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  • il y a 6 semaines
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Vous regardez toujours BFM Grand Soir, on est le 30 décembre, c'est beau, vous avez vu le décor qu'on a fait, vous êtes sûrement en vacances et une fois n'est pas coutume, on va faire une petite parenthèse festive, une petite parenthèse culinaire et vous donner quelques idées de menus pour le réveillon demain, pour le plateau télé que vous allez vous faire évidemment devant BFM TV, vous regarderez BFM TV demain soir.
00:20Nous on sera là en tout cas, Jacques-Alain Fontaine, merci d'avoir accepté notre invitation, gérant du Mesturet, c'est ça ? Président de l'association des maîtres restaurateurs, vous êtes venu avec plein de bonnes choses qu'on va déguster ensemble dans un instant.
00:37Estévan Manigol, président du groupe Eclore, patron de PME, vous avez combien de restaurants ?
00:418
00:418, très bien, ils sont tous complets ?
00:44On est complets demain, ouais.
00:46Tous ?
00:46Tous.
00:47Ils sont tous ouverts et tous complets ?
00:48Que des produits d'exception, que des produits festifs, que des produits français qui mettent à l'honneur nos terroirs, nos agriculteurs, nos éleveurs, nos cueilleurs, vous voyez c'est bien de les mettre en avant, c'est bien demain pour les Français et Françaises qui vont faire leurs courses, allez chez votre primeur, chez votre boucher, chez votre charcutier et regardez où c'est fait, d'où ça vient.
01:09Parce que derrière, il y a une vie et nos agriculteurs, on peut regarder la larme à l'œil BFM et dire mais les pauvres, les pauvres demain on peut les aider.
01:20Et une action, c'est le consommateur et le consommateur demain il peut changer un tout petit peu la vie de nos agriculteurs et de nos viticulteurs.
01:28Alors justement, vous c'est du fait maison aussi, du fait maison, des produits locaux à l'instant pleine ?
01:35Alors c'est des produits locaux, en Ile-de-France on a beaucoup de produits locaux, mais là...
01:40On va regarder un peu ce que vous nous avez ramené alors.
01:42Là c'est mes lobes de foie gras, en fin de compte, viennent des Landes, d'un petit village à côté de Saint-Sauvet et on fait notre foie gras bien sûr nous-mêmes.
01:49Les Saint-Jacques, Derqui, avec...
01:52Alors...
01:53Attendez, attendez, attendez, donc le foie gras qui vient des Landes, c'est ça ?
01:56Oui.
01:57Avec un petit pain d'épices à côté ?
01:58Et non, c'est du pain de Sorgho et le Sorgho lui vient de l'Ile-de-France.
02:02Le Sorgho c'est la céréale de l'avenir parce que ça résiste au soleil, à la chaleur et ça résiste aussi aux insecticides.
02:08Pas besoin de produits phytosanitaires, donc le Sorgho et puis là c'est une petite gelée de coin.
02:15Voilà.
02:15Ça c'est l'entrée ?
02:16Ça c'est une des entrées qu'on va faire.
02:18Et puis on a une autre entrée qui est la Saint-Jacques.
02:22La Saint-Jacques avec une crème de céleri.
02:25Ça peut être aussi une crème de chou-fleur parce qu'en ce moment, et ça pour les ménagères et pour les femmes et les hommes qui vont faire la cuisine demain,
02:32le chou-fleur c'est pas cher.
02:33Donc allons-y dans le chou-fleur.
02:34Et les hommes ?
02:34Et les hommes à l'enfant.
02:35Oui, oui, oui.
02:37Oui, il s'est rattrapé.
02:38Il est extrait ici.
02:40Il faut que les hommes réinvestissent la cuisine, c'est ça le problème de la malbouffe en France,
02:45c'est que les hommes ont abandonné la cuisine, heureusement les femmes se sont émancipées et travaillent,
02:51mais avant elles étaient dans la cuisine et elles se sont dit « moi je vais travailler, toi tu vas prendre la cuisine ».
02:56Mais ils ne l'ont pas fait, donc ils ont pris leur téléphone et ils ont appelé les fast-foods pour être livrés,
03:02toute la cuisine exotique et tout.
03:04Ah oui, c'est un peu vrai.
