27:34il faut continuer d'avancer.
27:36Je ne suis pas exhaustif
27:37sur les partenariats,
27:38mais c'est ceux
27:39sur lesquels je voulais
27:39tout particulièrement insister.
27:42Le troisième élément,
27:43après nos intérêts,
27:45nos partenariats,
27:46notre influence,
27:46c'est évidemment
27:47les instruments
27:48de cette influence
27:49et de nos intérêts.
27:50Il y a deux points
27:50que je voulais ici mentionner
27:52de manière extrêmement rapide,
27:54sur lequel je demande
27:55au ministre d'avancer.
27:58C'est d'abord consolider
27:59tout ce que nous avons fait
28:00sur l'influence,
28:01justement,
28:02la lutte contre la désinformation.
28:04Sous l'autorité du Premier ministre,
28:06et je le remercie,
28:07il y a un très gros travail
28:07qui est fait.
28:08Il est d'ailleurs diplomatique,
28:10il peut être militaire,
28:10il est très interministériel.
28:12On ne doit pas perdre
28:13cette bataille des narratifs.
28:15Les intérêts de la France,
28:16son influence,
28:16se défendent aussi
28:17dans les récits qui sont faits,
28:19dans la lutte contre
28:19la désinformation partout
28:20et dans la défense
28:21de ce que nous faisons.
28:23Et au fond,
28:24on s'interdit
28:25de défendre ce qu'on fait.
28:27L'honnêteté m'oblige
28:28à constater
28:29que beaucoup d'acteurs
28:30français
28:32se sentent interdits
28:33parce qu'ils sont français
28:34de défendre la France,
28:35ses intérêts
28:35ou la bonne action des Français.
28:36Ça me souprend toujours,
28:37mais enfin,
28:38voilà,
28:39je constate que c'est comme ça.
28:41Et de l'autre côté,
28:41on est massivement attaqué
28:42par des gens
28:43qui nous reprochent
28:44d'être des anticoloniaux
28:45au moment où on fait
28:45tout ce que je suis en train
28:46de raconter.
28:47Enfin, pardon,
28:48d'être des nouvelles puissances
28:49coloniales
28:49et s'appuient sur un discours
28:51très anticolonial
28:53et du coup très anti-européen,
28:54anti-occidental,
28:54anti-français,
28:55en mélangeant tout.
28:56On doit absolument
28:57mener cette bataille.
28:58On a construit des instruments.
28:59Il y a un très gros investissement
29:00qui a été fait.
29:01Je souhaite qu'on aille
29:02beaucoup plus loin.
29:03La deuxième chose,
29:04c'est que je demande vraiment
29:05aux ministres et aux ministres délégués
29:06de renforcer la diplomatie économique.
29:08J'ai parlé de l'Europe
29:09et de l'Afrique,
29:10mais plus largement,
29:12je souhaite qu'on puisse avoir
29:13et bâtir un agenda
29:14beaucoup plus volontariste
29:16de souveraineté,
29:17de production,
29:19de diversification
29:20de nos débouchés,
29:21de nos approvisionnements.
29:22Et donc,
29:23au-delà de la réforme
29:24de la direction
29:24de la diplomatie économique,
29:26qu'on bâtisse une stratégie,
29:28pays-secteur,
29:28beaucoup plus clair et offensive
29:30sur ce volet-là,
29:31dans le contexte nouveau
29:32que nous sommes en train
29:33de connaître.
29:33Et plus largement,
29:37je souhaite que sur nos partenariats,
29:39on revisite aussi
29:39les méthodes et moyens
29:40et parfois les instruments
29:42qui sont à bâtir,
29:43même si je veux ici saluer
29:45le travail de Business France,
29:47de tous ses partenaires
29:48et des acteurs auprès d'elle,
29:49qui est absolument remarquable
29:50dans la matière
29:51et a permis d'avoir des résultats
29:52et en termes d'attractivité
29:53et en termes d'export
29:55tout à fait remarquables
29:56ces dernières années.
29:57J'y suis beaucoup revenu
29:58ces derniers temps,
29:59donc je n'irai pas plus loin.
