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  • il y a 2 semaines
Avec Philippe Lacube, président de la Chambre d'agriculture de l'Ariège

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-01-02##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h09, Maxime Liedot.
00:03Il est 7h09 et vous êtes bien sur Sud Radio.
00:06Le retour de la colère agricole peut-être du côté de l'Ariège.
00:10Bonjour Philippe Lacube.
00:12Oui, bonjour.
00:13Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:14Vous êtes le président de la chambre d'agriculture de l'Ariège.
00:17Est-ce que vous pouvez nous dire ce qui se passe concrètement dans votre département ?
00:20Ça a été le point de départ il y a quelques semaines seulement de la colère agricole
00:24qui continue de gronder depuis des jours et des jours.
00:27On parle d'une nouvelle séquence de dépeuplement selon le jargon officiel.
00:31C'est ce qui va se passer dans les prochaines heures ?
00:34Oui, je préfère le mot abattage qui reflète mieux la réalité de la situation que dépeuplement.
00:40Nous sommes à la limite de l'Aude, à l'opposé du dernier cas qui était au bord de Surarize,
00:46avec un cas positif, un troupeau qui a été vacciné depuis une quinzaine de jours
00:51et donc qui va être abattu aujourd'hui un peu plus de 100 animaux.
00:55– Et comment cela vous a été annoncé ?
00:58On a beaucoup critiqué notamment les décisions verticales du gouvernement.
01:03Est-ce que cette fois-ci il y a eu un peu plus peut-être de conciliation,
01:07de concertation, de discussion, Philippe Lacube ?
01:10– Non, non, non, le préfet applique ce que dit le gouvernement,
01:16donc il n'y a pas de quartier, il n'y a pas de place qui est laissée à la concertation,
01:22un animal est positif et donc le troupeau sera abattu,
01:26même si la vaccination a été réalisée depuis une quinzaine de jours.
01:30– Et c'est là le problème, pourtant vous venez de le dire,
01:33ces vaches étaient vaccinées, ces bovins étaient vaccinés,
01:36qu'est-ce que vous disent les autorités quand vous leur mettez cette incohérence
01:40sur le devant de la table ?
01:41Parce que depuis le début c'est quand même le maillon qui pose problème,
01:45non, dans la chaîne de décision ?
01:46– Alors il y a deux choses par rapport à ça,
01:49la première chose c'est que le vaccin, son efficacité donnée est entre 21 et 28 jours,
01:55voilà, donc par rapport à ça, on aurait pu certainement laisser le troupeau s'immuniser
02:03et l'efficacité du vaccin faire, plutôt que d'abattre totalement.
02:09Il me semble qu'après vaccination, un abattage sélectif serait certainement plus pertinent
02:17à partir d'une certaine date, là-dessus on n'a jamais ouvert la porte.
02:21Et puis la deuxième chose que je voulais vous dire quand même,
02:23parce qu'elle me semble essentielle, c'est qu'il y a deux mois et demi,
02:26trois mois maintenant, nous avons tous demandé la vaccination dans ce département,
02:31elle nous a été refusée parce qu'on nous a dit, comme on nous dit chaque fois,
02:34on maîtrise, on maîtrise la situation, ne vous inquiétez pas.
02:37– Ceux qui vous ont dit ça c'est qui Philippe Lacube ?
02:40C'est quoi, c'est le gouvernement qui vous a dit, le ministère de l'Agriculture ?
02:42– L'Agriculture, bien sûr, bien sûr.
02:44Et on n'écoute plus les gens du territoire, on n'écoute plus les gens du terrain.
02:49Vous savez il y a trois mois quand j'ai demandé la vaccination,
02:51je ne me suis pas levé un matin comme ça, me rasant,
02:53et j'ai dit, ah, ça serait bien de vacciner.
02:55Non, mais je l'ai fait parce que mes collègues des Pyrénées-Orientales
02:57étaient impactés par la maladie,
02:59je savais qu'il risquait d'y avoir des mouvements de troupeaux, etc.,
03:02et qu'il valait mieux vacciner.
03:04Ça m'a été refusé en me disant, encore une fois,
03:07on maîtrise, dormez tranquille, le bon peuple, le gouvernement est là.
03:10Sauf que trois mois après, la maladie, on la prend en pleine figure,
03:14avec deux cas qui vont faire à tous les deux,
03:16plus de 300 animaux qui vont être abattus,
03:18et ça, on aurait pu l'éviter.
03:20Philippe Lacube, je rappelle que vous êtes le président
03:22de la Chambre d'agriculture de l'Ariège.
03:24Vous parliez de ce qui aurait pu se faire il y a trois mois
03:27avec votre méthode et surtout une vaccination beaucoup plus tôt,
03:31d'une certaine manière beaucoup plus préventive.
03:34Mais maintenant, aujourd'hui, vendredi 2 janvier, 7h13,
03:37qu'est-ce qu'on fait ?
03:38Qu'est-ce que le gouvernement doit faire face à cette situation ?