03:05Et donc, je dis oui, les hommes, il faut, alors il y a des hommes qui font la cuisine superbement bien,
03:09mais pas la majorité.
03:12Vous en êtes l'exemple à la Fontaine.
03:13Donc ça c'est des noix de Saint-Jacques ?
03:15C'est des noix de Saint-Jacques avec une crème de céleri où ça peut être du chou-fleur
03:18et puis des chips de panais et de topinambour.
03:22Ça c'est deux légumes, le topinambour, c'est un légume, on peut tout faire avec.
03:26C'est remarquable, ça a ce goût d'artichaut.
03:28Alors dans le temps, ça avait mauvaise presse parce que ça rappelait à nos grands-pères,
03:31mais bon, à nos arrière-grand-pères, la guerre, mais là c'est terminé quand même,
03:36cette génération est très ancienne maintenant,
03:38et donc vraiment le topinambour, c'est un légume à faire, pas facile à éplucher,
03:42mais il faut savoir qu'on peut ne pas l'éplucher, bien le laver,
03:44et ça passe aussi non épluché, mais bien lavé par contre.
03:47Ça c'est facile à faire à la maison ?
03:49Le topinambour, oui, bien sûr.
03:51La cuisson n'est pas très longue, les panais aussi.
03:55Après, il faut une râpe, alors ça si vous voulez,
03:58on a fait ça avec ce qu'on appelle une mandoline,
04:00on les a râpées, et puis après on les a mis dans l'huile,
04:02et puis c'est terminé.
04:03Ça va très vite, faire des chips de betterave, de panais ou de topinambour,
04:08ça va très vite.
04:08Ça c'est des recettes qui vont très vite,
04:10et si vous n'avez pas le temps de la Saint-Jacques,
04:12vous rentrez chez vous, et vous allez acheter vos Saint-Jacques
04:14chez votre poissonnier,
04:15Stéphane a raison, il faut aller chez les commerces de proximité,
04:18vous faites un ceviche, un cevissé de Saint-Jacques,
04:20Saint-Jacques finement émincé, citron vert,
04:23un peu de gingembre, un peu de...
04:25Voilà, et ça va très vite.
04:26Donc ça c'est des produits luxe quand même,
04:28foie gras, noix de Saint-Jacques...
04:29Alors ça c'est des produits qui sont sur notre carte en ce moment,
04:32mais on n'a pas que ça,
04:34mais on peut faire, aujourd'hui on peut faire,
04:36ça dépend du pouvoir d'achat de chacun,
04:38mais le réveillon c'est d'abord de l'émotion,
04:41d'accord ?
04:42Donc ça, ça ne coûte pas cher,
04:43on l'a chacun en nous,
04:45et puis après on peut trouver des produits pas chers,
04:47partout, au lieu du saumon,
04:48vous prenez de la truite,
04:50de la truite, on en a en Ile-de-France,
04:51on a partout en France,
04:52de la truite de pisciculture,
04:54ce qu'on appelle la truite arc-en-ciel,
04:56et là vous faites des très belles choses,
04:58pour le prix du kilo,
05:00et tu as des fois à 11 ou 12 euros le kilo.
05:02Et alors on continue,
05:03donc ça c'est les deux entrées
05:04que vous allez proposer demain soir,
05:05le foie gras et les noix de Saint-Jacques au Topinambour,
05:09et ensuite vous avez ramené un plat qui sent très bon,
05:12je le sens d'ici.
05:13C'est du chapon,
05:14alors c'est les chapons qui ont une histoire,
05:16c'est une histoire qui démarre en juillet,
05:19et le chapon coque castré,
05:22c'est des chapons qui sont élevés pour nous,
05:24on en élève à peu près 25,
05:26dans le Gers,
05:28au Gas,
05:29voilà,
05:30chez mon ami Jérôme Guichanet,
05:31c'est un...
05:32il a connu d'ailleurs,
05:34comme mon ami de Saint-Sové,
05:37ils ont connu aussi des abattages,
05:39à un moment donné,
05:40au moment de la grippe aviaire,
05:41et c'est des moments difficiles,
05:42alors c'est des canards et c'est des chapons,
05:44c'est pas une vache,
05:45mais je peux vous dire que l'affection
05:47que ces agriculteurs-là ont envers leurs animaux,
05:50quel que soit l'animal,
05:51et bien c'est important,
05:53et ça les a fait souffrir,
05:54et puis là j'ai fait une patate douce,
05:57et c'est ça que vous sentez,
05:59c'est les zestes d'orange dans la patate douce,
06:02et la patate douce c'est très facile à faire.