30:00Le dernier point
30:01que je voudrais faire,
30:02c'est celui sur la coopération
30:03internationale
30:04et au fond,
30:05dans ce temps de retour
30:06de la loi du plus fort,
30:08qu'est-ce qu'on fait
30:08du multilatéralisme ?
30:11J'ai ici constamment
30:13été l'avocat à vos côtés
30:15et vous avez été constamment
30:17les acteurs
30:17de ce multilatéralisme efficace.
30:20Il se trouve que j'y crois,
30:21je continue d'y croire
30:22et je pense que ce qui est en train
30:23de se passer valide
30:24plutôt cette approche.
30:27Et je vais essayer ici
30:29de dire quelques convictions
30:30et quelques rendez-vous
30:31de l'année qui vient.
30:33En effet, je pense que
30:34notre intérêt
30:36et la maximisation
30:41de notre influence
30:42passe par aussi
30:43la défense du multilatéralisme.
30:44Et quand je défends
30:44le multilatéralisme,
30:46ce n'est pas pour défendre
30:47une idée que je trouve bonne,
30:49intelligente,
30:49c'est aussi le cas.
30:51C'est parce que je pense
30:51que la place qu'on y tient,
30:54le rôle qu'on y a historiquement
30:55et qu'on y a eu
30:55ces derniers temps
30:56est bon pour nous.
30:59Et donc que c'est notre intérêt
31:01de défendre
31:01ce multilatéralisme efficace.
31:03Et là aussi,
31:04face au discours ambiant
31:05complètement défaitiste
31:07ou sidéré par le choc
31:08du monde chaque jour,
31:10enfin, regardons
31:11ce qu'on a réussi à faire
31:12tous ensemble.
31:13Les succès de la diplomatie française
31:14l'année dernière,
31:17un sommet de l'intelligence artificielle,
31:19le monde entier est venu à Paris.
31:20On a avancé là-dessus
31:21et on l'a co-présidé
31:22avec le Premier ministre Modi.
31:24Et le mois prochain,
31:25je serai en Inde
31:26pour faire le suite.
31:28On a bâti justement
31:29dans ce rapport franco-indien
31:31un agenda international
31:33qui est le structure
31:35d'un multilatéralisme efficace
31:36sur l'intelligence artificielle,
31:38qui croit dans l'innovation
31:39mais qui veut aussi
31:39des justes régulations
31:40et qui ne veut pas déléguer
31:42aux grandes puissances
31:44un peu gloutonnes
31:45la totalité de cet agenda.
31:46C'est une réussite
31:48de notre diplomatie,
31:49du travail
31:50avec nos grands partenaires.
31:52Nous avons tenu
31:53le sommet des océans
31:54mais ne sous-estimez pas
31:56le succès
31:57pour la diplomatie française
31:58que c'est.
31:58Le traité sur la régulation
32:02de la haute mer
32:02était attendu
32:03depuis des décennies.
32:04Il a été signé
32:05grâce à votre travail collectif
32:06et je vous en remercie
32:08il y a presque deux ans.
32:10Mais la dernière fois,
32:11on avait mis deux ans
32:12à ratifier un tel traité.
32:13Il a été ratifié
32:14grâce à la diplomatie française
32:16et grâce à Nice.
32:17Et surtout,
32:17on a construit là aussi
32:18des alliances
32:19pour les aires marines protégées,
32:20pour protéger
32:21les fonds marins
32:22et donc pour consolider
32:23ce fameux traité
32:24dit BBNJ.
32:25Donc, il y a un chemin
32:27pour le multilatéralisme.
32:28Juste, il faut s'engager.
32:29Il faut trouver des alliés
32:30et au fond,
32:31il faut respecter tout le monde
32:33et se dire que
32:34ceux qui sont un peu écrasés
32:36par ce duopole
32:38ont envie de retrouver
32:40des voies respectueuses
32:41qui leur donnent une place.
