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  • il y a 2 semaines

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00:00On va parler à présent du bilan de la nuit du Nouvel An en France.
00:04On va revenir en France avec ses propos du ministre de l'Intérieur
00:08qui a publié ce bilan, le ministre de l'Intérieur,
00:12qui parle de violences urbaines limitées alors que tous les chiffres sont en hausse.
00:16505 personnes interpellées au total contre 420 en 2024.
00:21403 gardes à vue ont été recensées contre 310 l'an dernier.
00:25Le Nouvel An a été une nouvelle fois gâché par l'attitude de plusieurs délinquants.
00:28On est avec Christophe Pradié qui est du syndicat de police UNSA-Rhône-Alpes
00:34qui est avec nous en direct sur Europe 1. Bonjour.
00:38Oui, bonjour.
00:39Merci d'être avec nous en direct sur Europe 1.
00:43Alors, on dénombre au total 1173 véhicules brûlés.
00:47C'est près de 200 de plus qu'en 2024.
00:51Comment est-ce que le ministre de l'Intérieur peut parler de violences urbaines limitées aujourd'hui ?
00:56Écoutez, en fait, tout dépend de ce qu'on appelle des violences urbaines.
00:58Effectivement, des violences urbaines, on a assez souvent, tout le long de l'année,
01:02nos collègues sont confrontés à ces violences.
01:03Nous, ce qu'on appelle des violences urbaines, comme on dit,
01:05ce sont souvent des atteintes et des violences graves envers les forces de l'ordre
01:10et notamment des faits d'incendies volontaires de magasins, de véhicules autres.
01:14Donc, effectivement, on ne peut pas considérer que le simple feu de véhicule soit uniquement une violence urbaine.
01:20Une voiture brûlée, ce n'est pas une violence urbaine ?
01:23Écoutez, au sens proprement dit, non, ce n'est pas une violence urbaine.
01:27Parce que malheureusement, dans ce cas-là, des violences urbaines, il y en a tous les jours.
01:29Les feux de véhicules, c'est tous les jours en France.
01:32Allez dire ça au propriétaire de la voiture en question.
01:35Bien sûr, bien sûr. Je comprends bien.
01:37Tout à fait. Mais nous, si vous voulez, on parle de violence.
01:40Il faut vraiment que les violences soient envers quelqu'un, si vous voulez.
01:42Donc, pour moi, une violence urbaine, c'est lorsque vous avez affaire à des gens,
01:45comme ça a été le cas avant hier soir,
01:48qui, à l'aide de mortiers, s'en prennent directement aux forces de l'ordre
01:51ou même aux pompiers, d'ailleurs, qui sont venus éteindre des véhicules.
01:53Voilà ce qu'on appelle vraiment, au sens large, des violences urbaines.
01:57Alors, de là à dire que les violences urbaines, ce réveillon-là, sont moins importantes que d'habitude,
02:01peut-être, mais en tout cas, on a quand même 25 collègues qui ont été blessés,
02:05ce qui est quand même assez conséquent, dont un assez gravement, d'ailleurs, sur pot,
02:08puisqu'il a été percuté lors d'un flux d'autempéré.
02:10Donc, je pense que, oui, les violences urbaines, au sens propre,
02:13on peut considérer qu'il y en a eu légèrement moins.
02:16Mais des collègues blessés, malheureusement, il y en a toujours autant.
02:18Et des véhicules en feu, effectivement, on peut constater qu'il y en a eu quand même 200 plus que l'an dernier,
02:21ce qui est quand même assez conséquent.
02:22Avec des interpellations en hausse, des gardes à vue en hausse également ?
02:27Oui, tout à fait.
02:28Lorsqu'on met 80% des effectifs de police acquisitionnables sur le terrain,
02:32on ne peut qu'avoir plus d'interpellations, ça c'est une évidence.
02:36Malheureusement, j'ai envie de dire, il va falloir voir si les propos de M. Darmanin sont suivis des faits.
