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  • il y a 3 semaines
Emmanuel Razavi, spécialiste du Moyen-Orient, sur la tension qui monte entre l’Iran et les Etats-Unis : «La République islamique n’a pas les moyens de faire grand-chose».

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Transcription
00:00Alors, si vous le permettez, un nouveau merci de me recevoir.
00:04Ces manifestations, aujourd'hui, il y a bien sûr le problème d'argent
00:09qui ne vaut plus rien en Iran, mais elles sont avant tout
00:12contre le régime des Mollahs, contre la République islamique d'Iran.
00:17Ce sont des manifestations quand même qui s'inscrivent dans un historique,
00:20je dirais, de révolte populaire depuis des années,
00:23contre le régime.
00:25Il se trouve que là, si vous voulez, les gens sont redescendus dans la rue
00:28parce que, vous l'avez vous-même dit, vous parlez de vie chère,
00:32en fait, l'argent iranien ne vaut plus rien.
00:34En clair, il faut 1 400 000 riales, la monnaie iranienne,
00:41pour avoir un dollar, ce qui fait qu'en fait, les échanges commerciaux
00:46sont devenus complètement impossibles.
00:48Les magasins ont fermé leurs portes et les gens ne pouvant plus acheter à manger,
00:52c'est aussi simple que ça, sont redescendus dans la rue.
00:55Mais la réalité, encore une fois, c'est que tout ça, ça s'inscrit dans le temps très, très long,
01:00avec un régime, j'en viens à votre question quand même, qui est usé.
01:02Il faut savoir quand même qu'Israël, se rappeler qu'Israël,
01:05que les États-Unis ont bombardé en juin dernier, en fait, l'Iran,
01:09que l'armée iranienne, comme les gardiens de la Révolution,
01:12vous savez, les gardiens de la Révolution, c'est le bras armé du régime iranien,
01:16qui tient d'ailleurs aussi 60 à 70 % de l'économie iranienne,
01:20ils sont épuisés, si vous voulez.
01:23Et vous avez, en fait, des services publics, aujourd'hui, qui ne fonctionnent plus,
01:26les banques sont fermées, les administrations, pour la plupart, sont fermées,
01:30en plus, donc, je le disais, des magasins, mais des entreprises privées,
01:33tout ce qui fait tourner l'Iran.
01:35Donc, je pense que, si vous voulez, la République islamique, aujourd'hui,
01:37elle peut riposter, par le verbe, si je puis dire, aux menaces de Donald Trump,
01:42je ne crois pas qu'elle ait les moyens, en fait, de faire grand-chose.
01:45La réalité, c'est qu'entre, je dirais, les menaces américaines,
01:50entre la situation intérieure, les manifestations, hier,
01:53elles s'étaient, comment dire, étendues, à plus d'une cinquantaine de villes,
01:58clairement, le régime iranien, en fait, il est acculé de plus en plus.
02:02On peut dire que les molles-là, d'une certaine manière,
02:04pour répondre à votre question, ils sont pris, en fait, en étau.
02:07Mais Emmanuel Razavi, pour qu'on comprenne bien,
02:10qu'est-ce qui pourrait pousser le président américain
02:12à entrer en action maintenant,
02:15et plus qu'en juin dernier, lors de la guerre entre Israël et l'Iran ?
02:22Alors, vous avez raison, c'est une question qui est importante,
02:24la stratégie a un peu changé.
02:26Vous savez qu'en juin dernier,
02:28Donald Trump avait mis un veto absolu au fait
02:30que soit assassiné, soit pris pour cible, en fait,
02:34le dite suprême de la révolution islamique,
02:36donc le numéro un du régime iranien, Ali Khamenei.
02:39Aujourd'hui, ce n'est plus la même chose, si vous voulez,
02:41parce qu'il y a un constat, que font les Américains,
02:44que font les Israéliens,
02:46c'est que le régime, de toute façon, est arrivé à bout.
02:49Pourquoi ? Parce que les dissensions n'ont jamais été aussi importantes.
02:52Le régime, jusqu'alors, en juin, par exemple,
02:54il était fracturé en interne, notamment entre deux tendances,
02:56que sont les conservateurs,
02:58donc ceux qui sont un peu les historiques de la révolution de 1979,
03:02et puis ceux qu'on appelle, en fait, les réformateurs,
03:04qui sont souvent liés aux gardiens de la révolution,
03:06qui forment un clan mafieux, s'ils voulaient affairistes et mafieux,
03:09impliqués dans le trafic de drogue à échelle internationale,
03:12le trafic d'armes.
03:13Aujourd'hui, si vous voulez, ces dissensions,
03:15elles ont encore éclaté les réformateurs, si vous voulez,
03:18dont le chef de file est le président de la République islamique,
03:20Massoud Pézechian.
03:22Il pouvait faire croire, jusqu'à il y a quelques semaines,
03:24qu'il pourrait incarner, comment dire,
03:27une espèce de, comment dire,
03:29une possibilité, si vous voulez, de régime un peu plus détendu.
03:32En tout cas, il pouvait le faire croire aux chancelleries occidentales.
03:34Les Iraniens n'y croient plus depuis très longtemps.
03:37Mais là, Massoud Pézechian, il est complètement isolé,
03:39parce que ses propres troupes sont en train, en fait, de le laisser tomber.
03:42Les réformateurs iraniens, aujourd'hui, sont en train, pour la plupart,
03:45d'essayer de négocier, en fait, une sortie
03:47avec les différents mouvements d'opposition iraniens.
03:50Vous savez qu'il y a une opposition plurielle en Iran.
03:52Il y a les monarchistes, il y a les centristes,
03:54il y a les républicains de gauche,
03:56les nationalistes, évidemment, les libéraux.
03:58Donc, en clair, si vous voulez, ce qui a changé,
04:00c'est que ce régime, en fait, il est en train de se dissoudre,
04:04peu à peu, avec des institutions, si vous voulez,
04:07qui sont usées, fatiguées,
04:08dont les représentants, aujourd'hui, ne font plus corps.
04:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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