32:43Et ce qu'on a fait
32:44pour l'intelligence artificielle
32:45comme ce qu'on a fait
32:47pour les océans,
32:48c'est justement
32:49d'être cette puissance d'équilibre
32:51qui bâtit
32:51un multilatéralisme efficace
32:52et qui va rattraper
32:53beaucoup de pays
32:55qui veulent être respectés,
32:57qui veulent
32:58une mondialisation
33:00avec des règles
33:01du jeu clair,
33:02qui ne veulent pas
33:02subir la loi du plus fort
33:04et qui partagent
33:05certains de nos intérêts
33:06et certains de nos valeurs,
33:07même si on n'est pas d'accord
33:08sur tout.
33:09Donc, ça fonctionne.
33:10Et je vais le dire ici
33:11en défendant l'action
33:12qui a été la vôtre
33:13ces dernières années.
33:14Et donc, nous allons
33:15continuer de faire cela.
33:16D'abord, en continuant
33:17de consolider
33:18certains instruments
33:19de notre agenda
33:19et de ce multilatéralisme
33:20efficace
33:21dans quelques domaines.
33:21On va continuer de le faire
33:22sur les questions climatiques
33:24et de biodiversité
33:26en parachevant
33:27le travail
33:27qui a été fait
33:28sur la biodiversité
33:29en franco-britannique
33:30avec beaucoup de partenaires,
33:32en avançant
33:33sur l'agenda
33:33de la lutte contre le plastique
33:35qui est pour moi
33:35une des priorités
33:36de la dénome de 26.
33:37Il ne faut pas lâcher cela.
33:37Et en continuant
33:39de consolider
33:40comme on l'a constamment
33:41fait ces dernières années
33:42l'agenda climat-biodiversité
33:45y compris avec
33:46ces initiatives concrètes
33:47que sont les
33:47One Planet Summit
33:48qui sont ce multilatéralisme
33:51efficace, multiacteur.
33:53Deuxième chose,
33:53on va le faire sur la santé
33:54qui est un élément clé
33:56de notre stratégie
33:57parce que nous avons
33:58contribué à bâtir
33:59cette approche One Health
34:00et au moment où l'OMS
34:02est bousculée, menacée,
34:04la consolider,
34:05rassembler tous les fonds
34:05verticaux, tous les pays,
34:07au sommet de Lyon en avril
34:08sera un moment très clé
34:10et très important
34:11de cette défense
34:12du multilatéralisme efficace
34:13sur les questions de santé.
34:15À Lyon, en avril.
34:18On va le faire, je le disais,
34:19sur l'intelligence artificielle
34:20avec l'Inde en février
34:22et on va continuer de le faire
34:23sur les minerais critiques,
34:25terres rares et matériaux,
34:26là aussi pour essayer
34:27de bâtir des alliances
34:28concrètes coopératives.
34:31On a commencé à le faire
34:32en G7.
34:33Nous nous sommes dotés
34:34d'une stratégie européenne
34:35mais il faut être
34:35beaucoup plus inclusif
34:36et essayer, là aussi,
34:38progressivement,
34:39d'amondialiser.
34:40Et puis, à côté de ça,
34:41on a des rendez-vous
34:42qui vont imposer
34:43un agenda
34:44et une certaine lecture
34:46des choses.
34:47Et évidemment,
34:47la présidence française
34:48du G7
34:49va nous mettre au coeur
34:51de ce rapport
34:51au multilatéralisme
34:52et nous donner
34:54un rôle singulier.
34:55Et je veux juste vous dire
34:56en deux mots
34:56comment je vois cela.
34:59Elle se tiendra donc
35:00à Evian en juin prochain.
35:01Je veux remercier
35:02toute l'équipe,
35:02son secrétaire général
35:03et toutes les équipes
35:04qu'ils font,
35:05mais aussi toutes les ambassades
35:06qui pilotent ce travail.
35:08Le coeur de notre objectif
35:10pour la présidence du G7,
35:12ce sont précisément
35:14les déséquilibres mondiaux
35:16et c'est de démontrer
35:17qu'on a une réponse
35:18face à ces déséquilibres
35:20macroéconomiques internationaux.
35:22C'est retrouver, d'ailleurs,
35:23l'essence de ce qu'est le G7,
35:25mais le coeur aussi
35:26de ce que sont nos problèmes.
