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  • il y a 1 semaine

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Transcription
00:00Dans le port d'Amsterdam, il y a des marins qui chantent, les rêves clientent, pour l'argent d'Amsterdam.
00:11À 5 ans, Patrick Brouel, votre mère rentre des courses avec le 45 tours d'Amsterdam sous le bras.
00:17Et là, c'est une révélation, vous l'écoutez en boucle.
00:20Je pense que vous ne deviez pas être super nombreux à écouter ça en maternelle quand même.
00:24C'est-à-dire qu'en fait, c'était très particulier.
00:27Pourquoi est-ce qu'un gamin de 5-6 ans, maximum, reçoit une émotion ?
00:36Parce que c'est impalpable, indéfinissable, il y avait quelque chose dans ce côté très écorché, dans cette montée émotionnelle.
00:46Je ne sais pas, pourquoi est-ce que ça me plaisait plus que les chansons pour enfants ?
00:50Pourquoi est-ce qu'ensuite ma mère m'achète deux ans plus tard, ou un an plus tard,
00:54elle me ramène un autre disque de Brel, puisqu'elle pense que j'aime Brel, puis elle m'amène les bonbons.
00:59Et moi, je trouve la chanson un peu con-con, alors ça ne me plaît pas du tout.
01:02Et du coup, je retourne le disque, et il y a Jeff derrière.
01:06Et je pense que Jeff est la chanson que j'ai le plus écoutée dans ma vie, et peut-être le plus chantée.
01:10Et ouais, Brel a beaucoup compté.
01:11Et c'est lui qui vous a inspiré ?
01:12Amsterdam, je ne sais pas, peut-être parce qu'il disait putain dedans, puisque ça faisait marrer un gamin, mais je ne suis pas sûr.
01:17Mais c'est Brel qui vous a inspiré votre nom de scène ?
01:19Non, pas du tout.
01:20Pas du tout ?
01:20Non, non, c'est ni Brel ni Bruand, et pourtant ça pourrait être un bon mélange des deux.
01:25Non, non, c'est avec mon oncle, on est allé chercher dans des racines très lointaines, familiales, pour trouver quelque chose,
01:31et on a trouvé, donc on aurait des origines dans l'Aveyron, mais bon, je ne sais pas.
01:36Et alors, Icar, vous, votre vrai nom, c'est Hassan Attier. D'où ça vient, Icar ?
01:41Icar, ça vient de cette tentative adolescente de fuite.
01:46Moi, j'étais un hyperactif, je suis né au Sénégal, et je faisais...
01:50Pardon ?
01:51Tu étais ?
01:52J'étais.
01:52Tu n'es plus ?
01:53J'essaie, je me soigne.
01:56Il y a un message, Icar.
01:58Non, il y en a plusieurs, et d'ailleurs, je viens d'en recevoir un autre, je vais un peu digresser, excusez-moi, avant de revenir sur moi.
02:04C'est que là, j'étais bouleversé, parce que, voilà, vous parliez d'Amsterdam, je pensais que ça allait venir sur moi,
02:09et je ne connaissais pas cette histoire, je viens de l'apprendre, c'est une chanson qu'a...
02:12Jacques Brel m'a appris à écrire sur YouTube.
02:14C'est, genre, j'ai tout appris, et avec six pieds, césure à l'hémistiche, rime croisée, chanson par chanson, je suis un autodidacte.
02:22Et vraiment, que tu me parles de ça, et quand il me dit qu'à cinq ans, il écoute Brel, et qu'il ne sait pas pourquoi,
02:27j'ai le profond sentiment qu'il est nostalgique d'une vie d'avant, parce que, voilà, c'est mes convictions à moi,
02:33et c'est ce qui m'a semblé arriver lorsqu'on s'est rencontrés.
02:36Donc là, je sais que c'est une émission super, Bon Enfant, mais moi, ça m'a bouleversé qu'il parle de Jacques Brel,
02:41et je ne sais pas pourquoi, à cinq ans, ça m'a attiré.
02:44C'est pas putain qui t'a attiré, c'est tout le reste, c'est tout ça.