06:03– Vous prenez note,
06:03parce que demain soir,
06:04elle ne va plus se faire.
06:05– Je note tout,
06:06moi je serai en plateau demain,
06:08je vais me faire mon petit...
06:09– L'eau, vous la mettez en dessous des patates douces,
06:15il ne faut pas qu'elle déborde,
06:16vous laissez cuire ça 15-20 minutes,
06:18à la vapeur ou dans l'eau,
06:20et puis vous mixez,
06:21vous ajoutez ce que vous voulez,
06:22et vous mettez vos zestes d'orange dedans.
06:24Ça, c'est un légume pas cher,
06:27rapide à faire.
06:27– Pas très locale par contre.
06:29– La patate douce,
06:30il y en a maintenant en France,
06:31mais il y en a aussi dans les îles.
06:33– Oui, mais j'entends bien,
06:34mais c'est bien rattrapé.
06:38– En Ile-de-France,
06:39on a des topis d'envoi,
06:40on a des panais,
06:41et puis le chapon,
06:42vous avez une sauce à base de savagnin,
06:44qui est un vin du Jura,
06:46avec des éclats de marron.
06:48Et puis les petites fleurs que vous voyez
06:50viennent aussi de l'Ile-de-France.
06:51– Et alors, vous n'avez pas ramené le dessert ?
06:53– Je n'ai pas ramené le dessert,
06:54parce que le dessert qu'on a en ce moment
06:55est un dessert glacé,
06:56je ne voyais pas la traversée de Paris
06:58avec mon dessert glacé.
06:59Mais autrement, on fait un sablé,
07:02mais on fait plein de choses demain.
07:04On fait un sablé avec une crème,
07:07une crème, une mousse vanille
07:09à la vanille planifolia du Mexique,
07:11donc très parfumée.
07:12Et dessus, on insère,
07:14on va mettre une glace pain d'épices.
07:15Et tout autour, et ça c'est le mousse,
07:17c'est un rhum arrangé à l'ananas.
07:19Donc vous êtes dans l'exotisme,
07:20la vanille, le pain d'épices
07:22et également le rhum arrangé.
07:23– Et il faut compter combien pour vos menus ?
07:25Souvent, franchement,
07:26quand on regarde les menus des fêtes
07:27pour les réveillants,
07:28que ce soit le 24 ou le 31,
07:31très vite, ça chiffre,
07:32ça monte très haut.
07:33– C'est d'émotion.
07:34– C'est des bouteilles ?
07:34– C'est l'émotion.
07:35– On a pris la décision,
07:37on a pris la décision depuis très longtemps
07:39d'avoir notre carte habituelle,
07:41notre carte habituelle,
07:43et ça, on a des menus.
07:45– Ça, c'est ce qu'on peut retrouver au quotidien ?
07:47– Au quotidien,
07:48et ça, il faut mettre juste
07:48un petit supplément de 6 euros
07:50dans mes menus,
07:51qui sont à 30 ou 36 euros,
07:53et ça aussi.
07:54Ce qui veut dire que demain,
07:55nous, on a un prix moyen chez nous,
07:57boissons comprises,
07:58aux alentours de 41 euros,
08:00et demain,
08:01les gens vont se lâcher un rhum.
08:02– Donc, ça inclut le vin ?
08:03– Ça inclut le vin, oui.
08:04– Oui, mais je suis un bistrot.
08:05– Ah, c'est un bistrot.
08:06– Les maîtres restaurateurs,
08:08ça va des bistrots
08:09jusqu'à des étoilés.
08:10On n'est pas l'élite
08:11de la restauration,
08:13on est dans une démarche
08:14du fait maison
08:15à 90%
08:16et de produits bruts et frais.
08:19Donc, il y a des bistrots,
08:20il y a des auberges
08:20au fin fond de la France,
08:22il y a de tout.