35:27Parce que toute cette conflictualité
35:29que j'évoque,
35:29tout ce que nous subissons aujourd'hui,
35:31c'est lié à quoi ?
35:32Des Etats-Unis
35:33qui ont des déficits jumeaux,
35:35commerciaux et budgétaires.
35:36Une Europe qui n'investit pas assez
35:37et qui a un problème
35:39de niveau d'innovation
35:40et de croissance.
35:42Et une Chine
35:42qui produit beaucoup
35:44mais qui sous-consomme localement.
35:48La seule manière
35:49de répondre à ces déséquilibres,
35:51elle est coopérative.
35:52Si on y répond
35:53par une guerre tarifaire
35:54et une guerre de la surproduction,
35:56on n'a aucune chance
35:56de régler ces sujets.
35:58Et donc,
35:58ce que nous sommes en train de faire,
35:59c'est d'abord
36:00de bâtir
36:00de la convergence intellectuelle
36:01et politique
36:02entre les partenaires
36:03et d'essayer
36:04de trouver
36:04les réponses coopératives
36:05et donc de réengager
36:06les Chinois
36:07vers plus de consommation intérieure
36:09mais aussi
36:10des investissements directs
36:11en Europe
36:12sur des technologies clés
36:14où on peut faire du transfert
36:15de manière plus coopérative,
36:16de réengager les Etats-Unis
36:18vers un démantèlement
36:19de leur politique tarifaire
36:20en leur montrant
36:20qu'ils ont intérêt
36:21aussi à cette logique
36:22d'investissement direct étranger
36:24et d'engager les Européens
36:25vers une politique d'investissement.
36:27La deuxième priorité
36:30en même temps
36:31qu'on gère
36:31les déséquilibres mondiaux
36:32de ce G7,
36:33c'est de tout faire
36:34pour éviter
36:35la fragmentation du monde
36:36et de ne pas faire du G7
36:37un club anti-Chine
36:39ou un club
36:40de la fracture du monde
36:41ou un club anti-BRIX
36:43et de laisser les BRICS
36:45devenir un club anti-G7.
36:47Ça,
36:47c'est le schéma du pire.
36:49Et donc,
36:49nous allons mettre
36:49toute notre énergie
36:50et c'est pour ça aussi
36:51que vous êtes là,
36:51Monsieur le ministre,
36:52et je vous en remercie,
36:53l'Inde assumant
36:54la présidence des BRICS
36:55pour avoir un agenda commun
36:57et essayer de trouver
36:58les bonnes convergences
36:59et d'être en quelque sorte
37:01des passerelles
37:01les uns et les autres
37:03en la matière
37:04et de bâtir
37:06de la coopération
37:06entre nous,
37:08des capacités
37:08à trouver de la résilience
37:09et,
37:10beaucoup aimer,
37:11votre capacité
37:12à renommer les BRICS
37:13de manière là aussi
37:14plus inclusive
37:14à travers des priorités.
37:16Au fond,
37:16les priorités
37:17que vous donnez aux BRICS
37:18sont exactement celles
37:19qu'on pourrait assigner
37:20au G7.
37:22Et donc,
37:22on va essayer
37:23de rassembler,
37:24si je puis dire,
37:24ce club,
37:25ce qui est,
37:26je crois,
37:26aussi notre intérêt
37:27compte tenu
37:29de la force démographique
37:31et économique
37:32des grands émergents.
37:35Et donc,
37:35notre intérêt,
37:36c'est d'essayer
37:37de réunifier
37:38ces clubs
37:38de manière concrète
37:39et donc,
37:39ça,
37:39ce sera au-delà
37:41des thématiques
37:41et des objets
37:42plus identifiés.
37:43On aura l'occasion
37:44d'y revenir,
37:44mais c'est pour moi
37:45l'importance
37:45de ce G7,
37:47c'est vraiment
37:47d'en faire un instrument
37:48pour saisir ensemble
37:49et recréer de la coopération
37:50sur ces déséquilibres
37:51macroéconomiques globaux.
37:53J'aurais pu citer
37:54les sujets des paiements,
37:55les sujets monétaires
37:56et autres,
37:56mais je ne veux pas
37:57être encore plus long.
