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00:00Christian Flèche, un commentaire sur...
00:03J'imagine que des films d'horreur, pardon de réutiliser cette expression,
00:06vous en avez vu en vrai dans votre carrière et que ça évoque...
00:11Moi, ça n'a rien à voir, évidemment, et aucune analogie n'est à faire
00:18entre le Bataclan, parce que j'y pense, et ce qui s'est passé hier.
00:22Mais j'ai fait cette analogie dans ma tête parce que je pense au mouvement de foule,
00:25à la panique qui est générée, en l'occurrence, par l'incendie au Bataclan
00:30par des tirs de Kalachnikov, et cette panique totale qui est générée
00:36par le bruit, par les odeurs, qui fait qu'on ne sait pas encore
00:39ce qui est en train de se passer, mais que les gens veulent s'enfuir à tout prix,
00:43se piétinent les uns les autres, et cette analogie, je trouve qu'elle est
00:48assez saisissante également, et Georges réagira bien sûr.
00:50Oui, vous pensez au Bataclan, moi je pense à plein d'autres incendies.
00:53Les incendies, je pense qu'ils sont pires parce qu'il y a la fumée,
00:56il y a les flammes, et tout ça fait qu'il y a un mouvement de panique
00:59qui est encore plus considérable.
01:00Au Bataclan, on a vu des gens qui ont pu s'évacuer parce que les issues
01:04de secours n'étaient pas bloquées et qu'ils ont pu sortir, et heureusement.
01:08Sur des incendies et dans les flammes, et quand vos vêtements commencent
01:12à brûler aussi, c'est quand même complètement autre chose.
01:15Parce qu'en fonction des tissus, vous avez le vêtement qui brûle sur votre peau,
01:19qui font, et donc c'est une partie des blessés, voire des morts,
01:25qui peuvent mourir comme ça.
01:26Donc, bien sûr que j'ai vu des situations comme ça,
01:29et bien sûr que les constatations vont être très compliquées,
01:32parce que tout a brûlé, et qu'au milieu des décombres,
01:36on risque de trouver un 41e ou un 42e corps,
01:40et qu'il y aura besoin de faire des prélèvements,
01:43il y aura besoin de regarder s'il n'y a pas eu un élément
01:45qui a contribué à accélérer l'incendie, parce que ça peut aussi arriver.
01:49Par exemple, il y avait une bouteille d'essence d'alcool à brûler
01:53qui était dans un endroit, ça a pu contribuer à ça.
01:56Et puis, ensuite, on va retrouver des vêtements,
01:59on va retrouver des objets, et tout ça nécessite des constatations
02:02extrêmement minutieuses.
02:03Et c'est pour ça que je suis un peu en aide aux collègues suisses,
02:07parce qu'ils ont besoin d'avoir une sérénité,
02:10ils ont déjà la difficulté qui est normale des familles
02:15qui vont leur demander des identifications,
02:18et c'est par les constatations, et c'est par le travail
02:21qui va être fait sur les corps qui vont être découverts,
02:23qu'ils arriveront à identifier, et puisque c'est manifestement
02:26la priorité, et heureusement des autorités suisses,
02:29de rendre aux familles le corps de leurs proches.
02:33Georges, pardon ?
02:34Non, moi aussi, j'ai pensé comme vous, Julien,
02:37au Bataclan, bien que ce ne soit pas comparable,
02:39puisque c'est un attentat.
02:42Évidemment, évidemment.
02:43Je parle de la panique, de la panique générée.
02:46Mais moi, je pensais à l'identification des corps,
02:48parce qu'au Bataclan aussi, il a fallu plus de 48 heures,
02:52quelquefois, pour être certain, l'identification d'un corps,
02:55il y avait, je rappelle, 130 victimes ce soir-là,
02:58et au Bataclan, 90, il a fallu du temps pour pouvoir être certain,
03:02je me souviens, de familles, de familles,
03:04qui ont dû faire un parcours du combattant
03:07pour être certain que leur enfant y était ou n'y était pas.
03:11Et depuis, on a d'ailleurs adopté des procédures
03:14d'identification certaines, avec des lieux de regroupement,
03:19on a changé tout cela, voyez-vous.
03:21Et je pense que là, les familles vont vivre la même angoisse.
03:24– Cauchemar.
03:24– Imaginez, à l'instant où nous parlons,
03:27des familles qui savent que leur enfant était là-bas,
03:29dans une famille d'amis, par exemple, pour ce qui est,
03:32et se demande où il est, il n'arrive pas à le joindre.
03:35Est-ce qu'il est blessé ? Est-ce qu'il est mort ?
