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00:01Et 14h30 à Paris, bienvenue dans votre rendez-vous derrière l'image.
00:04On va prendre le temps, comme chaque jour, de décrypter l'info à partir de photos qui font sens.
00:10Depuis le début de l'invasion russe, à grande échelle en Ukraine,
00:13les alliés européens de l'OTAN n'ont eu de cesse de renforcer leur présence sur le flanc est de l'Europe
00:18et notamment dans les aires au-dessus de la mer Noire.
00:20L'armée de l'air française, en coordination avec ses alliés européens,
00:23organise plusieurs fois par an des missions dans cette zone stratégique.
00:28Pauline Godard, bonjour. Vous étiez justement, avant les fêtes avec Olivia Bizeau,
00:33vous avez pu embarquer dans un avion de l'armée de l'air française lors d'une mission juste au-dessus de la mer Noire.
00:38Une image a pu retenir votre attention, on va la voir tout de suite.
00:41Vous allez nous expliquer de quoi il s'agit exactement.
00:43Oui, tout à fait. On va voir sur cette image qui est parlante pour moi,
00:47parce que maintenant je sais ce que ça veut dire.
00:49Ce sont des avions de chasse qui sont en train d'être ravitaillés dans le ciel.
00:54Pendant ce vol, nous on se trouvait à bord du gros avion qu'on voit au milieu.
00:57C'est un MRTAT, c'est un avion de ravitaillement français.
01:01Et les rafales que l'on voit des deux côtés sont en train, en même temps, d'être ravitaillés.
01:07Alors c'est extrêmement important pour ces rafales d'être ravitaillés en vol,
01:12car normalement ils peuvent être en vol pendant une heure et demie à deux heures.
01:16Or nous, en tout, cette mission, elle a duré sept heures.
01:19Puisque déjà, comme on est allé jusqu'à la mer Noire, il y a environ déjà trois, quatre heures de vol.
01:23Donc si les rafales veulent avoir le temps de pouvoir faire tout le travail qu'ils ont à faire,
01:28notamment de renseignements, etc., on en parlera après, ils ont besoin d'être ravitaillés.
01:33Concrètement, comment ça se passe ?
01:34Alors il y a deux façons d'être ravitaillés.
01:37Il y a la façon souple.
01:38Alors on l'a vu sur la photo.
01:39Il y a en fait deux tuyaux qui sont sortis des ailes, du côté de chaque aile des deux avions.
01:46Et en fait, les rafales vont venir se mettre...
01:50Alors là, vous voyez, on voit en fait le rafale qui se rapproche petit à petit de ce qu'on appelle un panier.
01:56Et en fait, tout le but, c'est de pouvoir mettre cette...
02:01Voilà, vous voyez, c'est vraiment extrêmement délicat comme moment.
02:05Il faut que le petit tuyau qui se trouve sur le rafale rentre dans le panier
02:10qui est au bout de ce tuyau qui est donc accroché à un avion.
02:16Donc ça, c'est le côté ravitaillement souple.
02:19Et quand on fait un ravitaillement qui est plus pour les gros porteurs cette fois,
02:23notamment pour les AWACS,
02:25quand nous étions en vol, on a ravitaillé un AWACS.
02:27Un AWACS, c'est un avion de renseignement français pour le coup.
02:31Alors là, c'est un ravitaillement qui se fait avec une perche rigide.
02:33Donc c'est une perche qui est à l'arrière de l'avion, qui descend à 45 degrés.
02:38Et là, à l'intérieur de l'avion, vous avez un opérateur de ravitaillement
02:41qui, lui, à l'aide de joystick, ça se joue à quelques millimètres,
02:45on va le voir aussi dans le reportage,
02:47va pouvoir justement rentrer aussi la perche de l'avion dans cette perche rigide.
02:54Donc c'est extrêmement délicat.
02:55Mais encore une fois, c'est essentiel.
02:57Et lors de ce vol, le MRTT peut contenir 110 tonnes de carburant.
03:0240 tonnes ont été livrées lors de ce vol qui a duré, je vous le disais tout à l'heure,
03:06plus de 7 heures.
03:08Les rafales ont été ravitaillées deux fois.
03:10Il y avait également des F-16, ils ont été ravitaillés une fois.
03:13Et l'AWACS, une fois, pendant ces 7 heures de vol.
03:16Et c'est vraiment essentiel pour faire ces missions,
03:18notamment de surveillance et de renseignement.
03:19Voilà, effectivement.
03:20Ces techniques, il faut être extrêmement précis et méticuleux.