02:46Comme quoi, vous étiez plusieurs enfants à écouter Jacques Brel.
02:48Voilà, et moi, à cinq ans, j'ai l'impression d'être né nostalgique, ce qui interroge pas mal de choses.
02:54Parce que cette émotion filigranique, on ne peut pas la définir.
02:57Pourquoi est-ce qu'il y a des, même nous, pourquoi est-ce qu'il y a des gamins de cinq ans, cinq, six ans,
03:01qui viennent avec leurs parents ? Alors, parfois, ils sont un peu obligés,
03:03mais quand je vois des gamins ou des gamines de cinq, six ans,
03:07qui chantent les paroles par cœur au premier rang, et qui connaissent,
03:11ou qui sont touchés par une chanson, moi j'avais une chanson qui s'appelle Louise,
03:14qui est quand même une chanson assez profonde, assez forte,
03:17qui est une chanson difficile, qui sont sur le suicide d'une ado harcelée à l'école.
03:21C'était la chanson préférée de tous les gamins qui venaient avec leurs parents au concert.
03:29Donc, ça vient chercher.
03:31Et Brel m'a accompagné.
03:32Et Amsterdam a été la chanson avec laquelle j'ai gagné mes radios crochets,
03:35avec qui je passais mes concours de chansons.
03:37Je passais partout avec ça.
03:38Allez, on écoute l'extrait suivant.
03:39Les nouvelles de l'école
03:41Diront que je suis cinglé
03:43Que Dieu pue l'alcool
03:45Je ferais bien d'arrêter
03:47Brûleront mon réel
03:50Saliront mon passé
03:53Alors je serai mieux
03:56Et je pourrai crever
03:58Je me chercherai un Dieu
04:00Pour te me pardonner
04:02Je m'aurai pas de l'heure
04:03C'est génial cette version.
04:04Je te le rends pas.
04:05On est en 2008 et c'est à la nouvelle star, Icar.
04:07Ah t'avais fait ça.
04:08C'est votre premier prime où vous reprenez le chanteur de Daniel Balavoine.
04:13Comme le nom que j'ai choisi, Icar,
04:15c'était prémonitoire.
04:17On dirait que c'était écrit d'une main qui était plus grande que moi.
04:19Voilà, j'avais tout prévu.
04:21Pourquoi vous avez des larmes aux yeux, Icar ?
04:23Parce que la lumière est arrivée sur moi comme un coup de poing.
04:27J'avais pas prévu.
04:28J'avais pas prévu.
04:29Je suis venu avec mon petit cœur d'enfant, mes petites chansons.
04:31Et quand on nous a dit ton premier prime pour que tu sois confort,
04:33choisis une chanson.
04:35Je sais pas pourquoi j'ai choisi celle-ci.
04:37Comme si ça allait annoncer ce qu'allait venir.
04:39Qu'allait devenir.
04:40Après la nuit, j'ai pris le pas sur ma vie.
04:42Avant que je m'en remette il y a 4 ans et que je me reconstruise.
04:44Ça a été une longue descente.
04:48Et Icar, c'est ça.
04:49C'est la lumière qui le brûle et le chanteur de balavoyne.
04:52Et aujourd'hui, j'estime être pas miraculé.
04:56Mais je vis tout ça avec tellement de bonheur.
04:57Je suis debout depuis 5h ce matin tellement je suis content.
04:59Il y a un album.
05:01Je vais voir tous les jours Patrick Bruel et on fait des chansons.
05:04C'est exceptionnel.
05:05C'est exceptionnel.
05:06Donc je suis ému de bonheur.
05:07Je suis ému de bonheur.
05:08Mais cette version-là était...
05:10Vous étiez autorisé à changer un petit mot d'ailleurs.
05:13Oui, cinglé.
05:14Parce qu'aujourd'hui, les nouvelles de l'école diront que je suis pédé.
05:18Et déjà en 2008, je disais non en fait.
05:20Alors qu'en 2008, t'es tranquille.
05:22Mais non, j'ai plus envie.
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