03:36C'est un moment extrêmement douloureux.
03:38– Je me permets une très courte parenthèse,
03:41parce que Christian Flech, vous me l'avez mentionné avant l'émission,
03:44et il était important de le rappeler, parenthèse,
03:47que les membres de la BRI et primo intervenants du Bataclan
03:51ont reçu dix ans après leur Légion d'honneur,
03:53aujourd'hui, il était temps.
03:55– Tout à fait, je suis très heureux pour eux.
03:57– Et je me permets de refermer cette parenthèse,
03:59tout en se félicitant qu'enfin ce geste ait été effectué.
04:04– Vous avez raison, parce que c'était quand même un peu un scandale,
04:05il y a eu une grande cérémonie à juste titre,
04:07pour rendre hommage à tous ceux qui étaient intervenus
04:09le soir du Bataclan,
04:11et eux avaient été oubliés,
04:13ils n'ont pas eu leur cérémonie aux Invalides,
04:15ce qui est quand même plus que regrettable.
04:16– Bien sûr, et voilà, je voulais absolument le mentionner,
04:19même si ce n'est pas le cœur de l'actualité
04:21que nous sommes en train de traiter.
04:22– Oui, Christian Flech.
04:23– C'est la difficulté qu'évoquait Georges Fenec.
04:24– Il y a fait plus longtemps qu'on a commencé à réfléchir
04:27sur ces sujets d'identification,
04:29au moins depuis 20 ans,
04:30parce qu'on s'est aperçu que parfois,
04:32c'était extrêmement compliqué,
04:34ne serait-ce que savoir combien il y avait de morts,
04:35et même sur des 8 ou 9 morts,
04:37on avait du mal parfois.
04:38Pourquoi ?
04:39Parce que sur les secours à l'époque,
04:41maintenant c'est beaucoup plus coordonné,
04:42il y a les pompiers qui évacuent de leur côté,
04:45il y a le SAMU,
04:46il y a les ambulances privées,
04:47il y a ceux qui vont dans les hôpitaux directement,
04:49emmenés par des amis qui passent en voiture,
04:52et après, chacun sa liste.
04:53Donc, il y a l'assistance publique qui fait une liste,
04:56quand elles changent d'hôpital,
04:58parfois, on les enregistre sous un autre nom.
05:00– Il faut être capable de se coordonner et de communiquer.
05:01– Et quand il y a, j'avais un souvenir,
05:03je ne jette pas la pierre à la nationalité,
05:05mais un Sri Lankais,
05:06quand il y a un nom et un prénom,
05:07parfois on l'intervertit,
05:08ça fait deux corps,
05:09alors que c'est la même personne.
05:11Donc, on a travaillé là-dessus depuis 20 ans,
05:14avec des dispositifs qui s'appellent sinus,
05:16c'est des systèmes sinus,
05:17qui permettent de mettre sur un corps,
05:20un bracelet avec un code-barre.
05:22– C'est ça. – Sur ce code-barre,
05:23il y a deux données,
05:24il y a des données qui sont accessibles à tous,
05:26qui sont les éléments d'identification,
05:28quand on peut les avoir,
05:29et il y a aussi des aspects médicaux
05:30qui ne regardent pas les services d'enquête,
05:32mais qui sont utiles quand un corps,
05:34il n'est pas encore décédé,
05:36quand un blessé passe d'un service hospitalier à l'autre,
05:39il y a des éléments médicaux qui peuvent être…
05:42– Il faut une grande froideur
05:42et beaucoup de recul pour travailler dans ce type de circonstances.
05:47– C'est surtout un besoin d'organisation,
05:49parce que quand vous dites qu'il faut 48 heures
05:52pour identifier les victimes,
05:54mais les victimes au Bataclan,
05:55on peut espérer qu'elles avaient sur eux leur pièce d'identité,
05:58et donc si on arrive à comparer la pièce d'identité
06:00par rapport à la personne, ça va vite.
06:02Mais 48 heures, c'est rien,
06:03compte tenu du nombre qu'il avait.
06:05Ça va être beaucoup plus long
06:06quand les corps sont impossibles à identifier.
06:08– Parce qu'on peut imaginer, là encore…
06:10– Et quand les pièces d'identité, par exemple,
06:12qu'ils peuvent avoir sur eux, ont fondu.
06:13– Oui, ou alors été dans un vestiaire,
06:15parce qu'on sait que quand on va dans un bar,
06:17comme ça, on laisse peut-être ses affaires
06:18dans un vestiaire ou à un certain endroit.