03:23Mais en même temps, il y a de gros enjeux à ces ravitaillements.
03:25C'est ce que nous montrent tout de suite vos images,
03:27votre reportage tourné avec Olivia Bizou.
03:29Regarde.
03:31Sous ces avions de chasse français et belges,
03:34la zone stratégique de la mer Noire.
03:37Cette mer borde notamment le sud de l'Ukraine,
03:39de la Roumanie et la Russie.
03:42Dès qu'on passe avec Bucarest,
03:44on demandera à ravitailler, ça a été coordonné.
03:48Les alliés européens de l'OTAN patrouillent ici depuis longtemps.
03:51Mais depuis, l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine
03:54et face également au signalement de brouillage GPS
03:57par plusieurs pays qui soupçonnent la Russie,
04:00ces missions ont pris une autre dimension.
04:05On a besoin de savoir ce qui se passe
04:07dans les aires internationales de la mer Noire,
04:10comme le font probablement toutes les nations
04:12et nos compétiteurs russes également.
04:15Des opérations stratégiques pour renforcer
04:18la présence de l'OTAN sur le flanc est de l'Europe
04:20et recueillir du renseignement.
04:24Le ciel est à tout le monde en termes de droits internationaux.
04:26Ça, c'est sûr.
04:29Une partie de notre mission aujourd'hui, c'est de le garantir.
04:31L'union faisant la force,
04:32nos intérêts étant communs
04:33et les matériels étant aussi souvent très compatibles.
04:36Ces missions s'articulent assez naturellement,
04:39j'ai envie de dire, avec un format OTAN
04:40où nous agissons ensemble dans les mêmes objectifs.
04:43Aujourd'hui, en l'occurrence, avec nos alliés belges et anglais.
04:49Pour pouvoir accomplir ces missions de plusieurs heures,
04:52ces avions ont besoin de carburant.
04:56Dans 20 minutes, nous arriverons sur zone
04:58pour notre séquence de ravitaillement.
04:59On commencera, je te rappelle, par les rafales.
05:01Nous demanderons 5 tonnes 5 chacun.
05:04C'est là qu'intervient le MRTT,
05:07un appareil militaire dont une des principales fonctions
05:09est de ravitailler les avions en vol.
05:12Le chasseur va avoir une autonomie
05:13entre 1h30 et 2h de vol.
05:16Là, on a fait plus de 4h de vol
05:18pour venir sur la zone d'opération.
05:21C'est vrai que sans nous,
05:22il ne peut pas venir jusqu'ici.
05:25Lors d'une phase de ravitaillement,
05:27tout se joue à quelques millimètres.
05:30Un moment d'intense concentration
05:31pour l'adjudant Clément
05:33sur qui repose l'essentiel de la manœuvre.
05:36Le risque principal,
05:38c'est la collision entre les avions.
05:39parce qu'on nous apprend tout le temps
05:42de ne pas être trop proche des deux avions.
05:45C'est beaucoup de pression,
05:46mais avec beaucoup d'entraînement,
05:48tout se passe bien.
05:50Retour sur la base aérienne d'Istre,
05:52dans le sud de la France,
05:53après plus de 7 heures de vol.
05:55Pour le colonel Gueye,
05:57ses missions sont indispensables.
05:59L'un des grands enjeux aujourd'hui,
06:02suite à l'agression russe contre l'Ukraine,
06:05c'est de renforcer la protection du ciel de l'OTAN
06:09en exécutant des patrouilles
06:13pour surveiller, détecter
06:15et éventuellement intervenir
06:17en interdisant le passage
06:19ou en supprimant la menace,
06:23une menace qui pourrait avoir passé
06:25les frontières de l'OTAN.
06:27En 2025,
06:30les alliés de l'OTAN ont réalisé
06:314 vols conjoints
06:33dans cette zone de la mer Noire.
06:35Des missions qui traduisent une réalité.
06:38Dans le ciel aussi,
06:39la guerre en Ukraine a redéfini
06:41les lignes de sécurité
06:42en Europe de l'Est.
06:46On comprend finalement,
06:47quand on voit ces images,
06:48pourquoi ces missions menées
06:50par les alliés européens de l'OTAN
06:51sont si essentielles aujourd'hui.
06:53Oui, puisque la mer Noire,
06:54c'est une zone stratégique,
06:55d'autant plus depuis l'invue,
06:57l'invasion russe de l'Ukraine
07:00à grande échelle.
07:01Comme on va le voir sur une carte,
07:03en fait, la mer Noire,
07:03la mer Noire,
07:04elle borde l'Ukraine,
07:06la Roumanie,
07:07la Russie,
07:08la Géorgie,
07:08la Bulgarie.