08:23Et demain,
08:24les gens vont se lâcher,
08:25on sera aux alentours
08:25de 50 euros.
08:26Là, en plus,
08:27on va proposer des vins.
08:28On a des grands vins à la carte,
08:30des grands vins de Bourgogne
08:31ou des grands vins de Bordeaux,
08:33mais avec un chapeau du Gers,
08:34moi, je conseille,
08:35par exemple,
08:35un gaillac.
08:36– Oui, qui n'est pas réputé
08:38pour être un grand vin.
08:39– Qui n'est pas réputé
08:39pour être un grand vin,
08:40mais quand vous goûtez
08:41un château Théry
08:42ou n'importe quoi en gaillac,
08:44c'est super bon
08:44avec le chapeau,
08:45ça va très bien.
08:46Et puis,
08:46si vous voulez faire rester
08:47de côté de la Bourgogne,
08:49vous faites un macon blanc.
08:50Voilà.
08:50Moi, je fais du macon blanc
08:51sur la Saint-Jacques,
08:52un macon blanc de chez Drouin,
08:53c'est superbe.
08:54Voilà.
08:55– Ça donne envie.
08:55Alors, vous,
08:56vous avez huit restaurants,
08:57ce que je disais.
08:58La fourchette de prix des menus,
09:01j'imagine qu'elle dépend des restaurants ?
09:04– Oui, c'est sûr
09:04que dans l'établissement,
09:06on a deux étoiles,
09:06on n'est pas dans ces prix du tout.
09:09– Ça peut aller jusqu'à combien ?
09:11– Le menu le plus cher dans le groupe,
09:13il est à 420 euros par personne.
09:15Mais vous êtes dans un établissement
09:16qui a deux étoiles,
09:17vous n'avez que des produits
09:18d'exception ce jour-là.
09:20Ce qui se fait de mieux
09:23dans l'agriculture
09:24auprès de nos éleveurs.
09:26Et puis,
09:27on rémunère aussi,
09:28justement,
09:29derrière toute cette chaîne
09:30qui est indispensable.
09:31L'agriculture française,
09:32sans agriculture,
09:34tout ce qu'on se dit là,
09:35ça ne sert à rien.
09:36Mais je vais vous donner
09:36quelques petits conseils
09:38pour les téléspectateurs.
09:39Et là, c'est le restaurateur
09:40qui parle,
09:41ce n'est pas le chef de cuisine.
09:42Quand je regarde ces assiettes,
09:43elles sont intelligentes.
09:45Ce qu'on dit intelligente,
09:46c'est qu'il y a,
09:46par exemple,
09:47sur l'assiette de Saint-Jacques,
09:47vous avez la Saint-Jacques
09:48qui coûte cher.
09:49En termes de prix,
09:50vous êtes à une quinzaine,
09:51vingtaine d'euros prix public.
09:52On les paye beaucoup moins cher.
09:53Mais c'est ce que coûte globalement
09:55lorsqu'elles sont en coquille.
09:57On invite à les acheter en coquille.
09:59Vous avez à peu près 5 du kilo.
10:01Donc, ça fait entre 3 et 5 euros
10:02la Saint-Jacques par assiette.
10:04Derrière, vous avez un panais.
10:05Le panais,
10:05ça ne coûte pas très cher.
10:07Donc, vous rééquilibrez
10:08entre un produit festif de luxe,
10:11dit de luxe,
10:12mais qui fait vivre la baie de somme,
10:14qui fait vivre la côte normande,
10:16la côte bref.
10:17Bref, ça fait vivre nos pêcheurs.
10:19Vous savez, la Saint-Jacques,
10:21il y a une saison.
10:22Et sur cette saison,
10:23ils doivent faire leur chiffre d'affaires annuel.
10:25Donc, elle est courte,
10:26elle est intense.
10:27Et quand vous avez une assiette
10:28aussi intelligente
10:29que celle de mon ami Alain Fontane,
10:31vous arrivez à maîtriser vos coûts.
10:33quand je prends l'assiette du Japon,
10:35là, il fait vivre un éleveur du Gers.
10:38Et à côté,
10:39il rééquilibre son coût
10:41avec une patate douce
10:42qui, effectivement,
10:43n'est pas très chère au kilo.
