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  • il y a 3 mois

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00:00Europe 1 matin, 6h-9h, Jacques Serret.
00:04L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro.
00:07Bonjour Judith Ventraud.
00:08Bonjour Jacques, bonjour Valérie.
00:09Ce soir Emmanuel Macron présentera ses voeux aux Français,
00:12on en parlait avec Christophe Bordet,
00:14des voeux de la dernière chance dites-vous.
00:17Oui, en avril 2027, quoi qu'il arrive,
00:19Emmanuel Macron ne sera plus président.
00:21Alors bien sûr, il va nous dire ce soir que 2026 sera une année utile.
00:25Il nous parlera du projet sur la vannevie
00:27qui va repartir au Sénat du service national volontaire,
00:31censé faire oublier l'échec du service national universel,
00:34de ses projets de réglementation des réseaux sociaux
00:36qui lui tiennent tant à cœur.
00:38Mais quand vous regardez tout ce qu'il a promis
00:41depuis sa première élection en 2017 et qu'il n'a pas fait,
00:44vous vous dites qu'en un an, ce ne serait déjà pas si mal
00:47qu'il réussisse à tenir quelques-uns des engagements
00:49qu'il avait pris à l'époque.
00:51Je pense en particulier à ce qui était peut-être
00:53sa promesse la plus enthousiasmante,
00:55rétablir l'égalité des chances grâce à l'école.
00:58Eh bien, c'est un échec total.
01:00D'après les données disponibles les plus récentes,
01:03celles de l'enquête de l'OCDE,
01:04Regards sur l'éducation,
01:06notre pays est le champion de la reproduction sociale.
01:10Les inégalités de naissance perdurent
01:12quand elles ne s'aggravent pas.
01:14Ce n'est pas seulement une question de revenus,
01:16les enfants de profs réussissent mieux que les autres,
01:18ce qui est logique,
01:19parce que dans un système qui s'effondre,
01:21les enfants qui vivent dans les familles les plus éduquées
01:24sont ceux qui s'en sortent le mieux.
01:26Emmanuel Macron avait aussi promis de libérer
01:28le marché de l'emploi,
01:30et de ce point de vue, je dis,
01:31le bilan n'est pas mauvais.
01:32Vous avez raison,
01:33il avait dit qu'il ramènerait le taux de chômage à 7%,
01:36et nous sommes à 7,6 selon Eurostat.
01:39Mais le taux moyen de chômage est à 6%
01:42dans l'Union Européenne,
01:43et 6,3 dans l'ensemble de la zone euro.
01:46Quand je me vois, je me désole,
01:47quand je me compare, je me console,
01:49aurait dit Voltaire.
01:50Là, c'est le contraire.
01:51Nous sommes parmi les derniers de la classe.
01:53Et quoi d'étonnant,
01:54puisque aucune réforme structurelle
01:56n'a été menée depuis 2017.
01:58Vous exagérez un peu ?
01:59Oui, c'est vrai.
02:00Il y a eu la réforme des retraites.
02:01Ah ben non, elle vient d'être suspendue.
02:04Emmanuel Macron voulait réduire
02:06les dépenses de l'État
02:07pour encourager l'activité économique.
02:09Diminuer le poids des retraites,
02:11donc c'est fichu.
02:12Réformer les services publics
02:13qui coûtent un pognon de dingue,
02:14comme a dit le Président.
02:15En 2017, il avait annoncé
02:17la suppression de 120 000 postes
02:19de fonctionnaires.
02:20En mai 2025,
02:21on en comptait 178 000 de plus.
02:25Et cette fameuse simplification administrative
02:27qu'Emmanuel Macron avait inscrite
02:29à son programme,
02:30comme d'ailleurs tous ses prédécesseurs,
02:32en 2024,
02:33un passionnant rapport
02:35évaluait à 7,5 milliards d'euros
02:37le coût du millefeuille administratif.
02:40Et puis, il y a eu la dissolution.
02:42Exit les économies.
02:43Le budget de la Sécu,
02:44qui vient d'être voté,
02:45prévoit 6 milliards
02:46de dépenses supplémentaires,
02:48c'est 6 milliards
02:49de recettes supplémentaires
02:50à trouver dans l'autre budget,
02:52celui de l'État,
02:53à condition qu'il soit voté un jour.
02:55Et de toute façon,
02:56il y a fort à craindre
02:57que si par miracle,
02:58les députés s'entendent,
03:00ce soit pour taxer encore davantage
03:02les entreprises.
03:03Autant dire que c'est mal parti
03:05pour la réindustrialisation,
03:07une autre promesse
03:08d'Emmanuel Macron.
03:09Mais en l'absence de majorité
03:10à l'Assemblée,
03:11difficile de faire passer
03:12des mesures d'économie
03:13forcément impopulaires.
03:15Les circonstances politiques
03:16interdisent en effet
03:17tout bras de fer
03:18entre l'exécutif et le Parlement.
03:20Il n'y a plus de combat,
03:21faute de combattants.
03:22C'est sans doute
03:23ce qu'Emmanuel Macron
03:24a appelé une démocratie apaisée.
03:26Encore que Sébastien Lecornu
03:27n'exclut plus tout à fait
03:29le recours au 49-3.
03:30S'il n'arrive pas
03:31à faire adopter un budget
03:32en janvier,
03:33ça mettrait l'animation
03:33dans une fin de règne
03:34qui s'annonce crépusculaire.
03:36Et le président pourrait aussi
03:37tenir sa promesse
03:38de référendum ?
03:39Oui, effectivement.
03:40Il avait annoncé
03:41qu'il demanderait aux Français
03:42de trancher des sujets
03:43déterminants
03:44lors de ses voeux
03:45l'an dernier.
03:46En mai,
03:47il a même envisagé
03:47d'organiser plusieurs référendums
03:49en même temps
03:50tout en précisant
03:51qu'il ne porterait pas
03:52sur l'immigration
03:53qui est pourtant devenue
03:55l'un des premiers sujets
03:56de préoccupation
03:56de nos concitoyens.
03:57Alors, référendum ou pas,
03:59je crains fort
04:00que rien ne change
04:01dans le quotidien des Français
04:02d'ici 2027.
04:03L'édito politique
04:04sur Europe 1
04:05signé Judith Ventrault.
04:07Merci beaucoup, Judith.
04:07Très bonne journée à vous.
04:08Merci.
04:08Merci.
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