07:09Et lors de ces missions,
07:11les alliés de l'OTAN,
07:12ils recueillent du renseignement.
07:13Je vous en parlais tout à l'heure
07:15de ce fameux avion AWACS.
07:17L'AWACS, c'est cet avion,
07:18vous savez qu'il y a cette espèce
07:19de grosse coupole au-dessus.
07:21Et c'est ça, en fait,
07:22qui permet notamment
07:22de recueillir du renseignement.
07:24À l'intérieur du MRTT
07:26dans lequel nous étions,
07:27il y avait justement
07:28un militaire qui était en charge
07:30de recueillir ces renseignements.
07:32Alors lui, on n'a pas pu lui parler
07:33ni discuter avec lui
07:35car tout ça était top secret,
07:37on va dire.
07:37En tout cas, on n'avait pas accès
07:38à ce genre d'informations.
07:40Mais c'était très intéressant
07:42de voir même la façon
07:43dont lui procédait
07:46par rapport à ça.
07:47Ces renseignements
07:48qui se sont collectés,
07:49ils sont généralement partagés
07:50en tout cas avec certains pays
07:52qui bordent la mer Noire,
07:54notamment la Roumanie.
07:56Et ça permet de renforcer
07:57la sécurité collective
07:58dans la région.
07:59C'est aussi également un moyen
08:00d'anticiper les menaces
08:02aux frontières de l'Europe.
08:04C'est l'occasion pour l'OTAN
08:06de montrer sa présence
08:07et d'envoyer aussi un message,
08:09le message, nous sommes là,
08:10nous sommes prêts
08:11en cas d'agression.
08:13C'est un peu aussi
08:13une sorte de police du ciel.
08:15C'est pour dire aussi,
08:16en fait, on est dans un ciel,
08:18le droit international est là,
08:20il existe et il doit continuer
08:22d'exister.
08:22Le ciel appartient, entre guillemets,
08:24à tout le monde.
08:25Et donc, tout le monde
08:25a le droit d'y être.
08:27Il faut dire aussi
08:28que c'était vraiment
08:28une opération d'envergure
08:30qui a été menée
08:31par les alliés européens de l'OTAN.
08:33Ça a été mené, pardon,
08:36depuis plusieurs bases en Europe.
08:39La France, je vous l'ai dit,
08:40elle a mobilisé deux Rafales,
08:42un MRTT,
08:43il y avait deux F-16 belges,
08:44il y avait également
08:45un MRTT belge
08:47et il y a les Britanniques aussi
08:49qui ont participé
08:50à la préparation
08:51de cette opération.
08:53C'est une mission conjointe,
08:54on peut vraiment le dire,
08:55de ravitaillement,
08:56d'escorte aussi
08:57et de renseignement
08:58parce qu'il faut savoir
08:59que le MRTT
09:00dans lequel nous étions,
09:01lui, n'a pas de capacité
09:03à se défendre
09:04si jamais il est attaqué.
09:05Donc, l'autre mission aussi
09:06également des Rafales,
09:08c'est d'escorter
09:09pendant un long moment
09:11le MRTT
09:12au cas où il y a une attaque,
09:13une agression,
09:14il se passe quelque chose.
09:15C'est vrai que ça reste
09:18assez abstrait
09:20ce qui se passe dans le ciel.
09:22On parle régulièrement
09:22des menaces russes
09:24avec ces drones
09:26qui vont titiller
09:27comme ça
09:27les forces de l'OTAN.
09:28Est-ce que c'est déjà arrivé
09:29depuis l'invasion russe
09:29en Ukraine
09:30que les Russes menacent
09:31par exemple
09:32des pilotes d'avions de l'OTAN ?
09:34Oui, c'est arrivé.
09:35Alors, en février 2024,
09:36Sébastien Lecornu,
09:37qui était à l'époque
09:38ministre des Armées,
09:40avait déclaré
09:41que les forces russes
09:42avaient menacé
09:43d'abattre
09:43des avions français
09:45qui étaient en train
09:45de patrouiller
09:46dans l'espace aérien
09:48international
09:49au-dessus de la mer Noire.
09:51Le colonel Pierre Gaudière,
09:53qui était porte-parole
09:54de l'armée française,
09:55il avait expliqué
09:56de son côté
09:56que Sébastien Lecornu
09:57faisait référence
09:59à un incident
10:00qui était survenu
10:00en novembre 2023
10:01et qui avait impliqué
10:03un avion de surveillance français,
10:05le fameux AWACS
10:06dont je vous parlais.