06:21Le président du conseil d'État-Valaisan,
06:23qui était tout à l'heure dans cette conférence de presse,
06:25qui revenait justement sur ce terrible travail
06:27d'identification des corps qui ne fait que commencer.
06:30– On a conscience, malheureusement,
06:33que l'identification des corps,
06:36l'identification également des blessés,
06:38peut prendre encore plus de temps,
06:40un temps terrible pour les familles concernées.
06:43Nous donnons à préaffirmer notre entière confiance
06:48envers les équipes, le personnel engagé,
06:52tant pour la prise en charge des patients
06:53que les équipes de la police sur place.
06:56Nous sommes face à une situation critique,
06:58face à des blessés graves, à des grands brûlés,
07:02et nous avons des transferts qui ont déjà pu être effectués
07:05dans plusieurs centres spécialisés,
07:07notamment au CHUV, à Lausanne, ainsi qu'à l'hôpital de Zurich.
07:11– Hélène Rouet, le cauchemar ne fait que commencer
07:13pour les victimes et les proches.
07:15– Alors ça, c'est sûr.
07:16Il y a également, j'ai une pensée aussi pour les blessés
07:19qui auront, je l'espère en tout cas, la chance de s'en sortir.
07:23Il faut rappeler aussi tous les traumatismes psychologiques
07:25qui peuvent venir effectivement d'un événement pareil.
07:27Vous avez évoqué le mouvement de foule, la peur de ne pas voir d'issue de secours.
07:32Et effectivement, c'est un traumatisme qui risque de rester
07:35pendant encore très très longtemps.
07:38Et vous évoquiez tout à l'heure le témoignage de ce couple.
07:41Lui, il y travaillait.
07:42– On va les réentendre en longueur dans un instant d'ailleurs.
07:44– Il y travaillait, il donnait quelques explications
07:46sur comment est fait effectivement le Constellation.
07:50Lui, il a perdu un ami.
07:51Donc effectivement, il faut penser aussi aux familles,
07:54aux victimes qui vont mettre des mois et des mois à s'en remettre.
07:56– On les a entendus brièvement dans le sujet.
07:58Si vous étiez avec nous il y a un instant,
07:59je voudrais que vous entendiez de nouveau ce couple de Français
08:02qui était sur place hier soir
08:03et qui témoigne de l'horreur à laquelle ils ont assisté.
08:07– On était donc, comme la plupart de toute la station,
08:10on voulait fêter le Nouvel An.
08:13Et on était au Moun, c'était un bar qui n'était pas loin du Constellation.
08:18Il était environ vers 1h50 et on entend des jeunes
08:21dire qu'il y avait un incendie aux Constellations.
08:24Alors je me suis empressé, je suis allé directement sur place
08:27et effectivement, il y avait la première zone de périmètre de sécurité.
08:32Mais c'était poignant parce qu'il y a des jeunes qui sortaient en cendres.
08:38– Oui, on a vu des jeunes en cendres.
08:42On a vu une veste brûlée par terre.
08:45On a vu les parents qui couraient pour aller voir leur fils.
08:48Les enfants, on a vu plein de pompiers.
08:52– C'est très dur, surtout avec les cris.
08:57En sachant que je travaillais là-bas, c'est un peu plus poignant
08:59parce que je sais la capacité de personnes qu'ils peuvent avoir là-bas.
09:04– Et puis je me permets de mentionner cette dépêche
09:06qui nous est parvenue il y a quelques minutes.
09:08La Commission européenne qui a affirmé aujourd'hui
09:10être en contact avec les autorités suisses
09:12afin de leur apporter une aide médicale après l'incendie meurtrier
09:15dans la station de ski de Cran-Montana, profonde tristesse et sympathie
09:18avec les victimes de cette explosion, écrit le commissaire,
09:21la commissaire européenne, Adjel Habib, sur son compte X.
09:26Elle va être cruciale, cette coopération, Christian Flèche ?
09:28– Elle va être cruciale pour permettre d'abord les soins aux blessés.
09:32Si un service de police, un service médical d'un pays étranger
09:36peut apporter des soins et qu'un transfert en hélico peut se faire rapidement,
09:40bien sûr que les services hospitaliers européens vont aider
09:44dans les soins aux victimes, ça c'est la priorité,
09:48et ensuite sur les identifications des cadavres
09:51et sur peut-être les suites de l'enquête judiciaire
09:55par tous les éléments que des témoins peuvent donner
09:59sur ce qui s'est passé avant le drame,
10:01parce que ce sera une partie de ce qui aidera à solutionner
10:04le déroulé des faits.
10:06– Je remercie Laetitia Guinan de nous avoir rejoints sur ce plateau.