10:45Donc, vous voyez,
10:46faire des assiettes malignes
10:49pour le pouvoir d'achat,
10:50c'est avant tout faire la cuisine.
10:52Vous savez,
10:52je prends toujours cet exemple.
10:54Si vous êtes suffisamment riche
10:55pour acheter un paquet de chips,
10:57moi, je ne le suis pas,
10:58je préfère acheter une pomme de terre
10:59avec une mandoline
11:01et faire mes propres chips.
11:02Vous voyez ?
11:03Et en plus, on peut...
11:04Là, j'ai vu que tu as fait des chips
11:06de quoi ?
11:06De topinambour ?
11:07Non, de panais, pardon.
11:09Donc, voilà,
11:10ça ne coûte rien,
11:11entre guillemets, à faire.
11:11C'est juste un peu de temps,
11:13un petit peu,
11:14mais beaucoup de convivialité.
11:15C'est meilleur à tous les points du but.
11:16Tout le monde peut partager,
11:17les enfants, les amis,
11:19les copains,
11:20vous les faites venir en cuisine,
11:21on boit un petit coup de gaillac
11:22et ça remet de la convivialité.
11:24C'est ça.
11:24Plutôt que d'acheter des produits
11:26ultra transformés,
11:27qui sont dégueulasses,
11:28qui viennent de l'autre bout de la planète
11:30et qui ont un bilan en carbone catastrophique
11:32et qui, en plus,
11:33sont toxiques pour nos agriculteurs
11:35et pour votre santé.
11:36Alors, sur le réveillon,
11:38ce qui est important,
11:38je parlais d'émotion,
11:39mais la cuisine,
11:40c'est que de la mémoire.
11:41Donc, les réveillons,
11:42que ce soit le réveillon de Noël
11:43ou le 31 décembre,
11:44il y a très peu d'innovation.
11:47On va se...
11:48Parce qu'on en a besoin
11:49et c'est bon pour la santé,
11:51on va se remémorer
11:52nos réveillons d'antan.
11:53On a, pour beaucoup d'entre nous,
11:54on a passé des enfants heureux,
11:56je dis bien pour beaucoup d'entre nous,
11:57parce que ce n'est pas le cas pour tout le monde.
11:59Et on veut se rappeler ça.
12:01Ça fait partie de ce rituel des réveillons,
12:04de se rappeler ce qu'on a vécu dans le temps
12:06avec nos parents, nos grands-parents.
12:08Et dans la cuisine,
12:10c'est la joie.
12:11Là, sur le 24,
12:12j'ai réussi à m'extraire de ma cuisine
12:14et à être avec mes enfants
12:15et puis mes beaux-parents et autres.
12:17Et ça blaguait, ça.
12:18Voilà, c'est heureux.
12:20Puis je vois bien que les enfants,
12:21ils avaient envie d'être là avec nous.
12:23Et donc, c'est ça qui est important.
12:24Je crois que les réveillons...
12:25La transmission, en fait.
12:26C'est la transmission, oui, tout à fait.
12:28Et puis alors, par contre,
12:29quand vous allez chez votre commerce,
12:32il y en a qui vont aller dans la grande distribution.
12:35La seule chose qu'il faut faire,
12:36c'est regarder ce qu'il y a derrière.
12:38La provenance.
12:39La provenance.
12:40Moi, j'ai tué une dégustation à l'aveugle
12:42il n'y a pas très longtemps,
12:43pour un de vos confrères.
12:45Et là, je goûtais une cassolette
12:46de riz de veau et de poulet.
12:48Et la première chose que je dis,
12:49parce que je ne savais pas ce qu'il y avait dedans,
12:51je dis que c'est une cassolette de poisson.
12:52Voilà.
12:54Et là, il me dit, non, non.
12:5650 ans de métier, je commence à m'inquiéter.
12:58Et là, je lis par derrière.
13:00Après, il me donne le sachet.
13:02Qu'est-ce que je vois ?
13:03Résiduel de produits de la mer,
13:06crustacés, poissons, moules.
13:08Donc, mon premier goût,
13:10je l'avais retrouvé.
13:11Il était celui-là.
13:12Mais à un moment donné, pendant 10 minutes,
13:13j'ai hésité.