37:58Et la deuxième question,
37:59c'est de réussir
38:00à refaire le pont
38:01avec les BRICS
38:02et d'éviter
38:03cette grande divergence
38:05sinon qui serait à l'oeuvre.
38:07Et puis ensuite,
38:08il y a trois chantiers
38:09sur le multilatéralisme
38:10qu'on va prendre
38:11cette année
38:11et qui me paraissent clés.
38:13L'un,
38:14c'est la crise
38:14sur les instruments
38:15de sécurité.
38:15On l'évoquait tout à l'heure
38:17avec certains d'entre vous.
38:19Au fond,
38:20nous avons un multilatéralisme
38:21de la sécurité
38:22à reprendre
38:23et je pense que
38:23la France
38:24et les Européens
38:25peuvent le faire.
38:27D'abord,
38:27nous avons la crédibilité,
38:28la culture,
38:29l'histoire.
38:30Nous avons défendu
38:31il y a quelques mois
38:32la finule
38:32qui joue un rôle clé
38:34au Liban,
38:35mais on voit bien
38:35une fatigue
38:36et une crise
38:37peut-être à l'oeuvre
38:38des grandes opérations
38:39de maintien de la paix.
38:41Ce moment doit être
38:42une opportunité
38:42pour nous,
38:43Français européens,
38:44de proposer
38:44des instruments nouveaux
38:45de proposer
38:47de retravailler
38:48avec les organisations
38:49régionales
38:50des nouvelles structures
38:51de maintien de la paix
38:52et d'être des opérateurs
38:54de nouvelles initiatives.
38:57La deuxième chose,
38:59c'est évidemment
38:59la crise
39:00de l'aide publique
39:01au développement.
39:03Nous avons formidablement,
39:04jusqu'à il y a 18 mois,
39:05relevé celle-ci,
39:06réinvesti.
39:07Je défends cette politique
39:08qui est l'objet d'attaques
39:09indignes
39:11et contraires
39:11aux intérêts même
39:12de la France aujourd'hui.
39:14Mais force est de constater
39:15qu'il y a une crise
39:15de ce financement.
39:16Le retrait massif américain
39:17et les difficultés financières
39:19de beaucoup d'occidentaux
39:20créent une situation
39:21de stress.
39:23Ne la regardons pas,
39:24simplement.
39:25Nous avons posé
39:26ces dernières années
39:26tous les jalons.
39:282021,
39:29le sommet sur le financement
39:30des économies africaines.
39:312023,
39:32le sommet de Paris
39:33pour la prospérité
39:34des peuples et de la planète
39:35avec le 4P.
39:36On a créé
39:36tous les instruments
39:37qui ont permis
39:38de repenser cela.
39:39On doit repenser
39:41et aller au bout
39:41de ce qu'on a fait
39:42avec l'AFD
39:43ces dernières années
39:44qui est de penser
39:44l'investissement
39:45solidaire et durable
39:46et aussi de repenser
39:48les mécanismes,
39:49de faire davantage
39:49avec le secteur privé,
39:51d'utiliser davantage
39:52les leviers,
39:52de réformer la gouvernance
39:54des grands acteurs
39:54comme on a commencé
39:56à le faire
39:56mais pas suffisamment vite
39:57mais de ne pas simplement
39:59constater
40:00le retrait massif
40:02de certains grands acteurs
40:03de l'aide publique
40:04au développement
40:04pour considérer
40:05que tout serait fini.
40:07Nous devons nous réinvestir
40:08y compris pour proposer
40:09des solutions plus innovantes,
40:12pour proposer
40:12des partenariats nouveaux
40:14comme je viens de le dire
40:15sur la question
40:16de la défense.
40:17Puis le dernier point
40:18c'est celui
40:18de la gouvernance internationale.
