Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Monsieur le Maire.
00:02Bonjour.
00:02Bonjour. Alors, je vais rappeler quand même les faits, parce que ça, à part CNews et Europe 1, quasiment personne n'en a parlé.
00:12Et pourtant, je voudrais qu'on m'arrête sur cette, et qu'on s'arrête sur cette affaire qui, pour moi, est révélatrice et symptomatique de notre époque.
00:20Alors, nous sommes en décembre 2024, il y a un an, un homme arrive sur une sorte de terrain avec une motocross.
00:27Il est cet homme sans assurance, sans permis de conduire, sans casque, avec une cagoule.
00:33Pouvez-vous nous dire, Monsieur le Maire, ce qu'il se passe à ce moment-là, quand vous le voyez ?
00:39Alors, moi, je suis appelé par des gens qui sont à côté de ce terrain.
00:43C'est un terrain de Moutenburg.
00:44La Moutenburg, c'est des planches de skateboard tout terrain.
00:49Pendant l'hiver, on ne peut pas le pratiquer, parce que c'est un terrain spécifique, ça ne marche que l'été.
00:53Et donc, il est avec cette moto en train de rouler sur ce terrain.
00:56Il est en train de le dégrader, de le pulveriser.
01:00Et là, j'arrive sur place, parce qu'on m'a appelé, j'arrive donc avec mon véhicule sur place.
01:04Et je lui dis, il faut que tu sortes de là, il faut que tu t'en ailles de là.
01:08Et là, je vois bien qu'il n'a pas envie.
01:11Il commence par l'insulté.
01:13Et je vois bien que ça ne va pas le faire.
01:15Je m'en vais, je fais une centaine de mètres.
01:18Et quand il a enlevé sa cagoule, j'ai compris qui c'était.
01:21Je connais ce jeune.
01:23Je connais son père.
01:24Et donc, vous avez, alors ce qu'on vous reproche, en fait, c'est d'avoir, et là, on va être un petit peu didactique pour expliquer ce que vous avez sorti.
01:32Vous avez sorti un pistolet de détresse.
01:34Alors, en fait, c'est un pistolet pour lancer des fusées quand les marins en mer sont un petit peu en difficulté et qu'ils veulent alerter les secours.
01:42Ce pistolet n'était même pas chargé, c'est ça ?
01:45Non, le pistolet n'était pas chargé.
01:48Alors, il faut quand même rappeler que je l'ai sorti après qu'il m'a mis quand même un coup de coude à la carotide dans mon véhicule.
01:53Moi, j'ai quand même subi, j'étais assis sur mon siège et il m'a coup par la fenêtre, la fenêtre était baissée.
02:01Il m'a mis un coup à la carotide et moi, j'ai vu ma vie défiler.
02:05J'ai dit, tiens, avec la main gauche, il va certainement m'envoyer soit une grande droite, soit un coup de pierre, soit je ne sais pas.
02:11Et c'est pour ça que je plonge sous le siège passager sur lequel je saisis ce pistolet de détresse.
02:17– Bon, et alors, que s'est-il passé ensuite ? Parce que cet homme a porté plainte contre vous ?
02:24– Oui, alors, c'est le monde à l'envers.
02:28– C'est le monde à l'envers.
02:28– Voilà, alors, Hélène Roué, Amory, Brolet, Michel Fayad, je vous le dis, monsieur le maire, en studio, on est, heureusement qu'on est assis,
02:36parce que sinon on serait tombé. C'est le monde à l'envers.
02:39Cet homme porte plainte ensuite, qu'est-ce qu'il fait ?
02:42– Alors, lui, les choses se sont apaisées même par la suite.
02:45On est chacun reparti dans son coin, et lui, j'apprends, alors, moi, deux heures plus tard,
02:52des huit policiers arrivent chez moi sous instruction, évidemment…
02:58– D'accord, prend le bas de combat, donc, oui.
03:00– Ah oui, il a donc été porté plainte.
03:02Il y a huit policiers qui arrivent chez moi, donc, avec armée,
03:07et qui me disent, voilà, nous venons, sur ordre de substitut du procureur,
03:12nous venons vous mettre en garde à vue.
03:14– Je dis, d'accord, vous pouvez, il perquisitionne ma maison,
03:17il me demande de remettre l'arme, quelque chose que je fais immédiatement,
03:21sur place, il y a ma femme, ma petite-fille, enfin, et me disent,
03:24bon, ben voilà, il m'emmène au commissariat pour m'entendre,
03:28pour donner des explications, alors, pour m'auditionner, pardon.
03:32Il m'auditionne, moi, je donne ma version des faits.
03:35Alors, lui, évidemment, il a donné une version qui ne correspond pas à la réalité, mais…
03:40– En sa faveur, ok, oui.
03:41– Bien sûr.
03:43Et donc, là, je suis mis en garde à vue, je suis mis en géole,
03:48pendant 24 heures, je passe la nuit là-bas,
03:51complet, jusqu'au lendemain à 18 heures,
03:53puis après, ben, médecin…
03:57– Alors, monsieur le maire, monsieur le maire, monsieur le maire,
03:59cet homme, est-ce qu'on sait quel est son pédigré, a-t-il des antécédents ?