13:14Je me suis dit, ça y est, tu as tout perdu.
13:16Mais non.
13:17Donc, regardez, parce que ce n'est pas normal,
13:18quand même,
13:19même si on achète ça dans la grande distribution,
13:22d'acheter un produit
13:23avec du veau et du poulet
13:26et de retrouver du poisson.
13:29Excuse-moi, j'ai une question très néophyte.
13:30Moi, je n'y connais pas grand-chose.
13:31Si on va sur le marché
13:32ou si on va chez le traiteur local,
13:34comment on fait ?
13:34On lui demande d'où ça vient ?
13:35Parce que ce n'est pas trop marqué.
13:36Bien sûr.
13:37Il faut demander.
13:38Alors, quand vous êtes en commerce de proximité
13:40et il faut aller chez nos bouchers,
13:41chez nos traiteurs,
13:42chez nos poissonniers,
13:43chez nos fromagers,
13:44c'est les seuls qui, aujourd'hui,
13:45ont une courbe exponentielle extraordinaire.
13:46Il y a des fromagers qui ouvrent partout.
13:47Il faut leur demander d'où ça vient,
13:49d'où viennent vos Saint-Jacques,
13:51d'où viennent le foie gras.
13:53Ils ne vont pas nous dire si ça vient...
13:55Si, si, ils vont vous le dire.
13:57Les commerçants de proximité,
13:58c'est des gens francs.
13:59Ils ont l'habitude de dire les choses
14:01et de parler.
14:02Par contre, si vous êtes dans la grande distribution...
14:04Et donc, il faut que ça vienne local,
14:07c'est-à-dire pas trop loin de l'Île-de-France
14:08si on est en Île-de-France ?
14:09Oui, mais il y a des choses
14:10qu'on ne fera jamais en Île-de-France.
14:12Il y a très peu de...
14:13Il y a des élevages de volailles,
14:14mais il y en a très peu.
14:17La Belle-Rouge, d'Île-de-France, oui, évidemment.
14:21Il y a une chose qu'il faut absolument éviter demain.
14:23S'il vous plaît, n'achetez pas de surimi.
14:26C'est tout sauf du poisson.
14:28Non, mais c'est dégueulasse pour la santé.
14:30Moi, j'ai une espèce d'addiction au surimi,
14:32mais je sais que c'est dégoûtant.
14:33Venez chez nous, on va vous en faire des...
14:34En fait, c'est la texture un peu moelleuse.
14:36Oui, mais c'est caoutchouc,
14:37c'est plein d'exhaustents, de goût.
14:40C'est plein de...
14:40Vous voyez, ça, c'est typiquement...
14:43Mais je sais que ce n'est pas bon.
14:45En fait, tout ce qui est faux,
14:49ça ne sert à rien.
14:50Mettez un petit peu d'argent de côté,
14:52et le jour où vous allez vous faire plaisir...
14:53En plus, il n'y a aucune excuse.
14:54Parce qu'il y a souvent au port de la mer du côté de Marseille,
14:57et il n'y a pas de surimi.
14:58Non, non, non.
14:59Vous allez vous faire blacklister par les pêcheurs.
15:02Mais non, mais ça flingue, en fait, nos océans,
15:06ça flingue nos mers, ça flingue tous,
15:07et ça vous flingue nos palais.
15:09Mais alors, attendez, attendez.
15:10Le message est passé.
15:11Je tâcherai de réduire ma consommation.
15:13On parlait des prix.
15:17Alors, vous, c'est à peu près 50 euros par tête,
15:19ce que vous disiez.
15:20Chez vous, les restaurants étoilés,
15:22votre groupe, ça fait jusqu'à 400 par tête environ.
15:25Je précise juste que dans un 2 étoiles au guide Michelin,
15:29vous avez un salarié pour un client.
15:32Vous avez 30 clients dans le restaurant,
15:33vous avez 30 salariés en face.
15:34Voilà, c'est comme ça.
15:35Et donc, on en paye le prix.
15:36Et alors, attendez, on a sorti le menu du Ritz.
15:39Alors là, c'est 2026 euros par personne,
15:43avec rapport mai et vin inclus.
15:45C'est un euro de plus.
15:46Donc, c'est des huîtres.