40:20Alors vaste sujet
40:21et au fond
40:22il pourrait y avoir
40:23un côté complètement naïf,
40:25irénique
40:25à vous dire
40:26qu'on va s'occuper
40:27de la gouvernance internationale
40:28au moment où je suis en train
40:29de vous dire
40:29que c'est le désordre
40:31le plus grand,
40:31la loi du plus fort
40:32et que chaque jour
40:34les gens se demandent
40:35si le Groenland
40:36va être envahi,
40:38si le Canada
40:38sera soumis
40:39à la menace
40:40de devenir
40:41le 51e Etat
40:42ou autre,
40:43ou si Taïwan
40:44sera encerclé davantage.
40:47Plusieurs d'entre vous
40:48l'ont évoqué
40:48dans les échanges
40:49qu'on a eus ce matin.
40:52Je pense qu'au contraire
40:53c'est le bon moment.
40:54et en vrai
40:58c'est peut-être
40:58le seul moment
40:59et c'est peut-être
41:04le bon moment
41:04pour réinvestir
41:06en effet pleinement
41:06l'Organisation
41:07des Nations Unies
41:08en constatant
41:11que
41:11le premier actionnaire
41:14n'y croit plus,
41:16que le deuxième actionnaire
41:17ne se désengage pas
41:18totalement
41:18mais enfin
41:19est un peu inquiétant
41:20pour certains
41:21et que personne
41:23ne sait nous dire
41:24quelle est l'instance
41:24qui est plus respectueuse
41:26quand même
41:26de l'ordre international
41:28des nations
41:28et de tout ce qu'on défend
41:29chaque jour.
41:32Et on serait drôle
41:33de ne pas le faire
41:34parce qu'on deviendrait
41:35un pays
41:35de vestal
41:38d'un ordre
41:39d'un temple
41:39qu'on est en train
41:40de laisser disparaître.
41:42Moi je ne peux pas
41:42m'habituer
41:43à ce qu'on est en train
41:43de vivre.
41:45Chaque jour
41:45il y a des gens
41:45qui disent
41:46vous ne faites pas bien
41:47parce que vous n'avez pas
41:48assez dénoncé
41:49ce qui était mauvais là.
41:50Donc on voudrait
41:51condamner la diplomatie française
41:52à être le commentateur
41:53chaque jour
41:54de ce que font
41:54tous les autres
41:55mais en même temps
41:56être les spectateurs
41:57de ce qui se détricote.
42:00C'est l'inverse !
42:01On n'est pas là
42:01pour commenter
42:01on est là pour agir.
42:02Quelqu'un fait mal
42:03on apporte une réponse
42:04on a une réponse
42:05intelligente à apporter
42:06on le fait
42:06on n'a pas de réponse
42:07à l'intelligence
42:08à apporter
42:08on regarde ailleurs.
42:10On défend
42:11dans les instances
42:11compétentes
42:12ce qu'on a toujours fait
42:14le droit international
42:16la souveraineté
42:16des états
42:17selon quoi
42:17nous croyons
42:19et le fait
42:20qu'il n'y a pas
42:20de standards
42:21et la France
42:22fait partie
42:23des rares états
42:23qui peuvent le dire
42:24de ce que nous faisons
42:25en Ukraine
42:25à ce que nous avons fait
42:27avec la Palestine
42:27et ce qu'on fait
42:28dans tous les pays du monde
42:29mais dans le même temps
42:31on fait ça
42:32ressaisissons-nous
42:33et l'une des choses
42:35que nous voulons faire
42:36avec les pays du G7
42:37qui voudront y participer
42:38mais surtout
42:38avec tous les grands émergents
42:40qui veulent le faire
42:41et qui sont au fond
42:42les perdants actuels
42:44de la gouvernance internationale
42:47et du fonctionnement de l'ONU
42:49c'est d'ensemble
42:50essayer enfin
42:51de faire cette réforme
42:52de la gouvernance mondiale
42:53que nous devons bâtir
42:55sinon ce sera
42:57la fragmentation du monde
42:58et donc à l'occasion
43:01de ce G7
43:02mais je dirais
43:03au-delà simplement
43:04du sommet
43:04nous devons être
43:06les acteurs
43:07et prendre l'initiative
43:09de la réforme
43:10de la gouvernance internationale
43:11et de cet ordre
43:12et s'y engager
43:13avec force