10:10Bonsoir, chère Laetitia, vous êtes journaliste suisse,
10:14habituée du plateau de Punchan.
10:17Je suis malheureux de vous accueillir comme ça un 1er janvier,
10:21au lendemain d'un réveillon qui était supposément festif.
10:26J'ai envie de savoir comment la Suisse que vous êtes
10:30a vécu les dernières heures.
10:31– C'est un immense choc, vraiment c'est un immense choc.
10:35C'est vrai que je suis à la fois extrêmement bouleversée,
10:38très heureuse aussi parce que mes enfants auraient pu y être.
10:40C'est vrai que ce matin quand on s'est réveillé ou pas réveillé,
10:44on s'est tous comptés.
10:46La plupart de mes proches, effectivement, heureusement,
10:48n'avaient pas d'enfants.
10:50Tout le monde est rentré sain et sauf.
10:51Mais c'est sûr que Cran-Montana, c'est une grande station
10:55de ski internationale avec beaucoup d'étrangers,
10:59mais avec beaucoup de Suisses aussi.
11:00Et c'est vrai que très facilement, les gens montent faire le 31
11:04où ils sont, etc.
11:06Et c'est très familial.
11:07C'était un lieu, effectivement, où les jeunes se retrouvaient.
11:11C'est pour ça qu'il y a beaucoup, beaucoup de très jeunes.
11:14Avec le sentiment pour les parents que c'est assez sécurisé.
11:17On est en famille, voilà, on laisse nos enfants aller fêter un peu.
11:22Mais ça va être son danger.
11:24On ne peut pas imaginer une minute qu'il pourrait décéder
11:28dans des circonstances aussi épouvantables que ça.
11:31Et c'est vrai que 50 familles, ce matin, se sont réveillées ou pas endormies
11:35en ayant perdu un enfant.
11:37Le choc est d'autant plus grand que 115 blessés,
11:40je crois que c'est le dernier des comptes.
11:41C'est ça.
11:42Et dans des situations extrêmement graves.
11:44C'est-à-dire que ces jeunes ont été pris au piège des flammes.
11:47Enfin, c'est épouvantable.
11:50Et le paradoxe, effectivement, de se dire
11:52qu'on est dans un endroit sécurisé, festif,
11:55ça ne devrait pas se produire.
11:58Et voilà.
11:59Et donc, c'est énorme.
12:01Vous connaissez ce lieu ?
12:02Vous êtes déjà rendu à Accra-Montana ou dans ces lieux en particulier ?
12:06Vous pouvez nous le décrire un petit peu ?
12:07Vous êtes déjà rentré dans la Constellation ?
12:10Oui.
12:10Non, pas Constellation parce que c'est au centre du village.
12:15C'est un après-ski qui est apprécié apparemment
12:19depuis quelques années par les jeunes et très jeunes,
12:22plutôt pour l'après-ski, l'après le début de night.
12:25On va dire ça comme ça.
12:26Mais oui, c'est une station, Accra-Montana,
12:29c'est une station évidemment qui est une des grandes stations
12:31connues à l'étranger,
12:34mais qui est aussi une des grandes stations
12:35que les Suisses fréquentent.
12:37Moi, j'ai passé mon enfance.
12:38Mes enfants ont tous appris à ce qui est.
12:40Il y a des grandes compétitions de ski aussi à Accra-Montana.
12:42Il y a des grandes compétitions de ski.
12:43Il y a des grandes stars aussi.
12:45Quand j'étais enfant, je me souviens de déjeuner
12:47où il y avait Gilbert Bécaud.
12:49Roger Mour avait son chalet aussi là-bas.
12:52Catherine Deneuve, je me souviens de Catherine Deneuve
12:54faisant du ski de fond et rallant autour de sa piste de ski de fond.
12:57Et donc voilà, c'est ça.
12:59Mais c'est aussi effectivement pour les Suisses
13:01ou les Suisses romands dont je fais partie.
13:03C'est aussi un endroit où on va passer le week-end,
13:07passer des vacances,
13:08apprendre à nos enfants à skier, skier, etc.
13:11Et c'est une station qui, en même temps,
13:13c'est presque la mer à la montagne, Accra-Montana.
13:16C'est ça aussi qui fait son succès,
13:17notamment auprès des Italiens,
13:19parce que c'est une station extrêmement ensoleillée.
13:21Ce n'est pas la montagne comme peut l'être Zermatt
13:24avec une montagne un peu plus rude ou même verbier.
13:28Accra-Montana, c'est beaucoup de soleil,
13:31c'est des lacs, c'est des promenades.