02:40Et si ces consignes de fermeté, qu'on devrait d'ailleurs avoir toute l'année,
02:44et pas spécialement pour le Réveillon d'ailleurs, vont vraiment être mises en application.
02:49Thomas Bonnet, on s'interroge quand même sur le choix des mots de Laurent Nunez.
02:52Au lendemain de ces violences, qui recensent tout de même, et c'est ce que nous dit Christophe Pradier,
02:5825 policiers blessés, ce nombre d'interpellations effectivement,
03:03et puis ce nombre de véhicules brûlés très très important, beaucoup plus important que l'an dernier.
03:08Oui, j'ai l'impression qu'on essaie de nous présenter un bilan qui n'est pas totalement en adéquation avec la réalité.
03:12Il faut bien comprendre que c'est le ministère de l'Intérieur désormais qui centralise toutes les statistiques
03:17des voitures brûlées, des interpellations qui ont lieu la nuit de la Saint-Sylvestre.
03:21On a reçu hier soir, vers 18h30, un communiqué de la part de Beauvau,
03:25et on a eu donc ces chiffres que vous avez évoqués, qui sont en hausse par rapport à l'an dernier.
03:29Ça c'est vraiment juste une observation factuelle.
03:32Et alors après, il y a les commentaires qui accompagnent ces chiffres.
03:35Le communiqué était composé d'un certain nombre de paragraphes.
03:37On pouvait notamment y lire que la nuit avait été moins agitée que l'an dernier.
03:41La formule était présentée comme ça, et on disait que c'est les préfets de zone qui nous rapportent ça.
03:46Pardon, c'est pas l'impression que j'ai, c'est pas l'impression qu'un certain nombre de policiers
03:49avec lesquels on peut s'entretenir ont non plus.
03:52C'est certainement pas l'impression que les habitants des quartiers concernés ont eu.
03:56Et puis d'un point de vue même de communication politique, vous venez de traverser une nuit,
03:59vous avez mobilisé 90 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire,
04:03vous avez au moins 25 d'entre eux qui ont été blessés, dont un gravement, nous dit votre interlocuteur.
04:08Je pense que la communication adéquate aurait été justement de prendre à acte
04:12du niveau de violence qui règne encore dans notre pays.
04:14J'ai l'impression qu'on veut encore euphémiser, m'ignorer.
04:17Ça me pose question parce que je pense qu'il faut au contraire affronter la réalité en face.
04:21Et puis d'un mot, sur les 403 gardes à vue, on va maintenant voir combien vont être réellement condamnés,
04:26parce que les consignes ont été passées, mais de 403 gardes à vue,
04:29combien iront derrière les barreaux s'ils ont par exemple lancé des mortiers
04:32contre des policiers.
04:33J'attends de voir, je serai curieux de voir quand les comparutions auront eu lieu.
04:37Gilles Boutin, c'est une façon aussi de mettre, une fois de plus,
04:41la poussière sous le tapis de la part de Beauvau ?
04:43Laurent Nunez a du mal à se défaire d'une approche assez technicienne de sa fonction.
04:48C'est pas un politique dans l'âme.
04:50Du coup, il a tendance à présenter les choses pas sous le bon angle.
04:53Mais sous quel angle il est présent ?
04:54Celui qu'il faudrait, c'est celui de l'indignation,
04:57et se montrer intraitable.
04:59Même là, ça ne ressemble pas non plus à un angle technique.
05:02Si, parce que si vous comptez le nombre d'interpellations,
05:05il y en a plus cette année que par rapport à l'année dernière,
05:07mais avec le même nombre d'agents de forces de l'ordre.
05:10Ça veut dire qu'ils ont été plus efficaces sous cet angle-là.
05:13Mais ce n'est pas parce qu'ils ont été plus efficaces qu'il y a eu moins de violences.
05:16Évidemment, ça ne veut rien dire.
05:17Mais quand vous approchez les choses avec les chiffres,
05:20si vous avez le carcan préfectoral qui vous accompagne,
05:25vous avez tendance à interpréter les choses d'une certaine façon.