10:07L'incident avait été décrit
10:08comme sans précédent
10:09dans cette région.
10:11Il faut dire que
10:11lors de ce type de mission,
10:12la Ménelette française
10:13et ses alliés,
10:14ils sont extrêmement vigilants
10:16face aux réactions des Russes
10:17et à ce qui pourrait
10:18se passer dans le ciel.
10:19Il nous avait d'ailleurs avertis,
10:21il nous avait prévenu
10:22qu'il était possible
10:23qu'il se passe quelque chose
10:24puisque parfois,
10:25il peut y avoir
10:26des échanges radio
10:27avec les Russes,
10:28il peut se passer des choses.
10:29Donc, les militaires
10:31nous avaient prévenus
10:32et nous avaient dit
10:32que c'était une possibilité.
10:34En l'occurrence,
10:35le vol s'est bien passé,
10:36il n'y a pas eu
10:36ni d'interrogation
10:37ni quoi que ce soit,
10:38mais ça peut arriver.
10:39Une éventualité
10:40à laquelle on se prépare,
10:41évidemment.
10:41On a vu vos images
10:42dans ce reportage.
10:44Ravitailler en vol,
10:45c'est un exercice complexe
10:46pour l'opérateur
10:47qui se trouve dans le MRTT,
10:49mais aussi pour les pilotes
10:50des avions de chasse.
10:51J'imagine qu'il faut
10:52qu'ils stabilisent l'avion,
10:53non ?
10:53Oui, et là est toute la difficulté
10:55et ça aussi,
10:57on l'a vu.
10:58Parce qu'en fait,
10:59nous,
10:59c'était vraiment impressionnant.
11:01On voyait tout ça
11:01du hublot,
11:02le rafale
11:03est vraiment
11:04à quelques mètres de vous.
11:06Et vous me disiez,
11:07vous pouviez le saluer
11:07à travers le hublot.
11:08Et d'ailleurs,
11:08à un certain moment,
11:09en effet,
11:09nous avons salué
11:10un des pilotes de chasse
11:11qui nous a salués
11:13en retour.
11:14Donc,
11:14c'était très impressionnant
11:16et très fascinant
11:17de voir à quel point
11:17ils sont concentrés
11:18et la façon,
11:20en fait,
11:20qu'ils ont finalement
11:21de faire ça.
11:22Alors,
11:22vous avez l'impression
11:23qu'eux font ça
11:23en toute simplicité,
11:25mais alors que c'est
11:26un exercice
11:27qui est répété,
11:28il y a énormément
11:29d'entraînement
11:30et comme l'expliquait
11:31l'adjudant Clément,
11:32le risque de collision,
11:33il est là
11:34puisque quand vous êtes
11:35à l'intérieur du MRTT
11:36et que vous regardez
11:37à travers ce hublot
11:38et que vous voyez
11:39ce rafale
11:39qui est vraiment
11:40à quelques mètres de vous,
11:41vous vous dites
11:42que l'exercice
11:43est extrêmement dangereux
11:44mais comme ils nous l'ont expliqué,
11:46il s'entraîne
11:47tout le temps,
11:48régulièrement
11:49et c'est ce qui permet
11:50qu'il fait
11:51qu'il n'y a pas d'accident
11:52et j'ai d'ailleurs
11:53posé la question
11:53à l'adjudant Clément,
11:54je lui ai demandé
11:54mais est-ce qu'il y a déjà
11:56eu des accidents ?
11:56Il m'a dit non,
11:57l'armée de l'air française,
11:58il n'y a jamais eu d'accident,
12:00tout se passe toujours bien,
12:01encore une fois,
12:02c'est de l'entraînement,
12:03énormément d'entraînement
12:03et on a eu donc
12:04la chance
12:05et on s'est dit
12:07avec Olivia
12:08à ce moment-là
12:08que notre métier
12:10avait beaucoup,
12:11beaucoup de très bons côtés
12:12et que c'était quand même
12:13une chance de voir ça
12:14parce que c'est quand même
12:15fascinant
12:16de les voir comme ça
12:17en action
12:17lors de ces opérations
12:19de ravitaillement.
12:20Merci beaucoup Pauline,
12:21c'était derrière l'image
12:22dans ce Paris Direct.
12:24Merci de nous suivre,
12:24vous restez évidemment avec nous
12:25parce qu'il y a un grand format
12:26qui arrive tout de suite,
12:27c'est le focus du jour.
12:28Regardez.
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