13:32Et donc, c'est très apprécié par tous les âges.
13:35Et plutôt, effectivement, par les très jeunes
13:37ou par les plus âgés,
13:38parce que c'est une petite mer.
13:41Et ça fait aussi que beaucoup d'Italiens,
13:43ils viennent depuis très très longtemps,
13:45que c'est un grand lieu de villégiature des Italiens,
13:47parce qu'il y a à côté d'Olcevi,
13:49tu as aussi Accra-Montana,
13:50tout à fait particulier à cette station,
13:53et qui, effectivement, est une station,
13:55en tout cas, que moi, j'apprécie énormément.
13:57C'est évidemment un drame qui va coller
13:59à la peau de cette station très durablement.
14:01et on ne peut pas le nier.
14:07C'est un drame national en Suisse.
14:09On en a tous conscience.
14:10Le président a annulé ses voeux
14:12et est venu prendre la parole à cette conférence de presse,
14:15rappeler l'unité du pays,
14:18rappeler que c'est l'une des pires tragédies du pays,
14:20que les drapeaux seront mis en berne pendant cinq jours.
14:24On discutait tout à l'heure avec notre reporter d'Europe 1,
14:26Jean-Luc Goujean, et je lui disais,
14:29on a ces messages d'unité et de rassemblement,
14:32mais la polémique pourrait naître rapidement,
14:35mais ce serait méconnaître l'esprit suisse, finalement,
14:37et être un peu trop franco-français
14:40que de dire que le temps de la polémique va vite arriver.
14:42Alors, il y a le temps du respect.
14:45Déjà, beaucoup de familles ne savent pas
14:47si leurs enfants sont encore vivants,
14:49font partie, il y a encore une identification des corps,
14:51donc c'est sûr que maintenant,
14:52on est dans le temps de l'émotion
14:53et dans le temps, effectivement, de la gestion de crise.
14:56Beaucoup de jeunes sont entre la vie et la mort,
15:00et beaucoup de familles, de leurs familles,
15:02ne savent même pas où ils en sont,
15:03sont portées encore disparues.
15:05Donc, on est encore dans ce temps-là.
15:07Évidemment, les enquêtes ont déjà été déclenchées.
15:08Évidemment qu'il y aura des enquêtes,
15:12et il va falloir montrer aussi
15:14où sont les responsabilités,
15:15pourquoi ça s'est si vite embrasé,
15:17pourquoi il n'y avait pas de sortie de secours,
15:21pourquoi être dans un lieu, effectivement,
15:22qui est connu pour être un lieu avec des très jeunes.
15:24C'est vrai qu'il y a un paradoxe,
15:25on devrait dire, à 16 ans, 15 ans, parfois 14 ans,
15:29les jeunes n'ont rien à faire en boîte de nuit.
15:31Là, les parents étaient aussi assez tranquilles
15:33parce qu'on se dit, voilà, tout est sous contrôle, en fait,
15:38et qu'on ne risque pas grand-chose à part, peut-être,
15:41de boire un coup de trou.
15:43Et donc, c'est aussi pour ça que l'émoi,
15:46qui est tellement, tellement important,
15:47va devoir, va devoir, enfin, appellent des réponses
15:50et des réponses qui seront peut-être désagréables.
15:53Ça, c'est certain.
15:53Il y a ces témoignages qu'on a entendus ici en France
15:55sur ces fameuses bougies ou bougies à étincelle,
16:00je ne sais plus comment on appelle ça,
16:01des petits feux de bengale sur les bouteilles
16:02qui auraient pu être la cause.
16:04Est-ce que ces premières explications,
16:05qui ne sont que des témoignages,
16:06et Christian Flèche nous l'a rappelé,
16:08et je me permets de le faire également,
16:10soyons extrêmement prudents,
16:11tout ça ne vaut pas conclusion,
16:13mais uniquement début de témoignage
16:14qui commence à affluer.
16:16Est-ce que ces témoignages précis
16:17sur ces bougies, donc étincelles,
16:19qui auraient pu être à l'origine,
16:21sont relayées également en Suisse ?
16:22Est-ce que, là encore,
16:24c'est quelque chose qui prend de l'ampleur
16:25ou pas du tout ?
16:26Alors, pour l'instant, non.
16:27Les Suisses sont très prudents.
16:28Il n'y a pas de chaîne d'information.
16:29On continue en Suisse.
16:30On ouvre parfois l'antenne.
16:31Je crois que nous sommes regardés,
16:32d'ailleurs, en Suisse,
16:34et si les Suisses nous regardent,
16:36nous nous renvoyons, évidemment,
16:37toutes nos affections
16:38et tous nos témoignages de compassion
16:41les plus immenses qui soient.