04:05Est-ce un enfant de cœur ou, bon, voilà, vous aviez de bons rapports avec lui ?
04:09Pour qu'on comprenne un petit peu le contexte.
04:11– Le contexte, c'est ça, c'est quelqu'un issu de la communauté des gens du voyage,
04:17il a huit mentions à son casier judiciaire,
04:20dont six en tant que mineurs et deux en tant que majeurs,
04:24parce qu'il est jeune, il a 20 ans,
04:27et donc, voilà, lui, c'est quelqu'un…
04:30Alors, on écoute tout ce que lui dit,
04:31la juge écoute tout ce que lui dit,
04:34moi, on m'écoute, mais un peu différemment.
04:35– C'est un… il fait partie de ses petits anges, voilà.
04:40Alors, ben oui, oui, tout à fait.
04:42Alors, pardon, non, non, alors, on sourit, monsieur le maire,
04:44mais c'est pas drôle, parce qu'en plus,
04:45vous avez dû être condamné à une amende, c'est ça ?
04:48– Oui, alors, ben,
04:50la suite, voilà, on était entendus tout au moins,
04:51j'ai été entendus tout au long de l'année,
04:53j'ai tout le temps dit la même chose,
04:54j'ai été, voilà,
04:55j'ai d'abord été mis en témoin assisté,
04:58après mis en examen,
04:59et après on m'a dit, ben,
05:00je vous mets en correctionnel, d'accord.
05:02– Vous avez payé combien d'amende ?
05:04– Alors, j'ai dû payer, au départ,
05:071700 euros de frais de justice, voilà.
05:12Après, on m'a condamné supplémentairement
05:15à 500 euros d'indemnité pour le jeune.
05:18– D'accord, parce qu'en fait,
05:19il s'est constitué partie civile, c'est ça ?
05:21– Voilà, c'est ça, et donc…
05:23– Ah oui, mais c'est vraiment…
05:24Non, mais là, c'est le monde à l'envers.
05:26– C'est le monde à l'envers.
05:26– C'est le monde à l'envers, monsieur le maire.
05:28Bon, mais aujourd'hui, vous êtes dans un état de révolte
05:31indicible, j'imagine.
05:33– Alors, vous savez, moi, je connais un peu cette situation,
05:40parce que dans notre commune,
05:41c'est une commune plutôt tranquille,
05:42sauf qu'on a ce camp qui a deux kilomètres,
05:45qui n'est alors pas sur notre territoire.
05:46– Alors, monsieur le maire, j'aimerais quand même,
05:47parce qu'il y a deux volets dans ce que vous nous dites.
05:50D'abord, le côté complètement hubvesque de la chose,
05:53et puis ensuite, l'affaire des rôdeurs urbains.
05:56Voilà.
05:56Alors, j'aimerais quand même, Michel Fayad,
05:58Hélène Rouet et Amoury Brelet,
06:00qu'on puisse réagir avec ce monsieur.
06:03Peut-être, souhaitez-vous interpeller monsieur le maire
06:06sur ce qu'il a…
06:06Hélène Rouet, ben oui, vous avez bondi.
06:09– Non, mais monsieur, c'est…
06:10– À l'écoute de ce témoignage,
06:12on reste avec monsieur le maire, évidemment.
06:14– Cette histoire est absolument folle.
06:16Bonjour, monsieur le maire.
06:16Et j'avais une question,
06:17parce que j'ai lu également sur Internet
06:19qu'il y avait une cagnotte
06:20qui avait été ouverte pour vous,
06:22pour justement vous aider à payer ces frais de justice
06:24que vous n'auriez jamais dû payer.
06:26Et j'ai lu qu'elle avait été fermée.
06:27Est-ce que vous pouvez m'en dire un peu plus ?
06:29– Oui, en fait, on s'est fait rattraper rapidement
06:33par la patrouille, entre guillemets,
06:35en nous disant que ça, c'est complètement interdit.
06:38Alors, il y a deux choses qui sont interdites.
06:40Première chose, c'est qu'on mette une cagnotte
06:41concernant les frais,
06:42parce que je veux avoir des frais d'avocat payés.
06:44Et je ne peux pas avoir de protection
06:46de la part de la mairie.
06:48C'est-à-dire que tout doit être payé par moi
06:50et la mairie ne peut pas intervenir
06:52même au niveau de l'avocat.
06:53Tout doit être payé par moi.
06:55– D'accord.
06:56Vous ne pouvez pas avoir de protection fonctionnelle,
06:59comme on dit en fait, dans le jargon.
07:00– Est-ce que ce garçon-là, qui vous a causé du tort,
07:05la victime, puisqu'il faut l'appeler comme ça,
07:09est-ce que ce garçon désormais fanfaronne
07:13ou bien se sent poussé des ailes avec vous ?
07:17– Non, alors, vous savez,
07:19tous ceux qui me connaissent, en fait, dans la ville,
07:21dans l'agglo, savent que nous,
07:23on est issus plutôt de familles de résistants.