03:42Qu'est-ce que vous leur demandez-vous ce matin ?
03:44Aujourd'hui, il y a deux choses, à mon avis, qui sont essentielles.
03:47Après vaccination, remettre en cause l'abattage total,
03:52je pense qu'il n'est plus pertinent.
03:55Dans mon département, aujourd'hui, 98 à 99 % des animaux sont vaccinés.
04:02Voilà, laissons le vaccin avoir son efficacité
04:06et passons à un abattage partiel,
04:08ce serait certainement beaucoup pertinent.
04:11Et ensuite, la maladie, elle avance plus vite que la vaccination,
04:14parce que chaque fois, on a un retard à l'allumage.
04:17Et moi, je pense que si on n'étend pas la zone de vaccination,
04:20on va avoir un très mauvais réveil au printemps
04:23avec cette maladie larvée qui est présente sur le territoire
04:27et qui va faire encore beaucoup de dégâts.
04:29Mais il y a deux choses dans ce que vous venez de dire dernière à l'instant,
04:33Philippe Lacube, et je me permets de revenir dessus.
04:35On évoque quand même depuis quelques jours maintenant
04:38des apparitions, on va dire, du virus à l'opposé parfois de certains foyers.
04:43Est-ce que ça veut dire qu'on doit commencer à craindre
04:45peut-être une nouvelle mutation du virus
04:47ou des déplacements importants,
04:50au point que, comme vous venez de le dire,
04:52il va falloir totalement changer la stratégie de vaccination
04:54et ne plus se concentrer uniquement sur les régions
04:57qui possèdent quelques foyers ?
04:58Vous avez complètement raison.
05:01Jusqu'alors, dans les Savoies, comme dans les Pyrénées-Orientales,
05:05il y avait un foyer, et autour de ce foyer,
05:08on avait 6, 7, 8 foyers qui se développaient.
05:10Là, depuis l'arrivée dans les départements du Sud-Ouest,
05:13ben voilà, ça a des bonds.
05:14Un coup dans l'Aude-Pyrénée, un coup en Haute-Garonne,
05:16un coup en Ariège d'un côté du département, puis de l'autre,
05:19un coup dans l'Aude.
05:21La maladie fait des bonds de plusieurs dizaines de kilomètres.
05:24Et ça, je trouve ça extrêmement inquiétant.
05:26Et de mon regard, devant cette inquiétude-là,
05:29alors le gouvernement a fait évoluer le protocole,
05:31puisqu'on vaccine un peu plus large,
05:33mais ce n'est certainement pas suffisable.
05:35Philippe Biacup, dernière question.
05:37En tant que président de la Chambre d'agriculture de l'Ariège,
05:39comment vous sentez à nouveau les agriculteurs,
05:42notamment dans votre coin ?
05:43On se souvient que l'Ariège, ça avait d'une certaine manière
05:46mille feux ou poudre avec ces images terribles d'affrontements
05:49entre les forces de l'ordre et les agriculteurs
05:50dans les prochains jours, dans les prochaines semaines.
05:53Est-ce que vous pensez qu'on va assister à nouveau
05:56à un regain de la mobilisation ?
05:57Peut-être même dès les prochaines heures,
05:59suite à cet abattage,
06:00est-ce que les agriculteurs vont se mobiliser
06:02avec des risques de tension ?
06:04Je ne peux pas ne pas vous poser la question.
06:06Alors, je nous sens,
06:08parce que vous savez, je suis président de la Chambre d'agriculture,
06:10je suis d'abord éleveur de vaches Gascogne
06:11sur la route qui va en Andor dans la montagne.
06:15Donc, tous les matins, déjà, tous,
06:19devant cette roulette russe qui s'abat sur nous,
06:22on va dans les troupeaux avec beaucoup de peur,
06:26en se disant, qu'est-ce qu'on va trouver ?
06:28Et est-ce que ce n'est pas moi le prochain sur la liste
06:30et mes animaux ?
06:31Donc, il y a d'abord ça.
06:32Moi, je ne nous ai jamais vus avec autant de crainte,
06:35autant de peur, voire de terreur
06:37par rapport à ce qui se passe là.
06:38Et c'est sûr que quand on compile
06:40à la fois cette gestion de la DNC,
06:42mais également, vous le savez,
06:44la question du Mercosurpe,
06:45qui pour nous est essentielle,
06:47on a un cocktail qui fait que, oui,
06:50la rentrée va être, je pense,
06:54très mouvementée dans tous les départements du Sud-Ouest,
06:57dans un contexte aussi où le Sud-Ouest
07:00a le revenu agricole le plus bas de France
07:03et très nettement d'ailleurs.
07:05Une surveillance accrue pour les prochaines heures
07:07et les prochains jours.
07:08Merci beaucoup, Philippe Lacube,
07:09président de la Chambre d'agriculture de l'Ariège,
07:11d'avoir été avec nous ce matin.
07:12Il est 7h16.
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