16:42Apprécie ces news, effectivement.
16:44Non, ce n'est pas encore évoqué.
16:46C'est évoqué.
16:47Voilà.
16:48Cette idée de bougie,
16:49c'est apparu, d'ailleurs,
16:50sur des vidéos.
16:52Il y a aussi, apparemment,
16:53quand même d'autres.
16:54Il pourrait y avoir.
16:55Il pourrait,
16:55parce que, soyons extrêmement prudents,
16:56des engins pyrotechniques,
16:59pas type fumigène,
17:00mais enfin,
17:00quelque chose qui...
17:01Et c'est vrai que ça posera la question.
17:04Il est vraiment trop tôt pour le dire.
17:05Encore une fois,
17:05on n'a pas du tout d'éléments là-dessus.
17:07Mais sur cette facilité aussi
17:10que les jeunes ont aujourd'hui,
17:11avoir des engins pyrotechniques
17:13dans la rue,
17:14un peu n'importe où,
17:15et que, voilà,
17:16en toute impunité,
17:17ils peuvent se blesser, d'ailleurs,
17:18quand ils les utilisent.
17:19Mais ça,
17:19on a un grand laxisme.
17:22Après, je ne veux pas vous contredire.
17:23C'est vrai que ces petites bougies
17:25qui s'enflamment,
17:26ça fait belle lurette
17:27que je n'ai plus pratiqué
17:29des activités nocturnes.
17:31Mais je vais vous dire
17:31que ça fait des années
17:32et des années et des années
17:33qu'on voit ces petits feux de mingales
17:35sur des bouteilles.
17:36Il y a 20 ans,
17:37ça existait déjà.
17:37Même plus gros.
17:38Oui, à vous parler des mortiers,
17:40en l'occurrence,
17:40des choses comme ça.
17:41Oui, même de façon récréative,
17:42sans aller effectivement
17:43dans quelque chose
17:44qui soit une guerre de gang
17:46ou entre guillemets.
17:47Mais voilà,
17:47l'engin,
17:48l'utilisation de ces engins,
17:50aujourd'hui,
17:50c'est largement banalisée.
17:51Oui, c'est vrai.
17:51Et c'est certain
17:52qu'il y a beaucoup
17:53de comportements probablement
17:54chez les jeunes
17:54qu'il serait bon aussi
17:56un tout petit peu
17:57sur lesquels il faudrait
17:59un peu resserrer la vis
18:00parce que ça peut donner
18:02des drames comme ça.
18:02Après, on ne sait pas
18:04encore une fois
18:04pourquoi tout s'est embrasé
18:05si rapidement
18:06dans un établissement
18:07qui devait être remis à jour.
18:10Enfin, il a été remis à jour
18:11parce qu'on voit
18:12Cran-Montana,
18:13c'est une station
18:13qui a été construite,
18:14beaucoup densifiée
18:16dans les années 70.
18:17Donc, les bâtiments
18:20là où était le bar
18:22Le Constellation,
18:23où est le bar Le Constellation,
18:24c'est un bâtiment
18:25qui date de cette époque-là.
18:27C'est-à-dire que,
18:27eu égard le standing
18:28de la station,
18:29on se dit que les établissements
18:30sont modernes,
18:32aux normes,
18:34ultra contrôlés
18:34parce qu'on est
18:35dans un espèce
18:36de courchevel suisse.
18:37C'est un peu ça.
18:38Voilà.
18:38Et parce qu'on est en Suisse,
18:40effectivement,
18:40quand on vient en Suisse,
18:42on se dit
18:42tout doit être sécurisé,
18:43tout doit être aux normes.
18:44C'est un pays
18:45qui ne peut pas
18:46se permettre ça.
18:47Et c'est sûr que là,
18:48le dégât d'image,
18:49j'en parlais justement
18:50avec une personnalité
18:52importante du Valais
18:54et comment,
18:55voilà,
18:56l'enquête doit être faite
18:57et comment rassurer
18:58les gens
18:58à l'international
18:59parce que là,
19:00le dégât d'image
19:01peut être considérable
19:02mais même en Suisse.
19:03Parce que franchement,
19:04honnêtement,
19:04moi, c'est vrai que
19:05le choc que j'ai perçu,
19:07moi, en me disant
19:07mais ce n'est pas possible
19:08qu'à Cran-Montana,
19:09effectivement,
19:09on risque de perdre
19:10un de ses enfants
19:11dans une boîte de nuit
19:13de façon aussi dramatique
19:14et pas un enfant,
19:16mais 50
19:19ou peut-être
19:20beaucoup plus aujourd'hui.