07:26On est des gens qui vont commencer à ADN
07:29et puis notre histoire familiale,
07:31elle est construite comme ça.
07:31– Il ne fait pas le malin, d'accord.
07:34– Non.
07:34– Et là, Norouet souhaite vous interpeller à nouveau,
07:36monsieur le maire.
07:37– Je voulais revenir aussi sur ce coup à la carotide
07:40qu'il vous a porté.
07:41Dans quel monde, ça, ça n'a pas été retenu ?
07:44C'est-à-dire qu'en fait, pardon,
07:45mais il vous a blessé physiquement,
07:46il vous a mis un coup à la carotide avec son coude.
07:48Je veux dire, comment ça n'a pas pu être retenu ?
07:51Qu'est-ce qui s'est passé lors des audiences,
07:52lors du procès ?
07:53Qu'est-ce qui s'est passé ?
07:54– Écoutez, pour faire assez simple,
07:57il y avait la procureure qui était aussi présente
08:00qui a fait, qui a énuméré les choses
08:02et qui était plutôt, on va dire,
08:04il y avait une forme d'équilibre dans l'histoire
08:06parce qu'on me reproche.
08:07– C'est ce qu'on appelle des violences réciproques,
08:10mais au final, c'est vous qui payez.
08:11– Mais il ne l'a pas touché.
08:13Vous ne l'avez pas touché, ce monsieur ?
08:14– Ah non, jamais, jamais.
08:16– Il n'y en a un qui a touché l'autre.
08:17– Il n'y a pas de réciprocité, en fait.
08:18Il n'y a pas du tout autre.
08:19Et j'imagine que ce garçon,
08:21il est peut-être insolvable
08:23et que de toute façon, même si vous aviez,
08:25vous, monsieur le maire, été reconnu victime,
08:27vous n'auriez rien pu tirer, si j'ose dire,
08:30de ce garçon.
08:31– 500 euros de dommage et intérêt pour lui.
08:34– Ben voilà, ben oui,
08:35maintenant, ça le rendra peut-être solvable,
08:38désormais, ce garçon.
08:39On plaisante, monsieur le maire,
08:42mais sachez qu'on est révolté
08:45sur le plateau d'Europe 1
08:46de ce qui vous est arrivé.
08:47Et moi-même, quand je vous ai vu,
08:48je vais tout vous dire,
08:49j'ai vu votre histoire sur CNews cette semaine,
08:52j'ai été outré, révolté,
08:54et quand on voit ça, en fait,
08:56Michel Fayad à Moribrelet,
08:58on est clairement dans l'inversion totale des valeurs.
09:02On est en plein dedans.
09:03– On marche sur la tête,
09:04on vit dans un pays de fous,
09:06dans un pays où les délinquants,
09:07les voyous sont relaxés,
09:09et où les maires responsables sont condamnés.
09:12Alors, les rodéos urbains, c'est un fléau,
09:14comme d'ailleurs les refus d'obtempéré,
09:15mais systématiquement, dans les deux cas,
09:16d'ailleurs, c'est l'impunité généralisée,
09:18c'est-à-dire le laxisme judiciaire.
09:20Combien d'auteurs de rodéos urbains finissent en prison ?
09:22Quasiment aucun.
09:24En mai dernier, il y a eu une circulaire du ministère de la Justice
09:26qui a demandé aux magistrats
09:28de favoriser les saisies et les confiscations des véhicules.
09:31Alors, les saisies, les parquets, les fonds,
09:33la confiscation des véhicules,
09:35les magistrats du siège s'y refusent encore,
09:37ils rechignent.
09:38On est dans le laxisme judiciaire,
09:39résultat, c'est l'impunité,
09:41et donc, on encourage la récidive.
09:42– Et là, c'est un encouragement qu'on a donné à ce garçon,
09:45visiblement très jeune,
09:46qui est récidiviste,
09:47qui n'est pas un enfant de cœur,
09:48et qui a gagné 500 euros
09:51parce qu'il a foutu un coup à la carotisse d'un mètre.
09:54– On va devoir marquer une courte page de publicité.
09:57Merci infiniment,
09:59Romuald Cels,
10:00maire de Venette, dans l'Oise.
10:02Vous nous donnerez des nouvelles.
10:03300 habitants, c'est ça, dans votre village, monsieur le maire ?
10:06– 3 000 habitants.
10:08– 3 000, pardon, 3 000 habitants.
10:09Que peut-on faire dans votre petit village, monsieur le maire,
10:12comme activité ?
10:12Qu'y a-t-il à voir de plaisants dans l'Oise ?
10:16– Écoutez, chez nous, c'est une ville hyper sportive.
10:19On a des très beaux équipements sportifs.
10:21– Eh bien génial.
10:23– On ira dans l'Oise, Venette.
10:26– J'ai sûrement de belles églises.
10:29– Effectivement, oui.
10:30Compiègne, j'aime beaucoup dans l'Oise, c'est très beau.
10:32– Sous-titrage ST' 501
Commentaires

Recommandations