43:15avec détermination
43:18aux côtés
43:19de tous les grands pays
43:21qui voudront le faire
43:21avec nous
43:22voilà mesdames et messieurs
43:23je ne serai pas plus long
43:24c'est quelques mots
43:26que je voulais
43:26au fond partager avec vous
43:28mais mon message
43:30c'est d'abord
43:30merci et reconnaissance
43:31pour le travail de chaque jour
43:32merci tout particulièrement
43:34aux ambassadrices
43:35et ambassadeurs
43:36qui opèrent
43:36dans des théâtres de guerre
43:38ou sous des très grandes
43:40pressions diplomatiques
43:41ou dans des pays
43:41très instables
43:42merci à vous
43:43à vos équipes
43:44et c'est de vous dire
43:45ayez confiance
43:47dans ce que nous sommes
43:47en train de faire
43:48ne cédez pas
43:50à la mode du commentaire
43:52ne cédez pas
43:52au défaitisme
43:53au contraire
43:56tous les constats
43:58que nous avons faits
43:59ces dernières années
43:59je crois pouvoir le dire
44:01ils étaient les bons
44:02ce que nous avons réussi
44:04à faire pour la France
44:05et en Europe
44:06est aller dans le bon sens
44:08plus d'autonomie stratégique
44:11moins de dépendance
44:12à l'égard des Etats-Unis
44:13comme de la Chine
44:14réassumer un discours
44:16de puissance
44:17militaire
44:17technologique
44:18économique
44:19scientifique
44:20défendre nos intérêts
44:22dans tous ces chapitres
44:22mais être un acteur
44:23fiable
44:24inclusif
44:25d'une mondialisation
44:26qui doit construire
44:27des solutions
44:28avec les autres
44:29et des partenariats
44:30à nouveau
44:31tout ça
44:31a été validé
44:33à travers le temps
44:34mais face à l'accélération
44:36de la loi du plus fort
44:36et de la brutalisation
44:37du monde
44:38on ne doit pas être
44:40dans la consternation
44:41l'atermoiement
44:42on doit être
44:43dans l'accélération
44:44de notre agenda
44:45donc soyez fiers
44:46de ce que vous avez fait
44:47et vous avez des résultats
44:48soyez fiers et déterminés
44:50de tout ce qu'il nous reste
44:51à faire
44:51parce que la seule réponse
44:52à ce qui est en train
44:53de se jouer
44:53c'est de redoubler d'efforts
44:54ce qu'on a fait
44:55avec la coalition des volontaires
44:56ce qu'on va continuer
44:57de bâtir
44:58et ce qu'on va faire
44:58sur chacun des points
44:59que j'ai évoqués
45:00parce que la France
45:02est un pays
45:02qui est respecté
45:04parce que la France
45:04tient sa parole
45:05parce que la France
45:06ne menace pas ses alliés
45:08ou ses partenaires
45:09parce que la France
45:10respecte
45:11tous ses partenaires
45:12et parce que
45:14à travers ce que nous avons bâti
45:15nous avons montré
45:16aussi une chose
45:18c'est que nous avions
45:19de la constance
45:20que nous étions fiables
45:22et qu'on pouvait
45:23s'appuyer sur nous
45:24parfois on n'est pas
45:26les plus forts
45:26souvent on n'est pas
45:27les plus grands
45:27mais là où on s'engage
45:30on le fait
45:31et ça défendez-le
45:33dans les capitales
45:34où vous servez le pays
45:35parce que cette valeur
45:36est inédite
45:38nous nous refusons
45:40le nouveau colonialisme
45:42et le nouvel impérialisme
45:43mais nous nous refusons
45:44aussi la vassalisation
45:45et le défaitisme
45:46nous voulons être
45:48des partenaires forts
45:49faire le maximum
45:50de ce qu'on peut
45:51mais quand on s'engage
45:52on est là
45:53ça a beaucoup de valeur
45:54pour notre diplomatie
45:56pour nos entreprises
45:57pour nos intérêts stratégiques
45:59partout à travers le monde
46:01merci à tous et toutes
46:03vive la république
46:04et vive la france
46:05merci
46:06merci
46:16Merci.
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