05:27Et donc, c'est une grave erreur de communication de sa part.
05:31Donc, on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide,
05:34mais il commet une grosse erreur.
05:35Et à l'arrivée, oui, on en reste toujours à la même colère des Français,
05:40tout simplement, de se dire que des gens idiots
05:42trouvent que c'est intéressant de brûler des voitures le soir du rayon,
05:48ou d'exercer des violences,
05:49ou de balancer des mortiers contre la police.
05:52La seule chose qu'on attend de la part des politiques,
05:55c'est quelque chose de clair.
05:57Et Bruno Retailleau, le prédécesseur de Laurent Nunez,
05:59au moins, lui, avait une clarté sans ambiguïté.
06:02Oui, et c'est ce qu'attendent les Français, de la clarté,
06:04pas des paroles qui cherchent finalement à dédramatiser.
06:07Parce que lorsqu'on a, je le redis,
06:09lorsqu'on a son véhicule calciné à cause de casseurs,
06:11lorsqu'on n'a pas pu fermer l'œil de la nuit,
06:13qu'on a dû passer la nuit à rassurer ses enfants,
06:15effrayés par des tirs de mortiers à 3 ou 4 heures du matin,
06:19qu'est-ce que ça veut dire, Hélène Rouet ?
06:21Ça veut dire qu'on doit accepter, en fait ?
06:22Non, absolument pas.
06:23Et d'ailleurs, les Français ne l'acceptent pas.
06:24Je dirais même que l'erreur de communication de Laurent Nunez,
06:27non seulement, elle s'est déroulée après le Nouvel An,
06:29mais elle était également avant le Nouvel An.
06:30J'aimerais rappeler les propos qu'il a tenus sur France Inter le 30,
06:33donc 48 heures avant le Nouvel An.
06:35Alors déjà, il a parlé de traditionnelle violences urbaines,
06:38comme si, de toute façon, il fallait s'y habituer.
06:40C'est-à-dire, à leur gouverner, moi, je croyais que c'était anticipé,
06:43mais là, en fait, on anticipe,
06:45parce que, de toute façon, ça va se passer.
06:47Tout le monde trouve ça complètement normal qu'il y ait des violences urbaines,
06:49et donc, maintenant, c'est complètement rentré dans les mœurs.
06:51Déjà, premier propos.
06:52Et ensuite, le deuxième propos, qui a quand même fait beaucoup parler,
06:55quand Laurent Nunez dit, comme chaque année, les choses se passeront bien,
06:58bon, malheureusement, la réalité, elle va quand même encore faire défaut.
07:02Michel Fayad.
07:03Oui, aussi, dans les actes, pour compléter ce qu'il dit en parole,
07:06parce que, dans les actes, c'est lui qui était en charge de la protection des Parisiens,
07:11après le match du PSG en Ligue des Champions,
07:13même s'il n'était pas encore ministre, il était le préfet de Paris.
07:15Et ça s'est très, très mal passé.
07:17Le jour de sa nomination, il y a eu le concert interdit en plein Châtelet-Léal,
07:22où ça s'est très mal passé.
07:23Enfin, ça fait quand même beaucoup, en termes de palmarès de la part du ministre.
07:28Donc, je pense qu'il n'y a pas qu'une question de mots qui sont problématiques pour lui.
07:33Il y a aussi, en termes de résultats, de succès.
07:36Et moi, je pense plutôt qu'il obéit à Emmanuel Macron,
07:40et qu'il est dans cette position laxiste.
07:42On va continuer d'en parler dans un instant.
07:45On sera avec Rémi, également, auditeur d'Europe 1.
07:47Restez bien avec nous.
07:48Christophe Pradier, vous restez également avec nous.
07:51On en parle dans la suite de cette émission.
07:54Et vous continuez, bien sûr, de nous appeler au 01 80 20 39 21.
07:58A tout de suite sur Europe 1.
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