15:50Donc, pour commencer, courge bleue à la braise,
15:53langousse, litchi, sauce vierge hivernale et verveine,
15:56poulpe, topinambour, colère maritime et poivre vert,
16:00de la truffe, du col vert.
16:04Alors, pardon, je suis...
16:05C'est un canard sauvage.
16:06C'est un canard sauvage.
16:07Au jus de géranium.
16:09Voilà, jus au géranium et pamplemousse, vanille et safran.
16:132026 euros, ça vous évoque quoi quand même ?
16:16Ça m'évoque l'année 2026 déjà.
16:17C'est pour ça qu'ils vont faire en 1997.
16:20L'année prochaine, ça sera en 1997.
16:23Mais ça m'évoque qu'il y a des gens qui viennent en France,
16:26parce que ce n'est pas toujours des Français qui vont goûter ça.
16:29Il y en aura qui viennent en France pour cet art de vivre.
16:32C'est des gens qui ont le pouvoir d'achat.
16:36Il n'y a pas de honte d'être riche.
16:40Voilà, on en a pour tous les pouvoirs d'achat.
16:42Je sais qu'il y a des gens qui n'ont pas d'argent
16:44et qui vont vous réveillonner grâce à un ticket restaurant,
16:46un titre restaurant demain.
16:47Donc, il faut savoir ça.
16:49Mais notre pays est fait comme ça.
16:51Il y a des gens qui ont beaucoup d'argent.
16:53Il faut qu'ils en profitent.
16:54Et puis, il y a des gens qui ont moins d'argent.
16:55Il faut qu'on soit là.
16:56Et voilà.
16:57Donc, demain, il y aura des gens qui feront les réveillons
17:00avec des titres restaurants.
17:01Et puis, il y en a d'autres qui feront des réveillons
17:03parce qu'ils auront gagné beaucoup d'argent.
17:05Mais ce n'est pas une insulte non plus de gagner de l'argent.
17:08Par contre, moins on fera de réveillons avec les titres restaurants,
17:13mieux ça sera.
17:15Parce qu'il faut que tout le monde profite de ces journées-là.
17:17Donc, je pense qu'il faut que quand on fasse des réveillons
17:20à 40, à 400 ou à 2026,
17:22on pense qu'il y a des gens qui n'auront pas cette chance-là.
17:24Ce n'est pas pour verser, ce n'est pas pour sortir les violons.
17:27Non, je pense qu'aujourd'hui, il y a des gens qui n'auront pas ce bonheur-là
17:30de faire des beaux réveillons.
17:31Donc, il faut juste penser à eux.
17:32Puis, il y en a encore des gens plus tristes du côté de l'Est de l'Europe.
17:35Merci Alain Fontaine d'être passé nous voir.
17:38Et merci d'avoir traversé Paris.
17:39Vous avez écouté du foie gras ?
17:40Je vais y goûter.
17:41Mais alors, là, il faut qu'on avance.
17:43Mais je veux bien qu'on vous écoutera un petit bout
17:45et vous me le laissez en coulisses.
17:47Et si je fais le tour, je vous le propose.
17:48Allez, je ne peux pas résister alors.
17:50Je ne peux pas résister.
17:52Donc ça, c'est le foie gras avec le pain, rappelez-moi.
17:57Le pain de sorgho.
17:58Le pain de sorgho.
18:00Magnifique.
18:01Merci beaucoup.
18:02Je me le garde là.
18:03Parce qu'il faut que j'enchaîne.
18:05Donc, si je me mâche en même temps.
18:08Merci Alain Fontaine.
18:11Qui laisse donc ses plats ?
18:13Oui, c'est très bien.
18:14Comme ça, on garde les épuves.
18:15Vous avez la meilleure place.
18:17Thierry Arnaud qui nous rejoint.
18:18Mais non, des plaisants, nos amis du sud-ouest, le canard.
18:21L'origine du foie gras, c'est l'oa.
18:24Et c'est la communauté juive alsacienne,
18:26lors d'un voyage en Egypte,
18:27qui a importé ce procédé.
18:29Donc, désolé mes amis du sud-ouest,
18:31le foie gras, c'est alsacien.
18:33Et ses doigts.
18:34Ah, d'accord.
18:36Merci.
18:36Le message est passé.
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