00:00Bonjour Alain Tchabot. Bonjour à tous et toutes. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:06Drôle d'époque quand même d'assister en permanence à une sorte de film qui ne s'arrête jamais.
00:11On entend les syndicats, on voit en permanence des mobilisations.
00:16On l'a dit, l'intersyndicale se réunit tout à l'heure à 8h pour savoir s'il y aura une suite dans la manifestation.
00:21On a vu quand même hier beaucoup de choses, des slogans qui appellent à taxer les riches,
00:25beaucoup de slogans également à l'encontre du Président de la République qui demandent la démission.
00:30Et ça, quoi qu'on en dise, avec tout le débat public concernant la participation des plus aisés au rétablissement des comptes publics,
00:37ça en France, c'est toujours l'incertitude du succès.
00:40Alors là, ce n'est pas lié à l'époque et on ne va pas dire qu'elle drôle d'époque parce qu'effectivement,
00:43taxer les riches, certains disent, ceux qui sont hostiles, que c'est une passion française.
00:48En tout cas, elle est assez révélatrice cette passion que si les Français déjà penchent à droite
00:54sur des sujets comme l'immigration ou la sécurité,
00:56mais globalement, ils penchent plutôt à gauche sur le plan de la justice.
01:03Alors, justice sociale, justice fiscale, exactement.
01:08Que les riches payent un peu plus selon leurs moyens,
01:12eh bien, ils sont tous favorables à cette idée très révélatrice.
01:17Vous vous souvenez, l'aventure, les aventures, si j'ose dire,
01:20de l'impôt sur les grandes fortunes, créée en 1982, on s'en souvient, par la gauche, Pierre Moroy.
01:2886, Jacques Chirac abolit cet impôt sur les fortunes,
01:32rétabli en 88 par Michel Rocard,
01:35baptisé impôt de solidarité alors pour financer le RSA
01:39et finalement transformé en impôt sur la fortune immobilière
01:43par Édouard Philippe et Emmanuel Macron.
01:46sujet ultra sensible.
01:48Jacques Chirac pensait d'ailleurs qu'il avait été battu en 1988
01:51à cause de cette suppression de l'impôt sur la fortune.
01:56Le candidat des riches, c'est ça ?
01:57Voilà, c'était pas le candidat.
01:58La petite image qui pensait que...
02:00Voilà, et il avait fait sa campagne en 1995, on s'en souvient,
02:02sur la fracture sociale, bien conscient, effectivement,
02:06de la difficulté de la tâche et du souci des Français
02:10sur, effectivement, la justice fiscale.
02:12Alors aujourd'hui, on ne parle plus d'ISF, on ne parle que de la taxe Zuckmann.
02:17Elle est dans tous les débats politiques, économiques.
02:21Bien entendu, c'est l'emblème, le drapeau derrière lequel milite
02:25et se défendent et défilent la gauche et les syndicats.
02:29Mais très révélateur quand même, le sondage publié cette semaine
02:33par nos amis de l'IFOP qui indique que...
02:37Oui, chiffre étonnant.
02:37Très large majorité des Français, c'est moins qu'on puisse dire,
02:4086% sont favorables à la taxe Zuckmann.
02:44Ça n'est pas rien, et dans toutes les familles politiques,
02:47y compris dans le camp du président de la République.
02:50Pourquoi ? Parce qu'au fond, on imagine assez bien
02:52que les riches, les petits patrons, par exemple,
02:55ou les artisans ne comprennent pas très bien
02:57comment certains s'en tirent mieux qu'eux.
03:00Eux, ils payent plein pot, si je puis dire,
03:02et d'autres bénéficient, même si c'est légal,
03:05effectivement, de l'optimisation fiscale.
03:07Tout ça explique, encore une fois, des positionnements,
03:11c'est-à-dire des patrons qui ne sont pas d'accord,
03:13certains sont favorables et disent qu'ils acceptent de payer plus.
03:17On voit dans les médias, c'est vraiment une divergence d'opinion
03:19entre ceux qui disent, pas un centime de plus et d'autisme.
03:22Attendez, vu dans le contexte, on peut quand même mettre un peu la main à la poche.
03:24Voilà, le directeur général de la Maïf contre le président du MEDEV,
03:28vous vous souvenez, il y a quelque temps, c'était Michel-Édouard Leclerc
03:31contre Bernard Arnault.
03:33Et puis, difficulté de positionnement pour les politiques,
03:36notamment au Rassemblement National,
03:37où d'un côté, on dit, pas question d'augmenter les impôts,
03:41pas question de faire un effort supplémentaire,
03:44pour ne pas perdre, effectivement, l'électorat populaire,
03:49tout en proposant de créer un impôt sur la fortune financière.
03:52Voilà, c'est compliqué, les deux bouts, à tenir, effectivement, l'électorat.
03:57C'est plus qu'une ligne de crête, mais quand on vous écoute,
03:59Arlette Chabot, on a quand même le sentiment ici d'apercevoir
04:02ou d'avoir la sensation d'observer, en tout cas, une sorte de lutte des classes.
04:06Est-ce que tout ce qui se passe depuis, on va dire, deux, trois semaines,
04:08plus que d'habitude en France, est-ce qu'on peut en tirer quand même quelques enseignements ?
04:12Ça veut dire un enseignement pour ceux qui nous dirigent,
04:15c'est-à-dire que demander un effort aux Français,
04:18sans faire payer un peu plus les riches,
04:20Ça n'existe pas.
04:21Ça n'existe pas et c'est impossible.
04:23Et ça, effectivement, il faut l'avoir en tête quand on espère diriger ce pays.
04:28J'espère que Sébastien Lecornu nous entend.
04:30Quelle forme prendra choix ?
04:31Qu'il a compris ce qui explique aussi l'évolution d'un certain nombre de macronistes,
04:34y compris aussi, d'ailleurs, des LR,
04:37qui ont vu les scores, effectivement, de cette enquête d'opinion auprès de leurs électeurs.
04:41Alors, quelle forme prendra cette augmentation ?
04:44Un prélèvement exceptionnel ?
04:46Une tranche d'impôt supplémentaire ?
04:48C'est à définir.
04:50On n'a pas fini, en revanche, d'en parler.
04:52Et ça, c'est sûr.
04:53Et on en parlera, notamment, à 8h15,
04:54avec mon invité politique, Alexis Corbière,
04:56après cette journée massive de mobilisation.
04:59Celui qui a été très longtemps le colistier de Jean-Luc Mélenchon,
05:01reviendra sur l'actualité.
05:03Mais aussi, vous allez le voir sur sa famille politique,
05:05il y a quelques révélations à la une de vos journaux
05:07qui interrogent sur celui qui, aujourd'hui, est en tête
05:10ou essaye d'avoir la main mise sur la gauche.
05:12Dans un instant, bien sûr, le standard 0826 300 300.
05:16Et les Chevaliers du Fiel, bien sûr,
05:17un peu de respiration, un peu de bonne humeur
05:19avant votre journal de 8h.
05:21Il est 7h54 sur Sud Radio.
05:23A tout de suite.
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