19:21Et donc,
19:21bien sûr,
19:22ce dégât d'image
19:23potentiel
19:24pour la Suisse,
19:25pour les stations de Suisse
19:27valaisanne
19:28ou autres,
19:29il est potentiellement
19:30énorme
19:31et il va falloir
19:31effectivement faire
19:32une enquête,
19:33déterminer exactement
19:34où sont les responsabilités
19:36et comment rassurer
19:37y compris les Suisses
19:38mais aussi les étrangers
19:39qui viennent ici
19:40que tout va bien
19:42dans ce beau pays.
19:43Un petit mot encore,
19:44Laetitia Guinan,
19:45je rappelle que vous êtes,
19:45pour nos auditeurs d'Europe 1,
19:48vous êtes journaliste suisse,
19:49vous savez si des hommages
19:50officiels sont d'ores et déjà
19:52prévus,
19:52vont être organisés
19:53dans les jours qui viennent
19:54ou pour l'instant,
19:55il n'y a pas de communication
19:56à ce sujet ?
19:57Des hommages
19:59parce que,
19:59il y a des messes,
20:00le Valais aussi
20:01est un canton extrêmement catholique
20:02donc voilà,
20:04d'ailleurs le président
20:04de la Confédération,
20:05Guy Parmelin,
20:06quand il est arrivé sur place
20:07a commencé par évoquer
20:09la prière,
20:10ça n'arrive qu'en Suisse
20:11parce que même
20:12la constitution suisse
20:13est encore sous le haut jou
20:16de Dieu
20:16et donc voilà,
20:19il y aura,
20:19les drapeaux helvétiques
20:21vont être en Berne
20:22pendant cinq jours,
20:23a-t-il dit,
20:24je ne pense,
20:25je ne sais pas
20:25si une commémoration
20:26aura lieu dans l'immédiat
20:28alors qu'autant de victimes
20:29sont encore
20:30entre la vie et la mort
20:31et qu'autant de familles
20:33ne savent pas.
20:34Rien ne sera possible
20:35tant que tous les corps
20:36n'auront pas été identifiés
20:37et que toutes les victimes
20:38n'auront pas été traitées,
20:39tous les blessés
20:40n'auront pas été traités
20:41a priori.
20:42Le choc et le deuil
20:43sont déjà là
20:44et en même temps,
20:45la station continue de marcher
20:47puisqu'il y a des gens
20:48apparemment
20:48qui sont allés skier aujourd'hui,
20:50en tout cas les remontées mécaniques,
20:51je trouvais un tout petit peu ça critique.
20:53On va avoir envie
20:54d'aller skier quand même là
20:54mais je ne cache pas que...
20:56que j'aurais arrêté tout ça.
20:59J'ai juste une question madame,
21:00vous ne connaissez pas
21:00le Constellation
21:01mais manifestement
21:02les propriétaires
21:02ont deux autres établissements
21:04dans la ville.
21:05Est-ce que vous connaissez
21:05les deux autres établissements
21:06ou le couple de propriétaires ?
21:08Non, je ne les connais pas.
21:09Cran-Montana,
21:10c'est une des stations de ski
21:11qui les Valaisans,
21:13pour certains,
21:15préfèrent garder
21:16la maîtrise de leur territoire.
21:17Cran-Montana,
21:18depuis longtemps,
21:18c'est une station
21:19qui a beaucoup vendu
21:21aux étrangers.
21:21Il y a eu
21:22nombre de problèmes d'ailleurs
21:23parce qu'un temps,
21:25c'était un milliard
21:26d'air qui s'appelait Vitec
21:27qui a pris la main
21:28sur la station
21:29et ça posait
21:30beaucoup de problèmes
21:30et c'est vrai
21:31que les Valaisans,
21:33enfin les Suisses
21:33trouvaient un peu regrettable
21:34que finalement
21:35Cran-Montana
21:35soit autant vendu,
21:38autant peut garder
21:39disons que leurs fonds de commerce
21:40et la maîtrise
21:41sur leurs établissements.
21:42Donc il y a beaucoup
21:43effectivement
21:43de propriétaires,
21:46d'investisseurs internationaux
21:48qui investissent
21:49à Cran-Montana
21:49pour le meilleur
21:50ou peut-être pas toujours
21:51pour le meilleur
21:51et c'est une particularité
21:53aussi qui est propre
21:56à Cran-Montana
21:56et donc moi
21:57je ne connais pas
21:58effectivement le couple
21:59dont la dame,
22:01dont l'épouse
22:01a été blessée
22:02au bras
22:03et qui a été brûlée
22:04dans cet incendie.
22:05Mais c'est sûr
22:07qu'il y a quelques
22:10gros magnats
22:12et c'est un peu
22:14une exception en Valais,
22:16c'est un peu
22:16une exception en Suisse
22:17qu'autant d'étrangers
22:19puissent avoir,
22:21être propriétaires
22:22et développer
22:23autant de commerces
22:24dans une station
22:25comme ça
22:25qui en principe
22:26reste aux mains
22:27des habitants locaux.
22:30Il nous reste peu de temps
22:30ensemble sur ces news
22:31européens,
22:32je voudrais juste
22:32qu'on entend
22:32ce dernier témoignage
22:34qu'on ne vous a pas
22:34fait écouter encore
22:36l'un des rescapés
22:37de ce drame
22:38qui témoignait
22:39tout à l'heure.
22:42Il y a juste eu
22:42un brasier d'un coup,
22:43un truc très vif.
22:45Puis nous,
22:45on était bloqués,
22:46beaucoup de gens
22:46étaient bloqués,
22:47on pensait qu'on allait
22:48eufoquer à cause
22:49de la fumée,
22:49on ne savait pas
22:50trop où sortir.
22:51Il y a eu un énorme
22:51attroupement et moi
22:52par exemple,
22:53j'étais tout seul,
22:54je me suis dit
22:54que je n'allais pas
22:55m'en sortir,
22:56mais j'ai réussi
22:56à casser une fenêtre
22:57et sortir par la fenêtre.
22:59C'est vrai que
22:59je n'avais plus
22:59la moitié de mes habits,
23:00c'était le chaos.
23:02J'étais au sous-sol,
23:04on s'amusait bien
23:05avec nos collègues,
23:06mais malheureusement,
23:08certains de nos collègues
23:09ne sont plus parmi nous
23:10à cause du feu,
23:12à cause de tout ça.
23:14Mais c'est vrai
23:14que c'était un chaos,
23:15c'était l'instant de survie,
23:16les gens étaient bloqués,
23:17j'ai dû mettre une table
23:18en travers
23:19pour pouvoir me cacher
23:19d'un à la table
23:20pour éviter de me faire
23:20attraper par le brasier.
23:22Il me semble
23:23qu'il y avait des dames,
23:24des serveuses
23:25avec des bouteilles de champagne
23:25et avec des petites fusées.
23:27elles ont raclé trop
23:28près du plafond
23:32et ça a pris feu
23:34d'un coup.
23:35Ce que je trouvais fort,
23:36c'est que
23:36les gens sortaient
23:38sans,
23:39comme dit mon collègue
23:39là maintenant,
23:40ils n'avaient plus
23:41de t-shirts,
23:41plus de pantalons,
23:42brûlés à moitié.
23:44Mais heureusement
23:44que les locaux
23:45des autres magasins
23:46les ont accueillis
23:47pour les aider,
23:49les secourir.
23:50Je trouve que
23:51c'est très important
23:51pour cette communauté
23:53de les avoir aidés.
23:55Terrible témoignage
23:56et on voit sur le visage
23:57de ce gamin
23:57il n'y a pas 20 ans
23:58et on peut imaginer
23:59là encore
24:01les âges
24:02des différentes victimes.
24:05Que dire
24:05après un événement
24:07comme celui-là
24:08si ce n'est que
24:09de penser
24:09à ceux qui étaient
24:10au cœur de ce drame,
24:11à leurs proches,
24:12à ceux qui espèrent
24:13encore aujourd'hui
24:13qu'ils se posent
24:14des milliers de questions
24:15qui sont dans une angoisse
24:16absolument totale.
24:17On aurait aimé
24:17passer un 1er janvier
24:19un petit peu différent
24:19sur l'antenne de CNews
24:21mais c'est ainsi
24:21que le monde va,
24:23c'est ainsi que 2026
24:24débute.
24:24Je vous remercie
24:25tous les six
24:25d'avoir participé
24:26à cette émission.
24:28Les programmes se poursuivent
24:29sur Europe 1
24:29avec Rudy Sada
24:30pour Europe 1 Soir.
24:32Nelly Dénac
24:32vous donne rendez-vous
24:33dans quelques instants
24:34pour Face à l'Info
24:34sur CNews.
24:35J'aurai le plaisir
24:36de vous retrouver
24:36personnellement demain matin.
24:38Très bonne soirée
24:38malgré tout
24:39et bonne année
24:40sur CNews.
24:41à très vite.
24:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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